Bonjour à tous !

Bonne lecture ! Nop, je n'en dis pas plus, à vous de venir me dire ce que vous en pensez à la fin !


Aden n'était clairement pas à sa place. Il ne comprenait pas toute l'excitation autour d'une soirée danse dans le gymnase d'un lycée. La musique n'était pas terrible, les boissons qu'une pâle réplique des sodas habituels, et il y avait beaucoup trop d'adolescents portant une tenue ridicule se collant les uns aux autres. La soirée avait commencé atrocement par la légendaire séance photo, sa mère les avait bombardés, lui et Gaïa, malgré qu'ils n'aillent au bal qu'entre amis.

- On fait acte de présente, puis on va chez moi se faire une partie de Zelda ? proposa Gaïa.

- Yes ! Quelques danses que ma tante soit heureuse, puis on se tire de cet enfer.

- Il y en a au moins une de nous qui s'amuse, fit remarquer la jeune femme en montrant la piste de danse.

Les poings d'Aden se refermèrent sur eux-mêmes instinctivement. Madi était magnifique. Elle portait une robe bordeaux qui lui allait à la perfection ; bien qu'elle aurait pu venir en tenue de sport qu'elle aurait quand même été ravissante. Ilian aussi était particulièrement séduisant. Mais quand il passait ses mains autour de la taille de la jeune femme ou la faisait rire, Aden avait des envies de meurtre.

- Ne t'inquiète pas, ça ne va pas durer, ajouta Gaïa.

- Je ne vois pas en quoi ça me regarde de toute façon.

- C'est vrai… Mais, ne t'inquiète pas. Madi fera la lumière de la raison assez rapidement.

- Je croyais qu'Ilian était le petit ami parfait, se moqua Aden en reprenant les mots de son amie.

Gaïa leva les yeux au ciel. Pourquoi les garçons de leur âge n'arrivaient pas à comprendre les messages subliminaux. Aden avait retenue qu'une toute partie de la conversation à laquelle il faisait référence.

- Sur le papier, il l'est ! Mais, il est assez… ennuyant. Il ne parle que de sport, de nourriture saine et de « ce qui fera à la fac ». Pour l'instant ça ne dérange pas Madz car elle est tout aussi passionnée que lui. Mais, elle s'intéresse à tellement plus qu'ils vont bientôt ne plus avoir de sujet de discussion.

- Ce n'est pas vraiment leur sujet de discussion qui me dérange, avoua le garçon en voyant Madi passer ses mains dans les longs cheveux du nageur.

- Je ne peux pas faire des miracles non plus, rigola Gaïa. Ilian a un corps de rêve, normal qu'elle apprécie !

- Je te hais.

Aden finit son verre d'une traite avant de se retourner vers son amie et de la prendre par la main. Gaïa surprise, le questionna du regard tout en le suivant.

- Quitte à être ici, autant qu'on essaye de s'amuser un peu, lâcha Aden. Je te préviens, je danse plutôt bien.

- Tu ne te remettras pas de mon déhanché !

Lexa était adossée contre le mur derrière le bar. Sa mission : éviter tout incident ou tentative de corruption du punch. En réalité, elle en profitait pour regarder la salle et ses jeunes qui, un peu maladroitement, s'amusaient. Elle était assez fière de son neveu. Le jeune garçon, malgré ses réticences, était sur la piste avec la fille de son ancien coach et semblait s'amuser.

- Ils sont mignons, lâcha Clarke en s'approchant d'elle.

Le cœur de la joueuse s'accéléra en voyant la blonde pour la première fois de la soirée. Clarke portait une longue robe bleu nuit qui mettait toutes ses courbes en valeur sans pour autant trop en montrer. C'était la tenue parfaite pour être à la fois séduisante, sexy et responsable.

- Clarke… Tu es… Wahoo.

- Je prends ton manque d'éloquence pour un compliment, sourit la blonde. Tu t'en sors pas mal toi non plus !

Discrètement, Lexa s'approcha d'elle et entrelaça leurs doigts pendant une fraction de seconde. Depuis leur premier rendez-vous, les deux jeunes femmes s'étaient vues à plusieurs reprise, dans un cadre moins formel, pour discuter, manger, rire ensemble. Dès qu'elles n'étaient pas en public, leurs échanges se terminaient en séance très sexy sans pour autant qu'elles passent le pas. Et à chaque fois, cela les rendait un peu plus folles. Toutes les deux étaient plus que prêtes. Il y avait des soirées où Lexa ne pensait littéralement qu'à ça. Elle s'imaginait le corps de Clarke contre le sien, ses baisers dans son cou… L'envie était constante, et à la façon dont la blonde la regardait, elle aussi n'attendait plus que ça. Malheureusement, l'occasion ne s'était pas réellement présentée. Clarke avait plus de temps libre avec le retour de sa mère, mais elle avait décidé d'en profiter pour chercher un appartement. Lexa venait de finir la saison classique en étant première de l'état, mais ce qui comptait vraiment était les play off, le match pour les huitièmes de final était dans deux jours et la jeune femme avait doublé les entrainements et passait de longueurs heures à imaginer de nouvelle tactiques et combinaisons à essayer. Son travail avec Luna et Madi lui prenait aussi beaucoup de temps, mais pour rien au monde elle voulait arrêter. Les deux joueuses avaient tellement progressé en si peu de temps. Elle éprouvait un véritable plaisir à contribuer à leur succès.

- Je suis censée venir te délivrer de ton poste de surveillance. Tu peux aller danser, annonça Clarke.

- Hum… Malheureusement la seule personne avec qui j'aimerai danser doit rester ici…

- Tu peux toujours lui tenir compagnie si tu veux….

- Avec plaisir.

Clarke s'installa à côté d'elle, faisant exprès d'avoir une partie de son bras collé à celui de Lexa. Elles étaient censées être là en tant que deux professeurs chaperons, mais Clarke avait besoin d'un minimum de contact.

- Je laisse Octavia tranquille une demi-heure, puis c'est elle qui vient surveiller pendant que je te fais valser sur la piste, prévient la blonde.

Lexa releva la tête et comprit où voulait en venir son amie. O' et Raven étaient mélangées à la foule d'adolescents et dansaient ensemble, un grand sourire sur leurs visages.

- C'est leur première sortie ensemble depuis la naissance de bébé, fit remarquer Lexa. On devrait les laisser tranquille.

- Ok, souffla Clarke. Mais tu empêches Pike de se défiler. Dans une demi-heure, c'est à lui !

La brune ne put s'empêcher de sourire en voyant la détermination de son amie. Personne n'osait tenir tête au professeur Pike. Si Clarke était prête à le contrarier cela montrait à quel point elle voulait passer du temps à danser avec Lexa. On ne prenait pas le risque d'énerver Pike si ce n'était pas important.

- Tu as été avec qui à ton bal de promo ? demanda, curieuse, la coach.

- Je n'y suis pas allée.

- Ah bon ? Pourquoi ?

- J'avais hâte que l'année se termine. J'avais hâte de partir. Je n'ai pas vraiment apprécié cette dernière année. Malgré ce que l'on pouvait croire, je n'étais pas si bien que ça.

Lexa resta silencieuse. Elle ne voulait pas rendre l'ambiance pesante, mais elle avait quelques questions supplémentaires et elles s'étaient promises d'être honnête et de communiquer…

- Est-ce que… est-ce que mon départ à jouer un rôle dans tout ça.

Clarke ne voulait pas faire de la peine à Lexa. Mais, elle ne voulait ni mentir, ni atténuer ce qu'elle avait vécu. Aujourd'hui, elle avait trouvé un équilibre. Cela avait été difficile et tout avait commencé lors du départ de Lexa. Ce n'était pas une coïncidence.

- Lex'… Je ne savais pas à quel point je tenais à toi avant que tu partes. Certes, tu me plaisais et je trouvais sympa l'idée que, toi et moi, on sorte ensemble. Je n'avais pas réalisé la véritable envie que j'avais d'être avec toi. Quand tu as commencé à m'ignorer ou quand tu as fini par partir sans me dire au revoir… J'ai eu le cœur brisé sans même m'en rendre compte. Alors, oui… Tu as joué un rôle.

- Clarke, je…

- Mais ce n'était pas que à cause de toi. C'était un tout. Je ne savais pas encore qui j'étais vraiment. La petite fille rêvée de mes parents ? L'amie loyale ? La bonne élève ? Je ne me reconnais en rien dans toutes ses étiquettes que l'on me donnait. Et puis, même au sein de mes amis, où était ma place ? Le vrai trio infernal c'était O', Monty et Jasper, moi je suivais. Alors, j'ai fini par craquer. J'ai voulu montrer que je n'étais rien de tout ça. Je voulais montrer qui j'étais vraiment, souffla Clarke.

- Mais, ça ne t'a pas aidé ?

- Non ! Bien sûr que non. Je faisais le show, mais c'était pour cacher le fait que je ne savais absolument pas qui j'étais, ce que je faisais, pourquoi…

- L'adolescence, c'est… Malgré les bons moments, je ne voudrais absolument pas y revenir. Ma vie est cent fois meilleure depuis que j'ai pris un peu de maturité, d'expériences.

- Ouais… Je ne suis pas encore à ce stade de ma vie. J'ai trouvé un certain équilibre en prenant soin de Madi, c'était comme-ci je venais de trouver un sens à toute la folie.

- Et maintenant que tu n'as plus cette responsabilité, comment tu te sens ?

- Ma sœur sera toujours ma responsabilité. Mais, je me sens plus libre. J'ai adoré mettre la faute sur toi, mes ex, la mort de mon père ou plus récemment sur le dos de ma mère. Mais en réalité… c'était moi. Je vais profiter de ce petit répit pour me focaliser sur moi.

- Tu le mérites, souffla Lexa.

- J'en ai surtout besoin. Et ma première bonne résolution c'est… ne plus avoir peur des jolies filles qui me plaisent, rigola Clarke.

- Oh… Tu as des vues sur quelqu'un en particulier ? Je la connais ? plaisanta la brune.

- Sache que si nous n'étions pas entourés deux trois cents élèves, je serai en train de t'embrasser…

- Peut-être qu'il est temps d'avoir ce deuxième rencard officiel, lâcha la brune.

- Je crois que tu as raison. Samedi soir ?

- Parfait ! Avec un peu de chance on pourra fêter la victoire de la veille !

- Je suis sûre que pourra fêter votre victoire. Ok, je m'occupe de tout ! sourit Clarke.

- Et si on s'attaquait à Pike, maintenant ?

/

La semaine commençait à être longue, entre la soirée dansante de la veille, les recherches d'appartement et la préparation de son rendez-vous avec Lexa, Clarke n'avait pas eu le temps de peindre. Heureusement, les vacances d'hiver n'étaient plus qu'à quelques jours, elle aurait tout le temps de se reposer et passer du temps avec la jolie brune. Malgré toutes les choses qu'elle avait à faire, elle passait le plus clair de sa journée à penser à Lexa. Elle avait hâte de la retrouver demain.

- Et celui-ci, tu en penses quoi ? Clarke ! Clarke !

La blonde se tourna vers Raven qui lui poussait l'ordinateur devant les yeux.

- Si tu as la flemme…

- Non, non. Je pensais juste à autre chose.

- Laisse-moi deviner… Grande, brune, cuisse et fessier en béton et porte le polo vert comme personne ? rigola Raven.

- Je suis peut-être un peu stressé pour demain, avoua Clarke.

- Tu as trouvé ce que tu allais faire ?

- Ouais ! Et, sans vouloir me vanter, c'est assez génial !

- Alors pourquoi tu stresses ? demanda l'ingénieur.

- Parce qu'on parle de Lexa et moi.

- Je vois… Tu veux en parler ?

- Non. J'en ai marre d'en parler. On verra bien comment ça se passe demain, non ?

- J'aime cet état d'esprit !

- Allez, fait voir ce que tu m'as trouvé…

Raven bougea la souris de l'ordinateur pour rallumer l'écran. Son amie lui avait trouvé un appartement en plein Polis.

- Il n'y a qu'une chambre, mais est-ce que tu as besoin de plus ? Non. Piscine intérieure dans la résidence, 55 m², cuisine équipée, et place de parking. Le tout pour la modique somme de…

- 535 dollars ? Où est le piège ?

- C'est Polis, pas Boston.

- C'est plutôt pas mal. Il est où exactement ?

- Alors, près de l'ancienne gare.

- C'est pas ultra loin de chez vous, fit remarquer Clarke.

- Marrant que tu dises ça, parce qu'en vrai… Il est dans le même immeuble.

- Le même immeuble ?

- C'est le concierge de notre bâtiment qui m'a parlé de l'appartement qui vient de se libérer au quatrième.

- Deux étages au-dessus de chez vous… Tu crois que c'est une bonne idée ?

- On a habité dans la même pièce pendant deux ans, je pense qu'on peut gérer.

- Tu veux surtout une babysitter à proximité, rigola Clarke.

- C'est sûr que si tu déménages aussi près, tu pourras voir ton filleul quand tu veux !

- Pourquoi elle déménagerait, lâcha une voix derrière elles.

Clarke sursauta en voyant Madi s'approcher d'elles. Abby et sa petite sœur étaient rentrées par la porte de derrières sans se faire remarquer. Et bien qu'elle n'ait rien à cacher, l'ainée Griffin n'avait pas encore expliqué à sa cadette son choix de partir.

Madi regarda l'ordinateur en silence. La blonde ne savait comment réagir. Elle ne voulait pas que sa sœur l'apprenne de cette manière. Elle cherchait juste le bon moment pour le lui dire.

- Tu t'en vas ? demanda Madi.

- Non… Non, je … Je regarde toutes les options qui s'offre à moi.

- Pourquoi tu déménagerais ? C'est chez toi ici, s'énerva la jeune fille.

- Et, ça le sera toujours mais… j'ai 27 ans et je vis toujours chez mes parents. Je pensais que maintenant que maman est revenue, je pourr…

- Et moi alors ? la coupa Madi. Maman est revenu donc tu peux reprendre ta vie ? Je n'existe pas ?

- Madi, commença Abby. Clarke veut juste un peu d'indépendance. C'est normal.

- Parce que tu le savais ? Tout le monde le savait sauf moi c'est ça ? cria Madi.

- Madz, c'est qu'une idée. Et puis, désolé d'être un peu égoïste pour une fois.

- Ne t'embête pas, souffla Madi. J'ai compris. Je te libère de tes obligations. Je ne suis plus ton fardeau de toute façon mais celui de maman maintenant.

Sans laisser le temps à sa sœur de répondre, la jeune fille se tourna, et couru vers sa chambre avant de claquer la porte de sa chambre. Clarke referma l'ordinateur devant une Raven désolée.

- Je vais aller lui parler, lâcha Abby.

- Non. Laisse-là. J'irai quand elle se sera calmée, dit Clarke en attrapant ses clés de voiture qui traîner sur le comptoir.

- Tu vas où ? demanda sa mère.

- Prendre l'air.

- Clarke…

- Ne t'inquiète pas maman, j'ai juste besoin d'être ailleurs quelques heures.

Derrière le volant de sa voiture, Clarke souffla enfin. La peine qu'elle venait de lire dans les yeux de sa petite sœur étai réelle et forte. Ce n'avait pas été son but. En aucun cas elle partait pour s'éloigner de Madi. Au contraire, pour la première fois depuis longtemps sa décision avait été prise en fonction d'elle et seulement d'elle. Clarke en avait besoin pour elle.

Clarke alluma le moteur sans réfléchir. Elle n'en avait pas besoin. Elle savait exactement où elle voulait aller. Et plus précisément, avec qui elle voulait être. En quelques minutes seulement, elle était garée près du port et marchait le long des quais pour rejoindre l'emplacement de la péniche qu'elle cherchait.

Lexa ne s'attendait pas à recevoir de la visite. Elle venait de se faire livrer de la nourriture chinoise et, après sa longue journée de préparation, comptait bien manger beaucoup trop en jouant à la console. Elle fut donc surprise d'entendre frapper. La brune mit la partie en pause et se leva. En voyant Clarke se tenir devant sa porte, Lexa ne put retenir un petit sourire. C'était un réflexe qu'elle réservait à la jolie blonde.

- Tu ne pouvais pas attendre jusqu'à demain ? rigola Lexa.

- Je me suis pris la tête avec ma sœur, avoua Clarke. Et, j'ai eu envie d'être avec toi. Tout va toujours mieux quand tu es dans les parages.

- Chinois et fifa, ça te tente ? proposa Lexa en se décalant pour la laisser entrer.

- Prépare-toi à perdre Woods !

Lexa ferma la porte en souriant. Sa soirée venait de devenir beaucoup plus agréable.

- Je te proposerai bien une bière mais…

- Tu bois quoi ? demanda Clarke.

- De l'eau. Mais, je peux passer au coca si tu m'accompagnes, rigola Lexa en lui tendant une canette.

Clarke s'installa en tailleur près de la table basse. Elle attrapa la boite en carton qui sentait le poulet au curry et piqua un morceau.

- On t'a déjà dit que tu avais de bon goût ?

- Assez souvent, souffla Lexa en se posant à côté d'elle. Tu veux parler de ta dispute ?

Clarke grimaça.

- Depuis quelque temps je réfléchis à prendre un appart. Ce n'était rien de sérieux jusqu'à ce que Raven trouve celui qui me fallait. Il a l'air parfait.

- Ok, et…

- Madi a entendu notre conversation.

- Et je suppose que tu ne l'avais pas prévenu ? demanda la brune.

- Nop. Elle a l'impression que je l'abandonne. Le pire c'est que tout ça aurait pu être évité si je lui en avais juste parlé avant.

- Alors pourquoi tu ne vas pas lui parler maintenant ?

- Non… souffla Clarke. Pas ce soir. Je n'ai pas envie d'y penser…

- Dans ce cas, commença Lexa.

La jeune femme se tourna et attrapa l'une des manettes qui traînait sur la table.

- Tu peux prendre les USA, tu auras besoin de la meilleure joueuse au monde si tu veux me battre, rigola la brune.

- Laisse-moi te retirer ce sourire de ton joli visage !

Clarke n'était pas si mauvaise. Mais Lexa était clairement meilleure. Bien au-dessus. Il n'y avait aucun doute. Aucune chance que la blonde puisse espérait gagner. Elle le comprit très vite. Dès le premier match, perdu 3-1, elle comprit qu'elle devrait laisser tomber son idée de battre son amie.

Après la deuxième partie, Lexa s'était installée sur le canapé et jouait en regardant la blonde s'énerver devant elle. Sans trop savoir pourquoi, elle sortit son téléphone, et pour la première fois depuis des mois, pris une photo avant de la poster sur instagram. Malgré tout ce qui lui était arrivé, son compte restait suivit par des millions de fan.

On pouvait voir le dos de la blonde, et fifa sur l'écran géant, la légende était courte « ma soirée idéale. »

Le téléphone de Clarke vibra, en voyant sa notification, elle mit pose à la partie et se leva pour rejoindre Lexa.

- Tu me prends en photo en secret ? demanda-elle.

- On ne voit même pas ton visage. Tu me suis sur insta ?

- Coupable, souffla Clarke en relançant la partie.

Après une dizaine de minute, Lexa était en larme. Elle ne pouvait se retenir de rire en voyant le regard désespéré de la blonde. Sa Lexa Woods numérique venait de louper un tir qu'un enfant de trois ans aurait réussi à mettre.

- Je l'ai fait exprès ! lâcha Clarke.

- Ah bon ? Tu m'expliques à quoi ça te sert ? rigola Lexa.

- Je voulais revoir la tête que fait Lexa en loupant. Le graphisme est tellement réel. Ils ont réussi à choper toutes tes expressions.

- Ils ont inventé ce regard ! se plaignit la brune.

- Nah… Il est trop réussi pour avoir été inventé.

- Je te jure qu'ils l'ont inventé. Je ne loupe jamais des tirs si évidents. Ils n'ont pas eu le choix !

Clarke leva les yeux au ciel. Elle adorait voir ce côté confiant presque arrogant de Lexa. C'était un aspect de sa personnalité qu'elle n'avait pas au lycée mais qui la rendait encore plus désirable qu'à l'époque.

La blonde se pencha légèrement vers son amie, et doucement déposa un baiser du bout des lèvres dans son cou. Clarke commença doucement, continuant de jouer à moitié avant d'abandonner complètement en posant sa manette. Embrasser Lexa était plus intéressant.

- Tu ne vas jamais réussir à gagner si tu ne joues même pas, lui fit remarquer la brune.

- Peut-être que j'essaye de te déconcentrer…

- Pff… Tu peux toujours essayer, rigola Lexa.

"Défi accepté" pensa Clarke. Sans hésiter, elle se pencha à nouveau sur le cou de Lexa, mais cette fois-ci, elle voulait être plus proche. Elle passa l'une de ses jambes de l'autre côté des cuisses de Lexa pour la surplomber.

- Distraite ? souffla-t-elle.

- Nop, répondu Lexa se concentrant sur l'écran.

Clarke ne faisait que s'échauffer. Doucement, très doucement elle lécha du bout de la langue la peau douce de la brune et remonta jusqu'à son oreille avant de l'embrasser de nouveau.

- Tu en es sûre ? murmura Clarke avant de mettre un peu de distance entre elles.

Lexa fit semblant de ne pas sentir sa hausse de température. Elle ne pouvait pas abandonner si vite. Elle devait faire preuve d'un peu de self-control. Clarke avait d'autre atout. Deux particulièrement efficaces. Elle retira son haut avant de passer ses mains autour de la nuque de la brune.

Cette fois-ci, Lexa succomba. Elle lâcha la manette, les yeux fixant la poitrine de Clarke. Elle était à peine couverte par un soutien-gorge blanc.

- Toujours concentrée ?

Lexa ne répondit pas. Comment pouvait-elle alors que les seins de Clarke étaient juste devant son visage, à quelques centimètres à peine de sa bouche.

- Tu sais que mon visage est plus haut…

- Quoi… ?

- Lex !

Lexa sortit de sa transe et releva la tête.

- Pardon…

- Alors, distraite ? demanda Clarke en se mordant la lèvre.

- Très, très, très distraite. Tu ne peux pas m'en vouloir.

- Qui aurait cru qu'une banale paire de sein pourrait battre la concentration imperturbable de la grande Lexa Woods.

- Premièrement, commença Lexa, ta poitrine n'a rien de banal. Les plus grands poètes écriraient des recueils entiers dessus. Et deuxièmement… que veux-tu, je suis qu'une lesbienne faible devant les jolies filles.

Clarke se colla de nouveau à elle et l'embrassa tendrement du bout des lèvres.

- Qu'est-ce que tu comptes faire ? murmura-t-elle.

Lexa ne répondit pas avec des mots. Elle utilisa sa bouche pour une tâche beaucoup plus agréable et commença à embrasser le haut de la poitrine de son amie. Ses mains remontèrent le long de ses côtes, refermant leur étreinte sur la chaire ferme de Clarke.

Clarke remonta sa main gauche dans la chevelure de Lexa pour l'encourager. La brune prenait son temps pour embrasser toute la surface que lui offrait la blonde. Elle voulait goûter à toute sa saveur.

Lexa commença à l'embrasser de plus en plus fort, remontant le long de son cou afin d'atteindre sa bouche. Ce n'est qu'en sentant la douceur des lèvres de Clarke qu'elle ralentit à nouveau. Elle voulait profiter de chaque instant, de chaque pression. Elle avait attendu plus de dix ans pour ce moment, elle comptait bien le rendre inoubliable, Clarke ne méritait pas moins que ça.

- Chambre ? proposa la blonde entre deux baisers.

Elle n'avait pas besoin que Lexa répondre pour connaître sa décision. En entendant la blonde proposer de continuer cette soirée sous les draps, les ongles de Lexa pénétrèrent doucement dans les muscles de son dos. La brune en avait tout autant envie qu'elle.

La blonde se leva doucement et prit la main de Lexa pour qu'elle la suive. Elle ne la lâcha pas jusqu'à ce que les deux jeunes femmes soient agenouillées au milieu du lit de Lexa.

L'ancienne joueuse sourit avant de recommencer à embrasser Clarke. Elle partit du haut de ses épaules et descendit le long de son bras. Une fois à sa main, elle se décala un peu pour embrasser son nombril et, doucement, remonter.

Clarke glissa ses mains sous le t-shirt de son amie et le releva. Lexa comprit le message et se sépara du corps de la blonde pour retirer son haut. Le professeur avala difficilement sa salive, essayant de ne pas se trahir. Lexa était… Il n'y avait aucun mot pour décrire à quel point le corps de Lexa était parfait. Ferme, dessiné, bronzé. La jeune femme était plus séduisante que n'importe qu'elle œuvre d'art.

Sans attendre, Lexa se releva et retira d'elle-même son jeans. Clarke mit un moment à bouger, l'image qui prenait vie devant ses yeux était si belle, qu'elle avait du mal à faire le moindre mouvement. Elle avait peur d'être en train de rêver. Ce ne serait pas la première fois qu'elle imaginait Lexa de cette manière. Elle se sentit obliger de tendre son bras vers elle pour la toucher, être sûre qu'elle était réellement là avec elle.

- Ça te va ? rigola Lexa.

- Tu es parfaite, souffla Clarke.

La brune posa ses lèvres sur les siennes en souriant. Elle passa ses mains sous les cuisses de Clarke et l'aida à l'allonger sur le matelas. Son corps se posa sur celui de sa partenaire alors qu'elle commençait à l'embrasser de plus en plus passionnément. Maintenant qu'elle avait goûtait à sa langue, il lui était impossible de lui résister. Elle ne remarqua que tardivement que Clarke essayer de retirer son pantalon. Elle aussi avait besoin de plus. Elle voulait sentir Lexa contre elle. Véritablement contre elle. Elle voulait sa chaleur,

La brune recula légèrement sur ses talons et aida son amie à retirer le reste de ses vêtements. Sa culotte partit en même temps que son pantalon, et alors que Lexa avait dû mal à se remettre de la vision qu'elle avait devant elle, Clarke passa la main dans son propre dos pour retirer son soutien-gorge.

Lexa oublia de respirer pendant quelques secondes. Comment pouvait-elle ? Clarke était…

- Belle. Tu es tellement belle, murmura-t-elle en se penchant à nouveau sur elle.

Clarke avait dû mal à la croire. Au fil des années, elle avait compris qu'elle était attirante. Elle plaisait aux hommes et aux femmes, ce n'était pas un secret, mais pour elle, elle n'avait jamais été « Belle » ce mot était réservé à des personnes qui le méritait plus qu'elle. Quand Lexa prenait son temps à vénérer chaque parcelle de sa peau, pour la première fois de sa vie, Clarke se permettait d'y croire. Elle se sentait magnifique dans les bras de la joueuse. Lexa n'était pas là simplement pour prendre du plaisir, elle était là pour lui faire sentir ce que Clarke représentait pour elle. Et ça marchait.

La brune prit la main de Clarke et resserra leurs doigts ensemble. Ensemble. Ce soir, elles étaient ensemble et rien d'autre ne comptait réellement. Le reste du monde pouvait s'écrouler, elles seraient en sécurité dans les bras l'une de l'autre.

Clarke passa ses mains autour de la taille du coach et serra. Dans sa bouche, la langue de Lexa faisait des merveilles, et elle ne pouvait s'arrêter d'imaginer ce dont elle serait capable à d'autres endroit. Elle descendit légèrement ses mains pour venir toucher les fesses musclées de sa partenaire avant de serrer légèrement. Elle eut le plaisir d'avaler le gémissement que Lexa laissa échapper surprise.

- J'ai besoin de toi Lex. Complètement, murmura-t-elle en tirant sur son sous-vêtement.

Lexa sourit et de dépêcha de retirer le peu de tissus qui lui restait. Un frisson la parcouru quand elle sentit les mains de sa partenaire caresser l'arrière de ses cuisses et sa hanche nue. Clarke Griffin allait causer sa perte. Elle allait mourir de plaisir ce soir dans les bras de la femme qu'elle désirait depuis tant d'années. Et cela lui allait parfaitement. Que sur sa tombe soit gravé « Morte, tué par le plaisir qu'était Clarke Griffin ».

Sa bouche finit par quitter celle de Clarke et commença à lécher et morde la peau qui se trouvait sur son passage. Elle avait un but à attendre. Elle racla ses dents dans la vallée des seins de Clarke avant de prendre possession du droit.

Clarke avait eu raison. La langue de Lexa faisait des merveilles dans sa bouche, mais le plaisir qu'elle apportait en jouant avec sa poitrine était incomparable.

- Lex…

Clarke n'en revenait pas. Elle n'avait jamais été si près d'atteindre l'orgasme simplement grâce à des caresses et des baisers bien placés. Elle sentait son abdomen se serrer et ses muscles se tendre de plus en plus. Elle était beaucoup trop prête, beaucoup trop tôt. Elle devait reprendre un semblant de contrôle pour ne pas sauter dans le précipice que lui offrait Lexa.

La blonde passa ses bras autour de son amie et utilisa tout son corps pour échanger leur position. Lexa se laissa faire. Les cheveux de Clarke lui retombaient sur le visage alors qu'elle se penchait vers elle. La joueuse passa sa main dedans pour les écarter du passage et l'attira un peu plus. Sa bouche lui manquait déjà.

- Clarke, tu es sûre ? demanda-t-elle en se relevant.

- Ça fait dix ans que j'attends, souffla son amie en l'embrassant de nouveau.

Lexa était en train de devenir folle. Elle pouvait sentir l'excitation de sa partenaire sur ses cuisses. Clarke avait très, très envie d'elle. Clarke Griffin avait envie d'elle. Elle n'aurait jamais cru cela possible et pourtant… Elle était bien en train de l'embrasser, ses jambes chevauchaient celle de la brune. Et malgré sa position, Clarke perdit le contrôle dès qu'elle sentit la main de Lexa se glisser entre ses cuisses.

- Oh mon dieu…

- Je suis là, murmura Lexa avant de recouvrir sa poitrine de petits baisers. Je suis là.

Doucement, Clarke se mit à suivre le rythme que Lexa avait choisi. Ce n'était pas la position la plus facile pour la brune, l'angle allait faire mal à son poignet assez vite, mais la proximité qu'elle offrait en valait la chandelle.

La respiration de la blonde s'accéléra en même temps que les mouvements de Lexa. Elle avait été si proche de jouir quelques minutes plus tôt, qu'elle ne doutait pas que cela allait arriver rapidement. Ce que Lexa lui faisait ressentir était plus intense que lors de ses précédentes rencontres. Pour la première fois depuis des années, elle se sentait entièrement libre de toute pression. Elle n'avait pas besoin d'être la petite fille parfaite, ou la grande sœur, ou la prof sans erreur. Elle devait être Clarke. Simplement Clarke. Lexa ne voulait qu'elle. Il n'y avait aucune pression, aucun enjeu. Juste du plaisir. Juste de l'envie. Sans s'en rendre compte, Clarke se laissa glisser pour de bon.

Lexa la rattrapa. Elle continua ses efforts jusqu'à ce que le corps de son amie arrête de trembler. Délicatement, elle l'aida à s'allonger tout en continuant de l'embrasser.

- Oh mon dieu Lex… Rappelle-moi pourquoi on a attendu aussi longtemps ?

- Je suppose que ça veut dire que je m'en suis bien sortie ? rigola Lexa.

- Je ne suis pas sûre qu'il existe assez de mot pour d'écrire ce dont ta langue est capable…

- Et tu n'as pas encore tout vu.

Clarke s'étouffa légèrement. Elle sentit sa température remonter instantanément en imaginant la tête de Lexa entre ses cuisses. Elle mourrait d'envie de réaliser cette vision. Mais pas maintenant. Non, maintenant, c'était à son tour de montrer à Lexa ce qu'elle savait faire. Et, oh mon dieu, Lexa pouvait témoigner de son talent.

Quand elle se réveilla après avoir dormi simplement quelques heures, Lexa se retrouva dans une situation délicate. Elle avait besoin d'aller aux toilettes, rapidement. Mais Clarke était allongée contre sa poitrine, et elle ne comptait pas bouger tant que la jolie blonde dormait si paisiblement.

Lexa souffla pour se concentrer. Tout était dans sa tête. Le mental était aussi fort que ses besoins physiques, elle pouvait tenir.

Heureusement pour elle, Clarke commença à remuer rapidement. Il ne s'était pas passé dix minutes avant que son regard bleu océan se pose sur celui émeraude de Lexa.

- Hey…

- Bonjour…

Clarke se leva légèrement à l'aide de ses bras pour se rapprocher du visage de sa partenaire. Elle l'embrassa lentement.

- C'est un très bon jour en effet…

- Cool, maintenant que tu es reveillée …

Lexa se leva d'un bon, et sous le rire angélique de Clarke, sortit de la chambre pour courir jusqu'à la salle de bain. Quand elle sortit, elle fut triste de voir la blonde hors de son lit. Elle aurait préféré se retrouver sous la couette et continuer leurs activités de la nuit précédente.

- Qu'est-ce que tu fais ?

Clarke était assise au sol, l'écran de la télé allumé, une manette dans les mains.

- Je t'avais dit que je finirai par gagner ! lâcha-t-elle en montrant le score.

Lexa rigola en comprenant, elles n'avaient jamais fini la partie et la console s'était mise en veille mais le jeu avait continué de tourner en pause toute la nuit. En reprenant le match ce matin, Clarke avait en effet gagné un match de la veille.

Elle se leva les bras en l'air pour fêter sa victoire. Lexa la tira par la taille pour l'attirer à elle avant de la pousser légèrement contre le comptoir de sa toute petite cuisine.

- Félicitations, souffla-t-elle en l'embrassant.

- Qu'est-ce qu'est mon prix ? demanda la blonde.

- J'aurai aimé te faire jouir une ou deux fois mais tu as eu le culot de te rhabiller, fit remarquer Lexa.

- Oh… Que je suis bête, lâcha Clarke en soulevant le t-shirt blanc qu'elle portait.

Lexa la regarda faire en silence. Elle n'en revenait pas. Elle était nue dans sa cuisine avec Clarke Griffin contre elle, tout aussi nue qu'elle.

- Je t'ai perdue, souffla Clarke. Où es-tu partie ?

- Nulle part, j'étais juste en train de penser à moi ado, rigola Lexa.

- Qu'est-ce qu'il y a de drôle ?

- La Lexa de 16 ans qui vit toujours au fond de moi est en train de devenir folle. Je suis littéralement en train de me faire des High Five mental. Elle n'en revient pas. Dix ans après, elle a enfin réussi à t'attirer dans son lit.

Clarke rougit.

- Tu as beaucoup pensé à ce moment ? demanda-t-elle d'une voix sensuelle.

- J'ai passé mon adolescence à fantasmer sur ce moment, avoua Lexa.

- Et si on permettait à la Lexa de 16 ans d'en profiter à nouveau ? proposa Clarke.

- J'aime ta façon de penser !

- Tu sais où me trouver, rigola Clarke en s'échappant de l'étreinte de Lexa.

Sur le chemin jusqu'à la chambre, Clarke laissa sa culotte glisser au sol laissant le coach sans voix. Clarke serait sa fin. Qu'elle ait 16 ou 27 ans, cela ne changeait rien. Elle avait Clarke Griffin dans la peau.

/

Le match ne se déroulait pas aussi bien que prévu. Lexa avait beau avoir regarder des centaines d'heures de jeu, les tactiques mises en place lors des entraînements n'arrivait pas à aboutir. Et Lexa savait d'où venait le problème : Madi. Comme toujours, c'était l'un des points central pour la construction de leur jeu, les ballons les plus importants passaient généralement par elle. Aujourd'hui, ce n'était pas son jour. Pour la première fois depuis qu'elle avait commencé à entraîner la jeune fille, Lexa l'avait vu manquer sa cible un nombre incalculable de fois Pourtant, sa visée avait toujours été son point fort.

Sur le bord de la ligne, le coach des Night Blood serrait les dents. La première mi-temps était sur le point de toucher à sa fin et elle n'avait aucune idée pour renverser le jeu. Sortir Madi semblait être la solution, mais Lexa n'était pas sûr d'en avoir le courage. Il faudrait changer tout leur système et commencer à construire très bas avec Echo. C'était risqué avec des adversaires si bons dans les duels.

Le pire arriva dans les minutes qui suivirent. Sur un corner, la tête de l'attaquante envoya le ballon sur le pied de la gardienne des Nigh, malheureusement, elle n'arriva pas à le capter entièrement la balle, se contentant de la repousser. L'une des adversaires en profita pour la pousser derrière la ligne d'en but.

- Merde ! lâcha Lexa en voyant les maillots verts de l'équipe opposée se mettre à célébrer leur ouverture du score.

Ses joueuses se replacèrent pour un nouveau coup d'envoi, mais l'arbitre en profita pour siffler la mi-temps.

Jasper s'approcha de Lexa pour organiser la riposte. Il lui lançait tout un tas d'idée alors que les filles rentraient dans les vestiaires. Lexa resta silencieuse. Son cerveau bouillonnait. Elle devait trouver une solution avant de rejoindre ses joueuses. Il fallait qu'elle trouve ce qu'elle allait leur dire. Il était encore temps d'inverser la tendance, avec les bons mots, de l'engagement et leur talent, il était encore possible pour elles de se qualifier pour les quarts de final.

Le vestiaire était silencieux quand Lexa entra enfin. Le coach observa la pièce cherchant par où commencer. Les filles étaient assises à leur place habituelle et attendaient leurs instructions.

- Ce n'est pas le match qu'on espérait, commença Lexa. Mais on a déjà été mené au score avant de remonter chercher la victoire.

- On a qu'un tir cadré au compteur, fit remarquer la capitaine.

- On a un problème au centre. Rebecca ? Tu rentres à la place de Madi.

- Quoi ! s'écria la jeune femme.

- Madi, ce n'est pas ton jour. Ça arrive.

- Ils sont trois sur moi, c'est pour ça que je ne peux pas passer la balle. Au lieu de me sortir vous devriez trouver une solution pour me libérer.

Les lumières de la salle se mirent à clignoter, signe que les joueuses devaient retrouver le terrain.

- Rebecca tu rentres.

- Sérieusement coach ! s'énerva Madi.

Lexa attrapa la jeune femme par le bras et l'immobilisa le temps que ses coéquipières sortent du vestiaire.

- Tu n'es pas dans le match Madi, je ne peux pas te garder.

- Ce n'était qu'un mauvais moment. Je vais m'y remettre. Coach, je sais que je peux le faire, supplia l'adolescente.

- Je sais que ça ne va pas à la maison en ce moment. Et, je suis vraiment désolée que ce soit si difficile pour toi mais… quand tu es sur le terrain, plus rien ne doit compter.

- Je sais. Je sais. Je vais me concentrer sur le jeu. Rien que le jeu.

- Si tu ne peux pas être à 300% focaliser sur match, tu n'as pas ta place sur la pelouse. Est-ce que tu peux me promettre que gagner et la seule chose qui compte, là maintenant ?

- Gagner. Rien d'autre.

- Si j'ai le moindre doute, je te sors.

- Vous ne le regretterez pas, promis Madi en courant rejoindre ses coéquipières.

La deuxième mi-temps joua sur les nerfs de tout le public. Les Night Blood semblaient avoir repris confiance en elles, pourtant les occasions restaient faibles. Elles avaient récupéré la possession de balle mais n'arrivait pas à percer la défense adversaire. Un but leur était suffisant pour gagner, si elles maintenaient leur défense, elles passeraient au tour suivant et Lexa et ses joueuses pourraient dire au revoir au reste de la saison.

Madi jouait mieux. Elle était loin d'être aussi performante que lors des précédents matchs, mais les ballons, qu'elle passait, arrivaient à destination.

Malgré tout, il restait de moins en moins de temps et le score était toujours en leur défaveur.

Dans le dernier quart d'heure, l'équipe de Lexa reprit légèrement le dessus. Elles cadraient une dizaine de tirs mais la goal ne se laissait pas encore battre. Lexa trouvait ça frustrant au plus haut point.

La faute sur Emori arriva au meilleur et pire des moments. L'arbitre siffla alors qu'il ne restait que cinq minutes au temps réglementaire. Le coup franc était bien à droite à 27m. Trop difficile de le tirer directement, trop prévisible de viser le premier poteau.

Echo attrapa la balle et la lança en direction de Madi.

- Sans vouloir te mettre la pression, c'est l'une de nos dernières chances, lâcha la capitaine avant d'aller se placer au niveau du point de pénalty.

Madi attrapa le ballon et le posa à ses pieds. Elle prit le temps de le tourner plusieurs fois avant de reculer satisfaite. La jeune femme leva la tête. Dans les tribunes, Clarke et sa mère étaient là et se tenaient la main, silencieuses. Madi croisa le regard de sa sœur. Elle sentit sa colère l'envahir doucement. Ce n'était pas le moment. Elle tourna la tête et se concentra sur la coach. Lexa lui faisait confiance. Et depuis son arrivée, elle n'avait jamais cessé de croire en elle. Elle ne pouvait pas la décevoir.

L'arbitre siffla, et sans réfléchir plus longtemps, Madi frappa.

Le stade se tût. Tout le monde regarda la balle filer au-dessus de la masse de joueuses. C'était un ballon envolé, il n'y avait pas assez de force pour finir dans les filets, il allait arriver à quelques mètres des cages sans être touché…

En voyant la trajectoire, Echo compris. Elle feinta à gauche pour se débarrasser de sa défenseuse directe. Cela ne dura qu'une mini seconde, mais elle se décala légèrement et s'étala de tout son corps, son pied gauche en avant, touchant la balle que venait de lui envoyer Madi par le haut de sa chaussure. Encore au sol, la capitaine suivie du regard le ballon. Le stade se mit à hurler en le voyant atterrir au fond de la cage.

Tout le banc des Nigh Blood sauta sur le terrain pour célébrer le but. Après avoir serré Echo dans ses bras, Madi couru vers le bord de la pelouse.

- Je vous avais dit qu'on pouvait le faire coach.

- Je n'ai jamais douté de toi, sourit Lexa. Maintenant retourne sur le terrain et fait nous gagner ce match.

- A vos ordres coach !

Malgré tous leurs efforts, le match alla en prolongation. Les filles des deux équipes étaient fatiguées. Elles puisaient dans leurs dernières réserves d'énergies pour ne pas s'écrouler. La frappe d'Ontari les délivra. L'attaquante s'était retrouvée seule à l'angle de la surface de réparation, elle saisit sa chance en frappant avec toute la force qui lui restait.

Quand l'arbitre siffla le coup de sifflet final, Lexa n'en revenait pas. Elles avaient réussi à se qualifier après ce qui avait semblé être le match le plus long de l'histoire du foot lycéen. Les supporteurs descendirent du terrain pour fêter la victoire avec l'équipe.

Lexa ne vit que Clarke. La blonde courut vers elle et sauta dans ses bras sans se soucier de qui pouvait bien regarder.

- Vous l'avez fait !

- Ce n'est pas encore la finale !

- Non, mais vous vous y rapprochez.

- Ça tient toujours pour demain ? demanda Lexa.

- Bien sûr !

Clarke se hissa sur la pointe des pieds et déposa un bisou sur sa joue avant de reculer.

- Va faire la fête avec ton équipe, souffla-t-elle en reculant. Tu devras attendre demain pour le fêter avec moi. J'ai plusieurs millions d'idées.

C'était officielle, Lexa était la femme la plus chanceuse du monde.


Well Well Well... à bientôt j'espère !