Disclaimer : Tout est à Beemoov sauf Moana et Noémie

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- T'as vraiment cru qu'on allait te la laisser ? Et puis qu'est-ce qui me dit qu'elle est bien à toi ?

- J'ai rien à prouver à un connard comme toi.

- Vous avez vu ça les gars ? Il a même pas le courage de le montrer ! Ouais, bah c'est mort, elle sera bien mieux avec des vrais mecs comme nous.

Sous ces doux mots, il prit un de mes seins dans ses mains. Ça me dégoûtait. Plus ça allait et moins je me sentais bien. Soudain mon sauveur m'arracha à l'emprise que les autres abrutis avaient sur moi et envoya son poing s'écraser contre le nez de celui qui me tenait depuis tout à l'heure. Il ne réussit pas à rester longtemps debout et s'écroula sur le sol, le nez en sang.

- Et surtout, s'il y a d'autres volontaires pour apaiser les démangeaisons de ma main, ne vous gênez pas.

Castiel avait l'air plus menaçant que jamais. Les autres gars ne prirent pas le temps de réfléchir deux fois. Ils relevèrent leur pote qui traînait lamentablement au sol et partir sans demander leur reste.

La tension tomba d'un coup et je réalisai ce qui venait de se passer. J'avais eu peur, tellement peur … Une larme s'échappa. Puis une deuxième. Puis d'autres avant que Castiel ne me cale contre lui. Il me serra tendrement dans ses bras, laissant le temps à mon angoisse de s'apaiser.

Plus ça allait et plus je m'accrochai à son t-shirt. Qu'est-ce qu'il aurait pu se passer s'il n'avait pas été là. Je l'avais encore plus mal jugé que je ne l'avais cru. La preuve en était qu'il était bien une des dernières personnes que j'aurais vu apparaître pour m'aider. A vrai dire, je pensai vraiment que personne ne viendrait. Mais c'était fini. Ils étaient partis.

- Ça va mieux ?

J'hochai la tête. J'avais arrêté de pleurer mais je ne me sentais pas encore au meilleur de ma forme. Il y avait même de grandes chances pour que je tombe si Castiel me lâchait.

Je le vis se reculer un peu, ramasser mon sac avec ma robe et prendre dans sa main mon sac à main. Puis il me reprit dans ses bras. Enfin, du moins, je le croyais jusqu'à ce que je me sente soulevée du sol pour qu'il puisse me porter comme une princesse.

- Castiel, qu'est-ce que tu fais ?

- Ben, je te ramène chez toi, ça se voit pas ?

Il allait pas me porter jusque là quand même ? Il avait l'air bien parti pour en tout cas … Je pouvais marcher. Je lui fis signe de me laisser par terre. Il me reposa au sol mais je faillis tomber aussitôt. Mes jambes tremblaient encore. Il leva les yeux au ciel en me reprenant dans ses bras.

- C'est bien ce que je pensais. Maintenant tu m'indiques par où il faut que j'aille, je vais pas y passer ma soirée non plus. En plus, il commence à geler sévère.

Toujours aussi élégant dans la parole. Un vrai poète on vous dit. Le futur Victor Hugo du vingt-et-unième siècle. Je savais qu'il faisait de la musique mais j'espérai vraiment qu'il n'y ai que Lysandre qui écrivait les paroles des chansons.

Me souvenant que je devais servir de GPS humain, je lui indiquai brièvement la route qu'il devait prendre.

Cinq minutes plus tard, nous étions devant mon immeuble. Noémie habitait au quatrième. Rien de bien méchant, surtout avec l'ascenseur. Que Castiel ne prit pas. Il monta un à un les étages sans broncher une seule fois quant à mon poids ou les marches à grimper. Il ne montra aucun signe de faiblesse non plus. Je sais, c'est que quatre étages, c'est rien, tout ça tout ça … Mais bon quand on se trimballe un sac à patates de plus d'une cinquantaine de kilos, ça doit pas être l'enjaillement non plus. C'était donc grâce à mon valeureux destrier que j'avais décidé de rebaptiser Philibert, nous atterrissions tous les deux devant la porte de l'appartement.

- Elle s'appelle comment ta cousine déjà ? Ah oui c'est vrai. Y a plutôt intérêt à ce qu'elle soit là.

D'un coup, il l'appela d'une voix forte (pour pas dire un autre mot plus vulgaire). Noémie accourut aussitôt pour nous ouvrir. Quand elle vit la scène, elle s'effaça pour nous laisser entrer et Castiel avança jusqu'au canapé où il me déposa doucement.

- Mais qu'est-ce qu'il s'est passé ?!, s'écria ma cousine.

- Ce qu'il s'est passé, c'est qu'elle a voulu faire la grande à sortir seule alors que la nuit tombe et qu'elle a failli se faire avoir par des dégénérés prêts à lui faire pleins de choses.

- Mais ça va, hein, tout va bien ? Dis Moana, ils t'ont rien fait hein ?

- Elle a juste réussi à se faire peloter. Mais si je peux me permettre, là, elle est gelée surtout.

Noémie hocha rapidement la tête et partit chercher je-ne-sais-trop-quoi. Castiel s'accroupit devant moi et porta sa main à mon front. Je ne savais pas s'il essayait de voir ma température ou de m'enlever un vilain souvenir à la manière qu'on voit dans les mangas. Il n'avait jamais été aussi prévenant avec moi. Il était passé où le poisson rouge Simba ? Il avait dû courir au loin rejoindre la vache qui rit …

- Dis, pourquoi t'es gentil comme ça avec moi ?, lui demandais-je.

- Parce que.

Alors ça s'était clair, précis et circoncis. Genre bien avec sujet, verbe et complément. Et sinon avec plus de détails, ça donnait quoi ?

- J'veux dire, qu'est-ce que tu ressens pour moi … ?

- Je … Tu le verras bien assez tôt.

Sur ce, il se leva et quitta sans un mot de plus l'appartement. C'est à ce moment là que Noémie revint avec un chocolat chaud et une couverture.

- Ben, il est parti où ?

- Rentré chez lui, sûrement.

Elle haussa les épaules et m'enveloppa avec la couverture. Elle me posa quelques questions mais déjà, je n'écoutais plus. Mes pensées étaient dirigées vers Castiel. Comment j'avais pu le juger aussi vite et aussi mal surtout ? Et qu'entendait-il par « tu le verras bien assez tôt » ? Il était encore sur l'histoire du pari ? Et en parlant de ça, je pensais prendre une décision qui n'allait peut-être pas plaire à tout le monde …

Ça faisait une bonne demie-heure que Kentin nous regardait courir partout dans l'appartement. Car le problème entre fille, c'est qu'on a souvent tendance à se piquer nos affaires. Par exemple, j'avais fait un nombre incalculable de fois le tour de l'appartement à la recherche de mon précieux : mon mascara. J'avais fouillé partout en gambadant telle une autruche derrière une poule pour finalement le retrouver dans l'une des trousses de Noémie. Allez savoir pourquoi, elle en a une pour chaque couleur de sac à main qu'elle a. Logique, ça va ensemble, tout ça tout ça. C'est cooool. Mais pas quand mes pauvres affaires crient à l'oubli au fin fond de ces trucs. Si ça se trouve, ce n'était pas la faute de Noémie mais de ces vilaines bêtes qui avaient mangé mes produits. … Nan moyen crédible. Pas vilaine trousse. Vilaine Noémie, oui beaucoup. Bref.

Mais revenons au plus important : ma coiffure. Disons que mes cheveux sont une espèce quasiment disparue dont le seul but et de faire tout sauf de tenir en place. Ça faisait déjà un moment que je me débattais avec eux et je sentais pointer une crise de nerf.

- NOÉMIIIIIIE !

J'aurai beau dire n'importe quoi sur ma cousine, il n'empêche qu'elle a un vrai don de coiffeuse. Je la vis arriver en panique dans ma chambre avant de comprendre ce qu'il se passait. En effet, j'avais deux peignes de coincés, des pinces qui sortaient de partout et je devais avoir autant de classe capillaire que Cruella D'enfer. Elle soupira et tenta d'arranger tout ça. En plus, c'était trop agréable de se faire papouiller les cheveux. Genre vraiment trop bien.

- Oh, t'endors pas, reste droite, je peux rien faire sinon.

Le truc, c'est que je me remis un peu à piquer du nez et Noémie me fit promettre que la prochaine fois que je bougeais, elle obligerait Kentin à me coiffer. Tout de suite ça réveille.

C'est donc un quart d'heure plus tard que je sortis de ma chambre avec un chignon plus qu'adorable entouré d'un ruban aussi rose que ma robe trop mignon. Là, j'étais fin prête.

- C'est bon les filles ? Parce qu'on va arriver en retard, là, nous dit Kentin.

- On était pas déjà en retard ?

- Non, j'avais demandé à Rosalya de vous donner une demi-heure avant la vraie heure, je savais que vous n'auriez pas été à l'heure sinon.

La saloperie. Elle nous avait bien eu sur le coup. Bon, dans un sens, il nous connaissait trop bien. Il ria tout seul de son idée et nous sortîmes tous les trois de l'appartement avant de monter dans la voiture de Noémie.

Et c'est, non sans s'être perdus, que nous arrivions enfin devant la maison de Lysandre. Bon qui ne se serait jamais perdu au fin fond de la campagne hein, je vous le demande. Surtout avec trois doués comme nous.

Nous disions donc, maison Lysandre. C'était une espèce d'énorme (et je pèse mes mots !) ancienne ferme refaite avec assez de goût pour qu'elle fasse campagne mais riche. Très riche. Genre vraiment. Avec de la jolie verdure autour et quelques animaux qui se baladaient à leur guise. Et en parlant d'animaux, je voyais un truc gris s'approcher de nous en courant. Je plissai des yeux pour me rendre compte de ce que c'était... Mince. C'était Rosa. Bon, on va se taaaaaire.

- Bonsoir tout le monde ! Noémie, Lysandre t'attend à l'intérieur et Moana, Castiel est là, si tu vois ce que je veux dire...

- Ben et moi ? Personne m'attend, moi ?

Le pauvre Kentin se sentait complètement délaissé. Je vis Rosa se sentir … stupide, pour pas dire un autre mot. Elle nous fit signe de rentrer et tenta tant bien que mal de rattraper sa gaffe. Bah qu'ils se débrouillent. Je savais que Kentin avait dit ça pour l'embêter et bien sûr, elle n'avait pas marché dedans, elle s'était tapé un sprint.

L'intérieur de la maison faisait plus moderne que jamais mais avait gardé les colombages d'antan. Tout avait été aménagé pour accueillir un maximum de personne. Bref, c'était beau, c'était grand, c'était brillant et sûrement organisé par Rosa. M'étonnerai que Lysandre ait autant de mémoire pour se rappeler de tout ce qu'il aurait dû mettre sur la table …

Noémie me lâcha rapidement pour aller s'accrocher au cou du-dit poisson rouge. Ça dégoulinait tellement d'amour que s'en était écœurant. Et désespérant aussi. Je vis même Kentin faire une grimace en voyant sa sœur comme ça. Tu m'étonnes. Fallait que je fasse absolument passer la vision que je venais de voir. Pitié, faites que ça ne soit pas autant guimauve quand j'aurais un copain … Et sur un tout autre sujet, j'avais complètement oublié de faire le tour pour dire bonjour aux gens. Je vis Kim, Iris, Violette, les jumeaux bien sûr, Peggy, et quelques personnes que je ne connaissais pas mais que je savais du lycée. Je ne voyais pas Shenzi et ses acolytes. Tant mieux. La meilleure nouvelle de la soirée. En revanche, je ne vis pas Nathaniel. J'avais beau regardé partout autour de moi, je ne vis de masse blonde nul part.

Je sursautai d'un coup. Une main venait de s'abattre sur mon épaule et le problème c'est qu'autant je connaissais la propriétaire de l'épaule mais alors celui de la main …

- T'as fini de gigoter à droite, à gauche ?

Je me retournai lentement, prête à me faire incendier par la pauvre personne qui devait me courir après depuis une vingtaine de minutes. Je n'étais même pas surprise en voyant la personne. C'était Castiel, évidemment, et il avait la même expression que doit avoir le diable quand vous signez sur les petits pointillés pour lui donner votre âme. Super. Il était loin le Philibert de la soirée précédente. Il n'empêche que ma décision était prise. Avant qu'il n'ait eu le temps de dire quoi que ce soit, je le tirai à ma suite par le bras jusqu'à ce qui semblait être la cuisine.

- Faut qu'on parle.

- Ouais, je sais, j'avais cru comprendre en te voyant me traîner ici.

Bon c'est bien, la conversation n'a pas l'air d'être agressive, ça commençait vraiment super bien. Je ne savais pas comment j'allai tourner le sujet mais il le fallait, on allait pas y passer la semaine (remarquez, vu qu'on était samedi, il allait pas en rester grand chose de la semaine). J'inspirai un grand coup et me lançai.

- Quel était ton vrai but avec ce défi ?

Vu la tête qu'il faisait, il s'attendait à pas mal de trucs sauf à cette question. Pas grave, il va s'en remettre.

- T'avoir pour moi, bien sûr.

Là, c'était à moi d'être surprise. C'est qu'il rebondit bien sur ses pattes le chaton. Bon, au moins, j'avais la preuve que ce que je pensais depuis un moment était vrai.

- Et dis-moi, c'est la seule technique que tu as trouvé au lieu de simplement me demander de sortir avec toi ?

- Parce que t'aurais accepté comme ça ?

- De la manière que tu l'as fait, non, mais après ce qu'il s'est passé hier soir, je veux bien apprendre à mieux te connaître ou même essayer de sortir avec toi.

Je me sentais rougir comme une enfant. Je devais avoir l'air joyeusement ridicule.

- T'es sérieuse ?

- Oui. Mais du coup tu peux laisser Nathaniel tranquille, du coup, tu n'as plus besoin de te servir de lui.

- Tu veux rire, j'espère ? Ton pari, tu l'as perdu, c'est tout. Donc tu vas quand même faire ce que je te dis, mais allez, j'vais être cool, juste le temps de ce soir.

Trop d'honneur. Ah, là, tout de suite, on se sent privilégié. Il se pencha vers moi et me dit quelques mots à l'oreille. C'était ça qu'il voulait ? Mais là, genre là ? Booon. Ben c'est parti.

Je le tirai de nouveau à ma suite et vins me planter au milieu du groupe de gens. Je me mordis la lèvre, n'osant croiser le regard de personne car je me doutais bien que certains étaient intrigués et nous regardaient. Il fallait bien que j'assume. Je me mis sur la pointe des pieds pour déposer un baiser très léger sur les lèvres de Castiel. Quand je redescendis, je vis que tout le monde s'était tut. Bah qu'est-ce qu'ils avaient ? Ce n'était pas si exceptionnel non plus de … Ah, oui d'accord. Ce qui était étonnant était derrière nous. Nathaniel me regardait comme s'il venait de voir un film d'horreur. Mais mon dieu ce qu'il était beau. Et il avait respecté le contrat. Il portait merveilleusement bien un t-shirt blanc manche trois-quart, un jean slim foncé et une paire de Dr Martens. Classe, rock et divin. Il me semblait même apercevoir une veste en treillis dans sa main. Avec un style pareil, je ne sais pas comment il avait fait pour ne pas se faire violer en venant jusqu'ici. Mais je ne voyais toujours pas vraiment pourquoi les autres observaient la scène de cette manière. Vont-ils réussir à se remettre d'un tel choc ? Vous le saurez au prochain épisode …

Je compris rapidement quand Nathaniel se jeta sur Castiel et le prit par le col de son t-shirt.

- Qu'est-ce que tu lui as fait, hein ?!

Il fallait que j'intervienne. Je le fis lâcher tant bien que mal Castiel et me mis entre eux deux. Je ne sais pas ce qu'il se passa dans sa tête mais il nous lança un regard noir avant de tourner les talons. Autour de nous, le brouhaha avait repris, comme si les gens semblaient avoir vu ce qu'ils souhaitaient voir et voilà. Ou j'espérais vraiment qu'ils ne soient pas hypocrites à ce point et qu'ils savaient juste que cette histoire ne les regardait sous aucun prétexte. Et ils avaient bien raison si c'était ça.

Je voulus rejoindre Nathaniel mais une main m'en empêcha.

- Autre chose, ne t'approche plus de ce mec.

- Je suis désolée Castiel mais ça tu ne pourras jamais me l'interdire. Maintenant laisse moi, je veux juste aller lui parler.

- Il a juste intérêt à ne plus te tourner autour. T'as rien remarqué, hein ?, continua-t-il en me voyant froncer les sourcils. Bah, si t'as rien vu, vas-y alors.

Je ne dis rien et me dépêchais de partir avant qu'il ne change d'avis. Après des recherches digne du meilleur GPS (notez l'humour), je trouvai mon blond préféré dehors, sa veste sur les épaules. Il semblait prêt à partir.

- Nath', attend !

Il ne se retourna pas et ne répondit pas non plus. Je m'avançai et posai ma main sur son bras mais il se dégagea vite. J'ai dû faire une énooooorme c******e pour qu'il soit comme ça. Bon oui, c'est vrai, j'en avais fait une, enfin ça dépendait du point de vue. J'avais embrassé le mec qu'il détestait le plus au monde, pas de quoi en faire tout un boudin. En plus, je ne comprenais même pas sa réaction, il n'avait pas de sentiments pour moi que je sache. Ce qu'il peut être susceptible. Et puis, je l'avais juste fait parce que ça faisait partie de cette espèce de pari de mes deux. Et là, il allait partir pour une bêtise pareille. Mais je n'allai pas me laisser faire, foi de Moana (foi de morue, ça peut marcher aussi, ça commence pareil) !

- Je sais que tu t'es habillé comme ça pour moi et … merci, lui dis-je avant de l'embrasser sur la joue.

Il resta stoïque un moment, pas un mot, pas un mouvement. Commence à me faire peur avec ses réactions de mes deux … Soudain, je le vis froncer des sourcils et se dégager de moi.

- Qu'est-ce que tu fais ? Et ça t'amuse à ce point d'embrasser tout le monde ?

- Non, c'est pas ça, c'est pas …

- C'est quoi alors ? T'as perdu ton fameux pari alors ? Celui bien humiliant pour moi que tu as accepté ? C'était pour ça ?

- Non ! Laisse moi t'expliquer ! Castiel ne l'avait pas lancé pour te rabaisser mais pour pouvoir sortir avec moi ! Mais pari ou non, j'ai quand même bien voulu, c'est pour ça que je l'ai embrassé.

Plus je parlai, plus il avançait vers moi et plus je reculai. Sauf qu'à force de reculer, mon dos rencontra un mur de la maison. Je ne savais plus quoi dire ou faire. J'avais froid, nous étions dans une quasi pénombre et je tentai tant bien que mal de récupérer une personne qui comptait pour moi. Et plus le temps passait, plus ça s'embrouillait dans ma tête. Je commençai à en avoir vraiment marre de leur plan stupide. Une larme se fraya un chemin pour descendre le long de ma joue. La pauvre a dû se dire « nan c'est trop la dawa la dedans, je ne resterai pas une minute de plus dans un tel boxon » et elle avait bien raison.

Je sentis une main essuyer la vilaine lâcheuse puis relever mon menton. Nathaniel plongea sa tête dans mon cou.

- Ça m'énerve, j'arriverai jamais à te faire la tête. Je ne pourrais jamais me passer de ton odeur de sucre. En plus, si je comprends bien, il n'y a plus rien que je ne puisse faire …

- Tu n'es plus fâché … ?, lui demandais-je timidement.

- Pas contre toi. De toute façon, en tant qu'ami, je me dois de respecter tes choix.

- Tu restes alors ?

Il hocha la tête et me serra dans ses bras de manière très tendre.

En rentrant dans la maison, j'eus du mal à me détacher de lui mais il me laissa en pointant du doigt Castiel qui avait l'air de me chercher un peu et me fit signe qu'on se verra plus tard. Avant de rejoindre l'Internet Explorer (long à la recherche, héhé) qui me servait de ce qu'on pouvait appeler de copain, il fallait que je fasse quelque chose : je rejoignis ma cousine et Lysandre pour me planter devant eux.

- Désolée.

- De quoi tu t'excuses, Moana ?, me demanda Lysandre.

- Ben je dirais au moins de l'espèce de scène de tout à l'heure. On est là pour ton anniv' à la base, pas pour mes histoires.

- Oh, ne t'inquiète pas pour ça, quand les choses doivent être dites, autant que cela soit fait de suite.

Ah, d'accord. Il me fit un sourire et je compris que c'était le moment pour moi d'aller vaquer à mes occupations.

D'un autre côté, je sentais toujours que Castiel tournait en rond pour essayer de me choper. Et j'ai une sainte horreur qu'on me colle. Genre ça fait sangsue, ou stick géant. Je me retournai d'un coup et me plantai devant lui.

- Ne bouge pas, lui dis-je.

Je levai mes bras en me mettant sur la pointe des pieds et atteins son cou tant bien que mal. Avec ma délicatesse et mon côté adroit en toute circonstance, je lui enlevai tant bien que mal sa chaîne noire et me la mis moi-même autour du mien.

- Voilà, comme ça tout le monde a bien la preuve que je suis bien à toi, mais par pitié, arrête de me suivre partout ! T'étais un canard dans une autre vie ?

Là, ça au moins, c'était fait. Pour une relation qui commençait bien, pour la nôtre, ça se passait vraiment à merveille tiens.

Je rejoignis Kentin qui me regardait suspicieusement depuis un bon moment. Le pauvre attendait dans un coin, son verre à la main, à l'extrême opposé de là où se trouvait Alexy. Fallait qu'il arrête avec ça, il allait pas le manger. Ce qu'il était pénible à faire son timide, en plus c'était pas comme s'il était tout jeune, tout nouveau ce n'était que des gens qu'il connaissait. Bon, il me gave. Je le pris par la main et le traînait devant Alexy.

- Coucou, Alexy. Kentin, Alexy. Alexy, Kentin. Voilà.

Alexy ne semblait pas en croire ses yeux. Il avait la même tête qu'un gamin qui venait de retrouver son jouet préféré. Il était effrayant en vrai comme ça … Soudain, il se jeta dans les bras de mon cousin, me faisant sursauter par la même occasion.

- KEEEEEEEEEEN ! C'est toi ? Pourquoi t'es parti ? Pourquoi t'as jamais répondu à mes messages ! On s'inquiétait, nous !

- Euuuh, b-ben … Je … Par-parce que … je crois …

Oh, très éloquent. Avec les joues rouges et tout. Il pouvait être sûr de l'emballer avec ça. Je levai les yeux au ciel et informa Alexy en lui disant que Kentin était simplement à l'école militaire sur ordre de son père pendant tout ce temps-là. Moyen top pour continuer d'entretenir le contact avec quelqu'un.

J'entendis Alexy se lancer dans un grand débat comme quoi Kentin aurait pu au moins envoyer une lettre ou autre, tout en l'engueulant, mais toujours avec le sourire.

- Tu crois qu'ils sont amoureux ?

Je sursautai vivement. D'où ça sortait ça ? Faut pas me faire des peurs pareilles, j'veux vivre encore un peu, moi ! Je cherchai qui venait de parler et vis à côté de moi Violette qui regardait les deux garçons d'un air amusé. Armin se tenait juste à côté d'elle. Donc au final, je ne savais pas si elle avait posé la question à Armin ou à moi. Voyant qu'Armin ne semblait pas du tout enclin à répondre, je le fis à sa place.

- Je ne sais pas Violette, et concrètement, ça ne nous regarde pas. S'ils ont besoin d'aide, ils viendront nous en parler je pense.

- Ouais, t'as raison, me répondit Armin. Et sinon, c'est normal le fait que tu te trimballes avec le collier de Castiel ? C'est la nouvelle mode ?

- Non, c'est pas ça, c'est juste que ça rassure monsieur parce que je montre que je suis à lui. Mais je t'avouerai que j'ai plus l'impression de porter un collier avec une laisse pour chien qu'autre chose. J'ai fait ça de mon plein gré mais ça m'entrave quand même.

- Parce que tu sors avec Castiel ?

J'hochai la tête. Armin semblait totalement déconcerté et Violette aussi. Apparemment, ils n'avaient pas remarqué plus que ça la petite scène avec Nathaniel. Ah si peut-être. Je les vis se regarder pour lâcher un « aaaaaaaah, c'était pour ça tout à l'heure ! » absolument mignon. Et là, Violette posa la question que je redoutais tant : mais pourquoi Nath' était intervenu alors ? En voilà une question qu'elle est bonne. Comment j'aimerai savoir y répondre … Mais à moins de demander au principal concerné qui, bien évidemment, ne répondra pas, je n'avais aucune solution à proposer. Je leur dis néanmoins ce qu'il s'était passé la soirée précédente et que, comme j'avais vu une facette insoupçonnée jusqu'ici chez Castiel, j'avais décidé de lui laisser une chance.

Violette semblait sur le point de dire quelque chose mais la musique s'intensifia d'un coup et couvrit le son de sa timide voix. Rosalaya était à l'autre bout de la pièce et avait l'air complètement possédée. Elle entraîna le maximum de monde à danser avec elle, en rythme et en sautant partout surtout. Peut-être avait-elle cru qu'elle était dans High School Musical … Si c'était le cas, tu t'es trompée de film, chérie. Elle me tue cette fille, c'est pas possible. Elle m'épuise aussi.

Je fis signe à Armin et Violette d'aller s'asseoir sur le canapé, laissant Kentin et Alexy à leur retrouvaille. J'avais vite compris que les laisser tous les deux ne leur ferait pas de mal et de toute façon, je commençai à avoir sincèrement mal aux pieds avec ces foutus talons.

S'asseoir c'est vraiment le bonheur. Mais avant que j'ai eu le temps de m'installer, je fus soulevée pour me retrouver assise sur une paire de genoux. La pauvre Violette était coincée entre Armin et Castiel et n'avait jamais eu l'air aussi apeurée. Castiel vit sa détresse et lui ébouriffa affectueusement les cheveux en lui disant qu'il fallait qu'elle arrête de paniquer, il n'allait pas la manger. En revanche, c'est quand il me regarda moi que j'ai eu l'impression de servir de dessert. Finalement, il leva la main pour retirer l'unique pince qui servait à retenir la masse informe qu'était mes cheveux, détruisant par la même occasion tout le boulot de Noémie.

- Voilà, t'es mieux comme ça.

Je râlai intérieurement contre lui et finalement, je cédai à la tentation. Je lui assénai une claque derrière la tête, ce qui le fit automatiquement râler à son tour. Violette ria et nous dit qu'elle me préférait aussi les cheveux détachés. Ça va, j'avais compris, ils avaient gagné.

Après une bonne heure à être assis tous les quatre à écouter les dernières âneries de Castiel, Rosalya coupa la musique et se mit au milieu des gens pour faire une espèce d'annonce.

- Allez les gars, vous vous endormez ! On va faire un jeu qui va réveiller tout le monde, le jeu de la bouteille !