Bonjour,
Voici la suite de l'histoire qui se sera fait attendre. Je suis désolé pour le temps, mais je galère pas mal à essayer de faire une fic historiquement à peu près cohérente. (excepté pour la romance entre les deux nations bien sur) et j'avoue devoir effectuer plusieurs recherches.
De plus, comme cela faisait plusieurs années que je n'avais pas touché à cette histoire, j'ai dû effectuer quelques modifications au chapitre 1 (je vous invite à aller vérifier) afin que le style ne jure pas trop d'un chapitre à un autre. (même si ce n'est pas encore ça à mon goût, mais si je continue de douter, vous n'aurez jamais la suite.)
Pour ceux qui liront mon monologue de début, j'ai plusieurs questions, souhaitez-vous que je passe à un dialogue normal entre Francis et Allistor? (genre stop le vieux français et le franglais car on y pige rien de toute façon ou tu peux continuer c'est amusant? car moi ça m'amuse mais j'ai les dialogue normaux en tête donc j'ai du mal à situer le degré de compréhension)
Ensuite, comme dit plus haut, j'ai effectué plusieurs recherches sur l'architecture, les relations entre les nations, etc... souhaitez-vous que je détaille un peu plus en fin de chapitre? ou rien à faire, tu nous prends la tête, nous on veut juste du yaoi (ce qui est tout à fait légitime également)
Sur ceux, je vous laisse profiter de ce chapitre. Je vais essayer de poster le prochain plus rapidement.
Je remet le disclaimer, Francis est pas à moi, Allistor l'est plus ou moins vu qu'il a pas été officialisé. Je suis pas historienne, ni linguiste, donc si ma fic vous donne de l'urticaire, j'en suis vraiment navrée.
Enjoy!
La nation aux cheveux rouges eut une longue discussion avec les deux suzerains sur les tenants et les aboutissants d'une telle union.
Il apprit donc qu'une demande d'alliance avait été faite, plusieurs siècles avant ce jour, de la part de son ancien roi Guillaume envers le roi des Francs. Les bases étaient donc posées depuis, mais tellement fragiles que personne n'y prêtait vraiment attention. Même lui l'avait oublié, trop occupé à gérer ses propres guerres intestines et l'invasion des norvégiens. Il faut dire qu'il était plus du genre à guerroyer, à lutter sur le champs de bataille et à trinquer après la victoire avec ses fiers soldats plutôt qu'à s'intéresser à la paperasserie.
Jean Balliol avait alors rappelé le bon souvenir de cette alliance au roi de France et de Navarre. Lui arguant qu'il fallait solidifier leur alliance, la rappeler au monde, à leurs alliés, à leur peuple et surtout à leur ennemi commun, le royaume d'Angleterre. Afin de s'assurer que chacun tiendrait parole, ils ne signeraient pas simplement un traité, ils joindraient leurs nations lors d'une union sacrée devant dieu.
C'est ainsi qu'Allistor c'était, malgré lui, retrouvé fiancé à Francis sans en avoir réellement conscience. Bien que le fond du problème, soit son ignorance du plan, le mette toujours de méchante humeur, il ne pouvait pas ignorer que les arguments étaient imparables et que ce mariage, d'un point de vue politique, était une excellente idée.
C'est donc convaincu et avec un bon mal de crâne qu'il abandonna les deux suzerains à l'heure du souper pour retourner se coucher trop épuiser pour manger.
Sa suite était vide, le feu avait été ravivé et aucune tignasse blonde ne l'attendait. Avec un soupire il se laissa tomber de nouveau sur le matelas en plume et s'endormit les yeux à peine fermés.
Il fut réveillé par une servante trop tôt, bien trop tôt…
La jeune femme se tenait tête basse et avait une voix très douce.
« Sieur, vous estes attendu pour le diner »
Il était déjà midi ? il avait l'impression de s'être couché i peine une heure. Il devait se lever, mais le matelas et les oreillers semblaient le retenir plus sûrement que des chaines. Il baragouina quelque chose en gaélique s'attirant les interrogation de la domestique.
« Je mande pardon sieur, je n'ai point compris… »
Il grommela de plus belle, mais finit par lever la tête de son nid de confort, ses cheveux en bataille lui tombant sur les yeux, la marque de l'édredon imprimé sur sa joue.
« Va prév'nir t'master… arrive »
Bien que les mots soient marmonnés, la jeune femme sembla en comprendre le sens puisque avec une dernière courbette, elle sortit prestement de la chambre. L'écossais poussa un long soupire, forçant son corps à se déplacer. Il avait l'impression qu'un troupeau de viking lui était passé sur le dos… et pour l'avoir expérimenté sur le terrain, c'était très douloureux. Ce maudit matelas était certes confortable, mais sa mollesse l'avait courbatu.
Il se dirigea comme un vieil homme vers le coin toilette et se passa rapidement de l'eau pour se rafraîchir un peu. Des braies et une chemise l'attendaient proprement pliés sur une chaise. Il s'en vêtit à contrecœur, prenant son temps pour enrouler ses bandes molletières, continuant de grommeler face à cette foutus mode du sud. Une fois habillé, il passa une main dans ses cheveux pour se coiffer avant de prendre la route de la grande salle où on l'attendait pour le diner.
Lorsqu'il fit son entrée, les mets étaient déjà présents sur la table, ses rois étaient en pleine discussion, leur reines chacune de leur côté étaient les seules femmes présentes. D'un côté étaient des membres du clergé, de l'autre se trouvait Francis qui lui faisait un petit sourire, lui montrant discrètement la chaise vide à ses côtés. Enfin venaient une dizaine d'hommes, des nobles français et lord écossais.
Philippe le Bel le regarda passer, lui jetant un regard noir pour son retard des plus discourtois. L'homme avait un regard sévère et froid qui fit remonter un frisson le long de la colonne vertébrale du rouquin. Il ne s'était jamais sentit aussi mal à l'aise qu'à ce moment. Heureusement, Jean Balliol attira de nouveau l'intérêt du roi des français, ce qui lui fit détourner le regard. Il put alors relâcher sa respiration qu'il avait inconsciemment retenu. Il se glissa aussi discrètement que possible aux côté du petit blond et se fit servir un verre de vin.
« Mon roy m'a enjoint de la nouvelle… »
Alors qu'il sirotait le doux nectar, la voix de Francis le tira de sa rêverie.
« Hum ? »
« Vous avez concédé à nos espousailles. »
Ah oui ça… Il acquiesça d'un signe de tête, ce qui eut pour effet de faire partir le Français dans un long monologue d'excitation. La tête encore un peu dans le cirage, il fixait son futur époux, marmonnant de temps à autre pour faire semblant d'être à l'écoute de ses paroles. Non, il était plus concentré sur des choses simples, comme ses lèvres roses, ses cheveux mi-longs légèrement ondulés, ses yeux bleus clairs tellement expressifs, ses joues légèrement rouges... Il se demanda quelques instants s'il parviendrait à étendre cette rougeur sur le reste de son corps. Bien que sa préférence générale allait vers les corps plus matures, les femmes plantureuses ou les hommes viriles, il n'était pas un saint. Après tout ils allaient se retrouver mariés... Un sourire rêveur vint doucement relever le coin de ses lèvres lorsqu'il imagina le petit blond associé au matelas tentateur. Il retint un fou rire malsain en imaginant la tête de Jean Balliol s'il apprenait qu'il avait bien l'intention de consommer ce mariage dans un sens bien moins sacré que ce que prévoyait leur plan.
Une main chaude se posa sur son bras et des yeux bleus interrogateurs croisèrent ses orbes vertes.
« Vous sentez-vous bien Messire Allistor ? »
L'homme aux cheveux rouges rougit à son tour. Il devait passer pour un fou à sourire comme un psychopathe, perdu dans ses pensées perverses et son aparté intérieur. Il jeta un œil vers les hommes d'église et les rois, mais personne ne semblait avoir remarqué ses arrières pensées. Le seul qui prêtait un tant soit peu attention à lui était Francis, mais ce dernier semblait à des kilomètres de comprendre la perversion d'un homme.
« Fine Francis, très bien… je pensais à notre wedding. J'ai hâte d'y être. »
Un sourire éclatant illumina les traits du blond. Il semblait tellement saint… tellement pur. Comment pouvait-on être si innocent et en même temps supporter les guerres entre ses différents territoires et les croisades en pays étrangers.
Allistor repensa à sa propre jeunesse guerrière. Les invasions barbares et l'unification de ses terres l'avait rendu fort et plus adulte si l'on comparait ça à une croissance humaine. Il avait perdu son innocence dans le sang de son peuple et dans celui de ses ennemis… mais bien que le français ait autant de sang sur ses mains que lui malgré son jeune âge, il semblait toujours si immaculé.
« tha thu nad dhìomhaireachd dhomh. » (vous êtes un mystère pour moi)
« Que dites-vous Messire Allistor ? »
« 'pel moi Allistor, pas besoin d'Messire… I'm not a Lord et on va bientôt etre mariés alors you can call me Allistor et say "tu"»
« Bien… Allistor »
Le petit diable sur son épaule lui susurra qu'il pouvait bien commencer à l'appeler par son prénom, puisque bientôt il allait le crier. Il s'étouffa dans son vin à ses propres idées pècheresses et chassa le malin de son esprit en continuant la conversation avec son voisin. Il passèrent le reste du repas à discuter de leurs pays, Francis s'essayant au Gaelique et en passant reprenant le français de son futur époux.
Les derniers plats furent emmenés et Allistor était plein. Il s'en était mit plein la panse et il se sentait guilleret sous le trop plein de vin. Il regarda curieusement alors que tout les invités présents se levaient pour passer dans une autre pièce. Seuls les membres du clergés, ainsi que les rois et leurs épouses se retirèrent par la porte principale. Francis était toujours à ses côtés, semblant attendre quelque chose de lui, mais il n'avait pas la moindre idée de quoi.
« Quelle est la suite ? » Finit-il par demander.
« Nos roys se sont retirés pour organiser nostre mariage avec l'évêque. La cour s'est retiré dans la salle de jeu. Souhaitez-vous vous joindre à eux ? Je suis très doué aux dames ! »
L'excitation et l'entrain du gamin lui arracha un sourire. Il n'avait pas joué aux dames depuis bien longtemps. Lui était très doué aux jeux de dés, mais ce genre de jeu était plutôt mal vu, même en écosse. Il n'avait pas vraiment envie de montrer ses travers dès le début à son fiancé. Déjà qu'il s'était présenté au repas en retard et à moitié débraillé.
« Tu, tu not "vous" please…Parlons encore... J'aime parler with you. I'm curious de ton pays. »
Un sourire lui répondit et Francis lui tendis son bras.
« Je vais vous… te faire descouvrir Paris»
Il prit le bras du plus jeune et se laissa entrainer vers les écuries. Il firent atteler deux cheveux et fuguèrent dans les rues de la capitale française sans prévenir personne.
Le blond, décidément plein de surprise, se montra être un excellent cavalier, droit et fier, il tenait les rennes d'une main de fer. Il se promit alors de lui faire visite l'écosse un jour, juste pour le voir galoper dans les landes au soleil couchant. Ce serait surement un spectacle magnifique…
Mais pour l'instant, ils chevauchaient dans les rues de Paris. Et si au premier coup d'œil, la ville lui avait semblé désagréable et prétentieuse, sous les commentaires de son guides elle dévoilait une toute autre facette. L'innovation côtoyait la tradition religieuse, entre son universitas attirant les intellectuels en provenance de l'Europe entière et ses lieux saints semblant présents à chaque coin de rue. Les restes d'architectures romaines, gauloises et romanes se mélangeaient aux nouveaux bâtiment gothiques. Des bâtiments de bois, de pierre grossières, de pierres taillés et même de métal… L'ensemble aurait pu jurer, mais au contraire tout semblait harmonieux et donnait du caractère à la plus belle ville d'Europe.
C'était sale et propre, miséreux et grandiose, ancien et nouveau, pieux et profane, son futur époux semblait être tout et son contraire, un tel mystère pour lui.
Sans s'en rendre compte, de rencontre en visite, Allistor se trouva à apprécier de plus en plus Paris et la présence du Français à ses côtés.
Au soleil couchant, descendu de chevaux, ils marchaient tranquillement l'un à côté de l'autre sur le parvis de Notre Dame. Francis lui expliquait que sa dame majestueuse était en perpétuelle rénovation depuis des siècles mais que, quand elle sera terminée, ce sera le lieu saint le plus magnifique d'entre tous.
« J'aurais aimé que nos espousailles soient en ce lieu. Mais elle n'est pas finit et mon roy pense que la cathédrale de Reims, lieu de couronnement de nos suzerains, siérait mieux à une telle union sacré »
Le français saisit la main du plus âgé, caressant doucement ses doigts. Les mains du roux étaient cailleuses du travail de la terre et du maniement des armes, alors que celles du blond étaient douces et sans défaut. Il se surpris à avoir presque honte, le temps avait marqué son corps et ce dernier était brute comparé à la délicatesse du plus jeune.
« Mais quel que soit le lieu, je me resjois de nostre union… »
Le temps sembla s'arrêter, Allistor n'entendait plus la ville autour de lui, juste son cœur battant dans ses oreilles. Il ne s'attendait pas à une telle déclaration de la part de la France et cette dernière le fit rougir telle une jouvencelle se faisant courtiser par un gentilhomme.
Il ouvrit la bouche, puis la referma, semblable à une carpe hors de l'eau. Il n'était pas un novice… il s'était fait courtisé et avait courtisé de nombreuses femmes, hommes et même quelques nations de part le passé, mais jamais une telle remarque ne l'avait autant troublé.
« Bhiodh mi toilichte cuideachd… I'm glad too »
Le petit blond leva alors la tête vers lui, un grand sourire lumineux ornant ses lèvres alors que ses yeux pétillaient de plaisir comme les reflet d'un ciel ensoleillé dans le Loch Duich.
« Porsuivions nostre visite »
Gardant sa main dans la sienne, Francis le tira vers la seine, reprenant son discours sur sa ville. Toutefois, Allistor ne prêtait plus vraiment attention à ses paroles, il était subjugué par cette nation. Lui qui n'était qu'un petit pays… il ne se dénigrait pas, il avait son lot de bataille, de victoires pour être un danger et respecté. Il avait ses intellectuels, ses territoires magnifiques aussi et sa culture… Mais, il n'avait pas un tel rayonnement. Il se demanda pendant quelques instants pourquoi Philippe Le Bel avait accepté ce mariage. Ce dernier aurait été plus profitable avec le saint empire germanique ou même avec son frère l'Angleterre. S'ils n'étaient pas ennemis, le royaume d'Angleterre et le royaume de France pourraient régner sur l'Europe.
Un pincement au cœur de jalousie le prit lorsqu'il imaginait cet idiot d'Arthur avec Francis. Il s'arrêta pour respirer un grand coup. Fermant les yeux, il essaya d'enterrer ce sentiment qui n'avait pas lieu d'être, Arthur était leur ennemi, il n'y avait aucune jalousie à avoir.
« Tout va bien Allistor ? »
Lorsqu'il rouvrit les yeux, ce fut pour se retrouver nez à nez avec l'objet de ses pensées le regardant d'un air inquiet. Prit d'une pulsion soudaine, il glissa doucement sa main sur sa joue et l'embrassa. Ce n'était qu'un contact lèvre contre lèvre. Il pouvait sentir la peau du blond se réchauffer sous ses doigts, il était légèrement crispé, mais ne se recula pas pour autant. Le plus jeune finit par se détendre et une petite langue timide glissa sur les lèvres du plus âgé.
Allistor se recula surpris.
Prenant son mouvement d'éloignement pour du dégoût, Francis le regarda comme une biche pourchassée par les chiens, effrayé et mal assuré.
« Je mande pardon… je pensois que… je ne connoistra pas vos custumes et… »
Dans sa panique, il semblait complètement perdu dans ses explications. L'écossais se saisit de nouveau de sa main avec douceur pour essayer de le rassurer.
« Calm Francis… it's ok, j'ai juste été surpris. Je ne pensais pas que tu connaissais Ce genre de baiser. Ça m'a surpris…but s'not bad»
Il lui fit un petit sourire en coin, ce qui sembla apaiser le plus jeune. Ce dernier passa sa main libre dans ses cheveux et joua avec une mèche un peu gêné.
« J'ai grandi avec Rome »
Ce rappel fit grimacer légèrement le plus ancien. C'est vrai que Rome n'avait pas impacté que l'architecture. Il en était venu à oublier les influences latines sur le caractère de son futur époux. Ce constat entraina une pensée très désagréable… Francis avait-il été témoin de ce baiser ou l'avait-il expérimenté lui-même ? Et si oui, avec qui ? Il sentit la jalousie poindre de nouveau le bout de son nez et se fit violence pour ne pas questionner son futur époux. Il avaient chacun leur passé et ce serait plutôt malvenu de sa part de se montrer possessif. Surtout que, de son côté, il avait pu expérimenter bien plus qu'un baiser érotique auprès des romains lors de visites protocolaires écossaises.
Malgré toute sa volonté, il ne pu retenir un « Fucking Ròmanaich ». Le vieux Rome avait beau avoir chuté, il avait encore le don de le contrarier.
Francis secoua la tête légèrement amusé, connaissant bien la vieille rivalité entre son futur mari et la nation pouvant être considéré comme son père. Se mettant sur la pointe des pieds il redonna un baiser chaste au rouquin avant de courir à son cheval pour grimper de nouveau en scelle et partir au trot.
« Rentrons, nos roy vont estre inquiets »
Il observa le petit blond prendre de l'avance. Il glissa ses doigts sur ses lèvres, sa langue venant récupérer la légère saveur laissée par le baiser. Un sourire idiot s'étendit jusqu'à ses yeux et il se claqua les joues pour calmer ses zygomatiques. Il marmonna pour lui même en remontant sur son propre étalon pour rejoindre le français.
« Bidh thu giùlain coltach ri nighean, mo shean Allistor. » (tu te comportes comme une jouvencelle, mon vieil allistor)
