Bonjour à tous !
Et oui je suis vivante ! Et malgré ses longs mois d'attente, nous y sommes arrivées !
Je m'excuse pour ce long délais, je ne pensais pas mettre autant de temps. Malheureusement, entre la vie et les problèmes informatiques ... Un gigantesque Merci à Imdweil, véritable génie de la correction et de la syntaxe, cette histoire n'aurait jamais eu une si grande qualité sans lui.
Les fans de Friday Night Light vont reconnaître des passages... j'avoue m'en être grandement inspiré. Et en même temps, c'est normal, c'est un chef d'oeuvre cette série.
J'espère que vous allez tous. Que vous et vos proches prenez soient de vous. Et, quel meilleur moment qu'un confinement pour prendre le temps de lire ? Bon courage à tous.
I've made up my mind. Don't need to think it over. If I'm wrong I am right. Don't need to look no further. This ain't lust. I know this is love but
If I tell the world. 'll never say enough. Cause it was not said to you. And that's exactly what I need to do. If I'm in love with you
Should I give up. Or should I just keep chasing pavements?. Even if it leads nowhere. Or would it be a waste? Even If I knew my place should I leave it there? Should I give up. Or should I just keep chasing pavements?
Even if it leads nowhere
Adèle - Chasing pavements
Un match. Après leur dernière victoire 3-1, il ne restait à Lexa et aux Night Bloods plus qu'un seul match à remporter pour gagner le titre de championnes de l'état. Un seul match et l'équipe du lycée serait sauvée.
- Et coach ! Vous voulez entendre mon discours ? lâcha Echo.
- Ton discours ?
- Que je ferai après notre victoire, les caméras braquées sur la capitaine des nouveaux champions !
- J'aime ta confiance, rigola Lexa, mais on n'a pas encore gagné ! Et arrête de penser aux caméras ! Je ne veux pas que ça influence ton jeu.
- Ne vous inquiétez pas coach ! Je suis née pour ce moment.
Lexa leva les yeux au ciel. Elle avait annoncé au début de leur entrainement que, pour la finale, le match serait retransmis sur la chaine sportive de l'état. Les adolescentes avaient eu du mal à se concentrer sur autre chose à partir de là. Malheureusement, elles devaient se ressaisir rapidement. Le match était dans deux jours. Elles partiraient dès demain pour rejoindre l'hôtel près du stade où elles allaient jouer. Leur adversaire était les championnes en titres depuis deux ans. La rencontre n'allait pas être facile.
- Toutes à la douche ! On se retrouve demain matin à 10h pour le départ en bus, cria Lexa avant de s'enfermer dans son bureau.
La finale d'état… Il y a de ça quelques mois, personne n'aurait imaginé que la petite équipe des Night Blood de Polis jouerait le match de championnat. Même Lexa avait douté de leur chance pour se qualifier. Et pourtant… S'il n'y avait pas cette épée de Damoclès au-dessus de leurs têtes, la coach serait aux anges. Malheureusement, elle devait faire en sorte que la fin de cette compétition ne soit pas la fin de l'équipe.
Les pieds sur son bureau, Lexa lança l'enregistrement de la dernière rencontre de leurs adversaires. Trouver la faiblesse dans leur jeu serait la clé de la victoire. La vidéo était sur le point de se terminer quand Clarke entra sans prévenir. La jeune femme semblait perplexe.
- Je sais qu'on a décidé ensemble de ne rien dire à Madi, commença-t-elle, mais c'était avant que l'on reçoive cette lettre.
Lexa attrapa le papier que lui tendait sa pe-… son amie. Il s'agissait d'une bourse complète proposée à Madi si elle rejoignait l'équipe de l'institut privé de Boston l'année prochaine, et qui se trouvait également être leurs adversaires durant le dernier match de la saison, la meilleure équipe du championnat ses dernières années.
- Madi a jeté la lettre. Je la cite « plutôt mourir que de trahir les Night… », mais…
- Mais, elle ne sait pas qu'il risque de ne plus avoir de Night Blood d'ici la fin du weekend, la coupa le coach.
- Exactement.
Lexa se leva en posant la lettre sur la table. Elle s'approcha de Clarke et lui prit les mains.
- Je t'ai promis que je ferais tout pour que Madi réussisse.
- Ça ne dépend pas de toi.
- L'offre n'est pas datée. Madi pourra rejoindre le lycée de son choix après notre victoire ou défaite.
Clarke respira fort. Elle passa ses bras autour du cou de Lexa pour se rapprocher d'elle.
- Tu as raison. Je panique pour rien.
- Tu t'inquiètes pour ta sœur, c'est normal.
- Plus que deux jours avant que l'on soit fixé.
- Pour le meilleur ou pour le pire, rigola Lexa.
Clarke se pencha légèrement pour l'embrasser tendrement.
- Dis, comment marche cette histoire de chaperon ? On partage une chambre ? demanda Clarke le sourire aux lèvres.
- Je crois que ça peut s'arranger, rigola Lexa. Il faut deux adultes par étage, et nous avons que des chambres à deux lits...
- Bizarrement, l'idée de passer 3h dans un bus rempli d'adolescentes me dérange beaucoup moins.
- Et, l'idée de passer la soirée chez moi… tu en penses quoi ? sourit à son tour Lexa.
Clarke resserra un peu plus son étreinte autour du coach en rigolant. Elle déposa un baiser sur sa joue avant de lui attraper la main et de commencer à sortir du bureau.
- Celle-ci, je l'adore.
/
Assise sur l'un des bancs en béton près du bus, Madi fouillait une énième fois son sac pour être sûr de ne rien oublier. Elle avait besoin de sa tenue mais aussi de son matériel pour son rituel d'avant match.
- Comment va notre championne ? lâcha Gaïa en s'étalant à côté d'elle.
- Prête pour le grand départ ? demanda Aden à son tour.
- Qu'est-ce qui pourrait mal tourner ? ironisa Madi.
Le reste de l'équipe arrivait progressivement, les joueuses disaient au revoir à leur famille avant de monter dans le car jaune censé les conduire jusqu'au stade.
- Où est Ilian ? demanda Gaïa. Il n'était pas censé venir de porter bonheur ?
- Je lui ai demandé de ne pas le faire, rigola Madi. J'ai besoin de me concentrer, et je vais m'arracher les oreilles si je dois encore l'entendre raconter sa victoire contre Azgueda Pool…
- Problème au paradis, rigola son amie.
- Il est devenu inintéressant… Je le quitterai proprement après la finale. Pour l'instant rien d'autre ne compte.
- En parlant de ça, je crois que tout le monde t'attend, fit remarquer Aden.
- Comment vous y allez, vous ?
- On prend ma voiture, la rassurera Gaïa. Ne t'inquiète pas, on sera là pour crier ton nom après chaque but !
Madi prit sa meilleure amie dans ses bras avant de se lever et courir jusqu'au bus. Les deux jeunes adolescents restèrent silencieux un instant.
- Tu as vu ? J'avais raison, lâcha Gaïa. Ilian n'a pas duré.
- Pourquoi ça te fait plaisir ?
- Je suis une grande romantique ! Voir mes deux meilleurs amis ensemble, je suis pour.
- Il n'y a rien entre Madi et moi. Et, il n'y aura jamais rien. Elle ne me voit pas comme ça, et ça ne me dérange pas.
- Vraiment ? Tu as des vues sur quelqu'un d'autre ? demanda Gaïa surprise. Je la connais ?
Aden ne répondit pas. Il se contenta de lever les yeux au ciel en rigolant.
- Allez le minus ! Je paye ta glace, et tu me racontes tout ? Ou alors, tu attends d'être enfermé avec moi demain dans la voiture. Les trois heures de route risquent de t'être interminable…
- Je ne dirais pas non à une glace gratuite, rigola à son tour Aden.
/
Lexa était surprise de voir à quel point le voyage se déroulait sans embuche. Le bus n'avait pas pris de retard, les filles étaient calmes, Clarke lui envoyait des messages mignons de l'arrière pour occuper son esprit.
Cela ne pouvait pas durer. Elles venaient d'arriver à destination quand l'enfer se déchaina. Lexa était en train donner les dernières consignes pour les chambres, mais elle fut coupée par la sonnerie des téléphones de filles. C'était comme s'ils s'étaient tous mis à recevoir un sms en même temps.
- J'en ai encore pour 2 minutes, coupez votre téléphone où je vous les confisque pour le weekend.
- Lexa, commença Clarke.
- Deux par chambre, couvre-feu à 21h30, entrainement à…
- C'est vrai ? s'exclama Ontari.
- Les Night Blood sont supprimés ? demanda Emori
- Quoi ? demanda Lexa. Comment…
- Vous avez déjà trouvé un autre travail ? s'indigna Niylah en levant les yeux de son écran.
Lexa attrapa le téléphone le plus proche. Toutes ses joueuses venaient de recevoir une notification pour un article publié dans la gazette en ligne de Polis. Il y avait une photo de Lexa, avec pour légende : Quitter le navire avant la dérive ? Lexa Woods nous montre l'exemple.
- Je n'en reviens pas. Toute vos belles paroles sur le fait de se soutenir, et vous nous abandonnez sans même avoir la décence de nous le dire ? ajouta Ontari.
- Si vous me laissiez vous expliquer avant de juger, commença Lexa.
- Non, souffla Madi.
La jeune fille était restée silencieuse juste à présent.
- Non, on n'a pas envie de vous écouter, continua la jeune Griffin.
Et sans rien rajouter, elle attrapa ses affaires et passa devant son coach pour descendre. Toutes ses coéquipières la suivirent en silence. Lexa resta immobile. Elle les regarda une par une sans savoir quoi dire pour les arrêter. Elle fut surprise de voir qu'Echo était toujours assise à sa place.
La capitaine de l'équipe se leva mais ne sortit pas du bus.
- Tu ne me hais pas, toi aussi ? demanda Lexa sarcastiquement.
- Ce n'est pas la question, répondit la jeune femme. Elles sont blessées, elles ne voient pas le plus important.
- Et, qu'est-ce qui est important ?
- Que l'on gagne. Je comprends pourquoi vous nous l'avez caché. Vous vouliez qu'on reste concentré. Mais maintenant que la boite de pandore a été ouverte, on doit trouver une solution pour sauver l'équipe. Et ça passe par la victoire.
- Et tu as une idée ? Personnellement, je ne vois pas comment je pourrais leur demander de jouer alors que je ne suis pas sûre qu'elles viendront à l'entrainement.
- Elles seront là. Je m'en charge. Vous… trouvez un moyen de regagner leur confiance, finit Echo avant de descendre à son tour.
Lexa serra la mâchoire. Elle attrapa son téléphone est cliqua sur l'article.
Quitter le navire avant la dérive ? Lexa Woods nous montre l'exemple.
Il y a tout juste une semaine, le conseil régional réduisait le budget dédié au sport dans les établissements secondaires. La triste nouvelle conduit à la possible suppression de l'équipe de football féminine de Polis High si elle ne devait pas sortir victorieuse de son dernier match de la compétition. En effet, malgré une saison exceptionnelle, l'équipe des Night Blood se trouve en danger. Ne pouvant soutenir deux équipes de football si proche l'une de l'autre, le conseil a décidé de fusionner la seule équipe invaincue du championnat avec sa voisine Azgueda. Le coach Lexa Woods a déjà pris sa décision. Elle ne prendra pas le risque de tout perdre. Avant même de savoir si l'équipe qu'elle a su reconstruire est assez solide pour ramener le trophée à leur école, l'ancienne joueuse internationale a préféré rester saine et sauve et quitter le navire avant qu'il ne prenne l'eau. La fédération vient de confirmer la demande émise par le coach de Night Blood de lancer sa propre équipe. Nous n'avons pas encore assez d'information pour vous donner plus de détails, mais, une chose est sûre : Lexa Woods n'est pas la sauveuse que Polis espérait.
- Super ! souffla la jeune femme.
Clarke s'approcha d'elle doucement. Elle lui prit la main et lui fit signe de descendre. Elle n'avait pas besoin de parler pour rassurer Lexa, sa présence était suffisante. La blonde glissa ses doigts entre ce de sa partenaire tout en la conduisant jusqu'à leur chambre.
- Comment la gazette a eu l'information ? demanda Clarke. Je croyais que tout devait rester secret jusqu'à lundi prochain.
- Le conseil a dû changer d'avis.
- Mais pourquoi ?
- Pour nous affaiblir, répondit Lexa. Si on perd, ça les arrange.
- Tu penses qu'ils sont capables de s'abaisser à ce niveau ?
- Pour garder leur argent ? Bien sûr.
- Wahoo… Qu'est-ce que je peux faire pour aider ?
Lexa s'installa s'assit sur son lit en soufflant. Elle tira Clarke à ses côtés en posant sa main sur sa cuise.
- Que tu sois là c'est déjà énorme, sourit la brune.
- Je n'aurais manqué ça pour rien au monde, sourit Clarke avant de se pencher en avant.
Lexa se dépêcha de réduire l'espace entre elle pour l'embrasser. Au contact de ses lèvres, la brune se calma rapidement. C'était l'effet que la blonde avait sur elle. Même dans les situations compliquées, elle savait l'apaiser.
- Et si je te faisais couler un bain dans cette toute petite baignoire ? proposa Clarke.
- J'ai un million de truc à faire.
- Tu as surtout besoin de te relaxer, et de réfléchir à ce que tu vas dire à tes joueuses.
- Comment je suis censée leur redonner de l'espoir alors que cet article fait croire que je l'ai déjà perdu ?
- Elles te respectent. Et, elles sont énervées mais... Tu dois juste leur rappeler pourquoi elles t'ont fait confiance la première fois.
- Tu as entendu Madi ? Je-…
- Prends ton bain, la coupa Clarke. Relax toi et réfléchis à ce que tu vas dire. Je m'occupe de ma petite sœur.
Lexa sourit. La confiance dont faisait preuve l'ainée Griffin l'avait toujours impressionnée.
- Oui madame.
/
Sans surprise, Clarke trouva Madi balle aux pieds sur le parking de l'hôtel. Sa petite sœur avait son casque sur les oreilles et faisaient des jongles. Le professeur l'observa en silence. Bien qu'elle ne pût imaginer ce que sa cadette pouvait ressentir, elle se doutait qu'elle souffrait plus qu'elle n'oserait le montrer. C'était ce que faisait tous les membres de sa famille.
Clarke attendit que Madi finisse. Elle ne serait pas disposée à l'écouter si elle ne terminait pas d'extérioriser ses émotions à sa manière. Le foot était sa façon de gérer ses sentiments, ça avait toujours était le cas.
- Si tu es là pour me convaincre de faire confiance à ta petite-amie, tu perds ton temps, lâcha Madi en retirant son casque.
- Je suis là pour voir comment va ma petite sœur.
- Ah… Dis-moi Clarke, tu étais au courant ?
La blonde baissa les yeux.
- Evidement. Encore un détail que tu ne voulais pas partager.
- Ça n'a rien avoir avec toi ou moi. Où même Lexa, ce n'était pas son choix, et quand elle l'a appris, elle était furieuse.
- C'était avant ou après qu'elle se trouve un nouveau boulot ?
Madi était en colère. Elle voulait provoquer sa sœur pour créer une dispute et pouvoir libérer sa rage. Clarke n'allait pas rentrer dans son jeu. Elle s'approcha de sa sœur, et pausa sa main sur son épaule, Madi se dégagea pour mettre un peu de distante entre elles.
- Tu es en colère, je comprends, mais si tu arrêtais de faire ta crise d'ado incomprise pendant cinq minutes, tu verrais que Lexa a toujours tout fait pour que tu réalises ton rêve. Elle t'a prise dans l'équipe, elle t'a entraîné tous les matins, elle t'a fait confiance. Elle mérite que tu fasses de même non ?
Et sans rien rajouter, elle planta sa sœur où elle était et se dépêcha de rentrer.
Madi frappa dans la balle sans regarder où celle-ci allait atterrir. Elle en avait marre de tous ses secrets, de ses embuches, elle avait déjà assez donné. Pourquoi ne pouvait-elle pas avoir une année sans aucun problème ?
La jeune fille attrapa ses affaires et se dirigea vers le réfectoire de l'hôtel. Echo avait demandé une réunion de toutes les joueuses. Madi n'avait pas envie d'y participer, mais jusqu'à ce que les Night Blood soient officiellement supprimées, s'était encore son équipe.
Toutes les filles étaient déjà arrivées. Madi s'adossa contre le mur du fond, les bras croisés. Echo se leva dès son entrée. Elle attendait l'arrivé du milieu de terrain avant de commencer.
- Je ne fais pas de long discours, c'est le boulot du coach. Alors, à 17h comme prévu on sera tous sur le terrain pour l'écouter.
- Pour qu'elle nous mente de vive voix ? demanda l'une des joueuses.
- Où qu'elle trouve des excuses ? continua une autre.
Echo passa sa langue devant ses dents pour éviter de s'énerver contre ses partenaires.
- Je vois que vous avez pleins de questions, rigola-t-elle. J'en ai aussi quelques-unes pour vous.
- Echo, commença Emori, voyant sa capitaine perdre patience.
- Qui a cru en vous dès le premier jour ? Qui nous a réuni toutes ensemble ? Qui a pris sur son temps et sa vie, en dehors de son travail pour que l'on progresse plus vite ? Grâce à qui on est arrivé à se qualifier ? Grâce à qui nous sommes sur le point de jouer la finale du championnat ?
La jeune femme recula et tira une chaise pour s'asseoir avec ses coéquipières.
- Je ne vous demande pas de lui pardonner ses erreurs sans réfléchir. Mais vous lui devez au moins une chance de s'expliquer. Elle a eu confiance en nous alors que personne ne croyait en nous, on lui doit bien ça, non ?
/
Lexa était anxieuse. Malgré les paroles réconfortantes de Clarke, elle n'était pas sûre que ses joueuses viennent s'entraîner. Elles avaient déjà quelques minutes de retard et cela ne leur ressemblaient pas. Elles avaient toujours été les premières sur le terrain, et restaient souvent après la fin des entraînements pour faire un peu de rab.
Le coach souffla de soulagement en voyant le groupe arriver. Aucune d'elles étaient en tenue, mais c'était un début. Lincoln et Jasper s'approchèrent de Lexa avec le sourire. Tout n'était pas encore perdu. Elle devait les convaincre.
- Merci d'être venue, commença-t-elle. On a encore une bonne séance de travail. On a toutes nos chances de gagner demain.
- Alors pourquoi vous avez décidé de démissionner ? demanda Madi.
Lexa se mordit légèrement la lèvre pour prendre le temps de trouver les bons mots.
- Je sais que ça va être dur à croire, mais c'est pourtant la vérité. Je crois en chacune d'entre vous, et je suis persuadée qu'il y a d'autres pépites à Polis. Je voulais que, peu importe le résultat de demain, il reste une place où des jeunes filles aussi talentueuses et passionnées que vous puissent jouer au foot sans à avoir faire une heure de route. Bien sûr que gagner des championnats ça fait plaisir, mais le plus important c'est d'avoir la possibilité de jouer.
- Vous montez vraiment une équipe concurrente au Night ? demanda Emori.
- Non, je monte une équipe alternative. Elles ne participeront pas aux mêmes compétitions. Et, vous êtes toutes les bienvenues pour vous entrainer avec nous même si vous restez avec les Night. Le but n'est pas de créer plus de compétition, mais de jouer au foot.
Lexa reprit sa respiration. Elle essaya de rester calme pour montrer à quel point elle était sincère.
- C'est tout ce que j'ai toujours voulu. Jouer au foot. Et, maintenant que je sais ce que l'on ressent quand on ne peut pas y jouer… Je ne le souhaite à personne. Si je peux aider, ne serait-ce qu'un petit peu… Que l'on gagne ou que l'on perde ce soir, ça n'a pas d'importance. Je veux que vous puissiez continuer à jouer. Je veux que vos petites sœurs puissent jouer. Et, je ferai tout pour que vous n'ayez jamais à connaitre le mal que l'on ressent quand on quitte le terrain sans en avoir le choix. Je suis désolée de vous avoir caché la vérité. Je suis désolée que vous l'aillez appris de cette façon. Mais je ne suis pas désolée du choix que j'ai fait. C'était une opportunité de sauver le foot de Polis.
Les joueuses restèrent silencieuses un moment. Lexa avait fini. Il n'y avait rien à rajouter. Si, malgré tout, les adolescentes refusaient de jouer, c'était un choix qu'elle accepterait.
- Vous pensez que l'on peut gagner demain ? demanda Ontari.
- On est arrivée jusque-là, n'est pas ? On est capable d'aller jusqu'au bout.
- Alors qu'est-ce qu'on attend ? lâcha Echo.
- A vous de me le dire…
L'une après l'autre, les jeunes femmes suivirent leur capitaine pour aller se changer. Et, en quelques minutes, c'était comme si rien n'avait changé. Lexa donnait des ordres de tactiques pendant que ses filles les exécutaient avec le plus de précisions possibles.
- Je pense que cette année c'est la bonne, souffla Lincoln en s'approchant d'elle.
- Je pense aussi, reprit Jasper. Polis High va recevoir sa troisième étoile.
- Peut-être… Je serais fière d'elles dans tous les cas.
Après une heure seulement, Lexa envoya tout le monde dans leur chambre pour se préparer pour le repas. Elles n'avaient pas besoin de se fatiguer plus. La journée de demain aller être éprouvante. Entre le stress de la finale, et la pression rajouté par la présence de la télévision… Maintenant que la nouvelle était sortie, il n'y avait aucun doute que les journalistes présents demain pour l'avant match décident de poser des questions sur la possible suppression de l'équipe. Lexa avait demandé aux jeunes femmes de répondre le plus neutralement possible, de ne pas devenir émotionnel, ils n'attendaient que ça.
Dès que Lexa avait quitté le terrain, Clarke lui prit la main pour la reconduire jusqu'à l'hôtel. Elles essayèrent d'être discrètes, mais elles avaient besoin d'être ensemble.
- J'étais sûre que tu arriverais à te faire pardonner, rigola Clarke en se posant sur son lit.
- Parce qu'on ne peut pas me résister, c'est ça ? rigola Lexa en s'installant à côté d'elle.
- En tout cas moi, je ne peux pas !
La blonde passa ses bras autour de la nuque de sa partenaire et se pencha pour l'embrasser tendrement. Elle en avait envie depuis plusieurs heures mais ne voulait pas étaler sa vie privée à la figure de ses élèves.
- Merci d'être là, souffla Lexa.
- Tu me remercieras après ton massage, sourit son amie.
- Mon massage ? demanda la brune.
- On risque de dormir peu ce soir, avec la surveillance des couloirs et le stress… Laisse-moi t'aider à te relaxer un peu.
- Ok
- Enlève ton haut et allonge-toi sur le ventre.
Lexa descendit au repas complètement déstressé. Les mains de Clarke avaient fait des merveilles. A plusieurs reprise, la coach avait essayé de se retourner pour transformer la situation en quelques choses de plus fougueux, mais la blonde avait résisté. Elle voulait prendre soin de Lexa de manière délicate et attentionnée mais non sexuel. Après un début de relation assez passionnelle, elle voulait lui faire comprendre qu'elle était là pour elle dans tous les sens du terme. Elle n'avait plus peur de cet engagement.
/
Madi était allongée sur son lit, un livre entre les mains quand elle entendit frapper à sa chambre. Ontari étant dans la salle de bain, elle se leva pour aller voir qui avait bravé le couvre-feu pour venir les voir. Il n'y avait personne derrière la porte. Un deuxième bruit raisonna dans la salle. La jeune femme fit demi-tour et sursauta en découvrant Echo et Niylah sur son balcon.
- Comment vous êtes arrivée là ?
- Les balcons sont quasiment collés, répondit Echo. Va chercher Ontari et on y va.
- On va où ? La coach va nous tuer si elle sait qu'on est dehors.
- Elle est bien trop occupée à se faire ta sœur pour le remarquer, rigola la capitaine.
- Arg… évite de me mettre ses images en tête.
- Alors, tu viens ?
Les quatre joueuses passèrent de balcon en balcon pour récupérer Emori et Tris, avant de se faufiler par l'escalier du fond du couloir. Une fois dehors, elles devinèrent facilement où Echo était en train de les conduire. Personne n'osa demander comment la capitaine avait réussi à avoir la clé du stade, Echo avait plus d'un tour dans son sac. Elle se débrouillait toujours pour arriver à ses fins. Malgré l'obscurité, on devinait facilement les cages, et les bordures du terrain. Les tribunes étaient immenses, elle n'avait jamais joué devant autant de monde. Tout Polis pouvait tenir.
- Alors, prête à gagner demain ?
- Je n'en reviens toujours pas, commença Emori, on est en finale du championnat. On va jouer devant plus de mille personnes, et à la télévision ! Qui l'aurait deviné ?
- Moi, leva la main Madi. J'ai toujours su qu'on y arriverait.
- Moi aussi, avoua Ontari. On a eu la chance d'avoir la meilleure joueuse du monde comme coach. C'est plus qu'un avantage, c'est la victoire assurée.
- Ça fait quatre ans que je joue pour les Night, commença Echo, on n'a jamais eu une équipe aussi talentueuse.
- Je suis d'accord, continua Niylah. C'est la première année où l'on n'était pas juste des joueuses réunies sur le même terrain, mais une véritable équipe.
Elles marchèrent jusqu'au centre de la pelouse avant de s'installer au sol. C'était impressionnant de se retrouver ici.
- Et si on perdait demain ? demanda Emori.
- Azgueda nous laissera jamais jouer avec elle, répondit Tris.
- Et je n'ai aucune envie de jouer avec elle, précisa Madi.
- Pourtant, tu le feras ! s'exclama Echo. Et, leur coach sera ravie que vous rejoigniez l'équipe ! Avec vous, elles ont leur chance.
- L'académie de Boston veut me recruter pour l'année prochaine, précisa Madi. J'allais refuser, c'est l'ennemie de demain après tout mais… S'il n'y a plus d'équipe à Polis… Je n'ai vraiment pas envie de changer de lycée, vous quitter vous, Gaïa ou Aden, mais… j'ai besoin de faire du foot.
- Si ça peut te rassurer, commença Ontari, que l'équipe soit supprimée ou non, c'est là-bas que je vais faire ma rentrer.
- Pardon ? s'exclama Emori. Tu pars même si on gagne ?
- Mes parents veulent m'inscrire là-bas depuis toujours… Ils ont beaucoup de mal avec le fait que leur fille préfère le foot au droit, quand ils ont vu que le coach voulait me recruter, ils ont commencé à accepter que je veuille en faire ma carrière alors…
- Je n'aime pas les changements, commença Tris, mais je suis heureuse pour toi. Et pour toi aussi Madi.
- Eh ! Je ne suis pas encore partie. Je verrais après le résultat de demain. Pas question que je vous quitte si l'équipe reste ! précisa la jeune femme.
- Surtout que ce sera ton équipe après tout, sourit Echo.
- Comment ça ?
- Arrête de faire l'innocente, on sait tous que c'est toi qui vas hériter de mon brassard de capitaine !
- On est dans la merdre, souffla Emori, elle s'entraine encore plus que toi !
Madi rigola en poussant sa coéquipière. La jeune femme avait déjà pensé à cette possibilité. Et, ce n'était pas aussi évident que le prétendait Echo, mais sans Ontari dans l'équipe, il y avait en effet de grande chance qu'elle soit promue capitaine.
- Promettez-moi que, peu importe le résultat de demain, on restera en contact ! Être une Night Blood à changer ma vie. Je ne veux pas que tout s'arrête.
- Mais que tu es niaise ! rigola Echo.
- On a qu'à s'organiser un match de réunion à tous les Thanksgiving ! proposa Ontari.
- Parfait, sourit Madi.
- Sur un tout autre sujet, alors Mads, ça fait quoi d'avoir la coach comme belle-sœur ? rigola Ontari.
Madi fit sembler de vomir.
- On peut éviter dans parler !
- Pourquoi ? Ta sœur est canon ! rigola Echo.
- On parle de ma sœur et de mon coach…
- J'aimerai tellement que ma sœur sorte avec coach Woods, rigola Emori. Imagine tous les entraînent, ou les repas à parler de foot. Mais malheureusement, elle est déjà mariée.
- Et puis, elles se connaissent depuis longtemps, non ? demanda Tris.
- Ouais, elles avaient notre âge. Mon père travaillait avec Lexa pour qu'elle puisse faire carrière. Il croyait en elle.
- Et maintenant, Lexa fait pareil avec toi. C'est plutôt cool comme histoire, fit remarquer Nyilah.
- Tu as eu des nouvelles de l'équipe nationale ? demanda Ontari.
- Non. Toi ?
- Non plus. Mais ça me rassure, si tu n'as pas encore été accepté c'est qu'ils n'ont pas fini de faire leur choix.
- Quoi ? demanda la jeune Griffin.
- Il n'y a pas de doute, tu vas être prise, tu es la meilleure joueuse à ton poste de notre âge. Alors, si tu n'as pas encore eu ta lettre, ça veut dire que je peux encore espérer en avoir une.
- Lexa m'a dit qu'ils attendaient la fin de toutes les compétitions avant d'envoyer les invitations aux stages, on devrait être fixé d'ici le mois prochain.
- Ok, je…
Ontari fut couper par un claquement de porte. Elles se levèrent toutes d'un bon, prêtes à échapper au vigile, quand elles reconnurent la voix de leur coach. Et, elle était furieuse.
- Vous vous moquez de moi ? s'énerva Lexa. Vous devriez être sous vos couettes depuis presque une heure !
- Coach… commença Echo.
- Ne finit pas ta phrase, la coupa Lexa. Filez, tout de suite ! Et j'installe mon matelas dans le couloir. Si j'en vois une hors de sa chambre, elle ne jouera pas demain. Est-ce que c'est bien compris ?
- Oui coach, répondirent-elles en chœur.
Quand elles arrivèrent à l'hôtel, Clarke avait déjà installé un matelas sur le sol du couloir. Madi baissa les yeux pour ne pas confronter sa sœur et fila rapidement.
Clarke ne put s'empêcher de sourire. Madi et elle étaient tellement différentes aux mêmes âges, et pourtant, si semblables, c'était bizarre.
- Je crois que tu les as traumatisés, rigola la blonde quand Lexa s'installa à côté d'elle.
- Bien !
- Si seulement elles savaient à quel point tu n'es pas effrayante du tout en vrai.
La brune prit la main de Clarke et lui embrassa les doigts.
- Tu ne comptes pas leur dire, j'espère ?
- Nah… Je suis assez fière que tu réserves ton côté adorable juste pour moi.
- Rien que pour toi, sourit Lexa. De toute manière, personne ne te croirait !
Clarke se rapprocha un peu d'elle et laissa tomber sa tête sur son épaule. Les moments qu'elle passait seule avec Lexa lui faisait oublier les raisons de sa peur de l'engagement. Et, maintenant qu'elle était prête à prendre des risques, elle devait en discuter avec sa partenaire.
- Je sais que ce n'est peut-être pas le moment mais… est-ce qu'on pourrait rediscuter de cette histoire de voir d'autres personnes.
Lexa souffla anxieuse.
- Si c'est à propos de notre dernière dispute, je suis vraiment désolée. Je te promets que cela n'arrivera plus.
- Je sais, et je te fais confiance. Ce n'est pas ça le problème.
- Alors, tu veux parler de quoi ?
- Je ne veux voir personne d'autre, et si tu n'as pas changé d'avis, toi non plus.
- Toujours pas non.
- Alors… ça te dérangerait si je te présentais comme ma petite-amie aux autres ?
- Si ça me dérangerait ? demanda Lexa surprise. Je croyais que toi tu n'étais pas prête.
- Je ne l'étais pas, avoua Clarke. Mais c'était avant d'être avec toi. Notre situation est ridicule en plus, on est déjà ensemble, on évitait juste de l'officialiser car je suis bête.
- Tu n'es pas bête, tu as été blessé. Et, même si j'aimerai que ce ne soit pas le cas, j'ai fait partie de ses personnes qui sont responsables de ta peur. Mais, je ne veux plus que ça arrive. Je ne te ferais plus jamais souffrir intentionnellement en tout cas.
- Je sais. Je te fais confiance, et je veux être avec toi, souffla Clarke en relevant sa tête et lui faisant face.
- Alors, tu peux me présenter comme ta petite-amie, enfin si j'ai le droit de faire pareil, sourit Lexa.
La blonde se pencha légèrement pour réunir leurs lèvres ensemble. Comment un simple baiser pouvait avoir autant d'effet sur une personne. Clarke se sentait toujours en sécurité et apaisé, comme si toutes ses peurs, ses doutes, son mal être, disparaissait quand elle embrassait Lexa.
- Et si tu dormais un peu.
- Mais les filles, protesta Lexa.
- Tu as une longue journée demain. Repose-toi, je monte la garde ! sourit Clarke,
- Ok.
La brune s'allongea un peu plus sur le matelas, laissant sa tête reposer sur les genoux de sa partenaire. La main de Clarke trouva aussitôt ses cheveux et commença à la caresser doucement du bout de doigt. Malgré le stress et sa position peu confortable, Lexa passa l'une des meilleures nuits de sa vie. Pour elle aussi, il n'y avait rien de plus magique que la présence de la blonde pour se sentir bien.
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- Ok, les filles, commença la coach. Ces derniers jours, il y a eu beaucoup de discours sur ce qu'on attendait de vous. Tout le monde pense que vous allez céder sous la pression, que vous n'arriverez pas à gérer tout ce qui est en jeu ce soir. Je ne suis pas d'accord. Je nous vois gagner ce soir. Alors aller montrer ce dont vous êtes capables !
- Yeah ! crièrent les filles.
- Echo !
Lexa attrapa sa capitaine qui commençait déjà à courir vers la sortie.
- Tu mérites de gagner. Est-ce que tu comprends ?
- Oui coach.
- Tu as travaillé pour. Tu le mérites. Mets-toi bien ça dans la tête. C'est ton match ce soir.
- Oui coach. Et vous aussi. Vous le méritez !
Quand l'arbitre siffla le coup d'envoi, Lexa était encore anxieuse. La journée s'était bien passée. Les filles étaient concentrées et elles avaient géré sans difficultés les différents journalistes. Malgré tout, la brune aurait tout donné pour pouvoir être sur le terrain avec ses joueuses et non sur ce banc avec un sentiment d'impuissance. Pourtant, les adolescentes n'avaient pas besoin d'elle. L'équipe était partie sur de bonne base. Il était encore trop tôt pour savoir qui finirait par soulever le trophée, mais les Night Bloods avaient toutes leurs chances.
D'ailleurs, elles ouvrèrent le score à la 19ème minutes. Madi venait de récupérer la balle grâce à un contre de leur défenseuse. Elle courut balle aux pieds, le plus vite possible. Il y avait trois adversaires entre elle et Emori. Elle tenta sa chance, une passe en profondeur qui passa juste derrière la dernière ligne. L'attaquante réussi à se dépasser et se retrouva en face à face avec la gardienne. Lexa avait vu les meilleures joueuses du monde rater des tirs plus faciles sous la pression. Mais lorsqu'Emori poussa le ballon à ras du sol, le faisant passer entre les jambes du dernier rempart adversaire, l'ancienne joueuse ne douta pas. Ses filles avaient un mental et des compétences d'acier. Elle leva les bras en l'air en voyant la balle s'enfoncer dans l'embut.
- Yes ! s'écria-t-elle. Yes.
Jasper lui sauta dessus en criant lui aussi. Ouvrir le score en finale de championnat contre l'équipe tenante du titre était de bon présage.
Malheureusement, cela ne dura pas. Leurs adversaires égalisèrent juste avant la mi-temps, une tête bien placée sur un corner merveilleusement bien tiré.
- Ce n'est qu'un léger contre temps ! lâcha Lexa en rentrant dans les vestiaires. On ne lâche rien, vous faites du bon boulot ! Il nous faut juste plus de vitesse, récupérer les ballons plus haut, ne pas avoir peur d'aller au duel. Allez les filles, elle est pour nous.
- Un, deux, trois… Night Blood !
La deuxième mi-temps fut tout aussi serrée. Il y avait beaucoup d'action des deux côtés, mais aucune de deux équipes arrivaient à se détacher.
Les Night Bloods finirent par reprendre l'avantage à la 57ème minutes. Echo venait de récupérer la balle et, grâce à une de ses accélérations dont elle seule avait le secret, fit une percé sur le côté gauche. Elle passa à Ontari, qui se retrouva encerclée en un quart de seconde. Leurs adversaires avait bien fait leurs devoirs. Elles savaient que la jeune attaquante avait une frappe lointaine puissante et très précise, elles avaient pour ordre de la neutraliser le plus haut possible. Mais Lexa avait anticipé leur tactique, et avait fait répéter à ses adolescentes plusieurs combines jusqu'à ce qu'elles soient capables de les exécuter sans y penser. Ontari talonna le ballon sachant, sans aucun doute, qu'Echo aurait réussi à se placer pour la récupérer. La capitaine ne la garda qu'une petite seconde avant de passer sur la droite. Madi l'attendait. Et même si elle n'avait pas la puissance d'Ontari, la frappe de la petite Griffin était efficace. La balle fila tout droit directement au fond du filet. Madi leva le poing en l'air, avant de jeter un coup d'œil au ciel. Ses coéquipières, qui connaissaient sa célébration, attendirent la fin avant de lui sauter dessus.
- Quelle frape Griffin !
- La prochaine est pour toi Queen !
A ce moment, Lexa pensait réellement que c'était gagné. Ses joueuses étaient en feu, il n'y avait aucun risque qu'elles se déconcentrent maintenant.
Malheureusement, l'institut de Boston égalisa sur un coup franc. Tout était à refaire. Et, elles commençaient à manquer de temps. Il ne restait plus que 5 minutes avant les prolongations, et Lexa voyait de plus en plus les signes de la fatigue. Les filles perdaient plus de ballon, les passes n'arrivaient plus aux destinations avec autant de précision et elles s'énervaient de plus en plus.
Elles n'eurent pas besoin d'aller en prolongation, le troisième but fut marqué dans le temps additionnel. La faute n'était pas évidente, et entendre l'arbitre siffler était une surprise. Une mauvaise surprise. Lexa râla et toute l'équipe essaya de protester, mais il n'y avait rien à faire. Un pénalty venait d'être accordé à l'équipe adversaire alors qu'il ne restait plus que quelques secondes à jouer. Quel arbitre sein d'esprit siffler un pénalty si près de la fin d'un match de cette envergure ? C'était inadmissible.
Malgré tout leur effort lors de la dernière action, le coup de sifflet final fut sifflé avec un score de 2-3 en faveur de Boston.
Sur le bord du terrain, Lexa serra la mâchoire. Elle ne pouvait imaginer ce qui était en train de se passer dans la tête des adolescentes. Elles ne venaient pas juste de perdre une finale, elles venaient de perdre leur équipe.
Le coach regarda les jeunes s'effondrer. Madi était au sol, elle essayait de réconforter Emori en pleure. Echo s'était éloigné de tout le monde, silencieuse, on pouvait voir la rage sur son visage. Ontari serrait la main de l'équipe gagnante, à contre cœur. Niylah était assise dans ses cages, les mains sur son visage.
Sur le banc, l'ambiance n'était pas mieux. Lincoln réconfortait les remplaçantes alors qu'Octavia s'était effondrée sur l'herbe. Après toutes ses années de batailles, elle n'avait pas réussi à sauver son équipe. C'était la fin malheureuse d'un long combat. Elle avait vraiment pensé que faire revenir Lexa serait la solution, et pendant toute la saison, elle y avait cru. C'était l'une de leur meilleure performance, et pourtant…
- Jasp, réunit les filles dans les vestiaires rapidement. Je vous rejoins d'ici 10 minutes, demanda le coach
- D'accord boss.
Lexa s'éloigna du terrain pour rejoindre Clarke. Elle fut automatiquement prise dans les bras de la jeune femme qui lui murmura des mots doux pour la réconforter. La brune se laissa aller pendant quelques secondes, enfonçant son visage dans le cou de sa partenaire avant de se ressaisir.
- Je vais avoir besoin de ton aide ! lâcha-t-elle.
- Tout ce que tu veux.
Quand Lexa redescendit des gradins, l'équipe victorieuse était toujours en train de fêter sa victoire. Jasper avait réussi à faire rentrer toutes les Night Bloods au vestiaire. Clarke la suivait avec tous les membres des familles de joueuses qu'elle avait réussi à réunir très rapidement.
Quand la brune ouvrit la porte, la salle était entièrement silencieuse. Les jeunes femmes levèrent la tête et l'observèrent. Toujours en silence, Lexa fit signe à tout le monde de rentrer.
- Je voulais que vos proches et amis soient là pour entendre ce que j'ai à vous dire, commença Lexa.
L'ancienne joueuse fit une pause afin de regarder toutes sont équipes dans les yeux, l'une après l'autre.
- De toute ma vie, continua-t-elle, aucune équipe ne m'a rendu aussi fière que vous. Je suis en admiration devant chacune d'entre vous. Vous avez pratiqué un excellent football, et pas que ce soir, mais toute la saison. Et malgré l'issus, c'était un très, très, grand match. Un match dont on parlera longtemps comme étant la plus belle finale jamais jouée dans le Massachusetts.
Echo sourit légèrement. Elle savait que tout avait changé pour eux ce soir.
- Un match dont vous n'avez pas fini de parler, rajouta le coach. Aucune d'entre vous ne sera plus jamais tout à fait la même. Vous pouvez être fière de vous mesdemoiselles. Je suis fière de vous. Et, je vous le dis sincèrement, vous êtes des championnes.
Elle commença à applaudir doucement avant que toutes les familles présentes la suivent pour les féliciter à leur tour. Les joueuses se levèrent pour aller se faire réconforter dans les bras de leur proche. Abby et Clarke enlacèrent ensemble Madi.
- Ton père serait tellement fier de toi Madi, chuchota le docteur Griffin.
- On est tellement fière de toi, rajouta Clarke.
- Ouais, souffla Madi. Et maintenant ? On fait quoi ?
Lexa qui avait entendu la question de la benjamine des Griffin, reprit la parole, assez fort pour que tout le monde l'entende.
- Maintenant vous continuerez de jouer ! Il y a deux ans, quand je me suis blessée, j'ai cru que je ne serais plus jamais heureuse. J'ai cru que… Je ne me voyais pas continuer si je ne pouvais plus être sur le terrain. Et puis, j'ai fait votre rencontre. Et chacune d'entre vous m'a donné la force de me lever le matin et de continuer à me battre pour ce sport que j'aime tant. Vous m'avez aidé à redevenir la personne que j'étais avant l'accident, la dépression et mon addiction. Vous m'avez rappelé pourquoi j'étais passionnée. Vous êtes fortes, vous êtes talentueuses, vous allez continuer à jouer car c'est plus qu'une passion, c'est un besoin. L'équipe d'Azgueda vient de recruter toute un tas de joueuses exceptionnelles. Je les vois bien remporter le championnat l'année prochaine, sourit le coach.
- A trois, commença Echo. Un, deux, trois !
- Night Bloods ! cria en cœur le vestiaire.
Sur le chemin entre le vestiaire et le bus, d'autres supporters les attendaient. Ils s'étaient installés afin de créer une haie d'honneur jusqu'au véhicule. Toutes les adolescentes passèrent à tour de rôle, applaudi par tous.
Lexa fermait le cortège, le sourire aux lèvres, elle était heureuse que ses jeunes femmes soient applaudies ainsi malgré leur défaite. Elles le méritaient tellement. C'était bien grâce à elles que le coach avait retrouvé l'envie d'être sur la pelouse. Et, puis, elles avaient joué un foot exceptionnel tout au long de la saison.
Alors que la brune avançait vers le bus, elle sentit une main se glisser dans la sienne. Clarke lui caressa le dos avec son pouce en souriant.
- Alors, c'est quoi la suite pour toi ? demanda la jeune femme.
- Je vais commencer par embrasser ma merveilleuse petite amie devant tout le monde, sourit à son tour Lexa.
- C'est un bon début.
- Et puis, je vais profiter de chaque moment que je peux partager avec elle, jusqu'à ce qu'elle en ait marre de moi.
- Et si elle en a jamais marre ? demanda Clarke.
- Alors je serais la femme la plus chanceuse de la terre…
- Ce n'est pas que je n'aime pas tes belles paroles… mais tu ne parlais pas d'embrasser ta-...
Clarke fut coupé par les lèvres de Lexa qui se posèrent délicatement sur les siennes. Et bien qu'elle soit certaine que toutes les personnes autour d'elles étaient en train de sifflet, la blonde ne les entendit pas. Il n'y avait que Lexa et elle. Lexa ressentait exactement la même sensation. Quand elle était auprès de Clarke, quand elle pouvait se perdre dans ses baisers, Lexa avait l'impression d'avoir 16 ans de nouveau. Et, elle savait que cette sensation ne disparaitrait jamais. Leur histoire avait commencé sur les gradins du lycée d'une petit ville, dix ans plus tard, malgré la distance et les embûches, son amour pour la jolie blonde était encore plus fort.
Main dans la main, elles montèrent dans le bus, prêtes à affronter le quotidien, ensemble.
Je dois vous avouez que malgré mon plaisir d'avoir écrit et fini cette histoire, je ne pense pas que cela soit ma meilleure fin. Et, en même temps depuis que j'ai écrit BRING IT ON, je suis déçue ahahah.
J'espère pour autant qu'elle vous a plu. J'ai essayé de retransmettre le respect, l'amour et la sincérité qu'éprouvent nos deux héroïnes depuis le chapitre 1 l'une pour l'autre.
Je ne sais pas si j'aurai l'occasion de revenir écrire quelques choses sur fanfiction... mais j'espère retrouver certains d'entre vous si c'est le cas.
Bonne journée à tous.
