Désolée pour la longue attente, je n'ai pas d'excuse et j'espère que cette suite sera à la hauteur de vos espérances.

Sur ce, bonne lecture et encore toutes mes excuses.


A peine la porte fermée, un lourd tissu de tartan vola du corps d'un écossais à la couche de sa chambre. Débarrassé de ce poids, il fit les cent pas, toujours très agacé d'avoir été ainsi éconduit. Sa colère avait atteint le stade où il avait bien envie de se farcir un roi français à défaut de pouvoir le faire avec sa nation.

Allistor avait bien conscience que sa passion soudaine pour la grenouille commençait sérieusement à virer à l'obsession. Il n'avait jamais eu une telle volonté de posséder un autre être, nation ou humain. Il avait des envies bien sûr, il n'était pas eunuque. Mais ça n'avait jamais été au point de déclarer une guerre pour obtenir quelqu'un dans son lit.

Continuant son introspection intérieure, ce qu'il l'énervait le plus, ce n'était pas que l'on lui interdise la couche du blond. C'était qu'on lui interdise le blond tout court.

Se laissant tomber dans un fauteuil, se prenant la tête dans les mains, il commença à se demander comment le français avait pu s'infiltrer aussi profondément sous sa peau en si peu de temps. Etait-ce ce que ressentaient les autres nations lorsqu'ils voyaient le petit ange blond ? Le pouvoir de la France était-il de rendre les autres pays fous de désir pour lui ? Non, ce genre de pouvoir ne fonctionnerait pas sur lui, il n'était pas comme les autres. Il ne désirait pas posséder la France, ses terres lui suffisaient amplement, il voulait seulement garder ses landes et sa liberté.

Avec un doux sourire, il pensa simplement qu'il voulait être aux côtés de la France, lutter dos contre dos avec lui et le voir grandir, devenir encore plus magnifique. Puis bien sûr, fêter leurs victoires avec du bon vin et une nuit de plaisir charnel.

Les rois avaient voulu un mariage, plutôt qu'un traité ou un pacte, soit... alors il honorerait son époux, qu'ils le veuillent ou non. Certes, il était très souple avec la religion, mais il n'était pas non plus un barbare païen. Leur excuse était pathétique, leur statut de nation les plaçant bien au-dessus de celui des humains. Contrairement aux hommes, ils n'avaient pas besoin d'une femme comme réceptacle à leur semence divine pour créer un être. Eux n'avaient besoin que d'une terre pour créer une nouvelle nation. Ils n'étaient ni hommes, ni femmes... Philippe le Bel n'était pas idiot et devait bien le savoir. Pourquoi lui interdisait-il alors les charmes de sa patrie ? Le beau roi avait-il du désir lui aussi pour son pays ? Non, le roi était tellement coincé que c'était inconcevable.

Les vigiles sonnèrent.

Il y avait un temps pour les questions et un temps pour l'action. Il était temps pour lui d'agir sinon son jeune époux pourrait très bien s'être assoupi, désespéré de le voir arriver. Il réfléchit alors à comment se rendre dans la chambre de son bien-aimé. En tout cas, si le monarque n'était pas idiot, il était bien simplet de penser qu'il se résignerait sans lutter.

Fermant les yeux, il se remémora l'architecture du lieu. Le palais de Tau n'était pas bien grand comparé à leur résidence sur Paris ou au château d'Edimbourg. Le palais avait une forme de T, sur trois étages, la salle principale était celle du banquet au rez-de-chaussée. Ils s'étaient séparés au premier étage. Lui et les écossaient avaient étés placés à gauche du bâtiment, les français devaient donc se trouver sur la droite. Il avait donc la direction générale mais malheureusement, il n'avait pas connaissance de la porte précise menant aux appartements de son tendre.

Le roux se leva de nouveau et tourna encore quelques instants, alors qu'une idée lui venait enfin. Les domestiques ! Quelqu'un devait bien avoir des renseignements sur la présence du blond quelque part dans ce palais. Les gens étaient facilement corruptibles, cela ne devrait pas être compliquer d'obtenir ce qu'il désirait contre quelques sous.

Il retira son surcot pour rester uniquement en chemise et en braies, gardant sa ceinture en cuir et la bourse attachée, utile pour les négociations.

Il entrouvrit la porte pour vérifier qu'aucun garde n'avaient été posté par Jean Balliol pour le séquestrer. Mais non, rien, le couloir était sombre et vide. Les chandelles avaient presque fini de brûler, les domestiques devaient donc être en train de les changer. Il devait trouver le préposé aux bougies. En quête du grouillot, il avança jusqu'au croisement où ils s'étaient séparés avec le français sans croiser âme qui vive. Il commençait sérieusement à douter de son expédition, lorsqu'il vit une lueur avancer dans les couloirs.

Se précipitant à sa suite, il posa sa main sur l'épaule du serviteur le faisant sursauter. Il le retourna et mit son doigt sur les lèvres pour l'intimer au silence.

« Excuse, I need some help. »

Le serviteur le regardait avec de grands yeux, l'incompréhension se lisant sur son visage.

« Mande pardon, m'sire, je ne vous comprends point. »

Le roux fit une grimace frustrée et marmonna en Gaélique, essayant de se concentrer sur son français, usant de ses mains pour s'aider.

« Moi, Am cherche Francis, Blonde guy, nation. »

Il sortit une pièce d'or et la montra au domestique.

« Aide-moi et pour toi. »

Le jeune homme regarda autour de lui, puis la pièce et sa chandelle qu'il avait toujours en main. Il tendit la main pour prendre le sou mais l'écossais le retira rapidement.

« Aide d'abord. »

« Bien m'sire, faistes suite. »

Le domestique le prit par la manche et l'entraina dans les couloirs. Il l'emmena dans une zone qu'il n'avait pas encore empruntée. Ici se tenaient cinq portes dont le plus grande se tenait sur la droite. Le valet pointa la porte et chuchota.

« Roy, sssht. »

Il lui fit le même signe de silence qu'il avait lui-même effectué plus tôt et le mena à la porte se trouvant au bout du couloir.

« Sieur Francis este ici. »

Allistor sourit, il avançait enfin dans sa quête. Il donna deux pièces au jeune homme pour la peine.

« Thanks, pour toi. »

Le domestique ne se fit pas prier. Il prit les deux sous et repartit d'où ils étaient venus pour finir sa tâche de changer les chandelles.

De nouveau seul, il cogna discrètement au battant de bois, espérant que l'occupant de l'autre côté ne soit pas endormi.

Son cœur battait vite, les secondes s'étiraient comme des minutes, mais il n'eut que le silence comme réponse. Prenant son courage à deux mains, il vérifia si la porte était ouverte. Celle-ci bougea sans encombre, mais quelle ne fut pas son désappointement de trouver la pièce vide. Le lit n'était même pas défait...

L'écossais serra les poings. L'enfoiré... Philippe le Bel avait dû voir clair dans son jeu et avait changé la nation française de chambre sans prévenir personne. De rage il envoya un pot d'eau posé sur une table voler et se laissa tomber sur le lit, complètement vidé de toute énergie.

Plus que la luxure, c'était la frustration de ne pas pouvoir décider de sa vie qui le mettait hors de lui. On l'avait forcé à épouser quelqu'un, à s'enchainer à une nation, lui qui avait toujours eu soif de liberté. Et alors qu'il commençait à apprécier son époux, qu'il désirait enfin lui aussi cette union, on l'en empêchait. Il avait l'impression de n'être qu'un objet et cela faisait monter la rage en lui.

Le roi de France et de Navarre le connaissait bien mal. Il avait certes la réputation d'être impétueux, mais il savait aussi se montrer patient et têtu. Le français serait à lui, dusse-t-il attendre que le roi passe de vie à trépas pour cela.

Pour l'instant, cela ne servait à rien de rester ici à ruminer. Il devait retourner à sa chambre à présent et profiter des heures qui lui restaient avant l'aube pour obtenir un peu de sommeil et penser à un plan d'attaque.

Le pas traînant, il fit le chemin du retour pour retourner à ses propres appartements. Il ne recroisa pas le valet mais les bougies avaient étés changées dans son couloir. Le jeune homme était efficace et rapide, au moins il n'avait pas dépensé ses deux pièces pour rien.

Un frisson le prit, les couloirs du palais étaient glacials en cette période d'automne. Il poussa la lourde porte en bois, espérant que le feu ne soit pas mort dans l'âtre de sa chambre.

Toutefois, quelle ne fut pas sa surprise, lorsqu'il pénétra, de voir un feu brûlant et ravivé qui réchauffait la pièce et un petit blond confortablement installé contre les oreillers, couvert de son tartan, qui réchauffait sa couche. A son entrée, le dit blond se redressa faisant glisser le tissu et dévoilant sa nudité jusqu'au bassin. A vu des hanches semblant non couvertes par un quelconque bas, la nudité devait s'étendre au-delà.

Il resta quelques instants figé à savourer la vision devant lui. Son époux, son tartan, l'association des deux, dans son lit et sans rien d'autre eut pour effet de le réveiller aussi bien mentalement que physiquement.

La chaleur embrasa lentement son corps et, à la vue des rougeurs s'étendant sur les joues de son blond, celui-ci devait ressentir un proche sentiment. Il avait milles et une questions à lui poser. Comment était-il arrivé là ? Était-il sûr de ce qu'il allait se passer dans cette pièce ? Était-il vraiment prêt à désobéir à son roi ?

Mais aucune ne fut dite de vive voix. L'écossais se rendait compte que toutes ses interrogations étaient futiles et que seul lui et le français, dans cette chambre, importaient pour le moment.

Sans un mot, sans briser le contact de leurs yeux, il commença à retirer les couches de tissus qui le couvraient. Sa ceinture, sa tunique, ses braies et ses poulaines, il ne resta bientôt que lui, dans son imposante nudité face au regard du jouvenceau.

Les yeux de ce dernier quittèrent les siens pour glisser sur son corps. Plus son regard descendait, plus les rougeurs gagnaient du terrain sur sa peau de porcelaine. Allistor ne se cacha pas, il se permit même un sourire quelque peu présomptueux lorsque les yeux bleus de son futur amant s'écarquillèrent en atteignant un certain niveau de son anatomie. Toutefois, il n'était pas préparé à la réaction de Francis. Celui-ci émit un petit cri étouffé et se couvrit jusque par-dessus tête avec son tartan.

Dans sa cachette de fortune, le français essayait de se remettre de ses émotions. Il avait vu quelques corps nus, des compagnons d'armes lavant le sang de la guerre après une bataille, ou des personnes se baignant, mais jamais dans une telle situation et de façon si… intime. Le corps du roux était plutôt fort, tout en muscles, semé de cicatrices dues à son passé militaire. Plus que la nudité du roux, il avait surtout honte de son propre corps. Bien qu'il ait prit quelques centimètres et un peu de muscles depuis le dernier siècle, il restait petit et chétif, et il avait une peau lisse et presque imberbe par rapport au roux. Etrangement, malgré les nombreuses guerres qu'il avait affrontées, son corps ne s'en était trouvé que peu marqué et souvent, les pires cicatrices finissaient par disparaitre avec le temps. Allistor allait le prendre pour un faible ou un lâche.

Il sursauta en sentant un poids se glisser à ses côtés, faisant s'affaler le matelas. Le tissu commença à glisser mais il le rattrapa de l'intérieur pour le retenir, son cœur battant la chamade.

Allistor se retint d'éclater de rire pour ne pas le braquer davantage et s'allongea à ses côtés sur les couvertures.

« Francis ? »

Un bruit étouffé lui répondit de sous sa cachette. Face à cette situation incongrue, l'écossais ne put s'empêcher de sourire avec tendresse devant son comportement adorable.

« I would like to see you mo gràdh, laisse-moi te voir. »

La couverture bougea de droite à gauche en signe de négation. Commençant à être un peu frustré, le roux essaya de nouveau de tirer le tartan. Il s'attendait à un peu de pudeur face à la nation tellement pieuse, mais suite au baiser qu'ils avaient échangé à Paris, il ne s'attendait pas à tant de bigotisme.

« Why not ? »

« Mande grâce si... Allistor, je... je ne sois point agréable à l'œil. »

La phrase avait été dite avec un hoquet de désespoir par l'un et avait été accueilli par un hoquet outré par l'autre.

« Gràdh, crois-moi, you are... magnifique. »

Un couinement étouffé lui parvint des draps.

« Je soi petit et je ne semble point à un guerrier, les gens de la cour colportent que je soi fragile... je soi ridicule comparé à toi. »

« They are stupid, laisse te voir, Am ton époux, Am le seul qui compte, cha? »

Il attendit une réponse, mais celle-ci ne vint pas verbalement. Il pouvait seulement sentir que la pression exercée sur le tartan était moins présente. Le roux roula des yeux avant de tirer doucement sur le tissu pour débusquer le français retranché.

Le blond était allongé sur le dos, les mains de chaque côté de la tête là où, précédemment, il tenait la couverture agrippée. Ses cheveux blonds encerclaient son visage comme un halo de lumière. Ses yeux le fixaient pleins d'incertitudes et de peur qu'il ne le rejette. Mais en même temps, il pouvait voir une lueur au fond de son regard. La lueur du guerrier prêt à tout ravager pour se défendre. Idiots étaient ceux qui ne pouvaient pas voir le loup caché sous une peau de brebis. Une main chaude et rugueuse se posa sur sa joue tendrement comme pour calmer un animal sauvage.

La main glissa sur son cou, caressant du pouce sa jugulaire. Il prit quelques minutes pour observer le corps de son amant qui, jusqu'à présent, avait toujours été vêtu. Celui-ci n'était pas enfantin comme il l'avait présumé avant mais pleins de muscles secs comme celui d'un adulte en développement. Sa peau était pâle et douce, quasiment sans marque. Il n'avait pas vu de nation plus belle et plus majestueuse.

Sans un mot, juste par ses gestes et son regard, il lui transmit ses sentiments. Il put alors sentir la résistance du corps sous lui céder. Il se pencha, se permettant un chaste baiser, simple contact lèvres contre lèvres. Les dernières barrières du plus jeune s'affaissèrent et il ferma les yeux profitant de la présence de l'autre.

Fier de sa victoire, l'écossais laissa ses mains explorer ce nouveau territoire conquis. Le blond gloussa de façon mignonne lorsque ses doigts frôlèrent ses flans avant de soupirer de bien être lorsqu'ils glissèrent sur son aine puis sur son ventre. Il osa s'aventurer jusqu'à la lisière des poils couvrant son intimité avant de remonter explorer le reste de son corps. Du pouce, il taquina un de ses grains de chair, continuant d'observer ses réactions. Son nez se plissait adorablement alors que son souffle se faisait un peu plus saccadé, ses dents se plantaient dans ses lèvres alors que la luxure embrasait au fur et à mesure ses yeux et sa virilité.

« Ah… Allistor »

« Tha thu gu math brèagha mo gràdh. » (Tu es vraiment beau mon aimé)

Un frisson parcouru le corps du plus jeune alors qu'il lui parlait en gaélique. Sa main droite se posa sur l'avant-bras du roux, se permettant un premier contact. Il parcourut le membre jusqu'au biceps qu'il agrippa doucement, essayant de l'attirer pour un nouveau baiser. Se penchant sur lui, l'écossais le recouvrit de son corps, glissant une de ses jambes entre les siennes, appuyant doucement contre sa rigidité. Francis poussa un couinement surpris par la sensation qu'il ressentit à ce touché peu ordinaire et remua des hanches inconsciemment afin de l'éprouver de nouveau.

Allistor glissa ses mains sur ses flancs pour empêcher tout mouvement et se redressa pour le regarder dans les yeux avant de murmurer.

« Easy, gràidhean. »

Suite à cela, délicatement, il ouvrit les cuisses de son amant avant de se glisser entre. Collant son bassin au siens, ses bras de chaque côté de sa tête, il murmura doucement, fixant ses yeux sans cligner.

« 'N annhymerus' yn gwneud i chi deimlo'n dda. » (Je vais te faire sentir bien)

Il se mit alors à frotter son bas ventre contre le sien, faisant hoqueter son jeune amant. Ses yeux s'ouvrirent encore plus grands et Allistor fut noyé dans un ciel bleu. Sans quitter le lien de leur regard, leur corps se mirent à danser en union. De plus en plus excité, les mains du plus jeune vinrent se saisir des épaules du corps présent sur lui. Celles du plus vieux, quittèrent leur position pour honorer le corps sous lui. Un mouvement de hanches plus vigoureux que les autres fit basculer la tête de Francis vers l'arrière offrant sa gorge à la vue d'Allistor. Ce dernier ne put se retenir et vint embrasser, mordiller cette chair offerte. Sa peau avait un léger goût de sel et se tintait joliment de rouge sous ses assauts. Les cuisses du blond se refermèrent sur ses hanches alors que ses ongles s'enfonçaient dans son dos, glissant jusqu'au bas de ses reins.

« Allistor… grâce… grâce… je vois mourir… grâce »

Les petits cris paniqués du puceau ne le firent pas arrêter pour autant et il continua sa douce torture jusqu'à l'assouvissement de sa victime. L'expérience lui permettant de se contrôler davantage, il cessa tout mouvements avant de se reculer quelque peu pour laisser son amant se remettre de ses émotions. La chaleur étreignant toujours son bassin, il dut se retenir de le ravir immédiatement à la vision pécheresse qui s'offrait à lui. Francis gisait au milieu du lit, respirant de façon erratique, son ventre souillé par sa semence. Sa respiration était saccadée comme après une course, ses yeux vitreux et ses mains serraient sporadiquement les draps sous lui alors qu'il essayait de se remettre de ce qui venait de se passer.

Le roux quitta le lit conjugal quelques instants pour remettre une bûche dans l'âtre. Bien que, par leurs actes, il n'avait présentement guère froid, l'absence de feu se ferait ressentir une fois la chaleur de leurs ébats révolue. Passant à côté du guéridon, il se servit un peu de vin et en apporta une coupe à son amant.

« Francis ? »

Le susnommé s'était calmé et respirait de nouveau normalement, les yeux fermés. Le rouquin craignit pendant quelques instants que le blond se soit endormi, mais deux orbes bleus répondirent à sa voix. Il lui sourit et s'assit sur le bord du lit, le laissant se redresser avant de lui tendre la boisson. Francis but comme un assoiffé dans le désert, tenant la coupe à deux mains.

« Est-ce toujours ainsi? »

Le roux lui sourit caressant sa joue avec tendresse.

« With a good partner, yes. Could be... meilleur. T'was just le commencement gràidhean. »

Il pencha la tête ne semblant pas comprendre.

« Le commencement ? »

Allistor prit sa coupe vide pour aller la reposer et se dirigea dans le coin toilette pour se saisir d'un savon à l'huile qu'il humidifia un peu. Francis l'attendait, toujours assis, incertain sur ce qu'il devait faire, n'ayant pas eu de réponse à sa question.

« Tourne, sur le ventre, please. »

Le français obéit à l'ordre du plus ancien. Agrippé à l'édredon, il appréhendait quelque peu la suite des évènements. La convoitise et la luxure étant retombées suite à son apogée, son cerveau principal s'était remis à fonctionner convenablement, l'empêchant de se détendre complètement. Son instinct militaire lui hurlait qu'il n'était pas naturel de tourner le dos à un autre guerrier. Sa nature pieuse, quant à elle, lui hurlait qu'il commettait un pêcher et qu'il allait apporter le malheur sur sa couronne.

Il essaya de faire taire ses doutes mais ne put s'empêcher de se crisper davantage en sentant la main de son amant contre ses épaules descendant doucement le long de sa colonne vertébrale.

Le roux se pencha sur son dos et se mit à lui chuchoter en gaélique. S'il avait bien analysé plus tôt son amant, celui-ci semblait répondre plus que positivement à son dialecte. De ses mains, il caressait ses hanches, appuyant de ses pouces dans le creux de son dos. Le coup final fut de couvrir le haut de son dos et sa nuque de baisers. Il sut qu'il avait gagné la première bataille lorsqu'il vit les épaules du plus jeune s'affaisser et son corps s'enfoncer dans le matelas en plume.

Le cerveau principal de Francis commençait à laisser de nouveau place à son cerveau secondaire. Celui-ci lui chuchotait seulement d'envoyer balader les évangiles, les préceptes de l'église et ceux de la guerre pour profiter de l'instant présent. Il se détendait petit à petit, se laisser manipuler entre les mains de son amant plus expérimenté, ses hanches se frottant légèrement contre le tissu sous lui, il ne remarqua pas tout de suite les doigts importuns s'approchant de plus en plus de son derrière. Ce n'est que lorsqu'il sentit une phalange humide et visqueuse se glisser dans la fente de ses fesses qu'il essaya de se redresser.

« Allistor ! Que fais-tu ? »

Une main forte le força à rester en position, lui chuchotant des mots apaisant.

« Nothing, it's for your pleasure, ça va être un douloureux au début but après ça va être bon, trust me. »

La phrase ne l'avait pas rassuré le moins du monde, il avait presque envie de sauter du lit pour fuir mais la demande de confiance d'Allistor le fit rester dans la couche. Ils étaient mariés à présent. Pour lui, un époux se devait de faire confiance à son partenaire.

Prenant une forte inspiration, il hocha de la tête positivement.

« Je vous… je te doin ma confiance. »

Il se mordit les lèvres alors qu'il sentit le doit taquin glisser davantage dans son intimité. Les yeux écarquillés, il fixa la tête du lit. Personne ne lui avait parlé d'une telle chose. Il s'agrippa plus fort à l'édredon en plume lorsque le majeur intrusif commença à aller et venir. Ce n'était pas très douloureux mais plutôt gênant. Il ne comprenait pas vraiment en quoi cet acte était bon, ce qu'ils avaient fait précédemment était bien meilleur. A peine eut-il eu cette pensée, qu'un mouvement en lui déclencha un spasme qui lui fit lever ses hanches et pousser un petit cri étouffé. L'écossais le torturait ainsi lentement, doigt après doigt, les écartant, leur faisant faire des va-et-vient, le préparant comme il le faut. Sa patience était mise à rude épreuve par les couinements excités du blond et par ses mouvements de bassins qui se faisaient de plus en plus tentateurs.

Après un moment qui lui parut interminable, son membre étant douloureusement dur entre ses jambes, il décida qu'il était temps de passer aux choses sérieuses. Il cessa tout mouvement, s'attirant un soupire frustré de son amant.

Celui-ci tourna la tête pour comprendre pourquoi il avait arrêté ce traitement si délicieux, mais il n'eut pas le temps de dire un mot avant de se faire retourner et de se retrouver de nouveau avec le plus ancien entre les cuisses.

La main du rouquin passa sur son torse et sur sa gorge avant de venir se loger dans ses cheveux. Il prit de nouveau ses lèvres tentatrices en otage, guidant de son autre main sa claymore dans son fourreau. Toutefois, il dut bien vite s'arrêter alors que Francis semblait peiné.

« C'est... C'est douloureus. »

Il embrassa ses lèvres chastement pour le rassurer.

« Normal… calme et respire longue, ça aidera, tu seras mieux après. »

Il continua de lui murmurer des mots doux, puis quand le plus jeune fut de nouveau un peu détendu, il recommença à se déplacer. Enfin complètement gainé entre les chairs de son bien aimé, il resta de nouveau figé pour laisser le temps à son corps de s'habituer.

Les ongles s'enfonçant dans les bras de son amant, le plus jeune inspirait et expirait en tremblant légèrement. Le plus âgé, quant à lui, se mit à caresser son torse et son ventre, en glissant de temps en temps sur son membre, pour détourner son attention. Après plusieurs minutes, inconfortables pour l'un comme pour l'autre, Allistor reprit la parole.

« It's ok ? »

Francis hocha la tête, ne faisant pas confiance à sa voix.

L'écossais se redressa et saisissant les hanches du plus petit, il commença légèrement à onduler en douceur. Au fur et à mesure de ses mouvements, ceux-ci devenaient plus aisés et Francis répondait plutôt positivement, son membre se gorgeant de nouveau contre son ventre. Plus à l'aise, il prit appuie sur ses genoux et remonta les jambes de son amant, le pliant un peu plus. Le changement d'angle facilitait ses déplacements et c'est alors que Francis eut un cri mélangeant stupeur et plaisir. Tentant de nouveau l'expérience, Allistor recommença, faisant de nouveau gémir son amant. Fier de son succès, il put alors se laisser aller un peu plus à chaque mouvement de reins. Ce fut d'abord ses doigts qui se serrèrent durement sur sa peau pâle, puis ses lèvres qui s'imposèrent à leurs jumelles pour un baiser endiablé. Conforté par les signes visibles d'excitation de son amant, il continua en venant mordre la chair tendre de son cou, laissant diverses marques plus ou moins appuyées, puis remonta vers son oreille pour la mordre à son tour et chuchoter toujours plus désespéré.

« Mo gràdh... foirfe... beau... »

Francis, de son côté, était complètement perdu. Il ne comprenait pas son corps et ce qu'il ressentait. Douleur, plaisir, perdition, paradis. Tout ce qu'il savait, c'est qu'il ne voulait pas que ça s'arrête. Pour essayer de garder pied avec la réalité, il s'accrochait au corps du roux comme à une branche dans un torrent de sensations. Ses ongles pénétraient sa chair, le griffant dans le dos et sur les bras. Ses lèvres répondaient aux siennes, ne les lâchant que pour essayer de respirer. Il essaya plusieurs fois de parler, mais son cerveau ne pouvait former que des mots sans cohérences.

« Allistor... aimé... encore... »

Il tremblait sous les assauts de son amant, pensant qu'il allait mourir comme jamais il n'en avait eu l'impression sur un champ de bataille.

Bien qu'il voulut être plongé pour toujours dans les terres françaises, Allistor finit par atteindre ses limites et le paradis s'ouvrit à lui. Reprenant son souffle, ayant atteint son paroxysme, il redescendit du septième ciel lentement, caressant le membre de son amant pour l'aider à atteindre son achèvement.

La pièce était une fournaise malgré les basses températures. Leurs cheveux étaient humides de transpiration et collés à leur crâne. Le roux était plein de griffures et la peau du blond de marques rouges et de traces de doigts autour de ses hanches. Allistor ne s'était jamais sentit aussi fier d'avoir été marqué et d'avoir marqué un autre être. Retirant une mèche du visage de son amant, il caressa sa joue avec tendresse.

« Mo gràdh, tu vas bien ? »

Le français hocha la tête, les yeux brillants de plaisir et de fatigue. Toutefois, il n'exprima aucun regret, ni rejet. Soulagé, il se blottit contre son bien-aimé parcourant son corps de caresses. La main du blond se glissa dans ses cheveux roux et, les yeux fermés, il se mit à somnoler. Après plusieurs minutes passées ainsi, la main du plus jeune glissa et son souffle devint régulier. Étouffant un bâillement, l'écossais se leva pour raviver le feu et essuyer les traces de leur pêcher. Tirant les couvertures, il glissa Francis dessous et se joint à lui. Serrant son époux contre lui, il se dit que le roi des Francs allait sûrement le tuer pour ça. Avec un sourire paresseux, il embrassa le plus jeune sur le front et ferma les yeux. Aucune importance, ça en valait la peine.