Bonjour, pour commencer un grand merci aux 26 personnes qui ont pris le temps de lire mes deux premiers chapitres. Cela fait toujours plaisir de savoir que certains ont pris le temps de s'y intéresser. Je m'excuse aussi du délai; j'étais en vacances. Je me suis offert un petit séjour bien mérité au ski !

Allez, je ne vous embête pas plus longtemps ! Bonne lecture...


Chapitre 3 : Grabuge

Après quelques instants, perdue dans mes pensées, je secouais vigoureusement la tête pour chasser les terribles images de mon cauchemar ainsi que celles des tristes événements des derniers jours. Nonchalamment, tout en continuant de caresser Black Hayate, je quittai la contemplation de ma fenêtre pour tourner la tête vers mon réveil, afin de me donner une meilleure idée de l'heure qu'il était, à présent. En effet, dehors, le ciel était toujours d'une noirceur d'encre avec une magnifique pleine lune, qui donnait l'impression de voir comme en plein jour. Sa couleur légèrement rousse me laissait une curieuse sensation de mal-être… Je mettais cela sur le compte de la superstition et ne m'en formalisais pas davantage. Sur le cadran, les aiguilles indiquées quatre heures du matin : je savais déjà que je serai incapable de me rendormir, au vue des circonstances et je décidai donc de me lever pour attaquer rapidement cette nouvelle journée qui allait bientôt commencer. Avec notre déplacement imprévu et inattendu à Central, il était certain que notre hiérarchie allait nous tomber dessus pour nous demander des comptes et, ces derniers temps, ce n'était pas les dossiers à traiter qui manquaient. En arrivant un peu plus tôt qu'à l'ordinaire, j'aurai peut-être une chance de finir mon travail plus rapidement et quitter le bureau plus vite, ce soir… Pour être honnête, j'étais loin d'être convaincue par cette dernière pensée…

Dans un gros soupir, je quittai mon lit, à regret, et étirai un peu mes épaules endolories. Puis, j'entrepris de défaire mes draps et les mis en boule, dans ma corbeille à linge afin de faire disparaître les derniers vestiges de ma nuit agitée. Ma nuisette suivit le même chemin et ce fut vêtu d'un simple sous-vêtement noir que je me dirigeai, alors, vers la salle de bain. Une bonne douche, bien chaude, ne pourrait être que salutaire et bénéfique, pour mon esprit encore un peu embrumé. J'ouvris le robinet et me plaçai rapidement sous le jet glacé, tête basse, les yeux fermés et les mains posées sur le mur, de chaque côté de la colonne de douche. Même si je n'étais pas adepte des douches froides, la morsure de l'eau gelée, sur mon corps, eut le mérite de finir de me réveiller en me remettant les idées en place… En se réchauffant, progressivement, le jet me procura un effet apaisant qui parvint à me détendre et à calmer les angoisses réveillées par les mauvais rêves de cette nuit : la Guerre d'Ishbal restait, pour moi, un sujet extrêmement douloureux et j'étais loin d'être la seule dans ce cas. Certains avaient, tout bonnement, sombrés dans la folie ; tandis que d'autres avaient jeté un mouchoir blanc sur leur passé et s'étaient, petit à petit, reconstruits une vie. Mais pour ma part, c'était toujours présent, au fond de moi et il ne fallait pas grand-chose pour que cela resurgisse inévitablement… La mort violente du Général de Brigade n'était pas étrangère au retour soudain de ces cauchemars. Heureusement, les quelques minutes passées sous l'eau chaude, bienfaitrice, m'avaient permis de reconstruire cette façade froide du Lieutenant inébranlable, que tout le monde connaissait et dont le Colonel allait sûrement avoir besoin, dans les jours à venir.

Quittant, non sans regret, mon havre de paix, j'attrapai une serviette, me séchai rapidement et j'enfilai des sous-vêtements propres. Puis je sortis, encore enveloppée par la douce chaleur humide de la pièce d'eau, pour attraper une nouvelle chemise d'uniforme, dans mon armoire. J'étais en train de commencer à la boutonner quand la sonnerie de mon téléphone retentit brusquement. Telle ne fut pas ma surprise, à une heure pareille ; mais, à présent, réactive, je ne le lui laissai pas le loisir d'en émettre une seconde.

« Lieutenant ? » Interrogea une voix hésitante à l'autre bout du fil.

« Adjudant Fuery ? Que me vaut un coup de fil aussi matinal ? » Lançai-je froidement, avec un soupçon d'agacement.

« Je pensais que cela vous intéresserait sûrement. Bredouilla la voix mal assurée de l'Adjudant, avant d'entamer son interminable explication. Comme vous le savez, sûrement, je suis d'astreinte, au service des communications, toutes les semaines, dans la nuit du lundi au mardi et pour tuer le temps et éviter de m'endormir… »

« Adjudant, veuillez abréger votre histoire, s'il vous plaît ! Coupai-je, impatiente de connaître le véritable motif de son appel, sur ma ligne personnelle. Dans mon fort intérieur, je me doutais déjà qu'il s'était produit quelque chose. En effet, ce n'était pas le genre de mon subordonné d'appeler ainsi à mon domicile.

« Navré, Lieutenant, J'y viens. En écoutant les fréquences de la Police Militaire, j'ai intercepté un message urgent, annonçant qu'il y avait eu du grabuge à l'adresse du Colonel. Les agents ne sont pas encore sur place et, j'ai pensé qu'en vous pressant, un peu, vous pourriez y être bien avant eux ! »

En écoutant attentivement les propos de l'Adjudant Fuery, mon sang se glaça dans mes veines. Je le remerciai précipitamment pour son appel et raccrochai brutalement le téléphone. Je finis de boutonner ma chemise, sautai dans mon pantalon d'uniforme, enfilai mes bottes et claquai la porte de mon appartement, le haut à la main, sans même prendre le temps de la verrouiller. Je dévalai l'escalier et attachant mon holster et en refermant ma veste d'uniforme. Une fois dans la rue, je courus sans me retourner. Je courus comme si ma propre vie en dépendait. Heureusement qu'il y avait encore peu de circulation à cette heure-là, car j'aurai pu me faire percuter par un nombre incalculable de véhicules à chaque intersection traversée, en temps normal. Mon esprit n'était plus réellement conscient de ce qui se passait autour de lui, trop assailli par des dizaines de questions dont je n'avais, pour le moment, aucune réponse.

« Qu'était-il arrivé ? »

« Que signifiait le mot grabuge ? »

« Le Colonel avait-il été agressé ? »

« Etait-il blessé ou bien… ? »

Je secouai la tête à cette dernière pensée car je devais retrouver mon calme et poursuivre ma course effrénée, en allongeant, le plus possible, ma foulée car chaque seconde était précieuse et qu'il n'y avait pas de temps à perdre !


En espérant que cela vous aura plu. N'hésitez pas à commenter ! A bientôt pour le chapitre 4 !