Bonjour à tous. J'espère que vous allez bien au vu des circonstances...

Quitte à être enfermé, je me suis dit que je pourrais me remettre à écrire un peu si cela peut permettre à quelques uns de s'évader

et à penser à autre chose pendant un petit moment... Sans aucune prétention, bien sûr !

Je tenais aussi à remercier Bibou, pour sa review et JennaLovely (que je ne peux pas contacter., hélas !)...

Bonne lecture...

Chapitre 7 : Déposition et rapport (Partie 2).

Les minutes et les secondes s'égrainèrent à rythme lent et monotone, jouant avec mes nerfs à fleur de peau, déjà bien éprouvés par les évènements de la nuit précédente et par mon passage chez le Colonel Barrère, le manque de sommeil n'aidant en rien. Midi moins le quart sonna, enfin, ne m'apportant aucun apaisement. Tendue au possible, cela faisait à présent une heure que j'attendais la sortie du Colonel que j'espérais imminente, à l'approche de l'heure fatidique. Perchée à plusieurs mètres de haut, dans une passerelle, de verre et d'acier, reliant deux grands magasins, ma position surplombait stratégiquement la place, offrant une vue dégagée sur l'entrée du bâtiment de la Police Militaire. Le lieu suffisamment passant me garantissait une certaine discrétion. Les clients avaient ainsi, l'impression de croiser une simple militaire, lisant tranquillement un document, en attendant la venue d'un éventuel rendez-vous. J'avais encore un quart d'heure à patienter… Malgré mon masque impassible et froid, un tumulte d'émotions bouillonnait en moi.

Soudain, sans prévenir, la place si calme et silencieuse s'anima tout à coup : l'heure du repas approchant, les fonctionnaires, les badaud et les habitants du quartier commencèrent à chercher tranquillement un endroit où se rassasier dans l'un des nombreux petits restaurants bordant l'endroit. Cet afflux de personnes supplémentaires me stressa davantage… Avec autant de monde, il ne fallait pas que je le manque, sous peine de sonner l'alarme, sans aucune raison valable. Contre toute attente, les douze coups de midi résonnèrent finalement du beffroi me faisant sursauter. Un constat amer s'imposa alors : toujours aucun uniforme bleu à l'horizon…

C'était ses ordres, je me devais d'agir. Le Colonel comptait sur moi. Résolue, je quittais donc rapidement mon poste d'observation avec la ferme intention de retourner à l'accueil des bureaux de la Police Militaire, afin de leur demander le plus naïvement possible, si mon supérieur avait déjà quitté les lieux, n'ayant aucune nouvelle de sa part… En fonction de leur réponse, je prendrai les dispositions nécessaires pour le tirer de là. Décidée, je marchais d'un pas vif vers la grande bâtisse en pierres blanches surplombant la place, quand à quelques mètres, des marches menant à la porte du bâtiment, je fus stoppée brutalement dans mon élan. En sens inverse, quelqu'un venait de me saisir vigoureusement le bras. Désagréablement surprise, mes yeux se posèrent, dans un premier temps sur un gant blanc et remontèrent progressivement le long d'une manche dont la couleur m'était plus que familière, avant de finir leur chemin sur un visage rayonnant :

« Toujours aussi ponctuelle, Lieutenant ! Commenta le Colonel, avec un sourire en coin.

Sans un mot mais soulagée malgré tout, je lui lançais un regard agacée et interrogateur.

« Tout va bien… Ne vous en faîtes pas et j'ai même une copie du procès-verbal d'audition et des minutes de l'interrogatoire ! » Lâcha-t-il fièrement, en brandissant une chemise marron cartonnée.

Impatiente, je ne pus m'empêcher la lui arracher des mains pour parcourir, dès à présent, les documents des yeux, tout en reprenant ma marche vers notre propre QG afin de mettre le plus de distance possible entre nous et les locaux de la Police Militaire où j'espère ne plus avoir à y remettre les pieds de sitôt…


Police Militaire

Escadron de Central City

Secteur des Faubourgs


...


Enquête préliminaire pour Agression

Procès Verbal d'audition de la Victime


...


Code unité : 00728

Ref PV : 01 651 / Année : 1914


Le mercredi 11 septembre 1914, à 9 heures 00 minutes, je soussigné, Lieutenant Karl FRITZ, Officier de la Police Militaire, en résidence dans Central City,

Vu les articles 35 à 39 et 57, alinéas A à D, du Code de Procédure Militaire,

Nous trouvant dans les bureau de notre Quartier Général, Secteur des Faubourgs, dans Central City, nous rapportons les faits suivants:


Identité de la Victime


Nom: MUSTANG / Prénom: Roy

Alias: L'Alchimiste de Flamme

Sexe: M / Situation familiale: Célibataire (si on ne ce fit pas au rumeurs !)

Date et lieu de naissance: le 10 mai 1885 (selon les papiers d'adoption), à Central City (Amestris)

Profession: Colonel de l'Armée d'Amestris

Nationalité: Amestrienne


Validité de l'Etat Civil: Identité et vérifiée (ci-joint copie de la carte d'identification militaire)


Entends la personne dénommée ci-dessous, dans le cadre d'une enquête préliminaire pour agression, déclare:

Lt K. Fritz : Colonel, pouvez-vous me raconter ce qui s'est produit, la nuit dernière, à votre domicile ?

Col R. Mustang : J'ai quitté le Quartier Général de Central, vers 19h30 et je suis directement rentré chez moi. Fatigué, je me suis couché assez tôt : il devait être, à peine, 22h00. Mais ne parvenant pas à dormir, à cause de mes insomnies, je me suis relevé, dans la nuit, mais je serai bien incapable de vous dire quelle heure il était. Pour m'occuper l'esprit et tenter de retrouver le sommeil, je me suis installé à mon bureau, pour lire quelques rapports en souffrance, ramenés du travail. Au bout d'un moment, j'ai dû réussir à m'assoupir, malgré moi, car je n'ai pas entendu la porte d'entrée s'ouvrir...

Lt K. Fritz : Est-ce une habitude, chez vous, de laisser la porte de votre domicile ouverte, la nuit ?

Col R. Mustang : Franchement, non… J'ai dû être distrait car j'ai tellement de choses en tête, en ce moment… A ce que je sache, l'étourderie n'est pas un crime, au dernière nouvelle !

Lt K. Fritz : Très bien… Reprenons, s'il vous le voulait bien. Vous n'avez pas du tout entendu votre agresseur entrer ?

Col R. Mustang : Non, c'est ce que je viens de vous dire. Ce qu'il l'a trahi, c'est le craquement d'une lame de parquet alors qu'il était à moins d'un mètre de moi, une arme à la main. Dans un mouvement réflexe, j'ai repoussé le revolver et je me suis jeté sur lui, pour tenter de le maîtriser.

Lt K. Fritz : Vous n'aviez pas vos gants ?

Col R. Mustang : Pardon ? Pourquoi cette question ?

Lt K. Fritz : A vrai dire, il y a une rumeur qui circule, selon laquelle, l'Alchimiste de Flamme ne se séparerait jamais de ses précieux gants, d'où mon interrogation ?

Col R. Mustang : A mon propre domicile, quel serait l'intérêt de me promener les mains couvertes ? A moins d'être totalement paranoïaque ! Mais pour votre information, mes gants étaient bien rangés sur l'une des étagères de ma bibliothèque, à proximité de mon bureau. Je peux poursuivre ?

Lt K. Fritz : Avec plaisir… Où en étions-nous déjà ? Ah oui, vous tentiez de maîtriser votre agresseur, il me semble ?

Col R. Mustang : Parfaitement… En me jetant sur lui, j'ai réussi à le déséquilibré et nous avons ensemble heurté le sol. Roulant sur le parquet, chacun asseyait d'avoir le dessus sur l'autre, sachant qu'il avait toujours son arme à la main. Il m'est impossible de dire combien de temps cette lutte a duré mais à un moment, un coup de feu est parti par accident, brisant la vitre du salon. La déflagration et le bris de verre nous ont surpris tous les deux. Profitant de son moment d'inattention, je suis enfin parvenu à le désarmer, alors qu'il avait clairement l'avantage sur moi. Sentant, néanmoins, qu'il allait perdre l'ascendant étant débarrassé de son revolver, il a relâché sa prise et a essayé de la récupérer. J'ai profité de ce court instant pour tendre le bras vers ma bibliothèque pour me saisir de mes gants. J'ai eu tout juste le temps d'en enfiler un qu'il me mettait déjà en joue, couché sur le dos, prêt à m'abattre au moindre mouvement. Nous n'étions pas stupides. Chacun était conscient qu'au moindre geste, nous risquions de mourir tous les deux. Lentement, il s'est relevé, en gardant son arme pointée vers moi puis doucement, il s'est mis à reculer pour repartir par le chemin d'où il était venu. Je l'ai suivi, ma main gantée crispée, prête à faire claquer mes doigts, jusqu'à ma porte d'entrée. Une fois sur le palier, j'ai claqué et verrouillé le battant, le laissant s'enfuir…

Lt K. Fritz : Pourquoi l'avoir laissé s'en tirer ainsi ? Vous auriez pu le poursuivre et l'appréhender dans la rue ?

Col R. Mustang : J'étais à cours d'adrénaline, pour la soirée… A peine était-il sorti de mon appartement, que je me suis écroulé, totalement vidé, derrière la porte d'entrée...

Lt K. Fritz : Étonnant ?

Col R. Mustang : Qu'est-ce qui vous surprend, Lieutenant Fritz ?

[ Silence ]

Lt K. Fritz : Sauf votre respect, Colonel, vous n'êtes pas du genre à laisser filer l'ennemi. Bien au contraire... Vos méthodes sont, bien souvent, plus que radicales, vous me suivez ?

Col R. Mustang : Qu'insinuez-vous ? Peut-être, aurait-il fallu que je l'immole, en prenant le risque de faire flamber tout l'immeuble, pour votre bon plaisir ?

Lt K. Fritz : Je n'insinue rien. Je suis juste là pour poser des questions et trouver des réponses aux faits constatés... Aviez-vous bu, Colonel ?

[ Silence ]

Col R. Mustang : Oui, quelques verres...

Lt K. Fritz : Ah ?

Col R. Mustang : Boire un peu d'alcool, chez soi, n'est pas puni pas par la loi, que je sache… De plus, vous n'êtes pas sans savoir que je viens de perdre un ami, il y a quelques jours à peine. Un peu de nostalgie et de vague-à-l'âme, rien de plus…

Lt K. Fritz : Etes-vous dépressif, Colonel ?

Col R. Mustang : Pas plus que la plupart des gens honnêtes. Néanmoins, il y a quelques années, j'ai souffert d'un stress post-traumatique, suite à mon retour de la guerre d'Ishbal. Mais le problème a été réglé, depuis...

Lt K. Fritz : Vous me voyez ravi de l'apprendre, mais, je dois, tout de même, vous poser cette question : la nuit dernière, avez-vous tenté de mettre fin à vos jours ?

Col R. Mustang : Que me chantez-vous là, Lieutenant ! Jamais de la vie ! Qu'est-ce qui vous permet d'affirmer une chose pareille ?

[ Silence ]

Lt K. Fritz : Ecoutez, Colonel, soyons sérieux… Vous ne seriez pas le premier haut-gradé qui tenterait de dissimuler sa pathétique tentative de suicide manquée, sous couvert d'une hypothétique agression… Bien pratique la présence de votre bras droit, ce soir-là. Comment s'appelle-t-elle déjà ?

Col R. Mustang : Hawkeye. Il s'agit du Lieutenant Riza Hawkeye. Heureusement qu'elle a été prévenue par le biais d'une source anonyme et qu'elle est arrivée à temps, pour me prendre en charge… Où étiez-vous, vous, Lieutenant Fritz ? Et où se trouvaient vos hommes ? Rappelez-le-moi ? Et je ne parle pas de leur indéniable respect des procédures…

[ Silence ]

Lt K. Fritz : Revenons à notre affaire, si vous le voulez bien ? Que pouvez-vous me dire sur votre agresseur ?

Col R. Mustang : Rien, je ne le crains qui pourrait vous aider. Il était totalement vêtu de noir, cagoulé et ganté. Je n'ai donc pas pu voir son visage ou d'éventuelle marque distinctive. Simplement, il était légèrement plus grand que moi et un peu plus corpulent. Néanmoins, il ne devait pas en être à son coup d'essai…

Lt K. Fritz : Qu'est-ce qui vous permet d'affirmer une telle chose ?

Col R. Mustang : Ses gestes étaient assurés et maîtrisés. Il ne tremblait pas. De plus, il a pensé a ramassé la douille de sa balle avant de quitter mon domicile. Aucun amateur n'aurait pensé à ça. Il voulait être sûr de couvrir ses traces…

Lt K. Fritz : Si vous le dites… Qui pourrait vous en vouloir à ce point ? Qui aurait intérêt à vous voir disparaître ?

Col R. Mustang : Êtes-vous sérieux ?

[ Silence ]

Col R. Mustang : Vous n'êtes sûrement pas sans connaitre ma réputation, ici à Central. Ainsi, vous pouvez facilement comprendre que je ne manque pas d'ennemis. Loin de là ! La liste exhaustive serait longue et surtout, parfaitement inutilisable pour votre enquête.

Lt K. Fritz : Ah tiens donc… Éclairez-moi, je vous prie, Colonel ?

Col R. Mustang : Très bien, si vous insistez… Pour commencer, il y aurait tous les survivants du génocide d'Ishbal ainsi que tous les criminels, que, mon équipe et moi-même avons empêché de nuire ; tous les hauts-gradés ou collègues envieux, qui me voient comme une menace pour leur propre carrière… Je pourrai continuer encore longtemps mais comme je vous l'ai dit, la liste risquerait d'être interminable et vaine.

Lt K. Fritz : On pourrait aussi y ajouter vos conquêtes, les femmes jalouses ainsi que leur mari…

Col R. Mustang : Effectivement, si cela vous amuse !

[ Silence ]

Lt K. Fritz : Si vous le permettez, Colonel, une dernière question avant que je ne vous libère….

Col R. Mustang : Allez-y. Je vous écoute.

Lt K. Fritz : Pensez-vous que votre agression pourrait avoir un lien avec le meurtre du Général de Brigade Hughes ?

[ Silence ]

Col R. Mustang : Je vois que vous avez bien fait vos devoirs, Lieutenant Fritz, mais ça, c'est à vous de me le dire…

Lt K. Fritz : Nous en resterons là, pour le moment, Colonel. Merci de votre coopération et nous n'hésiterons pas à vous recontacter en cas de nécessité.


A Central City, le mercredi 11 septembre 1914, à 11 heures 00 minutes,

lecture faite par moi, Colonel Roy Mustang,

des renseignements d'état civil et de la déclaration ci-dessus,

j'y persiste et n'ai rien à y changer, à y ajouter ou à y retrancher.


Au bas du document, on pouvait y avoir apposé, côte à côte deux signatures, trahissant deux profils clairement différents: La première imposante, au milieu du pied de page, légèrement tournée vers le haut ; la seconde, fine, linéaire et sans aucune prétention, presque trop discrète pour être honnête...

En espérant que cela vous aura plu... Si vous avez un peu de temps à perdre, n'hésitez pas à commenter, en positif ou en négatif ! Cela m'aidera et je pourrai prendre le temps de vous répondre... A bientôt !