« Pourquoi... Pourquoi... POURQUOI ! »
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Luffy est le premier à sortir, suivit rapidement de Chopper. Zoro se lève immédiatement. Il veut parler sauf que le capitaine l'arrête avant.
Luffy : Rassembles tout le monde.
Sa voix est serrée. Il a toute le tristesse bloqué dans sa gorge.
Zoro resserre son poing. Il part vers la direction de l'atelier. Il voit Franky et Brook en plein concert privé. Le son est bien plus imposant et triste dans la pièce que dans le reste du bateau. La fatigue se fait sentir à chacune de leurs notes, elles deviennent plus lourdes.
Il s'approche d'eux, quand le musicien voit le bretteur la mélodie s'arrête. Il sait que maintenant la musique ne sert plus à rien. Le second les invite à les rejoindre dans la cuisine. Ce lieu de réunion, de fête, l'antre de Sanji. Ils le suivirent vers cet endroit qui signera sûrement la fin de leur cuistot.
Pendant ce temps, dans la cuisine le trio n'a pas bougé de leur place. Luffy est le premier à entrer dans la pièce. Chopper est proche lui en larmes. Nami est la première à les voir arriver. Rapidement Usopp et Robin les remarquent aussi.
Ils se lèvent tous les trois comme des automates dénués de toutes émotions. Ils s'assoient à leur place habituelle et attendent ceux qui manquent à l'appel. Ils arrivent peu de temps après, ils s'installent autour de la table.
Cette pièce était tellement plus vivante avant. Toutes ces chaises avaient un propriétaire mais il en manquait un. L'absence du cuisinier se fait rapidement sentir car un silence lourd et pesant y règne.
Tout le monde attend les paroles du capitaine, celui-ci ne bouge pas. Peut-être veut-il repousser l'échéance de quelques secondes C'est la fin du voyage pour leur blond aux sourcils en vrille sauf que les mots ne sont pas encore prononcés. Tant que la voix du porteur du chapeau de paille n'est pas entendu, il reste un espoir. Luffy se lève, enfonce son chapeau jusqu'à masquer ses yeux. Le moment est venu.
Luffy : Laissons Sanji partir.
C'est fait, les mots ont été prononcés, plus de retour en arrière possible. Sanji allait mourir dans les heures qui suivent ou peut-être moins. Il vivait ses derniers instants.
Luffy : Chopper fera tout pour qu'il souffre le moins po...
Zoro : Vous voulez le tuer en plus, je suis sûr qu'il y a un espoir. Il peut s'en sortir ! Il va s'en sortir ! Il faut lui laisser le temps, ce sourcil en vrille va s'en sortir. Il ne pas abandonner comme ça ! Luffy laisses lui le temps, ne l'abandonnes pas ! Ne fais pas ça ! Il peut s'en sortir ! C'est San-
Luffy : ZORO !
Le bretteur s'arrête dans son élan de colère et de tristesse. Il se rassoit, les poings fermés, le silence est revenu violemment. L'ambiance est bien plus pesante qu'à leur début de réunion. Chopper s'approche de Zoro, il lui pose une de ses pattes sur sa main, il se détend un peu.
Chopper : Désolé Zoro. Désolé tout le monde. Je n'ai pas eu assez de com-compétences pour... pour... pour le sauver. C'est... c'est... ma faute! Je suis tellement dé-
Luffy : Chopper ne dis rien, c'est moi le capitaine de ce bateau et je vous assure que vous n'y êtes pour rien. Je vous interdis de croire ça !
Nami : Mais Luffy, si-
Luffy : Qu'est-ce que je viens de dire Nami ?!
Usopp : Elle n'a pas tort. Je me sens tout aussi coupable qu'elle et même si tu nous l'interdit, la culpabilité sera toujours là. C'est quelque chose d'incontrôlable.
Luffy : Usopp, je suis votre capitaine. Mon devoir est de vous protégez tous sans exception. Ce que je n'ai pas pu faire envers Sanji. Vous avez tout simplement suivi mes ordres, donc la responsabilité me revient totalement. Si vous avez besoin d'un coupable, prenez moi.
Zoro : Luffy tu as tort. C'est moi qui lui ai fait cette promesse. Silencieusement on s'était promis de se protéger mutuellement pour que tu puisse devenir le roi des pirates. Je n'étais pas là au moment crucial. Il l'a tenue contrairement à moi. C'est de ma fa-
Luffy : Zoro ! S'il te plaît sort tout de suite ça de ta tête ! Je suis sûr que Sanji ne veut pas que tu t'en veuilles.
Zoro : Comment tu peux le savoir ? En ce moment il est dans ce lit, immobile avec la mort en tant que compagnie ! Tu penses qu'il pense quoi en ce moment ?!
Franky : Zoro calmes-toi.
Zoro : Franky lâches-moi. Vous pensez connaître ce baka cook. Je vous assure que non ! Si vous le connaissiez vraiment vous sauriez qu'il se bat en ce moment même pour survivre ! Et vous ! Qu'est-ce que vous voulez faire ?! Le soulager de ses souffrances. Vous ne voulez pas dire juste le tu...
Luffy : ZORO ! Tu t'arrêtes immédiatement! As-tu pensé une seule seconde à Chopper dans tout ça!
Il tourne son regard vers Chopper qui avait toujours ses pattes sur son bras. Celles-ci commencent à trembler, ses pleurs se sont intensifiés pendant son discours. Il pose sa main libre sur l'épaule de la boule de poils pour que leurs yeux se rencontrent. Le plus jeune est totalement détruit, c'est ce qu'il vient de lire dans ses pupilles.
Zoro : Désolé Chopper, fais ce que tu as à faire. Ne m'écoutes pas, j'étais juste en colère. Oublies tous les mots que je viens de prononcer. Ils ne servent à rien.
Chopper : Non, tu as raison Zoro. Je vais juste le tuer plus rapidement, c'est tout.
Nami : Chopper on sera tous là avec toi. Je te le promets. Tu ne seras pas seul et tu ne dois pas prendre la responsabilité d'un tel acte.
Chopper : Merci Nami, tout le monde.
La discussion ne se poursuit pas plus longtemps. Un cri déchirant se fait entendre depuis l'infirmerie. La seule personne présente dans cette pièce est Sanji. Ils se précipitent tous vers lui. Zoro ouvre la porte violemment. Le spectacle qu'ils découvrent devant leurs yeux est improbable.
Le cuisinier a des spasmes violents, son dos est arqué, il se tient la gorge. Des cris violents sortent comme un flot inépuisable, des larmes dévalent ses joues dans un courant de désespoir.
Le second traverse la salle. Il essaye de lui retirer les mains de son cou. Il n'y arrive pas même avec sa force, Chopper cherche rapidement dans ses médicaments un sédatif. Il le trouve et pique la jambe du blessé. Ses mains ont beaucoup moins de force, le bretteur peut les lui retirer.
Il les pose le long de son corps, au-dessus de la couverture. Elles sont peintes de rouge comme son cou, il s'est griffé à sang. Chopper le voit aussi, il prend un bandage et du désinfectant. Il le soigne rapidement sous les yeux inquiets de ses amis. Quand le bandage est correctement installé, Nami prend la parole.
Nami : Luffy, on ne peut... pas le laisser comme ça.
Chopper : Nami je ferais le nécessaire pour qu'il ne souffre plus, tout sera bientôt finit pour lui.
Luffy : Chopper dans combien de temps tu prévois de le faire?
Chopper : Dans huit heures, comme ça vous aurez tous une heure seul avec lui, pour faire vos ...
Zoro : Ne dis rien, on a compris.
PDV de Sanji
Pourquoi sont-ils tous là, avec tout ce sang ?! Putain, mais qui a fait ça ?! Pourquoi sont-ils tous là ?! Pourquoi je le suis seul survivant ?! Que s'est-il passé pendant que je n'étais pas conscient ?! Mes jambes me tiennent plus, je m'écroule sur le sol. Mes genoux frappent violemment le sol, je sens une légère douleur dû au coup. Elle n'est rien à côté de ma souffrance mentale.
Mon pantalon aspire lentement le liquide carmin présent sur le sol. Je mets mes mains sur ma bouche, une violente envie de vomir me prend. Quand elles touchent mon visage, je sens quelque chose d'humide sur mes joues. Des larmes... Je pleure...
Non ce n'est pas possible, je n'ai plus jamais pleuré depuis qu'on a survécu avec le vieux schnock. La souffrance est elle plus importante que je ne le pensais ? J'essaye de les arrêter mais elles reviennent inexorablement. Si le marimo me voyait dans un tel état il serait mort de rire. Il aurait une belle occasion pour se foutre de moi sauf qu'il n'est pas là, vivant.
Il est au centre de la pièce avec le Wado Ichimonji qui traverse sa poitrine. La lame finit sa course dans le poteau central. Ses autre katanas sont plantés de part et d'autre de la vigie. Elles ont fait aussi des victimes.
Ce sont les membres féminins de l'équipage, à droite c'est Robin-chwan et le Shusui puis à gauche Nami-swan et le Sendai Kitetsu. Elles étaient toutes les deux à quelques centimètres au-dessus du sol.
Luffy est attaché au centre, à droite du marimo. Il n'a pas l'un des sabres dans son corps, ce sont mes couteaux de cuisine qui y sont parsemés. Usopp est à la gauche du bretteur et il a connu le même triste sort que le capitaine.
Un espoir naît soudainement en moi. Je n'ai pas vu les corps de Brook, Franky et Chopper. Il me donne la force de me relever, j'espère qu'ils sont encore en vie quelque part. Je fais un pas, puis deux dans le sang de mes amis, mais au troisième je sens quelque chose d'autre que du liquide sous mon pied.
Je baisse le regard en ayant un peur viscérale de ce que je peux trouver. Je vois un os, j'observe le sol plus attentivement. Il est parsemé d'os et des bouts de métaux. Je vois derrière le poteau une coupe afro, je cours, il est peut-être encore en vie. Il est en mauvais état mais pas mort.
Quand je vois la réalité derrière ce poteau, je ne bouge plus. Tout le visage de Brook est éclaté, Franky est à côté complètement détruit. Ce qui me détruit le plus ce sont ces cornes. Ce sont celles de Chopper. Je les prends dans mes bras, comme pour me rassurer qu'ils ne sont pas vraiment morts.
J'explose en larmes et je n'essaye plus de les arrêter. Personne peut me juger car je suis seul maintenant. Je suis totalement seul. Plus personne n'est là, je suis le dernier. Je resserre encore plus ses cornes contre moi. Je ne peux pas les laisser ici dans l'obscurité la plus totale. Pourquoi fait-il si noir ? Des tissus opaques sont mis à toutes les fenêtres.
Je pose le médecin et je les arrache tous. La scène était bien plus horrible sous la lumière du jour. Le blanc des corps contrastent violemment avec le rouge du sang qui est présent dans tout le lieux. Je ne peux vraiment pas les laisser ici.
Je reprends légèrement mes esprits. Je détache les filles en premières. Je les allonge sur le pont, sur des draps que j'ai mis juste après les avoir détachées. Je continue avec Luffy et Usopp. Je rassemble tant bien que mal Brook et Chopper qui ne sont plus que des os en miettes pour la plupart des membres. Je fais la même chose avec Franky. Il ne me restait plus qu'une seule personne à délivrer de ce carnage.
Je retire son katana fétiche, son corps glisse et s'allonge sur le sol poisseux. Je le relève et le tire vers l'extérieur. Je prends une serviette. J'essuie les traces rouges. Je ne peux pas m'empêcher de lui caresser la joue. Si j'avais su qu'on se séparait aussi vite et violemment, j'aurais tout fait pour te dire tout ce que je ressens au plus profond de moi. Mes larmes redoublent et je réussi à le descendre. Je le mets avec mes autres compagnons.
Ils sont tous là, devant moi mais je me sens si seul. J'ai besoin d'eux, vivez ! S'il vous plaît vivez ! Au moins un deux vous. Je ne veux pas être seul dans cet épreuve. Que vais-je faire sans vous ? Je regarde encore une fois Zoro, il n'a pas ses katanas. Je les ai laissé dans la vigie, je pars les chercher.
Il doit les avoir, ce sont un symbole pour lui. En entrant dans la pièce, une odeur forte me prend à la gorge. Je mis d'abord mes mains sur mon cou pour apaiser la douleur mais elle devient de plus en plus violente. Je crie pour me libérer de mes maux sauf que l'inverse se produit. Elle me fait encore plus mal, je m'effondre sur le sol par manque de force, je gratte mon cou.
Je dois saigner maintenant car je vois mes doigts rouges et mes ongles me font souffrir. La souffrance est de plus en plus dur à ignorer. Quelqu'un, à l'aide !Je sens quelque chose dans la jambes comme une piqûre, mais je ne vois rien. Mes muscles se détendent lentement, je tombe dans l'inconscience.
