Jour 1. 7 juillet – 16h07
De Elsa Arendelle (queenie-of-Arendel...) 07/07/14
à Anna Arendelle (wait-what...)
* 1 pièce jointe
Anna, je ne sais pas si tu recevras ce message. J'ai essayé d'appeler sur vos portables et le fixe mais personne ne répond. Les lignes sont coupés. J'espère que vous êtes en sécurité à la maison. Ne vous inquiétez pas pour moi, l'infection m'a surprise à la fac mais l'armée a évacué toute l'Université. Je suis dans une zone de quarantaine en périphérie de Paris. L'armée protège la zone tant que la situation ne s'améliore pas. Je t'ai mis en pièce jointe les coordonnées où se situent cette zone de quarantaine. Je ne sais pas si vous pourriez vous y rendre mais ici nous avons des lits et des vivres. Il y a beaucoup de monde mais l'idée d'avoir des gens armés et formés pour nous protéger est rassurant.
J'espère vraiment que vous allez bien et que ce message te parviendra, il paraît qu'internet continue de fonctionner. Réponds moi par pitié.
« Hey, tu as réussi à avoir ta famille ?
-Pas encore non. »
Elsa se tourne vers son amie. Elle est venue à sa fac la veille en présence d'Alice pour l'aider dans ses démarches administratives. Ses parents déménage d'Angleterre en France et Elsa s'est proposé de l'aider pour remplir l'interminable tracasserie administrative. Pour dire que l'infection les a prises par surprise est un euphémisme.
« Et toi ? Demande-t-elle finalement en s'attendant déjà à la réponse.
-Rien. Mes parents étaient censés revenir de Londres la semaine prochaine. Je ne peux qu'espérer que tout se passe bien là-bas. »
Elsa acquiesce silencieusement, toujours recroquevillée sur la dure literie offerte par l'armée. Elle n'a avec elle que qu'un sac de cours rempli d'une pochette avec trois feuilles, un stylo, ses clés et son portefeuille. Heureusement qu'elle n'est pas très frileuse car malgré que ce soit l'été, les nuits sont fraîches et ce n'est guère la fine couverture qui lui aurait tenu chaud.
« Viens, s'exclame Alice. Allons marcher un peu et trouvons de quoi te nettoyer. Je ne peux pas croire que tu es restée une journée entière avec ces vêtements.
-Ce sont les seuls que j'ai, se justifie-t-elle. »
Néanmoins elle se lève et suit Alice qui a passé les premières heures de leur arrivée à aider les nouveaux arrivants et a déambulé dans le centre. Elsa regarde son amie blonde, si proprette, gentille et serviable. Elsa a presque honte d'être restée prostrée sur sa couchette durant ce temps.
Alice navigue facilement entre des gens hagard, en salue certains puis se dirige vers une petite salle à l'écart où elle entre sans frapper. Ce sont les quartiers des soldats. Elsa ne devrait même pas être surprise qu'Alice se soit déjà liée d'amitié avec des militaires. Elle a toujours aimé les uniformes.
« Hey Alice.
-Hey, Harold, salue-t-elle. »
Elsa jette un rapide regard au jeune homme. Il n'est pas spécialement grand, il n'a pas non plus la stature qu'Elsa attend d'un soldat. Pour tout dire il ressemble à un adolescent qui a ses premiers poils de barbe. Elsa est à peu près sûr que sa coupe de cheveux n'est pas réglementaire, il lui semble même qu'il a... comme de petites nattes dans son épaisse tignasse.
« Wow, s'exclame-t-il avec un soucis évident. Êtes vous blessée ?
-Ou mordu ? S'écrie son voisin menaçant.
-Rustik ! S'exclame-t-il comme gêné de son agressivité.
-Rustik, répète bêtement Elsa face à un second jeune homme avec une importante carrure.
-Un surnom, explique calmement Harold.
-Alors ? S'impatiente le jeune homme. As-tu été mordu ? »
Elsa inspire profondément pour répondre sans perdre son calme. Mais Alice la devance.
« Ne soit pas stupide. Tu te doutes bien qu'elle a été ausculté avant d'être admise ici. Comme tout le monde. Alors plutôt qu'agresser les gens, tu pourrais aider. Vous n'auriez pas une veste ou quelque chose. Les gens ont peur eux aussi quand il voit tout ce sang.
-Je vais voir si j'ai pas quelque chose qui traîne, l'informe Harold. »
Elsa le remercie avant d'observer la petite salle. Les soldats sont aussi entassé que ceux qu'ils protègent mais ils ont au moins des affaires avec eux. Elle sursaute lorsqu'un troisième homme vient les saluer. Elsa sourit enfin. Entre Harold l'adolescent et Rustik qui est très... et bien rustique, elle se sent rassuré de découvrir qu'il y a au moins un soldat qui a la carrure pour le rôle.
« Enchanté, mesdemoiselles. Vous avez rencontré mes frères ?
-Vos frères ?
-Mes frères d'armes. Les 12 d'entre eux, dit-il d'un geste large du bras. Je suis Hans.
-C'est notre sergent, indique Harold qui revient avec une veste militaire sans insigne. Elle ne me sert pas alors... »
Elsa s'en empare et la met. C'est finalement une chance qu'Harold soit freluquet. La veste militaire semble faite pour elle. Elle dissimule parfaitement les traces de sang qui macule sa chemise blanche.
« Avez vous besoin d'autres choses, Mesdemoiselles ? Demande Hans d'une voix onctueuse.
-Une tasse de thé ? Demande Alice charmée par le jeune homme. »
Celui-ci rit puis s'excuse de ne pouvoir accéder à un telle demande. Finalement, les militaires doivent reprendre du service et les laisse après une bonne vingtaine de minutes de discussion.
« J'ai l'impression que tu l'aimes bien.
-Qui donc ? Demande Alice.
-Hans, rit Elsa.
-Et bien, c'est un garçon poli, gentil et bien éduqué.
-Et puis il a un uniforme, ajoute Elsa.
-Oui un uniforme, acquiesce Alice.
-Et des rouflaquette.
-Des favoris, corrige Alice. Mais oui ça lui va bien.
-Mais tu ne le connais pas, rappelle Elsa avec prudence.
-Oh mais je sens qu'il va me faire perdre la tête, il est tellement... »
Elsa se remet à rire. C'est plaisant. Elle a l'impression de ne pas avoir ris depuis une éternité, pourtant l'infection n'a commencé que la veille.
« Hey Elsa, et toi qu'en pensais-tu ?
-De quoi ? De qui ?
-De l'autre soldat. Jack.
-Le Punk ?
-Punk ? Il n'est pas punk. »
Elsa hausse les épaules.
« Il s'est teint les cheveux en blanc.
-Un argenté très claire, rectifie Alice. N'empêche qu'il est mignon. »
Elsa renifle.
« C'est un punk débraillé. A part Hans, aucun de ces « frères d'armes » ne pourra me rassurer avec une arme à la main. Ce serait même le contraire.
-Heureusement pour nous, nous sommes en sécurité ici. Ils n'auront pas besoin de se servir d'armes.
-Nous sommes en sécurité parce qu'ils ont des armes dont ils peuvent se servir, précise Elsa. »
Néanmoins, ce qui inquiète Elsa ce sont les gens qui ne cessent d'affluer dans la zone de quarantaine. Bien sûr comme l'a dit Alice, chaque personne est ausculté avant d'entrer ici. Mais combien de temps les vivres et la sécurité intérieur de l'enceinte sera assuré. Dans les films, ces structures ne fonctionnent jamais longtemps. Les gens paniqués et affamés finissent par se battre pour les dernière miettes de nourritures. Il ne suffit pas d'être armé et prêt à abattre les monstres à l'extérieur pour être en sécurité. Ce sont les autres survivants qui peuvent rapidement être un danger. Mais ce sont des films n'est-ce pas ? Elsa doit croire en l'armée et en leur protocole de sécurité. A l'extérieur, elle serait sans arme et loin de chez elle. Elle n'a aucune formation survivaliste, elle n'est pas particulièrement rapide, forte ou douée au maniement d'armes qu'elle ne possède pas de toutes les façons. Elle est une étudiante de 21 ans des plus normal. La protection de l'armée est sa seule solution. A elle et à sa famille si elle parvient jusque là.
