Bonjour à tous ! Je sais que je me suis fait désirer mais j'ai eu une panne d'inspiration pour cette fic: le syndrome de la page blanche, en somme ! Et je me suis lancé dans un nouveau défi, qui contrairement à ce que j'ai cru ma beaucoup inspirer et m'a permis de palier à la frustration... Enfin, me revoilà avec la partie 2 ! J'espère que cela vous plaira. Bonne lecture à tous !


Chapitre 6 : Mise au point (Partie 2).

Mon masque froid de contrôle venait tout simplement de voler en éclat. Gênée, je me mordis sévèrement la lèvre inférieure en me demandant très sincèrement ce qu'il allait bien pouvoir répondre à un tel déchaînement de rancœur. Contre toute attente, le Colonel reprit aussitôt l'initiative, pour ne pas laisser au silence, le loisir de se réinstaller. Calmement, malgré tout ce qui venait de se produire, il tenta de s'expliquer, une nouvelle fois, ayant enfin retrouver son aplomb légendaire. Sa faiblesse et l'ivresse semblaient, à présent, bien loin, derrière lui.

« Les motivations de mon geste ont une certaine importance pour comprendre les faits ; mais, l'essentiel, ce sont les raisons pour lesquelles, je ne suis pas allé jusqu'au bout… »

En dépit de mes larmes, je levai un sourcil perplexe. Se rendant compte qu'il avait toute mon intention, il poursuivit d'une voix posée.

« Lieutenant, lorsque j'ai voulu presser la détente… »

A ses mots, je tressaillis et détournai les yeux. Il était impossible qu'il n'ait pas remarqué mon geste de dégoût. Ce fut à cet instant que je sentis une douce chaleur envelopper mes doigts, posés sur le rebord de la baignoire. Je plantais de nouveau mon regard dans le sien. Le contact bienveillant de sa main avait quelque chose d'apaisant sur moi et il en avait tout à fait conscience. Me sentant prête à entendre la suite de son récit, il continua toujours aussi sereinement.

« J'ai regardé par la fenêtre. Je n'ai aucune explication. Etait-ce pour me donner un semblant de courage ou pour chercher une éventuelle réponse à mon acte irrationnel ? Impossible à dire… Quoi qu'il en soit, c'est à ce moment-là que la lune s'est voilée et que j'ai pu apercevoir mon terrible reflet sur la vitre. Lentement, ma vue s'est troublée et il m'a semblait voir apparaître, une à une, les mines très contrariées d'Havoc, de Breda, de Fuery et de Falman, puis celles des Elric. D'ailleurs, quand j'y repense, la tronche d'Edouard était plus que terrifiante ! Ajouta-t-il avec un mince sourire en coin que je ne pus que lui rendre timidement. Puis, il reprit : Pour ne pas me laisser influencer par ses illusions moralisantes, j'ai secoué, vigoureusement, la tête pour les chasser, en pensant que l'alcool jouait des tours à mon cerveau embrouillé mais qu'importe me suis-je dit. Le véritable électrochoc a été de voir, en posant de nouveau mon regard sur cette fichue fenêtre, votre propre visage ravagé par la tristesse, déformé par la colère avec la même arme que moi, pointée sur la tempe. Cette fois, des frissons d'effroi ont parcouru tout mon corps et j'ai tiré dans le carreau, pour faire disparaitre au plus vite, cette épouvantable vision. C'est alors que j'ai pris conscience que je ne pouvais pas faire ça ! Je ne pouvais pas vous faire ça… »

Ces paroles résonnèrent comme un aveu qui semblait le libérer d'un poids. Il soupira profondément, trahissant son soulagement et chercha une objection dans mon regard qui devait être complétement vide, à cet instant… Pendant de longues minutes, je restai interdite, totalement immobile, incapable de réfléchir…

Soudain, dans le lointain, cinq coups d'une cloche sonnèrent et me ramenèrent brutalement à la réalité.

« Cinq heures du matin ! pensai-je. Et dire que le QG de la Police Militaire n'ouvrait que dans quelques heures ! »

Sans en demander la permission, je libérai ma main, me levai et optai la bonde de la baignoire pour permettre à l'eau de s'écouler enfin. Aussitôt, le Colonel comprit : mon geste signifiait que le bain était terminé. Le temps que je trouve une serviette sèche, il s'était déjà redressé, prêt à en sortir. Je lui lançai alors un nouveau drap de bain et quittai la pièce le temps qu'il se lave et s'essuie. Plus rapidement que je ne l'aurais cru, il me rejoignit dans le salon, la serviette négligemment nouée autour de la taille. Sachant pertinemment, qu'il était nu sous ce simple morceau de tissu, je ne pus que ressentir un certain embarras et mes joues se mirent, malgré moi, à rougir. Heureusement, mon supérieur était dans l'incapacité de s'en apercevoir car la pièce était toujours plongée dans l'obscurité, seulement éclairée par la lumière blafarde de la lune. En tentant de rester de marbre, au vue de la situation gênante, je lui intimai vivement d'aller se coucher. Il tenta bien de me contredire mais devinant mon regard assassin, il finit par comprendre qu'il devait d'obtempérer, sans rechigner.

« Monsieur, vous devez être frais et dispos car, dans quelques heures, vous allez devoir faire une déposition pour agression devant un agent de la Police Militaire, dès ouverture de leur QG et je compte, vivement, sur votre flegme légendaire pour qu'elle soit la plus crédible possible ! »

Nonchalamment, il lâcha : « Vous avez raison Lieutenant ! Comme toujours… Bonne nuit pour ce qu'il en reste ! »

Il poussa un profond soupir de lassitude et se dirigea vers sa chambre, sans se retourner.

Lorsque la porte de celle-ci fut enfin fermée, je ne pus réprimer un sentiment de soulagement et pour ne pas céder à la tentation de m'asseoir et de m'endormir, à mon tour, j'entrepris de nettoyer les dégâts de la nuit d'ivresse du Colonel. Ce ne fut pas chose facile car le Patcha était un alcool épais et particulièrement collant, qui avait la fâcheuse tendance à tacher. En jetant un œil consterné à mes genoux, j'espérais sincèrement que la laverie du QG, parviendrait à sauver mon pantalon d'uniforme. Une fois que je me fus acquittée de cette première mission, je débutai la rédaction des deux rapports promis : l'un qui servirait de support à la déposition de mon supérieur et l'autre concernant la piteuse intervention des agents de la Police Militaire.

A six heures, le même carillon me rappela à l'ordre et je dus suspendre mon travail pour appeler l'Adjudant Fuery. Il devait finir son astreinte auprès du service des communications et s'apprêter sûrement à regagner son domicile, pour un repos bien mérité, après une longue nuit de veille. Après être passée par le standard, il ne fallut que quelques secondes avant d'être mis en relation avec mon subalterne.

« Lieutenant ? Que puis-je pour vous ? Et comment va le Colonel ? » Me questionna-t-il avec une légère fatigue dans la voix.

« Tout va bien, Adjudant… Plus de peur que de mal. Je vous donnerai plus de détail quand les circonstances me le permettront. Je compte d'ailleurs sur votre discrétion au sujet des événements de cette nuit… »

Il n'eut pas besoin de me répondre pour que je comprenne qu'il avait bien saisi le message. Je poursuivis alors ma tirade :

« J'aurai aussi un service à vous demander… Vous serait-il possible de passer à la laverie du QG pour récupérer l'un de mes uniformes et me l'apporter immédiatement ? »

« Aucun soucis, Lieutenant ! J'allais sortir. Je fais un détour et je vous l'apporte. Où dois-je vous l'amener ? »

« Chez le Colonel… Lâchai-je un peu irritée. Ne traînez pas, s'il vous plaît ! »

« Comptez sur moi, Lieutenant ! En voiture, je serai là dans un peu moins d'une demi-heure ! »

« Merci Fuery. Je guette votre arrivée… »

J'avais à peine fini de transmettre mes instructions qu'il reposait déjà le combiné sur le téléphone.

« Qu'il était agréable d'avoir des subordonnés qui obtempéraient sans rouspéter et sans poser un nombre incalculable de questions ! » pensai-je, rassurée par la bonne volonté de l'Adjudant.

Tout en continuant de rédiger mes comptes-rendus, j'épiais l'arrivée de mon dévoué subordonné à lunettes, par la fenêtre. Comme promis, il arriva un peu moins de trente minutes après notre brève entretien téléphonique. En voyant l'auto remontait la rue, je quittai rapidement, l'appartement du Colonel et descendit les escaliers pour le retrouver devant le hall de l'immeuble. Comme à son habitude, il me salua en arborant un petit sourire malicieux malgré la fatigue apparente. Fièrement, il me tendit mes vêtements propres et je ne pus m'empêcher de pousser un léger soupir de soulagement. Néanmoins, il posa sur moi deux yeux interrogateurs. Entre ma tenue quelque peu négligée, mon pantalon taché et toute cette histoire de grabuge, je ne pouvais pas lui en vouloir. Il semblait sincèrement inquiet. Je pris alors pour la première fois la parole dans cet échange, jusqu'à là, silencieux en lui promettant, une nouvelle fois, de tout lui expliquer à son retour au QG, le lendemain. Je le remerciai sincèrement pour m'avoir dépannée et lui réitérais ma demande de discrétion, tout en lui souhaitant de profiter de sa journée de repos. Il me sourit de plus bel en me faisant un petit clin d'œil timide et son salut militaire, puis il tourna les talons pour regagner le véhicule militaire stationné devant et rentrer chez lui. De mon côté, je remontai dans l'appartement de mon supérieur pour terminer ma tâche en cours.

Bientôt, la cloche du beffroi se fit encore entendre. Par la fenêtre, je pouvais voir discrètement, le jour se levait. Les premiers rayons du soleil commençaient à chasser le voile noir de cette fin de nuit insensée. J'espérai intérieurement que cette nouvelle journée, nous apporterait son lot de solutions et un peu de recul sur les événements de la veille. Il était à peine sept heures et tout était déjà en ordre ! L'appartement était impeccable (excepté la vitre brisée) et mes deux rapports étaient enfin rédigés. Me félicitant de mon efficacité, malgré l'heure matinale, je m'autorisai une seconde douche, dans la salle de bain de mon supérieur, après avoir pris soin de mettre du café à couler dans la cafetière. Je ne pouvais décemment pas me présenter au QG de la Police Militaire avec un uniforme maculé de Patcha ! J'étais déjà très chanceuse qu'aucun agent n'ait trouvé le temps de m'en faire la remarque, lors de leur intervention musclée. Pour être honnête, à cet instant, je ne rêvais que d'une seule chose : la chaleur ardente du jet d'eau qui pourrait, indubitablement, chasser les tensions aussi bien nerveuses que musculaires qui me dévoraient la nuque et les épaules. Un grand réconfort après un début de matinée aussi mouvementé !

Quelques minutes avant que ne sonne huit heures, j'étais fin prête et je dégustai, tranquillement, une tasse de café bien mérité, en regardant distraitement la ville se réveillait lentement par la fenêtre de la cuisine. « Le calme avant la tempête ! » Pensai-je. Pour être honnête, je n'avais encore rien avalé depuis mon réveil, vers quatre heures du matin et la journée ne faisait que commencer. Le breuvage amer était comme providentiel pour tenir le rythme effréné, que m'imposeraient, très certainement, chaque heure de mon service.

A présent, il allait falloir réveiller le Colonel. Cette idée ne me réjouissait pas trop suite aux différentes péripéties que nous venions de vivre mais je n'avais pas vraiment le choix si je voulais tenir mes engagements. Afin de faire les choses en douceur, je versais à nouveau du liquide noir odorant dans un mug propre et pénétrais à pas de loup dans la chambre de mon supérieur. Il dormait si profondément qu'il ne remarqua même pas ma présence. Il paraissait si paisible dans son sommeil même si par moment, on pouvait observer ses sourcils se fronçaient. De quoi pouvait-il bien rêver ? Je contournai lentement le lit, posai la tasse de café sur la table de chevet et m'agenouillai pour être à sa hauteur. Sa respiration était calme et régulière. Une mèche de cheveux noirs rebelles lui barrait partiellement le visage, cachant partiellement ses yeux clos. En la voyant ainsi, je ne pus m'empêcher de la remettre délicatement en place pour dégager, ses traits fins, en laissant se dessiner un sourire attendri sur mes lèvres. Après ce doux intermède, je devais me reprendre. Le temps n'arrêtait jamais sa course folle !

« Colonel… Colonel… Il est temps ! » appelai-je, dans un murmure appuyé mais ferme.

En entendant mes paroles feutrées, il poussa un faible grognement, s'étira et ouvrit péniblement un œil. Pour l'encourager, j'ajoutai, toujours à voix basse :

« Un café ? »

Avec un faible sourire, il entreprit maladroitement de se redressai pour s'asseoir, adossé au mur, se calant tant bien que mal avec son oreiller. Il était torse nu. Un petit feu vint rougir mes joues. Je lui tendis alors la tasse en précisant :

« Je vous attends dans le salon… »

A peine un quart d'heure plus tard, il m'y rejoignit vêtu de son uniforme prêt à mémoriser les minutes de sa déposition.


Ça y est ! C'est fait ! Un gros chapitre de plus de 4000 mots tout de même ! Jamais, je ne m'en serait cru capable ! Bon ben, dans l'attente de lire vos commentaires... A bientôt pour la suite !