Bonjour tout le monde !

Contrairement à ce que l'on peut croire, je ne suis pas en retard ! On est bien dimanche ! Ok, ça fait deux semaines depuis la chapitre 4, mais étant donné que j'avais tout juste commencé le 5... c'est une victoire !

Merci à tous pour vos commentaires et votre patience. Je suis désolée de ne pas pouvoir répondre au guest, mais vos reviews me touchent beaucoup :D

Et un grand grand merci à Imdweil pour son énorme travail ! J'ai oublié de le remercier la semaine dernière, shame on me !

Sinon, j'espère que la suite vous plaira :D


Vous êtes-vous déjà demandé quelle trace laisse notre passage sur terre ? Si une seule vie peut réellement avoir un effet sur le monde, ou si les choses que nous faisons ont une quelconque importance ? J'avais pris l'habitude de croire que oui. En tant que joueuse mondialement connue, j'aidais les jeunes filles à croire en leurs rêves. Aujourd'hui, je n'en suis plus si sûr. Que je joue au foot, que je réalise mes rêves, ou même que je me blesse, n'avait en rien changé le monde dans lequel nous vivons.

Lexa était assise nerveusement derrière son volant. Elle venait de se garer sur le parking du lycée pour son premier jour officiel. Elle savait qu'il était inutile de stresser. Cela faisait maintenant un mois qu'elle entraînait l'équipe et tout se passait bien. La seule différence, c'était la rentrée. Le lycée allait se remplir de plusieurs centaines d'élèves. Elle allait croiser des professeurs. Elle devrait faire la conversation avec ses collègues. Et surtout, le championnat commençait officiellement. Lexa n'avait plus le droit à l'erreur.

- Ce n'est que le lycée après tout, souffla Lexa en ouvrant la portière de sa voiture.

Octavia lui avait donné rendez-vous à 9h dans son bureau. Les couloirs étaient relativement vides. La première période des élèves avait déjà commencé. A part les gros retardataires ou les très en avances, il y avait très peu d'étudiants en dehors des salles de cours.

Lexa traversa le grand hall d'entrée en repensant à la dernière fois qu'elle avait passé ces portes. La cafétéria était toujours à la même place. La bibliothèque était toujours indiquée dans le couloir ouest. Un grand nombre de casiers orange ornaient les murs de chaque côté des couloirs. Rien ne semblait avoir changé. Peut-être que la peinture avait été refaite mais la couleur restait la même. Le coach en conclut que le bâtiment administratif devait toujours être dans l'aile est, juste à côté des salles d'histoires. Elle traversa plusieurs couloirs, le souvenir de ses années bien ancrées dans sa mémoire. Lexa s'arrêta devant l'ancienne vitrine des trophées, espérant jeter un coup d'œil à la coupe qu'elle avait aidé à remporter. Elle était bien là, au centre de l'étagère, la photo de l'équipe féminine à son pied. Mais ce n'était pas tout. Les autres trophées, remportés par les différentes équipes de l'école au fils du temps, avaient été remplacés par une réplique des autres récompenses qu'avait pu recevoir la joueuse durant sa carrière. Il y avait des médailles, des petites coupes, mais surtout des coupures de journaux et des couvertures de magazines.

- Je t'avais dit qu'ils t'avaient fait tout un autel, dit Octavia en s'arrêtant à côté d'elle.

- Où sont passés les médailles de natation ? La coupe du 400m relais ? Et toutes les autres gagnées ces dernières années ?

- On n'en a pas gagné tant que ça, avoua son amie. Les autres ont été déplacées dans le couloir menant à la piscine.

- Ce n'est pas un peu bizarre ? demanda Lexa

- Naah. Tu es la fierté de Polis High. Et même, de Polis tout court. On aime rappeler au monde entier que tu viens d'ici. On va dans mon bureau ?

Sans attendre la réponse de la jeune femme, la vice-principale s'éloigna d'elle. Le bureau d'Octavia se trouvait juste à côté de celui de la conseillère d'orientation et du principal, en face de l'accueil. O' lui fit signe de s'installer sur la chaise en face d'elle.

- J'ai la copie signée de ton contrat, celle de ton assurance et ton emploi du temps.

- Je crois que je peux me rappeler de l'heure de mes entraînements, ironisa Lexa.

- Il y a toutes les dates importantes de l'année, les réunions, les galas, tes heures d'éducations à la santé.

- Mes heures d'éducation à la santé ? répéta le coach.

- Une fois par mois tu dois animer les discussions autour de la santé avec les élèves de secondes.

- C'est une blague ?

- Non. C'était écrit dans ton contrat. Tous les membres du département sportif gèrent un niveau. Tu as les secondes, Pike les premières, et les terminales sont avec le prof de natation.

- Ce n'est pas ce que je crois, n'est-ce pas ? demanda Lexa en se rappelant de ses propres cours d'éducation à la santé… D'éducation à la sexualité devrait-elle dire. Elle se rappelait encore de la gêne ressentit par les élèves et leur prof.

- Malheureusement si ! Evite les vielles vidéos, prends véritablement le temps de les écouter et tout ira bien.

- Je te hais.

- C'est une fois par mois ! Tu vas survivre.

- Non. Je te hais vraiment, insista Lexa.

- Et je pensais que c'était Lincoln le dramatique de la bande !

- Ce n'est même pas comparable, rigola l'ancienne joueuse.

- Et sinon, tu es prête pour jeudi ? demanda la vice principale.

- Jeudi ? Aux dernières nouvelles, les matchs s'est le vendredi soir.

- Je parle du barbecue de rentrée. Ne me dis pas que tu as oublié ! râla O' en voyant l'air surpris de son amie.

- Le barbecue de rentrée ?

- Le barbecue que le Coach organise tous les ans avant le premier match de la saison. Les parents des joueuses, le staff, les sponsors, tout le monde est invité à venir fêter le début de la saison. Tu ne t'en rappelles pas ?

- Si, si… Je ne savais juste pas que vous le faisiez encore.

- C'est une tradition ! L'une des seules de l'équipe. Tu es censée recevoir une soixantaine de personnes d'ici trois jours.

- O', je vis sur une péniche. Comment tu veux que je reçoive plus de 4 personnes ? demanda Lexa. Même chez Anya ce ne serait pas assez grand.

- Heureusement, je suis plus douée que toi. Le maire a accepté que tu utilises le parc près du lac. Tu as juste à te procurer de quoi boire et manger. Et, trouver quelqu'un pour gérer le feu. Lincoln ne s'en sort pas trop mal si je me rappelle bien.

- La veille du match ? T'es sûre que c'est une bonne idée ? demanda Lexa. J'ai déjà plein de truc à faire. Gagner le match est bien plus important qu'un barbecue n'est-ce pas ?

- Lex… C'est la tradition. Tout le monde adore. C'est aussi l'occasion de récolter des sous pour l'équipe. Cette année tu vas attirer plein de curieux. C'est vraiment une bonne chose pour le lycée et le foot féminin. Surtout… que c'est peut-être la dernière occasion que nous avons de le faire.

Lexa souffla. Elle avait tellement de chose à faire et penser avant leur premier match. Elle aurait aimé pouvoir passer tout son temps sur la préparation. Les enjeux étaient importants. Son secret pour gérer la pression avait toujours été de travailler chaque seconde. Elle devait prendre conscience que la communauté, dans laquelle elle vivait maintenant, faisait aussi partie de son travail.

- Ok ! J'irais faire des courses demain.

- Je m'occupe de tout ce qui est chaise et table si tu veux ! Ça sera déjà ça en moins.

- Merci.

- En attendant, si tu as besoin de matos, tu n'as qu'à mettre un message en salle des profs. Je suis sûre qu'ils seront ravis d'aider.

- J'ai accès à la salle des profs ?

- Bien sûr ! Je te préviens, le café est dégueulasse. Allez, oust, j'ai du boulot !

Lexa leva les yeux au ciel. Elle se leva en silence et quitta le bureau de son amie.

- Oublie pas ce midi ! entendit-elle crier en refermant la porte derrière elle.

La brune souffla un bon coup. Les galas, les fêtes ou les collectes de fonds n'avaient jamais été son truc. Elle savait que cela faisait aussi partit du métier, comme les journalistes et les contrats publicitaires, mais elle n'avait jamais réussi à apprécier ce côté-là de sa carrière. Lexa aimait jouer, sentir sa transpiration lui piquer la peau, entendre son rythme cardiaque et sa respiration s'accélérer. Elle avait choisi ce métier car ce n'était que balle aux pieds qu'elle se sentait vraiment bien. Faire gagner son équipe avait toujours était son objectif. Savoir qu'elle s'était dépassée pour remporter un match, une compétition ou pour faire vibrer le public, voilà ce qui l'avait motivé toutes ces années. En acceptant l'offre de Polis High, elle avait cru qu'elle pourrait continuer son combat en étant sur le bord du terrain mais avec toujours les mêmes objectifs : l'amour du jeu et la victoire. Elle était prête à analyser des heures et des heures de matchs, inventer toutes sortes de combinaisons et pousser ses joueuses pour qu'elles puissent donner le meilleur d'elle-même. C'était sa nouvelle mission. Elle avait simplement oublié que Polis était une petite ville. Et que comme toutes les petites villes, les habitants formaient une véritable communauté. Une communauté dont elle faisait maintenant partie. Elle avait aussi des obligations envers celle-ci.

- Et merde, lâcha Lexa.

La brune se dirigea vers la salle des professeurs, ne sachant pas réellement ce qu'elle cherchait à y faire. En arrivant ce matin, elle s'était fixée comme mission d'éviter à tout prix ses collègues, ne voulant pas s'embêter avec la petite conversation. Qui se souciait vraiment de comment s'était passé le weekend d'une personne qu'elle ne verrait jamais hors des murs de leur travail ? Rien que l'idée de leur demander de l'aide faisait frissonner Lexa. Mais elle était prête à tout pour que la saison des Night Bloods soit la meilleure que l'équipe ait connu. Si pour cela elle devait faire ami-ami avec ses collègues et organiser un barbecue, alors elle deviendrait la meilleure collègue qu'il puisse exister et lancerait la fête de début de saison la plus réussite que la ville n'ait jamais connu.

Lexa poussa la porte de la salle sans hésiter. C'était la première fois qu'elle se retrouvait de ce côté du couloir. Elle ne savait pas vraiment à quoi s'attendre en y pénétrant. Pour être tout à fait honnête, elle avait très peu pensé à ses professeurs quand elle n'avait pas de devoir à rendre. Aujourd'hui, ce n'était plus une élève. Elle fut agréablement surprise de se retrouver dans une grande pièce lumineuse. Il y avait : une table centrale entouré d'une vingtaine de chaises, plusieurs canapés placés en face d'une télé murale, plusieurs bibliothèques remplis d'ouvrages, et des cassiers aux noms de tous les professeurs. Mais la surprise n'était pas de trouver une pièce chaleureuse, mais que celle-ci ne soit pas vide. La seule personne avec qui Lexa aimerait discuter pendant son temps de travail était debout près du coin cuisine, se servant une tasse de café.

- Je ne m'attendais pas à te voir ici, sourit Clarke.

- Je n'avais pas l'intention de me mélanger plus que ça, avoua Lexa.

- Je suis contente que tu es changé d'avis. Du café ?

- O' m'a prévenue de son goût infecte.

- C'est vrai qu'il y a meilleur, rigola le professeur d'art. Mais je n'arriverais pas à tenir toute une journée dans une salle remplie d'adolescents sans ma dose de caféine.

- Compréhensible.

Lexa regarda Clarke s'installer sur l'un des sofas sans bouger. Elle ne savait pas réellement ce qu'elle était venue faire et comment se comporter.

- Tu comptes rester planter au milieu dans la salle longtemps ? demanda la blonde.

- Je n'ai pas vraiment réfléchi à ce que je ferais une fois ici, avoua Lexa en venant s'installer en face d'elle.

- C'est le meilleur moment pour parler avec tes collègues, savoir s'ils ont passé un bon weekend et se plaindre de tes élèves…

- Je sais déjà que tu as passé un très bon samedi soir !

- En effet, qui aurait cru que Lexa Woods était de si bonne compagnie ?

- Si on en croit le New York Times, elle est l'une des femmes les plus inspirantes de cette décennie.

- Ils ne doivent pas être au courant qu'elle parle d'elle à la troisième personne alors, rigola Clarke.

- Touché.

Lexa laissa le silence s'installer entre elle deux. Même si elle le souhaitait, elle ne saurait pas quoi dire. Cela avait toujours été le cas avec Clarke. La blonde avait toujours été à l'origine de leur conversation. La joueuse ne s'était jamais sentie assez à l'aise. Une fois leur année de troisième passé, Lexa avait cessé d'être constamment ridicule en la présence de Clarke pour ne l'être qu'une fois sur trois. Malgré tout, Lexa avait toujours eu peur de se ridiculiser tellement la jeune femme l'envoutait. Aujourd'hui, tout était censé être différent. Lexa n'était plus cette ado sans expérience, intimidée par une jolie fille. Au contraire, elle était enjôleuse et elle flirtait avec facilité et plaisir. Pourtant, l'effet que Clarke avait sur elle ne semblait pas avoir changé. En la présence de la blonde, elle continuait à perdre tous ses moyens. C'était ridicule.

- Tu avais bien une idée en tête en venant ici, non ?

- J'espérais trouver de l'aide pour cette soirée que je suis censée organiser jeudi.

- Le lancement de la saison ? Tout le monde t'attend au tournant.

- Sérieux ? Super. Comme si je n'avais pas assez la pression avec cette histoire de dernière chance pour les Night Bloods.

- C'est qu'une soirée. Tu vas gérer.

- Yeah… Justement. Tu n'aurais pas d'idée ? Je ne sais même pas ce que je dois préparer, avoua Lexa. A ton avis c'est plus caviar ou hot dog ?

- Hot-Dog sans hésitation.

- C'est quoi ton fromage préféré ?

Clarke ne put s'empêcher de rire. Ok, c'était une question absurde. Qui posait ce genre de question.

- Est-ce que le New York Times sait que tes capacités sociales sont proches de zéro ?

- Moque-toi de moi. Vas-y. Je me demandais juste quel type de fromage prendre, je me la joue chedar ou gouda ?

- Mais est-ce que tu t'entends parler ? Tu crois vraiment que les gens vont venir à cause du fromage ? Ils veulent passer un bon moment entre amis, rigoler, parler de foot, te rencontrer. Je peux t'assurer qu'ils se moquent du type de fromage que tu sers.

- Tu as sûrement raison. Mais ça ne me dit pas ce que je dois préparer.

- Tu devrais aller voir Monty, lui et Harper préparent le repas de noël de la ville chaque année. Il te trouvera tout ce dont tu as besoin.

- Je ne veux pas le déranger.

- Ce ne sera pas le cas. Et, si tu es gentille avec Earl le poissonnier du port, il te préparera tout pour que tu fasses braiser des coquillages. Tout le monde en raffole toujours. Il te fera croire qu'il te rend un grand service, mais en vrai, Earl n'attend que ça, rendre service. Pense à de la musique. Pas la peine d'inviter un de tes potes célèbres, spotify fera l'affaire.

- Tu ne voudrais pas l'organiser à ma place par hasard ?

- Nop. J'ai du travail ! D'ailleurs, même si c'était agréable de boire ce café avec toi, j'ai une quinzaine d'élèves qui ne vont pas tarder à arriver. Il faut que j'aille préparer ma classe.

- Et j'ai une dizaine de vidéos à analyser, répondit Lexa.

- On se voit à midi.

Une fois dans son bureau, Lexa essaya de ne plus penser à cette fête qu'elle devait organiser. Avec Jasper et Lincoln, ils passèrent la journée à éplucher les anciens matchs de leur prochain adversaire, et à revoir leurs séances d'entraînements pour savoir précisément quoi travailler cette semaine. Comme prévu, les filles se donnèrent à fond. Elles exécutèrent les tactiques énoncées par Lexa avec de plus en plus de facilité. Leur jeu de défense était de plus en plus serré, et les défenseuses gagnaient leur duel. Lexa commença vraiment à croire qu'elles avaient toutes leurs chances de remporter leur premier match. Ce sera une compétition serrée, mais la victoire pourrait être au rendez-vous.

Pour la première fois depuis des semaines, Lexa quitta les vestiaires juste après l'entraînement des filles. Elle suivit le conseil de Clarke et alla voir Earl. Le vieil homme fit semblant d'être déranger mais fini par lui promettre de l'aider. Il avait, d'après lui, la recette de fruit de mer braisé préféré de tous les habitants de Polis. Lexa enchaîna directement avec Monty. La ferme Green était l'une des plus grandes fermes de la région. C'était là-bas que le jeune garçon avait grandi. D'après ce qu'Harper lui avait dit pendant la soirée jeu, Monty avait récupéré le business de ses parents après leur départ à la retraite. Lexa avait à peine fini sa demande que le jeune homme était déjà en train de charger dans sa voiture une quantité astronomique de carotte, choux et céleri pour qu'il puisse venir faire son fameux coleslaw Harper rentra du travail, Jordan dans les bras, quelques minutes après son arrivée. Et malgré toutes les protestations de Lexa, elle insista pour qu'elle mange chez eux. Elle passa la soirée à se remémorer des vieilles histoires et à jouer avec Jordan. Le petit Green avait un sourire envoutant, et il savait en jouer. Il avait réussi à rester sur les genoux de Lexa toute la soirée.

En rentrant chez elle, la jeune femme souffla. Elle s'affala sur son lit, le sourire aux lèvres. Elle venait de passer une journée surprenante. Dans le bon sens du terme. Elle avait été productive, tout en restant concentrer sur le foot et en créant des liens avec les gens de la ville. Ce n'était pas grand-chose, en soi, mais Lexa n'était pas habitué à avoir une vie hors du foot et de sa famille. En signant son contrat à Polis High, elle avait, sans s'en rendre compte, reprit son schéma habituel de vie qui consistait à placer le foot avant tout. O', Clarke et tout Polis étaient prêts à lui faire comprendre que ça ne pouvait plus durer. Cela ne suffirait pas. Lexa devait se reconstruire entièrement, et revoir ses priorités. Elle en était consciente. Au fils de la semaine, elle commença à croire que ce n'était pas si grave. Alors que son quotidien se mettait doucement en place, Lexa prenait peu à peu du plaisir à retrouver les gens de la ville, faire la petite conversation à la caisse du supermarché, saluer les habitués traversant le port, rire avec la barista de son café préféré. L'ambiance que l'on trouvait dans une petite ville comme Polis était agréable quand on prenait la peine de participer.

Entre la préparation du premier match de la saison et celle de la soirée de lancement, Lexa ne vit pas jeudi 17 arriver. Octavia, Lincoln et Jasper venaient tout juste de terminer d'installer les tables et les chaises que les premiers invités arrivèrent. Malgré le stress, Lexa se laissa rapidement gagner par la bonne humeur de tout le monde. Comme l'avait prévu O', il y avait beaucoup plus de monde que les années précédentes. La présence du maire ou de tout le conseil du lycée ne faisait ni chaud ni froid à Lexa. L'important c'était de pouvoir rencontrer les familles de ses joueuses et de prendre le temps de se présenter. Après tout, elles lui faisaient confiance pour s'occuper de leurs filles.

- Tout à l'air réussi, lui sourit Clarke en arrivant avec Madi.

- Merci de nous recevoir Coach. On va tout donner demain, promit la jeune fille.

- Je n'en doute pas Madi. J'ai confiance en vous.

- Le championnat est à nous !

- On en reparle demain soir, dit Lexa. N'hésitez pas à vous servir. Il y a manger pour trois jours.

- Je vais aller voir Aden avant. Il est censé me montrer l'autographe d'Alex Morgan que vous lui avez donné, lâcha Madi en s'éloignant.

Clarke regarda sa petite sœur partir en souriant. Elle se rappelait ce que cela faisait d'avoir 16 ans et de prendre peu à peu son indépendance. Elle avait eu une très belle adolescence et faisait tout son possible pour que Madi vive une expérience similaire.

- Si elle veut je peux aussi lui en avoir un.

- Et de Megan Rapinoe ? C'est sa joueuse préférée, elle ne s'en remettrait pas.

- Tu sais que Seattle a toujours été l'adversaire de Portland ? demanda Lexa. Mais, je verrais ce que je peux faire.

- Si tu y arrives, tu feras de Madi l'ado la plus heureuse du monde. Et, je deviendrais la meilleure grande sœur de l'univers.

- Je suis sûre qu'elle le pense déjà.

- Ce n'est pas ce qu'elle disait hier soir.

- Qu'est-ce que tu as fait ? demanda la brune en rigolant.

- Mon devoir de grande sœur en lui interdisant d'aller à la fête d'Echo en cas de victoire demain soir.

- Pourquoi tu ne veux pas qu'elle fête sa victoire avec son équipe.

- Echo est en terminale.

- Tu es allée plus d'une fois aux soirées de victoire chez les terminales quand tu avais son âge, fit remarquer le coach.

- Justement ! Je sais très bien ce qu'il s'y passe.

- Ok, ça parait logique, rigola la brune.

La soirée continua sans accident. Tout le monde semblait heureux d'être là. Ils mangeaient, discutaient et rigolaient ensemble. Lexa était appelée de tous les côtés. Tout le monde voulait parler à l'ancienne meilleure joueuse du monde. On lui posa des questions sur sa carrière, mais surtout sur la séance à venir. On sentait que le football féminin avait son importance à Polis. La ville était restée sur sa faim à cause des dernières saisons plus que décevantes, mais l'amour du sport résistait. La venue de Lexa avait redonné espoir aux fans.

Les grillades de Monsieur Earl furent un succès. Lexa était en train de discuter avec la maire de la ville sur la réussite de cette soirée, prenant bien le temps de la remercier de lui avoir permis d'utiliser le parc municipal, quand le principale Kane s'approcha d'elle.

- Miss Woods, je voulais m'excuser de ne pas avoir eu le temps de vous voir depuis votre arrivée. Polis High est très heureux de vous avoir de nouveau dans ses couloirs.

- C'est un plaisir d'être ici, Monsieur.

- Appelez-moi Marcus. Je ne suis plus votre professeur d'histoire, sourit le directeur.

- C'est un plaisir d'être ici Marcus. Même si cela fait bizarre.

- Comment vont vos joueuses ?

- Elles sont stressées. Mais une soirée comme celle-ci va les aider à prendre conscience qu'elles ne sont pas seules.

- Je suis vraiment désolé de vous mettre la pression. Si cela ne tenait qu'à moi, on garderait l'équipe peu importe les résultats de la saison.

- Dommage que le conseil ne soit pas d'accord avec vous. Les filles et moi allons faire de notre mieux. Nous savons ce qui est en jeu.

- Ça fait plaisir à entendre. Et, j'ai confiance en vous. Allons montrer à ses incultes que le football féminin à Polis High est encore important et soutenu.

Lexa lui tendit la main pour sceller le deal. C'était l'objectif, sauver la section féminine de foot qui avait vu l'ancienne meilleure joueuse du monde grandir. Permettre aux jeunes filles de la ville de jouer, de se battre et de rêver.

- Lex', tiens-toi prête ça va être à toi, lâcha O' en s'approchant d'elle.

- A mo-

- Bonjour tout le monde, commença O' un micro à la main. Merci à tous d'être venu. Je sais que vous l'attendez tous, le coach Lexa Woods va prendre la parole.

Lexa perdit rapidement son sourire. Elle n'avait absolument pas idée de ce qu'elle était censée dire. Aux dernières nouvelles, elle venait de nourrir toutes ses personnes. Ce n'était pas assez ? C'était en plus à elle de faire un discours ? Apparemment oui. Tous les regards étaient tournés vers elle. A contre cœur, tout en essayant de ne pas le montrer, elle attrapa le micro que lui tendait Octavia et s'avança un peu.

- Merci à tous d'être là ce soir pour perpétuer cette tradition Night Blood, commença-t-elle. Ça ne date pas d'hier, mais je me rappelle parfaitement le bien que cela fait de se sentir soutenu avant le début du championnat. Que vous soyez là ce soir compte pour toute l'équipe. Cela fait maintenant plus d'un mois que je suis leur coach, et je suis très fière des progrès que les filles ont fait individuellement et collectivement. J'ai confiance en chacune d'entre elles. Nous allons tout faire pour ramener ce trophée au lycée, et faire en sorte que le foot féminin de Polis High retrouve sa gloire. Les filles sont prêtes pour le défi. Nous sommes une vraie équipe. Et, une vraie équipe a toujours besoin de ses supporters. Et, j'espère que vous serez tout aussi nombreux demain soir dans les tribunes pour les soutenir. Merci.

Lexa allait tuer Octavia. Elle allait vraiment finir par le faire. Son amie faisait tout pour que cela arrive. Elle lui tendit le micro sans rien dire. Le crime devrait attendre qu'il y ait moins de témoins

- Evite de la faire souffrir, rigola Raven en voyant le regard assassin de Lexa. Qui changera les couches du petit monstre à 3h du matin si tu la tues ?

- Tu n'aurais jamais accepté si je t'avais prévenu, fit remarquer la vice principale.

- Pourquoi on est amie déjà ?

- Parce que je suis géniale. Tu finiras par t'en rappeler.

- Tu vois ce que je supporte depuis toutes ses années ? rigola Clarke en arrivant à son tour.

- Tu vois ce que je supporte au quotidien ? ajouta Raven.

- Vous m'aimez toutes, n'essayez même pas de dire le contraire.

- Je ne sais vraiment pas pourquoi, lâcha Lexa en prenant son amie par le cou.

Alors que les invités commençaient à poser leurs assiette, Lexa en profita pour enfin s'asseoir. Elle tira O' et les autres avec elle pour s'installer sur l'un des bancs. Raven s'était lancée dans la narration de sa journée. Elle avait particulièrement été déçu de l'un de ses collègues.

- Ma blague était très drôle ! insista la jeune femme. Ce n'est pas de ma faute s'il a le QI d'une huitre.

- Raven, évite de te faire virer, implora O'. Ce n'est pas avec mon salaire qu'on va pouvoir payer la quantité de couches que notre star va consommer.

- Ou alors si ! Fais-toi virer comme ça tu peux leur faire un procès et gagner le double, fit remarquer Clarke.

- Je connais un bon avocat, ajouta Lexa.

Raven allait continuer, utilisant sa repartie légendaire, quand Clarke la fit taire d'un geste de la main. Gaïa et Madi étaient en train d'approcher.

- Ça va ? Vous vous amusez bien les filles, demanda la grande sœur.

- Ouais, c'était sympa. a encore fait des miracles, dit Gaïa.

- Quelques filles de l'équipe veulent aller faire un tour. On peut y aller ? demanda Madi.

- Qui, où et pour combien de temps ?

- Emori, Ontari, Echo et quelques autres. On va juste marcher au bord de l'eau, s'amuser un peu.

- Il y a match demain, fit remarquer Lexa.

- Justement ! On ne compte pas faire n'importe quoi. On veut juste passer du temps ensemble avant le début du championnat.

- Ok, lâcha Clarke. Je vous veux toutes les deux à la maison pour 22h30.

- Clarke, râla Madi.

- On est en pleine semaine, vous avez cours demain. Ce n'est pas négociable.

- D'accord, souffla la jeune fille en partant.

Octavia attendit que les deux ados soient assez loin avant de pouffer de rire.

- Si elle savait ce que toi tu faisais à son âge.

- Tu peux parler. Toutes les conneries que j'ai pu faire étaient tes idées à la base !

- A la fac ce n'était plus le cas, pourtant, tu étais…sauvage, fit remarquer Raven.

- C'est parce qu'ils m'ont conditionné. Avant de rencontrer O', Jasper et Monty j'étais une fille respectable !

- Clarke, tu nous as rencontré en maternelle !

- C'est ma petite sœur. Vous pensez vraiment que je devrais être plus… cool ?

- Non, répondirent-elles toutes les trois en même temps.

Lexa pouvait totalement se faire à ce style de vie. S'il y a quelques jours l'idée d'être l'organisatrice d'un banquet au milieu du parc de la ville où elle avait grandi la terrifiait, elle devait admettre que la vie à Polis était agréable. Les gens se souciaient vraiment de leurs voisins. Être près d'Anya et Aden n'avait pas de prix. Et, maintenant qu'elle avait retrouvé ses amis d'enfance, elle ne s'imaginait pas devoirs les quitter. Ce mode de vie n'avait rien avoir avec celui dont elle avait pris l'habitude, mais cela faisait du bien. Lexa en avait marre de toujours devoir faire en sorte que son image soit diffusée. Pour une fois dans sa vie, elle pouvait faire ce qu'elle voulait sans se soucier des conséquences sur sa carrière. Cela ne l'empêchait pas d'être admiré. Plusieurs fois dans la soirée, des jeunes filles étaient venues lui demander son autographe ou une photo, et ça ne l'avait pas dérangé. Elle restait malgré tout une inspiration pour beaucoup de jeune femme, et une célébrité locale qu'elle le veuille ou non. Mais il n'y avait plus de tension et de pression.

La soirée s'essouffla d'elle-même assez tôt. C'était un soir de semaine et la mairie avait autorisé le regroupement que jusqu'à 23h. Octavia, Clarke et Lincoln aidèrent Lexa à nettoyer le plus gros avant que l'équipe municipale viennent rechercher toutes les tables et chaises dès le lendemain matin. Lincoln ramena Octavia, laissant Clarke et Lexa seules.

- Tu veux que je te raccompagne ? proposa la blonde.

- Je dois aller récupérer quelques choses au lycée.

- A cette heure-ci ?

- J'ai vraiment envie de m'en débarrasser une bonne fois pour tout, précisa Lexa.

- Tu veux de la compagnie ?

- Tu n'es pas obligée.

- Ça me fait plaisir, insista Clarke. Allez, marche !

Lexa n'avait aucune raison de refuser. Elle aimait la compagnie qu'offrait Clarke. Elle se sentait toujours plus calme. Cela changeait du lycée où elle avait été mal à l'aise rien qu'en pensant à la jeune femme.

Elles marchèrent côte à côté en silence le long de la route. Le lycée n'était qu'à quelques minutes à pieds. Aucune des deux se sentaient obligées de parler. Il y avait un aspect rassurant à pouvoir être ensemble sans avoir à forcer la conversation. Elles étaient assez bien ensemble pour ne pas être gênée du silence.

En arrivant près du terrain de foot, elles furent surprises de la lumière et des éclats de voix qui se faisaient entendre. Lexa fit signe à Clarke de la suivre jusqu'en bas des gradins pour voir ce qu'il se passait. Cachées dans l'obscurité, elles observèrent les intrus. Elles ne mirent pas longtemps à reconnaître les adolescents qui rigolaient au centre du terrain.

Echo posa sa bouteille au sol et attrapa l'un des ballons qui trainaient. Elle commença à faire de jongle sur place avant d'envoyer le ballon sur Madi. La jeune femme, qui n'était pas prête, laissa tomber la bouteille qu'elle avait dans les mains.

- Je vais la tuer, commença Clarke.

- Clarke… C'est qu'une bière.

- Parce que tu trouves ça normal que tes joueuses boivent sur ton terrain la veille de match ?

- Non. Bien sûr que non. Elles relâchent juste la pression. Ce n'est pas une excuse. Mais… Je peux les comprendre.

Gaïa n'arrêtait pas de rire en voyant son amie paniquer. Madi savait qu'il serait difficile de cacher l'odeur de bière sur ses habits maintenant que la moitié de sa boisson s'était renversée sur elle. Lexa et Clarke l'entendait répéter « Ma sœur va me tuer. ».

- Elles ont le droit d'être là ?

- Nop.

- Et, tu comptes aller leur dire ?

- Non plus.

- Elles ne risquent pas d'avoir des problèmes si elles se font choper par quelqu'un d'autre ? demanda Clarke inquiète.

- Octavia comprendra. Elle a été à leur place. Le pire qui puisse leur arriver c'est d'être collées jusqu'à la fin du semestre. Si tu savais combien de fois O', Harper et moi on s'est retrouvées dans la même situation. C'est une façon de créer des liens hors du terrain. C'est une manière de former une vraie équipe.

Emori, allongée sur la pelouse, se releva rapidement et attrapa la balle qu'Echo venait d'envoyer sur la petite sœur Griffin. La jeune femme commença à dribbler des adversaires invisibles, avant qu'Ontari et Niylah se mettent à jouer à leur tour. Alors que la jeune attaquante tenter un petit pont sur leur gardienne, la balle fut contrée et arriva dans les pieds de Madi. La jeune femme fit signe à son capitaine de prendre de la vitesse. Elle dribbla Emori et évita le tacle d'Ontari. Madi garda la balle aux pieds pour gagner du temps. Quand elle vit Echo enfin en place, elle s'immobilisa une seconde avant de taper de l'extérieur du pied le ballon. La trajectoire de la balle était parfaite. Il y avait tout juste assez de puissance pour que le ballon arrive directement sur Echo. Sans stopper sa course, la jeune femme frappa, envoyant la balle en pleine lucarne.

- Gooooooooooaaal ! rigola la plus âgé des jeunes femmes sur le terrain en courant vers ses partenaires. Je te jure Madi, si tu es capable de faire de telles passes demain, on est sûr de gagner.

- Tu déconnes ? commença Emori. Si elle est capable de faire de telles passes en plein match, on est sûre de remporter le championnat !

- Arrêtez, elle va finir par prendre la grosse tête, lâcha Ontari.

- Je vous rassure, elle l'a déjà, rigola Gaïa

Madi se jeta sur son amie sans attendre. Les deux jeunes femmes roulèrent au sol en rigolant.

Clarke sourit en voyant la scène qui se déroulait devant elle. Elle se tourna vers Lexa pour lui demander si les amies de sa sœur avaient raison.

- Elle est vraiment si douée que ça ?

- Oui, elle l'est. Mais c'est encore un diamant brut : jeune et inexpérimentée. Elle va avoir beaucoup de travail, mais elle a tout le talent pour devenir pro.

- Tu feras attention à elle ? Elle va vouloir sauter les étapes, ou aller trop loin. Elle va avoir besoin de quelqu'un qui prend soin d'elle.

- Je compte bien l'accompagnée du mieux possible, dit Lexa.

- Alors je n'ai rien à craindre, sourit nerveusement Clarke.

- Allez, laissons-les. Je ne suis pas sûre que ta petite sœur apprécie que tu l'espionnes.

- Elle a déjà de la chance que je n'aille pas la chercher devant tout le monde !

Lexa attrapa l'artiste par le bras et la tira vers les vestiaires. Elle alluma son bureau et fit signe à son amie de s'asseoir. L'enveloppe qu'elle cherchait était posé sur le dessus de sa paperasse. Elle la saisit et l'enfourna dans son sac.

- Tu veux un verre ? proposa-t-elle en s'installant dans son fauteuil.

- Tu le mondes bois au lycée maintenant ? rigola Clarke.

- Ahaha, commença Lexa. C'est juste une bouteille que j'ai confisquée à un des gars en début de semaine. Vu que je ne compte pas la boire…

- Ça ira.

- Clarke, ce n'est pas parce que je ne bois pas que tu ne peux pas.

- Je sais. Je sais. Mais, je n'en ai pas besoin ou envie.

- Ok, sourit le coach.

- Bon ! Est-ce que tu vas enfin me dire qu'est-ce que ça fait ?

- Pardon ? demanda Lexa. Qu'est-ce que ça fait… quoi ?

- De vivre son rêve. Tu évites les sujets sur ton ancienne vie j'ai l'impression.

- Tu rigoles ? Je t'ai tout déballer sur Costia, s'indigna Lexa.

- Ok, c'est vrai. Tu t'es ouverte à propos de Costia. Mais, je ne la connaissais pas. Je veux savoir ce que toi tu as ressenti quand tu as réalisé ton rêve.

Lexa resta silencieuse un instant. Elle se remémora le moment précis où, pour la première fois, elle entra sur un terrain de foot pour disputer un match de première division. Elle avait encore 17 ans et était la recrue la plus jeune de son club. Elle en avait encore des frissons. Ce n'était rien en comparaison à sa première fois en équipe nationale. Elle était à peine plus âgée. La sélectionneuse de l'USA National Team avait choisi de lui donner sa chance lors d'un match de préparation de coupe du monde. Les Etats Unis jouaient contre le brésil. Elle pouvait encore sentir son cœur battre à toute vitesse en entendant les premières notes de l'hymne nationale.

- C'est inimaginable. On se fait tous des films dans nos têtes. On s'imagine ce que l'on va ressentir. Mais rien n'est comparable. La réalité est tellement plus fort que tout ce qu'on a pu penser. C'est un sentiment de plénitude complète.

- Et tu penses réussir à vivre sans ? osa demander Clarke.

- Dès que je montais sur un terrain, je me sentais enfin vivante à 300 %. C'était addictif. Je ne pouvais plus m'en passer. C'est pour ça que je n'ai jamais cessé de travailler. Le but était d'être la meilleure, pour toujours avoir la possibilité de continuer à jouer afin de revive ce sentiment, encore et encore.

- Tu le vois comme une addiction ?

- Ouais… C'est une drogue. Ce que tu ressens en réalisant ton rêve, cette euphorie, c'est une véritable drogue. Ça va être difficile de vivre sans. J'aurais toujours envie de remonter sur la scène, de jouer ces 90 minutes. Surtout que je reste sur ma faim. Je n'ai pas accompli tout ce que je voulais. Je ne suis pas allée au bout.

- Le temps va aider, c'est encore récent, fit remarquer Clarke.

- Je sais. Comme toute addiction, un sevrage est nécessaire. Je pense qu'il faut surtout que je trouve un équilibre. Il faut que j'arrive à retrouver des sensations similaires à travers autre chose que le foot.

Clarke se leva de son fauteuil et s'approcha d'elle. La jeune femme avait remarqué la flamme qui s'était allumée dans les yeux de son amie quand elle s'était souvenue de son premier match. Elle avait aussi remarqué le moment précis où cette lueur avait disparue quand Lexa évoqua la fin de sa carrière. La blonde se pencha en avant et passa ses bras dans son dos pour la serrer contre elle. La peintre détestait être si impuissante. Elle trouvait ça injuste que Lexa ait trouvé ce qui la rendait heureuse et entière mais qu'elle ne puisse plus jamais le faire.

- La prochaine fois on parle de toi, rigola Lexa.

- Ma vie ? répéta Clarke. Plus banale tu meurs.

- Je suis sûre que ce n'est pas vrai.

- Peut-être pas. Mais ce n'est pas pour ça que ça vaille la peine d'en parler.

- Ne di-

- Allez, on devrait rentrer, la coupa Clarke. Madi a déjà dépassé son couvre-feu et j'ai hâte de voir sa tête quand elle réalisera que je l'ai remarqué.

- Tu es sadique.

- Traumatisé sa petite sœur c'est la plus grande joie des grandes sœurs du monde entier.

Lexa leva les yeux au ciel en éteignant la lumière de son bureau. Anya avait exactement la même philosophie. Elle ferma la porte de son bureau et suivit son amie déjà dehors. Malgré les protestations, Lexa insista pour raccompagner Clarke jusqu'à sa voiture. Ce n'était qu'un léger détour avant de rejoindre le port.

Une fois seule chez elle, elle s'installa sur son canapé et sorti l'enveloppe qu'elle venait de récupérer de son sac. Elle l'ouvrit pour retirer la liasse de papier qu'elle contenait. « Costia Angela Green / Alexandra Penelope Woods ». Lexa tourna les pages du contrat jusqu'à la dernière. Elle l'a parcouru du regard rapidement, ne s'attardant pas sur les détails qu'elle avait déjà lu et dont son avocat avait examiné chaque sens. Elle attrapa un stylo qui trainait sur la table basse, et sans réfléchir plus longtemps signa. Il était temps qu'elle arrête de s'accrocher à son passé. Si elle voulait avoir une véritable chance d'être heureuse sans sa carrière de foot professionnelle, elle devait tirer un trait sur tout ce qui lui rappelait ce qu'elle avait perdu. Lexa voulait vraiment se donner une chance. La semaine qu'elle venait de passer lui avait ouvert les yeux.

- Il n'y a plus qu'à gagner, chuchota-telle.

/

C'était la mi-temps du premier match du championnat. Dans les vestiaires, Lexa ne savait par où commencer. Toute son équipe attendait ses instructions.

- Jasper ! Rappelle-moi les stats, ordonna le coach.

- Possession 40/60 pour les Night Bloods. Tirs cadrés, 3/7 pour les Night.

- Bien. Qui peut m'expliquer pourquoi on est en train de perdre 1/0 alors que nous sommes clairement au-dessus ? Quelqu'un à la réponse ? Parce que moi, je ne comprends pas. On devrait mener au score, et de loin. Alors, qui peut me dire ce qu'il se passe ?

Echo baissa les yeux. Elle ne savait que répondre. Sur le papier comme sur le terrain, les Night étaient plus fortes que leurs adversaires. Pourtant, elles étaient menées après un penalty.

- Echo ! Tu es censée être l'une des joueuses les plus rapide de l'état. Tu m'expliques pourquoi tu n'arrives pas à passer derrière leur milieu ?

- Je-, commença la jeune femme.

- Emori ! Tu es notre finisseuse. Je peux te citer au moins 3 actions où tu aurais dû envoyer le ballon au fond des filets. Ressaisi toi. Madi !

- Oui coach ?

- Tu fais du bon travail. Essaye de trouver Ontai plus souvent, elles ne défendent pas autant sur elle que sur Emori. Ontari, prend un peu confiance et frappe comme tu sais si bien le faire.

- 5 min avant le début de la deuxième période, rappela Lincoln.

- Premier match, première victoire. Je compte sur vous pour concrétiser nos actions.

Dès son retour sur le terrain, l'équipe était remotivée. Lexa le remarqua en voyant l'extra vitesse qu'essaye de donner Echo à toutes ses courses. Elle le voyait dans la précision des passes faites par Madi, leur permettant d'augmenter leur possession de balle. La défense gagnait tous ses duels. Une grande partie du match se déroulait dans la moitié de terrain adverse. Le but de l'égalisation commença par une récupération d'Echo à quelques mètres de leur surface de réparation. La jeune femme montra sa vitesse en remontant son côté, balle aux pieds. Madi était venue en renfort, montant plus haut qu'habituellement pour qu'Emori puisse se placer dans la surface. C'était une tactique qu'elles avaient répété un nombre incalculable de fois. Echo passa la balle à Madi. La jeune femme lui remit dans un une-deux parfait clouant sur place leur adversaire. Sans vis-à-vis pour la gêner ou la contrer, la capitaine des Night Bloods centra. Emori, parfaitement placée, coupa la trajectoire avec sa tête. La gardienne ne put rien faire.

Malgré leur réussite, les filles se replacèrent rapidement. Elles fêteraient leur réussite fois qu'elles auraient remportés la victoire. Leur adversaire essaya de reprendre l'avantage mais sans succès. Avec leur possession de balle, les joueuses de Polis High monopolisaient le ballon. Madi donnait de l'énergie au match grâce à ses très bonnes passes. Elle faisait preuve d'un grand réalisme pour une si jeune joueuse. A dix minutes de la fin, la petite sœur Griffin récupéra la balle pour tirer un corner. Ayant la meilleure visée de l'équipe s'était sur elle que revenait la tâche de tirer la plupart des coups de pieds arrêtés. La jeune fille se concentra. En voyant le placement de ses coéquipières, elle savait exactement où tirer. Le ballon passa à quelques millimètres de la tête d'Echo. La gardienne sortit de ses cages et le boxa le plus loin possible. Il passa au-dessus de toutes les joueuses dans sa surface. Il atterrit aux pieds d'Ontari, qui était restée en retrait pour éviter un contre. L'attaquante contrôla efficacement et frappa d'en dehors de la zone rouge. La balle fila directement entre les défenseurs.

Cette fois-ci, même le banc se leva pour sauter sur Ontari. Pour la première fois, les Night menaient au score.

- Aller, on reste concentré ! cria Lexa.

Lexa s'inquiétait pour rien. Ses joueuses avaient repris l'avantage. Elles n'avaient pas l'intention de perdre.

Polis High remporta le premier match de la saison. Et, Clarke pouvait dire ce qu'elle voulait, il était hors de question que Madi ou n'importe qu'elles autres de joueuses loupent la fête qui allait avoir lieu ce soir.


Soooo ...

Cute ou pas cute ? Niveau Clexa, on est bien quand même ?

Si je devais teaser le prochain, je dirais... Big and little sister et Clexaaaa :D

HS complet ! La semaine dernière j'ai rencontré Eliza Taylor, je suis morte sur place. Elle est beaucoup, beaucoup trop belle.

A dans... 2 semaines ? Je ferais de mon mieux pour avant, mais ça va être chauuuud.