Bonjour à tous !
Alors, je ne suis pas médecin, je ne suis pas sage femme, je ne parle pas d'expérience. J'ai lu et posé des questions aux concernées que je connais, mais c'est tout, alors on oublie pas que c'est une fiction, et si les détails de la grossesse ne sont pas réalistes, réalistes, désolé, mais tant pis !
Voila :D Bonne lecture.
Les deux dernières semaines depuis Thanksgiving avaient filé à une allure étonnante. Le championnat avait repris, et malgré toutes ses bonnes résolutions, Lexa continuait à y consacrer 97% de son temps. Elle voulait vraiment aider les adolescentes de Polis High à décrocher ce titre. L'entrainement d'aujourd'hui avait été intense. Il ne restait que très peu de match avant l'annonce officielle des qualifiés pour les PlayOff. Lexa n'avait pas à s'inquiété, les Night Blood était déjà admis, mais elle attendait avec impatience leurs adversaires durant les huitièmes de finals.
Malgré tout, elle devait prendre du temps pour elle. C'est pour ça qu'elle avait accepté que Raven passe faire quelques tests. Elle n'avait pas vraiment espoir, mais la jeune prothésiste avait su se montrer convaincante. Après tous, peut-être pourrait-elle jouer à nouveau grâce aux inventions innovantes de la future maman. Qu'est-ce qu'elle avait à perdre ?
- Yo, Lexa ! Tu es par-là ?
La brune se leva de son bureau pour rejoindre la pièce principale. Raven était devant la porte d'entrée, elle portait dans sa main une grosse valise noire.
- Je t'avais dit de m'appeler de la voiture que je porte ton matériel !
- Je suis enceinte et non handicapé ! se plaignit Raven.
- Va dire ça à ta femme qui m'a menacé quand elle a su que tu reprenais le boulot alors que le médecin vient de t'arrêter.
- J'ai épousé une drama queen. C'est qu'un petit examen de rien du tout, une heure max. Et le médecin ne voulait pas m'arrêter, Octavia a insisté à cause des petites contractions que j'ai eue hier.
Lexa ne répondit pas mais se dépêcha de rejoindre son amie et de lui prendre la valise des mains. Octavia était peut-être excessive, mais Lexa tenait à ce que sa tête reste accrochée au reste de son corps.
- Pourquoi tu es trempée ? demanda le coach en remarquant les cheveux mouillés de la brune.
- Tu n'as pas vu le temps ? C'est l'apocalypse dehors.
Lexa approcha de la fenêtre pour observer ce qu'il se passait dehors. La météo avait changé drastiquement depuis la fin de l'entraînement quelques minutes plus tôt. Le vent soufflait de plus en plus fort et la pluie tombait à grosses gouttes.
- Heureusement qu'on est à l'intérieur, lâcha Lexa en se retournant. Tu veux commencer par quoi ?
- Déshabille-toi Woods.
Une fois en tenue, short et brassière de sport, Lexa se laissa faire. Raven avait une vingtaine d'électrodes à poser. Elle commença par ceux surveillant son activité cardiaque, puis descendit sur son abdomen avant de calculer l'activité musculaire de cette zone et enfin, elle s'assit sur le sol pour entourer le genou blesser de Lexa de différents types de capteurs.
- Okay, aide-moi à me relever, je commence à peser une tonne, rigola l'ingénieur en tendant sa main.
Lexa l'attrapa et la tira à elle pour lui donner la force qui manquait à ses jambes pour se redresser. Raven agrippa aussitôt le banc à côté d'elle pour se maintenir. Elle ferma les yeux et souffla pour éliminer la douleur qu'elle venait de ressentir en se levant.
- Ça va ? s'inquiéta Lexa.
- Ouais… Juste une contraction. Elles sont assez forte aujourd'hui.
- Okay, on laisse tomber. Je te raccompagne.
- Ne dis pas n'importe quoi ! Le docteur a dit que c'était normal.
- Des contractions à quoi… six mois ? C'est normal.
- Toutes les grossesses sont différentes mais oui on peut avoir des contractions bien avant d'accoucher. Et puis, vu que c'est une grossesse médicalement assistée, il y a des chances que j'accouche à 8 mois. Mes contractions sont proportionnelles.
- N'essaye pas de me perdre avec du vocabulaire que je ne comprends pas. Tu me le dis si ça ne va vraiment pas, d'accord.
- Yep, Chef ! Allez, au boulot.
Pendant la demi-heure qui suivit, Raven donna des ordres bien précis à Lexa pour récolter toutes les données dont elle avait besoin pour faire son diagnostiques. La joueuse s'exécuta sans peine. Elle avait fait des tests d'endurance, de force et de souplesse beaucoup plus éprouvant que celui-ci. Alors qu'elle était en train de terminer les 15 minutes de tapis de course, la porte de la salle de sport s'ouvrit.
- Oh la vache ! C'est l'apocalypse dehors.
- Luna ? demanda Lexa surprise. Qu'est-ce que tu fais là ?
- On n'était pas censé s'entraîner ? Je suppose avec ce temps qu'on ne pourra pas toucher au ballon, mais je me suis dit que tu aurais peut-être des exos en salle à me faire faire.
- Oh merde… J'ai complètement oublié d'annuler. Raven avait besoin de me faire faire quelques exercices.
- T'inquiète, on a qu'à reporter à demain soir ?
- Puisque tu es là, ça te dérange si je joue un peu avec toi ? demanda Raven. Ça m'aiderait à mieux comprendre les besoins de Lexa si je pouvais les comparer ses résultats à une athlète du même niveau.
Luna n'hésita pas une seconde et retira son haut pour que Raven puisse y coller ses électrodes. Si Lexa avait trouvé les exercices faciles, Luna les survolait sans même y réfléchir, c'était une promenade de santé pour une joueuse encore active de son niveau. Malgré ses réussites, Lexa vit tout de suite la différence, alors qu'elle grimaçait sur certains étirements, ou qu'elle devait forcer sur ses changements de direction, chassant la douleur comme elle pouvait, Luna ne bronchait pas. Cela ne pouvait que confirmer ce que les médecins n'avaient cessé de lui répéter, elle ne pourrait plus jamais jouer comme avant. Raven, aussi douée soit-elle, ne pourrait rien y faire.
- Ok, on s'arrête pour aujourd'hui. Laissez-moi quelques minutes pour analyser le tout.
Lexa attrapa son polo de coach et l'enfila avant de rejoindre Luna pour lui tendre une bouteille d'eau.
- Merci, souffla son ancienne coéquipière avant de boire une gorgée.
- Demain si le temps n'a pas changé on s'entrainera à l'intérieur, j'ai des exercices sur le tapis balle aux pieds qui risquent de te donner du fil à retordre.
- Bien coach !
Luna se rhabilla à son tour et vint s'asseoir à côté d'elle.
- C'était pour quoi ses tests au juste ?
- Raven voulait voir si elle avait du matériel compatible avec ma blessure.
- Tu pourrais rejouer si c'était le cas ?
- Je n'en sais rien. Probablement pas.
- Pourquoi tu es si négative ? demanda la joueuse
- Sur une échelle de 0 à 10, tu as trouvé ça dur à quel point aujourd'hui ?
- Autour de.. – 5, rigola Luna. Tu sais aussi bien que moi que la préparation de est 300 fois pire.
- Exactement ! Pourtant, mon genou m'a fait mal assez souvent, souffla Lexa.
- Je suis désolée…
Lexa ne répondit pas. Elle avait l'habitude de voir ce regard sur le visage des gens quand elle parlait des douleurs de son genou. Elle n'était pas là pour leur pitié, ou même leur compassion. Elle s'était faite à l'idée et voulait avancer maintenant. Elle se leva vers le mur opposé où son ancien maillot était accroché à côté de celui d'Octavia ainsi qu'une photo des deux équipes de chaque côtés.
- Regarde nos têtes, rigola Luna. On était encore des bébés.
- Des bébés ayant gagnés le championnat d'Etat, rigola Lexa. J'ai encore du mal à me faire à l'idée que vous l'aillez gagnés sans moi l'année d'après. Ce n'est pas juste.
- Lex… Alors qu'on gagnait le championnat du jouait la ligue de champions avec Chelsea.
- Tu veux dire que je perdais en ligue des champions.
- Oui, pardon. J'ai oublié que tu ne l'as gagné que l'année d'après ! souffla Luna. Tu sais que c'est la coupe la plus prisée du foot ? Et qu'en jouant au US, très peu d'entre nous ont la chance d'y avoir participé ?
- Je –
- J'ai une bonne, une moyenne et une mauvaise nouvelle, la coupa Raven. Je commence par la mauvaise ?
Lexa hocha la tête pour seule réponse.
- La mauvaise nouvelle c'est qu'aujourd'hui, il n'existe pas encore de prothèse te permettant de récupérer toute la mobilité de ton genou. J'ai déjà plein d'idée pour en créer une nouvelle mais le temps de la construire et qu'elle soit commercialisée, ça va prendre minimum un an, voire plus.
- Ok.
- La bonne nouvelle c'est que ta perdre de mobilité n'est pas si grande. Il y a très peu d'écart entre tes résultats et ce de Luna. Tu as fait un travail formidable sur ta rééducation.
- Tu es en train de dire que Lex pourrait reprendre le jeu ? demanda Luna.
- Ce qui me conduit à la moyenne nouvelle… Oui. Si tu le souhaite vraiment tu es en capacité de reprendre une activité sportive intensive. Malheureusement, ton cartilage est mort, les risques de te reblesser son beaucoup plus grande que pour une joueuse normale. Et que malgré ta capacité à jouer, tu risques d'avoir assez souvent mal au genou. J'ai élaboré un fluide qui soulage pas mal les douleurs articulaires, je peux te faire une injection, pas besoin de nouvelle opération. Mais, ce n'est pas une solution miracle. Si tu décides à reprendre ta carrière, tu dois être sûre de réussir à supporter la douleur après chaque entrainement et match. C'est à toi de voir.
Lexa resta silencieuse. Elle ne savait pas comment réagir. Pour elle sa carrière était fini depuis ce fameux match. Tous les médecins avaient été d'accord. Les risques étaient trop grands. Raven venait de confirmer ses risques et de mettre en avant tous les inconvénients à reprendre sa carrière. Mais, elle lui avait ouvert une petite porte remplie d'espoir.
Alors qu'elle s'apprêtait à prendre la parole, Lexa remarqua les tremblements de son amie. Elle prit Raven par le bras et la soutient du mieux qu'elle put alors que la future maman soufflait doucement.
- Tu es sûre que ça va Raven ?
- Ouais, ouais… Rien d'insurmontable. J'ai juste un peu plus de contraction que d'habitude aujourd'hui, mais le docteur n'est pas inquiet.
- Je te raccompagne, lâcha Lexa. On continuera notre discussion sur ton canapé avec l'un des thés naturels sans goût qu'Octavia t'a acheté.
Raven acquiesça. Ce n'était probablement rien de grave, mais depuis ce matin, elle se sentait beaucoup moins en forme qu'à son habitude. Elle ne voulait prendre aucun risque.
- Vous irez nulle part, lâcha Luna son téléphone à la main. On vient de passer en alerte rouge tempête. Aucun véhicule ne doit circuler. On conseille de rester enfermé.
Lexa et Raven s'approchèrent de la seule fenêtre de la salle pour regarder dehors. En effet, dans la rue, la scène était assez inquiétante. Il y avait de plus en plus d'eau et le vent arrachait les branches le plus fragiles des arbres.
- Dis-moi que tu as quelques choses à manger ici, râla Raven.
- Des barres de céréales ?
- Super. Vraiment, Super.
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Votre attention s'il vous plait, tous les professeurs et leurs élèves sont attendus dans la cafétéria. Nous vous demandons de rester calmes et de respecter les consignes de sécurité transmisses. Les cours sont annulés pour le reste de la journée.
Quand la voix de Kane arrêta de raisonner dans la classe, Clarke souffla. C'était le moment de canaliser ses élèves et leurs peurs. Elle leur fit signe de rester assis, pendant qu'elle regardait ce qu'il se passait dans le couloir. Voyant les autres classes commençant à sortir, elle se concentra pour se rappeler du protocole à adopter.
- On est bien d'accord, il n'y a pas d'absent aujourd'hui ? demanda Clarke en revenant à son bureau pour vérifier sa liste. Qui d'entre vous possède un téléphone portable ?
Tous les élèves de la classe levèrent la main.
- Bien, vous avez le droit de les allumer exceptionnellement et de prévenir vos parents du confinement dans le lycée. Qu'ils n'essayent pas de venir vous chercher, nous fermons toutes les portes jusqu'à la fin de l'alerte.
Sans rien dire, la classe s'exécuta.
- On reste calme. On va aller se regrouper dans la cafétéria. Ne vous mélangez pas avec les autres classes tant qu'on ne vous donne pas l'autorisation.
- Il se passa quoi au juste ? demanda l'un des élèves.
- Une petite tempête va survoler Polis. On se regroupe le temps qu'elle passe. Vous rentrerez chez vous juste après.
Clarke et ses élèves quittèrent la pièce pour rejoindre les autres. La salle était bondée. Malgré qu'il s'agisse d'une petite ville et d'un petit lycée, on comptait jusqu'à 500 jeunes scolarisés.
La blonde fit signe aux adolescents de se poser autour de deux tables libres et de rester silencieux. Elle regarda autour d'elle, cherchant Octavia ou Madi des yeux. Elle fut surprise de tomber sur le visage de sa mère.
- Maman ? Qu'est-ce que tu fais là ?
- Hey, chéri ! J'étais venue boire un café avec Marcus avant de rester bloqué avec vous.
- Tu sais si ça va durer longtemps ?
- D'après la météo, on devrait pouvoir partir vers 15h30.
Clarke hocha la tête. Elle devait tenir sa classe un peu plus de deux heures. La blonde commença à faire demi-tour pour rejoindre ses élèves, ne sachant que dire à sa mère. Depuis son retour, la communication était difficile. Abby faisait des efforts et essayait vraiment d'ouvrir le dialogue avec sa fille ainée. Clarke n'était toujours pas prête à faire le nécessaire. Elle ne savait tout simplement pas ce qu'elle pouvait bien lui dire. Ses émotions étaient trop mélangées pour qu'elles puissent avoir une discussion posée et raisonnée.
- Tu as vu Madi ? demanda Abby l'air inquiète.
- Non, pas encore. Elle avait histoire normalement. C'est les classes les plus éloignées, elle ne devrait pas tarder à arriver.
En apercevant Octavia, Clarke fit signe à son amie de les rejoindre. Elle avait besoin d'information mais surtout de ne plus être seule avec sa mère. Elle avait beaucoup de mal avec ces têtes à têtes.
- Hey ! souffla Octavia. Je viens d'avoir un sms de Raven, mon obstinée de femme est coincée au gymnase avec Lexa au lieu d'être à la maison. Je ne comprends pas pourquoi elle ne m'écoute jamais !
- Vous êtes toutes les deux beaucoup trop têtues, sourit Clarke.
- Ne t'inquiète pas, tout ira bien pour elle et le bébé, continua le docteur.
- Tu sais comment on doit s'organiser ? demanda la blonde.
- Juste maintenir le calme. Les élèves peuvent se mélanger une fois que le comptage des effectifs est sûr. D'ici, une petite demi-heure on va commencer à distribuer des bouteilles et de quoi grignoter. Et, ils peuvent utiliser leur portable pour s'occuper, et des livres vont être prêtés.
- Okay, donc, on contrôle juste le volume et on rassure ?
- Exactement !
Clarke acquiesça avant de retrouver vers ses élèves pour donner les nouvelles consignes. Les jeunes semblaient presque ravis d'être bloqués au lycée sans avoir cours.
- Miss Griffin ?
- Aden ?
- J'ai envoyé un message à ma mère comme vous l'aviez recommandé, mais je n'ai pas de nouvel de Lexa par contre. Vous savez où elle est ?
- Coincé au Gymnase avec Raven. Ne t'inquiète pas elle est en sécurité.
Le jeune garçon sembla soulagé. Clarke fut touché par le soupir de soulagement qu'il laissa échapper. Elle avait la chance d'enseigner l'art à Aden depuis plus d'un an maintenant, elle était très attachée à l'adolescent qui montrait un très grand potentiel. Elle l'avait toujours trouvé très mature, aimable et concentré. Bien qu'il n'ait aucun lien génétique avec sa tante, il lui ressemblait beaucoup. C'était sûrement parce qu'Anya les avait tous les deux élevés de la même manière.
- Et Madi ! s'écria le garçon en voyant son amie arriver.
La jeune femme salua rapidement sa sœur avant de prendre amicalement Aden dans ses bras. Clarke fut surprise. Ça sœur n'avait jamais été très tactile. Habituellement elle se contentait d'un signe de la main, ou d'un check. Elle ne l'avait jamais vu prendre quiconque dans ses bras pour un câlin de bonjour. Les mots de Lexa concernant les deux adolescents lui revinrent en tête. Le coach avait vu clair dans leur petit jeu. Clarke n'était pas sûre d'aimer ça. Voir Madi grandir était très difficile pour elle. La voir tomber amoureuse, et potentiellement avoir le cœur briser, ne réjouissait pas le professeur. Mais elle ne pouvait contrôler la vie de sa petite sœur, et malgré son envie de la protéger, elle savait que Madi devait vivre ses expériences. Aden semblait être un gentil garçon. Madi aurait pu faire pire. Clarke avait définitivement fait pire. Bien pire.
- Gaïa monte un tournois, tu viens ? demanda la jeune femme.
- Pour qu'elle nous humilie encore ? Qui peut être si forte en blind test, sérieusement ? rigola Aden.
- Tu auras cas faire l'artiste torturé en dessinant dans ton coin, mais j'ai besoin d'un témoin si je finis enfin par la battre, lâcha Madi en le tirant par le bras.
- Ne vous éloignez pas trop !
- Oui oui maman, souffla la benjamine des Griffin.
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- Tu déconnes ?! lâcha Raven.
- Nop. Je te promets, Ellen n'est pas aussi sympa qu'elle le paraît. Quand elle a invité l'équipe tout le monde était mal à l'aise, finit Luna.
- Mais… On dirait un petit sucre d'orge bleu et blond, souffla l'ingénieur. Je…
Raven s'arrêta, posant une main sur son ventre. Elle se concentra pour reprendre son souffle avant de laisser sa tête tomber en arrière contre le mur. Les trois femmes s'étaient installées sur les tapis de la salle de sport, et discuter de leur expérience pour passer le temps.
- Rae… C'est bizarre quand même toutes ces contractions.
- Je sais, finit-elle par admettre. Mais vu qu'on est coincée et qu'on ne peut rien y faire, je préfère ne pas m'inquiéter. J'irai voir le doc dès que la tempête se termine.
- Tu veux qu'on te change les idées comment ? demanda Lexa.
- Des histoires embarrassantes sur Clarke. Maintenant !
- J'en ai plus sûre O…
- Yep, mais Clarke m'a déjà fait un bon historique, rigola Raven. Et, elle se connaissent depuis toujours, tu ne pourras pas la battre.
- Je n'ai pas grand-chose d'embarrassante sur Clarke… C'était plutôt moi qui était ridicule, sourit Lexa. Au lycée Clarke était plutôt… calme, posée.
Luna ne put retenir un petit rictus faisant retourner les deux visages vers elle.
- Pardon. Dès fois j'oublie que tu n'as pas connu la phase « Wild Clarke ».
- Comment ça ?
- Disons que pendant son année de terminale, elle a su se lâcher. Même O' avait dû mal à la suivre, précisa Luna.
- Ça ressemble plus à la Clarke que j'ai rencontré à la Fac, rajouta la future maman.
- Qu'est-ce que tu veux savoir exactement ? demanda Luna. Je pourrais te parler de la fois où elle a perdu sa virginité sur le siège arrière de ma voiture mais je ne suis pas sûre que ça plaise à Lexa…
Non en effet, le coach n'avait aucune envie d'entendre cette histoire. L'une des raisons pour laquelle Luna et elle n'avaient jamais été proche au lycée était leur relation avec la blonde. Lexa avait toujours était jalouse de son ancienne partenaire.
- De toute manière je la connais déjà celle-là, souffla Raven. On a un peu abusé du « Je n'ai jamais » durant nos soirées.
- Je vois tout à fait ce que tu veux dire ! rigola Luna.
- Pas moi… Dès fois je regrette de ne pas être aller à la fac.
- J'échange nos places quand tu veux, précisa Luna. A part les soirées, que tu as dû avoir même en passant pro à 17 ans, tu n'as pas loupé grand-chose.
- Est-ce que c'est vrai que tu as rencontré le prince Harry ?
- Et la reine, compléta Luna.
- A peine 5 secondes, précisa Lexa. Mais oui. Juste après la victoire en champions league. J'ai été plus impressionnée quand j'ai dîné avec Michelle Obama.
- Tais-toi. Sérieux ?
- Yep, juste après la coupe du monde.
- On ne s'éloigne pas un peu du sujet ? demanda Luna. Si tu veux, j'ai une bonne histoire sur Lexi !
- Balance, sourit Raven.
- Ok. On avait… 16 ans je crois. On était toutes les deux dans l'équipe, mais Lexa n'avait pas encore récupéré le brassard de capitaine. On venait de gagner un match à l'extérieur et comme d'hab on avait bravé le couvre-feu pour célébrer ça ensemble. Clarke était là car le coach Griffin l'emmenait toujours. On jouait à action ou vérité et O a défié Lexa de traverser le couloir en sous-vêtement.
- Je croyais que ce qu'il se passait à Boston restait à Boston ? râla Lexa en se rappelant de cette fameuse soirée.
- Chut, je veux savoir la suite.
- Lexa a refusé. Bien évidement. Sauf que comme toujours, Clarke a su la faire changer d'avis. Elle s'est déshabillée, et a commencé à défiler dans le couloir. Prise au jeu, elle a même voulu en faire un peu trop en frappant aux portes des chambres.
- Elle était censée n'être occupées que par les joueuses de l'équipe !
- Sauf qu'elle avait oublié que M. Griffin dormait aussi dans ce couloir. Clarke essaya de l'arrêter quand elle vit Lexa frapper à la porte de son père, mais trop tard. Tu aurais vu la tête de Lex'… Elle s'est décomposée. Elle est rapide mais je ne l'ai jamais vu courir aussi vite de toute notre vie. Elle est rentrée dans notre chambre en se jetant littéralement à l'intérieur pour se cacher.
Lexa passa les mains sur son visage en rigolant. C'était la première et la dernière fois qu'elle avait osé participer à un jeu avec Octavia et les autres. Le traumatisme était resté gravé longtemps. Sur le coup, même aussi timide qu'elle fut, ce n'était pas une si mauvaise idée. Elle avait la chance de montrer à Clarke qu'elle pouvait être drôle et sûre d'elle, tout en mettant en avant ses abdos déjà bien dessinés pour son jeune âge. Cela avait eu l'effet contraire. Elle s'était encore ridiculisée, et pas qu'auprès de Clarke, mais de son père aussi, sans oublier devant le reste de son équipe qui lui a fait vivre une misère lors de tout leur déplacement pendant presque 1 ans. Elles avaient arrêté de se moquer de Lexa qu'une fois que celle-ci était passée capitaine.
- Allez-y riez sur le dos de la pauvre et jeune Lexa qui ne voulait qu'impressionner une jolie fille…
- J'aurais tellement aimé te connaître au lycée. J'aurais pris un malin plaisir à te torturer ! lâcha Raven en rigolant.
- On s'éloigne un peu du sujet ! fit remarquer Lexa. Je veux bien en savoir un peu plus sur « Wild Clarke ».
- Certes ! Ok, je commence. Je l'ai surprise avec l'une de ses nombreuses conquêtes, sous la douche, parce qu'elle était trop impatiente pour fermer la porte. Je suis rentrée pour la faire chier, pensant qu'elle serait solo… Ce n'était pas le cas, rigola Raven.
- Je l'ai vu vomir sur Bellamy le jour du bal de promo juste après qu'il soit élu roi…
- Je l'ai vu faire la même chose sur son prof de peinture à l'huile !
- On parle de la même Clarke ? demanda Lexa.
- Je te l'ai dit, la terminale c'était sauvage.
- Si seulement on savait ce qui s'était passé juste avant que Clarke se métamorphose ? demanda ironiquement Raven en regardant sa nouvelle amie.
Lexa refusait de croire que son départ ait joué un quelconque rôle dans le changement de comportement de la blonde. Elle avait juste grandi et pris de l'assurance. Elle avait trouvé la façon de s'épanouir. Ce n'était pas rare de voir des adolescentes changer. Et puis, au fond, Clarke était restée la même, elle avait juste pris plus d'assurance et décidé de lâcher un peu prise. Il n'y avait rien de mal ou de surprenant à cela. Lexa n'y était pour rien du tout.
- Allez Lexa, admet que la chronologie marche assez bien ! lâcha Raven.
- La crise d'ado tu connais ? Ça coïncide aussi.
- Sauf que Clarke à 27 ans maintenant, et sa vie sentimentale est tout aussi désastreuse qu'à la fac.
- Coïncidence. Il y a bien eu un truc en Clarke et moi. Et oui, sur le moment ça nous a touché. Je l'ai blessé, je le sais. Mais, je n'ai rien avoir avec ses choix. Clarke… Clarke aime la vie qu'elle mène. Crois-moi, j'ai essayé de rectifier mes torts récemment mais… les relations sérieuses ne l'intéressent tout simplement pas. Ça n'a rien à voir avec moi.
Raven était perplexe. Elle savait que ce n'était pas vrai. Elle avait été là pour réconforter son amie quand la liaison avec son professeur marié s'était écroulée. A ce moment-là, Clarke était plus qu'intéressait par du sérieux. Elle lui avait même parlé de mariage et du non de ses futurs enfants. Clarke avait peur, et elle ne se sentait pas assez digne d'être aimé, et ça depuis le lycée. Tous ses échecs, pas seulement celui avec Lexa, mais Luna, Bellamy, Miller… précisément toutes ses relations précédentes avaient conditionné le refus de l'engagement que vivait son amie.
- Okay, moi aussi j'ai une question, lâcha Luna. Je n'ai jamais osé te la poser mais, c'était il y a plus de 10 ans alors… Et puis, on est coincé ensemble, autant en profiter. Est-ce que ta jalousie à l'époque a joué un rôle dans ma non-progression dans l'équipe ?
- Je ne comprends pas où tu veux en venir.
- Quand tu es partie, je sais que tu as conseillé à la coach de nommer Octavia capitaine alors que j'étais censé recevoir le brassard. C'était par jalousie ?
- Non. Je ne vais pas te mentir, j'ai eu du mal à t'apprécier hors du terrain parce que Clarke t'avait choisi et que comme tout le monde le sait j'étais démesurément amoureuse d'elle. Mais, je n'ai jamais recommandé O' plus que toi. Le coach m'a demandé mon avis. Je lui ai dit qu'O avait plus de niaque que toi, elle saurait motiver les troupes. Mais, je lui ai aussi fit remarquer que tu étais plus réfléchie, que tu ne te laissais pas submerger par tes émotions et qu'on avait tout autant besoin de motivation que de sérieux et de constance pour gagner une deuxième fois le championnat. Elle avait fait son choix seule.
La réponse semble satisfaire son ancienne partenaire.
- Si je dois être parfaitement honnête, commença Luna. J'étais jalouse de ta façon de jouer, de ce que pensait les autres de ton jeu, et de ne pas être capitaine. Être avec Clarke, c'était une petite revanche personnelle, pour la première fois on m'avait choisi à ta place.
Le silence s'installa entre les trois femmes. Depuis qu'elles s'étaient retrouvées coincées ensemble, c'était la première fois que l'ambiance semblait lourde.
- On est ici depuis longtemps ? finit par demander Raven.
- Tout juste 45 minutes…
- Et, on sait comment ça va dehors ?
- Etant donné que je n'ai plus de réseau, je pense que la situation n'a pas changé…
- Je vais voir, lâcha la future maman en se levant.
- Nan, Rae j'y vais, commença Lexa.
- T'inquiète pas je….
Raven s'arrêta net en sentant son pantalon se mouiller. Alors qu'elle se tenait au mur avec son bras droit, elle baissa les yeux. Elle avait les pieds dans une flaque qu'il n'était pas là quelques minutes auparavant.
- Rae….
- Non. Non. NON, NON, NON.
- Raven, je crois que…
- Non. Non. Non. Ce n'est pas possible.
- Tu viens de perdre les eaux.
- Non. Il me reste presque 3 mois entiers.
- Tu l'as dit toi-même, lâcha Lexa en venant la tenir. Les grossesses comme la tiennent sont souvent prématurées.
- De quelques semaines ! Pas de trois mois. Je ne peux pas avoir….
Raven referma la main sur le poignet de Lexa chassant sa contraction. La coach attendit de sentir son amie relâcher la pression avant de l'aider à s'asseoir. Luna, qui était partie en courant voir si la situation extérieure s'était améliorée, revint le regard inquiet. Apparemment, il n'y avait rien de nouveau.
- Tout va bien se passer, murmura Lexa.
- Je viens de perdre les eaux au milieu d'une tempête 3 mois en avance. J'ai du mal à voir comment ça pourrait bien se passer.
- Perdre les eaux ne signifie pas que tu vas accoucher dans la minute. Tu as assisté à des cours non ? Rappelle-toi ce qu'ils disaient.
Raven se concentra.
- Marcher aide à faire descendre le bébé.
- Ok. Donc, tu reste assise et tu ne bouches pas.
- Et… Il faut surveiller les contractions. Je… Je dois respirer, mais ne pas pousser avant que… Je ne me rappelle plus la durée, mais c'est quand elles deviennent de plus en plus proche.
- Ok, la dernière était il y a une minute, on commencera à paniquer si la prochaine arrive trop rapidement, Ok ? Pour l'instant on respire.
- Je n'arrive pas à joindre les pompiers, râla Luna.
- Les lignes doivent être coupé. Je suppose que personne ne se balade avec une radio ? demanda Raven.
- Octavia a dit qu'Abby était au lycée ! lâcha Lexa.
- Pardon ?
- Quand O' t'as répondu tout à l'heure, elle a bien parlé d'Abby, non ?
- Ouais, elle devait aller sauver Clarke de sa mère…
- Ok. Bien. On un l'un des meilleurs docteurs du pays à deux cents mètres. Tout va bien se passer, souffla Lexa.
- Lex'… tu oublies qu'une tempête se dresse entre nous et Abby et qu'on n'a aucun moyen de communiquer avec elle, fit remarquer Luna.
- Je vais aller la chercher.
- Avec ce temps ? Tu risques de te blesser.
- Et puis, le lycée est en confinement. Tu ne pourras pas entrer, précisa Raven.
- Ne t'inquiète pas pour ça, j'ai une idée.
Lexa se leva déterminée. Elle savait qu'elle pouvait le faire. Il lui suffisait de courir assez vite pour atteindre la fenêtre de la salle d'art. Le lycée avait beau être fermé, elle savait que la fenêtre n'avait pas encore été réparée.
- Lex, c'est trop dangereux. Tu l'as dit toi-même, elle ne va pas accoucher d'ici cinq minutes. On n'a sûrement le temps d'attendre les secours.
Le coach attrapa Luna et lui demanda de la suivre pour éviter que Raven puisse entendre.
- On ne sait pas quand la tempête va s'arrêter. Raven est enceinte de 6 mois… c'est un grand prématuré. Je ne sais pas à combien s'élève les chances de survie d'un bébé si prématuré naissant hors hôpital mais je suis sûre qu'avoir la présence d'un docteur les augmente considérablement.
- Lexa…
- Surveille Raven je reviens vite, lâcha la brune en s'approchant de la porte.
Le coach s'arrêta devant et souffla un bon coup. Elle visualisa le chemin dans sa tête avant d'ouvrir la porte. Elle avait beau savoir que la météo était devenue folle, la force du vent la surprit un instant. Puis, sans plus réfléchir, elle se mit à courir. Elle savait qu'elle pouvait le faire.
/
Aden n'était pas sûr d'aimer la situation dans laquelle il se trouvait. Être devenu proche de Madi et Gaïa avait de nombreux avantages comme passer du temps avec la fille pour qu'il avait le béguin, ou devenir de plus en plus populaire car il traînait avec la star de la nouvelle équipe de foot, ou encore, avoir trouvé une muse pour ses dessins. Cela avait, malheureusement, plus d'inconvénients qu'il ne l'aurait cru. A ce moment précis, il aurait aimé se trouver n'importe où ailleurs. Il aurait même préféré être au milieu de cette foutue tempête, frigorifié.
- Ne regarde pas ! répéta Gaïa en tapant sur l'épaule de son amie. Je t'ai dit, DISCRETEMENT.
- Tu es sûre de toi ?
- 100 % Ilian n'arrête pas de te mater. Tu devrais peut-être aller lui parler.
- Pour lui dire quoi au juste ? Je suis terriblement nul quand il s'agit de draguer. Tu le sais.
- Vu comment il ne te lâche pas des yeux, tu as déjà fait le plus gros, rigola Gaïa.
- Je ne vois vraiment pas ce que vous lui trouvez, râla Aden.
- Pardon ? demanda la fille du coach. Tu as vu ses fossettes ? Ou la taille de ses bras ? Je ne te parle pas de ce petit sourire et de la façon dont il remonte ses cheveux longs derrière ses oreilles…
- Tu es sûre que TU ne veux pas tenter ta chance, rigola Madi.
- Naaah.. Il est déjà beaucoup trop à fond sur toi.
- Il est en terminale, rappela Aden.
- Justement ! lâchèrent les deux filles ensemble.
- Attention, il arrive, ajouta Gaïa.
Aden leva les yeux au ciel. Il ne comprenait vraiment pas pourquoi Ilian plaisait autant. Il avait l'air… simplet. Le jeune homme baissa les yeux se reconcentrant sur le croquis qu'il avait commencé. Il passa sa main sur le papier pour adoucir le noir qu'il venait de poser afin de créer les effets d'ombres et lumières. Il n'avait pas l'habitude de dessiner des portraits, mais depuis peu, il s'y était mis et s'entrainait afin de les rendre les plus réaliste possible. Il voulait rendre justice au visage qu'il dessinait. Bien qu'elle ne serait jamais aussi belle qu'en vrai, Madi méritait de ressembler à la femme forte qu'elle était même s'il ne s'agissait que d'un dessin.
Aden essaya de se concentrer, de bloquer les paroles d'Ilian qui draguait Madi sans aucune retenue. Ce n'était pas très efficace. Le jeune homme leva la tête afin d'observer la scène qui se déroulait devant lui. Mais très vite, il fut distrait par l'arrivée de sa tante. Elle était trempée et balayer la salle du regard. Aden se leva d'un bond pour la rejoindre.
- Qu'est-ce que tu fais là ? Tu n'étais pas au –
- Je dois trouver le docteur Griffin, coupa Lexa.
- Tu es blessé ? Ça va ?
- Ce n'est pas pour moi. Tu l'as vu ?
- Elle est là-bas, avec le principal Kane et Madame Blake-Reyes, dit-il en pointant du doigt l'autre côté de la cafétéria.
- Merci ! lâcha Lexa en le quittant.
- Fait attention !
Lexa marcha rapidement jusqu'au petit groupe qui discutait. Le coach aurait préféré ne pas annoncer la nouvelle si brutalement à O', mais elle n'avait ni le choix, ni le temps de faire autrement.
- Lex' qu'est-ce que tu fais là ?
- Abby, on n'a besoin de vous.
- Où est Raven, demanda aussitôt Octavia.
Lexa avala sa salive. Il n'y avait pas de bonne manière d'annoncer la nouvelle. Il fallait juste se lancer.
- Lex ? Où est Raven, répéta le vice-principal.
- Au gymnase. Elle a perdu les eaux.
- Quoi ? Non, ce n'est pas.
Octavia se tût. Alors qu'elle laissait tomber ses bras le long de son corps, Abby attrapa son poignet.
- Ne t'inquiète pas. Tout va bien se passer. Lexa, tu peux me conduire à elle, s'il te plait ?
- Ab, le lycée est fermé. Je ne sais même pas comment Miss Woods est rentrée.
- La salle d'art. Une fenêtre ne ferme plus. On y va, lâcha Raven.
- Je viens avec vous, lâcha fermement O'. Et, n'essaye même pas de m'en dissuader Marcus. Il s'agit de ma femme et mon bébé.
- Je préviens Clarke pour qu'elle te remplace. Si quelqu'un vous demande, je n'ai rien vu, ni entendu, lâcha Marcus en s'éloignant.
- Emmène-moi à ma femme.
Traverser le parking de l'école malgré le vent et la pluie fut moins compliqué que prévu. Les trois femmes profitèrent d'une légère accalmie pour courir à travers l'environnement désert. Lexa ralentit pour rester au niveau d'Abby alors qu'Octavia fonça sans réfléchir.
La jeune femme rejoint les vestiaires en un temps record. Elle était trempée et la pluie foutait son visage, mais rien ne comptait plus que de rejoindre son épouse au plus vite. Elle ouvrit la porte brusquement et ne prit pas la peine de la refermer avant de courir près de Raven, toujours assise contre le mur.
- Je suis désolée, lâcha cette dernière. Je suis désolée.
- Eh, ce n'était pas de ta faute mon amour. Tout ira bien.
- Je suis désolée. J'aurais dû.. Tu aurais dû le porter, je gâche toujours tout.
- Chuut, murmura Octavia en passant ses bras derrière le dos de Raven pour la serrer contre elle. Tout va bien se passer. Notre bébé ira bien. Et, il aura les plus beau yeux marrons que la terre n'ait jamais vu, comme ça maman
Lexa et Abby arrivèrent alors qu'Octavia se penchait pour embrasser le front de sa femme. Le docteur s'approcha de sa collègue, et s'installa devant elle.
- Est-ce qu'il t'arrive de faire les choses comme les autres ? demanda Abby pour essayer de détendre l'atmosphère.
- Tu me connais Abby, je vis pour le spectacle.
- Okay, et si on regardait ce qui se passe ? Lexa, tu aurais des serviettes ?
- Je t'apporte ça.
Moins de 15 minutes plus tard, Raven était allongée sur plusieurs serviettes, les genoux levés et une autre serviette pour cacher ses jambes. Octavia était toujours à ses côtés, lui tenant la main sans jamais lâcher ou broncher même quand son épouse serait un peu trop fort.
- Ok. Pas de panique, tu es bien en travail mais on a encore le temps. Lexa, tu continues à chronométrer les contractions. Luna on appelle les urgences jusqu'à ce que ça réponde.
- Et, je fais quoi moi ? demanda O'.
- Tu respires et réconforte ta femme. Elle va en avoir besoin. D'ici ce soir, vous serez toutes les deux mamans.
La présence d'Abby rassura tout le monde. Elle n'était pas obstétricienne mais avait donné naissance à plusieurs enfants lors de son internat. Il n'y avait rien d'urgent à la perte des eaux de Raven, le bébé pouvait arriver d'ici plusieurs heures. Même si, en temps normal, on préférait accoucher les prématurés par césariennes, ce n'était pas une option tant que la tempête bloquait encore toutes communications.
- On n'a pas fini la chambre, lâcha Raven.
- Ton bébé va passer quelques semaines en couveuse, vous aurez le temps de tout mettre en ordre.
- On n'a même pas de nom, fit remarquer Octavia. On n'a pas réussi à se mettre d'accord encore.
- On peut peut-être vous aider pour ça, proposa Lexa. Vous aviez bien quelques idées, non ?
- Octavia aime beaucoup Alycia pour une fille, je trouve ça un chouïa classique.
- Parce que Norah, ça ne l'est pas ?
- Beaucoup moins.
- Je peux te citer au moins 5 Norah connues.
- Et moi une dizaine d'Alycia, riposta Raven.
- Il n'y en a pas un qui a retenu votre attention à toutes les deux, demanda Abby.
- On cherchait des noms mixtes comme Charlie ou Morgan.
- Morgan Reyes. Morgan Blake. Morgan Blake-Reyes. Ça conne plutôt bien, lâcha Luna.
- Ouais… Mais on attendait encore notre coup de cœur.
- On aimait bien Samuel aussi. C'est d'ailleurs notre premier choix pour l'instant si c'est un garçon.
- Samuel Blake Reyes. Ça me plait bien, continua O'.
- Vous voyez qu'on avance ! Bon, si c'est une fille, ça tombe à l'eau. Mais vous allez trouver.
Dans l'heure qui suivit, les contractions de Raven se rapprochèrent et devirent plus forte. Mais, ce n'était pas encore le moment de s'inquiéter d'après le docteur Griffin. Tout était en ordre. Raven avait posé sa tête sur l'épaule d'Octavia qui lui chuchotait des mots doux pour l'encourager.
Lexa sourit en voyant son amie si comblée. Costia et elle n'avaient jamais été aussi mignonnes ensembles. Elles s'étaient beaucoup aimées, très vite, très fort, mais elles n'avaient jamais eu cette complicité.
Le vestiaire était relativement calme quand le téléphone de Lexa se mit à sonner. Une vingtaine de notification réapparu sur son écran faisant sursauter tout le monde. Ne perdant pas une seconde, l'ancienne joueuse composa le numéro des urgences. La tonalité raisonna longtemps mais une voix féminine fini par se faire attendre à l'autre bout du fil.
Elles durent attendre une vingtaine de minutes supplémentaire avant d'entendre la sirène des pompiers retentirent à l'extérieur. Abby et O' grimpèrent avec Raven, alors que Lexa prit sa voiture. La route était assez dégagée pour les suivre. Elle prit son temps pour ne pas risquer un accident, ce n'était pas le moment. Une urgence par jour suffisait largement.
Arrivée à l'hôpital, Lexa fut conduit à la salle d'attente. Octavia sortit la voir au bout d'une dizaine de minutes pour lui expliquer que Raven venait d'être admise. Cela pouvait être long et elle comprendrait si Lexa voulait rentrer chez elle. La coach refusa. Elle regarda son amie partir et s'installa sur un fauteuil de la salle d'attente.
Clarke arriva très peu de temps après. Une fois que l'alerte avait été levé, la plupart des parents étaient venu directement chercher les élèves. Pour les restants, il y avait assez de personnel à l'école pour les gérer. Le professeur d'art entra en trompe, tournant la tête dans tous les sens à la recherche d'un visage familier. Lexa lui fit signe de loin.
- Raven a vraiment perdu les eaux en pleines tempêtes ?
- Yep. O' est avec elle. Ils regardent pour une césarienne pour éviter de causer plus de stress et fatiguer le bébé.
- Raven et Octavia font être maman, lâcha Clarke. Je vais être tata.
- C'est assez dur d'y croire quand on débarque tout juste comme moi. Quand je pense à O', je vois encore mon attaquante de 17 ans.
- Et pourtant, elle est vice-principale. Aujourd'hui, elle gère les ados difficiles au lieu d'en être une. Raven et elle vont être géniales.
- Elles t'ont demandé d'être marraine ?
- Pas officiellement, pas encore, sourit Clarke.
Le visage de Lexa s'illumina en voyant son amie si heureuse. Elle était toujours ravissante, mais avec un sourire sur ses lèvres elle devenait magnifique. Aux yeux de Lexa, il y avait que très peu de femme aussi rayonnante et belle que Clarke.
- Tu as parlé à ta mère ? demanda le coach en changeant de sujet.
- Je lui parle tous les jours.
Lexa s'arrêta regardant Clarke. L'un de ses regards qui disait sans mal « arrête de te moquer de moi. »
- Ok. Ok, rigola Clarke. Non pas vraiment, pas encore.
- Tu attends quoi ?
- Le bon moment ?
- Voilà.
- Et, par hasard, attendre que ta meilleure amie accouche, ce serait le bon moment ?
- Pardon ? demanda Clarke.
Lexa lui fit signe de regarder plus loin. Abby revenait des urgences. Elle s'approcha d'un pas déterminé.
- Du nouveau ? demanda Lexa.
- Tout se passe bien pour l'instant. Je ne peux pas vraiment en savoir plus, mais Raven est entre de bonnes mains. Notre meilleur interne en obstétrique s'occupe d'elle. Je crois qu'il était au lycée avec toi d'ailleurs.
- Je ne suis pas sûre que cela rassure O', souffla Clarke.
- Si tout va bien, je vais en profiter pour aller nous chercher du café, lança Lexa.
Alors qu'elle passait derrière Abby, Lexa se retourna et fit comprendre à Clarke qu'il n'y avait pas meilleur moment que l'instant présent. La blonde souffla. Son amie avait raison. Elle ne pouvait pas continuer à éviter sa mère. Elles devaient discuter de la suite des évènements.
- Pourquoi j'ai l'impression qu'être seule avec moi te mets mal à l'aise ? demanda Abby.
- Probablement parce que tu sais que c'est le cas.
- Tu m'évites depuis que je suis rentrée. Pourquoi ? finit par demander le docteur.
- J'évitais surtout cette conversation. Mais, Lexa a raison. Il n'y aura jamais de « bon moment » alors autant en finir.
- Quelle conversation ? Je veux juste passer du temps avec ma fille.
- Ouais… quelques semaines avant de repartir. Je connais l'histoire.
Abby souffla. Elle prit son aînée par le bras pour la conduire vers les fauteuils. Une fois assise, elle ne lâcha pas la main de Clarke. Elle cherchait à rendre le moment plus intime malgré le lieu public où elles se trouvaient.
- Clarke, je ne repars pas.
- On sait toutes les deux que ce n'est pas vrai.
- Qu'est-ce que tu entends par là. Pourquoi je mentirai ?
- Je veux bien admettre que tu es sincère. Pour l'instant. Tu es persuadée que tu vas rester. Mais tu finis toujours par repartir. Tu ne supportes plus ta vie ici. Ce n'est pas grave. Madi et moi on compte l'une sur l'autre.
- Non Clarke. Je t'assure que ce n'est pas le cas.
Abby se redressa en souriant. Elle avait une grande nouvelle à lui annoncer. Elle était heureuse de pouvoir le faire sans attendre.
- Hier j'ai signé pour reprendre mon poste à l'hôpital. Je suis le nouveau chef du service orthopédique. Je n'ai plus l'intention de vous quitter.
- Ça ne veut rien dire, répondit Clarke.
- Ça montre que je veux essayer, que je fais des efforts. Je sais que ça ne va pas rattraper mon absence ses six dernières années. Mais, c'est un début. Et, je vais tout faire pour me rattraper.
Clarke retira son bras pour réfléchir. Sa mère semblait sincère. Cela avait toujours été le cas jusqu'à ce qu'elle finisse par repartir. Et, Clarke avait beau affirmer le contraire, son absence pesait sur les épaules de la blonde. Et non pas parce qu'elle devait s'occuper de sa petite sœur seule, mais parce que sa mère, leur conversation, son soutien, sa présence, lui manquait.
- D'où vient ce changement ? demanda la jeune femme.
- J'ai réalisé que vous me manquiez plus que j'appréciais mon métier. J'ai tellement loupé : l'entrée de Madi au lycée, ses premiers matchs, ses premières crises d'ados… Je ne veux pas continuer à louper ses évènements marquant de sa vie. Je veux la voir gagner le championnat. Je veux la voir aller à son bal de promo. Je veux faire peur à son premier petit ami. Je veux l'aider à aménager dans son futur dortoir. Et toi… Ta vie d'adulte a commencé sans que tu puisses compter sur moi. Je ne supporter pas l'idée que ta future vie de famille démarre aussi sans mon soutien.
Clarke sourit. Sa vie de famille, pensa-t-elle était déjà bien assez compliqué. Elle savait que sa mère faisait référence à une rencontre, un mariage et possiblement des enfants, et non à la vie qu'elle menait avec Madi, mais Clarke était à des années lumières de tout ça.
- Ne t'inquiète pas pour ça, souffla-t-elle. Je ne compte pas te faire grand-mère de sitôt.
- Je sais… Et, je ne peux m'empêcher de croire que c'est à cause de moi.
- Pardon ? demanda Clarke qui ne comprenait pas où voulait en venir sa mère.
- J'ai discuté avec Raven… Elle s'inquiète pour toi.
- Raven devrait plutôt s'inquiétait pour elle. Une fois qu'elle aura accouché de ma future nièce ou neveu, je vais lui botter les fesses pour t'avoir parlé derrière mon dos.
- Ne lui en veut pas. C'est de ma faute. Tu m'ignorais alors je l'ai convaincu de me donner de tes nouvelles.
- Ne t'inquiète pas tout va bien.
- Ce n'est pas vrai. Tu ne crois pas mériter d'être aimé. Je l'ai remarqué, tu sais ? Et, je suis sûre que de me voir partir a joué un rôle. Et j'en suis désolée.
- Maman –
- Laisse-moi finir s'il te plait, souffla Abby.
Clarke hocha la tête. Elle ne bougea pas quand sa mère lui reprit les mains pour les serrer entre les siennes. Abby lui remonta une mèche de cheveux avant de la regarder dans les yeux.
- Je suis ta mère. Me voir partir n'avait rien avoir avec ô combien je suis fière d'être ta mère. Tu es forte. Tu es belle. Indépendante. Intelligente. Je n'ai jamais cessé de t'aimer. Et, je suis désolée de ne pas avoir été là tous les jours pour te rappeler à quel point. C'est une erreur de ma part, et j'espère bien que tu finiras par me pardonner. Mais, même si ce n'est pas le cas, je vais m'assurer que plus jamais tu puisses croire que ce n'est pas le cas. Je t'aime et je suis fière de toi.
Clarke souffla légèrement. Cela faisait des années qu'elle n'avait pas entendu sa mère lui parler ainsi. Depuis la mort de son père pour être honnête. Ce jour-là, elle avait eu l'impression de perdre ces deux parents en même temps. Elle sera légèrement la main de sa mère silencieusement. Elle ne savait que répondre pour l'instant mais elle était touchée par les mots qu'elle venait d'entendre.
Lexa arriva au même moment, elle apportait avec elle trois grands cafés qu'elle distribua au Griffin.
- Il n'y a plus qu'à attendre, souffla Clarke en faisant signe à Lexa de venir s'asseoir avec elle.
Bien qu'inquiète, Abby partit une heure plus tard. Elle devait récupérer Madi chez Gaïa avant qu'il ne soit trop tard.
Lexa et Clarke restèrent silencieuses l'une contre l'autre. Le visage de la blonde était posé sur l'épaule du coach. Elle avait fermé les yeux il y a une dizaine de minutes alors que Lexa était concentré sur un jeu sur son téléphone. En entendant la respiration forte de son amie, la brune tourna la tête pour l'observer dormir un instant. Et vu la joie qu'elle ressentait simplement en voyant la jeune femme lui faire assez confiance pour dormir en sa présence, Lexa sourit. Être amie allait être plus compliqué que prévu. Ce qu'elle ressentait était loin d'être platonique.
Il fallut qu'elles attendent trois quart d'heures de plus avant qu'Octavia fasse apparition. Elle marchait d'un pas déterminé vers elles, le visage rayonnant. Lexa réveilla rapidement Clarke qui se releva surprise. En apercevant sa meilleure amie, elle se leva dans bon et couru la prendre dans ses bras.
- Comment va Raven ?
- Bien. Elle se repose. Ça vous tente de rencontrer notre fils ? sourit O'.
Lexa qui venait de les rejoindre la serra à son tour. Sans rien répondre, elle suivit O' qui les conduisit jusqu'à la maternité. Raven était dans une chambre encore sous l'effet de l'anesthésie, elle se reposait. C'est une petite salle remplie de trois couveuses différentes, toute rattaché à un écran de surveillance.
- Malheureusement on ne peut pas encore le serrer dans nos bras, commença O'. Mais malgré son âge, il est en parfaite santé. Ses poumons étaient déjà bien développés.
Elle s'approcha du bébé le plus à droite et s'installa sur le siège. Toujours le sourire aux lèvres, elle glissa l'une de ses mains dans l'ouverture pour venir caresser doucement la main de son fils. Ses deux amies se penchèrent au-dessus du petit lit en verre pour observer le nouveau-né.
- Je vous présente Alexander Griffin Reyes.
Lexa releva la tête et croisa le regard de son ancienne coéquipière.
- En l'honneur de sa super tata qui à affronter une tempête pour aller chercher un docteur et au docteur qui s'avère être la mère de sa deuxième super tata, sur qui j'ai toujours pu compter, expliqua Octavia.
- Pas de Blake ? demanda Clarke toujours le regard fixé sur le bébé.
- Alexander Griffin Reyes-Blake… beaucoup trop long. Depuis le mariage mon nom officiel est Blake-Reyes. Tant que mon fils porte l'un de mes noms ça me va.
- Vous pourrez l'appeler Alec, proposa Lexa.
- Ou Lex ? Xander ? Alexis ?
- On fera avec Rae quand elle ira mieux, rigola O'
- D'ailleurs, tu ne devrais pas être à ses côtés ?
- Elle refuse catégoriquement que je quitte notre amour tant qu'elle n'est pas capable de venir me remplacer.
- Ça ressemble bien à Raven, rigola à son tour Lexa.
- Qui aurez cru qu'elle et toi vous seriez mariées avec un enfant quand je vous ai présenté l'une à l'autre ? ironisa Clarke.
- Clairement pas moi ! Tu te souviens de ma réaction la première fois qu'elle m'a embrassé ?
- Je me rappelle surtout comment tu as débarqué chez moi en catastrophe. Tu n'arrivais même plus à articuler.
- C'est bien ce que je dis ! Dès fois j'ai l'impression que c'était hier…
C'était il y a dix ans. Une décennie. Et pourtant, chaque moment été gravé à jamais dans leur mémoire comme si elles venaient tout juste de les vivre.
So... Petite conversation entre mère et fille... Est-ce que ça va changer quelques choses ? Pas bcp de Clexa, j'avais prévenu, et ça ne s'arrange pas dans le prochain étant donné qu'il s'agit d'un spéciale flashback, et que nos deux héroïnes ne vivaient pas sur le même continent...
Mais, après ça revient en puissance, promis !
