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Chapitre 4 : Famille

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Harleen mit quelques instants à comprendre que le drôle de bruit qui résonnait dans son rêve était en réalité la sonnerie de son réveil matinal. Sortant des brumes du sommeil, elle ouvrit lentement les yeux puis distingua les contours de l'objet sur lequel elle appuya mollement. Le bruit cessa, la ramenant à la réalité de son appartement. Et alors qu'elle finissait de s'éveiller, elle prit soudainement conscience de tout ce qui l'attendait au cours de cette nouvelle journée : Arkham, le SAS, ses nouveaux patients.

Ces pensées ayant achevé de la réveiller, elle se leva rapidement et enfila sa robe de chambre avant de se rendre dans sa salle de bain. Elle se frotta les yeux pour les débarrasser des derniers restes de sommeil, s'étira de tout son long, puis se mit à peigner sa longue chevelure blonde. Elle se rendit ensuite dans son salon dans l'optique de se faire un petit déjeuner. Au passage, elle remarqua les fiches de ses patients qui traînaient encore sur sa table basse – fiches qu'elle avait épluché dans le moindre détail jusqu'à une heure tardive. Elle les rassembla en un geste rapide et les rangea dans son sac avant de se diriger vers sa cuisine.

Après avoir concocté et englouti son petit-déjeuner – un café et un bol de céréales – elle retourna dans sa salle de bain pour finaliser ses petits soins matinaux.

C'est alors qu'une petite mélodie s'éleva jusqu'à ses oreilles, témoignant d'un nouveau sms reçu. Elle attrapa son téléphone et eut un sourire lorsqu'elle prit connaissance de l'expéditeur, qui n'était autre que sa mère. Harleen leva les yeux au ciel lorsqu'elle lu le contenu du message : « Bon courage pour ta journée choupinette ! ».
Elle avait tout bonnement horreur de ce genre de petits surnoms dégoulinants de mièvrerie – sa mère le savait pertinemment, bien sûr, et c'est sûrement pour cela qu'elle s'amusait régulièrement à lui trouver de nouveaux petits sobriquets de ce style. Malgré la taquinerie, Harleen releva tout de même les encouragements qui lui firent chaud au cœur.

La veille, sa mère l'avait appelée pour prendre de ses nouvelles ainsi que ses premières impressions concernant son nouveau lieu de travail. Elles avaient passé plusieurs dizaines de minutes au téléphone, parlant essentiellement du nouveau travail de Harleen – puisque sa mère, elle, n'avait pas grand chose d'autre que sa routine quotidienne à lui raconter.

A soixante ans, Lindsay Quinn était restée une femme douce et attentionnée. Son statut de mère au foyer, adopté lorsqu'elle était enceinte de sa fille unique, lui avait permis de s'occuper pleinement de cette dernière, ainsi que de leur belle et grande maison et, bien sûr, de son mari. Harleen trouvait d'ailleurs que sa mère en faisait parfois un peu trop, son père ayant tendance à prendre cette générosité comme acquise.

Harleen soupira. Déjà, à l'époque, elle et sa mère ne passaient plus beaucoup de temps ensemble à cause de tout ce que Harleen devait fournir pour ses études de médecine ; elles qui avaient pourtant été si proches pendant de longues années... Mais à présent Harleen devait bien s'avouer que ces moments avaient complètement disparu. Certes, elle avait déménagé à Gohtam ce qui n'arrangeait pas les choses, mais cela avait déjà commencé avant : depuis le moment où son père avait pris sa retraite et était tout le temps au domicile familial, en fait. Ce qui dans un sens était normal, bien sûr ; mais son médecin de père avait passé tellement de temps – de jour comme de nuit, les semaines comme les week-end, et ce pendant tant d'années – occupé lors de diverses consultations ou interventions à l'hôpital... Ce n'est pas comme si Harleen ou sa mère avaient été habituées à l'avoir à la maison, lui et sa si forte personnalité.

Malgré la distance s'étant peu à peu insérée entre sa mère et elle, Harleen se consolait dans les nombreux appels de celle-ci – et même des quelques sms qu'elle prenait la peine de lui envoyer depuis qu'elle avait appréhendé cette fonctionnalité. Harleen eut un petit rire intérieur lorsqu'elle imagina le jour où sa mère découvrirait la joie de l'utilisation des émoticônes.

Elle se secoua un peu et sortit de ses pensées. Voyant l'heure qui avançait, elle partit faire quelques essayages de vêtements avant de finalement trouver une tenue adéquate pour sa journée. Puis elle attrapa ses clés, et entama enfin son trajet en direction de l'Asile d'Arkham.

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Je pense qu'il s'agit là du chapitre qui m'a le moins intéressée à écrire, mais je voulais tout de même prendre le temps de poser un contexte familial pour Harleen, car cela aura son importance pour la suite (dans plusieurs chapitres).

Vu qu'il est un peu court, je vais poster le chapitre suivant dans la foulée :)

A tout de suite !