Disclaimer : J'emprunte le personnage de Harry Potter, appartenant à J.K Rowling, que je transporte dans l'univers de Kuroko no Basket, crée par Tadatoshi Fujimaki. Seule l'histoire est mienne.

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Bonne lecture =)


Chapitre 2

Le jour commençait à poindre lorsque son réveil sonna. Vaguement désorienté, le Maître de la Mort essaya d'arrêter d'une main maladroite le fichu appareil. Puis, il se rendormit en enfonçant sa tête dans l'oreiller, comme si de rien n'était. La Mort poussa un faible gémissement, avant de se diriger d'un pas déterminé vers la fenêtre pour ouvrir les volets et laisser filtrer la lumière dans la pièce sombre. S'écartant légèrement, elle évita de justesse un coussin furieusement expédié par son Seigneur, rouge de colère.

- Dégage, la Mort.

Sa subordonnée ne flancha pas devant le ton employé, au contraire elle laissa échapper un petit rire en affichant l'expression d'un plaisir malicieux. Elle adorait particulièrement le faire sortir de ses gonds, et puis avec sa nouvelle apparence il ressemblait à un chaton inoffensif. Enfin, elle ne le dirait jamais à voix haute, de peur de s'attirer ses foudres. Mettant fin à ses réflexions, elle passa un bras autour des épaules frêles de son Maître et lui signala d'une voix austère :

- Vous êtes en retard, mon Seigneur.

Un grognement renfrogné sortit de sa bouche, en jetant un coup d'œil à sa montre. Il ne lui restait plus qu'une dizaine de minutes pour se laver, s'habiller et manger avant de courir pour rattraper le bus. Il y croyait peu, mais il n'avait pas trop le choix. Il allait tenter le tout pour le tout, il se motiva en se redressant précipitamment de son lit et en fonçant directement sous la douche. Cinq minutes plus tard, il enfila son uniforme et s'admira un long moment devant son miroir. En découvrant son reflet, il fut à nouveau ébloui par sa beauté et ne parvint pas à masquer son étonnement.

« Je vais sûrement faire des ravages au lycée, avec cette bouille » se réjouit-il intérieurement.

Un raclement de gorge, l'extirpa subitement de son euphorie. Il attarda son regard sur la Mort qui pointa sa montre du doigt, il tendit le cou et ce qu'il vit le fit trébucher au sol. Mince, il ne lui restait pratiquement plus de temps, il allait devoir sauter son petit-déjeuner et encore il n'était même pas certain qu'il arriverait à l'heure au lycée. Quelle ironie ! Il avait justement prévu de se rendre au lycée avec quelques minutes d'avance, pour choisir une bonne place. Néanmoins, son plan était définitivement tombé à l'eau.

Que faire. Que faire.

Rien à foutre, il allait se requinquer. S'orientant vers la cuisine, il fit réchauffer son café et en but une gorgée. Ça faisait sacrément du bien, au moins il aurait les yeux ouverts lorsqu'il se ferait disputer par son enseignante. Comme s'il n'était pas suffisamment en retard, il prit tout son temps pour finir son café puis posa délicatement sa tasse vide dans l'évier. Ensuite, il partit se brosser les dents, ignorant les avertissements de la Mort. Une fois fini, il se contempla à nouveau à travers le miroir et réajusta son uniforme. Il souhaitait absolument faire bonne impression, même s'il refusait de vivre dans la célébrité cela ne signifiait pas qu'il allait disparaître dans son coin. Il envisageait de mordre la vie à pleines dents, sans réfléchir au lendemain.

Se sentant prêt, il quitta son appartement en claquant bruyamment la porte derrière lui, pour réveiller la petite marmotte – sa grand-mère adorée. C'était mauvais mais elle le méritait amplement. Elle le traitait comme s'il n'était bon à rien, alors que s'il n'avait pas été là elle aurait certainement fini en maison de retraite. Il ressentait énormément d'amertume, l'ancien Haru avait tant souffert de son indifférence qu'il avait commencé à se renfermer sur lui-même. Il ne comptait pas se venger pour autant, la preuve il continuait à faire les tâches ménagères. Il espérait uniquement qu'elle change de comportement, et qu'elle réalise tout le mal qu'elle avait causé à son petit-fils.

« Si seulement elle devenait un brin plus agréable, ça serait un bon début pour commencer » songea t-il sérieusement.

Ses pensées furent interrompues par l'ouverture des portes devant l'arrêt de bus. Il monta sans plus attendre, valida son titre de transport et se dirigea vers le fond du bus. Il repéra deux sièges vides et s'assit sur l'un tandis qu'il déposa son sac sur l'autre. Puis, il mit ses écouteurs et plongea à nouveau dans ses pensées, ne prêtant nullement attention aux autres passagers. Naturellement, il sursauta lorsqu'il sentit une pression sur son épaule, et qu'il vit un visage penché au dessus du sien. Il s'agissait d'un garçon singulier aux yeux et aux cheveux d'un bleu immaculé, ne dégageant aucune présence. Il ne sut pas ce qu'il convoitait en dérangeant son moment d'apaisement, mais il aimerait bien savoir depuis quand celui-ci était assis sur le siège voisin. Lui qui demeurait constamment vigilent, n'avait même pas remarqué l'énigmatique individu. Il présuma qu'il devait certainement être doué pour masquer son aura, au point de se rendre invisible aux yeux des autres.

Constatant que celui-ci semblait toujours focalisé sur sa personne, il lui lança rudement :

- Oi, tu ne vois pas que tu me déranges, qu'est-ce que t'as à me fixer comme ça et depuis quand tu es assis ici !?

Le bleuté ne cligna même pas des yeux. Il garda un visage figé, sans expression. C'était hautement déconcertant, effrayant et attrayant à voir. Son côté inexpressif lui apportait un certain charme, sans l'ombre d'un doute. Ce jeune homme était une réelle énigme, un réel mystère qu'il résoudrait si l'occasion se présentait. Celui-ci le surprit davantage lorsqu'il s'adressa à lui d'une voix étonnamment masculine pour lui expliquer calmement :

- Tu as fait tomber ton titre de transport, je l'ai ramassé et rangé dans ton sac.

Au moins il n'allait pas par quatre chemins, ça avait le don d'être direct. Soudain, il nota un détail qui le mit dans une rage sourde :

- Enfoiré, ce n'est pas mon blouson que tu portes par hasard !?

L'autre garçon ne fléchit pas même devant son ton menaçant, et énonça d'un air impassible :

- Tu me l'as balancé à la figure quand tu t'es assis sur le siège voisin, alors je l'ai mis.

Le Maître de la Mort resta sidéré, bouche bée, yeux écarquillés. C'était totalement absurde, il n'y avait absolument personne sur la banquette voisine lorsqu'il s'y était installé, il pouvait l'affirmer avec certitude. Néanmoins, même s'il ne semblait pas convaincu par ses propos, le garçon ne lui donnait pas l'impression d'être un menteur. Dissimulant son trouble, il s'inclina légèrement et lui présenta ses excuses :

- Désolé vieux, ce n'était pas intentionnel.

Celui-ci ne pipa mot, mais il hocha simplement la tête. Haru déduisit qu'il avait accepté ses excuses. Parfait. Détournant le regard, il se concentra sur la vitre du bus et commença à contempler le paysage qui défilait à vive allure. Une expression sereine peinte sur ses traits, il profita de ce moment de répit. Toutefois, la lueur de détermination qui brillait dans ses yeux verts, indiqua clairement qu'il était prêt à en découdre.

« Je me sens drôlement agité, à l'idée d'entamer ma vie de lycéen » se murmura t-il un frisson d'excitation.

Haru mit fin à ses réflexions lorsque son bus arriva à destination. Il s'apprêta à se lever néanmoins il fut intercepté par le bleuté qui lui tendit son blouson. Bien qu'il était sur le point de le remercier, celui-ci le prit une nouvelle fois de court en s'exprimant de sa voix grave qui ne laissait filtrer aucune émotion :

- Tiens, je te le rends. Le collège c'est dans deux arrêts, salut.

Lui, un collégien . . . Et puis quoi encore ! Certes, il admit qu'il n'était pas très grand pour un lycéen, mais cela ne faisait pas de lui un gamin. Une colère noire l'assaillit et il se jura de lui apprendre les bonnes manières à cet inconscient. On ne plaisantait jamais avec sa taille, il méritait une bonne correction pour cet affront. Ainsi, il scruta l'endroit exact où il devait être pour lui dire ses quatre vérités mais il fut abasourdi de découvrir que ce dernier s'était complètement volatilisé.

Mais où était donc passé cet avorton ?

« Si je l'attrape, je l'étripe » se promit-il silencieusement.

Pas le temps de divaguer, il était déjà suffisamment en retard.

Il descendit rapidement du bus avant que les portes ne se renferment sur lui et se dirigea d'un pas râleur vers son lycée. Il se sentit si frustré de ne pas avoir pu clouer le bec à ce garçon sans tact, qu'il bouscula sans faire exprès un grand gaillard. Avant qu'il ne puisse faire un pas de plus, le type furieux – un lycéen baraqué aux cheveux rouges foncés – l'agrippa par le bras et lui barra la route. Puis sans crier garde, le monstre titanesque s'abaissa à son niveau et mit sa main imposante sur sa tête. Haru plissa dangereusement les yeux, il haïssait qu'on le prenne de haut et c'était visiblement ce que l'autre abruti tentait de faire. S'il pensait qu'il l'intimidait alors il se mettait le doigt dans l'œil, il n'était même pas impressionnant.

Ils se jaugèrent un court instant, avant que le plus grand perde patience et lui hurle dessus tel un animal déchainé :

- Tu ne comptes toujours pas t'excuser, espèce de nain !?

Irrité, qu'on s'en prenne une nouvelle fois à sa taille, Haru rétorqua d'un ton venimeux :

- Tu me bloques le passage, le géant surexcité.

D'un mouvement de la tête, il se dégagea de son emprise et tourna hâtivement les talons – non sans lui avoir lancé un regard meurtrier. Mais ce fut sans compter sur l'un des amis du géant, un binoclard prétentieux, qui mit de l'huile sur le feu avec sa réflexion mal placée :

- Kagami, qu'est-ce que tu fabriques ? Voyons, ne t'en prends pas aux plus faibles.

« Respirer. Inspirer. Respirer. Inspirer … » se répéta inlassablement le plus petit. Il tenta de se calmer, mais il était véritablement à deux doigts de piquer une crise. Alors quand l'abruti à lunettes eut le malheur de lui demander s'il allait bien, il ne put s'empêcher de lui flanquer une bonne gifle retentissante.

Avant de s'éclipser brusquement, il l'avertit d'un ton acide :

- Ne me traite plus jamais de faible, compris.

à suivre ...