Bonjour à tous

Alors, non je n'ai pas répondu au reviews, et oui je suis terriblement désolé. J'ai tout lu et beaucoup apprécié vos commentaires. Je n'ai pas eu beaucoup de temps cette semaine, c'est tout.

D'ailleurs, je n'ai absolument pas avancé dans l'écriture du prochain chapitre ...

Par contre, celui-là devrait vous faire plaisir :D


I remember walking in the cold of November
Hoping that I make it to the end of December
27 years and the end of my mind
But holding to the thought of another time
But looking to the ways at the ones before me
Looking for the path of the young and lonely
I don't want to hear about what to do

Hello, hello
Let me tell you what it's like to be a zero, zero
I'm looking for a way out

Imagine dragon – Zero.

L'état de calme et plénitude absolue dans lequel se trouvait la chambre de Clarke fut brisé par la sonnerie de son réveil. La jeune femme avait toujours eu du mal à se réveiller, alors pour être sûr de ne pas éteindre l'alarme et se rendormir aussitôt, elle utilisait cette méthode de torture qui consistait à poser son téléphone loin d'elle pour être sûre de se lever afin de l'éteindre.

La blonde souffla, posa un pied au sol tout en protestant, et se leva chercher l'appareil tortionnaire qui venait de briser son sommeil. L'écran affichait 8h15. Pour un samedi matin, c'était beaucoup trop tôt, surtout sachant qu'il ne lui restait qu'une seule matinée avant de reprendre le travail.

Rapidement, elle scanna son écran pour voir le titre des notifications qui s'affichaient. Le frère et la sœur Blake n'avaient pas arrêté de lui envoyer des messages depuis son départ, hier soir, de la soirée jeu avec Lexa. Elle souffla et rangea son téléphone dans sa poche arrière, elle s'occuperait de ça après son café. Clarke attrapa son kimono accroché derrière la porte et sortit en traînant des pieds. Volontairement, elle descendit les escaliers à pas lourd afin de préparer son arrivée. Elle s'arrêta devant la porte de la chambre de sa sœur et frappa doucement. Dormir était une religion dans la famille. Être une ado de 16 ans n'aidait pas Madi à être matinale non plus. N'ayant pas de réponse, elle ouvrit doucement la porte.

- Mads debout ! lâcha-t-elle avant de rejoindre la cuisine.

Clarke alluma la machine à café et sortit deux mugs. L'un de ses plus grands échecs comme grande sœur prenant soin de sa petite sœur avait été de ne pas réussir à contenir l'addiction de Madi au café. La jeune fille avait commencé plus jeune qu'il ne le faudrait et, à l'image de Clarke, en buvait beaucoup trop dans la journée.

Alors que la machine se mettait en route, Clarke sortit de la maison ramasser le journal et le courrier. Elle regarda rapidement les lettres soupirant en remarquant le nombre de factures. Madi allait être contente, une enveloppe jaune provenant du Yémen venait d'arriver. Bien qu'elles essayaient de se parler le plus souvent possible, Madi et sa mère avaient commencé à s'écrire des lettres lors du premier voyage à l'étranger d'Abby. Quatre ans plus tard, elles avaient gardé leur habitude. C'était leur tradition à toutes les deux.

Clarke posa le courrier sur l'ilot central de la cuisine et remplie les deux tasses de l'or noir. Elle but sa première gorgée avant de repartir voir sa sœur.

- Madi, tu m'as demandé de te réveiller à 8H15, il est 22, lâcha-t-elle en posant l'une des tasses de café sur la table de chevet de sa sœur.

- J'arrive… marmonna l'adolescente.

Clarke ne fut pas surprise de ne pas voir sa petite sœur les vingt minutes qui suivirent. Elle avait l'habitude de déjeuner seule avant de voir Madi sortir de sa chambre, prête à affronter la journée, littéralement 2 minutes avant de devoir partir, peu importe l'heure à laquelle elle devait être prête. Et par on ne sait quel miracle, elle n'était jamais en retard.

Clarke profita de ses quelques minutes de calme pour scanner ses notifications. Elle sourit en voyant les messages d'O'.

[00.12] O'Blake

Courir après sa future femme, qu'elle preuve d'amour Clarkie.

[00.13] O'Blake

Excuse-toi auprès de notre star locale pour moi.

[08.00] O'Blake

Toujours avec elle ;p ?

[08.36] O'Blake

Est-ce que je vais être tata ? Vous avez passé la nuit à faire des bébés ? C'est pour ça que tu ne réponds pas ?

[08.43] O'Blake.

Griffin ! Ma réunion commence dans 10 minutes, j'ai besoin de détails !

Clarke déverrouilla son téléphone et se dépêcha de répondre à son ennuyante amie.

[08.44] Griffie

Combien de fois je vais devoir te le dire, Lex' et moi c'est de l'histoire ancienne.

[08.44] O'Blake

Ahahah…Une fois de plus apparemment.

[08.44] O'Blake

Il ne s'est vraiment rien passé ?

[08.45] Griffie

Nop. On est amie avant tout. La terminale c'était il y a des années. Et puis… Elle est mariée.

[08.45] O'Blake.

Je n'ai vu ni bague, ni femme…

[08.45] Griffie

Va bosser ! Je dois rejoindre ma meilleure amie, ta femme, pour un brunch soon.

[08.46] O'Blake

Comment ça ta meilleure amie ?

[08.46] O'Blake

C'est moi ta meilleure amie !

[08.46] O'Blake

Clarke ?!

[08.47] O'Blake

Clarke !

Clarke se servit une deuxième tasse de café en faisant le tour de ses réseaux sociaux. Rien d'intéressant. Elle évita volontairement les messages de Bellamy, il était encore trop tôt pour gérer ce problème.

- Le coach t'as dit pourquoi on devait la rejoindre un samedi matin ? demanda Madi en sortant de sa chambre pour se servir une deuxième tasse de café.

- C'est ton coach, répondit Clarke.

- Mais c'est toi qui as passé la soirée avec elle, et qui la connait.

- Honnêtement, on n'a pas parlé de foot. On n'a même pas parlé beaucoup.

- Ça doit lui faire bizarre d'être revenue.

- Probablement… Mais pour quelqu'un comme moi qui connait la Lexa qui n'était pas une super star, c'est moins choquant.

- Je n'en reviens toujours pas que tu connaisses Lexa Woods et que tu me l'aies jamais dit !

- Je suis sûre de te l'avoir dit, insista Clarke.

- Je m'en souviendrais !

- Tu ne vas pas être en retard ?

- Oh Merde !

Clarke sourit en voyant sa petite sœur finir d'une traite sa tasse de café et se dépêcher de ramasser ses affaires. Alors qu'elle était prête à sortir, elle vit l'adolescente faire demi-tour pour venir l'embrasser rapidement sur la joue et ramasser sa lettre posée devant elle.

- Au port à 17h ? demanda la jeune fille.

- Bonne journée ! se contenta de répondre Clarke.

Revenir à la maison juste après avoir été diplômé n'avait jamais été dans les plans de Clarke. Quand son père été mort, elle était d'abord rentrée pour être auprès de sa mère et sa sœur, pour qu'ensemble, elles guérissent de cette perte. Très vite, Clarke comprit qu'elle aurait un rôle plus important encore. Madi avait tout juste 11 ans, Abby était dévastée. Malgré ses efforts, elle n'était plus en état de s'occuper de sa famille. Clarke avait pris les choses en main. Elle faisait en sorte que sa sœur ne soit pas en retard à l'école le matin lorsque sa mère oubliait de se lever. Elle payait les factures, faisait les courses, préparait à manger, l'aidait à faire ses devoirs. Sa mère avait besoin de temps et de calme pour se remettre de la perte de l'homme de sa vie. Clarke avait été forte pour toutes les trois. Les semaines s'étaient transformées en mois, et Abby n'allait pas beaucoup mieux. Même si elle faisait des efforts, vivre dans la maison qu'ils avaient partagés si longtemps était une véritable torture. Voir leurs amis, leurs familles sans lui n'avait aucun sens. Alors qu'en l'occasion se présenta, Clarke poussa sa mère à accepter l'offre de diriger une séance de quatre mois avec les médecins sans frontières. Abby avait toujours parlé de sa jeunesse et au combien l'association lui manquait. C'était il y a presque quatre ans. Depuis, leur mère était rentrée plusieurs fois, mais le besoin de repartir en mission était toujours plus fort. Clarke l'avait soutenue. Elle voyait bien qu'en restant elle ne serait jamais totalement heureuse. L'offre de Polis High pour être le nouveau professeur d'art tombait à point. Elle avait obtenu le travail et réaménagé dans sa maison d'enfance pour devenir le tuteur de Madi lorsque sa mère était en mission, 9 mois sur 12. Pour être honnête, cela ne dérangeait pas Clarke. Tous ses amis habitaient encore la région. Elle avait l'opportunité d'avoir un métier qu'elle aimait tout en étant près d'eux et de sa famille. La vie à Polis n'était pas si mal, tranquille certes, mais pas si mal. Et quand elle avait besoin d'un peu plus de modernité, un peu plus « d'action », elle allait faire un tour à Boston. Cela n'avait pas été dans les plans de Clarke de revenir s'installer ici, mais c'était clairement dans les siens de rester. Cela avait été plus dur pour Madi. En un sens, elle avait perdu ses deux parents. Clarke était tellement fière de la jeune femme qu'elle devenait malgré ce qu'elle avait vécu à un si jeune âge. La force, la motivation et la joie dont elle faisait preuve chaque jour.

La blonde finit sa tasse de café avant de se lever pour aller se préparer. Elle avait rendez-vous pour le petit déjeuner avec Raven. Quand elle arriva au restaurant choisi, la petite brune était déjà installée, le serveur lui tendait une tasse à café.

- J'ai promis à Octavia de surveiller la dose de caféine que tu ingurgitais ce matin.

- Tu es censé être de mon côté ! râla Raven.

- Eh, si tu voulais que je sois toujours de ton côté, il ne fallait pas épouser ma meilleure amie, rigola Clarke en s'installant.

- Je suis ta meilleure amie !

Clarke se pencha pour l'embrasser rapidement sur la joue. Depuis que ses deux amies s'étaient mises ensemble, elles se chamaillaient pour savoir laquelle méritait ce titre. Octavia était l'amie d'enfance de Clarke, celle qui avait toujours été là. Celle sans qui elle n'aurait jamais survécu au lycée. Elle connaissait Raven depuis moins longtemps, mais partager la même chambre quatre ans d'affilés permettait de créer des liens tout aussi forts rapidement. Elle n'avait aucune préférence. Et, bien que les deux jeunes femmes le savaient, elles aimaient prétendre le contraire. C'était leur façon à elle de se distinguer un peu l'une de l'autre.

- Bon, on vise qu'elle type de petit-dej ?

- Le bébé meurt d'envie de poulet frit depuis 5h du matin…

- On part sur le gros alors, rigola Clarke en ouvrant sa carte.

Le serveur revint quelques minutes plus tard pour prendre leur commande.

- Tout c'est bien fini hier ? demanda Clarke.

- O' a pratiquement mis Bellamy à la porte donc tout le monde a plus ou moins suivit après vous.

- Il m'a envoyé une demi-douzaine de message depuis ce matin.

- Ouais, il n'a pas arrêté avec O' aussi je crois. Je ne sais pas ce qui lui a pris.

- Lex a une théorie intéressante.

- Tu vas me laisser avec seulement ça ? demanda Raven.

L'arrivée de leurs plats mis la discussion en pause quelques secondes. Cela permis à Clarke de réfléchir à ce qu'elle comptait partager avec son amie.

- Elle pense qu'ils n'ont jamais réussi à s'entendre à cause de moi. En tout cas, c'était l'une des raisons étant donné qu'ils avaient tous les deux des sentiments pour moi au lycée.

- O' a tendance à dire que c'était plus qu'un petit crush. Elle n'a jamais compris comment tu as fait pour ne jamais réaliser que Lexa était amoureuse de toi.

- Déni ? Naïveté ? rigola Clarke. C'était le lycée, je ne savais pas vraiment quoi penser.

- Lexa est au courant que tu couches avec Bell ? Si c'est le cas, elle a surement raison.

Clarke se pinça les lèvres. Elle n'était pas fière d'elle. Et la seule raison pour laquelle Raven, et seulement Raven était au courant de cette histoire entre Bell et elle, était parce que la jeune femme les avait surpris une fois.

- Est-ce que Lexa sait que je couche avec Bell sachant qu'il a une petite amie ? Sûre, j'adore m'en vanter…

- Alors pourquoi tu continues ?

- Je n'ai pas envie qu'on se prenne la tête aujourd'hui. De toute manière tu ne comprendrais pas.

Raven baissa les yeux. Elle savait que Clarke n'aimait pas en parler. Pour être honnête, c'était l'un de leur seul vrai sujet de dispute.

- Désolé, ce n'était pas le but. J'aimerai juste comprendre…

- Tu penses quoi de Lexa ?

Raven attrapa ses couverts comprenant que Clarke voulait changer de sujet. Un jour, elle arriverait à la faire parler, à la faire comprendre qu'elle valait beaucoup plus que ça.

- Elle est cool. Pas vraiment comme je l'imaginais.

- C'est-à-dire ?

- O' est fan de foot, j'ai vu tous les matchs, toutes les interviews, les magazines. Elle donnait l'impression de… de dominer le monde. Alors qu'en vrai elle est plutôt timide.

Clarke sourit en avalant une bouché de ses œufs pochés. La plupart des gens seraient d'accord avec Raven. La plupart des gens ne connaissaient pas la vraie Lexa. La Lexa maladroite, timide, aimante, ridiculement drôle sans le vouloir. Clarke avait tout de suite remarqué qu'elle n'était pas la même personne derrière la caméra. Et, elle avait eu peur qu'en devenant adulte, Lexa ait perdu tout ce qui la rendait si unique aux yeux de tous leurs amis. Ce n'était pas le cas. Bien que plus sûre d'elle, Clarke avait tout de suite retrouvé la Lexa qu'elle connaissait.

- Ouais… C'est le cas de le dire. Quand on s'est rencontrée, elle arrivait à peine à aligner deux mots, sourit Clarke en se rappelant de cet après-midi là.

- Vous êtes sorties ensemble ou pas au final ? O' n'est sûre de rien.

- Non. Pas vraiment. La première année c'était embarrassant. Au début je pensais qu'elle ne m'aimait juste pas du tout. J'ai compris un peu plus tard que c'était plus le contraire, rigola Clarke.

- Et ce n'était pas partagé ?

- On a fini par être amie, en quelques sortes, j'ai donc pensé que ça lui était passé. Et, plus l'année défilait plus on se voyait. Elle faisait partie de la bande.

- Tu as eu les chocottes, ironisa Raven.

- Tout ça pour dire que non, on n'a jamais été ensemble. Après le nouvel an en première, ça aurait pu mais ce n'était pas le bon moment pour elle ou moi. Et la suite tu la connais. Elle est partie vivre à Londres.

- Hum… Le lycée parait plus compliqué que ce ne l'est vraiment…

- Comment tu le saurais, tu n'y es jamais allée, rigola Clarke.

- Je te ferais savoir qu'il y avait des cours sur ce foutu bateau !

- Que ça doit être dur de passer son adolescence sur l'un des plus beaux ferrys et faire le tour du monde, ironisa la blonde.

- Faire ta crise d'adolescence sans pouvoir échapper à ton père parce que tu vis sur le ferry qu'il conduit est assez frustrant je te signale !

Rencontrer Raven lors de son premier jour à la fac avait été une expérience unique. Après avoir passé 4 ans sur un navire, la jeune femme était prête à tout. Elle avait entraîné Clarke dans toutes ses aventures.

Après leur déjeuner, Clarke accompagna Raven à son rendez-vous médical, rien d'important mais Octavia avait absolument tenu à ce que Clarke soit là pour le soutien moral étant donné qu'elle n'avait pas réussi à décaler sa réunion.

Il était près de 14h quand Clarke arriva sur le port de la ville, il lui restait quelques heures avant que sa sœur la rejoigne pour l'aider avec l'un de ses projets. Elle s'installa à la terrasse de son café préféré, choisissant volontairement une table ayant vu sur les bateaux. D'ici deux jours, c'était la rentrée des classes et Clarke avait encore pas mal de travail à finir, notamment le dessin qui lui servirait d'exemple pour le premier thème travaillé. Depuis qu'elle était professeur d'art plastique au lycée, Clarke aimait faire travailler ses élèves en se servant de leur quotidien. Pour leur première œuvre à réaliser, la petite ville de Polis allait être leur support.

Clarke commanda un double café et sortit ses affaires. Elle avait commencé cette image du port quelques jours auparavant mais n'était pas satisfaite du résultat. C'était trop basique, lisse, sans surprise. Elle mit de côté le dessin non fini et sortit une nouvelle feuille. Elle voulait que son dessin soit lié à un moment vécu. Elle devait trouver le détail qui déclencherait un souvenir, laissant son talent faire le reste. C'était sur le banc juste en face du café qu'elle avait ouvert sa lettre d'acceptation à l'université de Brown. C'était au restaurant juste à côté qu'elle avait eu son tout premier rendez-vous en quatrième. Et, devant le cinéma, elle avait embrassé une fille pour la première fois, admettant publiquement sa sexualité sans peur ni regret. Avec Octavia, elle avait fait toutes les boutiques du coin. Elle était partie en mer avec le bateau de Jasper de ce quai. Elle avait passé tellement de temps à arpenter les rues qu'il lui était impossible de choisir un moment plus marquant qu'un autre. Clarke laissa son regard se balader à la recherche de l'élément qui l'inspirerait. Ses yeux se posèrent sur l'enseigne de l'autre côté de la baie, on pouvait lire entre deux bâtiments : Piscine Municipale de Polis. Il ne lui en fallut pas plus pour sourire en se remémorant la soirée qui avait véritablement lancée son amitié avec Lexa.

12 ans plus tôt.

Clarke ne le sentait pas. Depuis qu'elle connaissait Octavia, Clarke l'avait toujours suivi dans ses aventures. La jeune femme lui faisait ressortir son côté téméraire qui en temps normal se cachait, bien enfuit au fond elle. C'était comme ça que la blonde s'était retrouvée à faire une piste de ski beaucoup trop dur pour elle. C'est comme ça qu'elle avait fait le mur pour la première fois en descendant le long de sa gouttière. Ou encore, grâce à Octavia, qu'elle s'était décidée à passer son permis alors qu'elle n'avait jamais aimé la voiture. Elle n'avait jamais regretté de suivre son amie. Mais ce soir… elle ne le sentait pas du tout. Vraiment pas. Il n'y avait aucune chance de s'en sortir sans se faire attraper. Elle voyait déjà la déception sur le regard de ses parents quand ils viendraient les chercher au commissariat. Car oui… Il y avait de grande chance que tout ça finisse au commissariat.

- Tu es vraiment sûre de toi O' ? demanda une dernière fois la blonde.

- Ne t'inquiète pas Griffin ! J'ai les clés ! Et l'alarme est en panne depuis trois semaines.

- Tu risques de te faire virer.

- C'est mon dernier jour demain. Tu te rappelles ? Le lycée recommence dans deux jours.

Les vacances d'été touchaient à leur fin. D'ici deux jours, ils seraient tous de retour au lycée pour attaquer leur première. Malgré qu'elle eût besoin de travailler au cinéma de la ville pendant presque 2 mois, Clarke était triste que les vacances se terminent. Elle pouvait honnêtement dire qu'elle avait grandi pendant ses deux derniers mois. En plus de gagner son propre argent, elle avait passé son permis, commencé son portfolio et avait oublié Bellamy dans les bras de sa toute première petite amie. Elle n'avait pas très envie de recommencer la routine du lycée et des devoirs.

- Allez Clarke ! commença Jasper. O' à les clés, ce n'est pas vraiment rentrer par effraction.

- Et puis, on va juste piquer une petite tête, et on repart, continua Octavia.

- Qu'est-ce que tu comptes raconter à tes petits enfants si tu ne prends pas un peu de risque ? fini Monty.

Clarke leva les yeux au ciel. Parfois, elle détestait vraiment ses amis. Elle ne savait pas comment elle avait pu finir avec des cas pareils. Rien ne les arrêtait jamais. Ils étaient à la fois si différents d'elle et si complémentaires. Malgré tout, elle ne pouvait imaginer sa vie sans eux.

- C'est bon, on y va. Mais je vous préviens, vous avez intérêt à venir à mon enterrement si mes parents l'apprennent.

Octavia poussa un petit cri de victoire avant d'insérer la clé dans la serrure et d'ouvrir la porte. A peine entrée, l'odeur de chlore leur chatouilla les narines. Octavia, qui connaissait la piscine sur le bout des doigts après y avoir travailler comme maître-nageur tout l'été, les conduisit directement vers la porte du fond qui menait à la partie de la piscine qui n'avait pas de toit.

A peine avaient-ils aperçu le bassin que Jasper et Monty se dépêchaient de se déshabiller. Ils coururent côte à côté avant de se jeter sans réfléchir dans l'eau. Octavia jeta un rapide coup d'œil à sa meilleure amie avant de les imiter. La nuit était encore chaude pour une fin d'Aout. Cela ne durerait pas. L'automne s'installait très rapidement à Polis et le froid aussi. Clarke se déshabilla à son tour et s'approcha de l'eau. Elle prit son temps pour descendre le long des marches. L'eau était chaude, elle n'avait aucun mal à y rentrer.

- La princesse est dans l'eau. Je répète la princesse est dans l'eau, rigola Jasper en nageant vers elle.

- Même pas tu essayes de me mettre la tête sous l'eau ou je te tue, prévient Clarke.

- Dès fois tu n'es vraiment pas drôle, lui fit remarquer le jeune homme avant d'attaquer Octavia.

- Il en faut bien une de responsable dans le lot, cria Monty.

Très vite, Clarke oublia ses craintes. Ils ne faisaient de mal à personne. Ils avaient juste envie de profiter, elle ne voyait pas vraiment où était le mal. Malgré ce qu'avait dit Jasper avant d'entrer, ils ne restèrent pas simplement le temps de faire un plongeon. Il était encore tôt, l'eau était bonne, et le temps passait beaucoup plus vite quand on s'amusait.

- Ok… J'abandonne, vous avez gagné les filles, lâcha Monty en tombant pour la troisième fois.

Après avoir fait la course, ou encore des concours de sumo au bord de l'eau, Octavia avait eu la bonne idée de faire des combats de Transformers filles contre garçons. Clarke avait grimpé sur les épaules d'Octavia et était partie à la guerre. La jeune femme avait beau avoir un désavantage physique, étant la moins sportive des trois, elle avait réussi à faire tomber Monty à plusieurs reprises. C'était surtout grâce à la force d'O' qu'elles avaient gagné. La jeune femme tenait sur ses jambes malgré les attaques adverses. Il n'y avait rien à faire.

- Girl Power ! cria O ' en jetant Clarke de ses épaules.

Très rapidement Clarke avait abandonné l'idée de ne pas se mouiller les cheveux et avaient participé sans retenue à tous ce que ses amis voulaient faire. Elle profita de la sortie des garçons pour se détendre un peu. Elle attrapa l'une des bouées qu'avait récupérées Octavia de la remise et se laissa tranquillement flotter, les yeux rivés sur les étoiles.

- Je n'en reviens pas que ce soit déjà la rentrée, lâcha O'.

- On rentre en première, on fait enfin partie de l'élite du lycée, continua Jasper.

- Okay, commença Monty, quels sont les objectifs de l'année ? continua-t-il en attrapant un stylo et son carnet.

C'était l'un de leur rituel. Depuis leur rentrée en sixième, les quatre amis écrivaient sur une feuille tout ce qu'ils comptaient réaliser dans l'année à venir. Le dernier jour de classe, ils se réunissaient pour faire le bilan sur leur expérience.

- Je vais faire l'amour, commença Jasper

- Tu dis toujours ça, rigola O', mais ça n'arrive jamais.

- Cette année c'est la mienne !

- Je note, Jasper perd sa virginité.

- O' remporte le championnat d'état avec son équipe ! cria Octavia.

- Je dis enfin à ma mère que je ne veux pas aller en médecine.

- Et pour moi… Je convaincs enfin la principale de me laisser transformer le toit de l'école en jardin.

- Rappel moi pourquoi on est ami ? demanda Jasper.

- Je…

Monty s'arrêta net en entant une porte claquée. Les quatre amis se regardèrent, personne n'osant bouger. Un rayon de lumière traversa les fenêtres. Ils n'étaient plus seuls. Clarke et Octavia nagèrent rapidement jusqu'au bord de la piscine et se dépêchèrent de rejoindre les garçons. Jasper et Monty avaient récupéré toutes les affaires au sol et les attendaient à côté de l'issus de secours.

Octavia poussa la porte et fit signe aux autres de la suivre. Elle les poussa tout à l'arrière de la piscine, au niveau du local à poubelle. Elle en tira une et grimpa dessus pour passer par-dessus le petit muret qui les séparait de la rue. Jasper aida Clarke à passer et les deux garçons suivirent.

- Ok, plan d'extraction activé. On se retrouve dans une heure au QG !

Clarke attrapa les affaires que Monty lui lançait avant de courir le plus loin possible de la piscine. Ce n'était pas la première fois qu'ils devaient s'échapper d'une situation compliquée. Plusieurs fois durant leurs aventures, ils avaient dû fuir. Ils avaient fini par monter un plan d'évasion. Dès leur sortie, ils se séparaient dans les quatre directions. Après une heure, ils devaient tous se retrouver chez Clarke pour un débriefing. Clarke courut jusqu'à ce le bâtiment de la piscine ne soit plus qu'un souvenir. Elle s'arrêta enfin pour souffler. Elle prit un instant pour remettre ses idées en place et se calmer. Première chose, s'habiller. Se balader dans les rues de la ville en maillot de bain en pleine nuit n'était jamais une bonne idée, même dans une ville aussi tranquille que Polis. Merde. Elle n'avait dans ses mains que son pantalon. Elle avait dû faire tomber son haut en courant. C'était assez risqué de faire demi-tour. Elle n'en revenait toujours pas de s'en être sortie sans problème. Elle n'allait pas prendre le risque de revenir sur ses pas. Les températures estivales étaient encore là, et après sa course elle n'avait pas si froid. Si elle se dépêchait de rentrer, cela devrait aller. De toute façon, elle n'avait pas d'autres choix. Elle se mit à marcher d'un pas rapide vers sa maison, le regard droit devant, essayant de ne pas prendre peur à chaque courant d'air, craquement de feuille ou pas qu'elle entendait non loin d'elle. Elle allait tuer Octavia. Et Jasper. Et Monty. Elle allait tuer ses amis, une bonne fois pour toute.

Clarke s'empressa de marcher le long de la route, les bras croisés en dessous de sa poitrine. Elle accéléra légèrement en entendant une voiture ralentir près d'elle. Elle ne voulait pas attirer l'attention mais elle commençait à avoir peur. Le moteur se coupa complétement quand le véhicule fut à son niveau. Sans tourner la tête Clarke continua son chemin, ignorant le bruit de claquement de porte.

- Clarke ?

Ce n'est qu'en entendant son nom que la jeune fille se retourna enfin. Elle s'arrêta soulagée en reconnaissant Lexa qui s'avançait près d'elle.

- Tu es… Lexa souffla, les yeux plongés vers le sol. Ça va ? demanda la jeune fille.

Lexa avait toujours été mal à l'aise en sa présence. Qu'elle soit, aujourd'hui, en maillot de bain n'arrangeait rien. Clarke pouvait le sentir. Mais par-dessus tout, elle sentait l'inquiétude dans la voix de Lexa.

- J'ai une veste dans la voiture, se rappela Lexa en se tournant pour aller la récupérer.

Clarke sourit en l'acceptant. Elle se dépêcha de l'enfiler pour réduire la gêne de son amie.

- Merci.

- Est-ce que ça va ?

- Ouais… commença Clarke. Juste… Octavia est ses bonnes idées.

Lexa sourit légèrement. Elle était particulièrement jolie quand elle souriait, pensa Clarke. Elle l'avait déjà remarqué.

- Tu veux que je te raccompagne ? osa proposer la brune.

- Depuis quand tu as une voiture ?

- C'est celle de ma sœur. Elle me la prête quand je m'entraîne le soir.

- Tu étais au terrain ? A cette heure-ci ?

- Je travaille la journée. Je m'entraîne quand je peux. Je te raccompagne ? insista Lexa.

- Si ça ne te dérange pas…

Le sourire de Lexa s'agrandit un peu plus. L'idée d'être utile et de ne pas s'humilier devant Clarke pour une fois lui plaisait beaucoup.

Depuis aussi longtemps que des Griffin avait habité à Polis, ils avaient tous grandi dans la maison de famille se trouvant légèrement à l'extérieur de la ville. Lexa n'était jamais allée chez Clarke mais connaissait bien sa maison. C'était l'ancien manoir se trouvant après le pont de la sortie est. La maison était construite sur le versant de la montagne, il fallait descendre un grand escalier pour y accéder. C'était l'une des plus belles demeures de la ville. Son jardin donnait directement sur le lac.

- Tu veux rester un peu ? Octavia et les autres ne vont pas tarder, dit Clarke en arrivant.

- Je ne veux pas déranger…

- Ce n'est pas le cas. Tu pourras entendre l'idée brillante de ta coéquipière ! En tant que nouveau capitaine c'est ta responsabilité.

Lexa leva les yeux au ciel. Elle venait tout juste d'être nommée capitaine qu'elle le regrettait déjà. Elle avait toujours su que les joueuses de l'équipe étaient…énergiques, mais maintenant que leur comportement était sous sa responsabilité, elle aimait beaucoup moins ce côté de leur personnalité.

Clarke la guida jusqu'à la porte d'entrée, elle fit signe à Lexa de la suivre. L'entrée donnait directement sur un grand salon remplit de baie vitrée. Les murs étaient tous blanc ce qui faisait ressortir toutes les poutres apparentes de la maison. Au fond, la cuisine était ouverte avec un grand ilot central. Jake Griffin était de dos rangeant la vaisselle propre.

- Tu ne devais pas rentrer… Eh, Lexa ! s'exclama le père de Clarke.

- Coach…

- Qu'est-ce que tu fais ici ?

- Elle m'a sauvé la vie, sourit Clarke en venant embrasser son père. Les autres arrivent, tu les envoies dans ma chambre ?

- Ne faîtes pas de bruit, je viens d'endormir Madi.

- Sage comme des images, sourit Clarke en avançant vers les escaliers.

- Est-ce que je vais enfin rencontrer Luna ?

Clarke souffla. Depuis que la jeune femme avait annoncé à ses parents qu'elle aimait aussi les filles, ses parents n'arrêtait pas de lui demander quand ils rencontrer sa petite amie. C'était beaucoup trop tôt.

- Nop. Juste O' et les garçons, se dépêcha de répondre la blonde.

Clarke prit la main de Lexa et grimpa les escaliers deux à deux jusqu'à sa chambre. Une fois Lexa passée, elle referma la porte derrière elle.

Lexa resta en retrait, observant la chambre bleue. Si on lui avait dit qu'un jour elle se retrouverait seule dans la chambre de Clarke Griffin…

- Tu peux t'asseoir, lui fit remarquer la blonde.

Lexa s'avança vers le petit fauteuil en tissus posé dans un coin de la chambre, admirant au passage toutes les peintures accrochées. Elle n'avait aucun doute que Clarke les avait toutes peintes.

- Tes parents sont au courant pour Luna ?

- Tu es au courant pour Luna ? répondit surprise Clarke.

- Je crois que tous ceux qui étaient présent à l'anniversaire de Jasper sont au courant…

- Bien sûr, souffla gênée Clarke.

L'anniversaire de Jasper marquait, aux yeux de tous, le jour où la belle et populaire Clarke Griffin avait appris à tout le monde qu'elle aimait les filles en ne lâchant quasiment pas de la soirée les lèvres de Luna. Clarke n'avait pas prévu de passer sa soirée à emballer si impudemment sa petite amie secrète à ce moment. L'alcool et la musique avaient eu raison des deux jeunes femmes.

- Je ne savais pas que s'était sérieux au point d'en parler à tes parents.

- Je ne pense pas que ce le soit vraiment. Mais quand j'ai fait mon coming out à mes parents, ils ont voulu savoir si j'avais une petite amie. Je ne voulais pas leur mentir. Ils ne sont pas près de la rencontrer, rigola Clarke.

- Oh… Ce n'est pas vraiment mes affaires de toute manière.

- Tu as le droit d'être curieuse. Tout le monde a été surpris. Je ne sais pas vraiment pourquoi Je suis toujours la même Clarke.

- Sauf que maintenant, tu embrasses des filles en soirée, sourit Lexa.

Clarke sourit à son tour. Le sentiment de fierté qui venait de naître en Lexa était incomparable.

- Je ne pense pas en faire une habitude. Je ne laisserais plus Monty me préparer mes verres non plus.

- De toute manière, qui se fout de ce que les autres pensent ?

- Wahoo, Lexa se rebelle ? Tu sais je crois que c'est la première fois qu'on a une véritable conversation. En presque deux ans…

- Yeah…

- Allez, je veux en savoir plus sur ma sauveuse.

- Tu vas me raconter ce qu'il s'est passé ?

- Je laisse à Octavia se plaisir. Alors, dit moi, qui est Lexa Woods ?

- Il n'y a pas grand-chose à savoir. Juste… que j'aime le foot. Et que ton père pense que je pourrais avoir une bourse si je continue comme ça.

- Il y a autre chose que le foot.

- Non… pas vraiment.

Clarke n'y croyait pas une seconde.

- Comment ça a commencé Luna et toi ?

Clarke leva les yeux au ciel. Bon, si Lexa ne voulait pas se confier, elle ne pouvait pas la forcer.

- On travaille ensemble au cinéma depuis le début de l'été. Elle a su me faire rire.

- Je suis sûre que ça n'a rien avoir avec le fait qu'elle soit magnifique, rigola Lexa.

- Ça a sûrement aidé, rigola à son tour Clarke.

- Tu…

La porte de la chambre de Clarke s'ouvrit sans prévenir. Octavia entra suivit de Jasper et Monty comme s'ils étaient chez eux. C'était quasiment le cas. La maison Griffin était leur repère depuis toujours.

- Toi, je vais te tuer, lâcha Clarke en se levant vers O'

/

Présent.

Clarke attrapa son pinceau et se mit à dessiner. Elle savait exactement quelle partie de la ville utiliser pour son projet. Elle dessina sans relever la tête de sa feuille une grande partie de la journée. Son café oublié était devenu froid, mais sa feuille blanche était maintenant remplie. On pouvait y voir le grand lac au bord duquel sa maison avait été construite, le soleil se couchait créant des reflets sur la surface de l'eau. En son centre, une bouée en forme de flament rose flottait. Une femme sans visage était allongée dessus. Sur le bord de la bouée on pouvait lire : « propriété de la piscine municipale de Polis ».

- Pas mal !

Clarke sursauta. Madi la contourna pour s'asseoir en face d'elle. Sa sœur regarda son téléphone pour voir l'heure, la petite Griffin était en retard.

- Tu es à la bourre.

- Je suis arrivée il y a 45 minutes. Tu étais tellement dans ton dessin que tu n'as rien vu.

- Pourquoi tu me l'as pas dit ?

- J'en ai profité pour faire les photos dont tu avais besoin.

Clarke attrapa l'appareil de sa sœur et passa en revu ses prises. Elles étaient parfaites.

- Madi, tu es géniale.

- C'est aussi ce que je lui ai dit ce matin au petit déjeuner.

Les deux sœurs se retournèrent surprises. Lexa se tenait derrière elle, un café à la main.

- Coach !

- Tu t'es remise du match ?

- Bien sûr, prête à jouer quand vous le voudrez.

- C'est toujours bon à entendre.

- D'ailleurs, j'étais venue te dire que j'allais m'entrainer avec Gaïa. Elle mange à la maison ce soir.

- Comme la plupart du temps, rigola Clarke.

- Tu vas t'entrainer maintenant ? Il va bientôt faire nuit.

- Gaïa connait bien le gardien du parc, il laisse la lumière allumée pour qu'on puisse jouer.

- Attend une seconde.

Lexa leur tourna le dos pour aller jusqu'au bar. Elle attrapa un ado que Clarke reconnu comme l'un de ses élèves et l'emmena à la table où les sœurs Griffin étaient installées.

- Madi je te présente Aden, mon neveu. J'étais censé aller l'entrainement un peu mais honnêtement, je ne suis pas d'humeur. Ça te dérange de l'embarquer avec toi ?

- Tu joues au foot ?

- Jouer, c'est un bien grand mot.

- Aden aimerait passer les sélections de l'équipe masculine.

- Ils ont besoin d'un goal, je ne me débrouille pas trop mal.

- Il est nul, rigola Lexa. Mais il a la motivation, avec un peu d'entraînement il peut y arriver.

- Ouais. Bien sûr coach. Je peux l'entraîner. Et, vous avez qu'à venir manger à la maison. Je le ramène à l'heure pour le repas.

- C'est gentil, mais on ne va pas s'imposer.

- Ce n'est pas le cas. C'est moi qui vous invite. Ça ne nous dérange pas, hein Clarke ?

Lexa se tourna vers Clarke. Madi la suppliait du regard. Connaissant sa sœur, elle lui rappellerait tous les jours si elle refusait. Et puis, Clarke n'avait pas envie de refuser. Elle voulait passer du temps avec Lexa, apprendre à la connaître de nouveau. C'était l'occasion parfaite.

- Vous êtes les bienvenues.

- Parfait ! C'est décidé, Red et moi on va s'entraîner, pendant que le Coach et Clarke préparent le repas ! Parfait. Allez vient Red, on n'a pas de temps à perdre.

- Red ? demanda Aden. C'est moi ?

Madi ne prit pas le temps de répondre. Le tenant par le bras, elle sortit du café laissant Lexa et Clarke seules.

- Madi est….

- Je sais, rigola Clarke. Crois-moi je sais. Tu ne peux pas savoir à quel point je suis contente que tu l'es prise dans l'équipe.

- Pourquoi ?

- Parce que maintenant, la moitié du temps c'est ta responsabilité, rigola la blonde.

- Je vois.

- Je devrais y aller. Ma petite sœur vient d'organiser un repas chez nous alors que notre frigo est vide. J'ai des courses à faire.

- Aden serait plus que d'accord avec des pizza, fit remarquer Lexa. Moi aussi.

- J'ai envie de cuisiner. Ne t'inquiète pas, ça me fait plaisir. J'ai juste besoin d'aller faire quelques courses.

Lexa regarda Clarke se lever. Elle ramassa ses affaires, prête à partir.

- Tu n'as qu'à passer vers 18h30.

- Tu veux de la compagnie ?

- Tu n'es pas obligé de m'accompagner, je te promets que ce n'est pas grand-chose.

- J'en ai envie, insista Lexa.

Clarke sourit. Son retour lui faisait plus de bien qu'elle ne l'aurait cru. Son téléphone sonna de sa poche la tirant de ses penser. C'était Bellamy. Pour la troisième fois de la journée.

- Il faut que je réponde, j'en ai pour une minute, lâcha Clarke avant de s'éloigner.

Elle attendit d'être près des toilettes pour réponde.

- Clarke ?

- Qu'est-ce que tu veux Bellamy ?

- Pourquoi tu ne m'as pas répondu de la journée.

- J'étais occupée Bell.

- Tu m'en veux encore pour hier soir ? Ok, j'ai déconné mais…

- Mais quoi ?

- Je suis désolé. Tu sais que Lexa et moi c'est compliqué.

- La question c'est pourquoi ?

- Je n'ai pas appelé pour me justifier.

- Alors pourquoi tu appelles ? demanda Clarke.

- Gina n'est pas là du weekend …

- Et tu t'es dit que tu le passerais avec ta maîtresse ?

- Clarke… tu sais que tu es plus que ça. C'est toi qui refuses que je la quitte.

- Je n'ai pas le temps pour ça.

- Tu passeras ?

- Non.

- Pourquoi ?

- Parce qu'il est temps que j'arrête mes conneries.

- Clarke…

- Bonne soirée Bellamy.

Clarke raccrocha. Elle prit quelques seconde pour souffler. Il était grand temps qu'elle mette un terme à son aventure avec Bellamy. Ce n'était pas juste ni pour Gina ni pour lui. Elle rangea son téléphone et se tourna vers Lexa qui attendait. Ce n'était pas le moment de penser à ça. Elle s'approcha de son amie, prête à laisser de côté ses problèmes pour une soirée.

- On y va ?

Après avoir assuré une dizaine de fois que cela ne la dérangeait absolument pas de cuisiner, Clarke conduit Lexa jusqu'au supermarché le plus proche. Vu le temps qu'elle avait à disposition, elle n'allait pas se lancer dans quelques choses de compliquer, du poulet, des pâtes et quelques légumes de saison feraient l'affaire. Elles trainèrent entre les rayons en rigolant. C'était étrange à quelle vitesse elles avaient retrouvé de vieilles habitudes. Après cette fameuse soirée à la piscine, elles étaient devenues de véritables amies. Lexa avait commencé à s'ouvrir plus, et Clarke avait vu au-dessus le foot. Elle avait appris à connaître toutes les facettes de la jeune femme. Et l'adolescente qu'elle était avait beaucoup aimé ce qu'elle avait découvert. Elle regrettait de n'avoir jamais eu le courage de faire le premier pas sachant très bien qu'elle plaisait à Lexa.

Après une vingtaine de minutes, Lexa était assise dans la cuisine des Griffin pour la première fois depuis dix ans. Peu de chose avait changé. La maison était toujours aussi impressionnante mais chaleureuse. Alors que Clarke lui servait un soda, elle se mit à regarder les photos accrochées aux murs. Il y en avait de Clarke et Madi à tout âge. Octavia, Jasper, Monty, Gaïa étaient aussi de la partie. C'était un mur des souvenirs. Lexa sourit en s'approchant du cadre central pour le décrocher du mur. C'était une photo de Jake avec ses filles le jour de la remise des diplômes. Clarke portait la robe des séniors bordeaux de Polis High. Madi était sur les épaules de son père, elle devait avoir 7 ans maximum. Le sourire sur le visage de Jake Griffin était si grand. Quand elle avait appris la nouvelle de sa mort, Lexa avait eu l'impression de revivre la mort de ses parents. Le coach Griffin avait été comme un second père pour elle. Revenir pour l'enterrement, revivre cette souffrance avait été trop dur. Elle ne l'aurait pas supporté.

- Je crois que je ne l'ai jamais vu aussi fier que ce jour-là.

- Ça ne m'étonnerait pas.

- J'aurais aimé qu'il me voit avoir mon diplôme. Où qu'il voit Madi rentrer dans l'équipe. Le foot, ça a toujours été leur truc à tous les deux. Leur passion. Il aurait été si fier.

- Il serait sûrement celui qui l'aurait recruté. Et moi je n'aurais pas de travail, rigola Lexa.

- Probablement… Est-ce qu'elle est douée ? demanda Clarke.

- Madi ? Elle joue mieux que certaines joueuses passées pro à son âge. Elle est déterminée, sérieuse et rempli de bonne volonté. Avec le bon entrainement, rien ni personne ne pourra l'arrêter.

Clarke sourit. Bien qu'elle aime sa vie à Polis, elle avait dû revoir ses rêves en acceptant de rester. Elle était heureuse de savoir que sa petite sœur avait une chance de réaliser le sien.

- Elle me rappelle beaucoup toi à son âge.

- Je n'ai jamais été aussi confiante, rigola Lexa.

- En ce qui concerne le foot, je veux dire. C'est ce qu'il y a de plus important. Elle ne vit que pour ça. Tu l'aurais vu quand elle a appris qu'elle ne pourrait passer la sélection, elle était dévastée.

- Elle ne pouvait pas se faire remplacer ?

- Le foot la raccroche à papa, l'hôpital à maman. Elle ne voulait pas choisir même si cela lui coutait son rêve.

- Elle est loyale. J'ai besoin de joueuse comme ça dans mon équipe.

- Je vais commencer à cuisiner.

- Je peux aider ?

- Tu peux… couper les tomates ?

Lexa sourit. Elle s'installa derrière le comptoir pour commencer. Toutes les deux restèrent silencieuses un moment, se contentant de cuisiner en silence. Clarke avait lancé sa playlist et s'occupait du poulet de son côté. C'était agréable.

- Je peux te poser une question personnelle ?

- Qu'est-ce que tu veux savoir ? répondit Lexa

- Au café, tu as dit que tu n'étais pas d'humeur à entrainer ton neveu. Pour toi, qui aime le foot et ta famille plus que tout, c'est bizarre.

- Tu ne loupes jamais rien…

- Tu n'es pas obligé de répondre. Je n'aurais-

- J'ai reçu les papiers du divorce, la coupa Lexa.

- Oh…

- Je ne pense pas avoir le courage de les signer.

Lexa détourna son regard de Clarke. Elle venait de mettre la jeune femme mal à l'aise. Cela se voyait sur son visage. Qui parlait de son imminant divorce comme ça, sans prévenir, sans contexte. C'était une discussion beaucoup trop sérieuse pour une réunion si informelle entre deux amies qui ne s'étaient pas vus depuis si longtemps. Elle était prête à changer de sujet, revenir sur un ton plus joyeux quand Clarke s'installa à côté d'elle.

- Tu veux en parler ? demanda la jeune femme.

- Et gâcher la soirée ?

- Arrête de répondre par une autre question. Si je propose c'est que ça ne me dérange pas.

Lexa souffla. Pour être honnête, garder tout ça pour elle était difficile. Elle avait tiré un trait sur Costia et elle. Réellement. Elle ne comprenait pas pourquoi c'était si dur de le faire officiellement en signant ces papiers.

- Il faut juste que je prenne mon courage à deux mains et que je signe. Ce n'est pas comme si je voulais encore être marier avec elle.

- Ce n'est pas parce que vous ne vous aimez plus, que tu dois être prête à tirer un trait sur votre relation. Vous avez été combien de temps ensemble ?

- Six ans. Enfin, sept mais cela fait un an que nous sommes séparés.

- Six ans. Ce n'est pas facile de tirer un trait sur six ans.

Clarke porta son verre de vin à sa bouche. Elle se releva pour se remettre derrière les fourneaux et continuer à préparer leur repas.

- Tu as raison. Pourquoi je me mets la pression ? C'est fini dans tous les cas. Je les signerais quand je les signerais.

- C'est l'état d'esprit, sourit Clarke.

Lexa sourit à son tour tout en se remettant au travail. Les trois adolescents n'allaient pas tarder à rentrer, et si les deux filles étaient comme Aden, on éviterait la crise si le repas était quasiment prêt à leur retour.

- Tu l'as rencontré comment ? demanda Clarke en mettant le four à chauffer.

- Costia ? A un gala organisé par Chelsea. Comme tu peux t'en douter, je n'avais vraiment pas envie d'y être, rigola Lexa. Elle cherchait de nouveaux clients.

- Et, elle est repartie avec une petite amie ? rigola Clarke.

- Ouais… Que veux-tu ? J'avais beaucoup de mal à résister à cet accent.

Clarke leva les yeux au ciel en rigolant. Elle aimait découvrir ce côté confiant de Lexa. Elle y était très peu habituée.

- On est tombée amoureuse si vite. Pour la première et seule fois de ma vie, le foot est passé au second plan. Ça n'a pas durée, évidement, mais elle comprenait. Elle aussi avait des rêves.

- Vous vous êtes marié rapidement ? demanda la blonde.

- Oui. Cela ne faisait pas encore un an. J'ai cru qu'Anya allait faire une crise cardiaque quand je lui ai annoncé qu'on s'était mariée sans le dire à personne.

- Même à ta sœur ? Ou sa famille.

- On ne voulait pas de grande fête, juste être ensemble. Anya a fini par comprendre. Et, Costia n'avait pas de famille. C'était l'un de nos points communs. Et, on n'avait besoin de personne d'autre.

Clarke remplit le four du poulet qu'elle venait de préparer.

- Wahoo ! Intense.

- Ouais. Ne pense pas que je suis nostalgique, précisa Lexa.

- C'est assez dur de te croire quand tu en parles comme ça. Tu as encore cette lueur dans les yeux.

Lexa poussa ce qu'elle venait de couper vers Clarke. Elle attrapa son verre pour le finir, réfléchissant à ce qu'elle pouvait dire pour que la blonde comprenne.

- Ce n'est pas parce que je pense encore aux bons moments que j'oublie le mauvais. Et crois-moi, vers la fin il y avait plus de disputes que de romance. Je n'oublierai jamais ce que j'ai vécu avec Cos'. C'est probablement pour ça que c'est dur de signer. Mais, pour rien au monde je pourrais me remettre avec elle. L'envie n'existe tout simplement plus.

Clarke acquiesça d'un signe de tête. Elle comprenait ce que Lexa ressentait. Passer à autre chose ne devait pas systématiquement dire tirer un trait négatif sur toute une relation. Et inversement, se remémorer les bons moments ne voulait pas dire vouloir les revivre.

- Fini avec ma vie amoureuse. Où en est la tienne ?

- Tu veux savoir si je me suis mariée à une belle anglaise ? rigola Clarke. Malheureusement, non. Pas de grand amour pour moi.

- Vraiment ?

- Je ne nie pas que la fac a été… intéressante, sourit Clarke. Et, je ne me suis absolument pas gênée.

- Oh ! Je vois. Tu as bien fait !

- Et de toute manière, je n'ai jamais été doué pour les relations, continua Clarke.

- Je me rappelle encore du désastre Miller.

- Tu me crois si je te dis que ce n'était pas la pire ?

- Pire qu'être la couverture de Miller ?

- J'ai eu une seule relation ayant compté à la fac : mon prof de dessin.

- Miss Griffin, je ne vous savais pas si audacieuse.

- J'aurais dû dire mon prof de dessin marié dont j'étais terriblement amoureuse malgré tout.

Clarke regarda les yeux de Lexa s'agrandir. C'était toujours la même réaction. Le pire avait été celle d'Octavia quand elle lui avait annoncé. Qu'ils le fassent exprès ou non, tout le monde avait cette petite lueur de déception quand elle racontait cette histoire.

- Wahoo. Okay. Je suppose que ça ne s'est pas bien terminé ?

- Histoire ancienne. Tout ça pour dire : je ne suis pas faite pour ça.

Clarke se resservit un verre. Elle lui fit signe de la suivre jusqu'à la table du salon. Le repas était quasiment terminé. Elle pouvait se permettre de se poser réellement.

- Pourquoi on parle de nos ex déjà ? demanda Lexa. Parle-moi de ton boulot ou de tes peintures. Aden est complètement sous le charme de ton art.

- C'est un bon garçon. Anya et Roan ont fait du bon travail. Et, il est très doué. L'un de mes meilleurs élèves.

- Vraiment ? Le mioche sait vraiment tenir un stylo ?

- Je ne serais pas surpris qu'il décroche une bourse pour une école de dessin d'ici quelques années.

- Vraiment ? Tant mieux ! Ce n'est vraiment pas grâce à ses prouesses au foot qu'il pourra aller à la fac, rigola la brune.

- On ne peut pas tous être Lexa Woods.

La brune se mordit la langue pour ne pas répondre. Être Lexa Woods n'avait aucun avantage. Savoir manier un ballon n'était d'aucune utilité quand on ne pouvait plus jouer.

- Ne crois pas que je n'ai pas remarqué que tu n'as pas répondu à ma question. Comment ça va l'art et tout le reste ? redemanda la joueuse.

- Ça va. Mon métier me permet de peindre ou dessiner tous les jours. Qu'est-ce que je pouvais demander de plus ?

- Tu vends ou expose quelque part ?

- Ouais… dans toutes les maisons de mes amis. Et ça me va. Je n'ai jamais peint pour être exposé. Je peins pour raconter des histoires.

C'était fou à quel point Clarke ressemblait à Jake. Ça façon de s'exprimer et son discours lui rappelait les conversations qu'elle avait eu avec son ancien coach. Il lui avait appris à rester concentrer sur le plus important. Le foot ne se résumait pas à gagner des matchs et à faire le show. L'important c'était de s'exprimer par son engagement, sa passion et son envie de se dépasser.

Parler avec Clarke était tellement facile. Assise sur ce canapé, Lexa n'avait pas l'impression que cela faisait 10 ans. Le plus impressionnant était à quel point la brune s'en sortait sans se ridiculiser. Durant toutes ses années, elle avait gagné en confiance. Parler avec Clarke, rire de ses blagues et essayer de la faire rire à son tour n'avait rien d'effrayant. Elle remarqua très vite que le sujet préféré de la jeune femme était sa petite sœur. Madi revenait automatiquement dans leur conversation à un moment où un autre. La blonde sortit même un vieil album de photo où on pouvait voir l'adolescente à tous les âges. La plupart du temps, elle avait un ballon sous le bras ou aux pieds. Lexa était en train de rire en regardant un portrait de la jeune femme à 6 ans, du gâteau au chocolat sur tout le visage quand la porte d'entrée s'ouvrit.

- Tu as presque réussi à arrêter le dernier, lâcha Madi en rentrant. C'est un début.

- Tu m'en as mis une dizaine, précisa Aden derrière elle.

- En tout cas, le championnat n'a qu'à bien se tenir parce qu'avec ta visée Mads, les Night Blood sont sûrs de gagner, continua Gaïa.

- J'espère que tu as raison, lâcha Lexa en posant l'album sur la table.

Madi avança vers le salon pour venir saluer sa sœur. Elle se pencha derrière elle et passa ses bras autour de son cou pour l'embrasser sur la joue. Elle ne put s'empêcher de remarquer la couverture du livre poser sur la table basse. Elle ne le connaissait que trop bien. Clarke adorait le montrer à tous les invités qui franchissaient le pas de la porte.

- Clarke, pourquoi mon album de photo est sorti ?

- Tu étais si mimi, se défendit sa grande sœur.

- Clarke ! Tu m'avais promis que tu arrêterais !

- Lexa voulait voir ! On rattrapait le temps perdu.

- Tu ne pouvais pas lui montrer le tien ? Il fallait que tu m'humilies devant mon coach ?

Lexa sourit. Elle ne connaissait que trop bien ces situations. Madi et elle avaient toutes les deux étés élevés par leur grande sœur, pour le meilleur comme pour le pire.

- Ne t'inquiète pas, je ne vais pas te virer de l'équipe juste parce que tu ne sais pas manger du gâteau au chocolat proprement.

Sans pouvoir se contrôler, Madi rougit de honte.

- Je vous promets que j'ai fait des progrès dans le domaine.

- Et lui ? demanda Lexa. Tu as réussi à en faire un joueur de foot digne de ce nom ?

- Il y a encore du travail, avoua Madi.

- Son jeu de jambe est un peu faible. Il met trop de temps à se relever, précisa Lexa

- Il hésite trop avant de plonger ajouta, l'adolescente.

- Je suis juste là, fit remarquer Aden.

- On ne dit rien que tu ne saches pas déjà, lâcha Lexa en venant le prendre dans ses bras.

- Et si on passait à table ? proposa Clarke.

Aden se proposa pour mettre la table, mais Madi ne le laissa pas faire. Apparemment, c'était le travail de Gaïa. Ils se retrouvèrent tous autour de la table centrale alors que Clarke déposait le plat au milieu.

- Si ce n'est pas bon, c'est la faute de Lexa, assura la jeune femme en s'installant à son tour.

- Quelle idée de la faire cuisiner aussi, dit Aden.

- O' et Raven m'ont dit que tu leurs avais fait des lasagnes ?

- Je leur ai servi des lasagnes. Le traiteur les a cuisinées. Ne va pas le dire à O'. Elles étaient vraiment impressionnées.

Pendant presque tout le repas, Madi parla foot avec Lexa. A plusieurs reprise, Clarke essaya de faire changer de sujet mais il était dur pour sa sœur de ne pas y revenir. Après tout, jamais elle n'aurait pensé manger avec la meilleure joueuse au monde. Et pourtant… Lexa se prêta au jeu. Elle raconta ce que cela faisait de jouer avec des joueuses comme Alex Morgan ou Rapinoe. Elle expliqua comment se passait un stage en équipe nationale ou une saison avec son club. Lexa parla de ses victoires comme de ses défaites. Le seul sujet que Madi laissa de côté fut sa blessure. La jeune fille ne voulait pas risquer de froisser son coach. Malgré sa curiosité, elle préféra éviter d'en discuter.

Alors que le repas touchait à sa fin, Gaïa qui était restée discrète se tourna vers elle.

- Miss Woods vou-

- Tu peux m'appeler Lexa.

- Ok, reprit la jeune fille. Je sais que vous êtes très occupée mais si vous aviez le temps d'aller voir ma mère, je suis sûre que ça lui ferait vraiment plaisir.

- Que j'aille voir ta mère ? demanda Lexa.

- Oui ma mère, reprit Gaïa. Indra Forrest.

- Tu es la fille du coach ? s'exclama l'ancienne joueuse.

- Heu… Oui. Je pensais que vous le saviez.

- Non, non je ne savais pas. Je crois que la dernière fois que je t'ai vu, c'était le soir de la finale. Ta mère te portait sur ses épaules.

- C'est possible.

- Wahoo. Comment va le coach ?

- Elle travaille pour l'université du Maine. Coach principal.

- C'est à presque deux heures d'ici.

- Elle rentre les weekends et le mercredi soir. Depuis que je lui ai dit que vous étiez revenue, elle a hâte de vous voir.

- Je viendrais le weekend prochain, promit Lexa.

- Merci.

Lexa sourit à la jeune femme. Elle avait hâte de voir son ancien coach. Cela faisait plusieurs semaines déjà qu'elle y pensait mais elle n'avait pas eu le temps de reprendre contact.

- On se fait un film ? proposa Madi en commençant à débarrasser.

- On devrait y aller, s'excusa Lexa. Si je ne ramène pas le mioche à sa mère, elle va m'en vouloir. On nettoie et on file.

- Pas la peine, Gaïa et Madi vont s'en charger.

- Ça ne nous dérange pas, précisa le garçon.

- Je ne voudrais pas qu'Anya m'accuse de monopoliser son fils, rigola Clarke.

- Merci beaucoup pour le repas Miss Griffin, remercia Aden.

- A lundi Aden, répondit son professeur.

Hésitante, Lexa finit par dire au revoir d'un signe de la main. Pendant un instant, elle avait pensé aller prendre Clarke dans ses bras. C'était une façon amicale comme les autres de se saluer. C'était comme ça qu'elles s'étaient dit au revoir pendant des années. Malgré la timidité de Lexa, Clarke avait toujours tenue à la pousser hors de sa zone de conford. La joueuse préféra éviter. Elles n'étaient plus assez proche.

Lexa referma la porte derrière elle après avoir poussé son neveu dehors. La soirée de ce soir avait été rafraichissante. Bien que simple, Lexa ne s'était pas sentie si à l'aise avec des personnes depuis bien longtemps.

- Lex ! cria Clarke en ouvrant la porte.

La brune se retourne, surprise.

- Lundi O', Raven et moi on déjeune ensemble au Loco. C'est une tradition de rentrée. N'apporte pas ton repas, tu viens avec nous.

- Okay.

Clarke sortit complètement de la maison et s'approcha de la jeune femme. Le sourire aux lèvres, elle prit Lexa dans ses bras et la serra légèrement.

- On se voit lundi collègue !

Sans que Lexa ait le temps de répondre, la blonde se dépêchait de rentrer chez elle.

- Ma tante et ma prof. Il me manquait plus que ça, rigola Aden.

- La ferme nimbus !