Chapitre 2 : Le chemin de traverse

La soirée s'était passée comme dans un cocon d'ouate. Oscar avait lu et relu la lettre de l'école jusqu'à l'apprendre par cœur. La liste d' « ouvrages et équipement nécessaire au bon déroulement de votre scolarité » était plutôt longue et assez... excentrique.

- Chaudron, télescope, baguette magique. Ça va être drôle comme course, j'espère que le professeur… Rogue sait où on trouve ça parce que ne sera pas à la supérette du quartier.

Sa nuit fut peuplée des dragons dont la peau ferait ses gants, de baguette magique et de ce à quoi pouvait bien ressembler Poudlard.( vous ne voulez pas savoir à quoi ressemble Poudlard dans l'imaginaire d'Oscar.)

Quant à ses parents, ils avaient fini par accepter doucement, mais sûrement la nature de leur fille et en étaient même plutôt fiers. Ils s'étaient arrangés avec le professeur. Celui-ci devait venir chercher Oscar le lendemain matin pour l'emmener acheter ses fournitures scolaires-oui elle va faire ses courses avec Severus Rogue.

Le lendemain était un dimanche. Dimanche 29 août. La rentrée était dans 3 jours et le directeur de Serpentard sentait son moral sombré lentement. Il était 10 h 00 et comme prévu Severus transplana dans une ruelle non loin de la maison des Haïress.
Lorsqu'il sonna à la porte, un bruit de course, bien que léger, se fit entendre et la porte s'ouvrit sur une Oscar resplendissante, ses yeux pétillaient de bonheur, ce qui est fort peu banal au vu de la personne se trouvant en face d'elle et c'est sans doute la raison pour laquelle ils perturbèrent autant le maître des cachots.

- Bonjour, sourit-elle

- bonjour Miss. Vos parents, sont-ils là ?

- Mon père travaille, mais ma mère est au jardin, entrez. Répondit la jeune fille en s'effaçant.
Sous le soleil de cette fin d'été, le petit salon blanc et bleu était magnifique.

Oscar le traversa à toute vitesse ces longs cheveux volant derrière elle. Elle ouvrit la grande porte-fenêtre et sortit chercher sa mère, accroupie devant un parterre de roses. Oscar revient. Son sourire ravi étalé sur son visage atteignant ses yeux bleus, les faisant briller. Severus déglutit, mal à l'aise. Les yeux de l' adolescente le perturbaient. Ils lui rappelaient quelques choses sans qu'il puisse dire quoi. Vous savez comme ces impressions de déjà-vu, mais vous ne savez plus vraiment pourquoi. Peut-être lui rappelaient-ils simplement les superbes saphirs que l'on pouvait voir dans les musées. En tout cas, elle était extrêmement belle à cet instant et il ne doutait pas qu'elle face de l'effet à la bande cornichons prépubères de sa maison, quelle que soit sa maison.
La porte-fenêtre claqua, ramenant Severus à la réalité.

- Monsieur Rogue, salut Mme Haïress. Vous êtes venu chercher Oscar.

- Oui et avec votre permission, nous repartirons par voie de cheminette, fit-il en désignant le feu ouvert d'un geste négligeant.

Heureusement qu'ils n'avaient pas un pôle, il aurait eu l'air con...Mais con, il ne l'est pas et il avait vérifié la veille.

- Par la cheminée ? S'étonna Mme Haïress.

-Mmm… Oui. Je vais relier votre cheminée au réseau de cheminette et nous l'emprunterons jusqu'au Chaudron Baveur.

-On peut clarifier les choses deux minutes ? Vous voulez passer par la cheminée, pour aller faire mes achats scolaires, dans un chaudron ? Tous les transports sorciers sont aussi chelou ou vous avez des transports normaux, comme le bus par exemple...

C'est sûr que dit comme ça, c'est bizarre et c'est sans doute ce qu'exprimait la grimace de Severus avant qu'il ne lui explique ce qu'était le Chaudron Baveur, l'utilisation concrète de la poudre de cheminette et qu'il existait en effet le Magicobus en Angleterre (en omettant toutefois qu'il était capable de passer à pleine vitesse entre deux camions de pompier séparés d'1,5 mètres...).

- Eh bien après vous miss…

-Après moi ?!

-oui fait comme je viens de vous l'expliquer. Vous prenez la poudre vous la jetez dans la cheminée et vous rentrez dans les flammes vertes en prononçant intelligiblement votre destination à savoir…

- le Chaudron Baveur, j'ai compris, souffla Oscar.

- Très bien alors aller-y, rétorqua Severus qui n'avait pas beaucoup apprécier l'interruption.

-Vous pourriez pas me montrer avant? Hésita Oscar.

-je pourrais, mais alors vous devriez le faire seule et sans supervision après.

- À ouais… Et je suppose que c'est pas chaudement recommandé pour une première fois.

- En effet

Oscar tendit la main vers le petit sac en velours noir que tenait le professeur. À l'intérieur, il y avait une poudre étincelante que je voyais verte, mais en fait pas plus que ça… Elle en prit un peu dans son poing et s'approcha de la cheminée où le maître des potions avait fait apparaître un feu. La jeune fille y laissa tomber la poudre et les flammes devinrent vertes en doublant de volume, léchant les bords de l'âtre. Oscar se retourna pour regarder le directeur de Serpentard qui l'encouragea d'un hochement de tête.

-Chaudron Baveur, répéta-t-elle avant de se jeter dans les flammes dans un accès de courage très Gryffondorien (Gryffondoresque ?)

Le monde se mit à tourner en tout cas, c'est ce qui lui sembla, car elle avait les yeux fermés et n'avait pas du tout l'intention de les rouvrir de sitôt. Cependant, elle y fut bien obligée lorsqu'elle atterrit sur la pierre froide du sol d'un pub.

Assis par terre Oscar regarda autour d'elle. L'endroit ressemblait à peu près à ce qu'elle avait imaginé. Un pub. Pas un petit café sympa où tu passes une ou deux heures avec des amis. Non. Un bar lugubre dont l'aspect bizarre et franchement pas rassurant était accentué, par les tenues plutôt excentriques des clients. C'est bien simple, tout était bleu. Le ciel était bleu ça, c'est normal, mais le petit nuage blanc à côté du soleil... Ah non merde c'est pas la bonne histoire, sorry. Je reprends, c'est bien simple tous les clients portaient des robes, certaines noir d'autres bleu fuchsias ou vert d'eau, et des chapeaux, pointus, haute-forme, melon ou à large bord. Bref, on se serait dit dans un bal costumé et Oscar trouvait ça franchement ridicule. On ne peut pas lui donner tort, la mode sorcière, c'est vraiment ringard.

- Vous allez bien miss ? S'enquit un homme chauve, qui vu son accoutrement, devait être le barman.

-Heu...

Le feu se raviva derrière Oscar et Rogue apparu, sur ses deux jambes lui.

- Ce n'est rien Tom, répondit, en anglais, le professeur de potions, elle est avec moi. Relevez-vous, vous, siffla-t-il en direction d' Oscar qui n'avait pas bougé et était toujours assis sur le sol froid.

Le regard de l'homme était dur et beaucoup plus froid et qu'il ne l'avait été chez elle. La jeune sorcière compris vite que c'était parce qu'ils étaient dans son monde à lui et qu'il était par conséquent plus à l'aise.

Le professeur métamorphose à sa longue veste noire en robe et cape de la même couleur qui lui remontait dans le cou. Ça lui donnait un air d'oiseau de proie avec sa cape et son nez tellement crochu qu'il aurait fallu être aveugle ou totalement idiot pour ne pas comprendre qu'il avait été brisé plusieurs fois et que par conséquent le professeur avait dû se battre souvent. Oscar était debout et le Serpentard l'emmena vers le fond du pub vers une porte où se trouvaient l'arrière-cour et l'entrée du chemin de traverse. La rue marchande était pleine de monde comme la place du 20 août1 le 20 août (oui, elle porte bien son nom.). Le chemin de traverse était contrairement au Chaudron Baveur très lumineux et chaleureux. Les tenues, bien que colorées, qui semblaient ternes à l'intérieur du pub chatoyer au soleil inhabituellement présent de Londres.

-Monsieur où on va ? Demande à Oscar.

-Nous allons d'abord passer par Gringotte afin de changer votre argent moldu en Gallions.

-Des Gallions ? Comme les galions espagnols ?

-Je ne pense pas que c'est le moindre rapport. Marmonna le maître des potions en se mettant en route.

La banque des sorciers était située à l'autre bout de la rue encombrée, mais étonnamment - ou pas - le passage semblait se dégager de lui-même devant le professeur dont les grandes robes claquaient autour de ses chevilles. Oscar avait du mal à suivre, car le passage se refermait quasi instantanément derrière le Serpentard.

Le bâtiment abritant les coffres était une bâtisse blanche au mur de travers et aux grandes portes d'or. Sur celles-ci, était gravé un texte qu'Oscar interpréta comme n'étant pas « Bienvenue à Gringotts banque du monde sorcier » et elle n'a pas tort, c'est pas vraiment le même registre. À l'intérieur, le professeur Rogue se dirigea vers un des guichets libre. La transaction se fit sans trop tarder.(Ce qui est assez exceptionnel pour une banque. Les sorciers n'imaginent pas la chance qu'ils ont que leurs comptes soient gérés par des Gobelins même s'ils sont antipathiques. D'ailleurs, j'ai une théorie sur le pourquoi les sorciers et les gobelins ne s'entendent pas. Tout ça, c'est la faute du professeur Binns. Je m'explique. Le professeur Binns, professeur d'histoire de la magie à Poudlard, te rabâche les oreilles pendant 7 ans avec les révoltes des Gobelins alors comme c'est à cause de ça que tu n'as pas eu tes ASPIC en histoire de la magie lorsque tu vois un gobelin, après, tu ne peux pas t'empêcher d'être désagréable. Voilà!)

Retrouvons Severus et Oscar qui ont désormais quitté Gringotts pour se rendre chez Madame guipure prêt-à-porter pour mages et sorciers (j'adore ce nom, c'est impressionnant.) ou vient de rentrer, je vous le donne en mille... Mais non pas Harry Potter ! Malefoy. Drago Malefoy.

- Vous ici ! S'exclama le blondinet, je ne l'aurais pas parié pour tout l'or du monde.

-Bonjour Drago, salua Rogue, il doit être aussi étonnant de me voir ici, qu'il ne l'est pas mal de t'y voir, toi. As-tu réellement besoin d'une Xe tenue ?

-J'en ai besoin pour mon nouveau travail, parrain, s'exclama Drago indigné. Et vous ? Vous avez enfin décidé de renouveler votre garde-robe ?

-Pas du tout, grogna Severus légèrement vexé, j'accompagne une jeune étudiante dont les parents n'ont pas pu faire le déplacement.

-Vous ? Ricana Drago. Vous ! Vous avez accepté d'aider une étudiante à faire son shopping de rentrée ?

-Puisque c'est proposer si gentiment, j'accepte de te laisser cet honneur Drago. Rétorqua Rogue du tac au tac.

-Non merci parrain et puis je ne suis pas encore officiellement professeur, dit le blond avec un sourire espiègle.

-C'est dommage, tu parles plutôt bien français...

-Ah, parce qu'elle n'est pas anglaise ?! S'offusqua le jeune homme.

Severus allait répliquer quand la voix de la jeune fille l'interpella.

-Professeur ? J'ai terminé. J'ai déjà payer aussi. Ça a pris un peu de temps, mais j'ai compris, c'est comme elle est franc2 en fait.

-Intelligente, fit Drago vers son parrain. Bonne chance avec la née moldue.

Au grand étonnement des deux hommes, Oscar lui sourit et le remercia en anglais (très français tout de même). Severus et son élève sortir de la boutique en y laissant Drago à une armée de mètres-rubans. (ils devaient connaître les mesures depuis le temps.)

-Il est sympa, votre filleul risqua Oscar que le silence obstiné de son nouveau professeur mettait un peu mal à l'aise. Et quand je dis un peu, c'est un euphémisme parce que ce n'était vraiment pas le genre de silence qu'on peut apprécier...

-Comment savez-vous ?

En 7 ans que Drago avait passés à Poudlard, personne n'avait, ne serait-ce que soupçonner le lien entre les deux hommes et voilà qu'en 5 minutes une petite arriviste française avait tout découvert (je dramatise un peu c'est pas franchement très grave.)

-Je sais que mon niveau d'anglais, c'est pas ça, mais des mots comme "parrain" et "intelligente", je comprends...

Aïe mauvais point pour toi Severus. Sous-estimer l'autre, c'est synonyme de défaite. Souviens-toi Lucius dans le département des mystères. Bon, je m'en porte, mais voilà que nos deux protagonistes préférés arrivent devant la boutique d'Ollivander.

Il faut que je vous explique. Ollivander n'a pas repris son magasin après la guerre. Sauf qu'il fallait quand même un fabricant de baguette en Angleterre. (L'importation ça coûte cher et puis il y a une rumeur qui dit que les baguettes françaises sont de moins bonne qualité. Mais bon, vous savez les rumeurs.) Alors c'est son neveu, le fils de son frère ( je vous prend pas pour des cons...) qui a repris la boutique, mais il débute un peu dans le métier...

Fabien Ollivander était un jeune homme à l'allure dégingandée et aux cheveux bruns ramenés en catogan derrière la nuque. Il avait l'air sympathique, plus que son oncle en tout cas.

-Bonjour, que puis-je faire pour vous ?

-Je ne sais pas monsieur Ollivander que pourrions-nous bien vouloir dans un magasin de baguette ? Siffla Rogue que son ancien élève exaspérait au plus haut point.

-Désolé, professeur, s'excusa le jeune homme, c'est pour votre fille, je suppose ?

-Quoi ? Non ! S'écrièrent les deux clients d'une seule voix.

- Ah… Oh ! Vous avez cassé votre baguette professeur ? Ça ne vous ressemble pas.

-Mais non, sombre idiot, grogna Rogue, c'est bien pour elle que nous sommes si ce n'est pas ma fille !

-Ah, c'est étonnant, j'aurais pourtant juré...

-Ne jurez pas faites votre travail et de préférence vite.

Vite, on peut dire que ça a foiré. Une heure après il était toujours dans la boutique avec, éparpiller autour d'eux, près de 200 baguettes. Severus était au bord de la crise de nerf, Oscar essayait de cacher l'ennui profond qui l'avait gagné (même une journée de shopping avec sa mère était intéressante.) et Fabien était au comble de l'embarras il avait essayé tous les bois, tous les cœurs et absolument toutes les combinaisons possibles. Les baguettes ne réagissent pas du tout ou au contraire faisaient exploser 1000 choses dans la boutique. Severus avait d'ailleurs évité de peu un sort inconnu et l'état dans lequel il avait laissé le vase qu'il avait percuté n'avait pas amélioré l'humeur du professeur.

-Je dois vous avouer mademoiselle, que vous ne me facilitez pas la tâche.

Oscar le regarda une lueur l'incompréhension dans les yeux elle se tourna vers le maître des potions qui lui traduisit les paroles du fabricant de baguette.

-Désolé.

-Ce n'est rien. Nous n'avons pas le choix de toute façon.

-Il y a d'autres fabricants, glissa distraitement Rogue.

-Que… Quoi ? Non ! Professeur s'il vous plaît, vous ne pouvez pas me faire ça. On va trouver. Panique à Ollivander. Tenez essayez celle-ci. Bois de cèdre, plume de phénix, 32 cm.

Oscar attrapa le bout de bois et Severus s'écarta prudemment d'elle. Elle l'agita et au grand étonnement et soulagement des trois sorciers, la baguette n'émit qu'une lumière bien que plus fort qu'à l'accoutumer.

- Bien. Passons à la suite voulez-vous. Il nous reste une liste encore longue et nous avons perdu un temps non-négligeable. Il envoya un regard noir au jeune homme qui se tassa derrière son comptoir.

-Monsieur ? J'avais une question, risqua Oscar en sortant du magasin.

Rogue grogna et la jeune fille prit cela comme un assentiment.

-Ça veut dire quoi née-moldue ?

-Cela signifie que vos parents ne sont pas des sorciers malgré le fait que vous êtes une sorcière. Ainsi, il y a aussi les Sang-Mêlé dont l'un des parents est un sorcier et l'autre un Moldu, et les Sang-Pur dont les parents sont tous deux sorciers.

-Et ça change quelque chose d'être née-moldue ?

Merde, elles vont toutes la lui faire celle-là ?

-Non ça ne change absolument rien, souffla Severus les souvenir doux-amer remontant à son esprit.

-De toute façon, on n'en sait rien, rétorqua Oscar inconsciente du mal-être que sa question avait provoquée chez son professeur.

-Que voulez-vous dire, s'étonna le maître des potions ?

-Hein ? Oui, vous ne pouvez pas savoir. En fait, mes parents sont mes parents adoptifs. Donc si ça se trouve, je suis une Sang-Pure. C'est quoi ce magasin ?

-Farce et attrape pour sorcier facétieux.

-Cool ! On y va ?

-Sûrement pas. Je lutte toute l'année contre les marchandises Weasley, ce n'est pas pour vous permettre de vous en procurer maintenant.

-Pas cool.

Ils passèrent ensuite chercher le télescope, les gants et le chaudron avant d' aller chez Fleury & Botts où Rogue arracha une biographie intitulée « Qui je suis ?» des main d'Oscar en assortissant son geste d'un « Je vous interdis de lire les inepties de ce crétin. »

1Place du 20 Août :Chacun ses références ok ! Pour votre gouverne cette place se trouve en Belgique a liège

2Franc : ben oui on est en 1999 et l'Euro n'apparaît qu'en 2002 (comme moi) de plus elle est française elle n'utilise donc pas la livre sterling