Elle avait enfin avoué, bien qu'indirectement. Avant cela, elle avait pris de nombreuses heures à lire et relire sa lettre. Elle l'avait recommencé un nombre de fois invraisemblable, et avait voulu abandonner tout autant de fois... Mais elle avait fini par y arriver. Elle avait écrit une lettre qu'elle considérait comme parfaite, qui la reflétait, sans pour autant trahir sa personne. C'était peut-être l'aspect le plus dur de cette histoire d'amour. Car Pansy avait eu beau aimer Gabrielle aussi fort qu'il était possible, elle avait toujours eu peur d'être découverte. Elle avait certes aimé et choisi de garder son secret pour elle seule car cela lui semblait plus excitant, la peur ne l'avait jamais quitté. Pourtant, Pansy savait combien Hermione, si intelligente et raisonnée, était tolérante. Finalement, elle ne redoutait pas tant Hermione, mais ceux autour, ces ignorants qui ne comprenaient rien à l'amour, et qui ne feraient jamais l'effort de comprendre. Elle savait que dans une vie sans amour, elle n'aurait vécu qu'une demi-vie. Les siens l'auraient dénigrée et rejetée, les autres l'auraient observée de loin, dans un jugement silencieux. Pourtant, seul l'amour nous fait mûrir réellement, c'est grâce à lui que nous prenons forme, que nous nous révélons. Il nous fait devenir nous-même dans le but d'être le monde de la personne que nous aimons. L'amour est une ambition sans limite d'une haute exigence. Et par-dessus tout, l'amour est inguérissable dans la mesure où nous n'aimons pas plus. Il faut soigner le mal par le mal, alors pour soigner l'amour, il faut simplement aimer plus. Pansy le savait, alors elle avait pris cette décision de clore son amour. Elle voulait se donner la chance d'aimer quelqu'un d'autre, plus fort encore qu'elle aimât Hermione, pour guérir de cette passion. Aujourd'hui, elle avouait enfin cet amour si vrai et passionné car il était temps de partir. Elle ne devait plus aimer Hermione car un monde plus vaste s'ouvrait à elle. Cette lettre était une conclusion, l'épilogue de cette histoire. Pourtant, elle était aussi la promesse d'un souvenir éternel.