L'Homme qui l'aimait
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J'emprunte les personnages de Zorro de la série Disney, seul Flavio Valdez m'appartient.
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Prologue
Diego buvait une limonade, alors que le soleil brulant de Californie s'abattait sur la ville de Los Angeles. Il y avait longtemps qu'il n'avait pas eu un temps aussi paisible, où le pueblo était calme sans la présence d'un magistrat ou d'un commandant qui cherchait le pouvoir. Assis sur un banc, à l'ombre, sur la terrasse de la posada, le jeune Californien profitait de cette journée, où il n'avait pas à se soucier des problèmes qu'il avait pu rencontrer depuis son retour sur ces terres natales. Il avait eu affaire à Monastario, puis à l'organisation de l'Aigle, maintenant, il aimerait bien souffler un peu et ne penser qu'à lui.
Depuis quelques semaines, l'affaire de l'Aigle avait rendu les villageois très méfiants, envers le prochain commandant. Mais le vice-roi leur avait assuré qu'il avait envoyé un commandant provenant d'Espagne, originaire de Madrid. Don Esteban Salazar avait écrit à Diego que ce militaire était un ami à lui et qu'il avait toute sa confiance. Diego espérait qu'il avait raison, il aurait bien aimé que le Capitaine Toledano revienne, mais ce dernier avait décidé de retourner en Espagne, car sa femme avait insisté quitter la Californie. Au fond, c'était la meilleure chose à faire, pour celle qui avait failli mettre à mort son mari en conspirant avec l'Aigle.
« -Diego, fils. »
Le jeune homme releva les yeux vers celui qui venait de l'interpeller. Don Alejandro venait vers lui et s'installa en face de lui, l'air à la fois inquiet et détendu, cependant.
« -Buenas Tarde, père, salua Diego en souriant.
-Mon fils, je dois te dire que je suis soucieux, fit le vieil homme, je sais que le Vice-roi est un homme très bien et qui dispose d'un bon jugement, mais je crains que cela ne se termine comme avec les autres commandants qu'on a pu avoir avant le Capitaine Toledano…A croire que les bons hommes sont rares en ce monde…
-Faisons confiance au vice-roi, père, et dans le pire des cas, si nous tombons sur une mauvaise graine, nous savons tous comment les autres ont fini, je ne vois pas pourquoi il y aurait une exception. »
Bien évidemment, Diego faisait une référence subtile à Zorro. Ce renard qui ne sort que la nuit, qui a déjoué de nombreux plans, qui a sauvé le pueblo, qui défend les plus pauvres et qui se bat pour la liberté. Personne, à part le serviteur muet, Bernardo, ne savait qui était vraiment ce hors-la-loi.
« -Si tu veux parler de Zorro, je pense qu'un jour, il va disparaître et dans ce cas-là, que ferons-nous ? Marmonna Alejandro agacé.
Diego voyait bien que son père admirait secrètement Zorro, mais en même temps, il avait aussi son honneur à tenir, s'accrocher à un bandit inconnu pour assurer la survie de tous, était un peu lâche. C'est d'ailleurs pour cela, que Zorro s'était mis en retrait lors du combat contre l'Aigle, même si sa présence avait été remarquée.
-Je pense que vous n'avez pas à vous en faire, père, dit Diego d'un ton amusé, je suis certain que tout se passera bien.
-J'aurai aimé avoir ton insouciance, mon fils.
-Buvez un verre avec moi, cette limonade est très rafraichissante, surtout sous cette chaleur.
-Non merci, fils, l'alcade veut que je l'aide pour les derniers préparatifs. L'arrivée de ce nouveau commandant sera pour demain, et il veut que tout soit parfait. »
Son père repartit en lui faisant un signe de la main, Diego fit de même, puis soupira, car lui aussi partageait les inquiétudes de son père. Il priait pour que Zorro puisse prendre des vacances bien mérités.
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Le lendemain matin
Diego chevauchait tranquillement en direction du pueblo, seul. Il avait demandé à Bernardo d'aller à l'avant avec son père. Ce dernier souhaitait diriger les derniers préparatifs pour la fête en l'honneur du nouveau commandant et avait sommé à Diego de l'accompagner, mais n'ayant aucune envie de participer à cela, il avait proposé à ce que Bernardo le remplace. Don Alejandro l'avait toisé durement avant de céder à son fils.
En réalité, très tôt ce matin, Diego avait reçu une lettre du vice-roi. Il avait été surpris de la recevoir le jour même où on accueillait le militaire en chef du pueblo. Mais quand il ouvrit, pour la première fois de sa vie, il avait paniqué, il faillit tomber si Bernardo n'avait pas été là pour le saisir. Jusqu'à ce matin, il ignorait le nom de cet homme qui allait les rejoindre, il n'avait pas forcément cherché à le savoir espérant seulement qu'il soit juste, peu importe son nom. Cependant, s'il l'avait su plus tôt, il aurait réfléchi plus longuement. Car le nom ne lui était pas inconnu, au contraire.
Trottant d'une lenteur mortelle, il n'avait aucune envie de se rendre à Los Angeles, souhaitant fuir ce village le plus loin possible. Il avait l'impression d'être condamné à mort ou bien qu'il allait dévoiler l'identité de Zorro.
Oui, il le connaissait, il connaissait l'homme qui allait prendre la place que nombreux militaires convoitaient. Son nom était Flavio Valdez. Un Espagnol pur souche qui avait étudié à l'Académie Militaire de Madrid, de la même promotion que Diego. Non seulement, il connaissait Diego mais en plus, il savait qu'il était bon escrimeur. Mais, jamais, le jeune de la Vega avait cru qu'un jour, Flavio Valdez allait devenir un militaire qui allait gravir les échelons pour devenir le commandant du village dans lequel il vivait !
N'ayant aucune envie d'arriver à Los Angeles aussi vite, Diego arrêta son cheval et se posa un temps sous un arbre, à l'abri du soleil, laissant son cheval brouter l'herbe. Il s'allongea, les mains derrière la tête, le chapeau cachant ses yeux, tentant de réfléchir à ce qu'il pourrait faire pour que Flavio Valdez ne soupçonne pas la véritable identité de Zorro, qui n'était pas un inconnu dans la région.
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« -Alors, il parait que tu as gagné encore un duel, Diego ?
-C'était un jeu d'enfant.
-Je t'envie d'être aussi doué à l'escrime.
-Si tu veux, je peux t'enseigner, c'est plutôt facile.
-Tu te moques de moi ?
-Pas du tout.
- On n'a pas tous ton talent, Diego de la Vega.
-Tu verras, tu finiras par me battre un jour, Flavio. »
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« -Eh bien, je m'attendais pas à te voir ici, Diego de la Vega. »
Le jeune homme sursauta et se redressa vivement en entendant cette voix familière, il avait fini par s'endormir sans le vouloir. Il leva la tête et dut cligner des yeux pour s'habituer à la soudaine lumière du soleil qui l'éblouissait.
Un homme en tenue de militaire avec des insignes désignant son grade élevé, se tenait en face de lui, debout, le sourire aux lèvres. Sa chevelure brune bien coiffé, était cachée derrière son chapeau noir. Contrairement à Diego, il n'avait pas de moustaches mais assez étonnement, il avait l'air beaucoup plus mature que lui. D'ailleurs, le jeune Californien prit un temps à reconnaître l'étranger.
Décidément, la providence était contre Diego, il fallait que celui qui vienne le surprendre, soit la dernière personne que Diego voulait voir à cet instant : Flavio Valdez, fraîchement nommé commandant du pueblo de Los Angeles.
« -Alors, on ne salue pas son meilleur ami ? »
