Bonjour tout le monde !

Et merci à tous pour votre soutien ! J'ai reçu pas mal de commentaire tout mimi et ça motive !

Merci encore et toujours à Imdweil pour sa relecture efficace !

Et si on allait voir si notre Clarky a fait le bon choix ?


Aden saturait. Madi l'avait invité à venir passer la matinée chez elle afin de réviser le devoir de maths qu'ils avaient dès la première heure demain. Dire qu'il n'aimait pas cette matière étaient un euphémisme. Il détestait les maths. Il les avait en total horreur. Il avait cru que passer du temps avec Madi aurait annulé sa réticence, cependant, rien n'y faisait. Il avait besoin d'une pause de toute urgence.

Madi ne semblait pas avoir remarqué l'agonie de son ami. Elle était penchée sur l'un de ses cahiers, et cherchait à résoudre l'une des équations du problème que leur professeur leur avait passé lors du dernier cours. Cela n'avait jamais été sa matière préférée, mais elle s'en sortait assez bien la plupart du temps. Sachant les difficultés qu'avait Aden, elle n'avait pas hésité à lui proposer son aide. Depuis qu'ils s'étaient rencontrés, par l'intermédiaire du coach, Madi s'était rapidement prise d'affection pour le jeune homme. Cela faisait du bien de pouvoir compter sur quelqu'un d'autre que Gaïa. Et même si elle s'entendait à merveille avec les membres de son équipe, ce n'était pas pareil. Gaïa et Aden étaient ses meilleurs amis bien qu'ils ne soient pas aussi passionnés par le foot qu'elle. C'était leurs différences qui les rendaient si complémentaires et proches les uns des autres.

- Ok… J'abandonne, lâcha le jeune garçon en face d'elle.

Madi releva la tête surprise. Aden avait réussi sans difficulté les deux premiers exercices qu'elle lui avait donné.

- Je suis quelqu'un de logique pourtant ! Je ne comprends pas pourquoi je n'y arrive pas.

- Tu stresses pour rien. Il faut juste que tu fasses étapes par étapes. Tu as réussi les autres.

- Je me contenterai d'un C comme d'hab. Mais j'arrête.

- Aden…

- Tu vas au bal d'hiver ? demanda Aden pour changer de sujet.

Madi leva les yeux au ciel avant de fermer son livre. Tant pis, elle réviserait seule un peu plus tard.

- Bien sûr ! Toute l'équipe y va, ordre du coach. On doit faire acte de présence et mettre en avant l'esprit d'équipe.

- Je vois, souffla Aden.

- Et tu as intérêt à venir aussi !

- Ne t'inquiète pas… Lexa m'a déjà fait la leçon. Aucune chance que j'y échappe.

Madi rigola en voyant la gêne s'installer sur le visage de son ami. Il n'était clairement pas heureux de devoir assister à cette coutume lycéenne.

- Le pire, c'est ma mère. Elle agit bizarrement ! Elle me traine faire du shopping ce weekend, je ne suis pas sûr de survivre.

- J'ai hâte de voir ton costume de pingouin !

- Je te déteste, souffla le jeune garçon.

Aden laissa tomber sa tête sur la table en râlant. Madi ne put s'empêcher de rigoler devant le désespoir de son ami. Torturer gentiment son ami était sa nouvelle activité préférée.

- Tu y vas avec quelqu'un en particulier ?

Le jeune homme avait hésité à poser cette question. Evidement, il aurait adoré lui demander directement de l'accompagner mais Aden n'avait ni le courage, ni la confiance nécessaire pour être si franc, il préférait travailler un autre angle.

- Oui, mais ne t'inquiète pas, tu n'échapperas pas à une danse avec moi.

Aden essaya de ne pas montrer sa déception. Bien sûr que Madi était déjà prise. C'était la nouvelle star du lycée. Elle était drôle, belle et intelligente. Ce n'était pas le premier à le remarquer. Tous les garçons seraient chanceux de pouvoir être son partenaire.

- J'en suis ravie, ironisa Aden essayant de faire un peu d'humour pour ne pas se trahir.

L'adolescent ramassa ses affaires et les jeta dans son sac.

- Je devrais y aller. J'ai promis à mon père que je l'aiderai à préparer le repas. C'est leur anniversaire de mariage ce soir et il veut surprendre ma mère.

- C'est si mignon ! Toujours partant pour ce soir ?

- Bien sûr, tu crois que je veux être à la maison durant leur parade nuptiale ? rigola Aden.

- J'imagine que non. Chez Gaïa à 16h.

De la cuisine, Clarke observa la scène. Aucun doute, Lexa avait raison. Aden avait le béguin pour sa petite sœur. Il n'y avait rien de plus évident, pourtant, Madi ne semblait pas l'avoir remarqué, même après cette question sur son partenaire de danse.

L'ainée Griffin aurait aimé ne pas s'en mêler, mais s'occuper de la vie de sa petite sœur l'empêcherait de penser à la sienne. Clarke n'avait pas encore décidé si elle était prête à sauter le pas. Son rendez-vous avait lieu dans moins de six heures et elle n'avait encore aucune idée de ce qu'elle allait faire.

Madi s'approcha d'elle pour piquer l'une des carottes qu'elle était en train de couper. Clarke en profita pour passer à l'attaque. Toute distraction était la bienvenue pour ne pas penser à son problème.

- Vous êtes proche Aden et toi …

- Ouais, c'est un bon copain.

- Juste un copain, demanda Clarke un sourire narquois aux lèvres.

Madi releva la tête ne comprenant pas où voulait en venir sa grande sœur.

- Allez Madi, tu ne peux pas être si aveugle !

- Quoi ?

- Aden t'a pratiquement demandé d'aller au bal avec toi !

- Quoi ? Non ! Il m'a demandé si j'y allais avec quelqu'un. Ce n'est pas pareil.

Clarke leva les yeux au ciel.

- Il était à la pêche aux infos. Ce garçon t'a dans la peau.

- N'importe quoi, râla Madi. On est juste ami.

- Si tu le dis.

- Je le dis.

- Ok, continua Clarke.

Madi souffla. Elle n'était pas dupe, Clarke n'en avait pas fini avec elle. Elle devait réussir à changer le sujet si elle voulait que sa sœur la laisse tranquille.

- D'ailleurs, tu y vas avec qui ? demanda la blonde de la famille en repensant à la conversation qu'elle avait entendu entre les deux adolescents.

- Ilian, un garçon de l'équipe de natation.

- Le terminal ? s'exclama Clarke en se remémorant la liste des élèves.

Il était vraiment temps de faire diversion. Sa sœur n'était pas prête à lâcher l'affaire maintenant qu'elle savait qui serait son cavalier.

- Et toi ? demanda-t-elle.

- Et moi quoi ?

- Tu as quelqu'un en vue ?

Clarke recula et se remit à cuisiner. Bingo. Madi savait que c'était un sujet tabou.

- On parlait de toi, jeune fille. Et de ton partenaire beaucoup trop âgé.

- Maman me fera un sermon en rentrant de sa garde. Ce n'est plus ton rôle. Et si pour une fois tu te contentais d'être ma grande sœur et me parlais un peu de toi.

- Parce que ma vie amoureuse est plus intéressante que la tienne ? demanda Clarke en soufflant.

- Comment je pourrais le savoir, tu n'en parles jamais ? Et, je ne t'ai jamais vu avec quelqu'un. Tu es belle et intelligente, comment ça se fait que je n'ai pas de beau-frère ou belle-sœur ?

- Tu essayes de changer de sujet, s'exclama Clarke. Et ça marche ! J'ai compris, je te laisse tranquille.

Madi sourit. Mission accomplie. Elle attrapa les assiettes de l'étagère et commença à mettre la table. Clarke finit de cuisiner en silence. C'était assez rare pour la jeune femme. Elle trouvait toujours le moyen de mettre sa petite sœur mal à l'aise ou voulait toujours discuter de quelques choses avec elle. Madi connaissait trop bien sa sœur pour ne pas remarquer que quelque chose n'allait pas. Elle devait avoir touché un point sensible. Et connaissant la blonde, celle-ci ne s'ouvrirait pas d'elle-même. Madi devait forcer la conversation pour comprendre ce qu'il se passait.

- Tu ne trouves pas ça un peu bizarre d'ailleurs ?

- Qu'est-ce qui est bizarre ?

- Que je ne sache rien sur ta vie amoureuse. Tu es mon tuteur depuis six ans, et je n'ai jamais rencontré aucun de tes partenaires.

- Je n'ai jamais été doué pour les relations, c'est tout. Il n'y a eu personne d'assez important pour que je fasse les présentations.

- Ne me dit pas que tu as déjà renoncé à l'amour ?

- Pourquoi je parle de ça avec une ado déjà ? demanda Clarke en posant le plat sur la table.

- J'ai 16 ans, pas 2, répondit Madi. Je peux comprendre.

Clarke s'installa à côté d'elle. Sa tentative de distraction avait échoué monumentalement. Au contraire, Madi essayait de la pousser à parler. Cela la mettait mal à l'aise d'en discuter avec sa benjamine, mais elle avait vraiment besoin de se confier à quelqu'un et Madi était la personne qui la comprenait le mieux au monde.

- Ok, lâcha Clarke en se tournant vers elle. La raison pour laquelle tu ne m'as jamais vu avec personne est simple. J'ai peur. Je n'ai pas un bon historique en matière de relation amoureuse. Et ça depuis toujours. Je finis toujours par faire souffrir quelqu'un. Je préfère m'abstenir.

- Tu ne te sens pas… seule ?

- Des fois. Mais, je t'ai toi. Et, je t'aime assez pour que ça me suffise.

- C'est déprimant, lâcha Madi.

Clarke baissa les yeux. Ce n'était pas si simple.

- Tu sais, je compte bien briser un max de cœur, et me le faire briser, rigola Madi. Comment on est censé rencontrer la personne qui le fera battre si on n'essaye pas ?

Madi avait raison. Et Lexa aussi d'ailleurs. Clarke le savait. Elle devait faire preuve de courage. Elle devait faire preuve de confiance.

- Il n'y a vraiment personne avec qui tu pourrais prendre le risque ? O' a dit que Bellamy et Gina avaient rompu… Vous seriez mignon ensemble.

- Crois-moi, Bellamy et moi ce n'est pas une option, souffla Clarke surprise.

- Ok.. alors…

Madi se tut un instant pour réfléchir. Elle savait qu'elle risquait de regretter son choix, mais si elle voulait vraiment que sa sœur se confit à elle, elle devait se lancer.

- Qu'est-ce que tu penses du coach ?

Clarke releva la tête. En croisant le regard de la jeune femme, elle comprit que Madi avait fait exprès. Elle essayait de la faire parler le plus honnêtement possible.

- Lex et moi c'est…

- Laisse-moi deviner, de l'histoire ancienne ? Pourtant on ne dirait pas.

- J'allais dire compliqué, finit la blonde. Pourquoi tu penses ça ?

- Parce que tatie O' aime parler et que tu es son sujet préféré.

- Je vais prendre un malin plaisir à raconter à Xander tous ses exploits de jeunesse, lâcha Clarke.

- Et parce que je ne suis pas aveugle. Je vois bien comment tu la regardes. Et comment elle te regarde. Et puis, vous êtes incroyablement à l'aise l'une avec l'autre. Tu te relaxe instantanément quand elle est dans le coin.

Clarke laissa sa tête tomber dans ses bras.

- Je suis si évidente que ça ?

- Yep. Mais ne t'inquiète pas, la coach n'est pas plus discrète.

- Je ne sais vraiment pas quoi faire Madi. Lexa et moi s'est vraiment compliqué et… ça fait longtemps que je n'ai pas apprécié quelqu'un comme ça. Elle… Elle me fait sourire.

- Ok, laisse-moi récapituler, commença Madi. Aussi étrange et perturbant que ce soit, tu aimes bien la coach. Et, la coach t'aime bien en retour. N'est-ce pas ?

- Oui, avoua Clarke.

- Alors, où est le problème. Deux personnes s'apprécient mutuellement. Je n'ai qu'un conseil, profite, tout le monde n'est pas aussi chanceux.

- Tu penses vraiment que ce soit si simple ?

- Yep, répondit Madi en se servant une assiette. Maintenant, on va changer de sujet car je ne suis pas encore assez à l'aise pour parler de la vie sexuelle de ma grande sœur.

- Mads ! Comme si j'allais parler de ça avec mon bébé !

- J'en sais déjà beaucoup trop, lâcha la jeune femme en rigolant.

- Je vais tuer Octavia.

- Rajoute Raven à la liste.

- C'est décidé, je change d'ami, dit Clarke en se servant à son tour.

/

Assise sur le fauteuil en face de Raven, Lexa glissa sa main dans la petite fente de la couveuse pour toucher doucement la main du petit Xander. Depuis la soirée de la veille, le cœur de l'ancienne joueuse battait à 500 kilomètres heures. Elle avait besoin de se calmer pour organiser sa pensée et trouver ce qu'elle allait pouvoir dire à Clarke lors de leur rendez-vous. Venir voir le fils Reyes s'était avéré la seule idée qu'elle avait trouvé pour essayer de ralentir son rythme cardiaque.

- Pas que je ne sois pas heureuse de te voir, mais tu ne m'avais pas dit que tu passerais, commença Raven.

- Décision de dernière minute, répondit Lexa en relevant la tête vers son amie. Comment il va ?

- Bien, sourit la jeune maman. D'ici peu je pourrais enfin le prendre dans mes bras.

- Tu tiens le coup ?

Raven rapprocha sa chaise pour être plus près de son enfant. Elle posa sa main sur le haut de la couveuse en verre et se mit à sourire.

- Il est en bonne santé. Et bientôt, il sera à la maison. C'est le plus important.

Lexa sourit à son tour. Octavia et Raven allaient être des mères formidables. Elle n'en doutait pas une seconde. Alexander allait être aimé inconditionnellement. Elle comptait bien faire partie des personnes qui allaient beaucoup trop le gâter. La brune s'était déjà posé la question de la maternité plusieurs fois. Costia ne voulait pas d'enfant. Lexa ne sachant pas vraiment ce qu'elle désirait avait acceptée. Maintenant qu'elles n'étaient plus ensemble, la jeune femme ne savait plus vraiment quel était son point de vue sur la question. Mais, être la tata cool du petit garçon de sa meilleure amie était un rôle qu'elle accepterait avec joie.

- Tu sais que tu m'en dois une ? demanda Raven en se réinstallant au fond de son fauteuil.

- Pardon ?

- Je laisse ma femme sortir avec toi, et je me retrouve à deux heures du matin en train de tenir ses cheveux pendant qu'elle vide son estomac dans nos toilettes.

- Parce que tu crois que je peux contrôler O' ? rigola Lexa. Elle n'a jamais eu besoin de moi pour s'attirer des problèmes. Qu'est-ce que tu lui réserves pour la faire payer ? Laisse tomber, je ne veux pas savoir !

- Ne t'inquiète pas. Se réveiller avec la gueule de bois et devoir supporter ma mère en même temps c'est la pire des tortures possible. Elle va le regretter d'elle-même.

- Si horrible que ça ? demanda Lexa.

- Yep, souffla Raven. D'ailleurs, je vais profiter que tu sois là pour tenir compagnie à mon bébé, pour prendre un peu d'avance et partir à la recherche de je ne sais quelle épice indispensable pour ce qu'elle veut préparer ce soir. O' ne devrait pas tarder, c'est l'histoire d'une demi-heure max. S'il te plait, demanda Raven en ramassant déjà ses affaires.

- File ! Mais sache que je compte bien faire écouter à Xander foot+. Ne te plains pas s'il devient accro.

- Entre sa mère et toi, je crois j'ai déjà perdu la bataille.

Lexa sourit. Elle n'avait pas tort, Xander était perdu d'avance. Raven lui fit un signe de main avant de quitter la chambre. La brune se réinstalla près du bébé et le contempla à travers la vitre. Elle avait fait le bon choix. Elle se sentait déjà plus calme. Ses pensées ne se bousculaient plus dans son esprit. Elle pouvait commencer à réfléchir à la situation et à ce qu'elle comptait faire ce soir.

La veille, elle avait fait preuve de beaucoup de confiance en affrontant Clarke. Elle avait pensé chacun des mots qu'elle avait prononcé, cependant, ce n'était pas si simple. Ses sentiments étaient assez confus. La seule chose dont elle était certaine, c'est qu'elle avait besoin d'être avec Clarke. Elle ne pouvait se contenter d'être avec elle physiquement, elle avait besoin d'une certaine relation. Pourtant, elle ne pensait pas être prête pour une nouvelle relation sérieuse, elle venait tout juste de divorcer. Elle devait y aller doucement. Ses émotions étaient complètement paradoxales. Celles de Clarke paraissaient encore plus mélangées. Elles devaient trouver une solution pour pouvoir être ensemble tout en respectant leur besoin mutuel. Lexa devait trouver un moyen de mettre la blonde à l'aise. Cela commençait par un bon moment passé ensemble, et s'enchaîner par une véritable discussion. C'était loin d'être excitant comme leur séance dans les toilettes du bar, mais c'était nécessaire. Il n'y avait aucun doute sur leur attirance physique, mais elles devaient trouver le moyen d'être sur la même longueur d'ondes émotionnellement.

- Lex ? Qu'est-ce que tu fais ici, grogna Octavia en rentrant dans la chambre.

Lexa releva la tête. Perdu dans ses pensées, elle n'avait pas vu le temps passer.

- Je suis passée voir le plus beau bébé du monde.

- Et où est ma femme ?

- Partie faire des courses pour ta belle-mère.

- Ne parle pas du monstre, lâcha O' en se jetant sur le fauteuil libre.

Octavia se passa la main sur le visage espérant pouvoir calmer son mal de tête en se massant les tempes. Hier soir avait clairement été une mauvaise idée.

- Tu vas bien ?

- Eh… Disons que mes jours de fac sont loin. Le contre coup est plus dur à gérer, souffla le vice-principal.

- Dès fois je regrette de ne pas avoir été à la fac, puis je me rappelle que j'ai économisé pas mal d'argent sans avoir de gueule de bois constante, rigola le coach.

La jeune maman se releva un peu, et sans quitter du regard son bébé endormi, changea de sujet.

- Et sinon… Tu me racontes ce qu'il s'est passé hier soir entre toi et une certaine blonde ?

- J'avais espéré que tu ne t'en souviendrais plus, avoua Lexa.

- Tu rigoles ? J'ai surpris ma meilleure amie à deux doigts de se faire Lexa Woods dans les toilettes. Comment tu veux que j'oublie ça ?

- On n'était pas sur le point…

- D'ailleurs, la coupa O', je pensais que ce serait toi la dominante, comment Clarke t'as coincé sur le lavabo ?

Lexa ouvrit la bouche mais la referma aussitôt. Son amie ne put retenir son rire en voyant le regard de l'ancienne joueuse se décomposer sous la honte.

- Alors, tu accouches ? Je veux tout savoir !

- Il n'y a pas grand-chose à raconter.

- Tu te fous de moi là ? On parle de toi et Clarke. L'histoire dure depuis plus de 10 ans, ça fait beaucoup à raconter.

- Je t'assure que non, continua de nier Lex.

- Et si tu commençais par comment tu t'es retrouvée coller à notre jolie blonde préférée, et ce qu'il s'est passé une fois que tu l'as raccompagné chez elle.

Le coach souffla. Parler avec quelqu'un qui les connaissait, elle et Clarke, depuis si longtemps n'était pas une mauvaise idée. Lexa avait besoin d'y voir plus clair, O' pouvait apporter ce recul dont elle manquait.

- Je… Elle était jalouse de Luna. Je n'avais jamais vu ce côté de sa personnalité. J'ai.. J'ai essayé de garder mes distances, mais… Je suis faible.

- Crois-moi, je connais Clarke mieux que personne, tu n'avais aucune chance, rigola Octavia.

- On n'a pas couché ensemble. Je ne sais pas comment j'ai trouvé la force, mais je l'ai juste raccompagné chez elle.

- Pourquoi ? Tu es folle d'elle depuis tellement longtemps, pourquoi tu n'en as pas profité ?

- Parce que je ne veux pas simplement coucher avec elle. Quand je suis avec Clarke, j'ai l'impression qu'il n'y a rien d'autre qui compte. Je ne veux pas l'avoir qu'une nuit.

- Ok. Tu lui as dit ?

- Oui.

- Et, elle fait ça têtue ? Je te jure, une vraie tête de mule celle-là.

- Elle ne veut pas d'une relation. Je ne sais pas ce qui nous reste.

- Je regrette déjà de le proposer mais… amitié améliorée ?

- Meilleur moyen que je finisse avec le cœur brisé, rigola Lexa.

La nouvelle maman resta un instant silencieuse. Elle réfléchissait. L'histoire entre ses deux amies étaient ridicules. Clarke était ridicule. Tout le monde pouvait voir qu'elles étaient faites pour être ensemble. Tout le monde, sauf elles.

- Je l'ai invité ce soir.

- Un rencard ? Bien joué. Dis-moi qu'elle a dit oui !

- Je n'en sais rien. Je ne lui ai pas laissé le temps de répondre. On verra bien si elle vient.

- Et, tu es en train de paniquer ? demanda O' en voyant la nervosité de l'ancienne joueuse.

- Je me sens un peu coincée.

- Il faut que tu arrêtes. C'est ça la solution. Il faut que toi et Clarke arrêtiez de vous poser autant de questions. Vous sautez les étapes parce que vous vous connaissez depuis si longtemps, mais vous avez oublié l'étape la plus importante, et la plus drôle…

- Je ne vois pas où tu veux en venir.

- La drague. Les sorties. Les restos. L'attente sexuelle. Vous avez oublié que vous n'aviez pas à être ensemble du jour au lendemain. Toute relation commence ou se termine par la phase de drague et de découverte.

Devant le regard d'incompréhension de Lexa, Octavia leva les yeux au ciel. Décidément, elle devait vraiment changer d'amie.

- Toi et Clarke devez apprendre à vous connaître, vous séduire et vous découvrir.

- On se connait depuis l'adolescence.

- Non, justement, tu ne connais pas la Clarke d'aujourd'hui, et elle ne te connait pas. Vous n'êtes plus les mêmes personnes. Et, vous n'êtes jamais sortis ensemble.

Lexa se mordit la lèvre. Octavia avait raison. La solution était simple. Elles devaient arrêter de chercher des réponses en sautant les étapes. Et tout commençait ce soir. O' remarqua le changement d'expression sur le visage de son amie. Elle venait d'avoir une idée.

- Pas la peine de me remercier, rigola la jeune femme. Conseiller le gens, c'est mon métier après tout.

/

Octavia fut surprise de retrouver un appartement calme. Depuis que sa belle-mère leur rendait visite, il y avait en permanence des plaintes et des disputes. Le salon était vide et aucune odeur d'un énième plat mexicain émanait de la cuisine. C'était bizarre.

- Raven ? appela la nouvelle maman.

- Dans notre chambre, répondit son épouse.

Octavia s'inquiète automatiquement. Ce n'était pas dans les habitudes de sa femme de faire des siestes au milieu de la journée. Elle se dépêcha de la rejoindre.

- Tu vas…

La fin de sa phrase ne sortit jamais de sa bouche. La scène à laquelle elle était en train d'assister venait de lui faire perdre ses mots. Raven était assise sur le bord de leur lit, complètement nue. Octavia se concentra et essaya d'avaler sa salive pour avoir assez de force pour articuler une phrase cohérente.

- Qu'est-ce que –

Une fois encore, elle ne put terminer sa phrase. Raven se leva et s'avança vers elle, le sourire aux lèvres. Elle passa ses bras autour du cou de sa compagne et l'embrassa tendrement du bout des lèvres. O' resta parfaitement immobile malgré la tentation. Elle usa de toute sa volonté pour ne pas attraper sa femme et la jeter sur leur lit pour lui faire l'amour passionnément. L'envie ne manquait pas, mais Raven sortait tout juste d'une opération et d'une grossesse à complication.

La jeune femme ne semblait pas s'en soucier alors qu'elle commençait à déshabiller doucement sa femme.

- Rae… Tu es encore en convalescence.

- Je sais.

- Et, ta mère…

- Est de surveillance bébé, j'irai la chercher juste avant le repas. D'ailleurs, ce soir c'est pizza, souffla sa partenaire dans son cou.

- Rae, le docteur ne t'as pas encore donné le feu vert.

- Ne t'inquiète pas, bien que tu sois incroyablement excitante, je ne suis pas encore dans le bon état d'esprit pour ce genre d'activité.

- Alors pourquoi tu es en train de me déshabiller ? rigola Octavia.

- Parce que tu as besoin de te détendre. Et, que j'ai envie de passer du temps seule avec ma femme dans le bain que je viens de faire couler. Juste toi et moi, et aucune belle-mère démonique.

Octavia sourit. C'était exactement ce dont elle avait besoin. Quand sa femme termina de lui retirer ses vêtements, elle lui prit la main et la conduit jusqu'a leur salle de bain. Raven avait allumé plusieurs bougies et fait mousser leur baignoire. Octavia s'approcha pour tester l'eau mais son épouse passa devant elle.

- C'est moi qui passe derrière, se contenta-t-elle de dire en entrant la première pour se caler contre la paroi.

- Je vais t'appuyer sur le ventre…

- Je ne suis pas en sucre. Et si j'ai mal je te le dirai. Maintenant, viens que je puisse serrer dans mes bras la meilleure épouse au monde.

O' leva les yeux au ciel. Elle savait la bataille perdue d'avance. Quand Raven avait une idée en tête, rien ne la faisait changer d'avis. Malgré tout, Octavia fit attention à ne pas mettre trop de poids contre sa femme, mais Raven râla. Et après avoir passé ses bras autour d'elle la tira pour qu'elle s'allonge entièrement contre elle.

- Tu es sûre que ça va ?

- Comment ça ne pourrait ne pas aller. J'ai la plus belle femme de la planète nue contre moi, rigola Raven.

- Tu sais que maintenant qu'on est mariées, tu n'es plus besoin d'essayer de me séduire.

- Je n'y peux rien. Tu fais ressortir mon côté niais. Et, je ne jouerais pas mon rôle d'épouse convenablement si je ne te répétais pas au moins une fois par jour à quel point je te trouve jolie et à quel point je suis chanceuse de partager ta vie.

- Tu pourrais le rappeler à ta mère ? essaya de blaguer O'. Parce qu'elle a un autre avis sur la question.

- Je sais. Je suis désolée. Je te promets que je la renvoie dans le premier avion si elle ose répéter que tu n'es pas l'épouse dont j'avais besoin, s'excusa Raven en l'embrassant doucement derrière l'oreille.

- Ne rentre pas en conflit avec ta mère pour moi. J'ai la peau plus épaisse qu'elle le croit. Et tant que toi, tu n'as pas de doute sur moi, tout va bien.

- T'épouser reste la meilleure décision que j'ai prise.

Octavia tourna légèrement la tête pour l'embrasser rapidement avant de se lover un peu plus contre elle. C'était exactement ce dont elle avait besoin. Un moment calme dans les bras de la femme qu'elle aimait.

- J'ai passé une bonne heure à admirer notre bébé, commença O', et même avec ses branchements, il te ressemble déjà beaucoup. Ça va être un véritable casanova.

- Il sera parfait. Il est déjà parfait. Tu as vu ses petites mains ?

- Il a pris mon doigt tout à l'heure. Il est tellement petit, souffla Octavia.

- J'ai hâte qu'il rentre avec nous.

- D'ailleurs, ta mère a raison sur un truc… Il va falloir penser à faire sa chambre.

- Ouais ! Mais pas tout de suite. Pour l'instant, je veux que tu arrêtes de réfléchir et que tu te détendes.

Octavia n'était pas sûre à 100 % d'être l'épouse parfaite, peut-être qu'Annie Reyes avait raison. Mais elle était absolument, complétement, irrévocablement certaine, que Raven était la campagne idéale. Et, avec elle a ses côtés, elle avait moins peur de commencer son nouveau rôle de mère.

/

Assise sur le canapé, Clarke cherchait sans véritable motivation quelques choses à regarder sur netflix pour arrêter de regarder l'heure passer. Il ne lui restait que très peu de temps pour rejoindre Lexa. Malgré l'envie et l'hésitation, elle avait fait son choix. Elle pouvait se passer de sexe. Elle pouvait restreindre la tension entre les deux jeunes femmes. Elle ne pouvait se passer de la présence de la brune dans sa vie. Le risque de la perdre était trop important.

Sans y prêter attention, elle entendit sa mère rentrer du travail et monter dans sa chambre poser ses affaires. Abby redescendit aussitôt surprise. En allant voir le petit Reyes plus tôt dans la journée, Octavia lui avait parlé, toute joyeuse, de la proposition de Lexa. Ceci lui avait tout de suite donné le sourire. Les deux jeunes femmes, aussi têtue soient-elles, allaient bien ensemble. Lexa était la personne dont Clarke avait besoin pour surmonter le barrage qui s'était créé au fil de sa vie. Le docteur s'était persuadée que cela ferait plaisir à Clarke de passer du temps avec l'ancienne joueuse. Alors pourquoi était-elle sur le canapé, toujours en pyjama à moins d'une heure du rendez-vous ?

- Tu ne devrais pas être en train de finir de te préparer, demanda Abby en s'installant à côté de sa vie.

- Me préparer ? On avait prévu quelques choses ?

- Moi non, mais Lexa va t'attendre si tu ne de dépêches pas.

- Comment tu es au courant ? Laisse tomber, je ne veux même pas savoir.

Abby rigola. Sa fille allait avoir une discussion avec sa meilleure amie, et le docteur sentait qu'Octavia risquait de passer un mauvais quart d'heure.

- Alors, pourquoi tu n'es pas encore prête ? A part si tu comptes y aller comme ça ? Je suis sûre que Lexa s'en fiche de toute manière. Elle te regarde comme-ci tu étais la huitième merveille du monde.

- Maman…

- Quoi ? C'est vrai. Cela me rappelle des souvenirs. Ton père me regardait comme ça au début de notre relation.

- Il n'a jamais arrêté, souffla Clarke. S'en était presque dégoutant.

- Oh, pardon jeune fille ! ça doit être dur d'avoir deux parents toujours follement amoureux l'un de l'autre, rigola Abby.

- Des fois je crois que c'est à cause de vous deux que je foire toutes mes relations, plaisanta Clarke. L'image que vous avez construit dans ma tête est un idéal impossible à attendre.

Abby passe un bras autour des épaules de sa fille.

- Je crois surtout que c'est à cause de moi. J'aurais dû te montrer mieux à quel point je t'aime. Peut-être que cela t'aurait empêcher d'avoir cette idée absurde que tu n'es pas assez bien, ou que tu ne mérites pas d'être aimé, si j'avais été plus présente pour toi.

- Maman…

- Et, je sais que je ne suis pas la seule responsable. Tes histoires passées te font peur, et c'est compréhensible mais… Aucune de ses personnes étaient Lexa.

Clarke laissa tomber sa tête contre l'épaule de sa mère.

- Toutes les personnes qui vous connaissent vous ont vu tomber doucement amoureuse l'une de l'autre, continua le docteur. Et oui, c'était il y a plus de 10 ans, mais ça compte. Je n'ai pas été assez présente pour le remarquer mais O' et Raven me l'ont confirmé, elles ne t'ont jamais vu aussi bien avec quelqu'un d'autre.

- Lexa est à l'aise avec tout le monde maintenant.

- Peut-être.

- Et, j'ai toujours été très sociable, continua Clarke.

- C'est vrai.

- Tes arguments ne tiennent donc pas la route.

- Clarke… Le seul argument qui compte, c'est qu'on parle de Lexa et que tu as peur. Mais que tu as tout autant envie d'essayer qu'elle.

- Comment tu peux en être si sûre ?

- Je suis ta mère. Je sens ses choses-là.

- Et, si je foire tout et que ça devient bizarre ? Si elle repart je ne sais où pour m'éviter ?

- Et, si tu ne foire pas tout et tu es heureuse avec elle ? proposa Abby.

Clarke grogna. Abby avait raison. Madi avait raison. Et... Lexa aussi. Lexa. Lexa. Lexa. Elle n'avait que ce nom en tête. Et, malgré toutes ses craintes, elle devait agir. Sauter le pas. Arrêter de se cacher.

- Je devrais peut-être aller me changer alors ? sourit la blonde.

- Je pense que ce n'est pas une mauvaise idée !

Avec le peu de temps qui lui restait Clarke alla à l'essentiel. Elle se doucha rapidement, arrangea ses cheveux et après une très légère touche de maquillage autour de ses yeux, enfila l'un de ses jeans préférés et un t-shirt blanc qui mettait en valeur son décolleté, avant de descendre attraper son manteau et son écharpe.

Lexa était assise sur le banc en face de sa péniche. Clarke n'eut pas de mal à la trouver. Elle semblait stressée et ne cessait de regarder sa montre pour être sûre de l'heure. Clarke était légèrement en retard, mais pas assez pour qu'elle commence à ne plus y croire.

La blonde souffla un bon coup. Venir ce soir était le premier pas vers sa convalescence. Elle en était capable.

Lexa sursauta légèrement en sentant la blonde s'asseoir à côté d'elle. Elle ne put s'empêcher de sourire timidement. Elle n'était pas sûr que Clarke viendrait, mais elle était heureuse que ce soit finalement le cas.

- Je ne peux rien te promettre, commença l'artiste. Mais, tu as raison, tu mérites au moins une chance.

- C'est tout ce que je demande, sourit Lexa.

- Quel est le programme Woods ? Parce que je te préviens, j'ai beaucoup d'attentes pour ce premier rendez-vous.

- Je vois. En même temps, le dernier que nous avons eu était catastrophique, donc je comprends, plaisanta Lexa.

- Tu parles de celui où tu m'as posé un lapin ? rigola à son tour Clarke.

- Ne t'inquiète pas. Ce soir, j'ai prévu de te divertir comme le veut la tradition. Si ça te va je pensais qu'on pourrait commencer par un pique-nique ? J'ai l'endroit idéal en tête.

- Tu comptes me raccompagner et m'embrasser sous le porche de ma maison aussi ?

Lexa sourit nerveusement. Elle s'attendait à ce que Clarke ne soit pas à l'aise, hésitante, mais c'était tout le contraire. Elle retrouvait la Clarke, forte et confiante qu'elle connaissait.

- Si tout se passe bien, murmura la brune.

- Qu'est-ce qu'on attend, alors ?

C'est en marchant que la brune la conduisit jusqu'au point qu'elle avait choisi. Clarke devina avant leur arrivée où son amie était en train de les mener. C'était l'endroit préféré de Lexa à Polis. Le terrain de foot. Pourtant, la blonde fut surprise d'y trouver une couverture au milieu du rond central. Un panier en osier et plusieurs plaid était posé dessus.

- Manger en extérieur en décembre, tu prends des risques, fit remarquer Clarke.

- J'ai plein de plaid, de la soupe chaude et trois litres de café. On devrait s'en sortir.

- Si on meurt d'une pneumonie, je te préviens je reviendrais te hanter.

- Et, en quoi c'est un problème ? J'aime passer du temps avec toi de toute façon, murmura la brune.

Les deux femmes s'installèrent au sol. La brune attrapa l'une des couettes qu'elle avait apportées et la passa autour des épaules de sa partenaire.

- Gérable ? demanda le coach inquiète à cause de la température.

- Ne t'inquiète pas ça ira, répondit Clarke. C'est la nostalgie qui t'a décidé à venir manger ici ?

- Je cherchais un endroit public et en même temps vu qu'on a beaucoup de chose à se dire, je ne voulais pas être dans un restaurant où il y a plein de monde. Et puis… La dernière fois tu m'as demandé ce que l'on ressentait quand on réalise ses rêves. Je me suis dit que le meilleur moyen de te le faire comprendre c'était de revenir où tout a commencé.

- Sans oublier que c'est sur ces gradins qu'on s'est rencontrée, ajouta Clarke.

- Parle pour toi ! C'est ici que tu m'as adressé la parole pour la première fois, mais la première fois que je t'ai vu c'était à la cafétéria. J'ai renversé mon plateau à cause de ton sourire. C'était la première fois que je me ridiculisais en ta présence, fit remarquer la brune.

- Si ça peut te rassurer, je ne t'ai pas vu ce jour-là.

- Malheureusement, l'histoire c'est répété beaucoup trop souvent, rigola Lexa.

- Je trouvais ça plutôt mignon, avoua Clarke.

Bon… Elle n'avait peut-être pas tout loupé étant adolescente. La brune attrapa le panier et sortie deux petits thermos.

- Soupe maison pour se réchauffer, et il y a des sandwichs pour se caler.

- Elle sent super bon ! C'est toi qui l'as faîte ?

- Si je dois être honnête… non. Je suis capable de brûler une soupe. C'est déjà arrivé.

Clarke sourit avant de porter ses lèvres au bord du récipient. Cela faisait du bien.

- J'ai demandé à Raven si sa mère ne pouvait pas nous confectionner un petit panier. Elle était ravie de l'occuper quelques heures.

- Octavia est au bord de la crise de nerf, ajouta la blonde.

- Yep. Mais, elle continue de donner de bons conseils malgré tout.

- Ah bon ? demanda Clarke. Et, qu'est-ce que ma meilleure amie avait à dire sur nous ?

- Elle ne pense pas que ce que tu veux et ce que je veux sois véritablement le problème. Elle pense qu'on se complique la vie en sautant des étapes et qu'on devrait arrêter de réfléchir et apprendre à connaître les personnes que nous sommes aujourd'hui.

- Et tu en penses quoi ? demanda la blonde.

- Je ne suis plus cette ado qui n'a aucune confiance en elle et qui poursuit un rêve irréalisable. Je ne suis plus celle qui n'a jamais osé t'embrasser et qui a paniqué quand les possibilités se sont ouvertes à elle. Je ne suis plus celle qui t'a posé un lapin ce jour-là. Tu ne connais pas cette personne encore. Et, je ne connais pas la femme que tu es devenue non plus. Donc, O' a raison. Avant de parler de ce que l'on pourrait être, on devrait s'assurer que c'est bien ce que l'on veut.

Clarke hocha la tête. C'était une réflexion censée. Même si elle savait qu'il n'existait aucune version de Lexa qu'elle ne pourrait pas apprécier, elle trouvait l'idée intéressante. Cela l'empêchait de prendre une décision drastique dès ce soir. Elle pouvait continuer de profiter de la présence de son amie, de son attention et de ses baisers plus longtemps avant de devoir y mettre un terme si les choses commençaient à tourner mal.

- Tu es sûre que c'est O' qui t'a conseillé ? essaya de plaisanter le professeur.

- Tu connais le jeu, deux mensonges et une vérité ? demanda Lexa. On y jouait souvent avec mes coéquipières dans le bus. C'était un moyen fun d'apprendre des histories insolites les unes sur les autres. Ça peut être un début, nous aider à nous lancer ?

- Je commence alors !

L'ainée Griffin se releva un peu et se mit à réfléchir. Elle devait choisir une vérité à la fois amusante et qui dresser une facette de sa personnalité que Lexa ne connaissait pas.

- Ok. Alors, une fois avec Raven on est restée enfermée toute une nuit dans le bâtiment d'art plastique de la fac et on a fini par repeindre, sans autorisation, l'une des salles.

- Comment vous êtes restées coincées ? demanda Lex'

- Je devais finir un devoir et Raven s'ennuyait, on s'est caché du vigile avant qu'il ferme tout. On n'a pas vraiment réfléchi à comment on sortirait.

- Et Raven n'a pas réussi à ouvrir l'une des portes ?

- Nop… Ok, il y a deux ans, je me suis cassée le pouces gauches, et vu que je suis têtue et que je ne peux me passer de dessiner, j'ai tout réappris de la main droite.

- Ça me parait possible, tu es assez têtue quand tu t'y mets, fit remarquer Lexa.

- Et, je connais toutes les lignes du film Mamma Mia…

- Hum… J'ai envie de croire que les deux dernières peuvent être vraies. Je t'imagine très bien en train de dessiner devant Amanda Seyfried en chantant du ABBA. Mais, on va dire… l'histoire numéro 2 ?

- Loupé, sourit Clarke. Ma main droite est inutile… Avec Raven on a passé une bonne soirée par contre ! C'était lors de notre première année. Je ne savais pas encore que Rae était capable de forcer la serrure sans difficulté.

- Pourquoi elle ne l'a pas fait ?

- Qui sait pourquoi Rae est Rae ? rigola Clarke. On passait un bon moment, elle ne voulait pas rentrer.

- Est-ce que…

Lexa hésita à demander. Elle n'était pas sûre de vouloir connaître la réponse.

- Est-ce que Raven et toi vous…

- Oh mon dieu. Non. Non. Non.

Clarke se secoua de dégoût rien que d'y penser.

- Comment tu peux croire ça ?

- Vous êtes toutes les deux belles, vous avez partagé la même chambre et vous aimez toutes les deux les filles…

- Ok, je vois… Mais non. Rae… Ce n'est pas vraiment mon style. Et, je ne suis pas le sien. C'est comme ma sœur. Et puis, elle a rencontré O' très vite, et là c'était perdu d'avance pour toute autre personne. Un vrai coup de foudre leur histoire.

- Je n'arrive toujours pas à croire que quelqu'un est réussi à dompter Octavia.

- Allez, à toi ! lâcha Clarke impatiente.

- Ok. Voyons voir… Je n'ai pas honte de dire que Kayne West est mon rappeur préféré.

- Même avec ses opinions politiques et son nouveau meilleur ami ? s'offusqua Clarke.

- Je juge que ça musique, pas sa vie… Deuxième option : pour notre bizutage, Mallory Pught et moi on a dû s'introduire dans un strip-club et faire un petit show.

- Si c'est vrai, tu dois me montrer ce dont tu es capable, se dépêcha de demander la blonde.

- Et, la première fois que j'ai rencontré le président Obama, j'étais si hypnotisé par sa femme que j'ai oublié de lui serrer la main.

- Un classique Lexa ! s'exclama Clarke. Mais si c'était vrai, on en aurait entendu parler sur tous les médias. Donc malheureusement je vais devoir choisir l'option 1.

Lexa essaya de rester sérieux un instant. Elle se retenait de rire pour faire croire à la blonde qu'elle la connaissait peut-être plus que prévu. Mais, elle ne put se retenir.

- Tu rigoles ? Personne n'est au niveau d'Eminem. Je hais West.

- Ça ne peut pas être l'histoire Obama. Je serai déjà au courant…

Devant le regard gêné de la brune Clarke ouvrit la bouche ébahie.

- Tu t'es introduit dans un strip-club ? Comment ? Pourquoi ? Et, quand est-ce que je peux voir ton spectacle ? demanda la blonde.

- Bizutage lors de mon premier stage avec l'équipe nationale. Mallory et moi avons été défié par les anciennes. On n'avait pas trop le choix. Et après beaucoup de courage liquide, on s'est lancé. Ça a été plus compliqué que prévu, on n'avait pas encore 21 ans…

- Je n'aurais jamais cru…

- C'était pas le moment le plus agréable de ma carrière, rigola Lexa. Mais, au moins ça m'a rapproché de certaines joueuses, en commençant par Mallory.

- Est-ce que toi et elle, vous avez …, demanda à son tour Clarke.

- Heu… ouais. C'est arrivé, mais c'était il y a longtemps. Avant que je rencontre Costia et qu'elle sorte avec son fiancé actuel.

- Il y a eu d'autres championnes du monde ?

- Tu veux vraiment savoir ? demanda Lex surprise.

- Tu connais pas mal de mes ex, je trouve ça normal d'en savoir un peu plus sur les tiennes.

- Quelques-unes, mais rien d'important à par Costia. A ton tour…

La blonde chassa l'image de Lexa avec les autres joueuses de sa tête pour se concentrer.

- Tu n'es pas obligé. On peut arrêter si tu veux, proposa Lexa.

- J'ai juste du mal à trouver quelques choses de léger à partager.

- Et si tu te contentais de me parler de quelques choses qui te tient à cœur.

Elle n'avait plus vraiment envie de rigoler. Elle voulait parler franchement de ce qui avait pu lui faire plaisir ou lui peser toutes ses années. C'était peut-être un peu tôt pour parler de l'absence de son amie et de ce qu'elle avait vraiment ressenti.

- Tu t'es déjà sentie piégé dans ta propre vie ? finit-elle par demander.

- Oui, répondit franchement Lexa. Bien que j'adore le foot, et que je ne regrette rien, mais… C'est beaucoup de sacrifice. Je me suis sentie obligée plus d'une fois.

- Après la mort de mon père, il y avait des soirées où j'avais l'impression d'étouffer. Et, le pire c'est que je ne pouvais ni me plaindre, ni changer la tendance. Ma mère n'était plus là et Madi ne comprenait pas ce qui était en train de se passer.

- La sensation est passée ?

- Ça va mieux, grâce à la routine qui s'est installée et parce que Madi a grandi. Mais certains soirs, quand je fais le bilan, j'ai l'impression que ce n'est pas la mort de mon père et le reste qui m'emprisonnent mais juste mes propres émotions.

Lexa lui prit le thermos des mains et le reposa dans le panier. Elle s'approcha un peu et passa son bras autour des épaules de la jeune femme.

- Tu en as déjà parlé à quelqu'un ?

- Un psy tu veux dire ? Ouais, juste après l'enterrement. Mais ça n'a pas beaucoup aidé. O' et Raven pensent que j'ai juste un problème de lâcher prise. Peut-être qu'elles ont raison après tout.

La brune ne savait que répondre. Elle se contenta de resserrer son étreinte autour de la blonde. Clarke laissa retomber sa tête contre la poitrine de son amie.

- Puisqu'on est presque sur le sujet… J'ai quelque chose à t'avouer.

Lexa se redressa pour la regarder dans les yeux.

- Je n'avais aucun empêchement le jour de l'enterrement. Je n'avais juste pas le courage de venir tous vous affronter.

- Ce n'est pas grave, murmura Clarke.

- Si Clarke ! Ton père m'a ouvert tellement de porte. J'aurai dû être là pour toi et ta famille, comme il a été là pour la mienne. Je suis désolée.

- Lex, sérieusement, je comprends. J'ai failli ne pas y aller. Je ne pensais pas en avoir la force. D'ailleurs, je n'y suis pas allée pour lui dire au revoir, mais pour aider Madi et ma mère à le faire.

- Je…

Un petit craquement se fit entendre juste derrière elle, avant que l'air soit beaucoup plus humide soudainement. Surprise par le jet d'eau qui venait de la tremper, Lexa se leva d'un bon. L'arrosage automatique de la pelouse commençait à arroser dans tous les sens. Elle attrapa la main de Clarke et se mit à courir le plus vite possible hors de sa portée.

- Merde, j'ai complètement oublié. Je suis trempée, râla Lexa en retirant sa veste.

- Je sais, je fais toujours cet effet, rigola Clarke qui avait eu de la chance.

- Ahah… Très drôle. Je suis désolée Clarke, je…

- Ne t'inquiète pas. Je n'ai rien. Tu as tout pris en essayant de me protéger. Merci.

Il en fallait toujours très peu pour changer l'ambiance générale d'un rendez-vous. Lexa était assez soulagée du changement soudain apporté par le problème de la pelouse. Elle aimait discuter avec Clarke mais elle ne voulait pas l'effrayer en parlant de choses trop sérieuses si rapidement.

- Bon, le pique-nique était clairement un échec. J'ai une meilleure idée.

- Tu peux être plus précise ?

- Tu me fais confiance ?

- Même pas un petit indice ? demanda Clarke.

- Si on lâchait prise ? répondit Lexa un sourire de fierté sur le visage.

En décidant de venir ce soir, Clarke n'aurait pas cru se retrouver derrière le volant d'un kart, un casque de protection sur le visage, prête à parcourir un circuit à toute vitesse.

Et pourtant… Lexa avait décidé de complètement métamorphoser son plan original pour repartir sur une base plus légère et permettre à la blonde de se détendre. Elle avait fait le bon choix. Le visage de Clarke rayonnait de joie en se plaçant sur la ligne de départ.

- C'est parti, cria la jeune femme avant d'appuyer sur l'accélérateur.

Lexa avait raison. C'était libérateur. Sa vision était légèrement brouillée par la vitesse, mais tous ses autres sens étaient en alerte. Son esprit se libéra pour que le reste de son être puisse ressentir ce qu'elle était en train de vivre. Son corps entier vibrait.

En sortant du véhicule, Clarke sauta dans les bras de la brune pour la remercier. Elle se sentait si légère qu'elle n'avait plus l'impression de toucher le sol. C'était une forme d'adrénaline qu'elle n'avait jamais ressentie auparavant.

Lexa referma ses bras autour de son dos et la soutient en l'air quelques secondes. Elle finit par la poser au sol sans pour autant se séparer d'elle. C'était toujours si dur pour la brune de prendre ses distances.

- Merci, chuchota le professeur.

- Tu as apprécié ?

Clarke hocha la tête avant de l'enfouir dans le cou de la brune. Elle avait beau être collé à sa partenaire, elle avait besoin d'encore plus de proximité.

- Il se fait tard, murmura Lexa. Je te raccompagne ?

Elles restèrent silencieuses sur le trajet du retour. Lexa avait posé sa main sur celle de sa partenaire et c'était suffisant. Pour l'instant, elles n'avaient pas besoin de plus. C'était un silence rassurant, loin de les mettre mal à l'aise. Au contraire, Clarke le chérissait. Pendant une quinzaine de minute, cette voiture était devenue leur havre de paix.

Quand Lexa se gara devant le manoir, Clarke ne voulait pas partir. Pas encore. Bien qu'elle ait passée un bon moment, elle ne savait toujours pas comment gérer leur relation. Lexa avait parlé de prendre leur temps pour réapprendre à se connaître, mais comment ?

- Loin de moins l'idée de ruiner le moment mais…

- Alors ne le fait pas, souffla Lexa.

- Qu'est-ce qu'on fait Lex… Concrètement, comment ton idée de réapprendre à se connaître marche ?

- Tu as déjà entendu parler de sortir ? rigola la brune.

- Sérieusement…

- Clarke… On verra. Lâcher prise, tu te rappelles ?

Lexa s'approcha d'elle. Elle remonta une mèche qui tombait devant ses yeux pour la replacer derrière son oreille.

- Est-ce que je peux t'embrasser ? demanda-t-elle doucement.

La brune était déjà très proche de son visage. Clarke n'avait pas la force de parler. Elle lui fit signe que oui, mais ne lui laissa pas le temps d'approcher. Sans plus attendre, elle se pencha sur les lèvres de la brune et pressa délicatement les siennes dessus. Lexa était ravie de l'initiative. Elle recula qu'un instant pour changer l'angle avant de continuer à embrasser délicatement le fruit de son désir. Les mains des deux jeunes femmes restèrent parfaitement à leur place. Aucune des deux ne céda à leur passion. C'était à peine si elles bougeaient réellement. Clarke n'avait jamais été embrassé avec autant de délicatesse et de douceur. A contre cœur, elle fut la première à y mettre fin. Elle ne voulait pas que le ton change, elle voulait garder ce baiser en souvenir comme celui le plus tendre qu'elle n'ait jamais reçu.

- Je t'inviterai bien à rentrer mais je suis une fille respectable, jamais le premier soir, rigola Clarke. Et puis, ma mère est à la maison.

- J'ai une péniche vide si jamais ça te tente un de ces jours.

- J'y penserai, lâcha Clarke en sortant de la voiture.

Lexa l'observa quitter son véhicule et descendre les marches qui menaient jusqu'à l'entrée. Elle attendit d'être sûr que son amie soit à l'intérieur avant de se réinstaller devant le volant.

- Lex'… Tu es fichue, lâcha-t-elle avant de démarrer.


Well Well Well ...

On se voit dès que possible :D