Suite (encore)

Disclaimer : à Beemoov sauf Moana et Noémie

Rating : K


Je crois que si on m'avait comparé à quelque chose à ce moment-là, ça aurait été à une larve. Ou à un phoque. J'étais allongée, dos au mur avec mon oreiller, couette sur les jambes avec l'ordinateur, aussi vive et pleine d'énergie qu'une tortue en pleine hibernation. En même temps, je n'avais pas bougé de mon lit, sauf pour manger (bah oui, hein, c'est que y a des fois où il se fait faim). J'étais à fond, en train de réviser pour les contrôles du lendemain et de découvrir le fameux groupe de Nathaniel. Si on m'avait dit, qu'il écoutait ce genre de musique, je crois que je ne l'aurais pas cru. Mais fallait avouer que c'était plutôt pas mal, en plus ils ont des supers jeux de guitares c'est assez impressionnant. Enfin, moi et mes goûts … Je terminai tranquillement de relire la dernière page de cours à revoir lorsque Noémie rentra dans ma chambre. Elle me regarda intensément.

- On dirait Patrick dans Bob l'Éponge. Allez, lève-toi feignasse, on mange.

- Challenge accepted, j'ai faim … Raaah nan les abdos c'est pas pour moi.

Je n'avais pas réussi à me lever par la seule force de mon ventre alors un roulé-boulé jusqu'au bord du lit tandis que Noémie se tenait contre la porte, au bord des larmes, à force de rire.

- Ça y est ? T'as fini de te marrer comme si t'avais vu un pingouin bourré ?

- Désolée, c'était trop beau de voir ta souplesse légendaire en pleine action.

- Merci, très drôle.

J'entendis un « héhé » derrière moi et nous sortîmes toutes les deux de ma chambre. Je vous épargne le blabla de la suite, celui qui raconte comment Noémie est un excellent cordon bleu. Naaan, j'rigole ! Elle avait juste décongelé/mis au four une pizza. Après manger, nous étions en mode phoques de la pub pour canapé à lire Vampire Knight pour la cuisinière et à regarder Les Frères Scott pour moi.

- Il me saoule Kain avec ses airs de chevalier mystérieux, me lança soudainement ma cousine.

- Noémie, on dit son nom en prononçant bien le « -i » parce que là, ça fait frites McCain.

Elle me regarda puis partie pliée en deux de rire sur le canapé. Quinze minutes plus tard, elle en rigolait encore. Oui, elle a le rire facile. Au moins sa stupidité la rend hilare. Ce que j'aime faire dans ses moments-là, c'est attendre que la personne se calme un peu et lui redire la bêtise. Les trois quarts du temps, elle repart dans un fou rire pire que le premier. I am sadique and I love it. Et j'étais littéralement en train de m'endormir sur le canapé alors que Noémie continuait encore et toujours à rire. J'avais oublié l'examen de demain ! L'imbécile ! Il était déjà vingt-trois heures en plus … Je me levai et me dirigeai vers ma chambre. Après avoir mis ma chemise de nuit cent pour cent coton, pas super sexy mais super confortable (la chemise digne de Mamie Nova, comme dirait Noémie), je me glissai sous les couettes et clignai un peu des yeux avant de m'endormir complètement.

Mon cerveau se reconnecta peu à peu à la réalité et je réalisai que je m'étais sûrement réveillée avant mon réveil. Je me collai, encore dans un demi-sommeil, contre un grand truc à l'air moelleux. Grand truc à l'air moelleux … ? J'ouvris carrément les yeux et criai puis déguerpis de mon lit. Je me calmai un peu et une grande poupée habillée comme un prince était mis dans mon lit. Une vague de colère s'empara de moi. Noémie, je te hais. Jamais je n'aurai pensé qu'elle allait se rappeler de ma remarque de la rentrée comme quoi j'aurai préféré être réveillée par un prince charmant. Saleté. En plus, il était six heures quarante-cinq, trois quarts d'heure avant la sonnerie de mon réveil. Raah, ça me rend de mauvais poil quand on me fait me lever comme ça. J'allai partir lorsque j'entendis une « rmrpffff... » à moitié étouffé venant de mon armoire. Je l'ouvris d'un coup en grand et découvris l'abrutie. Ma cousine favorite avait une caméra dans la main, l'autre servant à couvrir sa bouche pour étouffer les sons, une larme coulant le long de sa joue.

- Je suppose que tu t'amuses bien ?

- Oh ouais, tu peux pas savoir à quel point ! J'ai pas pu résister ! T'aurais dû voir ta tête ! Au moins, t'as été réveillé par un prince charmant. OUAHAHAHAHA nan c'était épic, je vais pouvoir repasser ça en boucle et en boucle, me dit-elle entre deux rires.

Je ne pris pas la peine de répondre. Oui, je sais j'ai pas d'humour. Mais c'était le matin, faut pas m'en vouloir. Et avec les examens que je devais passer dans un peu plus de deux heures, c'était pas le jour. Grrrr. Fallait que je vois Castiel, je pourrais passer mes nerfs dessus. Je pourrais voir à quoi ça ressemble du corail en purée, héhé. Ah oui petit truc : je fais un mètre soixante et lui bien plus d'un mètre quatre-vingts … M'enfin c'est qu'un détail. Je me préparais tranquillement et pour une fois, je pris un peu plus de temps pour me maquiller vu que j'étais large. Un peu de marron/doré apparemment c'est ce qui va le mieux avec mes yeux bleu foncé. Bref, on s'en fout. Comme j'étais prête, je pris mes affaires et partis pour le lycée. Pendant les dix minutes de marche à pieds, j'écoutais en boucle « Papa Don't Preach » de Madonna, une vieille chanson comme on en fait plus. Dommage d'ailleurs. Comme les chansons des 80's, pourquoi on en fait plus non plus des comme ça ? J'arrivai enfin au lycée. Plein de monde. C'est sûr qu'avec les examens, tout le monde a dû tomber un peu du lit. Et vu la tête de certains, il y en a qui se sont pris le sol en beauté. Je rigolai intérieurement après avoir croisé un élève portant encore la marque de l'oreiller mais m'arrêtai une fois tombée sur Castiel. Il avait une mine renfrognée (pour changer), grognant après tout ce qui bouge (encore pour changer), cependant lorsqu'il me vit, il eut un petit sourire perfide et rentra dans le lycée. Ah oui, le défi. Je ne devais pas l'oublier, sinon il allait encore m'arriver des bricoles. Ce n'est pas que Castiel me dégoûtait, non, je le trouvais vraiment pas mal mais ça me faisait trop bizarre qu'un mec m'aborde de cette façon. Je fuyais mais vu comment il s'y prenait OH OUI FUYONS ! Quelque chose tomba tellement bien sur le dos que je faillis partir vers l'avant. Rosalya s'était amusée à me sauter dessus.

- Comment ça va mam'zelle mauvais poil ?, me demanda-t-elle.

- J'suis pas de mauvais poil. J'aime pas qu'on me saute dessus et en plus ma cousine a fait mumuse à mettre un mannequin dans ma chambre pour que je cite « je me réveille dans les bras d'un prince charmant ». Rah, la sal...eté !

- Haha, je l'aime bien ta cousine. C'est bien elle qui s'est un peu liée d'amitié avec Lysou ? Faudrait que tu me la présentes.

- Comment tu sais ça toi ?

- Lys-chou nous en a un peu parlé la dernière fois.

Ben c'est bien, ça, j'allais pouvoir le dire à Noémie. Je remarquai enfin la pauvre petite Violette qui se cachait à moitié derrière sa pochette à dessins. Elle s'avança timidement vers moi et ouvrit la bouche sans qu'aucun son n'en sorte.

- Les filles, il faut qu'on aille devant la salle il est déjà presque huit heures cinquante-cinq, coupa Rosalya avant de s'en aller plus loin.

- Je suis désolée Violette, on parle juste après les examens si tu veux ?, dis-je à notre timide nationale.

Elle hocha doucement la tête et nous allâmes à notre salle de classe. Les élèves commençaient déjà à rentrer. On devait s'asseoir à une place réservée et nous étions rangés par ordre alphabétique. Le professeur de surveillance nous distribua les questionnaires et à son signal nous pouvions commencer. A neuf heures piles, nous pouvions retourner nos feuilles. Au bout de dix minutes, je relevais la tête lorsque la porte s'ouvrit.

- Ah, monsieur Candelor nous fait l'honneur de sa présence ?

J'entendis Castiel marmonner un « pas le choix » et aller s'asseoir. Je soupirai discrètement et retournai à mon travail. Après deux heures de recherches dans mon cerveau pour avoir les réponses, je pus enfin rendre ma copie. J'en avais marre, j'avais faim, j'avais envie de sucre. Je sortis de la salle et ouvris mon sac pour chercher ma carte de cantine. Un petit sac rempli de toutes sortes de sucreries était au fin fond de ce qui me sert de gouffre scolaire accompagné d'un petit mot : « C'est pour me faire pardonner de ce matin, même si c'était bien marrant. T'as intérêt à avoir bien bossé ! ». Noémie, je t'aime. Je pris un paquet de bonbons cent pour cent sucre et alla m'asseoir sur un banc. Violette arriva vers moi et avant de dire quoi que ce soit, elle se mit à rougir. Ben qu'est-ce qu'elle a ? Je lui fis signe de se mettre à côté de moi et de me dire ce qui n'allait pas. Je voyais bien qu'elle voulait parler mais qu'elle n'y arrivait pas alors elle sembla se résigner et me tendit sa pochette. En l'ouvrant, mes lèvres formèrent un « o » parfait. C'était donc ça qu'elle essayait de me dire ? C'est marrant, de ce que j'en avais vu, je n'aurais jamais pu deviner. Je refermai son bien et lui rendis, attendant la suite qui ne tarda pas à arriver.

- Tu sais, on se connaît depuis qu'on est à la maternelle. On a grandi ensemble, on se faisait même des soirées tous les trois. Ils sont mes deux meilleurs amis et pourtant à chaque fois c'est avec lui que je dormais. Au début, j'avoue que j'avais des sentiments pour Alexy mais au fur et à mesure je suis tombée amoureuse d'Armin. Du coup je me suis éloignée un petit peu de lui et depuis je dis bien plus de choses à Alexy qu'à Armin, me confia-t-elle d'une toute petite voix.

- Je trouve ça super mignon comme histoire ! C'est gentil de ta part de venir m'en parler.

- Je trouve que c'est plus facile de te raconter quelque chose plutôt qu'à Rosa.

Je rigolai et lui dis qu'on se voyait plus tard. Je partis vers la serre pour finir mon paquet de bonbons tranquillement. Avec un peu de chance, je tomberai sur Lysandre que je pourrais un peu asticoter avec Noémie. A la place, un jeune homme aux cheveux verts prenait soins des plantes. Ce qu'il était mignon … Pourquoi les gars de cette école étaient tous bien foutus tout bien tout bien ? Tiens d'ailleurs, Nathaniel m'a dit que le jardinier s'appelait comment ? Jade, je crois.

- Jade... ?, tentais-je doucement.

- Oui ?, fit-il en relevant la tête.

Bingo.

- Ce ne serait pas toi la fameuse Moana qui aurait envie de m'aider pour les plantes ?

- Ben si, Nathaniel t'en a parlé je suppose ?

Il me sourit pour réponse et me demanda ma fleur préférée.

- L'impatiente ! Je trouve ça simple et joli.

- Ah ? C'est rare qu'on pense à cette fleur, d'habitude c'est soit les roses ou les lys ou même les orchidées.

La conversation continua comme ça pendant plusieurs minutes jusqu'à ce que finalement il me dise que c'était gentil de ma part de me proposer à l'aider mais qu'il préférait travailler seul. Vive le vent, vive le vent d'hiver … Ça sera pour une prochaine fois. Je préférai le laisser tranquille et partis vers la cour pour aller manger.

- Ah, Moana, je te cherchais justement.

Nathaniel venait d'apparaître comme une fleur devant moi, un grand sourire aux lèvres.

- Tu sais quoi ? Le lycée organise une fête dans deux semaines environs et tous ceux qui voudront s'occuper de l'animation le pourront !

- Sérieux ? En gros, la directrice ne veut pas débourser d'argent et préfère que ça soit les élèves qui fassent ça bénévolement quoi ...

- Oui, je pense que c'est à peu près ça …, me répondit-il, gêné.

Je lui souris doucement et mon ventre choisit ce moment pour faire le même bruit qu'une baleine. J'avais faim. Je m'excusai auprès de Nathaniel et partis à la cantine. Je tombai sur Rosa à l'intérieur.

- Salut toi !, m'apostropha-t-elle. A ta tête, t'as des choses à raconter. On se met à une table toutes les deux pas de discussion. Moana, au pied, on va s'asseoir.

Je ne savais pas s'il fallait rire ou … Quoiqu'il en soit, je l'avais rejoint à une table, au fond du réfectoire.

- Je t'ai vue avec Nathaniel, tout à l'heure. Il te voulait quoi ?

- Rosa, deux secondes, je peux poser mon plateau au moins ?, répliquai-je.

- T'as le temps de faire les deux.

Je soupirai bruyamment devant son impatience à tout vouloir savoir. Je m'assis, mon plateau devant moi et lui répondis.

- Il venait juste me dire que le lycée organise une espèce de fête où ça sera aux élèves de faire le spectacle, donc la musique.

- C'est marrant, j'ai l'impression que t'as envie de faire quelque chose par rapport à ça mais t'es bloquée. C'est quoi ton plan ?

Je la regardai, surprise. « Ça se voit à ta tête » avait-elle ajouté.

- Va falloir que je te raconte tout le truc … Tu me promets de ni me secouer comme un arbre fruitier ni d'hurler comme une hystérique.

Elle me lança un regard, suspicieuse, et me fit signe de continuer.

- Au parc, près de chez moi, je suis tombée sur Castiel. Il m'a pris mon portable des mains pour lire ton message sur ta soirée et ma fait une espèce de scène parce que j'étais sortie un peu plus tôt de chez Nathaniel. Me regarde pas avec ces yeux d'affamée, s'il-te-plaît, j'ai l'impression d'avoir le Diable attendant mon âme en face de moi. Donc, pour après : suite à cette scène, il m'a lancée une espèce de pari où j'ai jusqu'à ta fête pour rendre moins coincé notre délégué national. S'il juge que je n'y suis pas arrivée, je vais devoir faire ce qu'il veut. Sauf que je suis coincée : je sais que peu importe ce que je ferais, il me dira qu'il n'est pas satisfait. Et ...

- Et comme idée, tu as de faire en sorte que Nath' aille sur scène, termina Rosalya.

- Exact. Mais, au lieu que monsieur ne monte avec son éternelle chemise blanche et slim beige, lui faire porter une tenue un peu plus « trash ». Et quelque chose de rock aussi ! Parce qu'il serait bien capable de nous chanter du Françoise Hardy.

- T'exagère pas un petit peu, là ? Avant de planifier tout ça comme tu fais, tu as pensé à lui en parler ?

- Rosa, comment tu veux que je le fasse, il m'a dit qu'il y aurait un concert, mon ventre a gargouillé, je me suis éclipsée jusque dans la cantine et c'est en me servant que l'idée a germé. De toute façon, il faut que je revoie les détails.

- Tu te débrouilles avec tes trucs. Et sinon, pourquoi tu sortais de chez Nathaniel ?

- Pour réviser … ?

Elle fit une moue, peu convaincue. Nous terminâmes notre repas et sortîmes. Le soir, je rentrai chez moi et fis un petit détour par le parc. Justement, près de la fontaine se trouvait Armin, concentré à griffonner quelque chose sur son cahier. Je m'approchai doucement et remarquai plusieurs « V » gribouillés. Violette ? Armin leva légèrement les yeux et sursauta en fermant rapidement son cahier.

- Je les ai vus les « V », tu sais ?, dis-je en m'asseyant à côté de lui tandis qu'il soupirait. Tu veux en parler ? Violette est venue m'expliquer votre espèce de relation de toute façon alors tu peux me donner ton point de vue.

Il soupira de nouveau.

- C'est vraiment parce que je me sens obligé, hein ? Avec Alexy, on connaît Violette depuis l'enfance et … j'ai toujours été amoureux d'elle en fait. Le problème de notre relation comme tu dis, c'est qu'elle sait que je l'aime autant que je sais qu'elle m'aime mais elle m'a toujours repoussé, disant à chaque fois qu'elle n'est pas prête.

- Par contre, toi, te la faire comme un pervers en rut, y a pas de problème.

Celle-là, il ne s'y était pas attendu. Par étonnement, il avait failli se retrouver dans la fontaine. En revanche, je ne l'ai jamais vu aussi tourmenté.

- Hé ! Arrête c'est pas drôle ! Je la comprends pas, qu'est-ce qui la gêne ? Je ne la force même pas ou quoique ce soit.

- C'est à elle de te le dire.

- Je le sais mais si je lui demande, tel que je la connais, elle va fuir. Je suis désolé Moana, je dois te laisser, Alexy m'attend.

- D'accord. A plus tard !

Alors qu'il partait d'un côté, je vis Lysandre arriver de l'autre. Qu'est-ce qu'ils ont à tous aller au parc ?

- Bonjour Moana.

- Bonjour Lysandre.

Haha, avec lui on a toujours les mêmes débuts de dialogues, c'est pratique. C'est vrai qu'il faut bien commencer par quelque chose ...

- Exprès, j'allais m'en aller avant que Noémie ne parte de l'appartement mais veux-tu venir ?

- Non, c'est bon, merci. De toute façon, je vois ta cousine dans une vingtaine de minutes justement, me dit Lysandre dans un sourire.

- Voir ? Voir où ?

- Au conservatoire. Comme d'habitude.

- Rappelle-moi ce que Noémie fabrique là-bas. Ma mémoire de poisson rouge ne me permet plus de me souvenir.

- C'est elle qui s'occupe de faire apprendre le solfège aux enfants et c'est le cours juste avant le mien. Elle reste pendant mon cours pour justement revoir une partie bien plus difficile que le niveau qu'elle enseigne, répondit-il avec un petit rire.

- Ah ouiiiiii c'est vrai !

Nous allâmes tous les deux jusqu'aux grilles et chacun prit un chemin différent de l'autre. En arrivant devant la porte de l'appartement, cette dernière s'ouvrit à la volée sur une Noémie à l'air possédée qui me cria « EN RETARD, COURS, LYSANDRE, TOUT A L'HEURE ! », du moins c'était ce que j'avais compris. La tornade passée, je rentrai et m'installai sur le canapé. Me souvenant du problème « Violette/Armin », je pris mon portable et envoyai un message à Alexy.

Moi : « Je suis tombée sur ton frère tout à l'heure, il m'a expliqué sa relation avec Violette. J'aurai bien dans l'idée de les pousser ensemble. Qu'est-ce que tu en dis ? »

La réponse ne se fit pas attendre. Ainsi que la conversation.

Alexy : « Armin doit bien t'apprécier quand même pour te le dire. Mais vas-y doucement si tu veux faire quelque chose. Ils sont assez … compliqués tous les deux, crois-moi, j'ai déjà essayé de m'en mêler et ça a été un désastre. Elle est tellement timide qu'elle préfère fuir. »

Moi : « Il a été obligé parce que j'ai vu tout plein de « V » dans son cahier. Et le noyau du problème à l'air de venir de Violette. Comme je suis une fille, j'aurai sûrement plus de chance de savoir ce qu'elle pense que toi ;) »

Alexy : « Eh ben bon courage alors :) »

Comme l'a dit Alexy, ça n'allait pas être simple. Je me levai et mangeai un morceau. Je me réinstallai sur le canapé et attendit Noémie pour aller me coucher.

Le lendemain, pour une fois, Noémie était prête en avance et moi aussi. Et c'est avec bonne volonté (ou surtout parce que de toute façon le lycée est sur sa route), qu'elle me proposa de me déposer en voiture. En arrivant, je fus étonnée de voir qu'il n'y avait quasiment personne. Trois pleupleus et un Nathaniel tout seul sur un banc. Je partis le rejoindre. Nous discutâmes de tout et de rien jusqu'à ce que je remarque que sa chemise était boutonnée du premier au dernier bouton. Idem pour la cravate serrée au maximum. Je soupirai en voyant ça. Ça me faisait penser à l'autre défi de Castiel. Une tenue plus décontractée serait un bon début, non ?

- Dis-moi, Nathaniel, pourquoi tu t'obstines toujours à fermer jusqu'au bout ta chemise ? T'as peur qu'on te viole si tu la laisses ouverte en haut ?

- Non, c'est pas ça ...

- Bah viens là, je vais t'en enlever, dis-je tout en me jetant presque sur les pauvres boutons.

- NON !

Il se débattit un peu mais je réussis tout de même à desserrer la cravate et à enlever deux ou trois boutons. Je m'arrêtai cependant en route en voyant un hématome peu anodin sur son torse.

- Nath, comment … as-tu eu ça ?, lui demandai-je d'une voix tremblante.

- Ça ne te regarde pas. Dis-toi que je suis tombé chez moi.

Le ton était sec, cassant. Je m'en voulus, beaucoup. Je m'éloignai un peu de lui.

- Je … excuse-moi.

Et je partis en direction de ma salle de cours. Cours de maths en plus. J'aime pas les maths. Je pris tout l'heure pour y repenser. Mon cours suivant était éducation physique. Je fis en sorte de jouer l'actrice s'étant fait mal à la cheville. Mon professeur tomba dans le panneau et je pus rejoindre Armin qui était assis contre un mur parce qu'il avait soi-disant « oublier ses affaires ».

- Salut, la tête en l'air.

- Salut, l'actrice, répondit-il du tac au tac.

- Pourquoi actrice ?

- Parce que tu n'as mal nulle part. Si tu avais mal, tu ne te serais pas accroupie pour t'asseoir.

- Excuse-moi Sherlock. Au fait, j'en ai parlé avec ton frère de ton « problème » et il m'a dit qu'il avait déjà mis les pieds dans le plat.

- *gros soupir* En fait, il a essayé de pousser Violette mais il n'a fait que la rendre encore plus peureuse. Et suite à ça, tout ce qu'il a réussi à savoir, c'est qu'elle ne veut pas m'ennuyer avec sa timidité maladive.

- Pourtant, à chaque fois que vous vous voyez, c'est avec toi qu'elle dort.

- Comment tu sais ça, toi ?, me demanda-t-il, surpris.

- C'est elle-même qui me l'a dit. Et elle n'a pas l'air de s'en plaindre.

Je vis ses joues prendre une teinte rosée. C'est mignon la façon dont il rougit … Un blanc s'installa mais cela ne nous gênait pas, nous étions tous les deux dans nos pensées. Je repensais aux bleus que Nathaniel avait, se faisait-il frapper chez lui ? Ou se battait-il ? L'image d'un Nath' boxeur était certes séduisante mais l'idée n'était pas très plausible. Je suis une éternelle curieuse donc oui, j'avais très envie de savoir comment il avait eu ça. Avant toutes choses, il faudrait déjà que j'aille m'excuser pour ce qui c'était passé. A la base, je n'avais pas à me jeter dessus. Et puis faut qu'il accepte pour le concert ! Même si je savais que Castiel trouvera bien toutes les raisons pour me donner tort, je pouvais toujours essayer.

Je profitai de la récréation après le cours de sport pour aller le voir en salle des délégués. Heureusement, il n'y avait que lui a l'intérieur. Je m'avançai vers lui.

- Nathaniel, pour ce matin … je suis désolée.

- Ne t'inquiètes pas, je le sais.

- Et t'en fais pas, hein, je le dirai pas et si tu n'as pas envie d'en parler, je force pas les gens à me dire ce qu'ils ne veulent pas, donc … attends, quoi ?, m'arrêtai-je, abasourdie.

- Je le sais que tu es désolée, tu me l'as dit ce matin avant de partir comme une voleuse. Je te demanderai juste, bien évidemment, de ne pas remettre le sujet sur le tapis, même plus tard.

- D'accord.

Il plongea son regard dans le mien et me sourit doucement. C'est … craquant comme manière de faire. J'avais l'impression d'être une gamine de cinq ans, là comme ça.

- Et, euh … sinon … sur autre chose…, tentai-je.

- Oui ?

- Est-ce que … tu voudrais y participer au concert du lycée ?

- Non.

Il m'avait dit ça d'une manière où il n'y avait pas de discussion après. Il alla ranger un dossier dans un des tiroirs.

- Trouillard.

Ça m'était sorti tout seul.

- Pardon ?

Il s'était vivement retourné vers moi.

- J'ai dit « trouillard ». Je suis sûre que t'assurerais sur scène et en plus tu pourrais rendre Castiel vert de rage.

Héhé, jouer la carte de la provocation pour le « débloquer » un peu.

- Qu'est-ce qui te fait dire ça ? Pour moi, je veux dire.

- Arrête t'as assez de charme pour ça. Une tenue et une musique adéquate et hop !

Il rougissait à vue d'œil. Ben qu'est-ce que j'ai dit encore ?

- …

- ….

- Ce serait quelle musique ?

J'avais gagné.

- J'avais pensé à « One More Night » de Maroon 5.

- Je la connais.

- Donc tu acceptes ?

- Ça dépend. J'avoue qu'énerver Castiel me tenterait bien mais qu'est-ce que tu comptes me faire porter ?

- Une tenue plus rock'n'roll que celle que tu portes aujourd'hui en tout cas !

- Je ne sais pas trop ...

- Mais si ! Je te vois très bien avec un slim noir, un Marcel noir avec une veste en jean sans manches et des bottes en cuir.

Il ne me répondit pas mais me dit de venir un peu plus tard chez lui.