Bonjour tout le monde ! Enfin, bonsoir :D

3 mots pour résumé ce chapitre : famille, aventure et Clexa... En gros ! Oh ! Et Flashbaaack.

Pour les guests qui ont laissé une review, comme toujours merci ! Et, oui signer les papiers du divorce est un premier rapprochement, be patient :p

Merci à Imdweil pour son travail titanesque, comme toujours, life safer :D


Tell me how's it feel sittin' up there
Feeling so high but too far away to hold me
You know I'm the one who put you up there
Name in the sky
Does it ever get lonely?
Thinking you could live without me
Thinking you could live without me

Hasley - Without me

10 ans plus tôt.

Lexa Woods n'en était pas à sa première fête lycéenne. Au contraire, depuis qu'elle avait rejoint l'équipe de foot féminine de Polis High, elle avait passé un bon nombre de ses vendredis à fêter leur victoire. Depuis qu'elle était passée capitaine, au milieu de l'année dernière, Octavia ne lui avait pas autorisé à en manquer une seule. Oui, Lexa était habituée aux soirées. Elle n'était pourtant pas prête pour celle-ci. C'était le 31 décembre, et pour la première fois, Clarke Griffin organisait une fête de nouvel an. Les parents de la jeune femme avaient quitté la ville dans la journée pour rendre visite aux parents d'Abby Griffin. Clarke avait réussi à les convaincre de lui laisser organiser une « petite soirée, entre ami, très très tranquille. ». Cette fête n'avait rien de tranquille. Lexa s'en était rendu compte avant même de descendre les escaliers qui menaient jusqu'au manoir. La moitié du lycée devait déjà être là.

Passer toute une soirée / nuit chez Clarke, entourée de tous leurs amis et de l'alcool était une idée absurde. Il n'y avait aucun moyen que Lexa ne se ridiculise pas. Sa relation avec la jeune femme n'avait cessé d'évoluer depuis leur rencontre. Lexa pouvait affirmer avec fierté, qu'elle avait réussi à créer une petite amitié avec la déesse Griffin. Et même si elle était enfin capable d'avoir une conversation cohérente avec la jeune femme, elle trouvait toujours le moyen de s'humilier à un moment ou un autre. Clarke avait ce pouvoir sur elle, s'en était ridicule.

Lexa chercha des yeux un visage familier. Elle repéra plusieurs joueuses de l'équipe et leur sourit de loin. Bien qu'elle adorait passer du temps avec chaque membre de son équipe, elle espérait passer la soirée avec O' ou Lincoln, Harper s'il le fallait. Des personnes qui pourraient toujours l'occuper, voir la protéger, de sa propre maladresse. C'est Jasper qu'elle repéra en premier. Le jeune homme était en train de traverser la pièce, un plateau rempli de shooters à la main. En le suivant du regard, elle repéra le reste de la bande. Lincoln était derrière O'. Il tenait sa nouvelle petite amie par la taille. Lexa avait été surprise quand son meilleur ami lui avait annoncé qu'il sortait avec sa coéquipière. Les deux adolescents se connaissaient depuis deux ans et demi. Et, bien qu'ils s'étaient toujours entendus, rien n'avait laisser deviner qu'il pourrait y avoir plus qu'une belle amitié. Lincoln lui avait toujours dit qu'il n'était pas insensible au charme d'Octavia, mais comme tout garçon sachant apprécier la beauté d'une jolie fille comme la joueuse. Alors qu'ils travaillent ensemble sur un projet d'histoire, O' avait décidé de sauter le pas et d'embrasser Lincoln. C'était il y a plus d'un mois maintenant, et tout semblait aller dans le bon sens. Monty était juste à côté, un bras autour du cou d'Harper.

- Oh Lex' ! cria la gardienne. Ramène tes fesses.

- Et viens boire avec nous, continua Jasper. J'en ai marre d'être la cinquième roues du carrosse.

Tout juste arrivée près d'eux, Jasper lui tendit un shooter. Lexa leva son verre avec les autres et le vida d'un coup. Tequila. Lexa détestait la tequila. Elle toussa fortement, essayant de faire passer le goût infame de la boisson, sous le rire de ses amis. Tout le monde savait qu'elle détestait la tequila. Sa première et unique vraie cuite avait été sous l'effet de cette boisson diabolique. Lexa se retourna, la tête penché en avant, dans l'espoir d'aller chercher de l'eau. Le regard au sol, elle ne vit pas Clarke qui se tenait juste derrière elle.

- Et merde ! lâcha la jeune femme en voyant le verre de Clarke tomber au sol.

- J'ai l'impression d'un déjà vu, rigola la blonde.

- Je suis désolée Clarke. Je… Tes amis m'ont piégé à la tequila.

- Oulaa, Lexa et la tequila ? Vous voulez la tuer ou quoi ?

La brune sourit. Tout le monde connaissait sa relation avec cette liqueur. Il n'était pas rare que l'un de ses amis lui rappelle cette soirée dont elle se souvenait que très peu.

- Je suis désolée pour ta tenue, continua Lexa.

- T'inquiète pas, ça n'a touché que mes chaussures.

- Laisse-moi aller te chercher un autre verre, insista la joueuse.

- Je viens avec toi ! lâcha O'.

Octavia l'attrapa par le bras pour ne pas la perdre dans la foule. Lexa connaissait trop bien sa coéquipière. Elle savait que la jeune femme avait une idée en tête. Elle ne se serait jamais portée volontaire pour servir qui que ce soit dans le cas contraire.

Elles étaient tout juste arrivées dans la cuisine, qui servait de bar, qu'O' passa à l'attaque.

- Dis-moi que ce soir tu passes enfin à l'action ! C'est quoi le plan au juste ?

- Je suis censée s'avoir de quoi tu parles ?

- Le plan pour que tu péchos Clarke !

- Sérieusement O' ?

- C'est le soir parfait. Ça fait déjà deux ans que tu as le plus gros béguin pour elle.

- N'importe quoi, se contenta de répondre Lexa en se servant une bière.

- N'essaye même pas de le nier. Tout le monde le sait. Il n'y a que Clarke et toi qui ne voulez pas l'admettre.

Lexa attrapa un deuxième gobelet rouge et le remplit à son tour. Elle n'était pas aussi discrète qu'elle le pensait. Cela faisait des années qu'O' et Lincoln n'arrêtaient pas de la taquiner sur son attirance pour Clarke. Ce n'était pas une simple attirance. Plus maintenant. Si ça ne tenait qu'à elle, Clarke serait la mère de ses futurs enfants. Depuis qu'elle avait eu la chance d'apprendre à la connaître, Lexa admirait la passion que mettait la jeune femme dans tout ce qu'elle entreprenait. Lexa aimait sa gentillesse et le fait qu'elle s'intéressait vraiment à la vie et au bien-être des autres.

- Ce qui prouve que je ne l'intéresse pas. Pas comme ça, juste en tant qu'amie.

- Lex'. Je suis sa meilleure amie. On parle. Crois-moi, elle attend plus que ton amitié.

- Je ne serais même pas quoi lui dire.

- Invite-la à manger un bout, rien que toutes les deux. Propose un ciné ou une visite de musée, j'en sais rien. Mais invite-la. Tu seras enfin fixée. Le pire qu'il puisse se passer, c'est qu'elle dise non.

O' attrapa la bouteille qui trainait au centre de l'îlot et s'éclipsa sans rien rajouter. Octavia avait peut-être raison. Il suffisait de se lancer. Mais Lexa était terrifiée. Son expérience en matière de romance était quasi inexistante. Elle avait en tout et pour tout embrasser deux filles dans sa vie. Et, elle doutait que le baiser échanger avec Rosa lors du jeu de la bouteille en colo comptait vraiment. Clarke… Clarke était tellement belle, intelligente et forte qu'évidement, elle avait attiré beaucoup d'œil. Lexa l'avait vu sortir avec Luna, Bellamy et Miller sans rien dire ou faire. Comment pouvait-elle être à la hauteur ? Clarke méritait plus qu'une ado angoissée.

Ses deux verres à la main, Lexa fit demi-tour pour rejoindre ses amis. Lincoln, Octavia et Harper étaient sur la piste de danse alors que Jasper, Clarke et Monty avaient trouvés une place sur le canapé poussé contre la vitre. Elle attrapa un pouf qui trainait à côté et s'installa devant eux. Clarke sourit en attrapant l'une des boissons que la joueuse lui tendait.

- Maintenant que tout le monde est installé et avec un verre à la main, on se fait un jeu ? proposa Jasper.

- Un king ? demanda Monty

- Il n'est pas un peu tôt ? continua Lexa.

- Il n'est jamais trop tôt pour jouer et boire, annonça Jasper en vidant son verre d'une traite.

- Si je rentre encore une fois bourré, mon père va me tuer, lâcha Monty.

- J'ai déjà dit à tes parents que tu dormais ici, commença Clarke. Tu peux passer la journée à décuver près du Lac. C'est notre programme à O' et moi.

- Je ne suis pas invité ? râla Jasper.

- Depuis quand tu as besoin d'une invitation, rigola l'hôtesse de la soirée.

Alors que Clarke et Monty éclatèrent de rire, Jasper poussa la blonde hors du canapé feintant un air vexé.

- Trouve toi quelqu'un d'autre pour ton jeu. Lexa et moi on va danser, lâcha Clarke en attrapant la brune par la main.

Lexa n'eut pas le temps de réaliser qu'elle était déjà au centre du salon, Clarke dansant devant elle en souriant. Danser. Malgré son manque de capacité sociale, la danse était l'un de ses points forts. Quand elle était petite, sa mère l'emmenait toujours aux cours de danse que suivait Anya par facilité. Elle avait acquis quelques mouvements et surtout un bon sens du rythme. Lexa pouvait danser. En théorie. En pratique, il était très dur de suivre le rythme des chansons qui passaient quand Clarke Griffin était en train de danser juste en face d'elle. Avec le monde, leurs deux corps étaient très, très proche. Le cerveau de Lexa refusait de donner l'ordre à ses jambes de bouger. Il était complétement grillé par la présence si proche de la blonde. Clarke rigola devant son immobilité. La jeune femme prit Lexa par les mains et l'aida à choper le rythme. En voyant la joueuse se mettre à danser progressivement, Clarke prit l'initiative de poser les mains de Lexa juste au-dessus de ses hanches pour l'encourager à continuer. La brune essaya de ne pas montrer à quel point son cœur battait vite. C'était une danse entre amie. Elle avait déjà dansé comme ça avec O' ou Harper. Et, elle avait déjà vu Clarke faire pareil avec d'autre amie. Ce n'était pas si différent. Pourtant, ça l'était complètement. Jamais elle n'avait imaginé Octavia ou Harper nues. Jamais, elle avait voulu embrasser leurs lèvres. Jamais, jamais, ô grand jamais, elle avait espéré être leur petite-amie. Clarke, elle, remplissait toutes ses cases, et même beaucoup d'autres encore.

- Qui veut voir Bellamy sauter dans le lac gelé ? cria Murphy en coupant la musique brutalement.

La foule d'adolescent se rua à l'extérieur, brisant le contact entre Lexa et Clarke. Cela ne dérangeait pas la brune. Elle avait besoin d'air. De beaucoup d'air. Peut-être qu'elle aussi devrait se jeter dans le lac. L'idée de Bellamy était débile à souhait, mais à ce moment précis, Lexa aurait bien besoin d'une douche froide.

/

Présent.

Allongée sur son canapé, Lexa profitait de cette nouvelle soirée victorieuse pour se détendre un peu. C'était devenu l'un de ses rituels. Après chaque victoire, si Octavia ne la trainait pas dans un bar, Lexa se préparait une bonne tisane et s'installait sur son canapé, un livre à la main. C'était l'un des rares moments où elle se permettait de ne pas penser au championnat.

La compétition avait commencé six semaines plus tôt et malgré le stress et la qualité de leurs adversaires, les Night Bloods de Polis High étaient invaincues. Lexa avait construit une équipe qui gagne. Emori était la meilleure buteuse du championnat avec 7 buts à son actif, et Madi était la meilleure passeuse décisive, suivit de près par Echo. Tout allait à merveille. Et tant que cela continuait sur cette lancée, Lexa comptait bien profiter de ses vendredis soir pour se détendre et lire. En tout cas, c'était le programme avant que des coups ne raisonnent contre sa porte, la sortant brutalement de sa lecture. Le coach se leva intriguée. Elle n'attendait personne. O' passait la soirée à chouchouter Raven dont le ventre était de plus en plus gros. Lincoln devait s'occuper de sa grand-mère et Jasper avait un rencard. En ouvrant la porte, elle fut surprise de se trouver face à face avec Clarke. Le jeune professeur était énervé. Lexa pouvait le lire sans problème sur son visage. Elle était aussi inquiète. Très inquiète.

- Clarke ? Qu'est-ce qu-

- Tu sais où habite Ontari Queen ? la coupa-t-elle en faisant éruption à l'intérieur de la péniche.

- Ontari ? Je dois l'avoir quelque part. Qu'est-ce qui se passe ?

Clarke se posa sur le canapé avec l'intention de se calmer un peu. Elle passa les mains sur son visage pour essayer de chasser le stress qui s'était emparé d'elle.

- Madi est porté disparue, lâcha-t-elle.

- Quoi ?! s'exclama Lexa en s'installant à côté d'elle.

- J'abuse à peine, rectifia la jeune femme. Elle n'est pas chez Gaïa comme elle me l'avait promis. Il y a une fête pour fêter la victoire de ce soir chez Ontari. Je lui avais interdit d'y aller. Elle m'a menti.

Comprenant la situation, Lexa se détendit. Bon, ce n'était pas aussi grave que l'avait suggéré Clarke en arrivant.

- Je vois. Et, tu veux que je trouve l'adresse d'Ontari pour aller la chercher.

- Je comptais plus l'assassiner, mais, c'est l'idée.

Lexa se leva et attrapa son sac.

- Tu viens ? demanda-t-elle en tendant sa main vers son amie.

Clarke la regardait avec incompréhension.

- Toutes les infos des joueuses sont au lycée. Il faut faire un détour avant d'aller chercher ta petite sœur.

Clarke resta silencieuse durant le court trajet menant jusqu'à leur lieu de travail. Elle savait que la situation n'était pas aussi désespérée. Tous les adolescents mentaient à leurs parents. Elle-même avait souvent modifié la vérité afin de pouvoir suivre ses amis. Abby et Jake ne l'auraient jamais autorisé à participer à la moitié de ce qu'elle avait pu faire à l'âge de Madi.

- Madi est une fille raisonnable, lâcha Lexa.

- Elle m'a menti Lex'. Je ne peux pas laisser passer.

- Je sais. Elle a 16 ans.

- Justement.

Une fois sur le parking, Lexa les conduit jusqu'à l'entrée principale. Normalement, elle gardait les dossiers personnels des joueuses dans son bureau près du terrain. Cette semaine, elle avait passé le tout à l'infirmière pour une mise à jour et une vérification obligatoire.

- Ok, plan facile, commença Lexa. On fonce à l'infirmerie. On récupère l'adresse, et je te conduis là-bas. Tu as tes clés ?

- Non. Et toi ?

- Je n'ai que celle du gymnase.

- Oh…Ok. Nouveau plan, lâcha Clarke. On passe par-dessus le portail qui donne sur la cour de derrière. La fenêtre du fond de ma salle ne se ferme pas à clé, on passe par là. On court pour stopper l'alarme avant qu'elle prévienne la police. Puis, on va récupérer les dossiers.

- Ou… On appelle O', et on lui demande de venir nous ouvrir, proposa calmement Lexa.

- C'est peut-être plus raisonnable, admit la blonde.

- Tu crois ? rigola Lexa en sortant son téléphone.

Personne ne répondit. Lexa essaya une nouvelle fois, voyant le regard de Clarke se décomposer de plus en plus. Après trois appelle sans succès, la brune rangea son téléphone. On pouvait voir sur son visage un sourire d'excuse.

- On passe à mon plan maintenant ?

Et c'est ainsi que Lexa se retrouva un vendredi soir, à escalader le muret menant à la cour du lycée. Une fois passé, elle se pencha en avant pour aider Clarke à son tour. Elle n'arrivait pas à croire qu'elle était vraiment en train d'entrée par effraction sur son lieu de travail. Une fois au sol, la blonde prit Lexa par le bras pour la mener jusqu'à sa classe. Comme prévu, elle n'eut aucun mal à ouvrit la fenêtre du fond de la salle.

- Si j'ai bien compris le plan, l'objectif c'est que l'une de nous coupe l'alarme avant qu'elle sonne.

- C'est ça.

- Donne-moi le code, je serais plus rapide, affirma Lexa.

- Je n'en doute pas. Okay, tu as 30 secondes max.

- 30 secondes ?! Il faut que je traverse tout le lycée !

- Tu es censée être une sportive professionnelle ?

- Ouais, une sportive professionnelle qui s'est explosée le genou, précisa Lexa.

- Bon, c'est moi qui le fais alors.

- Clarke… Même avec les deux jambes dans le plâtre, j'ai plus de chance de réussir que toi.

Et sans rien rajouter. Elle sauta d'abord sur le rebord de la fenêtre puis à l'intérieur. Sans perdre la moindre seconde, elle se mit à courir le plus vite possible. Malgré sa blessure, elle avait gardé quelques-unes de ses capacités athlétiques. Ne plus être professionnelle, ne lui empêchait pas d'être meilleure que la plupart des gens « normaux ». Elle ouvrit rapidement la porte menant au couloir principal. Elle profita de la longue ligne droite pour prendre plus de vitesse. Courir avait toujours été l'une de ses spécialités. Elle était l'une de joueuse les plus rapide des USA. Depuis sa blessure, elle n'était plus aussi performante, mais elle continuait à courir plusieurs fois par semaine pour se sentir bien. Alors qu'elle tournait à droite pour rejoindre la cafétéria, le bruit strident de l'alarme se mit à raisonner dans tout le couloir. Merde. Cela ne faisait clairement pas 30 secondes. 15 tout au max. Lexa accéléra le plus possible jusqu'au hall d'entrée. Elle se jeta sur le clavier pour taper le code. Sur l'écran, la lumière rouge qui clignotait devint vert, et après un petit « Clic » la sonnerie s'arrêta enfin. Lexa souffla bruyamment. Elle ne s'en était pas trop mal sortie au final. En entendant les bruits de pas, le coach rebroussa chemin pour rejoindre son amie à mi-parcours.

- Ce n'était clairement pas 30 secondes ! s'exclama-t-elle en arrivant près de la blonde.

- J'ai dit environ… Tu penses que c'est grave ?

- Nop, le commissariat va juste penser qu'un prof pas doué n'a pas entrée le code assez rapidement. Je pense qu'on est bon.

L'infirmerie se trouvait juste à côté du secrétariat et du bureau d'Octavia. En quelques seconde à peine, elles étaient toutes les deux devant la porte. Clarke appuya sur la poignée, souriant à l'approche du dénouement. Elle était pressée de trouver l'adresse et de ramener sa petite sœur par la peau du cou en sécurité chez elles. La porte ne s'ouvrit pas. Clarke essaya plusieurs fois avant d'abandonner. C'était logique. L'infirmerie avait toujours été fermé, avec une clé différente pour éviter les vols potentiels de certains médicaments, ou pour protéger la vie médicale des élèves. Le professeur tapa du poing sur la porte avant de se retourner vers Lexa, désespérée. Elle ne voulait pas rentrer au manoir et passer la nuit à attendre. Elle voulait savoir où était Madi, et si elle était en sécurité.

- Et si on allait faire un tour ? proposa Lexa. Polis n'est pas très grand, et dans mon souvenir, Ontari habite dans les collines. Une fête de lycée ça ne passe pas inaperçu normalement ?

- Je ne peux pas te demander ça, Lex.

- Tu ne demandes pas, je propose.

Cette fois-ci, Lexa s'installa derrière le volant. Elle ne voulait pas que Clarke conduise alors qu'elle était angoissée. Avant de partir, elles avaient laissé un message à Octavia lui demandant de venir remettre l'alarme en marche. La vice-principale avait répondu par un message très vulgaire, avant d'accepter de quitter les bras de sa femme pour réparer leur entrée par effraction.

- Tu sais que tout ça c'est de ta faute, dit Clarke.

- Qu'est-ce qui est de ma faute ?

- Si tu n'avais pas réussi à créer une équipe qui gagne, il y aurait moins de fête de la victoire.

Lexa se retint de rire en voyant l'expression sérieuse qu'abordait Clarke. Elle se concentra sur la route, un léger sourire au coin des lèvres.

- Oh… Pardon. J'essayerai de perdre la prochaine fois, répondit la jeune femme.

- Tu as compris ce que je voulais dire. Je n'aurais pas ce problème si l'équipe n'avait pas encore de succès.

- Peut-être, mais tu sais très bien que Madi aurait trouvé une autre façon de te rendre chèvre.

- Il est passé où le temps où mon seul souci était de réussir à lui faire manger ses légumes ? Ou prendre un bain ?

Elles traversèrent plusieurs rues, scannant du regard les différentes maisons espérant trouver un indice.

- Je sens que ce cauchemar va avoir lieu tous les weekends.

- Ne t'énerve pas, c'est juste une question parmi tant d'autre. Mais, tu ne penses pas que si tu l'autorisais à aller à certaines des soirées, cela lui permettrait de te montrer que tu peux avoir confiance en elle ?

- Je l'ai autorisé à aller aux trois dernières, précisa Clarke. Trois vendredis soir d'affilés où je l'ai laissé rentrer tard. J'ai dit non ce soir car je ne voulais pas que cela devienne une habitude. Elle n'a que 16 ans. Elle ne devrait pas passer tous ces vendredis à faire la fête.

- C'est assez compréhensible, avoua le coach.

- Pas pour elle apparemment.

Lexa tourna dans une rue perpendiculaire menant aux plus hautes maisons de la ville. Seules les familles vraiment aisées avaient les moyens d'habiter dans cette partie du quartier. Sans prévenir, Clarke se mit à taper sur le l'épaule de son amie pour qu'elle s'arrête. Il n'y avait ni musique trop forte, ni attroupement d'adolescents. Mais en regardant avec plus de précision, on pouvait voir à travers la baie vitrée d'une grande maison blanche, plusieurs lycéens dansant les uns contre les autres. Alors que Lexa se garait, Clarke se dépêcha de se détacher.

- Tu comptes faire quoi ? Rentrer et faire une scène ?

- Je compte ramener ma sœur chez moi, se contenta-t-elle de répondre.

Lexa la retint de sortir.

- Laisse-moi au moins vérifier qu'on est au bon endroit.

Sans laisser le temps de répondre, la brune sortie du véhicule et s'approcha de la maison. C'était un véritable manoir moderne. Elle s'arrêta devant la boite aux lettres pour regarder si elles étaient au bon endroit. Quand elle rentra de nouveau dans sa voiture, Clarke la questionna du regard.

- C'est bien chez les Queen.

- Donc, je peux aller chercher ma petite sœur maintenant ?

- Tu es sûre que c'est la meilleure chose à faire.

- Je devrais faire quoi d'autre ? demanda Clarke.

- Je n'en sais rien. Mais débarquer énervée comme tu es, chez des ados dont tu es le professeur me semble une très mauvaise idée. Surtout que tu n'es pas sûre qu'elle soit là.

Lexa n'avait pas tort. Clarke le savait. En plus de potentiellement humilier sa sœur devant une grande partie du lycée, elle allait aussi transmettre une image différente d'elle à ses élèves. Sans parler de se retrouver dans une pièce remplie de mineurs et d'alcool.

Clarke attrapa son téléphone et sous les yeux surpris de Lexa, composa le numéro de la police de la ville. Elle mit le haut-parleur pour que son amie entende.

- Département de Police, quelle est votre urgence ?

- Mes voisins font un boucan pas possible, commença Clarke. J'ai une trentaine d'enfant pas plus âgé de 16 ans rentrer avec des fûts de bière. J'ai peur que tout dégénère.

- Quelle est votre adresse madame ?

- 3456 high street.

- J'envoie une équipe contrôler la situation.

- Merci beaucoup, officier.

Clarke raccrocha fière d'elle. Elle se tourna vers Lexa, cherchant son soutien.

- Tu es diabolique Clarke.

- Mais, c'est un bon compromis, non ?

- On n'a plus qu'à attendre.

Les yeux toujours rivés sur la baie vitrée, Clarke espérait voir passer sa sœur afin d'être sûr de ne pas avoir bousillé la soirée de ses jeunes sans véritable raison.

Connaissant le département de police de la ville, le jeune professeur savait qu'elle risquait d'attendre une bonne demi-heure avant que les officiers de décident à venir. Si ce n'était pas une question de vie ou de mort, ils n'étaient pas pressés.

- Ça faisait longtemps qu'on ne s'était pas retrouvé coincé ensemble.

Clarke brisa le silence qui s'était installé dans l'espoir que le temps passerait plus vite si elle arrivait à s'occuper.

/

10 ans plus tôt

Lexa commençait à croire qu'Octavia avait véritablement une dent contre elle. Après l'avoir prise en embuscade près du bar, elle avait passé sa soirée à faire des commentaires. Si on l'écoutait, Lexa n'était qu'une lesbienne désespérée. Et, qu'il était temps que toute la bande l'aide à trouver une petite amie. L'attaquante faisait exprès d'insister sur ce sujet dès que Clarke était dans les parages.

Le pire arriva dans les alentours de 23h. Octavia avait trainé sa coéquipière jusqu'à la chambre de Clarke à la recherche d'un jeu auquel elle voulait absolument jouer. Elle savait qu'il se trouvait en haut du dressing de Clarke mais refusait d'y aller seule. Ce n'était pas une surprise, O' détestait être seule, même pour quelques minutes.

Lexa ne se sentait pas très à l'aise d'entrer dans la chambre de leur hôtesse sans y avoir été invitée, mais la petite brune n'arrêtait pas de répéter que Clarke s'en fichait. Et, s'il y avait bien quelqu'un qui connaissait Clarke, c'était elle. Elle pouvait lui faire confiance.

Le dressing de Clarke était un large placard dont 3 murs sur les quatre étaient recouverts d'étagères et de portes manteaux remplis d'habits. Il n'y avait pas la section « jeu » dont lui avait parlé O'.

Lexa rentra un peu plus. Elle tourna sur elle-même essayant de voir où la boite pouvait se trouver.

- Qu'est-ce que vous faîtes à fouiller dans mes affaires ? lâcha la propriétaire des lieux en trouvant les deux jeunes femmes dans sa chambre.

- On cherche ton Jungle pour faire une partie alcoolisée, répondit O'. Mais Lexa est inutile et ne trouve rien.

- C'est parce que je l'ai déjà descendu. J'étais sûre que tu voudrais y jouer, continua Clarke en s'approchant d'elle.

- Dans ce cas, on redescend ? proposa Lexa.

- Dans une seconde. Clarke, sort le maillot dédicacé par Hope Solo, Lexa ne me croit pas.

Clarke leva les yeux au ciel. Ce n'était pas vraiment le moment. Pourtant, elle savait qu'il serait plus rapide d'obéir à O' plutôt que d'essayer d'argumenter. Elle entra dans son dressing et attrapa la pochette de protection noire qui pendait sur la penderie de droite. Elle sortit délicatement le vêtement et le tendit à Lexa. Toutes les deux étaient occupées à admirer le vêtement pour voir le sourire malicieux qu'abordait O' en refermant la porte du placard et en le verrouillant. Aucune des deux fut assez rapide pour l'en empêcher. Lexa essaya plusieurs fois d'ouvrir mais en vain.

- J'ai demandé à mes parents un placard qui se ferme pour éviter qu'ils fouillent dedans. Je ne pensais pas que ma meilleure amie aurait l'idée de m'y enfermer, souffla Clarke.

- Il y a quelqu'un ? cria Lexa. A l'aide ! On est coincé !

- Tu te fatigues pour rien, avec la musique et ma règle de personne à l'étage, personne ne va nous entendre.

- Je vais tuer O'.

- Prends un ticket car dès qu'on sort d'ici, elle est morte. Tu penses quoi d'une mort par lapidation ?

- J'accepte. Ou, brûler vif ?

- Enterrer vivant ? proposa à son tour la blonde.

- Tu penses qu'on va rester coincer là longtemps ?

- Tu connais O' aussi bien que moi. Il y a des chances qu'on reste là toute la nuit.

Elle avait s'en doute raison. Lexa reposa le maillot qu'elle tenait toujours dans les mains avant de s'asseoir au sol. Quitte à rester là longtemps, autant se mettre à l'aise. Elle devait réfléchir à une stratégie pour ne pas s'humilier devant Clarke.

- Tu sais ce qui lui ai passé par la tête ?

- C'est ta meilleure amie, répondit Lexa. Tu la comprends mieux que moi.

- Je t'arrête là. Il est impossible de comprendre toutes les intentions d'Octavia Blake. Avec Monty on en est arrivé à la conclusion qu'elle et Jasper n'étaient tout simplement pas finis. Leurs logiques nous échappent assez souvent.

Lexa rigola. La bande formée par les quatre amis étaient assez insolite. D'un point de vu extérieur, elle ne rentrait dans aucune catégorie sociale « basique ». C'était un ovni parmi les groupes d'amis stéréotypés. Pourtant, elle ne doutait pas une seconde que c'était les personnes les plus soudées et loyales que Lexa n'ait jamais rencontré.

- Tu n'as vraiment aucune idée ? demanda à nouveau la blonde.

Lexa se tourna vers elle. Il était évident que Clarke attendait une réponse différente de celle que Lexa était sur le point de lui donner. Ce n'était pas une simple question, Clarke lui tendait une perche. Toutes les deux savaient très bien pourquoi Octavia les avaient enfermés. La vraie question était : laquelle était prête à l'admettre en premier ? Certainement pas la joueuse de foot.

- Je dirais que l'alcool a joué un grand rôle dans sa décision de nous enfermer.

Lexa se sentit mal en voyant la déception sur le visage de son amie. Ce n'était pas la réponse qu'elle attendait.

- Ouais… Tu dois avoir raison.

- En tout cas, une lesbienne complètement fière de l'être enfermée dans un placard c'est assez ironique, lâcha Lexa.

Le petite rire qui échappa de la bouche de la blonde suffit à Lexa pour être fière d'elle. Réussir à faire rire Clarke était l'un de ses objectifs. Elle voulait avoir la chance d'entendre cette mélodie le plus souvent possible, et surtout d'être la raison qui rendait Clarke heureuse.

- J'ai une idée, lâcha Clarke en se levant rapidement.

Elle grimpa sur le petit escabeau du fond du dressing pour attraper une boite placée sur la dernière étagère.

- Je n'ai jamais trouvé de cobaye, ajouta-t-elle en reprenant sa place à côté de Lexa.

- « Le guide pour lire les lignes de votre main ? » lit la brune.

- Allez, c'est l'occasion, on n'a rien d'autre à faire.

- Tu es sûre de toi ?

- Yep, donne-moi ta main droite.

Lexa s'exécuta. Elle n'avait beau ne pas croire en toutes ses pratiques, Clarke avait raison. Elle n'avait littéralement rien de mieux à faire.

- Ils disent qu'il faut commencer par faire sentir à la main du client qu'elle est la bienvenue dans le monde de la divination. Je cite « faire en sorte de relaxer et apaiser la main en question ».

- Evidement ! rigola Lexa.

- Je suis sérieuse Lex' !

Sans rien rajouter, Clarke commença à lui masser la main. Elle insistait à la jonction entre chaque doigt, appuyant sur les tendons pour diminuer les tensions. Lexa retint sa respiration. Il était hors de question qu'elle se trahisse en laissant échapper un gémissement. Mais sentir la peau douce de Clarke caresser la sienne était une source nouvelle de plaisir. La blonde continua son massage en roulant ses deux pouces sur la paume de Lexa. Quand elle fut satisfaite par la chaleur qu'elle venait de créer, elle se baissa légèrement en avant et embrassa le centre de la main de son amie.

- Comment tu te sens ?

Excitée ? Au bord du K.O technique ? Sur le point de mourir ? Clarke venait de l'embrasser. Sur la paume de la main, mais quand même, ses lèvres avaient été en contact avec sa peau. Lexa n'avait même pas honte d'avoir à ce point chaud après un simple baiser sur la main. Clarke lui avait toujours fait cet effet.

- Apaisée, mentit-elle.

- Bien. Ok. Maintenant, il faut que tu fermes ton poing et que tu serres fort pendant vingt secondes.

Lexa obéit en silence.

- Alors, cette partie de ta ligne montre que…. Que tu as déjà vécu des évènements traumatiques.

- Ce n'est un secret pour personne, souffla Lex'.

Tout le monde savait qu'elle avait perdu ses parents quelques années plus tôt, et qu'Anya, sa grande sœur, était devenue sa tutrice légale après l'accident.

- Mais, d'après la direction qu'elle prend après, continua Clarke, il va y avoir un grand changement dans ta vie.

- Je prends, sourit la brune.

- Attends, cette partie-là montre que tu vas être heureuse malgré… beaucoup de douleur.

- Je vais souffrir mais aimer ça ? Tu es sûre de tes capacités, rigola Lexa.

- Non, pas du tout. Je n'y comprends rien. Tout se ressemble, avoua Clarke en lâchant sa main.

- Le principal c'est d'essayer, non ?

- C'est ce que tu te dis quand tu joues au foot ?

- Non ! La différence, c'est que moi, je sais ce que je fais, rigola la brune.

- Je ne sais pas si j'aime la nouvelle Lexa ou si je préférais la timide !

- Oh… J'allais dire que j'étais désolée que tu sois enfermée avec moi, mais je le pense plus, rigola la brune.

La musique au rez de chaussé changea brutalement. De leur cachette, elles entendaient la fête battre son plein sans pouvoir y participer.

- Non sérieusement, commença la joueuse, je suis désolée que tu aies dû passer ta soirée de nouvel an enfermé avec moi alors que tu nous avais organisé une soirée d'enfer.

- Cette fête est hors de contrôle, avoua Clarke. Mes parents vont me tuer. C'est probablement la dernière fois de ma vie que j'aurais le droit de sortir de la maison.

- Je suis encore plus désolée alors, rigola Lexa.

- Oh, tu sais, il pourrait y avoir pire comme dernier jour de liberté. Je suis avec une jolie fille, la musique est bonne et je n'aurais pas la gueule de bois demain matin. Une victoire d'après moi.

Lexa essaya de contenir son sourire en entendant Clarke l'appeler « jolie fille ». Elle ne devait pas s'emballer, la jeune femme flirtait avec tout le monde, la plupart du temps sans s'en rendre compte. La musique du salon se coupa brutalement. Avant même de regarder sa montre, Lexa comprit. Les invités se mirent tous à crier ensemble. 10, 9, 8 …

Clarke se tourna vers Lexa, le sourire aux lèvres. Elle était honnêtement heureuse d'être avec la jeune femme. Si passer le nouvel an avec quelqu'un marquait le ton de toute l'année à venir, elle était ravie d'être avec Lexa.

- Bonne année Clarke, sourit la brune.

Clarke murmura sa réponse, hypnotisée par la douceur dans la voix de son amie. Si Clarke devait être honnête, elle avait souvent imaginé Lexa la prenant tendrement dans ses bras. Elle ne connaissait personne de si sensible que la jeune fille. Cela faisait plusieurs mois qu'elle se demandait ce que cela ferait d'embrasser la capitaine des Night. Elle n'avait jamais eu le courage de le faire, sachant Lexa timide, elle ne voulait pas lui faire peur. Elle n'était pas sûr de se retenir ce soir. Pas quand Lexa la regardait si tendrement. Le regard de Clarke passa des yeux émeraudes de la jeune femme à ses lèvres, instinctivement. Ayant peur de ne pas avoir le courage, Clarke finit par se pencher légèrement en avant. Elle se rapprocha si près des lèvres de la joueuse, qu'elle pouvait sentir sa respiration sur sa peau. La blonde n'alla pas jusqu'à conclure le baiser. Le choix final devait être celui de Lexa. Clarke ferma les yeux et espéra avoir la chance d'enfin goûter au fruit défendu que représentait la jeune femme. Elle n'eut pas à attendre longtemps. Lexa se pencha à son tour et chassa le peu d'espace qui séparait leurs deux bouches. Complètement paniquée, la brune s'appliqua. Elle essaya de trouver la bonne pression, le bon rythme et y mettre toute la douceur possible malgré son état d'excitation maximum. Quand elle recula, elle garda son regard dans celui de Clarke, guettant la moindre réaction.

- Enfin, murmura Clarke.

Lexa n'eut pas le temps de répondre que la jeune femme passait ses bras atour de son cou et la tira à elle pour l'embrasser de nouveau. Cette fois-ci, Lexa avait moins peur. Clarke avait initié le baiser. Clarke voulait l'embrasser. Merde. Elle était en train d'embrasser Clarke. Et malgré son manque d'expérience le plus total, elle s'en sortait avec brio. La blonde l'attira un peu plus à elle, se couchant en arrière pour que Lexa puisse la surplomber. Alors que la brune changeait de position pour être plus à l'aise au-dessus de son amie, elle se sentit tomber en avant, et n'eut pas assez de force pour s'empêcher de tomber littéralement sur Clarke. De tout son poids. Mortifié, Lexa recula.

- Clarke, je sui-

La jeune femme sous elle se mit à éclater de rire. Elle passa ses mains sur sa bouche pour essayer de se calmer, mais rien n'y faisait.

- Il n'y a bien que toi pour réussir à trébucher en étant assise, se moqua Clarke.

- C'est une malédiction ! Rien de drôle.

- Je trouve cela hilarant.

- Je ne t'ai pas fait mal ?

- Lex', je suis plus solide que j'en ai l'air.

Lexa n'en doutait pas une seconde. A ses yeux, Clarke devait être la personne la plus forte du monde. Réussir à supporter Octavia depuis si longtemps en était la preuve. La blonde sourit en voyant la véritable inquiétude sur le visage sa partenaire.

- Tout va bien Lex', promis !

- Je peux… encore t'embrasser ? demanda timidement Lexa.

Clarke hocha la tête. Lexa se pencha à nouveau, prenant garde à bien s'installer cette fois-ci, et posa ses lèvres sur celle de son amie. Clarke passa sa main dans ses boucles brune, espérant l'attirer un peu plus à elle. Toutes les deux perdirent complètement la notion du temps. En dehors de leur baiser, rien d'autre n'existait. Lexa devint plus nerveuse en sentant la langue de Clarke lui caresser la lèvre. Malgré tout, elle l'accueilli avec plaisir, embrassant une fille de cette manière pour la première fois. Et, oh mon dieu, elle ne comprenait pas comment elle avait pu s'en passer durant 17 ans. Son expérience proche de zéro l'avait tenue éloigné de ses petits moments de bonheur, aussi commun soient-ils qu'une véritable séance de bécotage. Lexa était aux anges. Il était hors de question qu'elle manque d'autres expériences, surtout si exquises, à cause de son manque de confiance. Elle donnerait tout pour pouvoir continuer à embrasser Clarke Griffin.

Quand la porte s'ouvrit, les deux jeunes femmes sursautèrent. Elles étaient tellement absorbées par leur étreinte, qu'elles n'avaient pas entendu la serrure du placard s'ouvrir.

- Travail bien fait, lâcha O'. De rien !

Clarke se leva rapidement, poussant légèrement Lexa, et se mit à courir après son ancienne meilleure amie.

- Octavia Blake, tu es une femme morte ! cria-t-elle en sortant.

Seule, allongée sur le sol du dressing de la fille dont elle était amoureuse depuis des années, Lexa sourit. Elle venait d'embrasser Clarke Griffin. Et, pour une fois… ce n'était pas un simple rêve.

/

Présent.

Lexa se passa la main dans la nuque. Elle aussi se rappelait très bien la dernière fois qu'elles avaient été enfermées seules toutes les deux. Cela avait été la plus belle nuit de son adolescence. Cela avait été aussi la dernière qu'elle avait passé avec Clarke de cette manière, aussi proche.

- Tu sais, je n'ai jamais vraiment compris pourquoi tu as commencé à m'éviter. Si je ne te plaisais pas tu avais qu'à me le dire, souffla Clarke.

- Si tu ne me plaisais… Clarke, je t'ai avouée avoir été amoureuse de toi une grande partie de mon lycée.

- Ça a encore moins de sens alors.

- Je sais. C'est compliqué, répondit Lexa.

- Je sais que toute cette histoire n'a plus aucune importance. Surtout dans des moments comme celui-ci. Mais, j'ai besoin d'être distraite, et j'aimerais bien avoir une explication. Tu ne crois pas que tu me dois bien ça ?

Lexa souffla. Elle n'avait pas imaginé que cette soirée prendrait cette tournure. Mais, sa collègue avait raison. Il était temps qu'elle lui donne une explication. Après tout, elle l'avait bien évité le reste de l'année.

- Avant que Chelsea me recrute, le lycée international de Louisiane était prêt à me donner ma chance. Les joueuses jouent au niveau national avant même d'aller à la fac. C'était une opportunité énorme.

- Tu n'as pas joué pour eux.

- Non. J'étais prête à le faire. J'avais rempli les papiers de transfert, mais j'ai reçu la proposition de Chelsea juste avant.

- Je ne comprends pas vraiment le rapport avec toi et moi.

- Aller jouer en Louisiane était le choix le plus intelligent. J'étais sûre d'avoir une bonne carrière, et une bonne bourse. Mais, je n'aurais pas pu finir l'année. Je n'aurais pas joué la fin du championnat. La proposition de Chelsea était beaucoup plus risquée. Ce n'était qu'une lettre d'intérêt, et en aucun cas un véritable contrat. Les recruteurs m'informaient juste que je les intéressais, et que selon la fin de ma saison, je recevrais peut-être une proposition.

- Alors, pourquoi tu n'as pas choisi la Louisiane ?

- Parce que je ne voulais pas laisser l'équipe comme ça. Je ne voulais pas décevoir Indra ou ton père, Octavia et les autres. Je ne voulais pas quitter mes amis. Et puis, sur le long therme, si Chelsea était vraiment intéressée, c'était une offre plus alléchante. Ils me proposaient de passer pro dans un grand club européen. J'ai pris le risque.

- Et, tu ne pouvais pas te permettre de louper ta chance, c'est ça ? demanda Clarke en commençant à comprendre où voulait en venir la jeune femme.

- C'était ma chance de m'en sortir. De ne plus être la pauvre Lexa qui a perdu ses parents, de ne plus être un fardeau pour ma sœur. Si Chelsea me recrutait réellement, toute ma vie changerait, et je pourrais réaliser mon rêve. Je ne pouvais pas me permettre de passer à côté. Le risque était trop important. Le foot devait passer en premier. Et toi, toi tu étais…

- Une distraction ?

- Une magnifique, et irrésistible distraction dont je ne pouvais pas me permettre.

Clarke tourna son regard vers le manoir. Aucun changement à l'horizon.

- C'est assez logique. Tu aurais dû me l'expliquer j'aurais compris. Au lieu de passer mon temps à me demander ce que j'avais bien pu faire.

- Yeaah… la communication n'a jamais été mon point fort si tu te souviens bien.

Clarke rigola. C'était l'euphémisme du siècle.

- Je n'ai jamais voulu que tu te sentes mal, continua Lexa.

- Ne t'inquiète pas, j'ai fini par m'en remettre. Ce n'était qu'une séance intensive de roulage de pelle Lex'.

- Tu es d'une vulgarité, rigola la brune.

Clarke ouvrit la bouche pour répondre mais fut coupé par le bruit des sirènes. La voiture de police s'arrêta juste devant eux. Avant même que les officiers sortent, des dizaines de jeunes sortirent de la maison des Queen en courant.

- Que le show commence, souffla Lexa.

Tout le monde courait dans tous les sens. Les officiers n'avaient pas pour but d'arrêter qui que ce soit, ils voulaient juste mettre fin à la soirée, sans aucun blessé. Leur présence suffisait à faire peur à la majorité.

Clarke se concentra. Avec cette foule, elle avait peur de louper Madi. Lexa la tapa dans l'épaule avec son coude. La blonde compris tout de suite. Madi et Gaïa se tenaient par le bras. Les deux amies venaient de sortir par derrière et se pressaient dans la rue pour prendre de la distance avec le manoir Queen. Sans plus attendre, le professeur sortit de la voiture et couru vers sa petite sœur.

- Madison Griffin, je te préviens tu as de gros ennuis.

- Clarke ? Qu'est-ce que tu fais là ?

- Je pourrais te poser la même question. Surtout après t'avoir formellement interdit de venir.

- Alors, quoi ? Tu m'as suivi ? Espionné ?

- J'étais morte d'inquiétude. Si je n'avais pas appelé la police, je n'aurais eu aucun moyen d'être sûr que tu étais là.

- C'est toi qui les as prévenus ? Vraiment Clarke ? Tu as perdu la tête ou quoi ? Les parents d'Ontari vont la tuer, s'exclama Madi en colère.

- Je me fous d'Ontari. Tu es ma responsabilité, et je ferais n'importe quoi pour que tu sois saine et sauve, répondit la blonde en attrapant sa sœur par le bras.

- Laisse-moi tranquille Clarke. T'es pas ma mère.

- Peut-être, mais je suis la seule famille qu'il te reste. Que tu le veuilles ou non. On rentre !

- Lâche-moi ! Je n'irais nulle part avec toi. Tu as perdu la tête.

- Madi monte dans la voiture. Tout de suite.

- Non. Je ne monte pas avec une folle furieuse.

- Ma-

- Clarke, si je peux-

- Je ne t'ai rien demandé Gaïa, lâcha violement la blonde.

- Qui te permet de parler comme ça à mes amis ?

- Clarke. Ma mère est à la maison. Tu peux l'appeler. Je te promets que Madi sera en sécurité.

- Jamais de la vie. On rentre.

- Tu vas me forcer ? Devant tout le monde ? Risquer ta réputation ?

Clarke lâcha sa sœur. Le regard de mépris que lui envoyait Madi était dur à supporter. Comment en étaient-elles arrivées là ? Clarke leva les bras avant de faire demi-tour.

- Si tu veux être cette gamine irresponsable. Vas-y te gêne pas ! Maman et papa seraient tellement fière de toi.

Madi ne prit pas la peine de répondre. Elle suivit Gaïa, s'éloignant le plus vite possible de sa grande sœur.

Lexa, qui avait assisté à la scène de loin, ralluma le moteur avant que Clarke reprenne sa place à côté d'elle. La jeune femme était furieuse. Elle claqua la porte et frappa le dessus de la boite à gants de toutes ses forces.

- Merde !

- Quelqu'un a besoin d'évacuer sa colère.

Clarke la regarda violemment.

- Je connais l'endroit parfait pour ça, sourit Lexa.


Pour ce qui voulait un Clexa kiss ... Ok, c'était dans le passé, mais c'est déjà ça, non ?

Grande soeur Clarke Yeaah ou Yeark ?

Le chapitre 7, commence directement à la suite de celui là.