Bonjour à tous,

Voici le chapitre 22 avec toujours du retard. Le chapitre 23 est déjà en cours d'écriture et avance assez bien, donc je pense qu'il ne devrait pas mettre autant de temps à arriver que celui-ci. Merci à tout ceux qui prennent le temps de laisser une review, ça me fait chaud au cœur et me motive à écrire.

Sur ces bonnes paroles, je vous dis : Bonne lecture !

Chapitre 22 : Bienvenue en enfer

Le sol était froid. Des bruits de pas se firent entendre… Ma tête était lourde et je sentis le sang battre dans mes tempes… Tout était noir… Quelque chose m'empêchait de voir… Deux grosses mains m'attrapèrent les bras et me trainèrent… Ma tête me faisait mal, je n'avais plus la force de bouger… Mon corps était lourd… Une atmosphère de tension régnait dans l'air… quelques lamentations s'élevèrent, des pleurs aussi… Une grosse voix les fit taire… Une douleur sourde m'attaqua l'arrière du crâne me vrillant le cerveau… La porte grinça… Mes paupières étaient lourdes… Le sac qui m'enveloppait la tête me fut retiré. Un flash blanc m'aveugla et je fus brutalement jetée au sol… J'eus juste le temps de voir le visage de Carol avant de retomber dans l'inconscience. J'espère qu'ils vous crèveront tous.

Je me réveillai en sursaut, la respiration saccadée et de la sueur dégoulinant le long de mon dos. A peine tentai-je de me relever que ma tête tourna furieusement, m'obligeant à rester immobile, le temps que tout se calme. Je gémis en sentant l'arrière de mon crâne me lancer et mes membres trembler.

- Doucement… me rassura Carol, en me posant sa main sur mon front.

Je fermai les yeux, savourant la fraîcheur de sa main sur mon front douloureux. Ma respiration se calma progressivement, se faisant de moins en moins saccadée jusqu'à reprendre un rythme normal. J'ouvris de nouveau lentement les yeux, me laissant le temps de reprendre mes repères. Comment se faisait-il que je ne reconnaisse pas l'endroit ?! Mur matelassé blanc, sol blanc et porte matelassée blanche avec juste une petite fenêtre pour voir l'extérieur. Un hôpital psychiatrique. Quelle ironie ! La pièce avait été sûrement lavée récemment, bien qu'une immense tache de sang persiste sur le pan d'un mur.

Je me redressai et grimaçai lorsque la douleur de ma tête s'amplifia. Carol m'aida à m'adosser contre le mur. Ses traits étaient tirés et elle semblait agitée. Maggie était calée dans un coin et brossait avec ses doigts les cheveux rouges de Nina, d'un geste mécanique. Celle-ci fixait le plafond imperturbable, se laissant caresser par Maggie, sans ciller. Lori était assise entre Sasha et Andréa : les yeux vides et le teint grisâtre. Je ne pus m'empêcher de me demander si elle était morte jusqu'à ce qu'elle cligna des yeux. Quant à Loana Jacob : elle pleurait silencieusement dans son coin en se balançant d'avant en arrière.

- Où sont-ils ? Questionnai-je avec difficulté, en m'apercevant de l'absence d'une partie du groupe.

- Gwen… Ce n'était pas une simple attaque de rôdeurs. Ils ont fait exploser les différentes protections et ont attiré les rôdeurs dans le centre commercial. Tout était prévu, m'expliqua-t-elle rapidement.

- Qui ça ils ? Et où sont les autres ? Où est Michonne ? Demandai-je en me prenant la tête entre les mains, vaseuse.

- Des hommes. Que des hommes. Tous armés jusqu'aux dents. Et vu leur tête ils n'étaient pas là pour prendre le café. Les garçons sont dans un autre bloc. Nous avons été séparés. Quant à Michonne… Elle s'est échappée. Cependant, ils l'ont poursuivie.

- Est-ce qu'elle est…

- Je ne sais pas, coupa Carol, en secouant la tête.

Je me massai délicatement l'arrière du crâne. Une grosse bosse s'était formée et du sang avait collé mes cheveux. Comment était-ce possible ? Nous avions touché le fond il y avait un moment déjà et pourtant nous continuions de creuser. J'en venais à me demander qui je devais le plus craindre : les hommes ou les rôdeurs. Finalement, j'aurais peut-être dû partir avec Daryl et …

- Merle ! Crachai-je avec rage, mon esprit s'éveillant à ce maudit prénom. C'est de sa faute. Il a tout organisé. Tu ne trouves pas ça bizarre le fait que nous l'ayons retrouvé dans la forêt près de notre refuge. Le fait, qu'il apparaisse de nulle part alors que tout le monde le pensait mort. Il force son frère à partir et le lendemain ces hommes nous tombent dessus. J'espère qu'ils vous crèveront tous ! Voilà ce qu'il m'a dit quand je suis allé lui parler dans sa cellule.

Je fulminai. J'avais repris mes esprits et tout mon être était en ébullition. Ils nous avaient tous condamnés pour sa petite vengeance personnelle. Ça collait tellement bien au personnage de Merle Dixon. Pourquoi ne nous étions-nous aperçus de rien ? Pourquoi ! Rick savait qu'il était dangereux. Nous le savions tous et nous ne nous étions douté de rien ! Carol m'avait écoutée avec attention et souffla à la fin de mon discours.

- Merle a toujours été roublard et rancunier, mais de là à …

- Je ne crois pas aux coïncidences Carol ! Tu lui donnes trop de crédit, la coupai-je avec énervement.

- Garde ton calme. Le plus important est de…

La tête d'un homme apparut, soudainement, dans l'encadrement de la petite fenêtre de la porte. Il plissa les yeux et la serrure émit un cliquetis. Il poussa la porte, dévoilant une dizaine d'hommes, armés, derrière lui. Je déglutis péniblement et ma colère fut remplacée par la peur. Celle avec un grand P.

- Debout ! Ordonna le chef, nous faisant tous sursauter.

Lori se réveilla en sursaut et posa ses mains sur son gros ventre. Maggie sortit de sa léthargie et serra, avec protection, Nina qui se mit à pleurer. Je jetai un regard hésitant à Carol, qui n'en menait pas large.

- J'ai dis debout ! Répéta-t-il avec force.

Voyant que personne ne se décidait à bouger, il attrapa, brutalement, Loana par les cheveux la mettant de force sur pieds. Celle-ci cria de douleur et se débattit, tentant de frapper l'homme. En un quart de seconde, celui-ci sortit son pistolet et actionna la détente. Des cris d'horreur s'élevèrent lorsqu'une gerbe de sang éclaboussa le mur blanc. Au même endroit que la dernière tache. Le crâne transpercé et les yeux morts, le corps de Loana s'effondra aux pieds de son assassin. Je ne pouvais plus bouger, mon regard fixé sur ce corps sans vie. Pas une hésitation. Pas un remord. Juste un réflexe.

- Levez-vous ou je n'hésiterai pas à tous vous descendre, menaça-t-il.

Carol se leva la première et me prit la main pour m'inciter à faire de même. Je quittai des yeux le corps sans vie de Loana et me concentrait sur ma respiration. La tension était palpable. Lori étouffa ses pleurs, incapable de bouger, ni de se relever. A peine eu-je esquissé un mouvement pour aller l'aider, que l'homme s'avança et m'attrapa fermement le bras.

- Fini de perdre du temps. Sortez-les moi de là ! Ordonna-t-il.

Il me traîna de force dans le couloir. Je plantai les talons dans le sol et saisis sa main, essayant de me défaire de sa poigne. Impossible. Impassible, il me balança contre le mur carrelé. L'air fut éjecté de me poumons au moment de l'impact et je m'écroulai au sol. Un étau m'encercla le front et j'eus l'impression que mon crâne s'ouvrait en deux. L'homme m'attrapa les cheveux, me tirant douloureusement sur mes pieds.

- Essaie encore une fois de te débattre et je m'occuperai personnellement de ton cas, menaça-t-il avec méchanceté.

Il serra sa poigne sur ma chevelure et m'entraina à sa suite dans les couloirs. La pression sur la tête était telle que j'eus l'impression que la peau de mon crâne était en train de se décoller. Les couloirs se succédèrent. Interminables et identiques. Aussi effrayants les uns que les autres. De temps à autre, des têtes apparaissaient à la petite fenêtre des portes des box, attirées par le bruit. Cependant, elles disparaissaient aussitôt qu'elles apercevaient les soldats. Les rangers de ceux-ci crissaient sur le sol et les cris et gémissements de douleur des autres filles résonnaient dans les couloirs.

L'homme poussa des oscillo-battants et descendit l'escalier en colimaçon, m'entrainant dans son sillage. Je manquai plus d'une fois de trébucher. Il ne s'arrêta pas et continua de tirer sur ma chevelure. Marche ou crève. Il poussa un nouvel oscillo-battant et pénétra dans une pièce.

Il lâcha son emprise et me poussa brutalement au sol. Je me sentis tomber et me préparai à percuter le sol, qui ne vint jamais. Deux bras m'entourèrent, stoppant ma chute. Ils m'enserrèrent avec protection et les larmes dévalèrent mes joues sans que je ne puisse les arrêter. Je serrai son pull et étouffai mes sanglots contre son torse. La terreur m'empêchait de reprendre mes esprits. Mon corps était paralysé et mes muscles, tétanisés, étaient secoués de soubresauts. La peur n'avait jamais été aussi présente.

- Chut, chut… Ne leur montre pas que tu as peur. Reste forte Gwen. Ne pleure plus, chuchota Bob à mon oreille.

Il me frictionna les bras et le dos, me réchauffant et calmant mes tremblements. Mes muscles se détendirent un minimum et ma respiration se calma, me permettant de reprendre mes esprits. Je soufflai un bon coup et me défis de son étreinte rassurante. Nous étions dans une grande salle : blanche, froide et vide de tout mobilier. Les hommes, armés, étaient posté silencieusement en face de nous. Je jetai un petit coup d'œil latéral, tout le groupe avait été attroupé là, comme des porcs destinés à l'abattoir.

Une porte grinça et deux hommes bruns s'avancèrent entre leurs soldats. Le plus musclé des deux se mit légèrement en retrait, observant la scène, impassible. Vêtu d'une chemise blanche repassée et d'un pantalon de costard, l'autre homme s'avança vers nous en souriant.

- La pêche a été bonne à ce que je vois, plaisanta-t-il, en attrapant le menton de Maggie.

Des ricanements parcoururent le rang de ses hommes. Il tourna la tête de la jeune femme des deux côtés, la détaillant comme une bête qu'il s'apprêterait à acheter. Il la relâcha et se recula de quelques pas, afin d'avoir une vue d'ensemble du groupe.

- Mes amis… Mes amis… J'espère que le voyage n'a pas été trop inconfortable et que vos quartiers vous plaisent. Vous êtes actuellement dans un ancien hôpital psychiatrique, dont le directeur est moi : Cid. Vous y serez en sécurité, tant que vous respectez les règles et les ordres. Sachez que j'attends de vous une obéissance totale et complète. Est-ce bien clair ? Aujourd'hui est un grand jour pour vous ! Vous allez avoir l'opportunité de pouvoir décider de votre avenir : vivre ou mourir. Nous avons besoin d'hommes forts pour protéger cet endroit et pour chasser, mais nous avons besoin aussi de femmes pour…

Son regard s'arrêta sur l'énorme ventre de Lori et un sourire malsain s'empara de ses lèvres, déformant les traits harmonieux et séduisants de son visage.

-… Assurer la survie de notre espèce, dirai-je. J'espère que vous saurez faire le bon choix. Pour les autres : je vous souhaite la bienvenue en enfer !

De nouveaux ricanements circulèrent dans les rangs et un frisson de terreur me traversa. Il leva la main faisant taire instantanément ses troupes et claqua des doigts. Les hommes mirent leur mitraillette en bandoulière et s'avancèrent vers nous. Je serrai la main de Bob, appréhendant la suite des évènements. Les hommes s'insérèrent dans les rangs et attrapèrent les femmes par les cheveux, les triant. Des hurlements de douleur et de lutte résonnèrent dans la salle vide. Une main s'empara soudainement de mes cheveux me les tirant brutalement et me faisant crier de douleur.

- Lâche-la espèce d'enculé ! Hurla Bob, en se levant.

Il balança son poing dans la mâchoire de l'homme, produisant un horrible craquement. Celui-ci s'écroula à terre, m'entrainant dans sa chute. Profitant de sa douleur et dans un élan de rage, je lui attrapai le bras et le mordis jusqu'au sang. L'homme hurla de douleur et lâcha prise. Je n'eus pas le temps de me redresser qu'une multitude de mitraillette se braquèrent sur nous. Bob m'attira vers lui, me protégeant avec son corps et ses bras.

- Qui es-tu, esclave ? Demanda le chef, impassible.

Un silence plana sur l'assemblée. Bob baissa la tête, venant coller sa bouche contre mon oreille.

- Sois forte. Ne pleure pas. Garde la tête haute. Fais-le pour moi d'accord, me chuchota-t-il, en me serrant fort.

Je le serrai dans mes bras et hochai discrètement la tête.

- Réponds ! Sale nègre ! Hurla Cid.

Mes muscles se contractèrent aux sons des hurlements de ce tyran. Bob me fit une dernière pression sur le bras avant de relâcher son étreinte et de se redresser. Il se plaça devant moi : la tête haute et le regard fier, sans crainte.

- Bob Stookey, ancien médecin dans l'armée américaine.

Cid eut un petit ricanement et s'approcha tel un prédateur.

- Le pays allait décidemment bien mal avant que tout cela n'arrive. Un noir au service de notre nation ! Vous avez entendu ? A genoux ! Prosterne-toi ! Cracha-t-il.

- Pas devant des hommes comme vous, répondit-il, implacable.

- Il n'y a pas d'homme comme moi, ricana-t-il.

- Il y a constamment des hommes comme vous… Des tyrans. Des meurtriers. Dont la seule passion qui les anime est de faire du mal. Notre monde va mal et au lieu d'unir les personnes, vous les séparez ou les condamnez. Vous ne valez pas mieux que les monstres qui rôdent dans les rues. Je suis fière d'être noir, monsieur. Et si je dois mourir, je mourrai debout comme un homme, déclara haut et fort Bob.

- Tout comme moi, intervint T-Dog en se levant à son tour.

- Si telle est votre volonté, alors soit, déclara Cid d'un air solennel.

Il claqua des doigts et deux hommes se dirigèrent vers Bob. Ils l'attrapèrent par les bras, les lui tordant férocement dans le dos. Il me jeta un regard significatif avant de se laisser entrainer avec T-Dog vers une porte adjacente.

- Attendez ! Amenez-le dans mes quartiers. Je m'occuperai personnellement de son cas, stoppa Cid, en désignant Bob.

Ses hommes hochèrent la tête et traversèrent la salle, avant de disparaître derrière les oscillo-battants. Je posai mes mains au sol et baissai la tête, retenant mes larmes en imaginant leur destinée. Cid fit demi-tour, oubliant ma présence et me faisant souffler de soulagement.

- Bien, bien, bien… Maintenant que cela est réglé passons aux choses sérieuses. N'est-ce pas Rick ? D'après les échos qui me sont remontés de toi : je pensais sincèrement que tu serais intervenu pour sauver les deux nègros. Les temps changent. Mais dis-moi où est Lori ? C'est bien le prénom de ta femme n'est-ce pas ? Alors voyons voir. Peut-être elle ? Non trop vieille. Ou peut-être elle ? Non, non, non. Je verrai bien celle-ci. Je ne sais pas pourquoi mais les chefs de groupe sont toujours les seuls à être en couple avec une femme enceinte, réfléchit-il à haute voix.

Je levai discrètement la tête, regardant entre les cheveux qui me tombait devant mes yeux. Cid venait de s'arrêter devant Lori, fixant sans ciller son ventre rond. Celle-ci étouffait tant bien que mal ses sanglots, son corps secoué par des spasmes.

- Quel est ton prénom, ma belle ? Susurra Cid en s'accroupissant à sa hauteur.

Pétrifiée et incapable de répondre, Lori baissa la tête, piteusement. Ses sanglots se répercutèrent dans toute la salle, devenant de plus en plus forts et de plus en plus incontrôlables. Je sursautai quand Cid se mit à hurler :

- Réponds !

Il attrapa les cheveux de Lori et lui tira la tête en arrière. Il lui caressa doucement la gorge de son autre main avant de l'emprisonner et de la serrer. Lori écarquilla les yeux et chercha son air. Elle s'accrocha à la poigne de ce tyran, tenant en vain de la défaire. Personne n'osait intervenir, pas même Rick. Si cet homme apprenait que Lori été effectivement la femme de Rick, alors elle passerait un sale quart d'heure. L'ancien Shérif en avait conscience : au vu de ses poings serrés et sa mâchoire contractée. Tout son corps était tendu, luttant pour ne pas intervenir.

- C'est moi Lori !

J'écarquillai les yeux, surprise, en constatant que c'était ma voix qui venait de résonner. Cid relâcha le cou de Lori et se releva lentement, me détaillant avec surprise.

- Toi ? Sa femme ? Questionna-t-il, l'air suspicieux.

J'hochai la tête en gardant le regard au sol. Il fallait garder Lori et son bébé en sécurité… Ils étaient l'avenir. Cid rejoignit son second, chuchotant durant une longue minute avec. Celui-ci me dévisageait froidement, les yeux plissés et la bouche tordue. Il hocha la tête répondant à son chef, sans me quitter des yeux.

- Es-tu vraiment sa femme ou tout simplement sa pute ? Parce que vois-tu, selon mon informateur, tu aurais été vue en présence d'un autre homme, déclara-t-il avec une pointe d'ironie.

- Je suis sa femme, affirmai-je, en essayant de cacher les tremblements de ma voix.

- Savoir qu'on a été fait cocu n'est jamais très agréable à entendre mais vaut mieux tard que jamais. N'est-ce pas Shérif ? Et oui, et oui… Je sais beaucoup sur vous, répondit-il en voyant le regard surpris de Rick. Caïn, occupe-toi d'elle. Elle est à toi.

Son second inclina légèrement la tête et s'avança dans les rangs, s'approchant de moi. Je relevai la tête, adressant un regard de haine, avant de me pétrifier en croisant son regard doré. Il m'attrapa brutalement le bras et me traina dans son sillage. Je jetai un dernier regard derrière moi et aperçus le regard reconnaissant de Rick, avant de sortir de la pièce. Il reprit l'escalier que nous avions emprunté à l'aller mais bifurqua à droite au lieu de continuer tout droit. Nous passâmes devant un restaurant, ainsi qu'une pièce à vivre peu chaleureuse, avant d'arriver dans un énième couloir blanc aux portes blanches. Il continua et tourna à gauche, s'arrêtant devant une porte en bois qu'il ouvrit à la volée. Je me rattrapai à la table, lorsqu'il me jeta à l'intérieur, la peur s'insinuant en moi. Sois forte. Ne pleure pas. Garde la tête haute.

Le parquet grinça derrière moi et je sentis la présence de Caïn dans mon dos.

- C'était vous ? Questionnai-je, la voix nouée. L'homme dans la tente ? Dans mon cauchemar.

- Ce n'était pas un cauchemar, répondit-il simplement d'une voix grave.

Le parquet grinça à nouveau et il attrapa une bouteille de whisky, se servant un verre.

- Qu'est-ce que vous me voulez ? Pourquoi nous avoir emmenés ici ? Vous avez déjà tout. Vous n'avez pas besoin de nous ! M'écriai-je, les larmes se mettant à couler.

Il but tranquillement son verre, me scrutant de son regard ambré. Il passa son pouce sur ses lèvres et caressa sa barbe.

- Les groupes ne peuvent pas cohabiter côte à côte. Ils finissent systématiquement par s'entre-tuer. C'est la loi du plus fort, ma belle. C'était vous ou nous. Estimez-vous heureux de notre clémence, on aurait pu vous confiner dans le magasin et laisser les macchabés faire le reste.

Je me retournai lentement, les joues humides.

- J'aurai préféré me faire dévorer ce jour-là, crachai-je.

Il esquissa un petit sourire et posa son verre. Il s'avança, tranquillement, vers moi et m'attrapa le menton, me forçant à le regarder. Il approcha son nez et l'enfouit dans mon cou, humant mon odeur.

- Ça peut toujours s'arranger… Mais d'abord je vais te prendre comme il se doit, susurra-t-il à mon oreille.

J'écarquillai les yeux et le repoussai avec force contre le mur. Il eut un hoquet de surprise et je lui balançai mon poing dans la gueule, le repoussant une nouvelle fois contre le mur. Je me précipitai sur la porte et actionnai la poignée. Verrouillée. Je courus dans le couloir mais un poids me tomba dessus. Caïn me retourna brutalement et me verrouilla les bras à dessus de la tête. La folie semblait s'être emparée de son corps. Ses yeux s'étaient assombris et un regard lubrique avait modifié ses traits. Il se passa la langue sur les lèvres, léchant le sang qui coulait de son nez et rit follement.

- Pourquoi tu te débats ?! Tu dois avoir l'habitude de te prendre des bites, non ? Tu dis que tu es la femme de Rick pourtant la fois où je t'ai vu dans la tente, t'étais pas avec lui n'est-ce pas ? T'étais avec le frère de ce connard de Dixon ! Hein ? T'aimes ça faire la pute ! A moins que tu ne sois pas la femme de Rick et dans ce cas la grosse vache risque de passer un sale quart d'heure, débita-t-il en appuyant son érection proéminente contre mon vagin.

Je grimaçai et arrêtai de me débattre lorsqu'il parla de Lori.

- C'est bien ce que je pensais. On va faire un marché : tu fais ce que je te dis et personne ne saura que la grosse est la femme du shérif. T'es d'accord ? Demanda-t-il, en laissa divaguer sa bouche dans mon décolleté.

Au moment où il releva la tête, je lui envoyai un coup de tête dans le menton. Il bascula la tête en arrière et fut pris d'un fou rire.

- Je vais prendre ça pour un oui.

Il me força à me relever et me traina le long du couloir, jusqu'à une chambre miteuse. Un matelas gris avait été installé à même le sol, avec par-dessus une couette sale et tachée de sperme. Il me lâcha et se recula de quelques pas.

- Maintenant, déshabille-toi, ordonna-t-il, en croisant les bras.

Je fermai les yeux, priant pour que tout cela ne soit qu'un cauchemar. Pour que tout cela se termine vite. J'allais assister impuissante à mon propre v…

- Déshabille-toi ! Se mit-il à hurler.

Je sursautai et me mis à trembler. J'attrapai le bas de mon pull et de mon débardeur, les retirant. Je baissai le regard au moment de dégrafer mon soutien-gorge et de le laisser tomber à terre. Je croisai les bras sur ma poitrine, cachant mes seins de son regard scruteur. Il s'approcha lentement, caressant mon bras tout en remontant vers mon épaule. Mes muscles se contractèrent à son contact et je fermai les yeux, dégoûtée par ce monstre. Sois forte. Ne pleure pas. Garde la tête haute. Je sentis son souffle dans ma nuque et sa bouche sur mon oreille. Le temps se suspendit et la sentence tomba.

- Tu es à moi…