Yo les bro
Jour 4 du confinement et me voilà avec un OS plutôt difficile.
Je ne prétends pas connaître et savoir ce que l'on peut réellement ressentir dans des situations telles que celles que je fais vivre à mes personnages. Je ne fais qu'imaginer.
Les personnages appartiennent à J.K. Rowling mais leur caractère ici n'est dû qu'à ma petite personne.
Bonne lecture.
Tchou
Jimmy
Il a honte.
Honte de ce qu'il est. Honte de ce qu'il pense. Honte de son regard qui glisse sur des corps qu'il ne devrait pas regarder. Il a honte de sa bite qui se durcit à la vue des torses musclés de ses coéquipiers dans les vestiaires de Quidditch. Il a honte de sentir son cœur s'accélérer et ses joues chauffer quand il frôle la main de celui qui le fait chavirer, la main du garçon qui lui a permis de se rendre compte de l'évidence.
Au final, il a honte d'être différent dans un monde où l'on vient de se battre pour anéantir les différences, même si ce n'est pas le même combat. Il a honte de ses sentiments, de ses pensées, de sa personne.
Il se trouve sale, ridicule, répugnant, impur. Il craint que quelqu'un ne vienne à comprendre ce qu'il y a de différent, d'étrange en lui. Il a peur que son secret soit dévoilé, que ce soit lui qui le dévoile, par mégarde. Il a peur de la réaction des gens quand ils sauront, de leur regard.
En attendant, il se cache, lui et ses sentiments, lui et ses regards en coin, lui et ses séances de masturbation tôt le matin ou tard dans la nui quand il est sûr que ses camarades de dortoir sont endormis. Surtout Jimmy.
Jimmy, son meilleur ami depuis qu'ils ont commencé le Quidditch comme batteurs remplaçants des jumeaux Weasley alors qu'ils étaient en troisième année. Jimmy, le garçon bien bâti qui fait se retourner les filles mais qui ne semble pas s'en préoccuper. Jimmy, le timide qui se lâche en présence de ceux en qui il a confiance. Jimmy, le gryffondor qui l'a charmé, l'a envoûté et l'a rendu fou amoureux. Jimmy Peakes, celui qui cherche toujours sa présence, à lui, Ritchie Coote.
Il vomi, tripes et boyaux.
Aujourd'hui rien ne va. Il est 7h et Ritchie sait qu'aujourd'hui va être une des pires journées de l'année.
Il vient de se réveiller, le problème n'est pas là ou presque. Le problème c'est le rêve qu'il faisait avant de se réveiller. Un rêve merveilleux, fait d'amour, de baisers, de caresses échangées. Un rêve où Jimmy était tout pour lui et le contraire aussi. Un rêve avec un amour sans foi ni loi. Un rêve qui fait espérer et qui lorsqu'il s'évapore au réveil nous envoie en pleine face l'irréalité de la chose. Un rêve qui fait penser que la vie est un cauchemar. Un rêve extraordinaire et étourdissant, incroyable et stupéfiant qui rend le retour à la réalité beaucoup plus difficile qu'autre chose. C'est à cause de ce rêve que Ritchie sait, aujourd'hui sera horrible et il n'aura droit qu'à des miettes du bonheur qu'il a pu entrevoir dans son rêve.
Il se vide dans les toilettes avant de se préparer. Il s'enfuit du dortoir, il ne veut voir personne sauf en cas de grande nécessité.
Il n'ira pas dans la Grande Salle aujourd'hui. Il se cachera dans une vieille salle de classe quand il n'aura pas cours et surtout il va tout faire pour éviter Jimmy et son regard qui le ferait craquer. Son regard qui devinerait que quelque chose ne va pas. Jimmy qui ferait tout pour que son ami aille mieux.
La journée passe. Au dernier cours il plonge ses yeux dans ceux de Jimmy. Il a l'air abattu, blessé. Il ne comprend pas cet éloignement soudain. Ritchie est faible face à ce regard. Il veut s'avancer, lui dire que tout va bien. Mais il repense à son rêve. Au corps sous le sien. Le corps de son meilleur ami. Alors il lui tourne le dos, une fois de plus, en se répétant que c'est pour son bien. Il ne faut pas que Jimmy apprenne les pensées qui traversent l'esprit de son meilleur ami. Surtout pas quand celles-ci ne font qu'imaginer son corps dénudé.
Il passe sa soirée dans une salle poussiéreuse et pendant l'heure du repas se décide à sortir de sa cachette. Il veut se défouler, évacuer les tensions accumulées et pour ça rien de mieux que d'aller voler. Il arrive sur place et se dirige vers les vestiaires. Il est silencieux. Il ne veut pas se faire attraper alors qu'il n'a pas le droit d'être là. Il entre. Il entend l'eau couler dans les douches. Quelqu'un est là. Il reconnaît le pull des Pies de Montrose de Jimmy sur un des bancs. Il veut faire demi-tour. Son corps avance tout seul. Il s'approche des douches, le pas légers, veillant à ne pas se faire remarquer. Encore un pas et le corps de son ami s'imposera à sa vue.
Il est debout, de dos. L'eau coule sur son corps. Elle semble le caresser. Pendant un temps, Ritchie jalouse ces gouttes, lui aussi voudrait pouvoir glisser sur le corps attirant du garçon qui se tient devant lui.
Sa tête est relevée, offrant ainsi son visage au pommeau de douche. Ses yeux sont fermés. Il ne bouge pas. Ses jambes sont fixées au sol, une main contre le mur. L'autre main est invisible, cachée par sa stature.
Ritchie se plaît à l'imaginer. De longs doigts rugueux parcourant son torse, dépourvu de poils. Seul un chemin est tracé, partant de son nombril allant jusqu'à la base de sa verge. Il devine les doigts descendant toujours plus bas, prenant le temps, se titillant, faisant ainsi augmenter le désir et anticiper le plaisir à venir. Enfin ils arrivent au but recherché, cette longueur dressée et palpitante qui n'attend que d'être contentée, de relâcher le produit de sa jouissance. Il visualise les doigts qui passent, légers, de la base au gland. Déjà du liquide pré-éjaculatoire en sort. La torture ne pourra pas durer longtemps. Bientôt les doigts s'enroulent, ils pompent, de plus en plus vite. Ils serrent plus ou moins le pénis érigé qui ne souhaite qu'une chose, atteindre la félicité.
Ritchie sort de sa rêverie. Sa queue est douloureuse. Il remarque alors que son ami s'est décalé. Il remercie Merlin que ce dernier ne l'ait pas découvert alors qu'il était dans une sorte de transe. Et enfin il le voit. Cette main qu'il vient d'imaginer, ce sexe dressé auquel il avait songé, la pression de la main de son ami sur le membre gonflé, tout cela est réel. Il voit la main pomper, glisser l'objet de son désir, le pouce qui passe de temps en temps sur le gland et qui semble étaler un liquide que Ritchie veut goûter. Et avant même qu'il ne se rende bien compte de ce à quoi il est en train d'assister, il voit le garçon, son ami, Jimmy, son meilleur ami, éjaculer dans un râle rauque. Il est fasciné par le liquide qui sort par giclée et atterrit sur le mur, par les doigts qui courent toujours sur la bite de son ami, par sa tête désormais penchée en avant, le front contre le mur et son souffle court, comme s'il venait de fournir un immense effort physique.
Un coup de vent et la porte qui claque sont tout ce dont Ritchie a besoin pour sortir de son état de transe. Il se retourne et fui. Le plus vite et le plus loin possible. Tout ce qu'il espère c'est que Jimmy ne l'ait pas vu.
Il monte directement dans sa chambre, se met sous sa couverture et ferme les rideaux. Il reste allongé là des heures, immobile, la bite durcie qui ne se calme pas tant l'image de Jimmy se masturbant est encore présente dans sa tête. Il n'attend qu'une chose, se masturber à son tour. Pour cela il attend que les autres garçons de son dortoir se couchent à leur tour. Lorsqu'il sera sûr qu'ils sont tous endormis il ira se soulager.
Quand le moment est venu, il sort de son lit. Il ne regarde pas le lit sur sa gauche dans lequel est couché son meilleur ami. Mieux vaut ne pas le voir pour l'instant. Une fois dans la salle de bain, fermée à clé à l'aide d'un sort, il se déleste de son pantalon de pyjama et de son t-shirt puis entre dans la cabine de douche. Avant il y allait surtout pour masquer sa respiration affolée et ses gémissements rauques de plaisir, maintenant il ira sous la douche pour se rappeler la vision de Jimmy, de son corps mouillé et de son sexe érigé.
Il ferme les yeux et alors qu'il se caresse, il imagine les doigts de Jimmy remplaçant les siens. Des doigts frôlant son torse, son bas-ventre, pour s'arrêter au bas de sa verge. D'une main il entame un va et vient lent et léger, de l'autre il se met à masser ses boules, augmentant ainsi son plaisir.
Les images de Jimmy collées à sa rétine dansent dans sa tête. Il est partout. Il enveloppe Ritchie et l'accompagne jusqu'à la jouissance qui ne tarde pas.
Après avoir atteint le climax il lui faut quelques secondes pour reprendre complètement conscience de ce qui l'entoure, de l'endroit où il se trouve. Il reste là, pantelant, les paupières lourdes, le corps transi d'un désir toujours présent. Il recouvre ses esprits lentement et une nouvelle fois le dégoût et la honte le frappent de plein fouet. Il se rue vers les toilettes quelques minutes après avoir atteint la félicité. Le voilà qui vomit tout son soûl, qui rejette ce désir qu'il ressent, cette attirance folle qu'il éprouve pour un garçon.
La tête penchée au-dessus de la cuvette, le corps recroquevillé, il veut disparaître. Ses yeux se ferment et peu à peu, il dérive. Passer sa nuit ici, c'est sa punition. Avant de s'endormir, allongé sur le sol de la salle de bain, il ne peut s'empêcher de penser à ce qu'il se passerait s'il s'affirmait tel qu'il est. Peut-être que tout se passerait bien. Peut-être même que cela ne dérangerait pas Jimmy. Il se dit qu'un jour il le lui dira, à lui en premier. D'abord qu'il aime les garçons et en fonction de la réaction de son ami, peut-être qu'il lui parlera des sentiments qui l'animent depuis quelques temps. Des sentiments tenaces dont Ritchie ne peut se débarrasser. Et à bien y réfléchir il ne veut pas s'en débarrasser.
C'est sur ces dernières pensées que le monde des songes accueille Ritchie les bras ouverts. En attendant qu'il ne se décide à s'accepter et se montrer tel qu'il est, il peut compter sur le pays des rêves pour lui montrer tout ce qui pourrait alors lui arriver.
Voilà
Si vous voulez rejoindre Ritchie dans cette foutue salle de bain et le prendre dans vos bras en lui répétant que tout ira bien, ce n'est pas moi qui vous en empêcherait.
Tchou
