Disclaimer : Tout est à Beemoov, à part Moana et Noémie
Rating : Allez, va pour K+
Eh bien, voilà, le « un peu plus tard » était arrivé, ou si vous préférez, la fin des cours et donc l'heure d'aller chez Nathaniel était arrivée. Je sortis du lycée avant de me rendre compte que ma superbe mémoire de poison ne me permit pas de me rappeler quelle direction prendre pour aller chez môssieur le délégué. A cet instant précis, mon portable vibra joyeusement au fond de ma poche, attendant impatiemment le moment où il recevrait la douce chaleur de mes mains. Oui, je pars loin. Je le pris donc et vis le message que j'avais reçu.
Nathaniel : A la grille, tourne à droite et continue toujours tout droit. Je t'attends devant chez moi.
Hé. Héhé. Héhéhé. Comment a-t-il deviné ? « Ben c'est pas trop dur de savoir que t'es un boulet ! » me souffle une petite voix dans ma tête. Oui, bon, ça va, hein. Je tournai à droite et marcha tout droit, comme Nathaniel me l'avait dit. Au bout d'une dizaine de minutes, je vis une tête blonde, au loin, semblant m'attendre. Je pressai le pas et faillis partir en courant en criant « T'as vu?! Je m'suis pas perdue ! ». Brave fille. Heureusement, qu'il me reste encore un peu de bon sens. Non, je blague, j'avais juste des talons et une flemme absolument énorme de courir.
J'arrivai devant Nathaniel qui m'accueillit avec un sourire.
– Tu t'es reconnue finalement ?
- Honnêtement non, mais la dernière fois je dormais encore à moitié, tu m'avais bourrée le crâne de leçon de mathématiques en tout genre et en prime, j'avais pas eu ma dose de sucre.
- Oh, la mauvaise foi. Comme si c'était de ma faute si on avait un examen le lendemain.
Un point pour lui. Il me fit entrer et je retrouvai naturellement (ou bizarrement ?) le chemin de sa chambre. Je posai mes affaires sur son lit et commençai à ouvrir son armoire, sans son autorisation bien entendu, sinon c'est pas drôle. Je l'entendis soupirer, comme s'il savait que même s'il râlait, ça ne changerait pas grand-chose. Bon garçon. Dans l'armoire, je ne trouvai que des vêtements bien sages, à l'image de Nathaniel, ou du moins celle qui veut se donner. Cependant, une planche dans le fond me gênait. Je m'avançai plus et cognai contre la planche. Ça sonnait creux.
- Nathaniel ? Peux-tu venir s'il-te-plaît ?
- Qu'est-ce qu'il y a ?, me dit-il en s'approchant.
- Tu peux retirer la planche qu'il y a au fond s'il-te-plaît ?
- Non.
Non ? Comment ça non ? Bon comme monsieur avait apparemment des trucs à cacher eh bien, on va aller les découvrir ! Je rentrai entièrement dans l'armoire et mis toutes mes forces pour pousser la planche. Qui devait peser dans les 400g à tout casser. Oui, j'ai une force de crevette. Et une mémoire de poisson rouge aussi, oui je sais. Je devrais peut-être finir avec Castiel, au moins je serais dans mon milieu naturel avec l'autre corail.
Ce que je découvris derrière était assez étonnant. Enfin, plus trop quand on connaissait mieux Nathaniel en fait. Des vêtements de métaleux tout partout. Du noir, du cuir, du jean. Pas de rouge par contre. Bon c'est pas sa couleur et en plus ça aurait fait copier-coller sur Castiel. Compréhensible. Je cherchais et cherchais encore et trouvai enfin ce que je voulais je pris les vêtements et accessoires et sortis de l'armoire. Nathaniel s'était rassit.
- Tu m'as trouvé quoi finalement ?, me demanda-il.
- Déjà, pas de panique je ne demanderai rien par rapport au pourquoi du comment ils sont cachés vu que je pense que ça doit être la même chose que pour les CDs et ensuite des jolis petits trucs où tu seras tout beau tout mignon dedans !
Il rougissait à vue d'œil. Pour l'aider à se cacher, je lui lançai les vêtements et lui ordonnai d'aller se changer tandis que je sortis les paroles de « One More Night ». Nathaniel revint deux minutes plus tard, habillé comme je lui avais demandé. Ce qu'il est gentil, il obéit tout bien comme il faut, brave bête. Il ferma la porte de la salle de bain (NDA : au début j'avais écrit « salle de beau » lapsus !) puis il s'adossa dessus et attendit. Je fis donc le tour du propriétaire jean en cuir, marcel noir, veste sans manches en jean, bottines en cuir et accessoires à clous pour « accessoiriser » le tout, sans jeu de mots. Ah bah si, y en avait un. Bref. La seule pensée qui m'est instantanément venue était que s'il venait comme ça, tous les jours au lycée, je ne donne pas cher de sa peau. Non pas par rapport à Castiel, mais par rapport à toutes les nanas qui vont courir derrière parce que, il fallait l'avouer, il était très sexy habillé comme ça. A en battre Ian Somerhalder et Robert Pattinson (pour celles qu'aiment). Pour m'éviter de baver (oui un peu comme je fais quand je vois du sucre), j'aillai chercher les paroles et les lui donnai.
- Comment peux-tu être sûre que je sais chanter ?
- Ben j'en sais rien, on verra bien. Au pire, je suis la seule à t'entendre.
- Bon d'accord, mais d'abord je vais me changer. Ce n'est pas que je n'aime pas être habillé comme ça, mais ça me … gêne, disons.
- Du moment que tu chantes.
Il leva les yeux au ciel et revint peu après, avec ses vêtements de d'habitude, la cravate en moins. Tant mieux, je ne l'aime pas cette fichue cravate. Faudrait que je la brûle un jour.
Nathaniel se mit donc à chanter et je vis rapidement qu'il n'avait ni besoin des paroles, ni de se faire modifier la voix. Juste des fois où il n'était pas trop dans le rythme mais j'ai entendu pire ! Comme Noémie par exemple, heureusement qu'elle apprend seulement les notes aux gamins, les pauvres sinon …
J'applaudis tout de même Nathaniel qui me fit un sourire. Au même moment, on entendit une porte s'ouvrir. Je vis Nathaniel devenir blanc comme un linge.
- Merde ! Mon père ! Il ne faut surtout pas qu'il te voit !
- Je fais quoi du coup ?
- Prends vite tes affaires, on passe par la chambre d'Ambre.
- Hein ?
Il ne fit pas attention et me prit la main tandis que j'attrapais mes affaires de l'autre. La chambre d'Ambre était à côté. On y entra et la première chose qui me frappa était le nombre incalculable de miroirs dans la chambre. Une hyène narcissique. Ça sonne bizarre. En revanche, il y avait une baie vitrée et un balcon qui donnait sur le jardin.
- Si on passe par là, mon père ne nous verra pas. Ce n'est pas haut. J'y vais le premier et tu n'auras qu'à sauter, je te rattraperai.
Aussitôt dit, aussitôt fait. Il passa la barre du balcon et sauta sur le sol. Comme un chat. Puis, il me fit signe de venir. Je fis comme lui et atterris dans ses bras. Puis contre lui sur le sol. Je crois qu'il n'avait pas trop bien prévu ma mythique souplesse. On se redressa rapidement et nous partîmes en courant. Arrivés au bout de la rue, essoufflés, je lui demandai :
- C'était si grave que ça que ton père nous voit ?
- Tu n'as pas idée, mais non je ne t'expliquerai pas. Comprends-moi, je n'ai pas envie d'en parler, c'est tout.
- Bon d'accord … Et toi, tu vas rentrer comme ça ? A moitié débraillé l'air « je viens de me taper une escapade en sortant pas le balcon » ?
Pour toute réponse, il me montra un sac. Son sac de cours plus précisément, duquel il sortit sa cravate pour la mettre ensuite. Je vois.
- Super ton plan. Sinon, à part ça, j'aimerai quand même que tu t'entraînes pour le concert. Pas que tu chantes faux ou quoi que ce soit mais histoire d'être totalement au point.
- D'accord.
Bon au moins, il est ok. Je lui fis un bisou sur la joue pour lui dire au revoir et partis.
Pendant les deux semaines qui suivirent, les préparatifs pour le concert avançaient de plus en plus et Nathaniel et moi nous retrouvions dès que nous le pouvions.
Nous étions le jour J et je terminai de me préparer pour ensuite me rendre au concert. Je m'étais habillée le plus simplement possible, pour être à l'aise au maximum durant le concert : j'avais une petite robe noire et des chaussures plates. Un coup d'eye-liner et hop ! J'étais en route. Noémie me rejoindra plus tard, de ce qu'elle m'avait dit du moins parce qu'elle « avait des choses à faire avant ». Comme aller voir Lysandre, par exemple... J'arrivai au lycée et me dirigeai directement vers « la loge des artistes » que l'on avait faite rapidement. Si vous préférez, sous un autre nom, ça donnerait « salle des professeurs aménagée ». Par contre, je ne trouvai pas Nathaniel. Ah, rectification, il s'était caché dans un coin, le vilain. Je m'approchai doucement et lui dis tandis qu'il sursautait :
- Si tu ne te bouges pas tout de suite, je te raconte l'histoire farfelue d'un canard boiteux qui découvre une fabuleuse machine à milk-shake.
Ma bêtise eut l'air de le faire rire, puis il partit dans un fou rire incontrôlable. Que j'aime le stress. J'attendis cinq bonnes minutes qu'il termine et l'inspecta sous toutes les coutures. Les vêtements étaient les mêmes que ceux que je lui avais sorti et les accessoires étaient tous en place. J'avais presque envie de le maquiller un peu. Mais on va se retenir, ça va pas lui plaire sinon.
- Maintenant que tu as fini de rire et que j'ai tout vérifié, tu te sens prêt ?
- J'avoue être un peu stressé mais ça devrait aller.
- Surtout que tu me connais, si tu te dégonfles, tu vas en entendre parler jusqu'à la fin de tes jours. Et je suis tout à fait capable de continuer à te le rappeler même après ta mort.
- T'es pire que Rosalya, en fait.
- C'est pas que je suis pire, c'est qu'elle a fini par déteindre sur moi l'andouille.
Ma remarque le fit sourire et je partis pour voir le début du concert. Normalement, on ne sait pas qui allait passer sur scène. C'était la surprise du chef ! On aurait dû l'appeler « Kinder » ce concert, ça lui aurait été à merveille. Je vis au loin Noémie tenter péniblement de me rejoindre juste avant que ça ne commence. Elle semblait totalement euphorique. Le concert débuta avec comme présentatrice Mélody (oh ! Grand étonnement de la journée, notez l'ironie). Je ne connaissais pas les premiers élèves. Puis vint le tour de Lysandre. D'un chic et d'une grâce victorienne incomparable, il s'avança doucement sur la scène. Je sentis Noémie défaillir à côté de moi. Je lui pris la main au cas où elle s'évanouirait. Lysandre nous interpréta « Raise Me Up » de Corson. Déjà que Lysandre avait une voix et un style mélancolique, avec cette chanson c'était le pompon. Mais c'était vraiment joli. Plusieurs personnes passèrent après lui, ainsi que tous les genres de musique. Castiel y passa aussi mais je ne connaissais pas la chanson. Je crois que c'était du Avenged Sevenfold par contre. Et pour changer plusieurs filles qui ont failli s'évanouir. Simba et sa tribu de hyènes. J'adore.
Alors que le concert était sur le point de se finir quand, finalement, alors que je commençais par ne plus y croire, Nathaniel arriva. Sur le coup, je n'avais pas fait gaffe mais depuis le début, il y avait Alexy à la batterie. Le boulet, j'avais rien vu encore, ça faisait pourtant plus d'une heure et demie que j'étais en train de regarder la scène.
La chanson commença et Nathaniel, bien que moins assuré que lorsque nous étions que tous les deux, capta l'attention de tout le monde. Encore plus que Lysandre et Castiel. Le premier couplet passa puis des cris. Des cris de filles en mode grosses dindes devant leur idole. Je vis Nathaniel prendre peur un court instant puis, au fur et à mesure, il sembla apprécier. Le charme se fit plus insistant, Nathaniel plus en confiance et il devint le même Nathaniel que celui de la salle des délégués qui apparemment n'était qu'un rêve. Et ça me fit peur, très peur. Je ne savais pas pourquoi mais cette facette, qui j'en étais sûre maintenant était vraie, m'effrayait. Soudain, les yeux de Nathaniel rencontrèrent les miens. Et je partis en courant de la salle. J'atterris par je ne sais quel moyen dans les couloirs du lycée. Logiquement vu que le concert se passait dans le gymnase et que là j'étais en cet instant dans le lycée, je dirai, en passant par dehors.
J'errai tranquillement, reprenant mes esprits, me demandant pourquoi j'avais réagi comme ça sans trouver de réponse. J'allai trouver un endroit où me poser mais un bruit m'interpella. Un peu plus loin, se trouvaient Armin et Violette. Elle était collée au mur, les bras contre elle, Armin au-dessus. Savoir qui embrassait qui, je n'aurais pas su le dire mais pour deux jeunes gens qui n'arrivaient pas à avancer, je trouve qu'ils ont évolué bien vite. La scène était mignonne en soit. Jusqu'à ce que notre geek national joue les pervers et passe une main sous le t-shirt de Violette. Qui le poussa et partit en courant, couleur rouge pivoine, avec des larmes je crois. Au moins Armin ne courait pas derrière, bien, il avait juste l'air déphasé et abruti. Je m'approchai de lui et lui collai une gifle monumentale.
- Celle-là, c'est parce que t'es un porc doublé d'un abruti congénital.
Le dit-abruti porta sa main à sa joue mais ne dit rien. Je m'en allai et en passant devant les toilettes des filles. J'entendis des pleurs. Violette. J'entrai et frappai à la seule porte verrouillée.
- Violette, c'est moi, Moana. Ne restes pas là-dedans comme ça, sors on va parler.
L'attente n'a pas été longue. Ni une, ni deux, Violette était dans mes bras à pleurer. J'attendis qu'elle se calme et elle me raconta d'elle-même ce qu'il s'était passé.
- Il a voulu qu'o … on se balade dans le ly-lycée.
Reniflement.
- J'ai a-accepté et quand on é-était tous seuls, i-il m'a pla-aquée au mu-ur et m'a embra-assée. J'é-tais conten-ente depu-uis le temps que je le voula-ais mais ...
Pause puis nouveau reniflement.
- … Quan-and il m'a touchée, j'ai pas pu.
Encore reniflement.
- J'a-avais peur alors, je suis pa-artie.
Encore nouveau reniflement.
- Oui je sais, je vous ai vu. Je l'ai frappé d'ailleurs, j'étais obligée.
- Fa-allait pas ...
- Mais si, il l'a méritée. Allez, viens. On va rejoindre les autres.
Je la relevai, lui enlevai toutes traces de larmes et nous partîmes vers le gymnase. Le concert était terminé. Nous rejoignîmes Alexy auquel, j'ai laissé le soin de s'occuper de Violette alors que je lui expliquai brièvement ce qu'il s'était passé. Je n'avais jamais vu Alexy en colère et je n'aimerai vraiment pas le revoir comme ça. Désolée Armin, mais c'est pour le bien de Violette.
Je partis voir Noémie puis nous commençâmes à nous en aller. J'entendis une voix m'appeler. Je me retournai et vis Nathaniel. Je n'avais pas envie de lui parler ni de le voir maintenant. Je l'ignorai royalement et revins chez moi avec Noémie.
