Bonjour, voici le nouveau chapitre: j'ai profité de la fête du travail pour le finaliser pour vous !
Déjà cinq chapitres !
Qui l'aurait cru ! En tout cas, pas moi, car j'ai du mal à finir tout ce que je commence... Et dire que cette histoire est née que d'une image furtive dans l'un des openings ou endings de l'anime (voir image de couverture de l'histoire)... Enfin voilà !
J'en profite aussi pour remercier la petite centaine de personnes qui ont déjà pris le temps de lire cette modeste fanfic !
Allez, je vous laisse tranquille !
A la prochaine et bonne lecture !
Chapitre 5 : La Police Militaire.
Cette fois, mon corps ne me supportait plus. Je ne pouvais plus faire face à cette scène traumatisante qui s'offrait à moi. Il fallait rapidement que je trouve une solution, sous peine de m'écrouler à mon tour, sur le parquet du salon. A force de persuasion, mes jambes acceptèrent enfin de reculer pour que je puisse trouver un élément dur, sur lequel m'appuyer, le temps de reprendre mes esprits. Fébrilement, à tâtons, mes doigts finir par heurter un mur salutaire, sur lequel je posais mon dos. Celui-ci glissa doucement jusqu'à rencontrer le sol froid et les talons de mes bottes. Assise par terre, mes mains tremblantes ramenèrent mes genoux contre ma poitrine et je posais mon front sur ces derniers. Haletante et éreintée, je pris de longues minutes pour réfléchir et pour respirer profondément afin de calmer mes nerfs et les frissons glacés qui parcourraient tous mes membres. Les lourdes fragrances de poudre, de métal et d'alcool, qui flottaient tout autour de moi, ne mettaient d'aucune aide. Bien au contraire…
Je n'avais rien vu venir. Pourtant, ces derniers temps, le Colonel paraissait plus souriant. Comme s'il avait su retrouver un second souffle pour avancer. Certes, la douleur liée à la perte de son ami proche était toujours palpable mais, il semblait en avoir fait une force qui le pousser à reprendre ses ambitions, afin de lui rendre hommage, pour ne pas qu'il soit mort en vain… Comment aurais-je pu prévoir où tout ceci allait le mener ? Quels signaux avais-je manqués ? Pourquoi ne s'était-il pas livré plus sincèrement ?
J'étais anéantie, complètement sous le choc. Comment pouvait-on réagir autrement face à un geste aussi désespéré ? Lors de la guerre d'Ishbal et de nos différentes enquêtes, j'avais vu un nombre incalculable de dépouilles et de cadavres plus ou moins mutilés qui aurait pu me faire tout autant d'effet ; mais là, c'était différent ! Ce n'était pas un simple inconnu ou l'une de mes nombreuses victimes : c'était mon supérieur ! L'un de mes proches ! C'était Roy Mustang ! Face au corps sans vie du Colonel, à quoi bon continuer à jouer la comédie et tenter de garder la face ? Mes efforts pour garder le contrôle sur moi-même furent vînt… J'avais beau serré les dents, quelques larmes parvinrent, tout de même, à s'échapper de mes yeux clos. Je ne pouvais accepter un tel gâchis.
En commettant l'irréparable, avait-il au moins pensé à ses hommes, ses fidèles subordonnés ? Les visages souriants de Fuery, Falman, Breda et Havoc flottèrent quelques secondes, dans ma mémoire. Ces quatre-là, tout comme moi, l'auraient suivi jusqu'au sommet ou jusqu'en enfer ! Qu'allaient-ils devenir suite à la disparition de leur supérieur ? Et les frères Elric ? A cette heure-ci, ils n'étaient toujours pas informés du décès du Général de Brigade Hughes… Quand, on leur apprendrait cette double perte, j'entendais déjà, dans ma tête, éclater la profonde colère d'Edward. A l'avenir, qui pourrait les protéger et les guider dans leur quête, lui et son frère ? Avant de presser la détente, s'était-il remémoré ses rêves de grandeur, pour son pays, qui avait tellement besoin de lui ? Rétablir la démocratie et la paix à Amestris, pour que plus personne n'ait à porter le poids des morts, comme nous le faisions, chaque jour, pour Ishbal, était-ce de simples paroles en l'air ? Une belle utopie ? Qui serait en mesure de prendre le relais, à présent ? Tant de culpabilité et tant d'interrogations mais aucun espoir de réponse… Quelle cruauté !
Affrontant seule toutes ses questions, tandis que je crispais un peu plus mes mâchoires, je sentis s'immiscer, en moi, un autre sentiment beaucoup plus sombre, tellement plus ravageur… D'une certaine manière, j'accusais le coup du poids de son acte insensé ainsi que de tout ce qu'il allait en découler et je ne me voyais pas affronter tout ceci, sans lui… Il allait pourtant le falloir. Je ne pouvais pas à mon tour trahir, tout le monde. Profondément bouleversée, ma colère prit le dessus. Je me redressai d'un bon et me dirigeai vers son corps, cruellement, immobile, vautré sur son bureau. Sans vie. Il fallait que je le saisisse, que je le secoue rageusement pour extérioriser ce qui me ronger de l'intérieur depuis cette douloureuse découverte et depuis bien plus longtemps, sans doute. Je tendis la main et attrapais vivement le col de son uniforme mais il me fut, cependant, impossible de crier ma détresse. Seuls quelques mots maladroits parvinrent à franchir mes lèvres tremblantes, dans un simple murmure :
« Colonel, qu'avez-vous fait ? »
Vidée, à bout de force, cette fois, mes jambes plièrent sous mon poids et je me retrouvai à genou, mon pantalon baignant dans le liquide poisseux, au pied de la chaise, incapable de lâcher la veste de mon supérieur et pleurant, silencieusement, à chaud de larmes, la tête basse. Quand soudain, contre toute attente, l'improbable se produisit. Une main ferme, s'empara, avec force, de mon poignet et une voix s'adressa à moi, dans un marmonnement pâteux.
« Je n'ai pas pu… Lieutenant... » me laissant totalement interdite.
Estomaquée, je n'eus pas le temps de m'attarder davantage sur ce qui venait de se produire. En effet, un vacarme assourdissant, dans le hall de l'immeuble, se fit entendre jusque dans le salon du Colonel, me tirant de ma stupeur. Mécaniquement, tel un automate, je réagis au quart de tour, sans véritablement prendre conscience de mes faits et gestes, me ruant sans un mot, vers la porte d'entrée de l'appartement. Sans demi-mesure, la Police Militaire venait d'annoncer son arrivée dans l'immeuble. A peine, eu-je refermé le battant sur mon passage, qu'un petit escadron d'agents en uniforme noir déboula bruyamment, sur le palier à présent, éclairé. Un peu éblouie, je vis trois silhouettes menaçantes se plantaient devant moi.
L'une aboya : « Qui êtes-vous et que faites-vous devant la porte du Colonel Mustang ?
Ayant recouvrée une vision plus nette, je soutenais, à présent, leurs regards noirs. Bien décidée à ne pas me laisser impressionner, je pointais sévèrement du doigt l'une de mes épaulettes.
« Je suis le Lieutenant, Riza Hawkeye, déclarai-je froidement. Le bras droit du Colonel ! Et je ne vous félicite pas, Messieurs !
« Pardon, comment osez-vous… » Répondit vertement l'un des trois hommes.
« Cela fait environ trente minutes, le coupai-je, en tapotant ostensiblement mon poignet, que l'on vous a signalé du grabuge, chez mon supérieur et vous n'arrivez que maintenant ? Il n'y a pas de quoi être fier ! Ayant moi-même été prévenue, j'ai pris l'initiative de me rendre par mes propres moyens au domicile du Colonel et constatant votre absence, j'ai décidé de prendre les choses en main ! N'avez-vous rien à dire pour votre manque d'efficacité ? »
Face au mutisme honteux de l'escadron, je poursuivis mes remarques cinglantes.
« C'est bien ce que je pensais… Je vous confirme donc que le Colonel a bien été agressé, cette nuit et heureusement pour lui, rien de bien dramatique ! Au vu de la situation et de l'heure tardive à présent, nous ne sommes plus à quelques minutes près… Mon supérieur viendra faire sa déposition, demain matin, à la première heure ! J'y veillerai personnellement. Par ailleurs, je ferai aussi un rapport sur votre brillante et discrète intervention, comme le veut la procédure, en cas de prise d'otage. Sur ce, Messieurs, bonne nuit et je ne vous raccompagne pas jusqu'à la sortie ! »
Penauds et n'osant plus me contrariée, les agents de la Police Militaire, ne se firent pas prier pour déguerpir, aussi vite, qu'ils étaient arrivés, avec les nuisances sonores, en moins. Une fois le pallier dégagé, je pénétrais, à nouveau, dans l'appartement du Colonel. Tremblante, je refermais la porte et tirais le verrou comme pour m'assurer que je ne serais plus dérangée. Lasse, je posais mon front migraineux sur le métal froid du battant. Quel magnifique numéro de bluff ! Pensai-je… Intérieurement, je me félicitais d'avoir été aussi réactive et qu'ils n'aient pas eu l'idée d'entrer pour voir mon supérieur, dans cet état ! Pour le coup, il était certain qu'un rapport aurait été rédigé et qu'il aurait pu dire adieu à ses ambitions de carrière ! Soudain, je pris enfin pleinement conscience qu'il était bien vivant et qu'il allait falloir que nous ayons une « petite » explication… A cette pensée, je me laissai glisser le long de la porte, à genou, les poings crispés sur chacune de mes tempes douloureuses. En aurais-je véritablement la force et le courage ?
Et voilà, le travail ! Même si la séquence est loin d'être légère, j'ai apprécié de me mettre dans la peau et dans la tête de notre Lieutenant préférée, face à un tel drame. Quel défouloir ! Quel exutoire ! Néanmoins, j'espère avoir respecté ce personnage aussi bien dans sa force que dans sa sensibilité ! J'aime les personnages torturés... Non, je ne suis pas sadique, je vous rassure !
Sinon, sans vouloir donner l'impression de quémander, cela serait cool d'avoir votre opinion ! Alors, n'hésitez pas à prendre quelques minutes pour me dire ce que vous en pensez ! J'ai d'autres histoires sous le coude et j'aimerais savoir si cela vaut le coup que je poursuive ou si je dois arrêter le massacre ! A vos commentaires et à bientôt !
