Qui est-là ?
Le soleil se lève paisiblement sur la petite ville magnifique de Colorado Springs. Ouvrant la porte d'entrée de sa demeure, Michaëla Quinn souhaite profiter de sa journée de repos pour se consacrer pleinement à Brian. En effet, cela fait plusieurs semaines que la femme n'a guère le temps de s'en occuper et elle estime que cette erreur doit être réparée. Comme à l'extérieur, la météo se montre clémente, le médecin se dit que c'est le moment où jamais. Maintenant, reste à savoir si son fils va adhérer à cette surprise.
Alors qu'un panier en osier repose sur la table, Brian descend les escaliers à la hâte. Suite à un tel boucan, Michaëla quitte le perron pur revenir sur ses pas. Une fois à l'intérieur, elle voit son fils filer à toute vitesse en direction du coin cuisine à la recherche d'une denrée à se mettre sous la dent. Bien sûr, le jeune homme s'est bien gardé de saluer sa mère.
- Bonjour Brian.
Au son de cette voix, l'adolescent se retourne comme s'il venait d'être pris la main au collet. Devant cette attitude, le docteur s'interroge.
- Tout va bien ?
- Oui.
- Tu cherches quelque chose ?
- Les beignets de Mademoiselle Grace.
Sous cette excuse, la mère de famille se contente de sourire. Visiblement, l'idée d'acheter des beignets à la restauratrice de la ville a bien fait de lui traverser l'esprit. Toutefois, les survivants de la gourmandise de la veille reposent dans le fond du panier et la maman se garde de le dire. Avec beaucoup de malchance, Brian serait capable de fouiller dans le contenant afin de satisfaire son estomac. D'ailleurs, le moment est peut-être venu…
- Dis-moi Brian, avais-tu des projets pour aujourd'hui ?
- Pas spécialement.
- Dans ce cas, que dirais-tu de venir pique-niquer avec moi dans les bois ?
- Juste nous deux ?
- Oui.
- Oui sauf si cela devait te poser problème ?
- Bien sûr que non.
Cette réponse rassure la femme. Alors que le docteur fait disparaître les quelques centimètres se situant entre lui et la table, son fils quitte la cuisine pour gravir les marches de l'escalier. S'interrogeant une nouvelle fois, l'épouse de Sully doit se montrer patiente pour connaître la raison de cette disparition. Lorsque l'adolescent est de retour dans la pièce principale, celui-ci tient une sacoche de teinte brune contre lui.
- Cela ne t'embête pas que j'emmène mon bloc-notes pour préparer mon futur article ?
- Non mais je me dois de te mettre en garde.
- Contre ?
- Contre la monotonie que peut provoquer un simple pique-nique.
Amusé de l'humour de sa mère adoptive, Brian s'entête à conserver sa sacoche et tandis qu'il s'approche de l'entrée de la demeure, Michaëla attrape le panier avant de quitter les lieux à son tour. Quelques secondes plus tard, le duo descend l'escalier du perron avant de s'engager sur une partie du sentier.
- Pourquoi ce repas dehors ? Demande le petit frère de Colleen et de Matthew.
- Parce que je t'ai beaucoup négligé ces dernières semaines.
Touché par ce qu'il vient d'entendre, Brian tente de rester maître de lui en ne faisant rien paraître sur son visage. Cependant, le garçon cherche à déculpabiliser celle qui se tient à ses côtés.
- Je ne te reproche rien maman car je sais que tu es très prise par ton travail et par Katie. Et si cela peut te rassurer, je ne tiens pas à être une gêne pour toi.
- Une gêne pour moi ?
Aussitôt, le médecin accélère le pas pour dépasser son fils. Ensuite, elle se retourne pour lui faire face et l'obliger de cesser sa progression.
- Tu n'as jamais été une gêne pour moi Brian et je te défends de penser du contraire. Par contre, je suis très heureuse de t'avoir encore.
- Vraiment ?
Michaëla exprime un sourire bienveillant avant de poursuivre :
- Oui. Comme tu le sais, je n'ai pu profiter de ton grand frère très longtemps puisqu'il est parti très vite de la maison. Maintenant que ta sœur est partie faire ses études loin de chez nous, notre demeure me paraît plus calme mais lorsque je pose mes yeux sur toi, je remercie le ciel de t'avoir placé sur mon chemin. Avec toi sous notre toit, j'ai encore le bonheur d'entendre de la vie même si Katie se montre de plus en plus bruyante chaque jour.
- Je ne te le fais pas dire, plaisante Brian.
- Bien sûr, je compte sur toi pour ne rien dire au sujet de cette conversation, continue le médecin tout en rigolant.
Appréciant ce moment de légèreté et de sincérité, l'adolescent écoute son cœur et va se blottir dans les bras de la femme qui l'a élevé. Cette dernière, l'enlaçant à son tour, était loin d'imaginer à quel point cette journée leur serait bénéfique à tous les deux.
Après ce contact tendre, la mère et son fils se libèrent avant de poursuivre leur route. Sur le chemin, Brian ne peut s'empêcher de lui faire part d'un projet.
- Maman, n'as-tu jamais songé à partager tes connaissances des fleurs médicinales aux habitants de Colorado Springs ?
- Bien sûr que si mais pourquoi cette question ?
- Je voudrais lancer une série d'articles à ce sujet par l'intermédiaire de la gazette de mademoiselle Dorothy.
- Et j'y vois là une excellente initiative.
Comme les promeneurs traversent des étendues herbeuses dans lesquelles sont présentes plusieurs pâquerettes, Michaëla en profite pour sonder son grand gamin.
- Que sais-tu des fleurs qui sont autour de nous ?
Pour savoir de quoi parle la femme, le jeune homme promène son regard aux alentours. Ne remarquant que des fleurs blanches, Brian espère qu'il ne fera aucune erreur en les évoquant. Avec un peu de chance, sa mère parlait sûrement d'un autre spécimen.
- Tu veux parler des pâquerettes ?
- C'est exact.
- Qu'elles apparaissent dès les premiers signes du printemps.
A cette réponse, Michaëla sourit. Suite aux articles qu'il doit rédiger, l'épouse de Sully avait pensé que son fils se serait un peu penché sur la question. Afin de lui faire comprendre le besoin de cette interrogation, le médecin lui répond :
- Les pâquerettes possèdent des vertus médicinales. Par exemple, elles sont utilisées pour lutter contre les insomnies.
Pour se montrer professionnel, Brian attrape sa sacoche et l'ouvre pour sortir son bloc-note dont la couverture est rouge. En l'ouvrant à la première page, il trouve un petit crayon de papier glissé sous les anneaux du calepin. Quelques secondes plus tard, le voilà qui écrit plusieurs lignes au sujet des pâquerettes.
- Pour les insomnies, quelle partie doit-être consommée ? Demande-t-il.
- La fleur lorsqu'elle est en bouton.
- Fraîche ou sous un autre état ?
- Sèche, de préférence.
Au même moment, voilà qu'un cheval marche tranquillement sur le sentier qui mène à la demeure de Sully et du docteur Mike. Sur cet animal, Matthew. Comme ce dernier avait du temps libre aujourd'hui, il décida de passer de prendre des nouvelles de la femme qui a su veiller sur son frère et sa sœur. Néanmoins, lorsque le fils aîné arrive devant la maison à la porte close, il estime que le lieu est étrangement calme. Voulant en avoir le cœur net, Matthew descend de son cheval et ne met pas longtemps pour graver l'escalier qui mène au perron. Dès qu'il se tient devant la porte, l'homme frappe sur la partie vitrée.
- Docteur Mike ?
Comme il obtient aucune réponse, le frère de Colleen et de Brian s'entête.
- Docteur Mike, vous êtes là ?
Matthew laisse passer plusieurs secondes avant d'ouvrir la porte et de glisser sa tête
à l'intérieur. A ce moment, le visiteur égare ses yeux dans la pièce principale et constate que cette dernière est vide de la moindre présence humaine. S'attardant pour être sûr que la maison soit bien inoccupée, le garçon sort très vite et retourne auprès de l'équidé. Avec un peu de chance, peut-être qu'une personne en ville sait où est passé le docteur Mike ?
Alors que le cavalier retourne sur ses pas, il se dit que Dorothy doit savoir quelque chose et c'est auprès de cette femme qu'il débutera son enquête.
Dans les bois, Michaëla et Brian poursuivent leur progression sans se douter qu'une personne est à leur recherche. De toute manière, si quelqu'un en ville avait besoin de ses soins, il ou elle pourra toujours d'adresser au docteur Cook. Après tout, ce dernier n'est pas de repos aujourd'hui.
Tout à coup, la mère et son fils arrivent sur les berges d'une petite rivière et l'endroit est parfaitement dégagé.
- Ici, cela te convient ?
- Oui maman.
Rapidement, Michaëla glisse sa main gauche dans le panier qu'elle porte à son autre bras afin d'en tirer une couverture bariolée et pliée. Une fois que l'étoffe repose sur le sol, le médecin pose ses genoux sur celle-ci et veille à ce que la protection soit parfaitement dépliée. De son côté, Brian retire ses chaussures avant de s'installer.
- Pourquoi la forêt ? Questionne-t-il.
- Pour changer un peu et ne pas être dérangé.
Voulant se rendre utile, le jeune homme aide sa mère à sortir les couverts, les serviettes et les plats du panier. Peu après, Brian peut admirer le repas lorsque ses yeux se posent sur les beignets qu'il cherchait ce matin.
- Ils n'étaient pas à la poubelle ! S'exclame-t-il.
- Non et comme je sais que tu les aimes, j'ai demandé à Grace de nous en faire d'autres.
Cette femme sait se montrer rusée et Brian le constate une nouvelle fois. Tranquillement, les deux parents attaquent le premier plat du menu : une salade. Celle-ci, loin d'être simple, dévoile entre ses feuilles, des morceaux de tomates, du blanc de poulet et des pousses d'asperges.
- J'espère que tu vas trouver cette salade à ton goût car elle ne vient pas de chez Grace.
- C'est toi ?
- Oui.
- Dans ce cas, elle sera délicieuse et puis cela fait longtemps que tu n'as plus rien à voir avec la piètre cuisinière que tu faisais à tes débuts.
En remontant le fil du temps, Michaëla se souvient de ses premiers essais dans le domaine culinaires. Ceux qu'elle avait invité à goûter son menu doivent encore s'en rappeler et d'ailleurs, Brian en fait parti.
- Toi aussi tu te souviens de mon premier repas ?
- Oui.
- J'avais peur de devoir sortir mes outils chirurgicaux et de pratiquer des opérations pour vous sauver.
- Tu n'avais pas du tout confiance en toi ?
- Non et puis par la suite, ta sœur m'a beaucoup aidé à m'améliorer.
Pendant cette explication, Brian fait disparaître une fourchette de salade dans sa bouche. Une fois avalée, il donne son verdict.
- Comme je le disais, elle est vraiment délicieuse.
Ce compliment fait plaisir à la cuisinière et se dit qu'elle aurait dû se lancer dans la confection du menu dans son intégralité. La prochaine fois, c'est ce qu'elle fera et tant pis si elle doit se lever aux aurores pour être sûre d'y arriver. Finalement, la cuisine, ce n'est pas si difficile.
Tandis que Brian poursuit la dégustation de sa salade, sa mère l'interroge.
- Sais-tu combien d'articles tu dois rédiger pour mademoiselle Dorothy ?
- Pour le moment, nous sommes partis sur une dizaine.
- Ce n'est pas rien.
- Je sais mais je tiens à me montrer à la hauteur. Si jamais les ventes du journal s'améliorent ou restent stables, d'autres articles pourraient voir le jour.
- Un projet bien plus colossale que je ne le pensais.
Et il reste une très belle idée. Si Brian arrive à tenir une telle cadence et à se montrer aussi sérieux, aucun doute que le métier de journaliste soit fait pour lui. D'ailleurs, afin d'aider son fils, une idée traverse l'esprit de la mère de famille.
- On pourrait rendre visite à Nuage Dansant très prochainement si tu es d'accord ?
- Pourquoi pas mais pour quelle raison ?
- Il s'y connaît beaucoup dans les plantes médicinales et c'est grâce à lui que j'en sais autant sur le sujet.
- Je gagne déjà un article voir deux avec l'écorce de saule, fait avoir le jeune reporter.
En retour, Michaëla hoche positivement de la tête avant de poser son bol en bois sur la nappe. Comme elle vient tout juste de finir sa salade, il est temps de passer à la suite du menu. En plats principaux : Pain de viande et tourte aux poulets. Autant dire que les deux personnes vont se régaler. D'ailleurs, Brian s'inquiète d'un détail.
- La digestion risque d'être compliquée.
- C'est ce que je me suis dit aussi avant de faire une suggestion à Grace. Sous mes recommandations, elle a rajouté une plante médicinale lors de la préparation de la tourte.
- Laquelle ?
- La verveine.
Alors que le médecin commence à couper deux parts dans chacun des plats, Brian s'empare de son calepin et de son crayon pour débuter l'ébauche d'un nouvel article.
- Ne me dis pas que tu prends des notes suite à ce que je viens de dire ?
- Si.
- Brian ?
Le docteur Mike se montre interloquée face au sérieux de son fils. Ne comprenant pas le mal dans ses actes, l'adolescent s'arrête et regarde sa mère droit dans les yeux en attente d'une explication.
- C'est notre moment. Tu pourras reprendre tes articles dans l'après-midi…
Matthew est de retour devant la demeure de sa mère adoptive. En ville, il s'est rendu dans la boutique de Loren et y a trouvé Dorothy. Lorsque le fils aîné du docteur Quinn lui a demandé si elle savait où il pourrait trouver sa mère, l'ancienne belle-sœur de l'épicier n'a su quoi lui répondre. Par contre, Dorothy lui a conseillé de se rendre au restaurant de Grace pour lui poser la question. Avec un peu de chance, cette dernière aura la clef de cette énigme.
Et c'est ce qui s'est passé. Maintenant qu'il sait que Michaëla voulait s'offrir un pique-nique en forêt avec Brian, Matthew sait où débuter ses recherches. Tournant son visage sur sa gauche, l'homme pose ses yeux sur le sentier qui traverse les plaines et décide de l'emprunter à son tour. Tout en évoluant au milieu des grandes étendues herbeuses, le jeune majeur espère de tout cœur qu'il ne s'est pas trompé d'endroits où chercher. Si son choix s'avère être une erreur, il ne voit pas du tout où son enquête devra se poursuivre.
Quelques minutes plus tard, le voilà qui arrive à l'entrée du petit bois et s'y arrête afin d'y déceler un quelconque indice. Ne trouvant rien, Matthew poursuit son chemin et se retrouve très vite sous le couvert des arbres. Tout en avançant, l'homme continue à être observateur pour être sûr de ne pas passer à côté d'un détail important.
Alors que Matthew progresse dans le bois, Brian et Michaëla sont sur le point d'achever leur repas. Désormais, ils en sont au dessert et celui-ci se veut simple et léger puisqu'il s'agit d'une salade de fruits. Alors que l'épouse de Sully est occupée à faire le service, son rejeton se montre curieux.
- Crois-tu qu'il serait possible d'avoir d'autres moments comme celui-ci ?
- Bien sûr mais je suis incapable de te donner la prochaine date. Je vais devoir arrêter un jour et prévenir mes patients.
- Tu as déjà une idée ?
- Non.
Tandis que le docteur Mike ferme le petit bocal en verre pour préserver le reste de la salade de fruits, voilà qu'un bruit dans les buissons trouble la tranquillité du repas. Alors qu'ils regardent tous les deux dans la même direction, l'adolescent s'exprime.
- Tu crois que c'est un animal maman ?
- Si c'est le cas, espérons qu'il soit inoffensif.
Lorsque le buisson est secoué pour la seconde fois, Brian se lève et va se placer aux côtés de sa maman. Néanmoins, le garçon remarque qu'il a oublié de prendre son couteau et rapidement, le voilà qui s'en empare.
- Reste derrière moi maman.
- Tu ne songes tout de même pas te battre contre l'animal qui se cache dans ce buisson ?
- Uniquement si je n'ai pas le choix.
Alors que le journaliste en herbe se met debout afin de se préparer au combat, voilà que la créature cachée dans le buisson se présente. Des feuilles collées sur ses vêtements, Matthew regarde sa mère et son frère. D'ailleurs, l'arme que tient son benjamin l'interroge un peu.
- Que comptes-tu faire avec ce couteau ?
- Matthew !
Rassuré, Brian lâche sa lame et s'empresse de se jeter dans les bras de son aîné. De son côté, le docteur Mike se sent soulagée et peut évacuer la crainte qui l'habitait. Une fois que les effusions cessent entre les deux frères, la femme se fait curieuse.
- Que fais-tu ici ?
- J'avais besoin de vous voir.
- Vraiment ?
Matthew répond positivement avant de s'éloigner de Brian de quelques pas. Ensuite, il ouvre sa chemise dans le but de dévoiler une boule en plein centre de son torse. Suite à cette vision, son frère s'inquiète.
- Qu'est-ce que c'est ?
- Je comptais sur le docteur Mike pour me le dire.
Face à ce nouveau cas clinique, la femme se lève et réduit rapidement les centimètres qui étaient entre elle et l'homme. Dès que Michaëla se tient face à lui, la voilà qui lève les mains à hauteur de la protubérance avant de les maintenir dans les airs.
- Un problème ?
- Je ne vais pas pouvoir t'examiner ici. J'ai utilisé mes mains pour manger et même si j'ai veillé à utiliser des serviettes pour les rendre correctes, je doutes qu'elles soient propres. Depuis quand as-tu cette boule de chair ?
- Hier matin.
- Et tu viens me voir que maintenant ?
- J'étais venu vous voir à la clinique hier, vous vous en souvenez ?
Et comment qu'elle s'en souvient ? Lorsque la femme de Sully avait fini de traiter son énième patient de l'après-midi, Michaëla avait ouvert la porte afin de libérer l'homme qui était venu la consulter. A ce moment, le docteur avait aperçu le visage de son fil et face à cette apparition, la praticienne s'était posée des questions.
- Ce n'était pas une visite de courtoisie ?
- non.
Se rendant compte de son erreur, la mère de famille commence à être gagné par le remord.
- Je suis désolée Matthew.
- Ce n'est pas grave.
- Bien sûr que c'est grave, rétorque-t-elle. Va savoir la nature de cette boule et les dangers qu'elle représente. Comment es-tu venu jusqu'ici ?
- A cheval.
- Il n'y a pas une minute à perdre.
- Cela veut dire que notre pique-nique est terminé ? Demande Brian.
- Je le regrette.
Le plus jeune des trois êtres présents dans le bois ne se montre pas déçu, bien au contraire. L'enfant capricieux et gâté qu'était Brian est désormais bien loin du merveilleux jeune homme qu'il est devenu. Après tout, il s'agit de la santé de son grand frère et il comprend que la situation est à l'urgence.
- Matthew, débute sa maman adoptive. Retourne auprès de ton cheval et attends-nous à la maison. Je vais me dépêcher de vider la nappe et d'emprunter le sentier de retour.
Dès que la femme termine son dialogue, Brian quitte les deux adultes et s'affaire sur la zone du repas. Ainsi, il avance sa mère qui sera auprès de Matthew bien plus vite que prévu. Ne voulant s'attarder, le fils aîné quitte les lieux afin de retrouver son cheval. Pendant ce temps, le docteur Quinn aide son second gamin à ranger le pique-nique.
- Je suis vraiment désolée, s'excuse-t-elle.
- Ce n'est pas grave maman et puis nous aurons d'autres occasions.
- Je l'espère et compte sur moi pour que personne vienne nous déranger cette fois.
- C'est gentil de vouloir me rassurer mais tu ne possèdes pas ce pouvoir malheureusement.
Et Brian a raison. Qu'est-ce qui pourrait le convaincre du bon déroulement d'un prochain pique-nique ? Rien. Toutefois, le garçon semble l'accepter avec fatalité sans pour autant exprimer le moindre reproche à celle qui lui tient compagnie.
Au bout de quelques minutes, Michaëla et Brian traversent les bois pour retourner chez eux.
