Pour Rei, être mère avait toujours eu du sens. Déjà toute petite, elle s'imaginait avec une ribambelle de gamins, pour qui elle représenterait un phare, un modèle.
Il lui avait fallu longtemps, depuis sa chambre d'hôpital, pour pardonner à Enji d'avoir transformé ce rêve en cauchemar. Pour ne plus voir dans ses petits le reflet de son bourreau. Mais d'autant qu'elle avait voulu le détester, elle n'y était jamais parvenue, car c'était grâce à lui aussi qu'ils existaient.
Touya. Natsuo. Fuyumi. Shouto.
Eux, chair de sa chair, chair faible, chair meurtrie. Si elle pouvait tout recommencer, elle ne changerait rien.
