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Chapitre 3 : De nouveaux patients
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Harleen et Emily, redescendues au rez-de-chaussée du Service d'Accompagnement à la Sortie, s'engouffrèrent dans le couloir situé sur la droite en venant de l'entrée principale du bâtiment. C'était un couloir moyennement large et relativement bien éclairé, dont les murs étaient ponctués de quatre portes en bois.
« Ici, lui expliqua Emily en désignant l'ensemble du couloir, il y a tous les bureaux des psys. Nos deux bureaux sont au fond, et les deux autres ce sont ceux des psychologues. »
Elles allèrent jusqu'au bout et s'arrêtèrent devant la dernière porte sur la droite. Sa collègue lui tendit alors une clé. Harleen s'en saisit et ouvrit la porte de ce qui allait être son nouveau bureau. Une fois le mécanisme de la serrure actionné, elle entra.
La pièce devait faire environ une quinzaine de mètres carrés où étaient disposés deux fauteuils, une petite bibliothèque ainsi qu'un bureau encadré de deux chaises, surmonté d'un ordinateur et d'une imprimante. La tapisserie était dans les tons marron clair et une fenêtre donnait sur la verdure extérieure. Harleen s'y sentit rapidement à son aise.
Ce fut apparemment aussi le cas de sa collègue qui s'affala tranquillement dans la première chaise et qui s'empara de plusieurs papiers trônant sur l'imprimante. Harlen contourna le bureau et s'assit dans son propre siège, face à l'écran d'ordinateur et face à Emily.
« Pas mal, hein ? lui lança cette dernière en désignant l'endroit d'un geste de la tête.
- Pas mal du tout » lui répondit Harleen en un sourire.
Emily lui fit également un sourire en retour et baissa son regard sur le tas de feuilles posé juste devant elle, avant d'en attraper la première page.
« Bon, continua-t-elle, j'imagine que tu as pris connaissance de ton emploi du temps, non ?
- Exact. » Harleen l'avait reçu par mail quelques jours auparavant et avait eu le temps de l'apprendre par cœur.
Sa collègue lui tendit la feuille de planning fraîchement imprimée, sur laquelle on pouvait lire :
Harleen Quinzel – Psychiatre
Mardi
9h - 12h : Rendez-vous individuels
14h - 16h : Rendez-vous individuels
Mercredi
9h - 12h : Consultations libres
14h - 16h : Atelier de groupe
16h - 17h30 : Réunion ateliers
Vendredi
9h - 12h : Rendez-vous individuels
14h - 16h : Rendez-vous individuels
16h - 18h : Réunion d'équipe
« Je vais pas trop m'éterniser dessus alors, lui dit Emily alors qu'elle lui remettait la feuille de planning fraîchement imprimée. Donc, pour l'instant, pendant ton mois d'essai, tu bosses les mardis, mercredis et vendredis. Les mardis et les vendredis, ce sont les journées où tu fais les consultations sur rendez-vous, de 9h à 12h puis de 14h à 16h. Et le vendredi, de 16h à 18h, on se fait une réunion d'équipe. Si ton mois d'essai se passe bien, tu auras des patients en plus et tu prendras aussi les lundis et les jeudis comme journées de consultations. Du coup, il reste le mercredi qui est un jour un peu particulier : les matins, entre 9h et 12h, tu fais des consultations libres – c'est-à-dire que tu attends de voir si des patients veulent venir te consulter, sans rendez-vous. Et les mercredis après-midi sont dédiés aux activités, qu'on vient animer avec les éducs, les aide-soignants et les psychologues. On a plusieurs ateliers : musique, peinture, théâtre, danse, sport, bricolage, informatique et sortie.
- Sortie ? demanda Harleen, étonnée. Tu veux dire, sortie..?
- Dans Gotham, lui répondit sa collègue tout sourire. On fait ça un mercredi après-midi par mois, généralement avec les patients qui vont vraiment pas tarder à partir d'ici. Y a toujours un psy, un éduc et deux agents de sécu, pour quatre patients, pas plus. On les emmène au musée, au cinéma, ou au centre commercial... Ça dépend des fois. »
Harleen, d'abord surprise, fut particulièrement enthousiasmée par cet atelier même si elle imagina que ce n'était pas forcément le plus reposant.
« Du coup, continua Emily, ce mois-ci tu seras à l'atelier peinture, avec Carl Jimenez. C'est un psychologue qui a aussi fait une formation d'art-thérapeute, il a une pratique vraiment intéressante.
- Euh par contre, hésita Harleen, la peinture, moi... Enfin, je suis pas spécialement douée pour ça.
- T'inquiète pas, la rassura-t-elle, t'auras pas besoin de peindre. Il faut juste accompagner les patients dans leurs créations. »
Bien qu'elle n'ait pas vraiment un profil artistique, Harleen se fit la réflexion que cela pouvait tout de même être intéressant. Tant qu'elle n'avait pas à barbouiller sur une toile...
« Des questions sur ton emploi du temps ?
- Tout est clair, répondit-elle.
- Ok, on va pouvoir passer aux patients alors, enchaîna Emily en agitant le reste de la liasse de papiers dans ses mains. Ce mois-ci tu auras dix patients ; si ton mois d'essai se passe bien alors tu passeras à vingt, comme moi. »
Harleen acquiesça. Vingt patients d'un coup, cela aurait peut-être été beaucoup pour commencer.
« Alors alors, reprit Emily, voyons un peu qui tu vas rencontrer. » Elle se saisit de la première fiche-patient et la regarda quelques instants avant de la faire glisser en direction de Harleen. Son regard s'attarda sur la photo d'une jeune femme brune d'une trentaine d'années.
« Miranda Clark, commença Emily. On a lui diagnostiqué un trouble schizophréniforme – pas de véritable schizophrénie, puisque son état n'a duré que quatre mois environ. Ça fait deux ans qu'elle est arrivée et elle va sortir dans deux mois. On l'a internée car elle a agressé assez violemment un certain nombre de passants alors qu'elle était en pleine crise de délire. Ça lui a pris comme ça, un matin, au beau milieu de la rue, alors qu'elle se rendait à son travail. De mémoire, je crois qu'elle était persuadée que les passants étaient des envoyés de la CIA devant la réduire au silence, ou quelque chose dans ce goût-là. Du coup, pour se défendre, elle s'en est pris à tous ceux qui se trouvaient autour d'elle – il me semble que la plainte qui a fait pencher le verdict est celle d'un type à qui elle a crevé un œil. »
Harleen acquiesça sans laisser paraître sa surprise. Vu le contexte, elle s'était attendue à des histoires de ce genre.
« Enfin bref, elle est restée au pénitencier des femmes le temps que son état délirant finisse par s'estomper. Au bout de quatre mois elle allait beaucoup mieux, et une fois stabilisée on l'a rapidement transférée au SAS. Elle a diminué les médicaments et on l'a mise en appartement thérapeutique individuel. Tout se passe bien pour l'instant.
- Une bonne évolution alors, commenta Harleen.
- On fait toujours en sorte que ce soit le cas. »
Alors qu'elle lisait plus en détail la fiche de Miranda Clark, Emily l'arrêta dans sa lecture.
« Tu pourras emporter les fiches des patients chez toi, lui dit-elle. Là je vais te faire un résumé rapide de chacun d'entre eux, tu pourras approfondir plus tard.
- D'accord. »
Emily fit donc glisser une deuxième fiche vers elle.
« Kyle Wagner, commenta-t-elle. Il a été interné au pénitencier des hommes pour pyromanie il y a trois ans. Il a volontairement causé un feu de forêt qui a brûlé deux campeurs aux deuxième et troisième degrés. Et il avait déjà des antécédents de pyromanie il me semble. Il a pris sept ans d'internement et maintenant il lui en reste environ trois ; et ça fait six mois qu'il est au SAS. »
Harleen se saisit de la fiche, fit glisser son regard dessus puis le reporta sur Emily qui parcourait déjà la troisième.
« Maggie Olson, lui indiqua-t-elle alors. On lui a diagnostiqué un trouble de la personnalité borderline. Elle a pris cinq ans après une tentative de meurtre envers son ex-conjoint, lorsque celui-ci lui a annoncé qu'il la quittait. Au final il a pris des coups de couteau dans l'épaule, ça aurait pu finir bien plus tragiquement. Miss Olson a vite manifesté une stabilité dans son comportement, notamment grâce aux thymorégulateurs – même si parfois elle a encore du mal à gérer ses émotions et son impulsivité – et elle a assez vite été transférée au SAS. Il lui reste encore un peu plus d'un an. »
Harleen hocha la tête tout en restant silencieuse alors que sa collègue inspectait de son regard une nouvelle fiche entre ses mains, avant de la lui donner.
« William Marshall, expliqua-t-elle, a été condamné à cause d'un accident de la route. Il conduisait avec une grande quantité d'héroïne dans le sang et a percuté un gamin qui est resté plusieurs mois dans le coma. On lui a diagnostiqué un délirium induit par l'intoxication à une substance. A présent Mr Marshall est sous subutex et n'a plus manifesté de phase de délire depuis plusieurs mois. Ça fait déjà deux ans qu'il est ici. »
Au fur et à mesure, la jeune psychiatre essayait de s'imaginer le parcours de vie de chacune de ces personnes. Mais cela était quelque peu entravé par sa collègue, qui lui tendait déjà une nouvelle fiche.
« Brian Ward, continua Emily alors que Harleen se saisissait du papier. Condamné pour viol et sadisme sexuel envers son ex-femme. Enfin, ses ex-femmes. En fait c'est une sacrée histoire. En gros, Ward a eu une première épouse, d'avec qui il a divorcé, puis il a eu une compagne pendant quelques temps. Après plusieurs contacts avec une association contre la violence conjugale, cette dernière a fini par porter plainte contre son compagnon – qui ne l'a pas très bien pris, soit dit en passant. Pour préparer le procès, l'avocat de cette jeune femme a cherché des témoignages et a contacté l'ex-femme de Ward. Et, quelle surprise, celle-ci a avoué que son ex-mari lui avait fait subir le même genre de sévices. Du coup d'une plaignante on est passé à deux – ce qui a bien sûr eut de l'impact sur la condamnation. »
En entendant cette histoire Harleen ne put s'empêcher de ressentir un vif élan d'antipathie envers cet homme.
« Depuis qu'il est ici, continua sa collègue comme pour la rassurer, il n'a que très rarement montré des signes d'agressivité – même s'il faut avouer qu'il contrôle très mal ses émotions. C'est un patient qui fait des progrès – d'ailleurs, l'atelier peinture lui réussit très bien.
- Tant mieux » répondit Harleen en essayant d'y mettre de la conviction.
Emily lui adressa un sourire avant de poursuivre.
« Daniel Green, commenta-t-elle ensuite en lui faisant parvenir une nouvelle fiche. Schizophrénie paranoïde. Lorsque sa maladie s'est installée il habitait dans un petit lotissement. Le problème était qu'il a commencé à tuer un à un les chats de son voisinage. Un jour le propriétaire de l'un des animaux l'a pris sur le fait ; s'en est suivie une altercation dans laquelle le voisin a été sévèrement amoché. Je crois que Green a pris trois ans pour ça. Maintenant ça fait un an et demi qu'il est au SAS. Il prend des anti-psychotiques depuis un moment – et ils ont eu de très bons effets dans la mesure où son délire n'est pas réapparu.
- Et son délire, quel était-il ?
- Alors, lui répondit-t-elle avec un léger sourire en coin, en gros... Il était persuadé que les chats étaient des extra-terrestres, venus sur Terre pour prendre le contrôle des humains, quelque chose dans ce goût-là. Et il en a disséqué un certain nombre, sûrement pour essayer de valider son hypothèse. »
Harleen se força à rester de marbre malgré l'étrangeté de cette information. Emily garda son sourire et détailla la prochaine fiche.
« Abbigail Robertson, continua sa collègue en lui tendant un énième bout de papier. On lui a diagnostiqué un trouble bipolaire de type I puisqu'elle présente essentiellement des phases maniaques – même s'il lui est déjà arrivé d'avoir quelques phases dépressives. Lors de l'une de ces phases maniaques, justement, elle a jugé bon de faire une course avec un chauffard – qui, lui, n'a jamais pu être identifié – et au final elle a percuté trois piétons avec sa voiture. L'un d'eux a perdu la vie. Elle a pris dix ans ; il lui en reste quatre et elle vient tout juste d'arriver au SAS. Les thymorégulateurs et les neuroleptiques semblent bien fonctionner avec elle. »
La jeune psychiatre regarda la photo d'une femme blonde d'une quarantaine d'années pendant quelques instants, avant qu'elle n'ait une nouvelle fiche sous les yeux – ornée d'une photo d'homme, cette fois-ci.
« Alexander Russel. Il souffrait d'un état de stress post-traumatique dont il est pratiquement remis maintenant. Le pauvre homme, alors qu'il était pris d'un violent cauchemar lié aux traumatismes qu'il a vécu pendant la guerre du Golfe, a étranglé sa femme dans son sommeil. Et il a pris dix ans d'emprisonnement... Ça fait maintenant quatre ans qu'il est au SAS et il a suivi une thérapie par EMDR qui a particulièrement bien fonctionné, couplée aux anxiolytiques. Il est toujours suivi par sa psychologue référente et est très engagé dans sa thérapie. Je crois qu'il lui reste un peu plus de deux ans à passer ici. »
Harleen prit tout de même quelques secondes pour contempler cette fiche, trouvant touchante l'histoire de cet homme. Puis elle se saisit encore d'une nouvelle que lui tendait sa collègue.
« Katherine Moore... lui dit-elle alors, pensive. On lui a diagnostiqué un trouble de la personnalité antisociale. Ça peut être assez compliqué de communiquer avec elle, elle n'est pas franchement bavarde. Ni très agréable. Avant Arkham, Moore était déjà connue des autorités pour différents actes de délinquance et a déjà fait quelques mois de prison. Elle a rejoint un gang des Narrows connu pour s'attaquer aux porte-feuilles des riches de Gotham. Il se trouve qu'un soir, elle et quelques uns de ses acolytes ont tabassé une femme qui passait par là et qui a tenté de leur résister. Ils ne l'ont pas loupée, ça c'est sûr ; mais le pire, c'est que cette femme était enceinte. A peine était-elle récupérée par les urgences qu'elle faisait une fausse couche. Ça a fait un sacré scandale. On a heureusement retrouvé certains membres du gang qui étaient présents cette nuit-là ; ceux-ci en ont dénoncé d'autres, et ainsi de suite. Moore fait partie de ceux qui ont été pris dans cet effet boule de neige. Il n'a pas été prouvé qu'elle avait asséné de coups, mais on l'a quand même inculpée pour association de malfaiteurs.
- Elle ne devrait pas juste être en prison ? ne put s'empêcher de demander la jeune psychiatre.
- Ça aurait pu, répondit Emily. Mais assez étonnamment, Moore a fait une première tentative de suicide après son arrestation, et une deuxième juste avant son procès. Ca a fait pencher le verdict pour Arkham. Après, si c'était calculé de sa part ou non, je saurais pas le dire. Je te conseille d'en parler avec sa psychologue si tu te poses des questions. »
Harleen répondit par l'affirmative, tout en remarquant qu'il ne restait – enfin ! – plus qu'une seule fiche entre les mains de Emily.
« Ah, et pour finir, lui dit-elle, nous avons John Doe.
- Un anonyme ? » *
Emily hocha la tête. Harleen attarda son regard quelques instants sur la photo en haut de la fiche. Quelque chose l'interpella.
« Ce sont des cicatrices sur ses joues ?
- C'est bien ça. Elles partent des commissures de ses lèvres et remontent sur près de deux bons centimètres. »
Harleen resta muette, attendant plus d'explications de la part de sa collègue.
« Il y a plusieurs années, John a été retrouvé en pleine nuit, fraîchement mutilé de ces deux profondes entailles, délirant et couvert de sang. Il a été conduit aux urgences du Gotham Général. Le matin suivant, trois hommes ont été retrouvés assassinés dans un entrepôt quelques rues plus loin. Reliant les deux faits, les enquêteurs ont fini par faire analyser le sang sur les vêtements de John. Tout ce sang n'était pas que le sien, et ils ont fait correspondre les ADN à ceux de ces trois fameuses personnes assassinées. Même s'il n'y avait pas d'autres preuves, ça a suffi pour qu'il soit inculpé de ces meurtres.
- Et ce sont ces trois hommes qui l'ont mutilé ?
- On suppose seulement. Car John souffre d'une amnésie rétrograde, il ne se souvient de rien avant son réveil au Gotham Général. Rien du tout. Ni de ce qu'il s'est passé cette nuit-là, ni des vingt années qui se sont écoulées avant... Ni même de son propre nom. D'où le "John Doe". »
Harleen pensa que c'était sûrement là l'histoire la plus énigmatique qu'elle ait entendu aujourd'hui. Emily enchaîna alors sur un ton un peu moins grave.
« Néanmoins, peu de temps après qu'il soit arrivé à Arkham, son comportement s'est très bien stabilisé. Il était sous anxiolytiques et neuroleptiques, et on lui a rapidement baissé les doses. Bien que sa mémoire n'ait pas été restaurée, John s'est très bien adapté. Si bien que, dès sa troisième année au pénitencier, il a été jugé plus judicieux de le transférer au SAS. En général on ne prend pas les patients à qui il reste plus de quatre ans, mais on peut parfois faire des exceptions. Et, cerise sur le gâteau : au bout de cinq ans, ce qui lui restait de peine a été réduite de moitié pour bonne conduite. Donc au final, au lieu de quinze années, il n'en fera que dix.
- Pour bonne conduite ? »
Emily hocha la tête.
« Il a été un patient exemplaire pendant son internement. Bon, il est parfois un peu trop taquin avec certains autres détenus ; mais avec le personnel il a toujours été irréprochable – agréable, poli, serviable... Et il a joué un rôle non négligeable dans l'avortement d'un début de mutinerie, il y a quelques années. C'est ce qui a fait pencher le juge en faveur de sa réduction de peine. On peut en conclure que ses efforts ont payé, vu que maintenant il ne lui reste plus que huit mois avant de pouvoir sortir. »
Sa collègue psychiatre laissa s'écouler quelques secondes avant de reprendre.
« En plus de l'amnésie, on lui a diagnostiqué un léger trouble de personnalité narcissique. Il faut bien le dire, il a quand même un côté un peu mégalo. Mais bon, en même temps, quand on ne sait pas qui on est, je pense qu'il n'est pas si étonnant de vouloir se donner de l'importance et d'avoir quelques petits délires de grandeur. En tout cas, rien de bien méchant. »
Harleen enregistra ces informations et reposa son regard sur la photo de ce fameux John, accolée sur sa fiche. L'autre détail qu'elle avait relevé lui revint.
« Et... Est-ce que c'est normal, ses cheveux verts ? »
Emily eut un petit rire.
« C'est son petit truc à lui, répondit-elle. Sûrement pour se démarquer des autres. Il n'a pas souvent de requête à nous soumettre, sauf cette étrange envie de se teindre les cheveux de cette couleur-là. Je me souviens qu'au départ ça avait provoqué de grands débats dans l'équipe, tout le monde n'était pas tombé d'accord pour céder à cette fantaisie. Mais en réponse à son bon comportement, on a fini par lui accorder. Tous les mois il dépense un peu de l'argent de son allocation pour qu'on puisse lui acheter sa teinture, qu'il a appris à s'appliquer lui-même. Original, non ? »
Harleen approuva tout en tassant la totalité de la liasse de papiers informatifs d'un geste distrait. Elle pensa en effet que, parmi tant d'autres, ce John Doe semblait être un bien étrange personnage.
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* John Doe : en anglais, expression qui désigne une personne non identifiée (l'équivalent féminin étant "Jane Doe").
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Comme vous avez pu le constater, je me suis amusée à inventer quelques profils de patients pour enrichir un peu l'histoire.
Qu'avez-vous pensé du profil de John ?
J'espère que ce nouveau chapitre vous aura plu ; si vous avez des questions ou des critiques, surtout n'hésitez pas :)
A samedi prochain pour la suite !
