Bonjour tout le monde !
Ok, chapitre Flashback, normalement la chronologie est assez logique et explicite, mais j'ai pu faire des erreurs.
Merci à Imdwell pour sa relecture, j'ai commplétèment zappé de le remercier lors du dernier chapitre, Shame on me. Je n'ai pas répondu au review, double shame on me. Je suis vraiment désolée. Tripe shame on me : je suis loin d'avoir fini le prochain chapitre, et je pars 2 semaines en vacances... Mais l'attente faut le coup promis !
Sans plus attendre, allons voir ce qu'il s'est passé pendant ces 10 dernières années.
10 ans plus tôt
Décembre 2008.
Clarke descendit des escaliers les yeux à moitié fermés. Ce n'était pas pratique mais elle avait pris l'habitude. Le Graal se trouvait dans la cuisine. Elle traîna des pieds jusqu'au placard pour attraper une tasse et se prit la cafetière en main. Sa légèreté l'énerva. Qui avait osé la priver de café ?
- Papa ! Tu aurais pu m'en laisser ! grogna-t-elle à son père assis devant la télé.
- Je te signale que j'en ai fait pour un régiment. C'est ta mère qui a vidé notre stock.
Clarke n'avait même pas la force de lever les yeux au ciel. Sa mère était sous caféine 24h sur 24. Elle lança un nouveau pot avant de se trainer jusqu'au canapé où son père regardait un match.
- Il diffuse du foot à 7h30 maintenant ? demanda Clarke surprise.
- C'est la ligue anglaise. Chelsea contre Liverpool.
- Féminine je suppose ?
Bien que Lexa n'avait pas donnée de nouvelle depuis son départ 6 mois plus tôt, son ancien coach particulier suivait avec attention sa carrière. Elle avait plusieurs fois été appelée du centre de formation pour venir chauffer le banc de la d1 anglaise, sans jamais rentrer sur le terrain. Cela n'inquiétait pas Jacob. Elle était encore jeune. Le club qu'elle avait choisi était assez prestigieux, elle devait se faire une place et un nom avant de pouvoir être titulaire.
- Lexa fait partie des remplaçantes. Je sens qu'elle va jouer quelques minutes aujourd'hui !
- Tu as dit pareil lors des 3 derniers matchs, fit remarquer Clarke en se levant.
- Oui, mais cette fois, elles ont besoin d'un milieu fort si elles veulent gagner leur duel. Lexa a toutes ses chances.
Cela faisait presque un an que sa « presque » histoire avec Lexa avait eu lieu, pourtant, Clarke se sentait toujours un peu mal à l'aise quand on évoquait le nom de la jeune femme. Et malheureusement pour elle, c'était un sujet de discussion qui revenait assez souvent à la maison avec son père et au lycée avec O' qui suivait la carrière de son ancienne coéquipière de très près.
Clarke se servit une tasse toute chaude et bu en silence. Elle essayait de ne pas repenser à tout ce qu'elle avait loupé avec la joueuse de foot, mais c'était difficile. Surtout qu'elle n'avait pas de véritable réponse. Elle n'avait pas compris ce qu'il s'était passé, ce qu'elle avait fait pour que la jeune femme l'ignore le reste de l'année. Même le jour de son départ, Lexa n'avait pas pris le temps de venir lui dire au revoir.
- Qu'est-ce que je viens de te dire ? s'exclama son père en se levant.
Clarke attrapa son café et le rejoint. Son père monta le son de la télévision. L'arbitre de touche venait de faire signe d'un changement. De dos, on voyait la nouvelle joueuse sautillait sur place pour finir son échauffement. Elle portait le maillot bleu des anglaises avec en gros le numéro 14 et le nom Woods.
- Les premières minutes professionnelles de la jeune américaine Alexandria Woods. Elle a 17 ans et a rejoint le centre de formation à la rentrée dernière. Le coach fait un choix audacieux en décidant de faire rentrer cette jeune joueuse avec aucune expérience professionnelle lors d'un match si important pour le classement.
Clarke resta silencieuse. Elle observa son ancienne amie entrée sur le terrain, le visage fermé, le regard concentré. Elle semblait crispée. Ce n'était pas dans son habitude, mais c'était compréhensible. Elle était en train de vivre la chance de sa vie. Tous les regards allaient être braqués sur elle. C'était son moment. Elle devait briller. Malgré la distance, malgré leur passé, Clarke avait envie de la prendre dans ses bras. Elle lui aurait murmuré de ne pas avoir peur, qu'elle allait gérer. Elle aurait aimé être là pour elle. Il y a certaines blessures qui mettent longtemps à guérir. Clarke commençait à le comprendre doucement. Elle ne s'était pas encore remise de la douleur qu'elle ressentait depuis que Lexa lui avait brisé le cœur.
- Papaaaaaaaaaaaaaa, cria Madi du premier étage.
- Je m'en occupe, lâcha Clarke.
- Je p-
- Regarde ton match, la coupa sa fille. Je m'occupe de notre petit monstre.
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Février 2009
Lexa ne sentait plus ses jambes. Elles faisaient les efforts sans s'en rendre compte. C'était la première fois qu'elle jouait un match professionnel au complet. Il ne restait qu'un petit quart d'heure avant la fin de sa première titularisation. Depuis le début de son aventure avec Chelsea, elle avait eu la chance d'être la douzième femme. Depuis 2 mois, c'était systématiquement la première remplaçante à rentrer. A chaque fois, elle avait fait la différence à un moment crucial. Sur les 7 matchs joués, elle avait marqué 4 buts et fait 7 passes décisives. Ses stats commençaient à affoler le monde du foot féminin. Elle venait tout juste de fêter ses 18 ans deux semaines auparavant, et elle croulait déjà sous des propositions indécentes pour ce milieu qui avait toujours été timide. Toute l'Europe voulait qu'elle fasse sa rentrée sur son banc. Lexa ne s'était pas attendue à un tel succès. Elle avait toujours su qu'elle en était capable. Mais, l'intérêt qu'on lui portait continuait de l'étonner. Après tout, ce n'était qu'une ado ayant donné une chance à sa passion.
Le match était serré, Lexa ne devait pas céder à la fatigue. Le tableau affichait un par tout, et que très peu de temps pour prendre l'avantage. Beaucoup de ballons passaient par ses pieds, et elle faisait de son mieux pour pousser les offensives, mais le bloc de la défense résistait. Ses coéquipières avaient besoin de trouver la faille. Lexa garda la balle aux pieds, cherchant du regard une solution. Elle était basse et n'avait pas beaucoup d'espace pour prendre de la vitesse. Elle devait construire le jeu. Elle fit une passe à l'ailière droite qui était montée la soutenir et passa derrière son vis-à-vis pour récupérer le ballon grâce à un petit une-deux qu'elles avaient répété plus d'une fois à l'entraînement. Ce coup-ci, elle repéra une brèche dans la défense et passa le ballon à l'une des attaquantes en position à quelques mètres de la surface. Elle aurait aimé mettre plus de profondeur mais elle préféra lancer directement dans les pieds de sa partenaire pour éviter une perte de balle supplémentaire. Sa coéquipière gagna quelques mètres grâce à un grand pont avant de se retrouver au sol. L'arbitre siffla sans hésiter. Le coup franc était à quelques mètre tout juste de la surface. Il y avait que très peu de solution. Lexa s'approcha du ballon. D'habitude, ce n'était pas elle qui tirait les coups francs, mais la titulaire habituelle était sortie sur blessure. C'était sa chance de montrer de quoi elle était capable. En proposant plusieurs scénarios possibles ses coéquipières finirent par lui laisser sa chance. C'était un coup franc difficile. Tirer directement était l'une des seules solutions, mais avec un long mur, cela restait un tir compliqué. Lexa souffla. Elle pouvait le faire. Il fallait se concentrer et frapper le ballon avec la bonne inclinaison de pied, la bonne puissance et surtout une visée précise. Au coup de sifflet, la jeune joueuse frappa de l'extérieur, l'inclinaison du pied… check. La puissance… check. Tous les regards fixaient le ballon qui changea de direction juste après avoir frôlé le mur. Visée… Check. La gardienne se jeta au sol, mais l'obus tiré par Lexa frôla le poteau avant d'aller se nicher au fond du filet. Le public hurla sa joie alors que la joueuse courait vers le banc des remplaçants, le poing en l'air. Ses coéquipières se jetèrent sur elle pour la féliciter. Le reste du match fut fermé. La défense de Chelsea pouvait être comparée à un véritable mur infranchissable.
Lexa resta quelques minutes pour remercier les spectateurs venus au stade avant de courir dans les vestiaires.
- C'était quoi ce tir Woods ? lâcha Jo en sautant dans les bras de sa partenaire.
- On vient de se qualifier pour les huitièmes ! s'exclama la numéro quatorze en rendant son étreinte à son amie.
Depuis son arrivée à Chelsea, Lexa s'était concentrée sur le foot. Elle avait évité de penser à ses amis qu'elle avait laissé, à ses coachs et surtout à Clarke. Elle avait mis beaucoup de temps à s'ouvrir aux autres joueuses du centre. Jo était la première à avoir réussi à percer sa carapace. Elle était incroyablement honnête et n'avait aucune retenue.
- On fête ça ? demanda la blonde.
- L'équipe à prévu quelques choses ?
- Non, je ne crois pas. Mais je pensais au Charlie's, bière et billard. Tu en es ?
- Laisse-moi juste prendre une douche.
Les deux amies étaient rentrées à peu près au même moment dans l'équipe 1, mais Lexa avait foulé le terrain beaucoup plus souvent depuis. Mais, il n'y avait aucune jalousie entre elles, au contraire, une belle relation de complicité s'était créée. Depuis qu'Anya était repartie vivre aux US, Lexa passait beaucoup de temps avec Jo. Leurs deux ans de différence n'avaient aucun impact. Maintenant que Lexa se permettait d'ouvrir ses horizons, de ne plus penser foot 100% de sa journée, mais seulement 98% du temps, elle commençait à remarquer des signes encourageants. Ce n'était que des détails mais Jo restait toujours après le match pour l'attendre. Elle la tenait quelques secondes supplémentaires lors de leur câlin. Elle avait surpris plusieurs fois son amie la fixer durant l'entraînement. Lexa était toujours aussi inexpérimentée en la matière, mais elle sentait qu'elle ne laissait pas la grande blonde indifférente. Cela faisait toujours plaisir de se sentir attirante et appréciée surtout lorsqu'on avait embrassé une seule fille dans sa vie, avant de l'abandonner à contre cœur. A chaque fois qu'elle surprenait Jo, elle ne pouvait s'empêcher de penser à la première blonde qui avait fait battre son cœur, qui le faisait toujours battre. Pendant ses moments de solitude, elle repensait à leur baiser et aux papillons qu'elle avait ressenti ce soir-là. Elle pensait aux moments qu'elles avaient partagé. Malgré tout, Lexa ne pouvait oublier la douleur qu'elle avait ressenti en repoussant à contre cœur Clarke. Et, bien que celle-ci soit de moins en moins forte, surtout après une victoire comme celle-ci, la souffrance restait dans un coin de son ventre.
Jo l'attendait à la sortie des vestiaires. Lexa était souvent la dernière à sortir, mais peu importe, Jo était toujours là, à l'attendre. Elle avait commandé un Uber qui les conduisit directement à leur pub préféré. Lexa ne buvait que très rarement, elle se contentait toujours d'une seule bière et évitait de commander la moindre friture à manger. Son régime pendant la saison était assez strict. Jo faisait l'exact opposer. Souvent, elle lui rappelait qu'avec tout l'exercice qu'elles faisaient, elles avaient le droit de faire des extras, surtout après une victoire en league des champions. La brune se laissa aller et finit par piquer un des sticks de mozzarella que son amie avait commandé et commandé une deuxième et dernière bière. Lexa rigola. Beaucoup. Jo avait pour mission de réussir à la faire rire le plus possible. Elle voulait que Lexa se détende réellement. Plusieurs hommes vinrent leur parler. Ils leur proposèrent de payer leurs prochaines bières ou de faire une partie de billard, mais Jo s'excusa en leur expliquant que c'était une soirée entièrement fille ce soir. Lexa ne put s'empêcher de sourire. Sa coéquipière était incroyablement douée pour attirer et repousser les prétendants en toute délicatesse.
- Ce soir, je ne te partage pas, souffla Jo dans son oreille en l'embrassant rapidement sur la joue avant de l'attirer vers la table de billard.
Lexa sentit ses joues rougir. Elle ne pouvait nier qu'elle pensait de plus en plus à Jo de manière différente. Elle se demandait si ses lèvres étaient douces, si son cou était sensible, et lors de ces moments d'excitations, elle ne pouvait s'empêcher d'imaginer ce que cela ferait de passer ses mains contre sa poitrine. La brune n'y pouvait rien. Elle était jeune, excitée et Jo était particulièrement attirante. Ses cheveux étaient longs, à tel point qu'elle attachait sa mèche de devant en arrière pour se dégager le visage et mettre en valeur ses yeux noisette.
La soirée passa à une vitesse hallucinante. Après leur partie, les filles dansè , Jo la conduisit jusqu'à un petit snack faisant les meilleures falafels que Lexa n'aie jamais goûté. Puis, la plus âgée avait pris la main de l'autre et, elles s'étaient promenées le long de la tamise.
- Les huitièmes de finale ! Tu te rends compte ? On va jouer contre les meilleures équipes européennes, souffla Lexa qui ne pouvait passer une soirée sans penser au foot.
- Et, ce n'est que le début ! Avec ton talent, tu joueras les prochains JO. Et, bien que l'Angleterre vous battra à plat de couture, tu auras fait une belle compétition.
- Oh… Et, je suppose que tu seras la clé de l'attaque anglaise ?
- Bien sûr, meilleure buteuse, ça va de soi.
- Bien sûr, sourit Lexa.
Lexa retira doucement sa main pour venir faire face à Jo. La jeune femme écarta une mèche de son visage en souriant timidement.
- Tu crois vraiment qu'on va y arriver ? Jouer des compétitions internationales, gagner des titres, être reconnue ?
Jo fit un pas en a avant et posa ses mains de chaque côté de la taille de la brune.
- Je crois que rien ne peut t'arrêter. Il faut juste que tu te lances. Personne n'arrivera à te résister.
Lexa souffla. Et, sans plus réfléchir, se lança enfin. Elle pencha légèrement la tête en avant et approcha ses lèvres de celle de son amie. Elle ne les pressa pas tout de suite, elle avait besoin que Jo fasse le dernier pas. La joueuse ne se priva pas. Elle tira Lexa légèrement vers elle avant de réunir pour de bon leur bouche. Lexa n'avait pas beaucoup de comparaison, mais quand elle y repensa plus tard, elle fut fière d'elle. Elle embrassa Jo avec douceur avant d'y rajouter la passion nécessaire pour que les deux jeunes femmes soient à bout de souffle et très excitée à la fin.
- Soirée pyjama chez moi ? proposa Jo. Je suis sûre qu'il y a bien un dvd qu'on n'a pas encore regarder.
Lexa n'était pas assez naïve pour croire qu'elles n'allaient que regarder un film. Jo lui proposait beaucoup plus en essayant de ne pas l'effrayer. Elle savait que Lexa n'était pas des plus à l'aise. La brune hocha la tête timidement. Elle avait beau être stressée, elle était prête à passer ce pas et ne plus être la gentille petite Lexa qui avait peur. Ce soir, elle avait très envie de Jo. Elle ne comptait pas laisser passer sa chance.
Plus tard, quand les deux jeunes femmes furent allongées sur le lit, netflix en fond, la brune se laissa complètement aller. Pour une fois, elle allait oser et faire ce dont elle avait envie, sans retenue. Alors que Jo était au-dessus d'elle, sa taille entre ses jambes et que Lexa ne pouvait retenir ses gémissements à cause d'une morsure que son amie lui laissait dans le cou, la brune prit son courage à deux mains.
- Ok. Je sais que ce n'est vraiment pas sexy, mais je dois te le dire, lâcha-t-elle.
- J'ai fait quelques choses qui ne fallait pas ?
- Non. Non. Tu es parfaite. Je… Je n'ai jamais… tu sais. Je ne l'ai jamais fait.
- Oh. Tu veux qu'on arrête ? demanda la blonde. On peut regarder le film.
- Non. J'en ai envie, commença Lexa. J'ai envie de toi. Je voulais juste te le dire au cas où ça changerait quelques choses pour toi...
Jo sourit. Elle ne répondit pas avec des mots, mais avec sa bouche. Lexa répondit rapidement à son baiser, et durant l'heure qui suivit, elle s'appliqua à montrer à sa partenaire, au combien, elle en avait envie.
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Septembre 2009
Clarke avait imaginé plusieurs scénarios pour son premier jour à la fac. Dans sa tête, elle avait rencontré sa future colocataire une dizaine de fois. Dans chaque version, Raven (seule information qu'elle avait obtenue par l'université) était différente. Bien qu'elle n'oserait pas l'admettre, Clarke était anxieuse. Elle savait que son année pouvait être gâché si elle n'arrivait pas à entretenir une relation cordiale avec la personne avec qui elle allait partager son espace de vie. Elle était prête à faire des efforts, mais elle ne comptait pas non plus changer qui elle était. Après tout, c'était sa maison aussi pour les deux prochains semestres.
Bien qu'elle possédait une bonne imagination, Clarke n'était pas prête en ouvrant la porte. Elle n'était pas allée jusqu'à imaginer que sa chambre ressemblerait à une décharge avec au sol une trentaine d'appareils mécanique à moitié démonté. On voyait tout juste le parquet gris.
- Tu dois être Clarke, lança une petite brune assise au milieu de ce bazar.
La jeune femme se leva, un grand sourire aux lèvres pour lui serrer la main.
- Raven ! Ta coloc. Je sais que… ça, commença l'étudiante en montrant de ses mains ses affaires, peut faire peur, mais je te promets que la chambre ne sera pas toujours dans cet état.
Clarke lança son sac sur le lit vide en face d'elle et poussa sa valise vers l'une des armoires.
- Tu es venue chargé, se contenta-t-elle de répondre.
- Ouais… Je suis une future ingénieure. J'aime bien construire mes prototypes. J'ai juste besoin de trouver un système pour que ce soit viable.
- Cool. J'ai juste ma valise et un mini frigo qui va arriver dans la semaine, donc... Tant que tu me laisses un bureau tu peux prendre le reste des étagères.
- Sérieux ? Merci ! Si tu as besoin de quoique ce soit, sers toi ! Et, je suis plutôt douée en réparation, donc n'hésite pas à demander.
- Cool. Je vais te laisser trier et faire un tour sur le campus, dit Clarke.
- J'aurai bien besoin d'une pause, ça ne te dérange pas si je viens avec toi ?
Jusqu'à présent, Raven lui semblait être une fille sympa et elle voulait vraiment bien s'entendre avec la personne qui allait la supporter durant les moments compliqués.
- Peut-être qu'on pourrait te trouver ses boîtes qui s'empilent pour libérer notre sol, rigola Clarke en ouvrant la porte.
Malgré son voyage, Clarke se sentait en forme. Elle était excitée de se lancer dans cette nouvelle aventure, loin du froid du Massachusetts. Miami allait lui offrir un tout nouveau style de vie qu'elle n'aurait jamais pu avoir si elle était allée à Boston. Sûr, sa famille et ses amies allaient lui manquer. Dire au revoir à O', Jasper et Monty avait été particulièrement difficile. Ils étaient inséparables depuis l'école élémentaire. Mais c'était un défi que Clarke avait besoin de relever. Elle avait besoin de changer d'air. Les plages et le soleil de la Floride l'avaient tout de suite attiré. Le programme d'architecture était réputé et elle pouvait choisir une matière secondaire en rapport avec la peinture. Se faire des amis ne devrait pas être si compliqué. Après tout, elle était sociable. Octavia avait l'habitude de dire qu'elle pourrait sympathiser avec un tronc d'arbre si elle passait assez de temps à côté.
- J'adore déjà la fac ! s'exclama Raven en passant devant un groupe de chanteur a capella. Tu peux enfin être qui tu veux sans te soucier de ce que la reine des abeilles pense.
- Ça sent le vécu… lycée pas facile ? demanda Clarke.
- Disons que d'être attiré par les filles quand tu es dans un internat catholique entièrement féminin ce n'est pas des plus simples. Mais, non, ça a été pour la plupart du temps car je ne suis pas du genre à me laisser faire.
Clarke hocha la tête. Elle ne pouvait qu'imaginer n'ayant jamais été confrontée directement à ce genre de problème.
Elles traversèrent le « forum », la rue piétonne principale du campus, où tous les clubs et association s'étaient réuni pour essayer de faire leur promo. Clarke s'arrêta récupérer un flyer au stand d'animation. Ils cherchaient des dessinateurs pour monter plusieurs courts métrages pendant toute l'année. En choisissant de poursuivre une carrière dans l'architecture, Clarke avait fait un compromis. C'était une façon d'utiliser sa passion pour le dessin et la création et de le mettre au service d'un travail stable. Ce n'était pas ce qui faisait battre son cœur à 400 km heure, mais c'était un choix assez intelligent. Malgré tout, elle n'était pas prête à mettre entièrement de côté sa passion, et comptait participer au plus grand nombre de projets artistiques possible durant ses quatre ans.
Raven était une agréable compagnie. Elle plaisantait sans gêne sur tout ce qu'elle pouvait observer autour d'elles.
- La meilleure soirée de l'année, ça vous intéresse les filles ? demanda un étudiant distribuant des flyers au milieu de la foule.
Clarke s'approcha intriguée.
- La meilleure soirée de l'année avant que le semestre commence ? demanda-t-elle.
- Yes, sourit le jeune homme. C'est le gala de bienvenue des pré-med. Et je vous promets que c'est la soirée à ne pas rater. Nous, futurs médecins, n'avons pas de vie une fois le semestre commencé, alors on donne tout lors d'une seule et unique soirée.
Le grand brun sourit en lui tendant l'un de ses flyers. Clarke ne pouvait nier qu'il était charmant, et rien que pour ce sourire, l'idée d'aller à une fête ce soir malgré sa fatigue ne la dérangeait pas.
- Alors, j'ai une chance de te voir ce soir ? demanda le futur médecin.
- Qui sait ? souffla Clarke en lui tournant le dos.
- Laisse-moi deviner, sourit Raven en se remettant à marcher. On va à une soirée médecine ce soir ?
- S'ils sont tous comme lui, bien sûr ! sourit Clarke.
- Je ferais mieux de rentrer ranger mon bordel alors.
- Je vais nous prendre un truc à grignoter.
Quelques heures plus tard, les deux jeunes femmes étaient devant une grande maison blanche pleine à craquer. Toutes les portes et fenêtres étaient ouvertes, on pouvait voir que le salon était rempli d'étudiants. De loin, cela ressemblait à une fête comme les autres mais avec beaucoup de participant. En passant la porte, Clarke comprit à quel point elle s'était trompée. Cela n'avait rien avoir avec les soirées qu'elle avait pu connaître jusqu'à présent. Elle avait l'impression d'être dans un club privé.
Raven attrapa deux bières et ensemble, elles traversent les centaines de corps qui dansaient les uns contre les autres pour rejoindre le jardin de derrière, plus calme. L'ambiance était différente, la musique plus lointaine mais raisonnait toujours assez fort pour danser dessus, d'ailleurs une petite cinquantaine de personnes avaient préféré le coin d'herbes plus aéré que la véritable piste et dansait dans leur coin.
- Je ne savais pas si j'aurai la chance de te voir ce soir, lâcha le jeune homme qu'elles avaient croisé plutôt.
- Et, je suppose que c'est mon indice pour partir, souffla Raven. Je vais aller dire bonjour à la jolie rousse là-bas.
Clarke sourit en la regardant partir. Une fois dans le dos du médecin, Raven fit des gestes ridicules qui étaient sa façon à elle de l'encourager.
- Cillian. Je te sers à boire ?
Clarke lui montra sa bière encore pleine.
- Je n'ai pas le droit à ton nom ?
- Clarke. Et, j'espère que tu es plus doué avec tes hanches qu'avec tes approches, rigola la blonde.
- Mes hanches ?
Pour seule réponse, la jeune femme lui prit la main et le conduisit vers la piste de danse improvisée. Elle but rapidement sa bière avant de la poser sur un tabouret et commençait à bouger. Cillian plaça ses mains sur ses hanches et suivit le rythme que sa nouvelle partenaire avait choisi.
Il s'avéra que le beau brun était beaucoup plus doué avec ses hanches. Tout de suite, il mit Clarke en confiance. Il la fit se sentir désirer tout en gardant une légère distance pour ne pas mettre mal à l'aise la jeune femme. C'est Clarke qui accéléra la cadence en se rapprochant de lui. Elle lui donnait le feu vert. Cillian arrêta de se retenir et commença à danser de manière plus sensuelle avec elle. Il lui caressait doucement les bras avant de la faire tourner pour la coller à lui. Il bougeait ses hanches en rythmes contre elle tout en lui soufflant dans le cou. Quand ils étaient face à face, jamais il ne détournait son regard de celui bleu océan.
Une grosse demi-heure plus tard, le jeune homme suggéra une petite pause pour se refroidir. Ils avaient beau être en extérieur, la température était montée rapidement.
Clarke vérifia rapidement que Raven était toujours ok avant de le suivre vers le bar. Il lui tendit une nouvelle bouteille de bière et lui fit signe de s'asseoir sur l'un des transats libres.
- Tu débarques d'où Clarke ? demanda-t-il en s'installant à côté d'elle.
- Pourquoi ça t'intéresse ?
- Parce que contrairement à ce que l'on pourrait croire, j'aime bien connaître la personne contre qui je me suis frottée pendant une heure, rigola le jeune homme.
- Près de Boston. Et toi ?
- Tampa. Je ne suis pas partie bien loin.
- Tu es en quelle année ?
- Je commence ma troisième. Tu vas voir, la fac est géniale. Accès facile à la plage et à toute la bouffe cubaine dont tu peux rêver.
- Les soirées sont toutes comme celle-ci ? demanda la blonde.
- Je t'avoue que j'en fait peu. En général, début et fin de semestre. Le reste du temps je prends racine à la bibliothèque. Mais, tu trouveras facilement ton bonheur si tu es venue pour faire la fête.
- Si je suis venue pour faire la fête ? Est-ce que tu serais en train de me juger ?
- Non ! Bien sûr que non, répondit le médecin. Tout le monde a le droit de passer ses années comme il le souhaite. Si tu veux profiter, ne te gêne pas.
- Je ne suis pas venue pour la plage et les soirées, répondit Clarke. Mais, c'est un sacré bonus. Et, je compte bien en profiter. Dès ce soir…
La jeune femme finit sa dernière phrase en se penchant légèrement près des lèvres de Cillian. Depuis qu'elle avait sauté les pas avec Luna un an plutôt, Clarke avait pris beaucoup de confiance en elle et ne se gênait pas pour se faire plaisir. Elle savait ce qu'elle voulait.
- Tu crois que tu peux me battre au bière pong ? demanda-t-elle en se levant brusquement.
La soirée se déroula sans problèmes. Raven et elle firent un bon duo. Cillian et son collègue perdirent plusieurs fois avant d'abandonner. Clarke dansa. Dansa. Et dansa. Toujours un peu plus proche du beau brun. Elle savait précisément où elle voulait que cette soirée se termine, mais elle voulait garder le contrôle malgré son envie. Elle attendait que le jeune homme cède en premier. Il était presque une heure du matin quand celui-ci finit par abandonner tout self-contrôle. La blonde l'avait rendu dingue toute la soirée, et malgré sa bonne éducation, il était beaucoup trop excité pour ne pas tenter. Alors que Clarke dansait de dos contre lui, il remonta doucement l'une de ses mèches et commença à lui embrasser doucement la nuque jusqu'à son oreille. La blonde laissa sa tête sur le côté pour lui donner plus d'espace, l'encourageant à continuer.
- Tu ne voudrais pas qu'on aille ailleurs, souffla-t-il. Juste toi et moi.
Clarke sourit. Il était temps. Elle se dégagea de son emprise et lui prit son téléphone de sa poche. Elle le garda en main mais tendit l'écran face à Cillian pour qu'il puisse taper son code. Sans attendre, elle leur commanda un Uber en laissant le jeune homme taper la destination finale.
- Va attendre devant je vais prévenir Raven, souffla-t-elle en s'en allant.
Elle trouva sa nouvelle amie toute habillée dans l'eau, la jolie rousse à côté d'elle lui tenant un gobelet rouge.
- Raven ! Je m'en vais.
- Tu rentres ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Je dois aller botter les fesses du mannequin ?
- Non… On va juste continuer la soirée chez lui…
- Oh. Je vois. Tu as bu combien de verre.
- Deux bières. Pourquoi ?
- Je regarde juste si tu es en état de donner ton consentement. Ça a l'air d'aller.
- Je vais bien. Et je suis consentante.
- Alors va en profiter blondie. On se voit demain !
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Mai 2012
Lexa attrapa une flûte de champagne sur l'un des plateaux. Elle avait hâte que cette soirée se termine pour pouvoir enfiler l'un de ses shorts de sports et passer le reste de la nuit sur son canapé à regarder tout et n'importe quoi à la télé. Elle était épuisée. La saison touchait à sa fin et les matchs s'enchaîner, entre le championnat, la coupe d'Europe, et les stages avec l'équipe nationale, Lexa était tout le temps en train de courir. Le gala de ce soir était la goutte d'eau. Elle n'avait vraiment pas envie d'être là. En tant que meilleure joueuse de la ligue, elle n'avait pourtant pas le choix. Les dirigeants du club avaient été clairs. Surtout que c'était la fin de leur relation. D'ici quelques mois, Lexa quitterait Chelsea pour repartir jouer aux US. Enfin ! Bien qu'elle ait appréciée tout ce que le club et l'Europe lui avaient offert, il était temps de rentrer au pays. Sa carrière avait décollé rapidement, et tous les spécialistes se demandaient encore ce qu'elle faisait à Londres alors que les plus grandes villes à savoir Lyon, Barcelone ou Seattle rêvaient de la signer. Les offres avaient été très alléchantes, mais Chelsea lui avait donné sa chance, elle ne voulait pas les laisser tomber avant la fin de ce contrat. Le jour était pourtant sur le point d'arriver et Lexa avait une décision importante à prendre. Elle attendait de voir si Portland était intéressé avant de signer avec Washington, plus près de Polis et d'Anya mais moins impressionnant pour son CV.
Lexa s'approcha de la scène où l'un des cadres était en train de remercier toutes les personnes ayant aidé cette année. La brune but une gorgée. Elle n'aimait vraiment pas la politique. Elle détourna son regard du pupitre à la recherche d'un visage familier avec qui traîner quelques minutes, avant de s'éclipser.
Ses plans changèrent drastiquement quand elle entendit le rire mélodieux d'une des femmes derrières elles. Lexa releva la tête à la recherche de la personne capable d'émettre un son si riche en émotion simplement en riant. Le rire raisonna à nouveau juste devant elle. La jeune femme était encore plus belle que le son qu'elle était capable d'émettre. Elle avait la peau mat. Son visage était illuminé par de grand yeux marron dans lesquelles on pouvait voir son propre reflet tellement ils étaient foncés. Lexa devait trouver une approche au plus vite car elle ne voulait pas louper sa chance. Depuis que Jo avait déménagé pour jouer à Paris, elle avait été plutôt chanceuse côté fille. Jamais rien d'assez sérieux car le foot passait avant tout et tout le monde ne le comprenait pas facilement, mais, elle savait qu'elle plaisait et elle avait pris beaucoup d'assurance. Ce n'était plus l'ado sans expérience qui passait son temps à se ridiculiser. Au contraire, elle était douée. La séduction était devenue l'un de ses jeux préférés. Lexa ajusta le faux pli de son pantalon et s'approcha.
- Je dois savoir ce qu'il y a de si drôle, lâcha-t-elle une fois à proximité de la jeune femme.
- Pardon ? demanda la concernée.
- Ton rire. J'ai besoin de savoir ce qui l'a provoqué pour avoir mes chances de le réentendre.
L'inconnue sourit en portant son verre à sa bouche. Elle regarda Lexa de la tête au pied sans se cacher. Lexa se redressa un peu plus, prenant confiance en elle. La nouvelle arrivante avait l'air d'aimer ce qu'elle voyait.
- Si tu veux tout savoir, je me moquais de ce journaliste qui pensait réussir à gagner un rencard en utilisant les techniques de dragues les plus nulles que je n'ai jamais vu.
- Je vois. Tu es un public difficile, sourit Lexa. Tu penses que moi j'ai mes chances ?
- Ça dépend, tu comptes me citer les paroles de John Meyer ?
- Il n'a pas osé ? rigola la joueuse.
- Si. Alors, quels tours Lexa Woods a dans sa manche ?
- Je vois que je n'ai pas besoin de me présenter.
- Je serais un piètre agent sportif si je ne connaissais pas l'une des meilleures joueuses du moment.
- Du moment ? souffla Lexa. J'ai été élu trois ans d'affiler meilleure joueuse de la première ligue.
Lexa regretta aussitôt son commentaire. La vantardise n'était jamais le bon plan drague. Certaines personnes trouvaient l'assurance attirante, mais mettre son égo en avant était assez mal vue.
- Je peux t'offrir un nouveau verre, demanda Lexa en montrant celui vide que l'inconnue tenait dans sa main.
- C'est un open bar, fit-elle remarquer.
- Je sais. Mais les serveurs sont difficiles à trouver, rigola Lexa. Je te ferais gagner au moins… 2 minutes en allant te le chercher.
La jolie brune leva les yeux au ciel mais ne put s'empêcher de sourire. La joueuse de foot se fit un high five mental en voyant qu'elle avait réussi à faire rire sa nouvelle conquête. La jeune femme aimait l'audace et l'humour maladroit. Parfait, Lexa pouvait travailler avec ces données.
- Tu connais mon nom. Ce serait juste que je connaisse le tien, non ?
- Je n'en sais rien. Tu penses le mériter ?
- Ton nom ? Ouais ! Je suis venue te parler sans peur ni gêne, c'était un geste courageux. Je te laisse jusqu'à la fin de la soirée pour décider si j'ai le droit d'avoir ton numéro.
La jeune femme sourit en posant son verre vide sur la table derrière elle. Elle s'approcha de Lexa pour lui tendre la main.
- Costia. Costia Greene.
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3 janvier 2012
Dès que la sonnerie de son téléphone retentit Clarke se leva. C'était la chanson qu'elle avait mise spécialement pour sa mère depuis qu'ils avaient appris la maladie de son père. Il était encore très tôt, Abby ne l'appellerait pas si ce n'était pas une urgence. La blonde décrocha, essayant de ne pas paraître affoler mais intérieurement, ce coup de fil la faisait paniquer.
- Maman ?
Raven qui n'avait pas entendu le téléphone sonner se réveilla quelques minutes plus tard affolées par le chaos qui avait pris place autour d'elle. Elle se retourna et releva légèrement la tête pour voir ce qu'il venait de la tirer de son sommeil. Sa colocataire était déjà debout, elle courait de droite à gauche ramassant ses affaires et les fourrant sans réfléchir dans son sac.
- Clarke ? demanda la brune encore endormie.
La blonde ne répondit pas.
- Clarke ! répéta Raven en posant un pied au sol. Qu'est-ce qui se passe ?
L'artiste releva la tête, et lâcha tout ce qu'elle avait dans les mains. Des larmes se mirent à couler de ses yeux sans qu'elle puisse les retenir plus longtemps. Raven compris rapidement qu'il devait s'agir de son père. La jeune femme était très inquiète depuis son voyage le mois dernier. Elle lui avait fait part de ses inquiétudes. Raven se leva pour la prendre dans ses bras sans rien dire.
- Il a toujours dit à ma mère, commença Clarke, que le jour où il lui demanderait d'appeler les urgences, c'est le jour où il ne reviendrait pas.
- Pardon ?
- Mon père a demandé à ma mère d'appeler les urgences cette nuit. Il… Il n'arrivait plus à bouger. Il nous a toujours dit qu'il était assez fort, que l'on n'avait pas à s'inquiéter tant qu'il ne nous faisait pas appeler les pompiers. Il ne va vraiment pas bien Raven.
La brune serra son amie un peu plus fort. Il y a certaines situations où la parole était de trop. Elle ne saurait pas quoi dire pour la réconforter. D'ailleurs, Clarke n'avait pas besoin d'entendre de paroles réconfortantes, elle avait besoin que son amie soit là pour elle. Rien d'autre. Quand sa crise de panique diminua, Clarke se releva pour continuer à préparer son sac. Elle devait rentrer au plus vite.
- Je nous ai trouvé deux billets, lâcha Raven en regardant son téléphone.
- Rae, tu as cours –
- Ne crois pas que je vais te laisser seule.
- Je vais être à l'hôpital toute la journée.
- J'en profiterai pour passer du temps avec O'. Mais, tu ne monteras pas dans cet avion sans moi.
Clarke eut l'impression que le vol dura des heures et des heures. Jamais, elle ne s'était pas sentie si loin de Polis jusqu'aujourd'hui.
Le trajet en taxi de l'aéroport de Boston à la clinique de Polis fut encore pire. Clarke avait un mauvais pressentiment. Elle pouvait sentir que quelque chose n'allait pas.
En rentrant dans la chambre que lui avait indiqué l'une des aides-soignantes, elle trouva sa mère en pleur au-dessus du corps endormi de son mari. Jacob avait les yeux fermés, les bras le long du corps. Clarke prit sa mère dans ses bras sans quitter du regard son père. Elle n'avait pas besoin qu'Abby lui confirme, les machines éteintes autour de lui était suffisant pour que Clarke comprenne. Malgré tout, elle s'approcha du corps de son père. Sa main était encore tiède, mais en pressant doucement son poignet, elle ne sentit aucun battement.
- Je suis désolée Clarke, je n'ai rien pu faire, souffla sa mère.
L'étudiante serra sa mâchoire, les larmes se remirent à couler le long de ses joues. Madi était assise en boule dans un coin, elle se balançait en répétant « maman, maman, maman ». Sa grande sœur s'approcha d'elle pour la prendre dans ses bras. La plus jeune des Griffin n'avait pas encore 10 ans. Elle était pourtant assez grande pour comprendre.
- Ça va aller, je suis là, Madi.
- Clarke. S'il te plait. Maman… Maman n'y arrive pas, pleura sa petite sœur.
- Qu'est-ce qu'il y a ma puce ?
- J'ai besoin de l'entendre. J'ai besoin que quelqu'un me le dise. S'il te plait Clarke. Je –
La crise de sanglot fit frissonner la petite brune alors qu'elle se jetait dans les bras de sa grande sœur. Clarke la sera encore plus, passant sa main dans ses cheveux pour la coller à elle.
- S'il te plait Clarke, murmura la plus jeune.
L'ainée souffla. Elle n'était pas sûre qu'elle aurait la force de finir sa phrase. Elle ne faisait pas confiance en sa voix à cet instant. Mais, elle se devait d'essayer. Madi ne pourrait jamais réaliser si on ne lui disait pas clairement. Elle avait besoin d'entendre la vérité de vive voix même si cela était dur.
- Papa est mort, lâcha Clarke d'une voix tremblante. Il est mort Madi.
Le reste de la journée fut flou. Clarke se rappela relever sa sœur pour venir serrer sa mère. Et après plusieurs minutes, elle se rappela les faire sortir de la chambre et passa en mode pilote automatique. A un moment donné, elle dut prévenir Octavia car la jeune femme arriva à l'hôpital avec Raven, Monty et Jasper. Une fois au manoir, les trois femmes passèrent la journée dans le lit de leur mère, l'une contre l'autre en silence.
Ce n'est que le lendemain matin que Clarke prit réellement les choses en main. Sa mère n'était pas en état et Madi… Madi était encore trop jeune. C'était à elle d'être forte. C'était à elle de montrer l'exemple.
Octavia l'aida pour les préparations de la cérémonie et les papiers, alors que les autres s'occupèrent de prévenir tous les proches et amis de la famille. Madi finit par sortir. Elle voulait aider. Sa mère ne sortit pas de sa chambre pendant toute la semaine. Elle ne mangea que très peu, Madi lui apportait ses repas, et sa mère avalait quelques bouchées pour lui faire plaisir.
Le jour de l'enterrement, l'église était remplie. Jacob Griffin avait vécu à Polis toute sa vie. Il était aimé et reconnu. La cérémonie fut émouvante, malgré tout, Clarke ne craqua pas. Elle ne pouvait pas, pas encore.
Plus d'un mois plus tard, sa mère n'allait pas mieux, elle passait ses journées à dormir ou à errer dans la maison sans savoir que faire d'elle. Elle oubliait d'aller chercher Madi à l'école, elle buvait le soir quand elle pensait que tout le monde dormait pour essayer de faire taire ses pensées. Cela ne marchait pas. Elle passait son temps à rêver de son défunt mari. Tout lui faisait penser à lui. Tout lui rappelait qu'elle l'avait perdu pour toujours.
Clarke géra tout à sa place. Sa mère avait besoin de temps, elle allait lui en donner. Elle ne retourna pas à l'école, l'administration de l'université fut compréhensible et lui permis de passer ses examens à distance.
Après trois mois, la blonde réussit à convaincre sa mère à aller voir un spécialiste. Et peu à peu, la thérapie marcha. Abby commença à retrouver des habitudes saines, mais on voyait au fond d'elle qu'elle n'était plus la même, qu'elle ne serait plus jamais la même. Quand, elle reprit le travail après 6 mois, le docteur réussit à faire croire à son entourage qu'elle commençait à faire son deuil. Mais le problème restait le même, Polis lui rappelait trop Jacob. Elle devait s'éloigner.
L'offre pour médecin sans frontières arriva au bon moment. Clarke venait de se faire transférer à l'université de Boston et ne comptait pas quitter la maison. Elle poussa sa mère à accepter. Elle savait qu'en restant, elle n'arriverait pas à faire son deuil. C'était censé être provisoire. Elle pouvait bien s'occuper de sa petite sœur et de la maison pendant six mois, elle en était capable. Six mois qui s'étaient transformés en six ans. Et à chaque retour de sa mère, Clarke lui en voulait un peu plus. Parce qu'elle pouvait lire dans ses yeux, dès les premières minutes de son retour, qu'elle ne resterait pas.
Ce jour-là, Clarke avait perdu son père, sa mère, ses rêves de carrières et tout son amour propre. Malgré ses amis, malgré sa petite sœur, malgré les discussions qu'elle avait avec sa mère, elle avait l'impression d'avoir été abandonnée.
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Juillet 2017
- Tu ne vas rien dire ?! s'énerva Costia.
Lexa était assise sur le canapé, la télécommande dans une main, une bouteille de bière dans l'autre. Elle entendait parfaitement ce que Costia venait de lui annoncer mais s'en fichait. Elle savait que la jeune femme avait fait exprès, elle cherchait à provoquer une réaction chez Lexa, peu importe laquelle.
Elle entendit Costia pousser la vaisselle qui traînait sur la table. Elle entendit celles-ci se briser, mais elle ne bouge pas.
- Tu vas rester là, assise, comme ses 4 derniers mois et te saouler la gueule sans rien dire ? Pleurer sur ton sort ? Où est-ce que tu vas te décider à te faire aider ? cria sa femme.
Lexa se retourna enfin. Costia avait réussi son coup. Elle voulait énerver Lexa. Elle avait réussi.
- Tu ne comprends vraiment pas ? J'étais Lexa Woods ! J'avais l'habitude d'être quelqu'un d'inspirante, d'importante. Et maintenant… Je ne suis plus personne. Je ne suis plus rien. Et, je n'ai plus rien. Je ne suis même pas capable de me lever de ce putain de fauteuil, lâcha la brune.
- Tu n'as plus rien ? répéta Costia. Tu m'as moi. Ta femme. Je suis là. Tu as ta sœur, et ton adorable neveu à qui tu fais très peur en ce moment.
- Ne mêle pas ma famille, cria Lexa. Et, ne fait pas semblant de les aimer, tu m'as assez tenue à l'écart d'eux ses dernières années.
Costia serra la mâchoire. C'était le nouveau hobby de Lexa, remettre toutes les fautes sur elle. Cela la défoulait. Ça l'empêcher de voir la vérité. Jusqu'à présent Costia avait été patiente, mais elle ne pouvait plus continuer à vivre comme ça. Ce qui arrivait à sa femme était une tragédie, mais elle devait penser à elle, à son bien-être et elle ne méritait pas d'être traité de la sorte constamment en rentrant chez elle.
Costia s'approcha du canapé et s'agenouilla devant sa partenaire. Elle lui prit les mains malgré la résistance qu'opposa Lexa.
- Tu ne peux pas continuer comme ça Lexa. Je ne peux pas continuer comme ça. Il faut que tu arrives à trouver qui tu veux être maintenant.
Après avoir gardé son calme quelques secondes, Lexa se mit à rire. Un rire sincère et libérateur. Elle repoussa Costia pour attraper son fauteuil roulant, et à la force de ses bras s'installa dessus.
- Tu ne peux plus continuer comme ça ? répéta Lexa. Toi ?
Lexa commençait à lui tourner le dos quand Costia se leva pour se mettre sur son chemin.
- Mais casse-toi alors ! cria Lexa. Si c'est trop dur pour toi. Tu n'as qu'à partir.
- Lex…
La brune avança avec son fauteuil pour faire reculer sa femme vers la porte.
- Dégage. Je n'ai pas besoin de toi. Je n'ai jamais eu besoin de toi.
Costia regarda une dernière fois sa femme dans les yeux. Elle ni vit que de la rage. Ce n'était plus la personne dont elle était tombée amoureuse. Ce ne le serait plus jamais.
- Casse-toi, répéta Lexa en essayant de la pousser.
Sans plus réfléchir Costia attrapa son sac et ouvrit la porte.
En se réveillant le lendemain matin, Lexa appela sa femme plusieurs fois. Elle resta allongée dans leur lit en espérant voir le visage auprès duquel elle s'était réveillée tous les matins ses dernières années passer la porte de leur chambre. Costia n'était pas rentrée. Et après, ce qu'elle lui avait craché à la figure hier soir, elle n'était pas sûre de revoir sa femme un jour.
Pour la première fois ce matin-là, elle augmenta la dose de sa morphine. Elle ne voulait plus rien ressentir. Ni la douleur, ni la peine. Elle ne voulait plus sentir son sang couler dans ses veines, elle ne voulait plus sentir son cœur battre dans sa poitrine. Elle ne voulait plus rien ressentir.
Les jours passèrent. Ils se transformèrent en semaines, puis en mois. Et Lexa continuait d'augmenter légèrement les doses pour faire en sorte de ne plus rien sentir. Elle se levait du canapé que pour ouvrir la porte au livreur. Elle ne sortait de chez elle que pour aller acheter de quoi boire, ou chercher une nouvelle ordonnance.
Cela faisait plusieurs mois que Costia était partie quand Anya éclata à son tour. La dispute fut pratiquement la même, mot pour mot. A la seule différence qu'à la fin, sa sœur ne l'abandonna pas. Cette porte par laquelle sa femme était partie pour ne plus revenir resta fermer alors qu'Anya s'approchait de sa petite sœur pour la prendre dans ses bras.
- Je ne te laisserai pas tomber. Je ne te laisserai pas tomber, répéta l'aînée.
Et pour la première fois depuis des mois, Lexa se permit de ressentir une émotion. Elle passa ses bras autour du cou de sa sœur et la serra contre elle. Les larmes qui coulèrent sur ses joues étaient salées, elle ne put les contenir. Mais pour la première fois, Lexa s'imagina s'en sortir.
Anya la conduisit au centre de désintoxication le lendemain matin. Lexa voulut partir un million de fois, mais resta. Elle commença les séances de rééducation et, plus vite qu'elle ne l'aurait pensé, elle était capable de marcher, sauter, courir à nouveau. Jamais aussi haut, jamais aussi vite, qu'avant, mais c'était plus que ce qu'elle avait pensé être capable.
A sa sortie, Lexa résista à l'envie d'entrer dans le premier bar et de boire son poids en téquila. Elle se tenait debout au milieu de la rue et ne savait absolument pas ce qu'elle allait faire de sa vie à partir de maintenant. Le foot lui manquait déjà.
Alors qu'Anya s'apprêtait à repartir dans sa famille, Lexa refusa son offre de l'accompagner. Elle devait se prouver qu'elle pouvait survivre seule. Elle devait trouver sa propre raison de se lever le matin. Aller à la fac fut une distraction sympathique, mais dès sa sortie, Lexa fut confronter à des choix difficiles. Sa nouvelle carrière était le plus compliqué.
Il était 18h quand Lexa regagna son appartement, un soir après s'être fait virer d'un nouveau poste. Qui aurait cru que la grande Lexa Woods n'était pas capable de trouver et garder un emploi stable ? En réalité, elle faisait tout pour ne pas être retenue. Elle n'était pas contre sa reconversion. Elle savait qu'elle devait se trouver une nouvelle passion, mais s'était difficile pour elle car, malgré tout, elle n'était pas prête à dire au revoir au foot. C'était toute sa vie.
Son téléphone, posé sur le bar de sa cuisine, vibra. Elle ne connaissait pas le numéro mais l'indicatif indiquait le Massachusetts. Tout de suite, elle pensa à Anya et Aden.
- Allo ? se dépêcha-t-elle de répondre.
- Miss Woods ?
- Oui.
- Je suis Marcus Kane, principal du lycée de Polis dans le Massachusetts. J'ai une proposition à vous faire…
Ok, pas de Clexa... Ok, rien de nouveau dans ce chapitre. Mais, je voulais vraiment un chapitre sur leur vie séparée afin de comprendre d'où elles venaient, surtout avant qu'elles commencent leur vie ensemble...
Bonne soirée :D
