Bonjour à tous, il est agréable de constater que vous êtes toujours un peu plus nombreux à suivre cette histoire. Cela reste peut-être modeste comparer à d'autres mais c'est toujours bon à prendre alors un grand merci !
Pour être honnête, petit chapitre mais plutôt intense... Je vous laisse le découvrir !
Chapitre 4 : L'irréparable.
Enfin, le bout de la rue était à ma portée. La longer m'avait paru interminable face à l'urgence de la situation. Je devais me hâter. La Police Militaire n'était pas reconnue pour sa rapidité d'action, mais, tout de même… Il me restait encore le boulevard à franchir et j'atteindrai les faubourgs de Centrale, où résidait le Colonel depuis notre arrivée. Heureusement qu'à cette heure-ci, le grand axe était quasiment désert. L'immeuble de mon supérieur se trouvait dans une petite impasse, bien à l'écart du tumulte de la vie nocturne de la Capitale ; ce qui était étonnant quand on connaissait les mœurs et les ragots le concernant. Sûrement qu'il voulait les avantages sans les inconvénients de la ville : cela lui ressemblait bien ce genre de contradictions…
Ce fut avec un soulagement, non feint, que j'atteignis, enfin, l'intersection où se trouvait l'entrée de la voie sans issue. Sans hésitation, je dégainais mon arme de service et m'approchais prudemment, en lançant de rapides coups d'œil, au coin du bâtiment faisant l'angle de la rue, pour m'assurer de la tranquillité des lieux. Aucun mouvement n'était à déplorer ! Avec d'infimes précautions, je me glissais discrètement dans l'impasse, en longeant le trottoir opposé, dos aux habitations mais faisant face au petit immeuble de quatre étages, où habitait le Colonel, afin de l'avoir toujours en visuel. On ne pouvait voir aucune lumière filtrée des appartements voisins, trahissant la présence éventuelle d'habitants éveillés. Face à un tel constat, j'étais très perplexe. En effet, l'Adjudant avait tout de même parlé de « grabuge », alors pourquoi tout semblait bien trop calme dans cette ruelle ?
Arrivée au niveau de la porte d'entrée, mais toujours sur le trottoir d'en face, je me décidai à traverser, discrètement, la chaussée, à petites foulées. En levant, les yeux vers le deuxième étage, j'aperçus que l'un des carreaux de la petite fenêtre, donnant sur le salon du Colonel, était brisée et que quelques bris de verre, scintillants, jonchés çà et là, l'asphalte juste sous l'ouverture. Une sueur froide coula le long de mon dos et un mauvais pressentiment plus pesant m'envahit, peu à peu. Je ne devais plus traîner ! Il n'y avait plus une seconde à perdre ! Toujours, mon arme au poing, j'ouvris, sans un bruit, la porte donnant sur le hall et me dirigeai silencieusement vers les escaliers menant au second étage. A cette heure bien matinale, il n'y avait pas âme qui vive. La Police Militaire n'avait toujours pas investi les lieux. A pas de loup, dans l'obscurité, je gravis les marches qui me menèrent sur un palier desservant quatre portes strictement identiques, seulement éclairées par une lumière blafarde, qui filtrait par une petite lucarne. Sans l'ombre d'un doute, je me plantais devant celle arborant le numéro 13, tous mes sens en alerte. Ne percevant aucun bruit suspect, j'attrapais vivement la poignée ronde de la porte et avec beaucoup de prudence, je tentais de la faire pivoter pour enfin l'ouvrir. Mais cette dernière me résista : telle ne fut pas ma surprise de constater que cette fichue porte était fermée à clé, de l'intérieur ! Comment avait-on pu entrer dans l'appartement du Colonel alors que tout paraissait verrouillé ?
Face à de pareilles observations, je n'avais pas vraiment le choix : il ne me restait plus qu'à crocheter la serrure ! Par chance, même si je n'avais pas pris le temps de me coiffer, quelques heures plus tôt, j'avais toujours, en cas de besoin, quelques épingles à cheveux, dans la poche intérieure de ma veste d'uniforme. Je rengainais temporairement mon arme, m'accroupis devant la porte et me saisis des petites pinces métalliques. A l'aide de mes dents, j'entrepris de les plier afin de leur donner la forme adéquate, pour m'attaquer à ce satané verrou récalcitrant. Heureusement, l'immeuble n'était pas moderne et la porte ne demeura pas bien longtemps réfractaire. Une fois déverrouillée, je m'activai pour ranger mes outils de fortunes, ressortis mon révolver de son holster et sans me redresser, j'ouvris délicatement la porte pour pénétrer furtivement dans l'entrée de l'appartement, repoussant ensuite le battant derrière moi.
Après quelques secondes d'écoute attentive, je ne constatai aucun souffle de vie dans l'habitation à par le ronronnement un peu trop entêtant de la ventilation. Néanmoins, je ne pouvais ignorer plusieurs odeurs qui assaillaient mon nez : un mélange détonnant de poudre, de métal et d'alcool ! Ceci ne pouvait qu'ajouter à mon angoisse qui me tordait le ventre depuis le départ de mon propre appartement… Instinctivement, je réprimais plusieurs haut-le-cœur et lentement, toujours dans la pénombre, je me relevai afin de poursuivre l'exploration des lieux, dans une position plus confortable. Je n'eus pas besoin d'aller beaucoup plus en avant dans ma recherche pour avoir les réponses à toutes les questions qui me torturaient l'esprit. Passé le petit corridor de l'entrée, j'obtenais une vue dégagée, sur le salon plutôt cosy du Colonel. Le long du mur, sous la fenêtre, à présent brisée qui laissait néanmoins entrer la lumière de la lune, il y avait un bureau, derrière lequel, sur une simple chaise, se trouvait un corps en uniforme, négligemment avachi, la tête posée sur le plateau du meuble. Devant lui, se trouvait un verre à moitié plein, une bouteille renversée et un petit cadre photo. Sur le sol, autour de la chaise, un liquide épais et visqueux formait une flaque sombre, renvoyant les reflets roux de l'astre lunaire et dans le prolongement de sa main droite, toujours gantée, on y découvrait une arme à feu.
Face cette scène apocalyptique, j'eu un violent mouvement de recul car je ne pouvais admettre ce que j'avais sous les yeux. Mes doigts laissèrent tomber, au sol, ma propre arme et je portais les mains à ma bouche, pour m'empêcher de hurler. Mes jambes flageolantes avaient beaucoup de mal à me maintenir debout et dans ma tête, une même litanie s'était mise à tourner en boucle.
« Qu'ai-je manqué ? Colonel, qu'avez-vous fait ? »
Je suis sûr qu'il ne vous aura pas laisser indifférent ! Alors, n'hésitez pas à commenter et à donner votre avis ! A suivre...
