Bien le bonjour à toutes et tous,
En ces temps de confinement, j'ai pu enfin finir la fic que j'avais commencé pour Noël. Oui, il y a du retard mais bon... Mieux vaux tard que jamais.
J'ai adoré écrire cet OS. J'espère qu'il vous plaira. N'hésitez pas à laisser des commentaires ;)
Prenez soin de vous et de vos proches surtout. C'est le plus important!
Profitez de la distraction :D
{Enjoy}
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La baffe partie tout de suite. Les lèvres serrées, Marinette lutta contre les larmes. Si le regard pouvait tuer, Luka serait déjà six pieds sous terre. Il la dévisagea, incrédule. Jamais il n'avait pensé qu'elle serait violente comme ça avec lui. Un mouvement attira le regard en colère de la jeune femme. D'un geste brusque, elle pivota la tête et stoppa nette la fille qui avait voulu s'avancer. De toute, elle n'aurait pas parié sur elle. Alors qu'elle allait ouvrir la bouche pour parler, Marinette la devança.
« N'ose même pas. Cracha-t-elle, commençant à récupérer ses affaires.
- Mari'…
- Ne me touche pas!»
En criant, elle s'empara de la chemise de son petit ami, enfin ex petit-ami, et la lui jeta à la tête pour l'arrêter dans son mouvement. Les deux fautifs se regardèrent, avec un faux air coupable dans les yeux. Les larmes de Marinette commençaient à s'amonceler aux coins de ses yeux mais elle serra les dents pour ne pas qu'ils gagnent cette partie. Sans un regard en arrière, elle claqua la porte.
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« Mari'. Ouvre-moi la porte s'il-te-plait. »
La voix d'Alya résonnait dans sa tête encore et encore. Les larmes brouillaient sa vue et elle ne voulait voir personne. Mais sa meilleure amie était tenace. Encore cinq minutes à frapper à sa porte puis, plus rien. Si Marinette croyait avoir gagné la bataille, elle se trompait. La rousse s'était glissée dos à la porte, sur son palier et grattait la porte pour le faire savoir. Encore cinq minutes supplémentaires et Mari' se leva de son canapé et ouvrit le verrou de sa porte. Sans attendre que sa meilleure amie n'entre, elle tourna les talons et retourna se lamenter sur son sofa. Dès que ses fesses touchèrent le tissu, les bras d'Alya l'encerclèrent. Moins d'une seconde plus tard, son visage était blotti dans sa poitrine, les mains de la rousse frottant son dos et sa voix tentant de la réconforter. Elles restèrent là pendant une éternité. Mais, au moins, les larmes de Marinette se tarirent. Elle lui lança un regard d'excuses lorsqu'elle eut enfin le courage de se redresser.
« Comment as-tu su ?
- Kagami. Avoua Alya après quelques secondes d'hésitation, l'air visiblement contrarié et dégouté par leur amie commune. »
Marinette serra une nouvelle fois les mâchoires, se retenant de laisser sa colère se déverser. Elle ne voulait plus entendre parler d'elle. Ni de lui. Alya fronça les sourcils avant de continuer.
« Je suis désolée Mari. Je n'aurais jamais deviné qu'elle pourrait te faire ça.
- Et moi donc. Ironisa-t-elle en se levant. Tu veux un verre ? J'ai besoin d'un verre. »
Alya se contenta d'acquiescer de la tête, se levant à son tour pour la suivre dans la cuisine. La franco-chinoise sortie deux verres de vin et déboucha une bouteille de rouge avant d'en verser dans les verres. Elle le tendit à sa meilleure amie et s'adossa au plan de travail, soufflant et passant une main sur son visage par lassitude.
« Je ne comprends pas… Je croyais que tout allait bien entre nous. Ça me dégoûte. Ils me dégoutent tous les deux. Ils auraient pu au moins ne pas le faire dans mon dos. S'énerva-t-elle.
- Je sais. Mais ce qui est fait est fait. Ce sont des cons, tu ne peux rien y changer. Tout ce que tu peux faire maintenant, c'est avancer la tête haute et leur prouver que tu vaux mieux que ça. Ne les laisse pas t'abattre ! Encouragea Alya en tendant son verre pour trinquer. A nous deux. Parce qu'il n'y a que ça de vrai. Je te promets qu'ils vont regretter. Luka rampera à tes pieds pour revenir et Kagami se morfondra devant nous pour réintégrer notre groupe.
- Tu es la meilleure ! Sourit-elle faiblement en trinquant.
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« Tu es sûre de ton coup Al' ? »
La musique résonnait dans la pièce de façon assourdissante. Les lumières l'aveuglaient quand les néons passaient pile dans l'axe de ses yeux. Les décorations étaient clairement sur le thème de Noël. Après tout, cette fête était dans moins de vingt jours. En y repensant, Marinette était heureuse de ne pas encore avoir acheté de cadeau pour les deux autres. Ils ne le méritaient pas. Son regard se durci en pensant à eux. Alya s'en rendit compte et lui donna un coup de coude.
« Ce soir, on s'amuse ! En piste ma fille ! »
Dans un éclat de rire, les deux filles se mêlèrent aux gens qui dansaient déjà sur la piste. La veille, elles n'avaient que peu dormi. L'une à cause de sa douleur, l'autre pour la réconforter. Autant dire que la journée de boulot avait été un supplice. Combiné à ça que Luka était passé la voir « pour s'expliquer » et que ça s'était terminé en engueulade dans le hall de son lieu de travail, autant dire que Mari' n'était pas d'humeur agréable avant qu'Alya ne vienne la trainer de force ici. Mais, maintenant qu'elle était là, elle était heureuse. Heureuse d'avoir une telle meilleure amie. Heureuse d'avoir quelqu'un sur qui compter, qui ne la trahirait jamais. Heureuse de danser comme si demain n'existait pas. Heureuse d'avoir formé ce petit monde où seules Alya et elle étaient.
C'était vendredi soir et Marinette comptait bien se changer les idées tout ce week-end.
Les verres s'enchainaient à un rythme indécent. Rapidement, l'alcool embruma son esprit. Seule Alya comptait. Enfin… Alya et ce regard vert perçant qui ne cessait de la regarder à travers la foule. Des regards, des approches, un premier contact. Une plume sur sa peau qui enflamma son bras. Le clin d'œil d'Alya l'incita à suivre son instinct, ses envies, ses besoins. Que Luka aille au diable ! Que Kagami brule dans le feu de l'enfer. Ce soir, c'était elle. Elle et cet homme.
Un second contact, plus brut, plus puissant. Le bras musclé entoura sa taille alors que son corps se moulait au sien, dos contre poitrine. Alya s'écarta en éclatant de rire, partant en chasse d'un nouveau partenaire de danse. Mari' la vit se diriger vers un jeune homme à la peau métis qui l'accueillit rapidement dans ses bras pour leur danse. Le souffle du partenaire de Marinette frôla son cou, déclenchant un frisson de plaisir qui la prit au dépourvu. Se mordillant le coin de la lèvre inférieure, elle se cambra contre lui et posa sa tête sur son épaule, exposant pleinement son cou à ses lèvres.
Il ne se fit pas prier.
Rapidement, chaque parcelle de sa peau ainsi exposée fut goûtée, encore et encore. D'un mouvement, il la retourna contre lui et écrasa ses lèvres sur les siennes. Avant que ses yeux ne se ferment, elle put voir son visage ciselé, magnifique. Elle put distinguer ses cheveux blonds et le désir clairement inscrit sur ses traits. Un gémissement s'échappa de ses lèvres lorsqu'il prit possession de sa langue. Un sourire satisfait étira les lèvres de la jeune femme en entendant également un son guttural provenir de lui.
Rapidement, ils voulurent plus. Quand il s'éloigna d'elle, c'était uniquement pour la tirer dans un couloir, lui volant des baisers dès que possible. Chacun de ses contacts l'enflammaient et son cœur battait comme si c'était son dernier instant. Rien que de songer à la suite lui brulait le bas du ventre. Son désir montait littéralement en flèche. Quand enfin ils se trouvèrent un coin isolé, il la plaqua contre le mur, s'emparant avidement de ses lèvres. Les mains de Marinette glissèrent sur son torse pour se croiser dans sa nuque, l'attirant plus près d'elle. Il agrippa ses jambes, l'obligeant à venir les enrouler autour de sa propre taille. Elle gémit une fois de plus, attisant son feu intérieur.
Et son portable se mit à sonner. Encore. Et encore. Il grogna contre elle avant de la déposer, le souffle court. Il posa son front contre le sien alors que son portable sonnait une fois de plus.
« Quoi ? Beugla-t-il en décrochant. »
S'il était visiblement énervé de l'interruption, il se calma rapidement. Marinette le vit devenir d'une pâleur inquiétante avant qu'il ne laisse échapper un « Merde. J'arrive tout de suite. » et de raccrocher.
« Désolé… Il faut que j'y aille.
- Alors vas-y. »
Un dernier regard brûlant, un dernier baiser enflammé et ils se séparèrent.
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Son téléphone sonna. Elle ne sut combien de temps exactement. Mais, quoiqu'il en soit, c'est sa sonnerie qui la tira de son sommeil. Elle entendit Alya grogner à côté d'elle, marmonnant quelque chose comme « Éteins-moi ce foutu téléphone Mari' ». Tâtonnant avec sa main, la créatrice s'empara de son portable et décrocha.
« Allô ?
- Mademoiselle Dupain-Cheng. C'est un véritable parcours du combattant pour vous joindre.
- Madame Sancoeur ? Y-a-t-il un problème ?
- Veuillez venir le plus rapidement possible au bureau s'il-vous-plait. Un… évènement s'est produit cette nuit dont nous devons vous parler.
- Je me douche et j'arrive. »
Encore quelques mots et Nathalie raccrocha, laissant Marinette confuse de l'autre côté de la ligne. Elle fronça les sourcils et tenta de se relever. Seulement, un mal de tête lancinant la recoucha immédiatement.
Et merde.
Pourquoi avait-elle autant abusé ? Sérieusement ? Quand son partenaire blond était parti, elle avait retrouvé Alya et, frustrées toutes les deux par la désertion de leur cible du soir, elles avaient repris les descentes de verres. Résultat : une migraine hors norme et des blackout en fin de soirée. Heureusement, elle se souvenait de l'homme. Et rien que de penser à lui ralluma son désir. Dommage qu'elle ne le reverra pas.
En tout cas, elle en était persuadée.
Alors, quand elle le croisa en entrant dans l'ascenseur de son entreprise, le café qu'elle venait d'avaler décida de se tromper de descente. Elle s'étouffa brutalement, le dévisageant sans comprendre ce qu'il faisait là. Et visiblement, lui aussi était surpris.
« Dure soirée ? Demanda Nathalie en entrant à son tour dans l'ascenseur, appuyant sur le bouton du cinquième étage.
- Hum… Plutôt courte nuit. Avoua-t-elle, mal à l'aise.
- Nous avons pris des dispositions pour que ce qu'il s'est passé hier ne se reproduise plus.
- Des dispositions ?
- Votre petit-ami…
- Ex.
- Ne sera plus autorisé à pénétrer dans le bâtiment. Continua Nathalie sans sourciller.
- Oh… euh… Merci ?
- M. Graham ? Reprit-elle en se tournant vers l'homme. La réunion de ce matin sera en huit clos. Seul nous trois ainsi que Madame Beaubois seront présents. Cela vous convient-il ? »
Monsieur Graham ? Où avait-elle déjà entendu ce nom ?
« Très bien Nathalie. »
Marinette le regarda discrètement. Enfin, elle le croyait. Mais il attrapa quand même son regard et laissa un sourire narquois se dessiner sur ses lèvres. Mari' renifla intérieurement, prenant une nouvelle gorgée de sa boisson.
Elle ne comprenait pas la raison de sa présence ici. Mais quelque chose remuait en elle, la prévenant qu'elle n'était pas au bout de ses surprises. Alors, quand il s'arrêta au même étage que Nathalie et elle, Marinette serra un peu plus les dents, sentant une nausée l'envahir. Elle ne pouvait pas être si malchanceuse non ? De tous les hommes à Paris, elle n'avait pas allumé un futur nouveau collègue, si ?
Quand il pénétra dans la salle de réunion, les deux connaissances échangèrent un dernier regard avant de se séparer. Le plomb qui commençait à tomber dans son estomac se manifesta un peu plus. Marinette salua sa collègue et mentor, Mme Beaubois et se tourna vers Nathalie. Le nouveau se tenait à ses côtés et, rapidement, Marinette sentit toute sa malchance tomber d'un coup sur elle.
« Quel est le problème Mme Sancoeur ? Demanda Mme Beaubois, visiblement aussi étonnée de sa convocation que Marinette.
- M. Agreste a eu un infarctus cette nuit…
- Quoi ? Interrompit Marinette. Oh mon Dieu, comment va-t-il ?
- Il va bien. Coupa Nathalie. Mais il a besoin de repos. Aussi, cela change pas mal de chose dans le bon déroulement de la reprise de l'agence.
- La… la reprise de l'Agence ?
- Exacte Mme Beaubois. M. Agreste… souhaite prendre un peu de recul et souhaitait intégrer son successeur dans l'entreprise. Seulement, avec ce nouveau développement, nous devons revoir notre façon de procéder. »
Jetant un coup d'œil à l'homme dans la pièce, Marinette commença à rassembler les pièces du puzzle.
Oh non. Non, non, non, non et non.
« J'aimerais vous présenter M. Graham Adrien.
- Mon nom complet est Adrien Graham de Vanily Agreste.
- Le fil de M. Agreste. »
Je suis absente pour le moment, veuillez laisser un message après le bip sonore. Je vous rappellerais. Ou j'aurais fui à l'autre bout du monde pour me terrer dans le plus profond des terriers.
Adrien posa son regard sur Marinette. Elle retint son souffle et détourna le regard après quelques secondes de bataille visuelle. Comment pouvait-elle être si malchanceuse ? Au moins, ça ne pourrait pas être pire.
« Adrichou ! »
Note à soi-même : ne jamais se dire que ça ne pourrait pas être pire.
La voix criarde de Chloé Bourgeois fit grincer les dents de Marinette. A côté d'elle, Mme Beaubois se tendit également. La tornade blonde pénétra dans le bureau sans accord préalable, refermant la porte derrière dans un claquement sonore. Elle se jeta au bras d'Adrien et l'embrassa à pleine bouche.
Mari' s'étouffa intérieurement.
« Chloé ? Grimaça Adrien en se séparant d'elle. Qu'est-ce que tu fais là ?
- Tu me manquais trop. N'ais-je pas le droit de venir voir mon fiancé à son arrivée en France ? »
Son fiancé ? SON FIANCÉ ? Marinette s'étonna que son cri ne jaillisse pas malencontreusement de sa bouche. Elle fusilla du regard les deux blonds avant de se recomposer un visage impassible.
« Mademoiselle Bourgeois. Nous n'avons pas beaucoup de temps alors veuillez ne pas nous interrompre.
- Toujours aussi rabat-joie Nathalie. Bouda la blonde, croisant les bras sous sa poitrine. Oh… Dupain-Cheng. Tu as l'air horrible, comme d'habitude. Je ne comprends toujours pas pourquoi Gabriel s'encombre d'un déchet comme toi.
- Mademoiselle Bourgeois ! Chloé ! S'énervèrent d'une voix commune Adrien et Nathalie.
- Humpf. Rididule. Totalement ridicule. »
Si le regard pouvait tuer, Chloé aurait rejoint Luka dans la tombe depuis longtemps. La blonde se calma toute seule, lançant un regard acide à la franco-chinoise avant de se détourner pour regarder par les baies vitrées.
« Nous devions introduire Adrien comme nouveau modèle dès lundi. Le but était qu'il s'intègre dans l'entreprise de façon anonyme, pouvant ainsi observer tous les points forts et faibles de nos équipes. Avec l'incident d'hier, il va devoir prendre la tête tout de suite de l'entreprise.
- Pourquoi nous avoir appelées ? Demanda Marinette.
- Vous êtes celles qui travaillent le plus étroitement avec M. Agreste. Nous aimerions que vous nous aidiez à maintenir l'idée qu'il est présent tout en aidant M. Graham à s'intégrer anonymement dans l'équipe.
- Pourquoi ne pas annoncer M. Graham comme successeur de M. Agreste ? Souleva Mme Beaubois.
- Quelle légitimité aurais-je ? Peu de personnes savent que mon père a un fils. Je ne connais pas le fonctionnement de l'agence de Paris et j'aimerais que le personnel me prenne au sérieux lorsque je serais annoncé publiquement comme étant le successeur de mon père. C'est mon choix, ma demande. Et pour ça, j'ai besoin de votre aide. Père devait m'épauler dans cette démarche mais…
- Comment devons-nous opérer ? Souffla Mari', souhaitant rejoindre son lit au plus vite pour fuir cette mascarade.
- Continuez d'agir comme si vous échangiez régulièrement avec M. Agreste. Il vous laisse carte blanche pour la nouvelle collection et vous fait entièrement confiance. Seulement, Adrien sera votre véritable interlocuteur. M. Agreste pourra peut-être faire quelques vidéoconférences mais il ne doit pas se fatiguer. Aussi, vous serez l'assistante personnelle de M. Graham, Marinette.
- QUOI ? »
Chloé se tourna vivement, tuant du regard son ennemie d'enfance alors que Marinette faisait vaciller son regard entre Nathalie et Adrien. Oh non. Non, non, non, non, NON. Elle ne pouvait PAS rester seule avec lui ! Certainement pas !
« Pourquoi moi ? Mme Beaubois connait mieux l'entreprise que moi et…
- Avec l'arrivée des stagiaires dès lundi, Mme Beaubois aura largement de quoi s'occuper. De plus, M. Agreste vous confie les rênes de cette collection je vous rappelle. Qui mieux que vous pourrait aider M. Graham à s'intégrer ? M. Agreste aura besoin de moi pour régler certains développements. Je ne peux pas être sur tous les fronts. »
Mari' inspira profondément, discrètement. Son mal de tête revenait à la charge et elle tuerait pour une nouvelle tasse de café. Sous le regard pointilleux de Nathalie, elle finit par acquiescer pour son nouveau rôle. Génial. Immédiatement, la voix suraigue de Chloé s'éleva dans les airs. Mari' ferma les yeux, se pinçant l'arête du nez. Elle n'avait vraiment pas la patience pour ces conneries à ce moment-là.
« Est-ce tout ?
- Vous pouvez y aller, oui. Je compte sur vous deux pour rester discrète quant à l'identité de M. Graham.
- Bien entendu Madame. »
Un dernier regard et les deux créatrices quittèrent la pièce sous les hurlements de Chloé.
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« Marinette ! Attends ! »
La voix d'Adrien la rattrapa juste après que Mme Beaubois ai quitté ses côtés. Si son traitre de corps frissonna en entendant sa voix, la jeune femme sentit également une colère sourde monter en elle. Se calmant, elle pivota sur ses talons pour lui faire face, le visage impassible.
« Que puis-je pour vous M. Graham ? demanda-t-elle poliment, déclenchant une grimace suivit d'un sourire hautain sur les traits du mannequin.
- Je crois que nous avons largement dépassé le stade des présentations et vouvoiements, non ? »
Elle renifla et lui lança un regard noir. Comment osait-il ?
« Je ne vois pas de quoi vous voulez parler.
- Tu es sûre ? Nargua-t-il en s'approchant d'elle, effleurant peut être accidentellement son bras avec ses doigts. »
Juste la proximité de son corps envoya des décharges le long de ses membres. Traitre ! Son corps était un traitre ! Elle se réprima intérieurement et s'éloigna d'un pas de lui.
« Je suis désolé. Coupa-t-il avant qu'elle ne puisse lancer sa réplique cinglante. Pour hier. Pour aujourd'hui. Je ne voulais pas te mettre mal à l'aise. Je…
- Il n'y a rien à expliquer M. Graham.
- Adrien. S'il te plait… Juste Adrien. C'était presque une imploration.
- Très bien, Adrien. Concéda-t-elle. Mais ce qu'il s'est passé hier ne s'est jamais produit. Nous sommes clairs ?
- Je veux que notre collaboration fonctionne. Alors… si c'est ce que tu souhaites…
- C'est ce que je veux. Trancha-t-elle.
- Alors soit… Sourit-il presque timidement.
- Ce sera tout ?
- Euh… oui ? Je suppose.
- Bien. Bon week-end M. Graham. À lundi. »
Et, sans un regard chaleureux, sans un sourire, elle le salua professionnellement et s'engouffra dans l'ascenseur pour quitter l'immeuble. Direction son lit et peut-être, peut-être, que ce cauchemar se finirait.
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« Il est quoi ? »
Emmitouflée dans son plaid polaire, allongée sur son canapé, Marinette eut à peine le temps de retirer le téléphone de son oreille avant que l'éclat de rire ridiculement fort de sa meilleure amie ne lui arrache le tympan. Elle mit le hautparleur, posa son portable sur l'accoudoir et prit une gorgée de son thé aux épices. Dimanche était déjà bien entamé mais la fatigue était encore là. Alors, hors de question de sortir de chez elle ou même de quitter son pyjama.
« Sérieusement Fille, il n'y a qu'à toi que ça peut arriver. Rigola-t-elle, reniflant dans le téléphone. Je n'y crois pas.
- Moi non plus. Railla Mari. Tu te rends compte ? J'ai failli passer la nuit avec mon futur patron qui est fiancé ! Fiancé Alya !
- Mari'…
- Il n'y en a donc aucun qui peut rester fidèle ! Ce type est un idiot. Il ne vaut pas mieux que Luka. »
Le rire d'Alya s'était calmé. Elle pouvait presque voir le regard compatissant de sa meilleure amie au travers du téléphone.
« Je suis maudite.
- Mais non. Rit-elle de nouveau. Juste… pas très chanceuse en ce moment. Mais ça va s'arranger. Tu es la personne la plus chanceuse que je connaisse.
- Où est ma chance alors ?
- Peut-être que ta rupture avec Luka t'ammènera dans les bras de quelqu'un de formidable.
- Ou dans les bras d'un futur patron qui cherchait à tromper sa fiancée. Grimaça-t-elle, prenant une nouvelle gorgée.
- Tu vas t'en sortir. Comme toujours.
- Mouai…
- Tu vas y arriver.
- Je vais y arriver. »
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« Je ne vais jamais y arriver. »
Son regard dériva une fois de plus vers Adrien. Il était quinze heures et, depuis le début de la journée, il s'était avéré être un homme complètement différent que celui qu'elle pensait qu'il était. Ça avait commencé ce matin, quand il était arrivé avec un café à la main.
« Pour m'excuser de vous avoir fait venir samedi matin.
- C'est plutôt à moi de vous apporter vos cafés normalement.
- Je ne suis pas du genre à demander ce genre de chose à quelqu'un d'aussi qualifiée que vous. Assistante personnelle ou non. De plus, je suis censé être votre ombre à partir de maintenant. Pas l'inverse. Alors, vois ça comme une maigre compensation pour ma présence quasi constante à tes côtés.
- Je pourrais m'y habituer. Sourit-elle après l'avoir observé avec suspicion.
- Alors je mettrais « apporter un café à Marinette » dans mes tâches à accomplir tous les jours.
- Vous n'êtes pas obligés.
- Je le ferais jusqu'à ce que tu acceptes de me tutoyer. »
Elle le regarda de nouveau avec suspicion avant de hocher timidement la tête, prenant son café lorsque les portes de l'ascenseur s'ouvrirent. Ils s'y engouffrèrent. Lorsque les portes se renfermèrent, ils se retrouvèrent tous les deux. Un silence s'installa.
« Comment procède-t-on du coup aujourd'hui ? Demanda-t-elle doucement.
- Je suis nouveau mannequin. M. Agreste t'a prévenue durant le week-end que tu étais en charge de moi, de m'intégrer dans la boite et que tu serais ma styliste personnelle jusqu'au défilé. L'annonce de la reprise de l'entreprise sera faite à la fin du défilé, si mon père est en mesure de se déplacer.
- Pourquoi veut-il prendre sa retraite ? Si ce n'est pas trop personnel…
- Il veut se rapprocher de ma mère. Sourit tendrement Adrien. Ils ont été séparés bien trop longtemps.
- C'est… doux de sa part. Sourcilla-t-elle, déclenchant l'éclat de rire d'Adrien.
- Doux n'est certainement pas un mot que je pensais entendre pour qualifier mon père. »
Le rire d'Adrien lui réchauffa le cœur. A le voir ainsi, libre de tout regard, Mari' se sentit faiblir devant lui. Elle se frappa mentalement. Il était fiancé ! Le mannequin se calma rapidement, plantant son regard dans le sien. Elle se sentit rougir légèrement sous l'inspection. Elle se racla la gorge, prit une nouvelle gorgée et fixa la porte fermée.
Elle finit par s'ouvrir, dévoilant la fourmilière de l'étage conception.
« Bienvenue chez vous M. Graham. »
Ils se sourirent et quittèrent l'ascenseur.
Pendant toute la matinée, ils visitèrent l'ensemble de l'immeuble. Huit étages en tout. Le rez-de chaussée concentré sur l'accueil et la mise en attente des principaux clients et visiteurs. Le premier pour l'administratif, comprenant les comptables, les secrétaires des différents pôles et la gestion publique de l'entreprise. Le second étage était consacré aux studios photos et aux vestiaires pour les différents mannequins. Les troisièmes et quatrièmes étages renfermaient la plus grande collection de tissus et de tenues en cours qu'il puisse exister ainsi que quelques salle de conception lors des essais des clients. Les sixièmes et septièmes étages étaient consacrés aux bureaux de conception et studios d'assemblage des tenues. Enfin, le dernier étage était pour le bureau de M. Agreste et son studio de création personnel. Cet étage, Adrien avait appris à le connaitre samedi. Alors, il demanda à ne pas y retourner, afin de ne pas bloquer le travail de sa guide plus longtemps qu'il ne le fallait.
Pendant cette matinée découverte où Marinette l'avait introduit à tout le monde, elle avait découvert un homme attachant, poli et attentionné. Quelqu'un d'ouvert à tous, cherchant à comprendre chacun, appréciant chaque rencontre comme si la personne était une bénédiction. Il était à l'antipode de son père qui gardait une certaine distance avec tous, qui était froid et dont on avait du mal à cerner les sentiments et les opinions.
Le midi, ils n'étaient pas que tous les deux. Le repas fut pris avec Nathalie et Mme Beaubois afin de parler de la nouvelle collection qui avançait. L'accueil des nouveaux stagiaires avait bloqué la matinée entière de la doyenne de l'équipe de conception. Résultat : ni Marinette ni Mme Beaubois n'avaient pu jeter un coup d'œil aux avancements de la matinée. Adrien demanda donc à sa guide de faire ce qu'elle devait pour son travail, qu'il se contenterait de l'aider en silence pour lui permettre de rattraper son retard. Elle le remercia du regard et c'est ensemble qu'ils quittèrent la salle de réunion.
Quand elle arriva au sein de son équipe, Marinette renifla légèrement et jeta un regard critique sur le bordel qui avait élu domicile dans son espace personnel. Soufflant légèrement, elle salua une nouvelle fois son équipe avant de les appeler pour un petit check-up. Adrien se mit en retrait, les bras croisés sous sa poitrine et l'observa. Un sourire se dessina sur ses lèvres quand il la vit prendre les rennes, son autorité douce encourageant l'ensemble de son équipe. Pendant près de vingt minutes, tous expliquèrent les avancées et les blocages qu'ils avaient rencontrés. Un à un, elle alla les voir et donna des idées, des directives pour leur permettre de se remettre au travail tout en apportant leur touche. Il devait l'admettre, Marinette était très douée pour jouer les maitres d'orchestres.
Un coup frappa à la porte une fois que tout le monde fut remis au travail. Marinette était penchée sur ses propres croquis, complètement inconsciente de son environnement. Il aimait la voir concentrée ainsi. Du coin de l'œil, il observa une secrétaire entrée et se diriger vers Mari. Elle se racla la gorge, sortant la designer de son petit monde créatif.
« Votre rendez-vous de quatorze heures est arrivé. Annonça la secrétaire. Il vous attend dans le studio numéro 3.
- Oh. J'arrive tout de suite. Merci Estelle. »
La fameuse Estelle quitta l'atelier, suivie rapidement par Marinette qui fit un signe de tête à Adrien de la suivre. Il s'exécuta. Entrant dans l'ascenseur, ils se retrouvèrent une fois de plus tous les deux.
« Vous allez rencontrer M. Kowat, un des plus gros client de M. Agreste.
- Très bien, merci. »
Il sourit en se rendant compte qu'elle n'avait pas profité de leur solitude pour laisser échapper l'information. Pas qu'il lui en aurait tenu rigueur si elle l'avait fait. Après tout, personne ne pouvait entre ce qu'ils se disaient dans l'ascenseur en marche. Mais quand même. Il appréciait sa discrétion et sa prudence quant à son statut de fils du PDG. Arrivant au troisième étage, Mari se dirigea directement vers le studio 3 où plusieurs voix se faisaient entendre. Elle frappa trois coups et poussa la porte.
« … et votre rendez-vous avec le Maire de Paris est à dix-huit heures ce soir.
- Très bien merci. Je m'assurerais d'être présent et à l'heure. »
L'assistante du Prince nota autre chose sur son calepin et tourna les talons avant de sortir de la pièce non sans un salut strict vers la designer et son collaborateur. Ne le reconnaissant pas, elle se stoppa face à lui et commença à ouvrir la bouche.
« M. Graham est nouveau dans l'entreprise et je suis en charge de lui pour quelques temps. M. Agreste l'a accrédité à toutes mes taches et notamment celle concernant M. Kowat. Vous pouvez contacter Mme Sancoeur si vous souhaitez avoir confirmation.
- Je l'appelle dans l'instant. Vous avez trois heures avec M. Kowat Mademoiselle Dupain-Cheng.
- Je vous le rendrais en temps et en heures, je vous le promets.
- Bien. »
Elle quitta enfin la pièce. Adrien observa le gros client de son père, qui était accompagné d'une jeune femme blonde plutôt timide. Quand la porte se referma complètement, l'ambiance stricte de la pièce changea du tout au tout.
« Mari ! »
La blonde se jeta sur Marinette, prenant Adrien au dépourvu. Mari' l'accueillit à bras ouverts, l'enveloppant complètement dans ses bras avec un sourire qu'Adrien jalousait.
« Salut Rose.
- Je crois que tu lui as manqué. Se moqua le Prince en s'approchant.
- Vous m'avez manqué aussi. Répondit la designer en s'éloignant de Rose pour prendre le Prince dans ses bras. Comment allez-vous tous les deux ?
- Très bien. Commenta Ali, donnant un mouchoir de poche à sa petite amie qui devait essuyer des larmes de joie. Contents d'être de retour à Paris pour les fêtes.
- Qu'est-ce que je peux faire pour toi Ali ? Estelle m'a informé vendredi seulement de ton rendez-vous sans me donner plus d'infos.
- J'aurais besoin de quelques retouches sur mon costume pour ma soirée du Nouvel An. Dit-il en désignant une house sur le côté. Et j'aimerais une robe pour ma merveilleuse petite-amie.
- Tu n'es pas obligée Mari. Coupa Rose. Je sais que tu es très occupée en ce moment alors…
- Tu plaisantes ? Le jour où je n'ai plus le temps pour mes amis n'est pas encore arrivé sweetie. »
La blonde sourit devant le surnom affectueux. Mari' lui serra la main et se tourna vers Adrien pour le présenter. Il hocha la tête, lui faisant comprendre qu'il prenait la relève très rapidement.
« J'aimerais vous présenter M. Adrien Graham.
- Je suis le successeur de M. Agreste. Cette information est confidentielle pour le moment. Mais, étant un client important de cette entreprise, je ne souhaite pas vous cacher la véritable nature de mon rôle ici.
- Oh… Merci de votre honnêteté. M. Agreste a-t-il des problèmes ?
- Juste une envie de profiter un peu de sa retraite amplement mérité. Sourit le mannequin.
- Je te laisse te changer Ali ? Pendant ce temps Rose, on planche sur ta future robe. Tu as des idées ?
- Oh oui, j'en ai tellement.
- Fais lui une robe de princesse, elle en rêve depuis…
- Toujours. Termina Marinette en rigolant. Ne t'inquiète pas, je m'en occupe. »
Ils s'échangèrent un clin d'œil complice qui prit une fois de plus Adrien au dépourvu. Était-elle si avenante avec tous ses clients ? Lorsque le Prince Ali disparu derrière le paravent, le futur patron dirigea son regard vers son employée. Elle rayonnait avec la blonde, griffonnant à la va vite sur une feuille vierge, notant chacune des idées de la demoiselle avec une patience et un entrain non dissimulé. Il n'entendit pas le Prince venir à ses côtés, fixant les boutons de manchette de son costume.
« Rose et Marinette se connaissent depuis le collège. Expliqua-t-il, le faisant légèrement sursauté. Et je connais Marinette depuis cette période aussi. Nous avons réussi à garder contact malgré la distance et le temps. Elle est devenue une amie proche.
- Je vois. Elles ont l'air de bien s'entendre.
- Comme deux sœurs. Rit le Prince. J'ai fini Mari. S'avança-t-il vers les deux filles.
- Parfait. Monte là-dessus pour que je puisse regarder ce qu'il faut ajuster. »
La demi-heure qui suivit, Mari' tourna autour du Prince avec concentration, reprenant chacun des petits défauts qu'elle trouvait. Adrien l'observa encore et encore, incapable de laisser ses yeux se détacher d'elle.
Rose le remarqua, sautillant discrètement sur place devant le regard évident du patron de Marinette. Que c'était romantique !
L'après-midi passa rapidement, Adrien laissant la designer avec ses deux clients. En moins de temps qu'il ne faut le dire, l'esquisse de la robe de Rose était faite en partie, le costume du Prince Ali était retouché et ils avaient eu un peu de temps pour parler de façon plus… privé. Adrien se sentit un peu envahissant en entendant la conversation personnelle entre les deux femmes.
« J'ai appris pour Luka et…
- Je ne veux pas entendre parler de ces deux-là.
- Je suis terriblement désolée Marinette. Soupira Rose. Vous étiez si beaux tous les deux.
- Pas tant que ça, visiblement. Répliqua-t-elle, acerbe. Bref… je ne veux pas en parler. C'est du passé. Ils ne méritent pas mes larmes.
- Bien dit. Sourit Rose.
- Pire que des pipelettes. Rit Ali en rejoignant Adrien. Quand elles commencent à parler comme ça, je ne peux jamais les arrêter. »
Adrien regarda les deux jeunes femmes, encore mal à l'aise de la situation. Marinette n'aurait surement pas aimé que sa vie privée soit ainsi révélée. Elles parlaient à voix basses mais pas suffisamment pour que rien ne filtre. Il devrait d'excuser pour son intrusion. Et, à en juger par les regards en coin de la demoiselle, elle était aussi mal à l'aise avec cette situation. Quelques heures seulement après avoir réussi à avoir une relation plus détendue et ils étaient de retour à la case départ. Il souffla intérieurement.
Quelques minutes supplémentaires et l'assistante du Prince débarqua dans la pièce pour lui informer qu'il était l'heure de partir.
« On se voit plus tard Mari'. Salua Rose. Tu viens toujours à la soirée de Noël ?
- Bien sûre. Je ne manquerais ça pour rien au monde. Sourit-elle.
- A plus Mari'. Répéta Ali, lui lança un clin d'œil discret.
- A bientôt. Sourit-elle. »
Une fois le couple partit, l'ambiance se chargea entre les deux autres. Ils se regardèrent en coin jusqu'à ce qu'Adrien place une main sur sa nuque.
« Je suis désolé Marinette. Je ne pense pas que tu voulais que j'en apprenne autant.
- Sincèrement… après le coup d'éclat de vendredi dernier, tout le bâtiment doit être au courant. Avoua-t-elle, gênée. Alors… un de plus, un de moins.
- Alors… Vendredi soir c'était…
- Peu importe. J'ai du travail encore. Officiellement, la journée des mannequins est terminée alors…
- Oh. Très bien. Je serais au bureau dans ce cas. Merci pour aujourd'hui »
Elle lui sourit et quitta la pièce sans un regard en arrière. Adrien, lui, ne put détacher son regard de cette designer spéciale aux yeux de son père.
oOo
Pendant la semaine qui suivit, Adrien se conforma à sa promesse non officielle de lui apporter un café chaque matin. Si l'attention la gênait au début, elle finit par entrer dans le jeu et apporta une pâtisserie comme petit-déjeuner pour accompagner le café. Ils entrèrent dans une routine un peu étrange. Adrien la saluait, ils s'offraient leur petit-déjeuner, prenait l'ascenseur et se dirigeaient vers le bureau de Marinette où elle commençait son travail de la journée. Le défilé de Noël approchait et, plus le temps passait, plus la jeune femme en charge de son équipe devait jongler entre les différents tâches, ayant à peine le temps de faire les siennes.
Adrien se sentait un peu coupable. Il ne faisait rien pour l'aider, au contraire. Toute cette situation ne faisait que la ralentir. Il avait l'impression d'être un boulet accroché à ses pieds. Mais jamais elle ne lui fit ressentir ça. Au contraire. Toujours souriante, toujours avenante et patiente avec son équipe et lui, toujours pleines d'idées toutes plus farfelues les unes que les autres pour arranger les choses. Plus le temps passait et plus Adrien comprenait le choix de son père la concernant. Elle deviendrait un élément indispensable dans son équipe.
La gestion complète du défilé prenait également beaucoup de son temps. L'accueil des stagiaires était très prenant pour Mme Beaubois. Alors, Marinette était quasiment toute seule. Gabriel l'appelait une fois tous les trois jours et uniquement pour valider les choses qu'Adrien ne pouvait pas encore faire et pour lui rappeler, à mainte et mainte reprise, qu'il lui faisait confiance et qu'elle se débrouillerait très bien. A chaque fois, c'était un choc autant pour la designer autant que pour son fils. Gabriel Agreste, le maniaque du contrôle et l'homme le plus autoritaire jamais connu, leur laissait sans condition les rennes du défilé. L'un des plus importants de l'année.
« Cette crise cardiaque l'a vraiment secoué on dirait. Marmonna Adrien, passant une main dans les cheveux.
- Peut-être… que cela lui a permis de prendre conscience qu'il existe des choses plus importantes dans la vie que le travail et la renommée. Elle haussa les épaules, un nouveau poids sur ses épaules. Je n'y arriverais jamais. Murmura-t-elle pour elle-même.
- La semaine est finie. Continua Adrien, n'ayant pas entendu les murmures de sa collaboratrice. Tu devrais rentrer chez toi. On se revoit lundi ?
- Hum. A plus tard Adrien. Sourit-elle en quittant le bureau de M. Agreste, laissant Adrien seul. »
Quand il quitta son bureau deux heures plus tard, il était près de vingt et une heures. Il s'arrêta à l'étage de conception, souhaitant remettre un document de travail reprenant les termes de la fausse réunion d'avec son père sur le bureau de Marinette. Il fut très surpris de voir encore de la lumière quand les portes de l'ascenseur s'ouvrirent. Il le fut encore plus en voyant Marinette penchée sur son bureau, griffonnant avec des musiques de Noël en fond. Silencieusement, il s'approcha de sa porte et s'y adossa, un léger sourire aux lèvres. Il l'observa quelques minutes avant qu'elle ne se redresse, étirant ses bras au-dessus de sa tête.
Un petit cri s'échappa de ses lèvres quand elle le vit.
« A… Adrien ? Que faites-vous ici ?
- Travail. Et toi ? Je croyais t'avoir dit de rentrer chez toi pour le week-end.
- J'ai peut-être un peu trop de retard dans mon boulot alors je voulais profiter du calme pour avancer un peu.
- Tu as faim ? Demanda Adrien après quelques secondes.
- Un peu. Je comptais sortir prendre un truc à manger et refaire le plein d'inspiration.
- Oh. Taquina-t-il. Et puis-je me joindre à vous, Mademoiselle la designer en chef ?
- Pff. Si vous le voulez.
- Seulement si tu arrêtes de me vouvoyer. Si nous sommes amenés à travailler si souvent ensemble, j'aime autant que tu me tutoies. S'il-te-plait.
- Je ferais un effort. Accepta la brune en prenant son manteau. On y va ? »
Il lui emboita le pas avec un énième sourire. C'était bien plus facile avec elle. Adrien n'était pas fou, ni aveugle. Il l'avait remarqué. Ce qu'il n'expliquait pas, était le pourquoi ?
Les deux collègues commencèrent une conversation légère, voulant couper un peu avec le travail. Le week-end allait être chargé, pour l'un comme pour l'autre. Alors, autant essayer de se changer les idées de temps en temps. Il fallait l'avouer, le mannequin était heureux de ne pas être seul pour le faire ce soir-là. Passer un week-end complet à travailler, tout en évitant la tornade Chloé, allait être éprouvant. Il comptait bien de cette petite soirée pour faire le plein d'énergie.
« Tu fais comment pour faire le plein d'inspiration du coup ? »
Adrien avait toujours été curieux à ce sujet. Que ce soit son père ou toute autre personne créative, il était toujours fasciné et presque jaloux de les voir sortir des idées les unes après les autres, comme si une source coulait dans leur cerveau. Alors, avoir une petite astuce l'éclairerait peut-être. Marinette le regarda avec amusement avant de rire doucement.
« Je me balade, tout simplement. Chaque jour apporte son lot d'inspiration. Il suffit de savoir où regarder. »
Il haussa un sourcil, un peu plus confus. Devant sa moue, le rire de Marinette s'accentua un peu plus.
« Viens. Je vais t'emmener quelque part. »
Sans chercher à savoir de quel endroit il s'agissait, il la suivit avec son sourire.
« Tous les créatifs sont capables de chercher l'inspiration n'importe où. Ça peut être n'importe quoi. Une feuille qui tombe dans un mouvement un peu particulier, une émotion ressentie en voyant une scène, une bride de conversation de parfaits étrangers… Nous sommes tous sensibles à certaines choses. Il faut juste les exploiter au mieux. Cela ne nous empêche pas d'avoir des pannes d'inspirations.
- Ouais… Mon père était d'une humeur massacrante à chaque fois que cela lui arrivait. Se remémora-t-il.
- C'est frustrant. Mais certaines périodes de l'année comme la saint valentin, pâque, halloween et Noël sont des sources quasi infinies. Il suffit juste… d'être au bon endroit au bon moment. »
Quand il quitta les traits de la jeune femme pour regarder autour de lui, il eut le souffle coupé. Bien sûr qu'elle l'emmènerait dans un marché de Nöel en plein air. Les illuminations étaient magnifiques, les petits chalets en bois plongeait quiconque dans l'ambiance festive de cette fête. La patinoire un peu plus loin laissait échapper les éclats de rire des patineurs. Immédiatement, Adrien s'imprégna de l'ambiance. Noël aux Etats-Unis était bien différent. Certes, sa mère était une fan absolue de cette période de l'année. Mais le faire à Paris, la ville de l'amour, avait une profondeur renouvelée qui rafraichissait l'esprit un peu trop cartésien d'Adrien.
« Je crois que c'est le premier Noël que je passe en France. Ça fait bizarre de ne pas avoir ma mère à mes côtés. Avoua-t-il à demi-mot.
- Elle te manque j'imagine.
- Énormément. Mais c'est ma décision de venir ici. Elle reviendra un peu plus tard, elle avait quelques détails à régler avant de rentrer auprès de mon père.
- Tu dois être heureux. Que ta famille se rassemble.
- On peut dire ça. Je ne sais pas vraiment les raisons de leur séparation ni les raisons pour lesquelles mon père n'a pas voulu que je prenne son nom. En fait si, cela là je la connais. Il est trop surprotecteur avec moi. Railla-t-il, passant une main dans sa nuque. Je ne sais même pas pourquoi je te dis ça. Excuse-moi.
- Ça ne me dérange pas. Le rassura-t-elle en haussant les épaules.
- Ce n'est pas trop ma place.
- C'est vrai. Après tout, tu es mon futur patron. Reprit-elle tout doucement, de façon à ce que seul lui l'entende.
- Exacte. Même si….
- Même si ? »
Comment ses yeux pouvaient-ils être aussi expressifs ?
« Je pourrais m'y perdre. » Pensa le blond avant de se frapper mentalement.
« Adrien ?
- Oh. Euh…
- Même si quoi ?
- Je ne sais pas. Peut-être que je ne serais pas contre me faire de nouveaux amis ici. Et, jusque-là, tu es sans doute celle qui s'en rapproche le plus. »
Le regard qu'elle lui lança lui fit fondre le cœur, bien qu'il y décelait aussi un peu de gêne.
« Je ne voulais pas te gêner. Chuchota-t-il en se passant la main sur sa nuque une fois de plus.
- C'est bon. Je ne suis pas contre me faire également de nouveaux amis. Tant que nous restons professionnels au travail.
- Cela va de soi. Sourit-il. »
Ils se regardèrent encore un instant en se souriant puis replongèrent dans leur camaraderie. Plus le temps passait et plus les limites entre le professionnel et l'amitié se dessinèrent. Et, rapidement, ils basculèrent du côté amical. Finie les discussions centrées sur le boulot. Quand Mari' enfila ses patins pour faire un tour sur la patinoire, invitant Adrien à la rejoindre, la limite fut largement franchie.
« Tu n'es pas si mauvais. Taquina-t-elle, le regardant évoluer plus gracieusement qu'elle.
- Il n'y a rien de compliqué.
- Frimeur.
- Tu es juste jalouse de ma grâce naturelle. »
Elle éclata de rire et le dépassa, profitant du petit air frais pour se ressourcer. Ça lui faisait du bien. Trop d'heures à plancher tête baissée sur ses croquis et l'organisation du défilé. Encore quelques jours intenses et tout sera terminé.
La soirée avança trop rapidement. Bientôt, une annonce fut faite pour avertir les gens que la patinoire fermait. A contre cœur, les deux amis la quittèrent pour se diriger vers un stand de restauration.
« Reste pour garder la table. Je vais nous chercher à manger. »
Adrien hocha la tête, posant sa paire de gant sur l'un des derniers mange debout encore libre. Le chauffage extérieur réchauffait agréablement l'air ambiant. Il l'observa se frayer un chemin dans la foule, le regard rivé sur elle. Un doux sourire étira ses lèvres. Il souffla, se détendant encore plus contre la table et ferma les yeux pour profiter de son bien-être. Sa première amie à Paris.
Son portable vibra, l'obligeant à ouvrir de nouveau les yeux. Il le prit et vit le nom de l'appelant. Grimaçant, il coupa la conversation avant même de la démarrer. Ce qu'il ne vit pas, c'est la jeune femme blonde qui se tenait quelques mètres plus loin, le regardant ignorer volontairement son appel. Il ne vit pas non plus son visage se déformer sous la colère. Colère qui augmenta lorsque, quelques minutes plus tard, elle vit une certaine Marinette Dupain-Cheng arriver tout sourire auprès de son fiancé qui lui lança un sourire aveuglant. Adrien ne vit pas non plus la poigne de cette blonde se resserrer dangereusement contre son portable.
« Chloé ? Appela timidement Sabrina, son regard vacillant entre son amie et le couple plus loin.
- Il est temps que Maritrash comprenne où est sa place. »
Même pour Sabrina, cette menace était effrayante. Elle avala sa salive, hochant la tête en lançant un dernier regard vers la brune franco-chinoise. Chloé se détourna, le regard assassin et sa vengeance prenant forme dans sa tête. Sabrina frissonna quand elle remarqua le sourire mauvais sur sa meilleure amie.
oOo
« Tu rentres tard Adrichou ! »
A peine la porte d'entrée de l'appartement fermée et Adrien avait déjà envie de repartir. Chloé devait être dans la chambre s'il se fiait à son audition. Il souffla un coup, déposa son attaché-case à côté du porte manteau, se débarrassa de sa lourde veste et entra pleinement dans l'appartement sans répondre à sa fiancée.
« J'ai essayé de t'appeler mais tu n'as pas répondu.
- Désolé. J'étais concentré dans mon boulot et je ne devais pas me déconcentrer. »
S'il avait été dans la chambre avec elle, il aurait vu son regard se noircir et sa mâchoire se serrer. La blonde inspira profondément, ne voulant pas que sa colère soit perceptible dans sa voix. En entendant Adrien venir dans la pièce, elle se composa un visage heureux et un sourire chaleureux. Aussi chaleureuse que peut l'être Chloé. Elle s'empara d'un magasine et fit semblant de le feuilleter quand il entra dans la chambre.
« Tu as pu manger quand même ? Demanda-t-elle, lui tendant une seconde perche pour qu'il admette sa faute.
- Oui. Je me suis pris un petit encas rapide en rentrant. Désolé Chlo', je suis claqué. Je me douche et je vais au lit. »
Il se pencha vers elle et l'embrassa sur le front. Elle grimaça intérieurement. Avant qu'elle n'ait pu amorcer un geste pour faire dériver le baiser vers ses lèvres, il se redressa et s'engouffra dans la salle de bain attenante.
Elle cria silencieusement quand il ne put la voir. Sa vengeance se préparait. Demain, elle passerait à l'attaque. Un sourire mauvais se dessina sur ses lèvres.
Quand Adrien la rejoignit, elle s'était déjà allongée, dos à lui, et semblait dormir.
oOo
Adrien était parti tôt le lendemain matin. Un problème de DJ quittant brutalement l'organisation du défilé. Chloé lui avait proposé XY, un jeune chanteur en vogue qu'elle connaissait bien. Elle l'avait alors vu grimacer et refuser poliment son offre. En partant, il ne l'embrassa toujours pas sur les lèvres. Sa colère revint au galop.
Il devait être près de minuit ce soir-là quand la blonde put enfin mettre sa vengeance en place. Officiellement, pour Adrien, elle passait la soirée avec Sabrina pour régler quelques détails pour le futur mariage. Ce que son cher fiancé ne savait pas, c'est qu'elle avait eu la surprise de réceptionner un colis envoyé par sa mère. Et qu'en tant que fiancée officielle, bien qu'elle n'ait toujours pas de bague, elle s'était permis de signer en son nom. Curieuse, elle avait ouvert la boite et avait criée de joie. Alors, sans attendre la demande en bonne et due forme, elle avait mis à la poubelle le petit carton et l'emballage et avait passé la bague à son doigt. La note de la mère d'Adrien était cachée dans sa commode.
« Pour celle que ton cœur choisira. Je sais que tu feras le bon choix. A bientôt. Je t'aime. »
C'était sa bague de mariage. Celle qui se passait de génération en génération dans la famille Graham de Vanilly. Adrien avait déjà l'anneau à son doigt, don par son père quand M. Agreste avait annoncé publiquement que son fils et elle étaient désormais fiancés. Chloé n'était pas folle. Elle avait bien vu le regard désapprobateur de la mère d'Adrien quand il l'avait annoncé en Amérique. La jeune femme avait promis de ne rien divulguer de sa situation en France. Adrien n'y était pas encore très connu grâce à la prévenance de Gabriel.
Mais bientôt, plus tôt que ce qui était prévu, ce ne serait plus le cas. Et Paris, voir même la France entière, la verrait pour ce qu'elle est réellement. Une personne influente, respectable et aimée par le plus prometteur des jeunes chefs d'entreprise. La future femme d'un grand homme, puissant et sacrément beau. Elle serait la reine de la mode.
Oh que la vengeance serait douce.
Toute la soirée, elle s'était rapprochée d'un homme qui pourrait l'aider, inconsciemment bien sûr, à mettre le grain de sable qui ferait dérailler l'engrenage et qui entrainerait la chute de Marinette.
Cette petite garce aurait dû mieux savoir et ne pas aller sur ses plates-bandes. Cet homme travaillait dans le même journal qu'Alya Césaire, la meilleure amie de Marinette. Chloé la connaissait bien. Après tout, elles avaient été ensemble au collège et Alya était devenue une journaliste de renom. Sur la demande de Chloé, Sabrina avait suivi Mari' toute la journée. Sa chance avait frappé. Mari' et Alya s'étaient retrouvées pour le déjeuner. Et, pendant ce repas, Mari' avait passé une clé USB à son amie. C'était sa chance. Sabrina avait pris plusieurs clichés, bien évidemment. Cela ne ferait que prouver les dires de Chloé.
Bref… Durant cette soirée, Chloé avait enchainé les verres avec cet homme. Lui plus qu'elle. Elle usait de ses charmes, vidait ses verres dans d'autres verres quand il avait le dos tourné. De sorte qu'elle arriva pile où elle le voulait en fin de soirée. Bien arrosé mais pas suffisamment pour qu'il oublie tout de la discussion. Juste ce qu'il faut pour qu'il ne se rappelle que très vaguement de la personne qui lui avait parlé. Après tout, elle pourrait être n'importe quelle blonde dans un bar un samedi soir, bien que l'idée même la dégoûte. Mais, pour ce soir, elle l'admettrait.
Lorsqu'il vint l'heure de partir pour eux, Chloé le raccompagna à la sortie. Elle appela un taxi, lui ouvrit la porte et, à l'instant où il souhaita la fermer, elle raffermi sa prise sur la portière. Avec un sourire, elle se pencha en avant et mis son visage à sa hauteur.
« Vous voulez un secret qui fera décoller votre carrière ? »
L'intérêt du journaliste se réveilla instantanément.
« Avant que je vous la dise, vous devez me promettre une chose.
- Laquelle ?
- Lorsque vous publierez votre article, vous ne le signerez pas avec votre nom. Aucun nom sauf celui d'Alya Césaire.
- Pourquoi devrais-je signer mon article avec son nom ? Et comment cela est-il censé m'aider à faire décoller ma carrière ?
- Tu n'es pas obligé de mettre son nom. Tu peux en mettre aucun. Le journaliste mystère. Juste, si tu dois en mettre un ou en citer un dans ton article, c'est son nom à elle que tu devras mettre. Et je ferais en sorte que tu sois celui qui couvre le mariage de Chloé Bourgeois qui doit se dérouler dans peu de temps maintenant. »
Au nom de la fille du maire, le journaliste se redressa. L'égo surdimensionné de Chloé fut rebooster instantanément.
« Avons-nous un accord ?
- Je vous écoute. Acquiesça-t-il, déclenchant un sourire chez la blonde.
- Je vous conseille fortement de faire des recherches sur un certain Adrien Graham de Vanilly Agreste, fils de Gabriel Agreste et incessamment sous peu futur dirigeant de l'entreprise familiale de Gabriel. Il est celui qu'épousera Chloé Bourgeois. »
Les yeux écarquillés, il nota les noms sur un petit carnet qu'il avait constamment sur lui. Il entendit vaguement un « Bonsoir » chanté. Quand il releva le visage, la blonde avait disparu.
Des recherches s'imposaient.
oOo
« Je pense avoir résolu ton problème de DJ. Un de mes amis vient de rentrer de tournée et a accepté de travailler pour nous si ça t'intéresse toujours. Je lui ai transmis la playlist partielle de l'ancien DJ pour qu'il puisse travailler sur quelque chose. Il peut nous le présenter demain. »
« Tu es une bouée de sauvetage. Demain 8heures lui conviendrait-il ? »
« Rendez-vous pris. »
Adrien souffla, soulagé d'avoir ce poids en moins sur les épaules. Quand le DJ l'avait appelé, en furie, lui criant presque qu'il démissionnait, Adrien avait été choqué. Il n'a jamais su ce qui s'était passé pour qu'il en arrive à de tels extrêmes. Des bruits de couloir parlaient d'une dispute entre Chloé et ce DJ. Sans même cherché à comprendre, Adrien avait tout ignoré et avait refusé d'en parler à la blonde. Il avait plus urgent à faire.
Quand il avait soumis le problème à Marinette, il avait été étonné de la voir si réactive sur un point qui ne concernait pas son domaine de compétence. Quand elle lui avait parlé d'un ami qui pourrait potentiellement convenir, Adrien lui avait donné le feu vert et lui avait fourni la maquette du premier DJ. Pour référence. Et là, il était récompensé.
Une épine en moins dans son pied. Mais une autre remontait douloureusement à la surface : Chloé. Son téléphone sonna, le libérant du mal de tête qui s'amorçait à trop songer à cette situation.
oOo
Lundi matin. Sept heures quarante-cinq.
Quand Marinette arriva au bureau, des murmures accompagnèrent chacun de ses pas. Elle tomba sur Chloé qui la regardait avec suffisance. Elle frissonna, ayant un mauvais pressentiment. Dès qu'elle entra dans l'ascenseur, son portable sonna. Elle lut le message de Nathalie, l'intimant à se présenter le plus rapidement possible dans le bureau d'Adrien. Mari' fronça les sourcils et envoya un « Je suis dans l'ascenseur, j'arrive. » rapidement avant de verrouiller son portable. Quand les portes commencèrent à se fermer, Chloé s'engouffra dans l'ascenseur. Les deux jeunes femmes échangèrent un regard. Le sourire mauvais de Chloé grandit. Mari' pourrait jurer l'avoir entendu dire un « Tu es foutue ». Mais l'air impassible de la blonde lui fit se demander si son esprit ne lui avait pas joué des tours.
Quand elle sorti de l'ascenseur, Chloé sur ses talons, son pressentiment se confirma. C'est un peu moins confiante que d'ordinaire qu'elle pénétra dans le bureau d'Adrien. Dès que la porte s'ouvrit sur elle, le regard d'Adrien se posa sur elle, accompagné par celui de Nathalie et de la responsable communication de l'entreprise. Tous la dévisageaient avec gravité. Nathalie était sévère, la responsable com' se pinçait les lèvres et Adrien semblait contrarié et déçu. Mari' fronça les sourcils. Chloé la dépassa, lui donnant un coup d'épaule pas si subtile et vint se placer aux côtés de son petit-ami. Avant qu'elle n'ait pu complétement les rejoindre, Nathalie balança un magasine sur le bureau.
« Explique. »
Ne comprenant pas, elle regarda le bout de papier. Son cœur sursauta. En gros titre, on pouvait clairement lire « Adrien Agreste, le fils prodigue de Gabriel Agreste, sort de l'ombre et reprend l'entreprise familiale » Juste en dessous, en un peu plus petit mais toujours suffisamment gros pour que ce soit lisible de loin : « aux côtés de sa future femme Chloé Bourgeois. ». Une photo d'eux deux illustrait le gros titre.
Quand Marinette releva le regard, clairement choqué que l'information ait été diffusée, elle se retrouva face à quatre regards l'accusant clairement. Elle déglutit.
« Vous croyez que c'est moi ? S'indigna-t-elle.
- N'est-ce pas le journal pour lequel travaille votre meilleure amie ? Demanda Nathalie.
- Qu… quoi ? Si, Alya y travaille. Confirma-t-elle en vérifiant l'info. Mais ce n'est pas elle qui a écrit ça. D'ailleurs, l'article n'est même pas signé. Si c'était elle, elle l'aurait signé.
- Sauf si elle veut tenter de te protéger. Se mêla Chloé.
- Elle a un pseudonyme quand elle publie quelque chose pour lequel elle ne veut pas que son vrai nom soit associé. Donc je sais que ce n'est pas elle. D'ailleurs, comment pourrait-elle l'écrire vu qu'elle ne sait rien du vrai nom d'Adrien ou de son lien avec M. Agreste ? Je ne lui ai rien dit. »
L'air suffisant de Chloé s'intensifia. Elle sortit de son sac à main une enveloppe avec deux photos d'elle et d'Alya déjeunant ensemble le samedi midi. On les voyait penchées l'une vers l'autre, Marinette lui confiant clairement une clé USB.
« Pas besoin de lui dire quand on fournit des preuves solides. »
Marinette pouvait entendre le venin dans la voix de Chloé. Immédiatement, elle comprit que Chloé avait monté cette histoire de toute pièce. Elle devait sans doute être celle qui avait vendu l'info. La question était : pourquoi ? Une colère sourde résonna dans son corps. Mari' lutta pour ne rien laisser paraitre.
« Ce n'est pas moi. Il y avait les maquettes de DJ sur cette clé vu qu'Alya est la petite amie du DJ dont je t'ai parlé Adrien. »
Quand elle regarda son patron, elle vit avec horreur qu'il semblait plutôt renfermé. Son regard était incertain. Mais, en se souvenant du premier regard qu'ils avaient échangé ce matin-là, celui empli de déception et d'un soupçon de colère, Mari' comprit qu'il ne l'a croyait pas à 100%. Et ça faisait mal.
On frappa à la porte. Le silence dans la pièce s'intensifia. Nathalie autorisa la personne à entrer. Nino fit son apparition, tout sourire. Quand il vit la tension dans la pièce, son sourire retomba. Il s'approcha du groupe, s'installant aux côtés de Marinette.
« Je tombe mal peut-être ? »
Mari' lui adressa un regard qui lui brisa le cœur. Il l'a connaissait bien. Très bien même. Et il vit très clairement qu'elle luttait pour ne pas éclater. De colère ? En larmes ? Surement un mélange des deux. Quand il vit Chloé et son attitude méprisable, il sut qu'il s'était passé quelque chose.
« Pas vraiment. Nous avions fini. Mademoiselle Dupain-Cheng, vous êtes virée.
- Quoi ? Cria-t-elle d'indignation. Mais je vous dis que ce n'est pas moi !
- Vous pouvez aller récupérer vos affaires dès maintenant. La comptable a déjà préparé vos papiers pour signature. Je vous prierais de vous y rendre dès que possible. »
Marinette était bouche bée. Nino, quand à lui, dévisagea durement la blonde aux côtés de celle qui venait de parler. Pourquoi ? Il sentit la colère monter en lui. Sans qu'il ne s'en rende compte, Mari' avait tourné les talons, le visage défait et les lèvres serrées pour ne pas craquer. Nino sortit de sa torpeur lorsque la porte se claqua. Il sursauta.
« Désolée pour ce désagrément M. Lahiffe. Je suis Nathalie Sancoeur et voici Adrien Graham. Il supervise les préparatifs du défilé en lieu et place de M. Agreste. Vous avez donc préparé une maquette pour le défilé si ce que m'a dit M. Graham est juste ? »
Ébahi, Nino dévisagea la brune, Nathalie, avant de laisser son regard dérivé sur Adrien, une autre femme à ses côtés qui ramassait le magasine et Chloé. La blonde le regarda de bas en haut, attisant sa colère.
« M. Lahiffe ? »
Il reporta son attention sur Nathalie.
« J'ignore comment tu fais Chloé… Cracha-t-il en regardant de nouveau la blonde. Mais dès que ton chemin croise celui de Marinette, tu as le don de foutre sa vie en l'air. Va te faire soigner ! »
Il tourna les talons et pris la poignée de la porte.
« Ah. Et si les choses ne sont pas assez claires : je ne suis plus intéressé. Trouvez-vous quelqu'un d'autre. »
Il claqua la porte sans un regard en arrière.
oOo
« Non mais quelle garce ! »
Le cri d'Alya attira l'attention des personnes autour d'eux. Mari' grimaça et replongeant son visage dans ses bras, se cognant la tête contre la table.
« Quelle idiote j'ai été ! Je ne sais pas encore comment elle a fait mais je suis persuadée qu'il s'agit d'un coup bas de Chloé. Qu'est-ce que je lui ai fait cette fois ?
- Comme si elle avait besoin d'une excuse pour pourrir la vie de quelqu'un ! Siffla Al'. »
Nino arriva auprès des deux filles avec leur boisson. Marinette le remercia d'un léger sourire, aucune joie dans ses yeux. Il tiqua et s'installa près de sa petite-amie.
« Je suis désolé Mari.
- Pourquoi ? Parce que Chloé n'est autre que Chloé ? Je ne devrais même plus être étonnée.
- Tu aimais ton boulot. Ce n'est pas juste.
- Avec Chloé, rien n'est juste. C'est leur perte. Je trouverais ailleurs.
- Ça c'est ma fille ! Ne jamais se laisser abattre ! »
Marinette grogna et retourna le visage dans ses bras. Elle ne se laissait pas abattre certes, mais elle était fatiguée des drames de fin d'année. D'abord Luka, puis son boulot. Ce serait quoi la suite ? On ne dit jamais deux sans trois, non ?
« Je vais enquêter. Reprit Alya, faisant se redresser Marinette avec suspicion.
- Tu ne feras rien. La prévint-elle. Chloé n'attend que ça pour te descendre aussi.
- Elle s'en prend à ma meilleure amie, encore, et me mêle à l'histoire. Si tu crois que je vais rester les bras croisés…
- Je ne crois rien, je le sais.
- Han han Girl. Refusa-t-elle en secouant un doigt de droite à gauche. Quelqu'un dans mon journal s'est associé à cette sorcière de Chloé. Je compte bien le dénicher et lui faire rétablir ses sources. Elle paiera. Elle a été trop loin cette fois. »
Alya était têtue. Marinette était celle qui le savait le mieux que quiconque. Elle laissa tomber avant même de s'engager dans la bataille verbale avec sa meilleure amie. Si cela pouvait l'aider à la faire dormir… Et peut-être remettre Chloé à sa place, ça ne ferait pas de mal. Elle grogna et retourna dans sa morosité. Nino et Alya se mirent à rire.
« Amis indignes ! Grommela-t-elle. »
oOo
Adrien connaissait la fatigue. Il y était habitué. Mais une fatigue comme celle qu'il connaissait aujourd'hui… c'était inédit. La trahison de Marinette lui restait sur le cœur. Toute la journée, il avait ressassé les idées les unes après les autres. La défense de Marinette, son regard suppliant vers lui. La réaction de Nino. Sa phrase surtout ! Adrien ignorait que Chloé et Marinette se connaissaient. Pourtant, il devait se rendre à l'évidence. Et, autre évidence, elles ne s'aimaient pas. Il avait suffi d'un seul regard sur la blonde pour que Nino se dise que c'était la faute de sa fiancée si Mari' était virée. Avaient-elles un tel passif entre elles ?
Plus la journée passait et plus il avait l'intime conviction que Marinette avait été victime d'un coup monté. Ça ne lui ressemblait pas ! Même au sein de l'entreprise, elle n'avait jamais fait une seule allusion à son vrai nom, à son statut ou à ce qu'il allait devenir. Alors, tout balancer aux médias ? Il n'y croyait pas.
En partant de son bureau, Adrien avait pris la ferme décision de creuser un peu plus. Une petite visite le lendemain au sein du siège du journal ne ferait pas de mal, non ?
Il arriva à l'appartement fatigué mais il savait que la soirée ne ferait rien pour le reposer. Il ouvrit la porte et fut étonné de voir une ambiance feutrée. Il retint un grognement : il n'était pas d'humeur. Lorsqu'il entra dans la cuisine, Chloé était installée sur le plan de travail, les jambes croisées et un mignon petit déshabillé en dentelle noir. Il devait l'admettre, elle était belle. Mais, au fond de lui, une autre femme aux yeux bleus avait commencé à se faire une place dans son cœur. Il se surprit avec cette pensée.
« C'est quoi tout ça ? Demanda-t-il.
- Surprise ? C'est le moins que je puisse faire pour mon futur mari. »
Il se renfrogna intérieurement. Il en voulait toujours à son père d'avoir fait cette déclaration. Certes, il sortait avec Chloé depuis leur adolescence. Mais, à l'époque, c'était uniquement un coup de pub pour son père. Puis, n'ayant réellement personne d'autre et ne voyant pas le mal de laisser les choses continuées, il n'avait jamais démenti la relation quand la pub n'était plus nécessaire. Et puis, ils ne se voyaient que rarement.
Comment les choses avaient-elles démesurément dégénérées ? Il ne voyait pas à quel moment il y avait eu un tel tournant. Sa mère était de son côté, le soutenant quoiqu'il fasse. Il avait hâte qu'elle arrive sur Paris pour passer les fêtes.
« Tu travailles trop Adrichou. Tu dois apprendre à te détendre. »
Trop perdu dans ses pensées, il ne vit pas Chloé descendre du plan de travail. Pourtant, il ne put l'ignorer quand elle plaça ses deux mains sur son torse en lui faisant les yeux doux. Il plaça ses mains sur les siennes pour les repousser, s'apprêtant à lui sortir l'excuse si cliché du « Je suis fatigué, pas ce soir. » quand son regarda attrapa un éclat sur son annulaire. Son sang se figea.
« Où as-tu trouvé cette bague ?
- Oh Adrichou ! Ta mère te l'a envoyé. Je me suis permise de l'accepter sans t'imposer une demande sans doute trop pleine d'émotion. Ma réponse est oui. Bien sûr qu'elle est oui. »
Elle se pencha pour l'embrasser mais Adrien se recula brutalement, comme s'il avait été brûlé. Chloé cligna des yeux et put voir en direct l'expression d'Adrien passé de choqué à en colère. Elle se recula, prenant peur devant son émotion froide.
« Je ne t'ai pas demandé en mariage.
- Mais nous sommes fiancés. Tu m'as déjà demandé en mariage. Se renfrogna-t-elle.
- Ah oui ? Et quand ? Parce que si je me souviens bien, seul mon père a parlé de mariage entre nous. »
Elle recula d'effroi, une main sur le cœur.
« Quoi ? Je ne te suffis plus ?
- Nous n'avons jamais eu de vraie relation.
- Ça ne t'a jamais dérangé que je sache ! Cracha la blonde, ramenant le devant d'un gilet transparent sur sa poitrine. Qu'est-ce qui a changé ? Cette Maritrash n'est pas quelqu'un pour toi.
- Ne parle pas d'elle comme ça. S'énerva-t-il en s'approchant d'elle.
- Sinon quoi ? Regarde la vérité en face Adrichou. Elle n'est plus rien. Elle a perdu cet emploi si prometteur pour sa carrière. Comment crois-tu que vos concurrents vont réagir quand ils apprendront qu'elle est incapable de garder un secret professionnel et qu'elle n'hésitera pas à les balancer aux médias en cas de désaccord ou de pot de vin trop alléchant ?
- Tu t'en es assuré, n'est-ce pas ? C'est toi qui a balancé l'info à ce journal ?
- Tu n'as aucune preuve. Répliqua-t-elle en haussant le visage, hautaine comme jamais avec lui.
- Je les trouverais. Rend-moi cette bague.
- Elle est à moi !
- Non. Elle est à ma mère et pour la femme que je choisirais. Et elle n'est pas toi. Rends la moi tout de suite ! »
Le regard noir qu'il lui lança lui glaça le sang. Chloé avala difficilement sa salive avant de retirer l'anneau et de la placer dans la main tendue de son fiancé. Quand Adrien reprit sa veste et se dirigea vers la sortie, elle paniqua.
« Où vas-tu ?
- Partout où tu n'es pas. »
Elle sortit de son état de choc au son de la porte qui claque. Encore une.
oOo
Adrien appela Marinette plusieurs fois. Et, à chaque fois, il était envoyé directement sur la messagerie. Il comprenait. Il n'avait pas assuré et rien ne l'obligeait à l'écouter si tard le soir. Se dirigeant vers l'hôtel le plus proche, il rechercha l'adresse du siège social du journal ayant publié l'information et la nota sur son application. Ce serait sa première tâche demain matin.
Il envoya un dernier message à Marinette.
« Je suis désolé. Je vais tout arranger. Je te le promets. Viens au défilé. S'il-te-plait. Bonne nuit. »
oOo
Quand il arriva le lendemain au siège du journal, il fut accueilli une rouquine qui lui sauta pratiquement dessus. Reculant d'un pas devant l'hostilité évidente de la jeune femme, il n'eut pas le temps d'esquiver sa prise et fut trop abasourdi pour ne pas la suivre. Quand elle les enferma dans un bureau vide, il reprit pleinement conscience de l'environnement.
« Qu'est-ce que tu fais ici ?
- Euh… salut ?
- Je me répète : qu'est-ce que tu fais ici ?
- Alya c'est ça ? Tilta-t-il. Je suis ici pour découvrir qui est le véritable auteur de l'article. Je suppose que ce n'est pas toi ?
- Bien sûr que non Sunshine. Se redressa Alya, les bras croisés sous la poitrine en le dévisageant. Même si elle me l'avait dit, et je ne dis pas qu'elle l'a fait, je ne l'aurais jamais trahi de la sorte. Elle est ma meilleure amie et je sais que ce boulot c'était sa vie.
- Alors qui l'a écrit ?
- Je ne sais pas encore. Mais je compte bien le découvrir. Et je n'ai pas besoin d'aide. Tu as déjà assez fait de mal en ne la croyant pas. Elle te prenait pour son ami…
- Je suis son ami.
- Tu en es sûr ? Parce qu'un ami ne remet pas en doute les paroles d'un de ses amis. »
Il détestait l'admettre, mais elle avait raison. Il grimaça et s'appuya contre le mur derrière lui. Il avait merdé. Mais l'idée de perdre Marinette l'insupportait.
« Je ne veux pas la perdre. Avoua-t-il après quelques instants. Je ne peux pas la perdre.
- Pourquoi ? Tu ne l'as connais pas.
- Un peu, si. Et j'adore passer du temps avec elle. Plus j'apprends à la connaitre et plus je…
- Et plus quoi ? Plus tu tombes amoureux d'elle ? »
Adrien ne put empêcher ses yeux de s'écarquiller légèrement. Si son idée principale était de le nier en bloc, il se retrouva dans l'impossibilité de le faire. En y réfléchissant, il trouvait ces mots plutôt justes même… Et cela l'effrayait.
« Je ne sais pas. Reprit-il devant l'air inquisiteur de la journaliste.
- Je crois au contraire que tu le sais. Mais tu ne te l'avoue pas encore. Et, connaissant Mari, je crois qu'elle est dans le même cas que toi. Tu ne peux pas nier que vous avez été attiré comme deux aimants la première fois que vous vous êtes vus.
- Je ne crois pas au coup de foudre.
- Et bien tu devrais Sunshine. »
Ils échangèrent un regard lourd de sens. En entendant que Marinette pourrait peut-être éprouver la même chose que lui, bien qu'il ne l'admette pas complètement encore, son cœur s'était accéléré et une chaleur nouvelle s'était répandue dans son corps. Il se sentait soulagé, léger, le prenant au dépourvu. Il était bien. Heureux.
« Laisse-moi gérer cette histoire ici.
- Je veux aider !
- Excuse-toi déjà auprès de Mari et je reviendrais vers toi quand je saurais de qui il s'agit. Alors, tu pourras m'aider pour dénoncer le vrai coupable et redonner le crédit et la place de Marinette au sein de ton entreprise. Ça te va ? Lui demanda-t-elle en lui tendant la main.
- Ça me va. Accepta-t-il. Voilà mon numéro. Appelle-moi au moindre problème. Avoir un nom tel que le mien peut débloquer quelques portes.
- Ne t'inquiète pas. Mon nom aussi peut ouvrir quelques portes. »
Elle lui fit un clin d'œil et le quitta pour retourner au travail.
oOo
La dernière semaine de préparation a été un désastre ambulant. Adrien était épuisé, mentalement et physiquement. Il n'était pas retourné à l'appartement, poussant le vice jusqu'à envoyer Nathalie récupérer des affaires. Autant dire que son père avait été mis au courant et qu'il n'avait pas du tout apprécié. Absolument pas. Et Adrien avait presque craint d'avoir déclenché une crise cardiaque quand il l'avait appris.
Rien que le souvenir de la discussion qui avait suivi pouvait faire souffrir les oreilles du jeune PDG. Mais, quand Adrien avait cédé et dit à son père ce qu'il pensait clairement de son engagement avec Chloé, il avait été libéré et récompensé par un abandon de la part de son père. Victoire ! Tout ce que Gabriel avait exigé était qu'il soit prudent envers son futur engagement et qu'il devait bien choisir. Adrien sourit en se souvenant de ce qu'il avait osé demander.
« Et si ce quelqu'un est une personne telle que Marinette ?
- Mademoiselle Dupain-Cheng ? Voulu confirmer Gabriel.
- Hypothétiquement.
- Tant que tu ne la fait pas fuir de mon entreprise… Un talent tel que le sien est indispensable. Et je suis sûr qu'elle serait un excellent conseillé pour toi plus tard. Alors, hypothétiquement, une personne telle que Mademoiselle Dupain-Cheng aurait toute sa place dans la famille. Aurais-tu quelque chose à me dire, fils ? »
Autant dire qu'Adrien avait été choqué d'entendre de la taquinerie dans son ton. Qu'était devenu l'homme froid et distant qu'avait été son père tout au long de sa vie ? Plus le temps passait et plus il ressemblait à l'homme que lui décrivait sa mère. C'était effrayant. Mais ce n'était pas le premier changement qu'il avait observé, loin de là. Toutes ses convictions sur son père s'effondraient une à une depuis quelques semaines.
Nathalie n'avait rien laissé fuiter quant au renvoi de Marinette. Avec le recul, il comprit ses raisons. Marinette était la protégée de son père et savoir qu'elle était renvoyée, injustement même si Nathalie ne le savait pas encore, aurait été sans doute dangereux pour l'état de son père. Il était peut-être encore faible, mais sa colère aurait été trop importante pour qu'il puisse se la permettre pour le moment. Alors, c'était le silence radio. Il fallait l'avouer, Nathalie était douée pour lui cacher un pavé si gros dans une si petite mare.
Bref. Cette dernière semaine avait été horrible. Adrien avait du tout gérer. Trouver un nouveau DJ. Encadrer, alors qu'il n'avait aucune compétence, l'équipe de conception aux côtés de Madame Beaubois. Le scandale de son identité réelle lui avait explosé à la figure et, sans le soutien sans faille de la doyenne, il ne sait pas s'il aurait survécu. Il lui en serait éternellement reconnaissant. D'autant plus qu'elle le faisait de mauvaise foi, n'ayant pas digéré le renvoi de Marinette. Quand il lui avait indiqué qu'il faisait tout pour rétablir cette injustice, elle s'était calmée.
Dans moins d'une heure, le défilé commencerait. Gabriel devait se déplacer en personne, ce qui inquiétait un peu son fils. Il était encore fatigué. Mais il avait insisté pour être présent. Alors, il découvrirait que sa protégée ne faisait, pour le moment, plus partie de ses employées. Avec un peu de chance, Adrien pourrait se rattraper avant. Ses mains étaient moites tellement il anticipait le rendez-vous. Il lui avait fallu une semaine complète pour convaincre Marinette de venir. Et, il n'était pas fou, elle avait accepté uniquement parce que Alya l'avait soutenu. Il savait que la rouquine avait fait un travail remarquable pour atténuer la colère de la franco-chinoise à son égard. Mais il ne savait pas encore jusqu'où elle avait rendu le miracle possible.
Alors, quand il l'a vit arriver avec un léger sourire, son cœur manqua un battement. Elle était belle. Indéniablement. Il était idiot de ne pas se l'être admis plus tôt. Peut-être que c'était cette foutue barrière patron-employée qui l'avait freiné inconsciemment. Mais, après avoir passé une semaine sans elle, à songer à sa conversation avec Alya et après avoir manqué si cruellement sa présence, ce statut de patron-employée ne l'inquiétait plus. Ce n'était certainement pas ça qui l'empêcherait de s'épanouir dans une relation. Parce qu'il en était sûr, ce n'était pas avec Chloé que ça fonctionnerait. Ni aucune autre. Il était peut-être novice dans ce type de sentiment réel, mais il voulait essayer de faire quelque chose avec elle. Et, comme son père avait donné son accord hypothétique… Pourquoi se priver ?
« Salut. Salua-t-il avec un sourire timide.
- Bonjour.
- Okay, ça commence bien Agreste. Songea-t-il. Hum… comment vas-tu ?
- Moins fatiguée que toi visiblement. Taquina-t-elle.
- Ça a été horrible. Concéda-t-il, laissant échapper un souffle de soulagement. Je suis heureux de savoir que d'ici quelques heures, tout cela sera derrière nous.
- Nous ? Sourcilla la jeune femme, accentuant le sourire du blond.
- Je suis sincèrement désolé pour toute cette… chose autour du scandale. Railla-t-il en faisant des gestes circulaires avec ses mains entre eux deux. J'aurais dû te soutenir dès le début mais j'avais besoin de preuves.
- Le mal est déjà fait Adrien. Se renfrogna la brunette, son regard s'éteignant un peu.
- J'ai promis de tout arranger.
- Je ne vois pas ce que tu pourrais faire.
- Laisse-moi te surprendre. »
Le ton taquin déstabilisa Marinette un instant. En plongeant son regard dans le sien, elle y vit un sentiment qu'elle ne pensait pas revoir dans ses yeux verdoyants : du désir. Son souffle se bloqua et, instantanément, elle se retrouva quelques semaines plus tôt, dans cette boite de nuit où elle l'avait rencontré pour la première fois. Quelque chose se réveilla en elle. Quelque chose de primitif. Une envie inassouvie depuis.
Mal à l'aise, elle se racla la gorge.
« Tiens. Continua Adrien en lui tendant un billet. C'est une place pour le premier rang. J'aimerais que tu y sois. C'est important.
- Important ?
- Important. Promets-moi s'il te plait.
- Euh… okay, j'y serais.
- Parfait. Je dois y aller. Je te retrouve plus tard. »
Avant qu'elle n'ait pu amorcer le moindre geste, Adrien s'empara de ses lèvres tendrement dans un excès de courage et d'audace. Elle aurait pu s'éloigner. Mais son corps, toujours ce même traitre, se contra au sien, en réclamant plus. Lorsqu'il s'éloigna, elle retint un gémissement.
« Reprends-toi Marinette. Se réprimanda-t-elle.
- A tout à l'heure. Confirma-t-il en remettant une mèche derrière son oreille, déclenchant un frisson. »
Elle fut incapable de répondre, trop abasourdie. Quand il quitta son champ de vision, elle se frappa la tête contre le mur le plus proche, se faisant des reproches à voix basse. Tout ceux autour la prirent pour une folle. Honteuse et rougissante, elle quitta la pièce en maugréant encore. Cet homme allait la tuer !
Le défilé était un régal pour ses yeux. Certes, elle avait participé à la confection et au développement de chaque tenue. Mais voir le rendu final, en mouvement, rendait les dessins bien plus impressionnants. Elle était fière du travail qu'elle avait accompli avec son équipe. Une boule se forma dans sa gorge et son regard perdit un peu de son éclat quand elle se prit violemment en pleine face qu'elle ne pourrait plus le faire. Du moins, pas pour eux.
Déception. Frustration.
Elle ravala ses larmes et se leva, comme tout le monde, pour applaudir quand l'ensemble des mannequins refirent un tour de piste. Ils s'arrêtèrent juste avant de retourner dans les coulisses et applaudirent à leur tour l'entrée de M. Agreste accompagné de Nathalie et d'Adrien. Chloé se tenait en retrait, agitant sa main comme une reine et un sourire aussi faux que ses cils sur ses lèvres. Son père était à ses côtés, lui tenant le bras sans doute pour qu'elle ne tombe pas de ses talons ridiculement hauts. Mme Beaubois était également présente. Elle repéra Marinette dans la foule et lui fit un clin d'œil avec un sourire.
Nouveau sentiment : confusion.
Mari' fronça les sourcils avant de reporter son attention sur son mentor, ignorant totalement la blonde qui passait après le premier quatuor. Il semblait fatigué. Dès qu'il s'arrêta sur le devant de la scène, les journalistes passèrent à l'attaque.
« M. Agreste ? Qu'avez-vous à dire sur la soudaine venue de votre fils dans l'entreprise ?
- M. Agreste ? Pourquoi n'avoir jamais parlé de votre fils en France ?
- M. Agreste ? Quels sont vos projets pour l'avenir ?
- M. Agreste ? Est-ce vrai que vous allez vous marier à Chloé Bourgeois ? »
Le flot de question était suffocant. Seule Madame Beaubois semblait perturbée. Les deux Agrestes et leur assistante restaient stoïques. Père et fils s'échangèrent un regard, un hochement de tête et Adrien fit un pas en avant pour prendre la parole.
« Je crois qu'en réalité que toutes ces questions me sont directement posées, et non à mon Père. Mais avant de répondre à ces questions, j'aimerais inviter Mademoiselle Dupain-Cheng à nous rejoindre sur le podium. Elle est l'une des principales créatrices de cette ligne d'hiver et elle mérite sa place à nos côtés. Marinette ? Rejoins-nous s'il te plait. »
Chloé la fusilla du regard et retint un hurlement lorsque Gabriel se racla plus ou moins discrètement la gorge à côté d'elle. Après avoir eu l'approbation silencieuse de Madame Beaubois, de M. Agreste et de Mme Sancoeur, Marinette s'avança timidement. Elle s'empara de la main tendue d'Adrien, le questionnant par le regard. Il se contenta de lui faire un clin d'œil et de lui sourire. Quand elle fut enfin face à toute l'assemblée, il ne lui lâcha pas la main et reprit la parole avec assurance.
Dieu qu'il était beau ainsi !
« Ma vie s'est principalement déroulée en Amérique, où j'étais relativement connu comme mannequin travaillant pour l'entreprise de mon père. Oui, je porte le nom de famille de ma mère mais pas que. Donc, si mon père n'a pas jugé nécessaire de parler de moi en France, il n'a cependant jamais rien fait pour me cacher pleinement. Quelques renseignements sur ses sociétés en Amérique vous aurait appris mon existence.
Ma venue soudaine en France n'a rien de soudain. C'était quelque chose de prévu depuis longtemps mais des évènements récents ont juste accélérer le processus. Comme vous l'avez si bien soulevé, je n'étais pas connu ici. Pour avoir plus de fiabilité auprès de mes futurs collaborateurs et employés, j'ai demandé à mon père si je pouvais m'immerger discrètement dans l'entreprise avant que je sois nommé à la tête de l'entreprise. »
Les flashes fusèrent et les intérêts des journalistes étaient exacerbés. D'un regard typiquement Nathaliesque, l'assistance de M. Agreste tua dans l'œuf toutes les questions qui allaient fuser. Chapeau bas !
« Car oui, continua Adrien, je vais reprendre officiellement l'entreprise de mon père dès le 1er Janvier. Il sera encore un actionnaire conséquent de l'entreprise mais j'en posséderais plus de la moitié. Il est temps de profiter de la vie autrement. Sourit-il en regardant son père qui hocha la tête en signe d'accord.
Quant à mon mariage avec Chloé Bourgeois… »
Marinette était mal à l'aise. Son cœur se serra. Il osait parler du mariage alors qu'il l'avait embrassé quelques heures plus tôt ? Sans rien lui demander ! Elle tenta de retirer sa main de la sienne mais il resserra son emprise. Elle serra les dents alors que Chloé venait se placer aux côtés d'Adrien avec un regard et un sourire mielleux. Mari' sentait qu'elle allait vomir !
« Il est vrai que mon père avait annoncé nos fiançailles lorsque j'étais en Amérique. Et, à l'époque, ne croisant que très rarement ma soit disant fiancée, je n'ai pas jugé bon de le nier ou de m'y opposer bien que je sache pertinemment qu'elle n'était pas la femme de ma vie.
- Etes-vous en train de dire que vous rompez vos fiançailles ? Demanda une journaliste rousse qu'il reconnut après coup comme Alya. Vous allez devenir le célibataire le plus hot du marché. Etes-vous prêt à l'assumer ? S'amusa-t-elle, faisant sourire Adrien qui ne put retenir un éclat de rire avant de se reprendre.
- Je dis bien que mes fiançailles avec Miss Bourgeois sont annulées.
- QUOI ? Adrichou…
- Mais je ne serais pas célibataire. Du moins, je l'espère. »
Il se tourna pleinement vers Marinette, ignorant royalement Chloé qui gesticulait derrière lui et qui commençait à faire glisser de fausses larmes de crocodiles sur ses joues.
« Il se trouve que Mademoiselle Dupain-Cheng ici présente à sut capturer mon cœur avec une facilité déconcertante. Sourit-il doucement en déposant un léger baiser sur sa main, déclenchant une forte rougeur chez Mari'.
- Comment peux-tu me faire ça Adrichou ? Elle t'a trahi en te vendant aux médias !
- Faux ! S'énerva-t-il, toute sympathie quittant son visage quand il se tourna vers la blonde. Tu es celle qui a vendu l'information qui devait rester secrète jusqu'au Nouvel An aux journalistes. Tu as fait en sorte que Marinette soit incriminée, n'hésitant pas à inclure sa meilleure amie dans ton mensonge. Et ne nie pas, nous avons retrouvé le véritable journaliste qui a écrit cet article et il a su te reconnaitre pour te désigner comme étant sa source. On se connait depuis longtemps Chloé, continua-t-il en s'approchant d'elle et en l'obligeant presque à reculer devant son ton glacial, mais jamais je ne t'aurais prise pour une personne mesquine et méchante. »
Elle hoqueta et partit en courant, les larmes coulant pour de bon sur son visage ravagé. Elle aurait été une autre personne, Marinette se serait sentit mal pour elle. Mais c'était Chloé. Et le jour où elle se sentirait mal pour Chloé n'était pas encore arrivé. Marinette retint son souffle quand Adrien se tourna de nouveau vers elle, toute l'adoration qu'il éprouvait pour elle gravée sur ses traits. Les flashes reprirent vie.
« J'aurais dû te soutenir depuis le début, sans douter une seule seconde de toi. Reprit-il doucement, les enfermant dans une bulle. J'espère que tu pourras me pardonner pour cet écart. Ton poste chez nous est resté au chaud pour que tu puisses reprendre ta place. Tu la mérite largement. S'il te plait, dis-moi que tu reviens chez nous. Je ne me le pardonnerais jamais et mon père serait capable de me scalper sur place. »
Mari' éclata de rire et hocha timidement la tête pour accepter. Adrien se rapprocha encore plus d'elle, pris ses deux mains au creux des siennes.
« Je ne sais pas si je pourrais me contenter d'une relation strictement professionnelle cependant. Je me sens irrémédiablement attiré par toi. Je sais que nous formons une bonne équipe pour l'entreprise et j'espère que tu acceptes de faire également équipe avec moi dans la vie. Mais si tu ne le veux pas, je prendrais mes distances et resterait totalement professionnel. Dis-moi Mari, est-ce que tu veux ? Murmura-t-il doucement. »
Elle ne savait plus comment parler. Son cœur tambourinait jusque dans ses oreilles. Le rouge semblait être sa nouvelle couleur officielle de visage. Elle avala difficilement sa salive et sentit les larmes monter aux yeux. Elle l'aimait. Contre toute logique, contre tout bon sens, elle l'aimait. Ne se faisant pas confiance, elle fit un micro mouvement de tête. Le sourire grandissant d'Adrien lui indiqua qu'il l'avait vu et qu'il avait compris sa réponse. Le blond fouilla dans sa poche et en sortie un anneau. Marinette haleta et sentit ses jambes fléchirent.
Encore plus des flashes.
« Ce n'est pas une demande en mariage. Pas encore. Parce qu'il nous faut du temps pour apprendre à nous connaitre dans cette nouvelle relation. Alors, cet anneau représente une promesse. La promesse que je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour que tout fonctionne, pour t'aimer et te chérir suffisamment pour que tu acceptes sans hésitation ma demande en mariage quand je la ferais. Veux-tu être ma petite amie ? Supplia-t-il presque, rompant les derniers barrages de ses yeux et laissant libre court à ses larmes de joie.
- Oh mon Dieu ça recommence. Se moqua Alya devant le silence de sa meilleure amie. Dans cet état, elle va se mettre à bafouiller, bégayer pour essayer de te dire un grand oui.
- Alya ! S'insurgea, gênée, Marinette en sortant de sa torpeur et en fusillant sa soit disant meilleure amie du regard.
- Quoi ? C'est vrai, non ? Et puis, ça fera une belle anecdote à raconter à votre mariage….
- ALYA !
- Ou à vos enfants.
- ALYA ! Je vais te tuer ! »
Alors qu'elle allait sauter du podium pour s'en prendre à sa meilleure amie pour la honte qu'elle lui faisait, Adrien resserra l'emprise sur ses mains et attira de nouveau son regard.
« J'aimerais bien profiter d'un baiser de ma petite amie avant qu'elle ne finisse en prison pour meurtre. Se moqua-t-il, faisant fondre son cœur.
- Tu pourras en profiter de plus. Chuchota-t-elle en s'approchant. »
Sans plus attendre, elle se dressa sur la pointe des pieds et l'embrasse enfin.
Son cœur explosa au même moment que les flashes se déchainaient et que les applaudissements et sifflements – sérieusement Alya, tu es morte et enterrée – déchiraient l'air ambiant. Quand ils se reculèrent, ils se sourirent comme deux idiots amoureux. Alya rajouta une couche.
« Merci pour la sauvegarde Sunshine. Rit-elle alors qu'Adrien lui adressait un clin d'œil complice tout en passant son bras autour de sa la taille de sa petite-amie. »
oOo
« Je ne suis pas disponible pour le moment. Je vous rappellerais dès que possible… Si ma meilleure amie ne m'a pas encore tuer. Restez connecté ! »
