Bonjour tout le monde !

Et un chapitre de plus ! Pas sûr que vous aimiez beaucoup Clarke à la fin de celui-ci... Mais bon.

Merci à Imdweil pour son travail fantastique, sans lui votre lecture serait beaucoup mon agréable !

On oublie pas de me dire ce que l'on pense, ça redonne l'envie d'écrire quand on un des petits blocages... Oui, je galère sur le chapitre que je suis en train d'écrire mdr.


Le terrain de foot. Apparemment, c'était le seul endroit où Lexa trouvait les réponses dont elle avait besoin. Clarke ne comprenait pas pourquoi elle l'avait emmené ici. Elle n'avait jamais été une joueuse.

- Lex' ! Je devrais être à un bar en train de me saouler et pas en train de… Qu'est-ce qu'on fait au juste ?

- Boire ne va pas te faire oublier ta colère. Mais ça, commença Lexa en posant un ballon au sol, ça t'aidera.

- Lex'.

- Ça te coûte quoi d'essayer ? Tu n'as qu'à imaginer que tous tes problèmes se trouvent dans ce ballon. Tu te concentres et tire de toutes tes forces.

Clarke leva les yeux au ciel. C'était bien sa chance d'avoir demandé de l'aide à la seule personne qu'elle connaissait qui ne buvait pas d'alcool.

Elle s'approcha du ballon et frappa. La balle avança seulement de quelques mètres. Lexa se retint de rire.

- Allez, tu peux faire mieux que ça !

Lexa lui envoya un nouveau ballon et s'approcha d'elle. Elle la positionna à environ un mètre de la balle, réajustant sa position.

- Frappe avec le haut de ton pied et non tes orteils. Trouve le bon équilibre sur ta jambe d'appui et accompagne le ballon le plus loin possible.

Clarke souffla. Elle n'avait rien à perde à essayer. Elle se concentra. Les yeux fermés, elle transmit toute sa colère au ballon. Il devint la maladie de son père, le départ de sa mère, sa frustration, Bellamy. Peu à peu, elle réussit à se convaincre que ce ballon était responsable de tous ses maux. Quand elle ouvrit les paupières, il n'y avait plus de colère mais de la détermination. Alors, en suivant les conseils de Lexa, elle prit un peu d'élan, s'appuya sur sa jambe droite, et frappa le plus fort possible avec le dessus de sa chaussure. Elle suivit la trajectoire du regard, fière d'elle en voyant le ballon atterrir plusieurs dizaines de mètres plus loin.

- Beaucoup mieux !

- Un autre, demanda Clarke.

Lexa jeta une balle à ses pieds. Et, pendant la demi-heure qui suivit, Clarke frappa de plus en plus fort. A chaque nouveau tour, elle essayait d'envoyer un nouveau problème au loin. Quand, elle fut à bout de force, elle s'écroula par terre en essuyant ses larmes. Lexa la rattrapa. Et, sans prendre la peine de lui demander, la conduisit jusqu'à sa péniche. Elle installa la blonde sur son canapé, l'entoura d'un plaid et lui servie une tisane chaude avant de s'installer juste devant elle.

- Merci, murmura son invité.

- Si tu as besoin de parler…

- Je ne saurais pas par quoi commencer, souffla le professeur.

- Peut-être par le début ? sourit Lexa.

La blonde porta sa tasse à sa bouche et se laissa envahir par la sensation de brûlure qui se propagait dans sa gorge.

- Ma vie personnelle n'est peut-être pas aussi parfaite que tout le monde le croit.

- Pour qui l'est-elle vraiment ?

- Mon père est mort, ma mère est folle, ma sœur me déteste.

- Madi ne te déteste pas.

- J'ai un travail que je ne mérite pas.

- Tu es un très bon prof.

- La seule raison pour laquelle j'ai eu ce boulot c'est parce que le principal est un ami de ma mère.

- Peut-être, mais les élèves t'adorent. Je suis presque sûr qu'Aden est amoureux de toi.

Clarke sourit. Juste le temps d'une petite seconde, mais elle sourit. Et c'était grâce à Lexa.

- Est-ce que je me lance sur ma vie sentimentale, ou je suis déjà assez pathétique ?

- Ça ne peut pas être si catastrophique. Tu parles à une jeune divorcée, en plus.

- Tu as signé les papiers ?

- Yep, mais ce n'est pas le sujet. Tu penses pouvoir me battre ?

Clarke détourna le regard. Elle n'avait vraiment pas envie de parler de Bellamy et tout ce fiasco, mais cela faisait partie de tout le bordel qu'était sa vie en ce moment. Elle voulait réussir à tout mettre derrière elle une bonne fois pour toute.

- J'en sais rien… Tu crois que coucher avec le frère de ma meilleure amie qui est amoureux de moi depuis des années, sachant que je n'ai absolument jamais eu l'intention que ce soit plus que du sexe, peut battre ton divorce ?

Lexa ouvrit la bouche et la referma. Elle ne savait plus quoi dire.

- Je gagne.

- Bellamy n'est pas censé avoir une petite amie ? finit par demander Lexa.

Clarke baissa les yeux.

- Qu'est-ce que je disais. Je gagne.

La gêne qui venait de s'installer dérangeait Lexa. Elle n'avait pas fait venir Clarke pour la juger. Elle était là pour l'aider, l'écouter et la rassurer. Changer de sujet, ne pas en faire une histoire, était la meilleure solution. Il fallait que Lexa arrive à faire comprendre à la blonde qu'elle était essentielle, qu'elle n'était pas une ratée comme elle le pensait.

- Ta sœur ne te déteste pas. Elle ne comprend juste pas tout ce que tu fais pour elle. Crois-moi, je sais exactement ce qu'elle pense. J'ai été à sa place après tout.

Lexa comprenait totalement Madi. Combien de fois elle en avait voulu à Anya ? Combien de fois lui avait-elle répété que ce n'était pas sa mère ? Elle avait arrêté de compter il y a très longtemps.

- Je n'ai rien demandé. Je n'avais pas prévu d'être dans cette situation. J'étais censée lui apprendre à faire le mur ou la couvrir auprès de mes parents quand elle ferait des bêtises. Je n'étais pas censée être celle qui la priverait de son adolescence.

- Tu ne la prives de rien. C'est normal qu'elle soit en colère, elle a 16 ans. Elle ne voit pas tout ce que tu fais et sacrifies pour elle.

- C'est ma petite sœur.

- Exactement. C'est ta petite sœur, et tu fais ce que tu penses bon pour la protéger.

- Et, apparemment, je me trompe sur toute la ligne.

Lexa posa sa tasse sur la table basse et se leva pour se mettre à côté de son amie. Elle prit sa main entre les siennes et attendit que Clarke relève le regard pour continuer.

- Tu fais du mieux que tu peux. Madi est énervée, mais elle sait que tu es là pour elle. Elle sait que tu essayes. Et, c'est le principal. Crois-moi, elle a besoin de savoir qu'elle n'est pas seule.

Clarke souffla. Elle posa sa tête sur l'épaule de son amie et serra sa main. Sans s'en rendre compte, elle commença à pleurer doucement. Lexa s'appuya conte le dossier de son canapé et entoura la blonde de ses bras. Elle était heureuse que quelqu'un comme Lexa la comprenne, que quelqu'un comme Lexa soit là pour elle. La brune ne la jugeait pas. Au contraire, elle la comprenait et la calmait. Clarke n'avait rien d'autre à espérer pour ce soir. Le reste pouvait attendre le lendemain, ses problèmes seraient toujours là à son réveil.

/

Clarke se réveilla seule sur le canapé. Une couverture avait été posée sur ses épaules. Elle entendait le bruit de la douche, indiquant que Lexa était elle aussi debout. La soirée de la veille avait été particulièrement difficile. Ce qui l'attendait ce matin l'était tout aussi. Elle attrapa une feuille qui trainait sur le bureau et un stylo pour remercier la brune de tout ce qu'elle avait fait. Elle laissa la note sur la table avant de sortir. La matinée allait être compliquée. Elle avait besoin d'une douche, de se changer et d'une tonne de café.

Ce n'est qu'après une grosse demi-heure à essayer de se rendre de nouveau présentable que Clarke se retrouva devant la maison de Gaïa et sa mère. Clarke sortit de la voiture, deux tasses de cafés à la main et s'adossa contre la portière. Indra était assise sur son perron, le journal dans les mains. Elle se leva et salua Clarke rapidement avant de rentrer chercher Madi. La jeune Griffin sortit une dizaine de minutes plus tard. Elle avait l'air tout aussi fatigué que sa grande sœur, signe qu'elle aussi avait peu dormi.

Sans rien dire, Clarke lui tendit une tasse et lui fit signe de monter en voiture. L'adolescente obéit en silence. Aucune des deux ne savaient par où commencer. Elles avaient été horribles l'une avec l'autre. Finalement, l'aînée prit son courage. Elle devait montrer le bon exemple, faire le premier pas.

- J'ai mal réagi, commença-t-elle. Je le sais. Je n'aurais jamais dû te suivre et… Qu'est-ce que j'étais censée faire ?

- Me faire confiance.

- Madi tu m'as menti.

- Je voulais juste être avec mes amis.

Clarke démarra la voiture et se mit à rouler vers leur maison. Elle ne savait pas comment gérer la situation et préférait être rentrée pour continuer cette discussion. Madi ne semblait pas pressée elle non plus. Une fois de retour au manoir, elle fila dans sa chambre sans prendre la peine de parler plus longtemps avec sa sœur. Elle aussi avait besoin de remettre ses idées dans l'ordre.

La blonde essaya de ne plus penser à leur dispute en dessinant. Ce n'était pas une grande réussite. Elle ne pouvait se concentrer sur son art alors que Madi était en train de la détester juste à côté.

- Et merde, lâcha-t-elle en lançant son cahier de croquis sur le fauteuil d'en face.

Son téléphone vibra au même moment, lui procurant la distraction dont elle avait besoin.

Coach Woods [11h32]

Je voulais juste te prévenir que Madi n'était pas au déjeuner de l'équipe ce matin.

Clarke [11h32]

Je sais, merci. Elle est avec moi.

Coach Woods [11h35]

Et, elle est toujours vivante ? :D

Clarke [11h35]

Elle se cache dans sa chambre et m'évite comme la peste, mais oui.

Coach Woods [11h36]

Va lui parler.

Coach Woods [11h36]

Courage Griffin. Tu peux le faire.

Yeah… Courage. Après tout, ce n'était qu'une adolescente de 16 ans en colère. Qu'est-ce qui pouvait arriver de mal ? Clarke se leva de son siège résolu à régler le problème une bonne fois pour toute. Cela ne pouvait pas continuer éternellement. Elles avaient besoin de se parler. L'ainée frappa doucement à la porte mais n'attendit pas de réponse avant d'ouvrir. Madi était allongée sur son lit, son casque sur les oreilles, un ballon de foot dans les mains. En voyant sa sœur, elle se releva et posa le tout sur le bord de son lit. Clarke s'approcha d'elle et s'installa au pied de la jeune fille.

- Je suis désolée. J'ai dépassé les bornes en causant des problèmes avec tes amis. Mais…

- Je t'ai menti. Je sais. Et, moi aussi je suis désolée. Mais, je n'aurais pas eu à le faire si tu m'avais fait confiance à la base. Tu sais très bien que je suis responsable. Je voulais juste passer du temps avec mon équipe, pas me droguer ou je ne sais quoi. Je voulais juste être avec mes amis.

- Tu dois comprendre que tu es sous ma responsabilité Madi. Il y a certaines choses que tu n'as pas le droit de faire que tu le veuilles ou non.

- Et toi, tu dois comprendre que ce n'est pas en m'empêchant de sortir que tu vas me protéger Clarke.

Clarke secoua la tête. Elle savait que sa sœur avait raison. Depuis trop longtemps, elle essayait de la garder dans sa bulle de protection. Et jusqu'à présent, Madi n'avait pas eu à se plaindre. Mais, elle devenait progressivement adulte, et elle avait besoin de tester ses limites et de faire ses propres erreurs.

- Et si on faisait un pacte toi et moi. On arrête de faire nos têtes de mules et on communique.

- Je pense que c'est une idée raisonnable, avoua Madi.

- Et, je suis prête à te laisser plus de liberté, si et seulement si tu me jures de ne plus jamais me mentir.

- Promis. Tu sauras toujours où je suis et avec qui.

- Ok. On avance, sourit Clarke. Et si j'allais nous commander une pizza de la paix ?

La jeune femme se leva soulagée. Sa sœur n'allait pas passer le reste de sa vie à la détester, c'était une victoire suffisante pour aujourd'hui.

- Hey Clarke, commença Madi. Je… Je sais que tu n'es pas maman. Mais, je n'aurais jamais dû te parler comme ça.

- J'ai eu ton âge aussi, rigola la grande sœur. Malheureusement, l'insolence c'est dans nos gênes.

- Ça ne change rien au fait que j'ai été horrible avec toi. Tu es là pour moi, toujours. C'est plus que ce que maman a été ses dernières années. Je…

Madi s'arrêta. L'émotion dans sa voix était forte. Elle n'avait beau ne pas le dire souvent, elle savait tout ce que sa sœur sacrifiait pour s'occuper d'elle. Clarke prit la jeune femme dans ses bras et la serra.

- Toi et moi, comme toujours, murmura-t-elle.

Madi recula en souriant.

- J'ai tendance à oublier à quel point tu es niaise.

- Et toi, tu casses toujours tout, rigola à son tour la blonde.

- Je vais commander la pizza. Quand tu te décides à sortir de ta cave, amène ton ordinateur et ton portable.

- Pourquoi ?

- Tu ne pensais quand même pas t'en sortir sans punition ? Tu m'as menti et désobéi, je pense que ça vaut bien deux semaines.

Madi leva les yeux au ciel en soufflant. Cela aurait été trop beau pour être vrai. Deux semaines ? Elle ne s'en sortait pas si mal. Quand elle avait proposé à Gaïa d'aller à la soirée malgré l'interdiction de Clarke, elle avait envisagé bien pire.

- Il y a des moments où je te hais vraiment, rigola la brune en lui donnant tout son matériel.

- Moi aussi je t'aime !

/

Assise derrière son bureau, Lexa était en train de peaufiner le plan d'entraînement de la semaine. Comme toujours, le lundi était réservé à la musculation et au cardio. Après ça, elle visionnerait avec ses joueuses les moments clés de leur match, ainsi que celui de leur prochain adversaire. Il n'y aurait que très peu d'entraînement balle aux pieds. Les joueuses détestaient ça. Mais, c'était une étape importante de leur préparation. Leur concurrent cette semaine était assez difficile. Elles étaient arrivées troisième du championnat l'année passée et comptaient bien battre leur record pendant ce championnat. Les Night Bloods n'allaient pas se laisser faire comme ça. Lexa était fière de son équipe et comptait continuer leur lancée, 8 matchs 8 victoires, ce n'était que le début.

En entendant des coups sur sa porte, Lexa leva la tête. Il était tout juste 14h, les filles n'étaient pas censées arriver avant une heure.

- Je te dérange ?

- Non, c'est plutôt calme ce matin, répondit Lexa en faisant signe à la blonde d'entrée.

Clarke s'installa en face d'elle, un sourire aux lèvres. Le coach ne put s'empêcher de remarquer à quel point la jeune femme était belle au quotidien.

- Je suis désolée de ne pas t'avoir répondu hier. La journée a été particulière.

- T'inquiètes. Tu avais d'autres choses à gérer. Comment ça va avec Madi ?

- Mieux. On a bien parlé samedi, et on a passé la journée ensemble à Turtle Bay Island hier.

- Turtle Bay ? Vous avez trouvé de quoi vous occuper toute une journée à Turtle Bay ? se moqua la brune.

- On a été nourrir les manchots, et puis on a pris l'ancien bateau de mon père pour rejoindre l'ile du phare. C'était sympa. Ça faisait longtemps qu'on n'avait pas passé une journée ensemble comme ça. Pour une fois, je n'étais plus son tuteur, mais sa grande sœur. Ça fait du bien.

- Je suis contente pour vous deux, sourit Lexa.

- Merci. D'ailleurs, c'est pour ça que je suis là ! Je voulais te remercier pour tout ce que tu as fait vendredi soir.

- Tu n'as pas à me remercier, c'est normal.

- Normal ? Tu entres souvent par effraction dans des lycées toi ? rigola Clarke.

- Est-ce vraiment entrer par effraction si on connait le code de l'alarme et qu'on y travaille toutes les deux ?

- Tu as compris où je voulais en venir !

- Mais je confirme. C'est normal. A quoi servent les amis sinon à nous suivre dans nos idées folles ?

- Mais quand même. J'ai des places pour le match USA-France de mercredi. Octavia devait y emmener Madi et Gaïa, mais après la débâcle de vendredi soir, Madi est assignée à domicile. Raven prend la place de Gaïa, et je me disais que tu serais peut-être intéressée par le dernier ticket ?

Lexa baissa la tête. Il n'y a pas si longtemps, c'était elle qui fournissait des places aux fans pour venir voir le match au stade. Maintenant, elle devait se procurer des billets. Et, ce n'était pas que l'idée ne lui plaisait pas. Au contraire, elle avait toujours aimé assister au match quand elle ne jouait pas, mais, c'était peut-être trop tôt. Voir ses anciennes coéquipières sur le terrain alors qu'elle ne pourrait jamais espérer quitter les tribunes. Elle ne savait pas si elle le supporterait.

- Tu n'es pas obligée de dire oui, ajouta Clarke en voyant le malaise de la jeune femme prendre place sur son visage.

Et en même temps, est-ce qu'elle serait vraiment prête un jour ? Remettre les pieds dans un stade accompagnée de ses plus anciennes amies était peut-être la solution. Elle ne serait pas seule. Elle aurait un soutien émotionnel. Elles allaient rire, s'amuser et profiter d'un match très intéressant.

- Copines et Foot ? Pourquoi je dirais non, finit par répondre Lexa.

- Génial ! On part toutes ensemble de chez O' à 17h30.

- Possible de pousser à 18h ? Le mardi l'entrainement fini plus tard.

- Ouais, ok. On prendra un hot dog au stade si on n'a pas le temps de manger avant.

- Tu ne pensais quand même pas m'emmener au stade et ne pas me faire manger cette nourriture divine ? rigola Lexa.

- Je n'aurais jamais osé !

- Je préfère, sourit la brune.

- Je te laisse à tes schémas, à demain !

/

Quand elle avait accepté de passer la soirée entre filles à Boston, Lexa ne savait pas ô combien l'heure de trajet pour arriver jusqu'au stade allait être intéressante. Assise à la place du passager, Raven s'était donnée comme mission de raconter toutes les anecdotes possibles sur les années qu'elle avait passé avec Clarke à la fac. Etant sa colocataire de dortoir pendant les 3 années, elle avait beaucoup de choses à raconter. Lexa était aux anges. Pour une fois que ce n'était pas d'elle que l'on se moquait ! C'était un agréable changement.

- Le pire dans l'histoire, c'est qu'en se levant le lendemain matin, elle était sérieuse comme jamais ! rigola Raven.

Derrière le volant, Clarke se mordit la lèvre. Son amie était intenable. Elle venait de repasser, en 60 minutes, les moments les plus embarrassants de sa vie sans aucune gêne.

- Octavia, tu devrais tenir ta femme, sinon je vais finir par la jeter pendant que la voiture est toujours en marche !

- Tu oserais faire sa à ta filleule ? demanda choquée Raven

- Elle a raison Rae, je pense que tu en as assez dévoilé pour aujourd'hui, ajouta sa femme.

Lexa n'était pas d'accord mais accepta la victoire de Clarke. Après tout, elle venait d'en apprendre plus sur la jeune femme pendant cette heure-ci qu'elle ne l'avait jamais fait. En quittant le lycée, l'artiste s'était beaucoup émancipée de l'influence de ses amis et de sa famille pour faire ressortir plus sa propre personnalité. Et si tout ce que Raven venait de lui confier était vrai, Clarke était tout aussi téméraire que le reste de sa bande. Avec Octavia et Jasper, elle était restée en retrait pour équilibrer la troupe d'amis. Une fois à la fac, cela avait changé. La présence de Raven n'avait pas aidé. Elle avait trouvé une nouvelle partenaire de crime.

- Sache juste que j'avais loin d'avoir fini ! râla la future maman.

- Et si tu me racontais comment tu as réussi à épouser celle-ci ? demanda Lexa.

- Tu m'as vu ? Elle n'avait aucune chance de résister, rigola Raven.

L'histoire complète était plus mignonne. C'était surement la rencontre la plus simple et classique qui puisse exister, mais cela avait permis de créer une belle histoire d'amour. Raven avait suivi Clarke lors de leur premier Thanksgiving à la fac. Ses proches habitaient trop loin pour qu'elle puisse rentrer pour seulement quatre jours. Les Griffin l'avaient reçu comme si elle faisait déjà partie de la famille. Clarke lui avait présenté ses amis dès le premier soir, et elle avait tout de suite été conquise par O'.

- Sa façon de parler, sa confiance, son tempérament et surtout la façon dont son jean mettait en valeur ses fesses, avoua Raven.

Après leur rencontre, verre à la main, dans un bar de la ville, Raven n'avait pas cessé de faire des sous-entendus.

- Je n'ai jamais entendu autant de mauvais pick up lines de ma vie, la coupa son épouse.

- N'empêche, à la fin du weekend, tu m'attirais dans les toilettes du club pour m'embrasser, sourit l'ingénieure fière d'elle.

Raven est revenue souvent à Polis après ça. Pour le nouvel an, son anniversaire, celui de Clarke, les vacances d'hivers, paques, à chacune de ses visites, O' et elle devenaient un peu plus proche. Ses visites se faisaient de plus en plus rapprocher, aucune des deux jeunes femmes étaient prêtes à l'admettre, mais elles étaient tombées amoureuses l'une de l'autre bien avant qu'elles officialisent leur relation au début des vacances d'été. Et depuis, elles étaient ensemble et inséparables.

- Tu n'imagines pas comment c'était dur de les supporter, lâcha Clarke. Maintenant, elles sont mariées et sages, mais au début… J'ai cru que je n'allais pas m'en sortir vivante.

- Bizarrement, je n'ai aucun mal à te croire, rigola Lexa.

- Que veux-tu ? On était faite pour être ensemble, sourit O'.

Elles arrivèrent au stade une grosse demi-heure avant le coup d'envoi. Lexa sentit la panique monter en elle. Peut-être s'était-elle surestimée ? Elle n'était peut-être pas encore prête. La dernière fois qu'elle s'était retrouvée si près d'un terrain officiel c'était pendant les JO. Ce fameux match où elle avait eu son accident. Clarke dût sentir le stress monter chez son amie. Elle prit la main de la brune en souriant, et sans la lâcher, la conduit jusqu'à leurs places. Lexa sentit son angoisse diminuer. Elle n'était pas seule. Ses amies étaient là pour l'aider à surmonter ses problèmes. Clarke était là.

- Pas mal Griff ! s'exclama O'. Tu nous as eu des bonnes places.

- C'était un cadeau pour Madi. J'avais fait les choses bien.

- Elle a réagi comment quand tu lui as annoncé qu'elle ne pourrait pas venir ? demanda Raven.

- Mal. Mais, elle a compris.

- Tu m'étonnes, commença O'. C'est rare d'avoir un match amical si important si près de chez nous !

- Moi qui n'y connais rien en foot, est-ce qu'on a le droit d'insulter les Françaises après chaque but et être de mauvaise foi ? rigola la mariée.

- On va espérer que tu n'es pas à t'énerver mon cœur, sourit O' en prenant sa femme par le cou.

- Ton pronostique la championne ? demanda Raven

- Je te dis ça après la compo.

- J'ai faim ! Je vais nous prendre un truc à grignoter, proposa Clarke.

- Lex' va l'aider, ordonna Octavia. Ma femme mange pour deux.

Levant les yeux au ciel au commentaire de son amie, Lexa se leva pour accompagner la blonde. Le stand était rempli. Elles n'avaient pas été les seules à avoir l'idée. Arriver plus tôt pour avoir le temps de manger posé sur son fauteuil avant le début de la rencontre semblait être une idée très populaire.

- Avec ses conneries ont risque de louper le début du match, se plaignit la brune.

- Peut-être, mais je prends le risque, rigola Clarke. Si Raven n'a pas ses nachos, on va se faire assassiner.

- Par elle ou O' ? demanda Lexa

- Ah ! Tu es d'accord toi aussi pour dire qu'Octavia est beaucoup, beaucoup, beaucoup trop protectrice ?

- Je suis même surprise qu'elle laisse Rae manger des Nachos. Elle est tellement sur son dos que j'aurais pu parier qu'elle lui avait fait un plat de chou ou je ne sais quoi d'ultra bon pour la santé.

- C'est son jour de triche, lui confia Clarke. Demain, la diet est de retour.

La brune sourit. Elle était réellement heureuse pour Octavia. Elle ne connaissait pas encore bien Raven, mais il n'y avait aucun doute sur ses sentiments pour O', et inversement. Elles s'étaient réellement trouvées.

- Ça doit te faire bizarre, commença le professeur, d'être ici avec nous et non sur la pelouse.

Lexa souffla doucement. Comme toujours, Clarke l'avait percé à jour sans difficulté.

- J'ai bien vu que tu hésitais quand je t'ai invité. C'est parce que c'est encore trop tôt ?

- Je ne sais pas si c'est tôt… En tout cas, c'est la première fois que je remets les pieds dans un stade.

- Oh… Je suis désolée si ça te met mal à l'aise, je pensais que ça te ferait plaisir. Je n-

- Je ne suis pas mal à l'aise. C'est juste étrange d'être ici à attendre le début d'un match au lieu d'être en train de me préparer.

- Si tu veux partir…

- Non ! Ça va être un match de feu, que je sois sur le terrain ou dans les gradins ! s'exclama Lexa. Et puis, j'aime passer du temps avec toi.

- Plus qu'avec O' et Raven ? demanda Clarke un sourire de victoire au coin des lèvres.

- Ne leur dit pas !

Le rire de Clarke était vraiment mélodieux, de la musique faite pour les oreilles de Lexa. La blonde lui prit à nouveau la main en souriant.

- J'aime aussi passer du temps avec toi. Si tu pouvais éviter de redisparaitre, ça m'arrangerait.

Il était hors de question de partir à nouveau. Depuis son retour à Polis, Lexa était ravie. Passer du temps avec sa famille et ses amis d'enfance, lui avait redonné le sourire. Elle était consciente d'avoir passé une grande partie de son existence à négliger cet aspect de sa vie, elle refusait de refaire la même erreur. C'était grâce à son nouvel entourage qu'elle réussissait à surmonter la perte de sa carrière.

Elles retournèrent à leur place tout juste à temps pour l'entrée des joueuses. Leurs bras étaient remplis de fast food : nachos, hot dog, chili fries et bière. Ce n'était clairement pas le régime alimentaire habituel de la sportive professionnelle, mais pour une fois, elle allait faire une exception.

Le commentateur annonça l'arrivée des équipes sur le terrain. Il commença par les joueuse Françaises avant d'enchainer, avec beaucoup plus d'énergie avec celles des USA.

- Et pour sa première sélection en équipe nationale, Numéro 17, Lunaaaa Rivers !

Clarke sursauta en entendant le nom de son ancienne petite amie.

- Depuis quand Luna joue en national A ?

- Depuis qu'ils ont besoin d'un milieu offensif, souffla Octavia en regardant Lexa.

Les trois amis fixèrent l'ancienne footballeuse, guettant la moindre réaction.

- Luna est une bonne joueuse. Elle a fait plusieurs stages avec l'équipe nationale. J'aurais pensé qui mettraient Rose Lavelle, elle a plus d'expérience, une coupe du monde à son actif, mais Luna joue très bien aussi. Elle peut apporter pas mal de chose à l'équipe.

- Si je comprends bien, Clarke s'est fait 2 joueuses internationales ? La classe ! s'exclama Raven

- Deux ? demanda la concernée.

- O' m'a raconté la fois où Lexa et toi avez fait des bébés dans ton placard !

- Je ne savais pas qu'on pouvait tomber enceinte seulement en s'embrassant, fit remarquer la blonde en buvant une gorgée de sa bière.

- Ce n'est qu'une question de temps avant plus, murmura doucement Raven à l'oreille de sa meilleure amie.

Clarke s'étouffa avec sa boisson, réussissant de justesse à ne pas tout recracher. Elle posa son verre sur le côté et se dépêcha de taper l'épaule de son amie pour la faire taire une bonne fois pour toute.

- Aie !

- Clarke, si tu pouvais arrêter de taper la mère de mon bébé ça m'arrangerait ! se plaignit O'.

- Tu n'as qu'à arrêter de lui raconter n'importe quoi ou réussir à la faire taire !

- Je veux bien me faire bâillonner bébé, mais en privé, se moqua Raven.

- J'ai l'impression de côtoyer des ados. Hein Lex, on a les mêmes au boulot ? râla Octavia en se reconcentrant sur ce qu'il se passait sur le terrain.

Elles n'eurent pas la chance de sauter de joie. Très tôt l'équipe de France prit l'avantage et les USA essayèrent de limiter la case. Clarke adorait écouter Lexa comparer les techniques et commenter les actions. C'était un changement agréable par rapport à Raven et O' qui se contentaient de jurer à chaque fois que les USA perdaient le ballon. L'avis expert de l'ancienne joueuse permettait de comprendre ce qu'il se passait vraiment sur le terrain, d'où venait les faiblesses et ce qu'il fallait attendre pour croire à la victoire. Malgré la défaite 3-1, Luna avait été bonne. Elle avait permis à la balle d'avancer et avait même effectué la passe décisive qui mena au seul but américain.

- Je propose qu'on aille se bourrer la gueule pour oublier ce massacre, lâcha Octavia une fois sortit du stade.

- En pleine semaine O' ? demanda Lexa.

- J'ai pris ma matinée et officiellement, tu n'as pas à être au lycée avant 13h.

- Et, j'ai cours qu'à 11h.

- Je suppose que c'est moi qui conduis au retour, ajouta Raven.

- Allez Lex, on n'est pas souvent entre fille dans une ville où on peut vraiment s'amuser, continua le vice principal.

A trois contre un, le coach n'avait pas vraiment son mot à dire. Et puis, se lâcher un peu ne lui ferait pas de mal. Depuis le début du championnat, elle n'avait pas assez profité. Octavia qui était allée à la fac à Boston connaissait bien mieux la ville que les trois autres. Elle les conduisit dans un bar qu'elle avait beaucoup fréquenté durant son master. Lexa aima tout de suite l'ambiance décontractée. La musique n'était pas trop forte mais permettait à ceux qui le souhaitait de danser dans le tout petit espace, les autres étaient confortablement installés sur des banquettes remplies de cousin. Lexa se proposa d'aller chercher à boire, pouvant ainsi, choisir ce qu'elle prendrait sans aucune pression. En revenant à table, elle fut surprise de ne retrouver que Clarke.

- Raven devait aller aux toilettes, et O' devait l'aider à ne choper de maladie si j'ai bien compris, rigola la blonde.

- J'ai pris de la blonde pour O' et toi, ça va ?

- Tu bois quoi toi ?

- Un gin tonic… sans le gin, répondit Lexa

- Du shwepps quoi …

- Voila !

- Tu sais, Octavia ne te jugera pas si tu lui parlais.

Lexa posa son verre sur la table. Elle ne doutait pas de la compréhension dont ferait preuve son amie si elle lui avouait ne pas pouvoir boire et les raisons. La brune préférait éviter le sujet par facilité.

- Je sais, mais ça va soulever des questions auxquelles je n'ai pas envie de répondre. J'essaye vraiment de tirer un trait sur ce moment de ma vie.

- Je ne suis pas une experte, mais tu n'es pas censée affronter les moments difficiles quand tu rentres dans le programme ?

- Si. Et je l'ai fait. Si O' me pose la question directement, je lui répondrai honnêtement comme je l'ai fait avec toi. Mais, tant que le sujet peut être évité, ça me va.

- Tu sais que si tu as besoin d'en parler…

- Je sais où tu habites, compléta Lexa.

- Ouais, j'allais dire tu peux m'appeler, mais ta version harceleuse marche aussi, rigola Clarke en attrapant sa boisson.

Le couple marié réapparu quelques minutes plus tard main dans la main.

- J'ai posté notre selfie de tout à l'heure sur insta, commença Octavia, ce qui est sûre, c'est qu'Harper est deg qu'on ne l'ai pas prévenu…

- Je ne l'ai jamais vu utilisé autant d'émoji vulgaire, souligna Raven en montrant le commentaire de l'ancienne gardienne de but.

- Je ne savais même pas qu'ils en existaient autant, avoua Lexa.

Malgré ses réticences, Lexa était contente d'être venue. Elle passait un bon moment entre fille, rigolant aux chamailleries entre Clarke et Raven. Cela lui permettait de redécouvrir ses amies dans un cadre détendu et plus adulte.

- Ok, c'est le moment de danser ! lança Clarke en entendant une chanson qu'elle aimait bien.

Octavia se leva d'un bon et attrapa la main de sa meilleure amie. Clarke tourna son regard vers les deux restantes, les défiants.

- J'ai les pieds en compote, avoua Raven.

- Et, moi je lui tiens compagnie, ajouta Lexa.

- Vous n'êtes pas marrante, lâcha Clarke en s'en allant.

- Je suis enceinte, je te signale !

Clarke lui tira la langue et attira O' avec elle au milieu des quelques personnes qui dansaient. Lexa les suivit du regard, le sourire aux lèvres. C'était impressionnant de voir combien les deux jeunes femmes étaient proches après tant d'années. C'était comme si Lexa n'était jamais partie. L'amitié entre son ancienne partenaire et la fille de son coach était restée intacte.

- Tu peux y aller si tu veux, ça ne me dérange pas de regarder.

- Non, ça va. Je ne suis pas vraiment à l'aise avec autant de proximité.

- Même avec Clarke ? demanda Raven en bougeant ses sourcils.

- Qu'est-ce qu'Octavia t'as encore raconté ? souffla Lexa en levant les yeux au ciel.

- Pas grand-chose… Par contre, tu as oublié que j'ai partagé la même chambre que Clarke assez longtemps. Et devine qui revenait souvent dans nos sujets de conversation ?

- Sérieusement ?

- Au début en tout cas.

- C'était pour te dire à quel point je l'avais déçu ? Blessé ? demanda l'ancienne joueuse.

- On comprenait que tu lui avais fait de la peine, mais la plupart du temps, c'était surtout pour dire que tu lui manquais.

Lexa jeta un rapide regard vers la piste de danse. Elle sera les mâchoires en voyant Clarke rire aux éclats. Elle se détestait de lui avoir fait du mal en l'ignorant lors de la fin de leur première et en partant sans dire au revoir.

- C'est de l'histoire ancienne, maintenant.

- Tu es sûre ? Tu sais, en plus d'avoir des yeux, je connais aussi très bien notre blondie préférée. Elle va beaucoup mieux depuis que tu es là.

- On discute pas mal, avoua Lexa. Elle m'aide à m'adapter à ma nouvelle vie, et je l'écoute quand elle a besoin de vider son sac.

- La question c'est pourquoi c'est toi qu'elle vient voir pour vider son sac ? Ne le prends pas mal mais O', moi, Monty et même Jasper, on est beaucoup plus qualifié que toi dans le domaine. Je veux dire, niveau confiance. On a un peu d'avance sur toi. Pourtant, c'est vers toi qu'elle s'est tournée. Et, c'est grâce à ça qu'elle va mieux.

- On s'entend bien, se contenta de répondre Lexa.

- Ok, j'ai compris ça ne me regarde pas. Changeons de sujet. Tu me laisses boire une gorgée ?

- Tu veux qu'Octavia me tue ?

- Elle aboie plus qu'elle ne mord… sauf si tu lui demandes, sourit Raven.

- Tu peux avoir une gorgée, mais tu vas être déçu, ce n'est que du soda.

- Vraiment ? Tu sais que je conduis ce soir, tu peux te lâcher.

- Je sais, mais je ne bois plus vraiment.

- Oh, cool ! Ça veut dire que je vais pouvoir dormir sur le trajet du retour. C'est toi qui prends le volant.

- En tout cas, c'est sûr que ce n'est pas l'une des deux, rigola Lexa en se tournant vers la piste.

Octavia et Clarke étaient joyeuses, et ça se voyait dans leur manière de danser, et dans leurs éclats de rire. Elles attiraient l'attention de toutes les personnes autour. Certains n'étaient vraiment pas discret dans leur manière de mater. Lexa souffla en voyant l'absence de gêne que pouvait avoir les gens, la fille qui dansait avec Clarke ne regardait clairement pas ses yeux.

- Arrête-moi si ça te dérange mais… Je peux savoir qu'elle genre de blessure arrête une carrière comme la tienne ? Tu dois pourtant avoir les meilleurs médecins du monde.

- Tu t'y connais un peu en ortho, non ?

Raven hôcha la tête, en tant que prothésiste, elle avait l'habitude des blessures, des méthodes de soin et de rééducation.

- Imagine les pires blessures qu'on peut se faire au genou.

- Pour une footballeuse ? Je dirais rupture des ligaments croisés ou détachement du tendon ? Fracture de la rotule ? Je chauffe ?

- Rupture des 4 ligaments dont les deux croisées, avec détachement complet du tendon rotulien et fracture rotule et cartilage.

- Comment c'est possible de se détruire le genou en une seule action ?

- Mes ligaments ont lâché quand mon adversaire a stoppé net ma jambe, ils n'ont pas supporté le changement brutal de direction. Et, quand j'ai touché le sol, le genou de la joueuse adverse a percuté le mien bloqué au sol.

- Wahoo… ça a dû faire un mal de chien.

- Je n'ai pas tout de suite compris ce qui m'arrivait, avoua Lexa. Même la douleur je ne l'ai pas senti tout de suite. C'est quand j'ai essayé de me relever que tout m'a frappé d'un coup.

- Avec O', on regardait le match quand c'est arrivé. Harper était là aussi. Elles ont tout de suite compris que tu ne reviendrais pas en jeu avant un bout de temps.

- C'est le cas de le dire…

- Ce que je ne comprends pas c'est que… Oui ce sont 3 blessures très graves, mais individuellement elles se traitent plutôt bien. Tu allais passer plus d'un an hors du terrain, mais pas ta carrière.

- Mon chirurgien m'a demandé si j'étais sûr de m'être blessé au foot car c'était clairement une blessure de hockey.

- Ouais, je vois le genre, une fracture contre la glace.

- Il a joué au puzzle en remettant mon cartilage, dans la mesure du possible, en place, continua Lexa. Les opérations se sont bien passées. Je pourrais, si je le voulais, avoir une petite place en division inférieure, là où le jeu est moins rapide, moins physique, moins fort mais… Mon genou bien que guéri est beaucoup trop fragile pour le niveau de la ligue professionnelle.

- Et ça ne te tente pas ?

- Il y a certains mouvements que je ne peux plus faire, j'ai essayé mais j'ai perdu de la mobilité. Je préfère ne pas jouer du tout que de ne pas jouer comme j'aime le faire.

- Si un jour tu veux qu'Abby ou moi regardons, s'il y a un moyen… Pas que je sois plus doué que tes docteurs mais on utilise des procédés assez innovent pas encore bien connus de la médecine actuelle.

- J'y réfléchirai, répondit Lexa.

Pendant le reste de la soirée, O' et Clarke revirent s'asseoir avec elle. Clarke repartit peu de temps après quand la jolie rousse qui n'avait d'yeux que pour sa poitrine vint la chercher pour danser de nouveau. Apparemment, cela ne dérangeait pas la blonde qui dansait sensuellement avec sa partenaire. Octavia et Raven s'amusèrent à l'humilier légèrement en criant des « vas-y Griffin » et en hurlant quand leur amie se fit plaquer contre le mur et embrasser. Lexa… Lexa était plus mitigée. Elle n'aimait pas vraiment l'attitude de la rousse. Ou bien est-ce la réponse positive que lui donnait Clarke qu'elle n'aimait pas ? Dans tous les cas, elle aurait préféré que la blonde reste à leur table à discuter. A plusieurs reprise, Lexa se surpris à regarder les deux jeunes femmes danser, toujours plus près l'une de l'autre et à serrer légèrement les poings. Elle ne comprenait pas pourquoi Clarke ne la repoussait pas. Ce n'était pas le moment. Elles étaient ici pour passer du temps ensemble et non pour se laisser frotter par des inconnues. Il était presque une heure du matin quand Clarke revient vers elles.

- Ok, je vais aller faire un tour par la chambre de cette fille. Partez sans moi, je prendrai le premier train demain matin.

- Oh, tu es sûre ? demanda Lexa.

- Lex' tu es gay. Tu dirais non si cette femme te proposait de coucher avec elle ?

- Moi je ne dirais pas non, lâcha Raven.

- Eh ! s'écria Octavia.

- Si je n'étais pas déjà mariée à la plus belle femme du monde, ajouta-t-elle en embrassant la joue de O'.

- Tu ne la connais même pas.

- Tu n'as jamais entendu parler d'un coup d'un soir ? Je ne vais pas me marier, juste m'envoyer en l'air. Elle m'attend, je file.

- Fait attention, se dépêcha de dire Lexa.

La brune regarda Clarke attraper la main de l'inconnue, et ensemble, elles quittèrent le bar. Lexa se sentait impuissante. Elle n'aimait pas l'idée de laisser Clarke seule avec une inconnue, dans une ville qu'elle ne connaissait pas tant que ça, surtout après qu'elle ait bu quelques verres.

- Je crois que c'est notre signale pour rentrer, non ? proposa Raven.

- On va vraiment laisser Clarke toute seule ? demanda Lexa.

- C'est une grande fille, elle fait ce qu'elle veut.

- Et puis, crois-moi, ce ne sera pas la première ni la dernière marche de la honte qu'elle fera demain matin. A la fac, c'était tous les weekends, sourit Raven. Elle a toujours eu du succès.

- Ça ne change pas qu'elle est seule, avec une inconnue, dans une grande ville et intoxiquée.

- Elle est juste un peu joyeuse. Tu es sûre que c'est ce qui te dérange vraiment ? demanda O'. Où c'est parce qu'elle n'est pas rentrée avec toi que tu t'énerves ?

- Vraiment O' ? C'est vraiment le moment, tu penses ? s'énerva Lex à cette allusion.

- Ne t'inquiète pas. Clarke c'est ce qu'elle fait. Et puis, si elle a un problème elle appellera Bellamy, il n'habite pas loin d'ici.

« Super » pensa Lexa. La sécurité de Clarke dépendait de Bellamy Blake. Il ne manquait plus que ça. Tout allait bien dans le meilleur des mondes.

- Aller, on décolle. Je suis morte, lâcha Raven.

Tout était juste parfait.


Jalouse ? Naaaan...

Clarke est perdue, tout autant que Lexa, ce n'est pas parce qu'elle essaye de faire bonne figure qu'elle ne se sent pas complètement dépassée par sa vie. On ne juge pas ces décisions, elle cherche juste du réconfort là où elle peut, Bell ou cette femme..

Ok. les bras de Lexa se serait mieux ! On est d'accord, et en même temps, ça n'aiderait aucune des deux de se précipiter !

Vous en pensez quoi ? Je suis impatience de découvrir votre avis.