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Chapitre 8 : Dure réalité
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Installée à son bureau, Harleen regardait fixement le petit voyant rouge de son téléphone professionnel qui clignotait à intervalles réguliers, signifiant qu'elle avait là un nouveau message vocal à écouter. Elle regarda l'heure et poussa un léger soupir : il était 12h30 passées, son estomac grondait de faim, elle avait encore une tonne de paperasses à remplir... Alors même si elle prenait une petite minute pour écouter ce message, elle n'aurait pas le temps de répondre. Et... si l'auteur du dit message vocal était bien la personne à laquelle elle pensait...
Pour confirmer ses soupçons, elle appuya sur une touche de son téléphone qui fit apparaître le dernier numéro à l'avoir appelée. Bingo. Elle avait beau ne pas l'avoir enregistré, elle l'aurait reconnu entre mille : ce numéro était celui du téléphone portable de Jay.
Dans un sens, c'était tant mieux qu'elle n'ait pas le temps de rappeler car, justement, à peine quelques jours plus tôt – à moins que cela ne fasse déjà quelques semaines ? comme le temps passait vite ! – elle avait pris, non sans mal, la décision de ne plus répondre à Jay.
Harleen poussa un nouveau soupir.
Dix mois déjà s'étaient écoulés depuis sa prise de poste au Service d'Accompagnement à la Sortie de l'asile d'Arkham. Huit mois passés avec Jay – et ses autres patients, bien sûr – et déjà deux mois que celui-ci était parti.
Harleen se remémora alors les temps forts du suivi de son patient.
Quelque temps après sa prise de poste, Jay avait fini par avoir l'un des appartements thérapeutiques individuels du SAS, ce qui l'avait fait faire de véritables bonds de joie et, de plus, il avait été ravi de pouvoir narguer ses anciens colocataires qui eux étaient restés en appartement partagé. Jay avait peu à peu gagné en autonomie, réalisant ses propres repas dans sa nouvelle petite cuisine, ce qui n'avait pas manqué de déclencher l'alarme incendie quelques fois pour cause de steaks hachés un peu trop grillés il avait également appris l'art de manier sa nouvelle machine à laver, ainsi qu'à appréhender la nouveauté du fer à repasser...
Quelle n'avait alors pas été sa déception lorsqu'il avait appris, quelques mois après, que le seul logement que l'assistante sociale avait pu lui trouver était une simple chambre dans un foyer-logement ! Lui qui avait rêvé d'un grand appartement pouvant accueillir tout son matériel artistique... Il n'avait pas d'autre choix qu'une chambre d'une quinzaine de mètres carrés, au sein d'un centre de réinsertion. Harleen se souvint à quel point il avait pesté contre l'assistante sociale, qui pourtant avait fait de son mieux, la pauvre – les logements sociaux pour anciens patients psychiatriques n'étaient juste pas chose facile à trouver.
Mais sa réaction avait été bien pire encore lorsqu'il avait appris que le seul travail sur lequel il pourrait compter à sa sortie était l'entretien des espaces verts, unique possibilité proposée par le centre d'aide par le travail rattaché au foyer-logement. « Jardinier » avait-il craché avec amertume lors de l'un de leurs entretiens, « je vais être un foutu jardinier ». Lui qui souhaitait devenir un artiste renommé... Il avait encore plus blâmé la pauvre assistante sociale, qui n'était au fond en rien responsable de tout cela c'était juste là le mieux que la société gothamienne avait à proposer à quelqu'un sortant d'Arkham.
Harleen avait essayé de tempérer les émotions de son patient. Certes il n'aurait pas un grand appartement luxueux ni un travail de rêve à sa sortie. Oui, il devrait rester dans ce centre de réinsertion un certain temps. Néanmoins, c'était là un nouveau départ, une nouvelle chance, qui s'offrait à lui. Peut-être que s'il exploitait cette opportunité, il pourrait un jour accéder à ses rêves ?
Cela n'avait bien évidemment pas été aisé d'apaiser Jay et son tempérament fougueux. Néanmoins, avec le temps, il avait fini par se faire une raison, essayait de voir le bon côté des choses, ou au moins tournait en dérision les aspects déplaisants de son futur quotidien. Harleen lui avait maintes fois apporté son soutien tout en essayant de regonfler sa confiance en lui et sa confiance en l'avenir et elle espérait que ce travail aurait des effets sur le long terme.
Pendant les huit mois écoulés, outre le suivi thérapeutique et la préparation à sa nouvelle vie à venir, Jay en avait profité pour tenir son engagement : il avait pris un abonnement chez une fleuriste de Gotham et, de fait, Harleen avait pris l'habitude de recevoir tous les lundis matins une nouvelle rose rouge livrée à son bureau. D'ailleurs, même depuis que Jay était parti, elle continuait à en recevoir une en chaque début de semaine.
Elle souvint que le départ de Jay lui avait, elle devait bien l'admettre, fait un petit pincement au cœur. Harleen avait longuement travaillé son départ de plus en plus proche avec lui mais peut-être avait-elle négligé le fait qu'elle aussi en serait forcément un peu impactée.
Ce pincement au cœur l'avait prise par surprise alors que, comme tous les matins, elle s'était rendue au SAS, et avait vu toute une fanfare de valises dans le vaste hall d'entrée. La connexion s'était rapidement faite dans son esprit cependant, l'espace d'un instant, elle avait oublié que c'était ce jour-là que Jay devait partir. La réalité était venue la frapper de plein fouet et elle était restée quelques instants hébétée, fixant les valises d'un regard pensif.
Et puis Jay était arrivé. Jay dans toute sa splendeur, évidemment.
Elle avait dû ravaler un hoquet de rire en le voyant descendre les escaliers d'un pas princier, la mine haute et la démarche souple, dans son plus beau costume : un costard d'une couleur violet foncé, dévoilant une chemise verte dont le col était resserré d'une cravate bigarrée. « Alors ? » avait-il fièrement demandé en la voyant. Harleen avait répondu d'un sourire couplé à un hochement de tête approbateur – tout en se mordant un peu l'intérieur des joues pour retenir son rire. « Les éducateurs n'étaient pas très fan de ma tenue, lui avait-il appris, mais je tiens à être parfaitement apprêté pour ma nouvelle vie ».
Les dits éducateurs étaient descendus peu de temps après, certains émettant encore quelques critiques réprobatrices sur sa tenue, d'autres s'avouant vaincus : « Lorsqu'il a une idée en tête impossible de la lui sortir » avait commenté une éducatrice en levant les yeux au ciel en un sourire. La psychologue Aileen Byrd était également venue et avait commenté avec enthousiasme les vêtements de son patient qui, selon elle, reflétaient parfaitement sa personnalité.
Quelques patients étaient ensuite venus se joindre à eux pour dire au revoir à Jay. Celui-ci avait fait quelques plaisanteries et dit au revoir avec légèreté mais, au fond, Harleen avait pu sentir qu'il était touché que certains aient pris la peine de venir le voir une dernière fois.
Et puis un éducateur avait avancé l'une des voitures professionnelles d'Arkham, marquant ainsi l'heure du départ. Jay avait chargé ses valises, avait dit quelques derniers au revoir, et avait longuement serré la main de Harleen... avant finalement de s'engouffrer dans le véhicule, qui s'était mis en marche et était parti au loin.
Voilà. C'était là la dernière fois que Harleen avait vu Jay.
Pour autant, ce n'était pas la dernière fois qu'elle avait entendu parler de lui. Loin de là.
« Est-ce qu'on pourra se revoir un de ces jours ? » lui avait demandé son patient lors de l'une de leurs dernières conversations. Harleen lui avait répondu que ses consultations étaient réservées aux patients du SAS, et qu'une fois parti Jay ne serait plus considéré comme tel de fait, leurs entretiens prendraient définitivement fin. « Peut-être autour d'un café alors ? » avait-il ajouté un peu hésitant. Là aussi Harleen avait dû décliner, en rappelant avec le plus de douceur possible que leur relation était exclusivement professionnelle.
Voyant la déception de Jay, elle lui avait néanmoins proposé un compromis : s'il souhaitait l'appeler sur son téléphone professionnel pour lui donner de ses nouvelles, elle serait toujours ravie d'en avoir, lui avait-elle dit.
Jay avait apparemment pris très au sérieux cette proposition : durant ses premiers jours hors d'Arkham, il avait appelé Harleen à son bureau plusieurs fois par jour à tel point que la psychiatre avait dû débrancher son téléphone pour finir tranquillement sa journée de consultation. Elle avait ensuite pris la peine de rappeler Jay, lui expliquant qu'il y avait tout de même certaines limites quant au nombre d'appels et son ancien patient lui avait promis qu'il essaierait de se contenir un peu plus.
De fait, Jay n'appelait « plus » qu'une fois par jour.
Une fois par jour.
Depuis deux mois.
Harleen avait pensé pouvoir gérer ça au début, se disant que plus le temps passerait et plus les appels de Jay se feraient rares qu'il trouverait sûrement de nouveaux intérêts dans sa nouvelle vie qui le détourneraient, au moins un petit peu, de l'intérêt qu'il témoignait à Harleen.
Mais non. Jay continuait à appeler tous les jours.
La première semaine, Harleen avait répondu à chaque appel journalier. La deuxième semaine aussi.
Néanmoins, puisque Jay n'arrivait pas de lui-même à espacer ses appels, c'était donc à Harleen d'espacer ses réponses.
Alors, la troisième semaine, elle avait répondu environ à un appel sur deux. Puis à un appel trois. Puis à un seul appel par semaine.
Et là...
Harleen continuait de fixer le voyant rouge de son téléphone.
Encore un message de Jay.
Elle soupira puis, sortant de ses pensées, elle décrocha le combiné et pressa de son index la touche de son répondeur.
« Bonjour doc', lui disait la voix de Jay par le biais de l'appareil. Je euh, je sais pas si vous avez eu mes derniers messages, mais... Enfin, j'imagine que vous devez être, hm, très occupée, mais... si vous pouviez me rappeler... Voilà. Merci et, euh, bonne journée à vous. »
A la fin du message, une voix électronique proposa à Harleen de taper 1 pour sauvegarder le message, de taper 2 pour le supprimer ou bien de taper 3 pour rappeler.
Harleen reposa le combiné. Non, elle ne rappellerait pas.
Jay avait, selon elle, la chance d'être sorti d'Arkham. Certaines personnes, surtout dans les pénitenciers, étaient condamnées à y passer le restant de leurs jours certains autres patients, eux, avaient encore de longues années à passer au SAS. Mais Jay, lui, avait pu finir par sortir. Il avait enfin de nouveau l'occasion de profiter du monde extérieur, de saisir les opportunités qui lui étaient offertes et de s'épanouir.
Harleen pensait néanmoins que cet épanouissement ne pourrait se faire complètement s'il continuait à s'accrocher à elle de la sorte. Il fallait que Jay tourne la page et s'investisse pleinement dans son présent.
Et puis, pensa la psychiatre, elle faisait le choix de prendre de la distance pour son bien à elle également. Certes, c'était un peu difficile car, au fond d'elle, elle aimait bien Jay mais son insistance ressemblait un peu à du harcèlement et commençait à l'épuiser. Et puis si elle continuait à répondre aux attentes de son patient... Un, d'accord mais si tous ses patients se mettaient à faire de même, hein ? Si elle devait être aussi permissive avec ses vingt autres patients, elle serait vite débordée ! Alors, pas de traitement de faveur entre ses patients. Elle se devait d'être égale avec tous.
Et puis, se corrigea-t-elle, Jay n'était même plus son patient maintenant. Il était une personne extérieure à Arkham, ayant son propre suivi dans son centre de réinsertion, ainsi qu'un nouveau psychiatre à consulter en cas de besoin.
Harleen se convainquit qu'elle n'avait plus à s'occuper de lui.
Elle ne le rappellerait pas.
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En cette fin de journée Harleen sortit d'Arkham d'un pas pressé. Elle avait largement dépassé ses horaires de travail – pour cause de paperasses accumulées au fil des mois, de ses suivis à maintenir, mais aussi du fait de la bouffée délirante aiguë qu'avait manifesté William Marshall, qui avait alors été très difficile à contenir et avait agité la plupart des autres patients. En plus de gérer la crise Marshall, Harleen avait dû chercher ce qui pouvait bien être la cause de cette tempête chez l'un de ses patients qui lui avait pourtant semblé bien se stabiliser. C'est en fouillant dans son dossier qu'elle avait pu faire la connexion : aujourd'hui était la date anniversaire de l'accident qui l'avait par la suite conduit à Arkham. Elle se devrait de saisir cette piste dans les prochains jours avec son patient, une fois que celui-ci serait apaisé.
Bref.
Une longue journée donc.
Et à présent, il ne lui tardait plus qu'une chose : pouvoir enfin rentrer chez elle.
Perdue dans ses pensées et lancée dans sa précipitation, alors qu'elle était sur le parking et arrivait au niveau de sa voiture, elle ne vit pas la silhouette qui s'était peu à peu approchée d'elle.
« Bonsoir, doc' » entendit-elle alors près de son oreille.
Harleen sursauta tellement fort qu'elle en lâcha ses clés. Avant de les ramasser lentement, elle prit le temps de regarder celui qui s'était adressé à elle.
Jay.
Jay était là, sur le parking, juste à côté d'elle.
Trouvant cette situation complètement farfelue, elle écarquilla les yeux et détailla son ancien patient pendant quelques instants. Il était vêtu d'une manière un peu moins colorée que la dernière fois qu'elle l'avait vu : il portait à présent un pantalon noir et une chemise violette surmontée d'un blazer noir également. Son regard remonta sur son visage et elle releva que ses deux grands yeux verts étaient entourés de cernes. Son teint pâle faisait ressortir ses cicatrices d'un rose presque rouge, rampant sur ses joues, ainsi que ses cheveux verts en bataille qui, à en juger par les racines que l'on pouvait voir, n'avaient pas été teints depuis quelques temps.
C'était bien Jay qui se tenait là, face à elle.
Harleen ne put s'empêcher de le trouver un peu impressionnant. Il ne s'agissait plus du patient qu'elle avait eu l'habitude de côtoyer au sein du SAS, un bureau la séparant bien souvent de ses grands éclats. Là il se tenait face à elle, de toute sa hauteur, son regard ancré dans le sien – et Harleen remarqua pour la première qu'il faisait presque une tête de plus qu'elle. Elle se sentit petite et hésitante face à cet homme qu'elle revoyait pour la première fois depuis deux mois, et surtout qu'elle voyait pour la première fois en dehors des murs d'Arkham.
En parlant des murs d'Arkham... Bien que Harleen et Jay ne soient pas à l'intérieur, ils étaient néanmoins tous deux sur le parking officiel de l'asile qui, de fait, était tout de même équipé de caméras de surveillance. Harleen se sentit un peu rassurée à cette idée. Car, clairement, Jay était venu jusqu'au parking pour l'y attendre et le fait qu'elle soit sortie avec du retard ne l'avait apparemment pas découragé. Que pouvait-il bien lui vouloir ?
« Jay, constata Harleen une fois sortie de son hébétude. Je... Je ne m'attendais pas à vous voir.
- J'ai remarqué oui » répondit-il en appuyant son regard sur les clés que Harleen avait précédemment lâchées dans son sursaut.
Le silence s'installa entre eux, mettant Harleen mal à l'aise. C'était pour elle bien différent des silences qu'il avait pu y avoir entre eux dans son bureau. Elle se sentie donc un peu soulagée lorsque Jay reprit la parole.
« Vous n'avez pas répondu à mes messages. »
Le ton de Jay n'était pas plein de reproches voire même boudeur comme Harleen avait pu en avoir l'habitude auparavant. Le côté enfantin qu'elle avait aperçu en lui à de nombreuses reprises n'était là absolument pas visible. Elle avait face à elle un adulte sûr de lui, qui avait prononcé cette dernière phrase comme un simple constat, avec une certaine froideur qui la mit encore un peu plus mal à l'aise.
« Je sais, répondit Harleen en gardant contenance. Et je m'en excuse, ce n'était pas très poli de ma part. »
La blonde se disait qu'il n'était sûrement pas malvenu de reconnaître ses torts. Néanmoins, elle ne devait pas changer de positionnement pour autant.
« Le problème, Jay, enchaîna-t-elle, c'est que je ne suis plus votre psychiatre. Comme je vous l'avais dit, je serais contente d'avoir de vos nouvelles, bien sûr par contre, je ne peux plus me rendre aussi disponible qu'avant. Maintenant que notre suivi a pris fin, il faut que vous vous adressiez à votre nouveau psychiatre.
- Et si je n'en ai pas envie ? répondit son ancien patient. Si c'est à vous que j'ai envie de parler ?
- On ne peut pas toujours faire ce dont on a envie, Jay.
- Ah bon ? Et pourquoi ça ? »
Le jeune homme aux cheveux verts ponctua la fin de sa phrase en faisant un pas vers Harleen. Celle-ci, instinctivement, recula alors d'un pas. Jay haussa alors les sourcils, comme s'il était surpris que Harleen puisse reculer devant lui.
La jeune femme se tint néanmoins bien droite et prit une voix assurée pour lui répondre.
« Parce que c'est comme ça, Jay. Parce qu'il y a un cadre à respecter, c'est aussi simple que ça. Maintenant, coupa-t-elle rapidement, si vous voulez bien m'excuser, j'ai eu une longue journée et je dois rentrer chez moi. »
Joignant le geste à la parole elle se redirigea vers sa voiture, tournant le dos au jeune homme.
« Alors, lui dit-il, vous ne voulez même pas entendre ce que j'ai à vous dire ? »
Cette fois-ci Harleen perçut des reproches dans le ton de sa voix. Elle stoppa sa progression et se retourna vers lui.
« Ce n'est pas que je n'en ai pas envie, répondit-elle. C'est juste que je ne peux pas le permettre. »
Il fallait qu'elle se tienne à ce qu'elle s'était dit plus tôt. Au fond, c'était pour leur bien à tous les deux si elle maintenait une telle distance. La situation ne pouvait pas continuer ainsi, et il fallait bien à un moment que quelqu'un y mette un terme. Et ce quelqu'un, ce serait elle.
Harleen reprit sa marche vers sa voiture, toujours d'un pas assuré, malgré le fait qu'elle espérait très sincèrement en cet instant que Jay ne profite pas qu'elle ait le dos tourné pour lui sauter dessus dans un quelconque élan de rage. Elle atteignit sa voiture sans encombres, soulagée puis elle la déverrouilla, ouvrit la portière et commença à s'engouffrer dans l'habitacle.
Avant de s'installer, elle fit une courte pause et se tourna une dernière fois vers son ancien patient. Celui-ci la regardait fixement, le teint un peu plus pâle qu'auparavant.
« Je vous souhaite une bonne continuation, Jay » lâcha-t-elle avant de finalement s'installer au volant de sa voiture et de refermer la portière.
Harleen démarra rapidement et passa la première vitesse pour sortir de sa place de parking, avant de se diriger vers la sortie. Avant de la franchir, elle jeta un dernier regard dans son rétroviseur. Jay était resté au même endroit, planté comme un piquet. La jeune femme continua à faire avancer sa voiture et, dans le miroir du rétroviseur, la silhouette de Jay devint de plus en plus petite, avant de finalement disparaître de son champ de vision.
« C'était nécessaire. J'ai fait ce qu'il fallait » se répéta Harleen plusieurs fois, en boucle, pour essayer de se convaincre alors que, malgré tout, un doute continuait à persister en son fort intérieur.
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Alors alors.. Il y a eu comme une petite confusion dans l'espace-temps. C'est-à-dire : ce chapitre-ci ainsi que les deux suivants étaient déjà écrits depuis looongtemps. Mais, comme pour Joker at Wayne Manor, j'ai juste totalement oublié de les poster ! Merci là encore à EveAppleField qui m'a rappelé par ses reviews que cette fanfiction existait sur ce site ; je vais donc la mettre à jour de ce pas.
Sinon, je vous avoue que cette fin de chapitre-ci m'a quand même laissé un goût un peu amer lorsque je l'ai écrite.. Mais bon, j'ai fait le choix d'écrire ainsi pour mieux faire rebondir l'histoire (par contre, il faut bien avouer que tout ça n'augure rien de très joyeux..).
Enfin voilà, je crois qu'on peut dire qu'on commence à avancer doucement sur la pente de la déchéance pour chacun de nos deux protagonistes.
Et j'en profite pour vous annoncer que le chapitre suivant sera exclusivement focalisé sur Jay et sur sa nouvelle vie.
