Quelques précisions essentielles : Pour ce qui est du cadre spatio-temporel, mon intrigue se situe après l'élimination de Seirin de l'InterHigh, plus précisément pendant le camp d'entraînement. Ensuite, concernant Harry ou Haru, il préservera ses pouvoirs magiques et en fera usage plus tard dans l'histoire. Pour finir, je n'ai pas encore défini le pairing.
Disclaimer : J'emprunte le personnage de Harry Potter, appartenant à J.K Rowling, que je transporte dans l'univers de Kuroko no Basket, crée par Tadatoshi Fujimaki. Seule l'histoire est mienne.
Je vous remercie pour vos commentaires, je suis contente que mon histoire vous plaise :))
Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture !
Chapitre 1
Le Maître de la Mort ouvrit difficilement les yeux, puis les referma aussitôt. Il ressentit un mal de crâne épouvantable. Des élancements le tiraillaient derrière les yeux. Il avait une migraine persistante qui lui donna la nausée. Le drap qui couvrait son corps chétif, lui fit l'effet d'être pris dans un étau. Se redressant péniblement, il ouvrit à nouveau les yeux mais fut aveuglé par la lumière du jour. Il maudit silencieusement la Mort pour lui avoir suggéré de retourner dans le monde des mortels. La sourde excitation qui l'avait submergé, en songeant à sa nouvelle vie s'était clairement évaporée lorsqu'il avait réalisé qu'il devait se coltiner au quotidien une pâle copie de la Mort. Effectivement, on l'avait nullement informé qu'il était orphelin de naissance, – manifestement ses parents étaient morts dans un accident de voiture alors qu'il n'avait seulement que deux ans – et qu'il était sous la garde de sa grand-mère Hatsuno Kenjiro.
Contrairement à la Mort, cette dernière était véritablement aigrie et sans cœur. Il était le seul à gérer les tâches ménagères pendant que celle-ci se la coulait douce. Elle était crue dans ses mots, elle le rabaissait constamment et c'était franchement insupportable. Il avait pris la place de Haru Kenjiro depuis une semaine, et il se sentait d'ores et déjà exténué. Pas étonnant, que celui-ci ait développé un sentiment d'infériorité bien qu'il soit un bout de chou adorable. Sans vouloir se vanter, avec ses pommettes roses, ses grands yeux verts, sa peau laiteuse et sa petite taille, il était tout simplement à croquer. « Mignon » était le terme adéquat pour décrire sa nouvelle apparence, et il ne voulait rien entendre.
Comment était-il passé inaperçu avec cette bouille d'ange ? Telle était la question.
Mais son calvaire allait bientôt prendre fin, avec la reprise des cours. Il était en période de vacances scolaires, depuis presque deux semaines. Il avait ordonné à la Mort de lui faire ses devoirs à sa place, mais celle-ci avait obstinément refusé. En insistant, qu'il devait impérativement rattraper son retard et retravailler les matières obligatoires enseignées au secondaire, pour qu'il ait un niveau passable. Comme il avait fait sa primaire dans le monde moldu, il possédait les connaissances de base néanmoins ce n'était pas suffisant il devait approfondir son savoir. Et cela lui prenait un temps fou. La seule matière où il excellait réellement, était l'anglais. Concernant les autres disciplines, il s'en sortait plus ou moins bien, hormis les mathématiques. La logique et lui ça faisait deux.
Pour la bonne maîtrise de la langue japonaise, que ça soit à l'oral ou à l'écrit, il avait utilisé un sortilège pour se remettre à niveau. Il ne trichait pas, d'après les informations collectées auprès de la Destinée, Haru maîtrisait la langue nippone à la perfection et obtenait souvent des notes brillantes en littérature japonaise. Il semblait même être le chouchou de Mme Miyazaki Haruhi, une étudiante en lettres classiques à l'université de Hokkaido qui effectuait un stage de master à Seirin en proposant des ateliers sur l'art de la calligraphie japonaise. Lors d'un atelier, il avait réussi à l'impressionner par la qualité de sa plume et depuis ce jour-ci celle-ci le considérait comme son petit frère.
La voix de la Mort qui flottait dans les airs, et qui gigotait dans tous les sens, l'extirpa de ses pensées :
- Seigneur Suprême, ce n'est pas juste !
Confus, son Maître cligna des yeux. Il ne semblait pas saisir ce qu'elle voulait sous-entendre. D'ailleurs, qu'avait-elle à lui coller aux basques !? Fort heureusement, il était le seul à pouvoir la voir distinctement. Sa tête de truite pourrait facilement faire fuir les autres mortels, il sut que c'était bas mais elle l'agaçait vraiment à le tourmenter ainsi.
- Que me veux-tu encore ? Répliqua Haru froidement.
Cette dernière aborda une expression légèrement moqueuse. Puis déclara d'un ton sarcastique en appuyant bien sur le suffixe -chan :
- J'aimerais également vous appeler par Haru-chan, voire Ha-chan !
Suite à cette requête formulée de manière totalement insouciante, une veine apparut sur le front dudit Ha-chan. Quelle insolence. Elle était tout de même sa subordonnée, et lui devait un minimum de respect. Mais celle-ci prenait son pied à le taquiner sans cesse, elle aimait clairement le voir perdre patience. Il risquait encore de la punir pour son imprudence, tant elle l'avait mis en rogne.
Toutefois, celle-ci s'en contre-fichait pas mal, à lui chercher des noises en permanence.
Était-elle sadique ? Sûrement. En tout cas, il était clair qu'elle n'était pas saine d'esprit.
Reprenant ses esprits, il trancha d'un ton catégorique :
- Plus un mot.
La Mort se mura dans le silence mais elle afficha un rictus non dissimulé. Ce qui eut le don de le mettre complétement hors de lui. Alors qu'il s'apprêta sérieusement à péter les plombs, celle-ci sortit un papier de nulle part et lui mit au nez, le prenant de court. C'était quoi son problème à la fin !? Curieux, il jeta un rapide coup d'œil au document qu'elle lui avait flanqué au visage. Il arqua un sourcil, il ne comprit pas tout de suite où elle voulait en venir en lui tendant un formulaire d'inscription pour intégrer un club sportif. Et pas n'importe lequel, il s'agissait tout de même du club de Basketball. Que cherchait-elle à faire bon sang, il n'avait pas de temps à perdre en pratiquant un sport aussi épuisant qu'inutile. En outre, sa condition physique ne le permettait pas. Il fallait pas pousser le bouchon trop loin, avec sa taille minuscule – pour préciser il ne mesurait qu'un mètre soixante – il n'avait pas le profil pour jouer à un tel sport.
- Qu'est-que cela signifie, la Mort ?
Celle-ci prit un air nonchalant, et lui rappela d'un ton neutre :
- Avez-vous oublié que vous allez obtenir une note en sport ?
Troublé, Haru répondit :
- Je ne vois pas le rapport. J'ai déjà un cours d'éducation physique qui se déroule tous les vendredis après-midi.
Son interlocutrice soupira de lassitude, et le corrigea :
- Ce cours représente la moitié de votre note, l'autre moitié sera donnée par le club sportif dans lequel vous jouerez.
Face à cette nouvelle déroutante, le Maître de la Mort écarquilla grandement les yeux. Il n'était absolument pas au courant de cela, était-il seulement rattaché à un club ? Il avait le pressentiment que non.
- Rassure-moi, la Mort je suis inscris à un club ?
La Mort confirma ses craintes :
- Vous n'êtes rattaché à aucun club.
Haru se tira les cheveux de frustration, il ne manquait plus que ça. Comment cela se faisait-il !? Son ancien lui devait être sacrément indécis pour ne pas avoir choisi de club, sachant pertinemment que cela lui causerait du tort à l'avenir.
- Dans ce cas, je préfère choisir un sport qui ne sollicite pas forcément la taille, comme le football ou bien le tennis.
La Mamie le coupa court dans son élan :
- Impossible, il n'y a plus aucune place.
Le Maître de la Mort s'effondra littéralement à terre, il n'avait réellement pas de chance.
- En revanche, il reste une place de remplaçant dans le club de basket. Acheva la Mort d'un ton compatissant.
Son Seigneur fronça les sourcils, ça ne lui plaisait pas du tout. Il n'avait ni la carrure ni l'endurance pour pratiquer un tel sport. Néanmoins, s'il passait le plus clair de son temps sur le banc de touche, il pourrait envisager de s'y inscrire. Il en profiterait pour faire des siestes, et tenterait de récupérer le maximum d'énergie après une journée de cours éprouvante.
Il grogna de mauvaise foi :
- Intégrer ce club ne m'enchante pas, mais je vais essayer de m'y faire.
D'une voix calme, la Mort le réconforta :
- De toute manière, vous serez un simple remplaçant. Ne vous en faites pas.
En retour, elle reçut un sourire sincère de son Maître, la remerciant silencieusement de son soutien.
- D'ailleurs, vous pouvez dès maintenant appeler le numéro qui figure sur la fiche d'inscription pour rentrer en contact avec la coach de l'équipe, la conseilla t-elle très franchement.
« La coach » avait-il bien entendu !? Il s'imaginait mal une femme gérer une équipe de basketball masculine, composée probablement d'un ramassis de bras cassés. Pas qu'il soit sexiste, mais il connaissait très bien ses congénères. Il pouvait affirmer avec certitude qu'ils n'étaient pas de tout repos, et lui en faisaient probablement voir de toutes les couleurs. Si elle était capable de les contenir, et de les guider convenablement, il lui tirerait sa révérence. Enfin, ce n'était pas le moment pour tergiverser, il scruta attentivement le formulaire et repéra le numéro d'une certaine Riko Aida. Vérifiant qu'il s'agissait bien de la coach, il rentra sans plus attendre son numéro de téléphone. Il n'attendit pas trop longtemps avant que celle-ci ne décroche et entame la discussion d'un ton purement professionnel :
- Allo, Aida Riko à l'appareil, que puisse-je faire pour vous ?
Le jeune homme fut un instant déstabilisé par le ton employé, mais il se reprit rapidement et se présenta en allant droit au but :
- Bonjour Mme Aida, je me présente je me nomme Haru Kenjiro et je suis en deuxième année du secondaire. Je me permets de vous appeler pour demander des informations car je prévois de rejoindre votre club de basketball, en tant que remplaçant.
Haru anticipa grandement sa réaction. Il avait peur de recevoir une réponse négative, mais ses craintes ne furent pas fondées car une coach toute émoustillée à l'autre bout du fil lui déclara d'un ton excité :
- Un nouveau membre, c'est parfait ! Il faut que j'annonce ça aux autres.
Son enthousiasme débordant étonna le Maître de la Mort. Puis, qui acceptait aussi vite un membre dans son club sans chercher à en savoir plus sur celui-ci. Elle agissait de manière très singulière cette coach, il venait à se demander si elle n'était pas incompétente.
D'ailleurs, il lui fit part de ses doutes :
- Vous m'acceptez déjà ... Pas que je m'en plaigne, mais vous ne m'avez pas encore rencontré et vous ne savez même pas si je sais réellement jouer au basket.
La femme lui exposa son point de vue :
- Écoute, je ne me vois tout simplement pas refuser une personne qui veux rejoindre de son plein gré notre équipe de basket.
Il retira tout ce qu'il avait dit sur elle. Cette coach avait vraiment l'air génial ! Il était certain qu'elle avait la main sur le cœur.
- Mais, cela ne signifie pas que tu ne seras pas testé ! Prépare-toi au pire Haru-kun, l'avertit sérieusement cette dernière.
Un frisson parcourut son échine, en entendant cette dernière réplique. Finalement, elle n'était peut-être pas aussi gentille qu'elle laissait prétendre, il espérait seulement qu'elle ne soit pas du genre tyrannique.
- Oui...oui, bégaya t-il.
Un rire bruyant éclata à l'autre bout du fil. Il perçut une nouvelle voix – grave, masculine et drôlement sympathique – s'adresser à la coach : « Voyons Riku ne sois pas si dure avec le petit nouveau, tu l'as suffisamment effrayé ». Ensuite, il entendit à nouveau la coach s'exprimait d'une voix cette fois-ci à peine audible : « Boucle là, Teppei ne perturbe pas ma conversation ». Puis, il distingua vaguement un bruit étouffé, suivi d'un long fracas avant que la femme ne reprenne leur discussion qui s'était momentanément interrompue :
- Alors, mon petit chiot tu es toujours là ?
Un brin apeuré, Haru lui répondit poliment :
- Je vous écoute Madame.
La coach poussa une exclamation de surprise, elle n'était visiblement pas habituée qu'on lui témoigne du respect.
- Je peux pleurer de joie ! C'est la première qu'on s'adresse à moi avec autant de politesse, je sens qu'on va bien s'entendre toi et moi.
Le Maître de la Mort se crispa, il ne la sentait vraiment pas cette coach. Il murmura donc incertain :
- Si vous le dites ...
En percevant une certaine angoisse dans la tonalité de sa voix, celle-ci lui certifia d'un air rassurant :
- Ne t'inquiète pas, tu vas vite trouver ta place au sein de l'équipe. On est tous très sympas !
- J'en doute pas, Aido-san.
Celle-ci pouffa de rire puis poursuivit d'une voix étonnamment grave :
- Ne t'en fais pas, tout se passera bien. Haru-kun, j'aimerais continuer notre discussion mais je dois superviser mon équipe. Je suis au camp d'entrainement en ce moment-même, et à mon retour je veux que tu viennes au gymnase pour qu'on finalise ton inscription. Cela te convient ?
« Un camp d'entrainement » avait-il assimilé correctement ? Comment ça !? Il ne voulait pas s'entraîner pendant les vacances lui, c'était quoi cette histoire encore. Il espérait sincèrement que seuls les titulaires de l'équipe y participaient. Après tout, on leur accordait des vacances pour qu'ils se reposent et récupèrent au maximum avant le début des examens trimestriels.
Il reprit ses esprits lorsque celle-ci l'interrogea d'un ton soucieux :
- Allo, Haru-kun tu es toujours là ?
Le jeune homme s'excusa immédiatement :
-Je suis désolé j'étais plongé dans mes pensées. Pour répondre à votre question, c'est noté je passerai vous voir.
- Parfait, Ja ne Haru-kun et à bientôt.
Après lui avoir souhaité une agréable journée, il raccrocha l'air ravi. Enfin une chose de faite, il ne lui restait plus qu'à finaliser son inscription et tout sera réglé. Il n'avait aucune crainte à avoir, la coach lui avait parue plutôt engageante, et c'était un bon point. Il espérait que ça soit de même avec ses futurs coéquipiers, il n'avait pas forcément envie de se prendre la tête. « Vaux mieux ne pas se faire remarquer dès le premier jour » songea-il sérieusement. De toute manière, c'était juste un poste de remplaçant, il n'avait pas à stresser. Il ne jouerait probablement jamais et assisterait aux matchs sur le banc de touche. Ce qui lui convenait plutôt bien car il n'avait aucune envie de baigner une nouvelle fois dans la célébrité, il désirait seulement mener une vie lassante loin des regards.
Mais ce qu'il ne sut pas sur le moment, c'était que rien ne se déroulait jamais comme prévu.
