Un grand merci à tous ceux qui ont pris le temps de laisser un message. En espérant que vous continuez d'aimer.
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Jour 2. 8 juillet – 17h08
De Elsa Arendelle (queenie-of-Arendel...) 08/07/14
à Anna Arendelle (wait-what...)
ne vné paas
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« Alice ! Alice ! Par Pitié lève-toi !
-Non Elsa, sanglote-t-elle, non ça fait trop mal. »
Elsa ne veut pas imaginer ce que ressent Alice. La jeune fille si joyeuse habituellement à l'air d'une poupée brisée. Elle sait qu'Alice a besoin de réconfort et de repos. D'un médecin aussi probablement. Pourtant, Elsa ne peut rien lui offrir de ce genre. Car tout est une question de temps. Un temps précieux qu'elle est en train de perdre. En grommelant, Elsa se relève et fouille les différentes couchettes des soldats. Elle attrape deux sac militaires qui n'ont pas, voir peu, été vidé par leur propriétaire. Elle s'assure qu'il y a de quoi manger et des objets utiles. Les gourdes métalliques qui y sont attachés sont encore pleine. Elle ignore à qui sont ces bardas mais Elsa suppose qu'ils sont à des soldats prévoyants. Ils sont lourds mais en toute honnêteté c'est un poids réconfortant. Elle les tire à proximité d'Alice et repart chercher des vêtements militaires. Elle en a repéré quelques uns qui paraissent à leur taille. Probablement des vêtements appartenant à Harold. Elle ne trouve cependant aucune paire de rangers pour remplacer leur ballerine.
« Allez Alice, je suis désolée que cela fasse mal. Mais on doit se dépêcher. »
Elle ne finit pas le fond de sa pensée. Elle souhaite surtout disparaître avant qu'il ne revienne.
« Enfile ça. »
Elsa force plus ou moins Alice à sortir de ses vêtements souillés et déchirés. Ses sanglots se transforme en hoquet déchirant. Elsa sert les dents pour ne pas se laisser aller contre Alice et la bercer en silence, ignorantes du monde extérieur. Elle parvient finalement à fermer le treillis militaires et lui faire enfiler la veste. Elsa a pensé à se changer avant d'en faire de même pour Alice. Elle essaie alors de lui faire porter un des sacs avant d'abandonner. Alice n'est clairement pas en état. Elle est à peine capable de marcher. Alors Elsa transfert ce qui lui semble le plus essentiel dans le second sac. La seconde gourde, un couteau militaire, quelques rations de combat individuelle réchauffable (RCIR), puis Elsa referme le sac à présent plein à craquer avant de l'épauler. Elle pousse un soupir de surprise au poids soudain qui retombe sur ses épaules. Le sac est affreusement lourd. Elle doute de pouvoir le porter longtemps. Mais il faut au moins y parvenir le temps de sortir de l'installation. Elle aide Alice à se remettre debout. La jeune femme s'appuie contre elle et Elsa s'attend presque à s'écrouler.
« Allez, lui chuchote-t-elle. »
Elle s'approche de la porte menant à la salle commune et l'ouvre avec précaution. De l'autre côté, c'est le chaos total. Elsa sent un resserrement dans sa poitrine. La peur. Elle est terrifiée par sa décision, terrifiée pas leur situation. Elle prend une profonde inspiration et sort de la pièce. Dans le chaos total, elles passent inaperçu.
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Ce matin n'avait pourtant pas été bien différents de la veille. Elsa s'était réveillée contre Alice dans son étroite couchette. Des survivants étaient arrivés à flot régulier dans la zone de quarantaine. Ils avaient depuis longtemps dépasser le nombre de couchettes disponibles. Alice, douce Alice, avait cédé sa couchette à une femme et ses deux enfants et était venue en pleine nuit se blottir contre Elsa. Bien qu'aimant peu la proximité, Elsa n'avait rien dit. La chaleur d'Alice était parvenu à chasser la fraîcheur de la nuit, chose dont la fine couverture avait été incapable la veille. Elle avait pu se concentrer sur la respiration d'Alice plutôt que sur l'orage et cela avait apaisé une partie de ses craintes.
Au réveil, le lieu bondé était empli des discussions et des inquiétudes de tous. Alice l'avait informé qu'avec ce monde les couvertures, les lits, les vivres, tout commençait déjà à manquer. Elsa avait fait taire ses propres inquiétudes. Les gens tenaient à leur maigre affaire comme à la prunelle de leurs yeux. Les tensions étaient telles qu'Elsa s'attendait à tout moment à ce que cela se termine en conflit. Les quelques disputes qui avaient éclaté avaient heureusement été rapidement réprimés par les soldats qui patrouillaient à présent tout autant à l'intérieur qu'à l'extérieur de la zone de quarantaine. Elsa avait passé une bonne heure a tenté de se débarrasser du punk -enfin de Jack. Le jeune homme lui avait apporté une véritable ration de nourriture -et non les demi portion attribué aux survivants. Elsa en avait mangé une partie et laissé les restes à deux enfants. Il lui avait ramené une couverture supplémentaire, elle lui avait dit qu'avec la restriction de lit, elle avait bien assez chaud avec la présence d'Alice. L'arrogance de ce punk quand il lui avait alors proposé de lui laisser partager sa couchette ! Malgré son refus ferme, il lui avait tout de même laissé le code du clavier numérique menant au quartier militaire. Alice, à ses côtés, avait beaucoup ris.
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« Je vais faire un tour. »
Il était alors 16h. Elsa l'avait interprété comme une volonté d'aller folâtrer avec Hans. Elsa avait soupiré et s'était tourné vers son voisin de couchette, un trentenaire sympathique qui avait bien voulu lui prêté son ordinateur la veille. Les militaires maintenait une connexion internet constante. Jack dans toute sa persistance lui avait moins confirmé le fonctionnement du réseau. Il n'y avait aucune preuve néanmoins que son destinataire ne les reçoive. Cela n'allait pas l'empêcher d'essayer. Son voisin lui prêta finalement son ordinateur vers 16h30. L'ordinateur démarrait lorsque la dispute commença. De ce qu'Elsa entendit, il était question d'un paquet de gâteau volé. Mais la dispute dégénéra plus rapidement que les soldats ne purent intervenir. Les choses s'envenimèrent. Les gens affamés et effrayés paniquaient. Des personnes se précipitèrent pour sortir, d'autres s'ajoutèrent au conflit, et d'autres encore tentèrent de forcer les réserves où étaient stockés les dernières vivres.
Le chaos.
Sa boite mail venait de s'ouvrir. L'homme à ses côtés se tendait déjà vers elle pour reprendre son bien et probablement fuir. Elsa chassa la tristesse de ces espoirs écrasés : Anna ne lui avait pas répondu et écrivit rapidement un message de prévention. Ne venez pas. Elle l'avait envoyé au moment où l'homme lui arrachait l'ordinateur des mains pour courir elle ne savait où. Elle ne savait même pas si son message était compréhensible.
Elsa ignorait quoi faire. Elle récupéra ses clés et ses papiers qu'elle fourra dans les poches de la veste militaires d'Harold. Elle décida de retrouver Alice. Dans sa recherche, un homme en fuite la percuta. Elsa mit un moment à retrouver son souffle. Des cris, des bruits de cavalcades, puis des tirs à l'intérieur de l'enceinte résonnèrent. Les choses avaient définitivement basculé dans le chaos et Alice était introuvable.
Elsa se rappela enfin vers où elle avait soupçonné qu'Alice se rendait. Auprès de Hans. Vers les quartiers militaires. Devant la porte à clavier numérique, elle avait finalement remercié Jack de lui en avoir donné le code. Elle avait rapidement refermé la porte dans son dos. Le bruit du chaos avait été étouffé. Elsa s'était senti en sécurité dans la salle vide. Mais le soucis était justement qu'elle était vide.
« Alice ? »
Elsa s'apprêta à ressortir pour la chercher mais elle entendit les sanglots. Elle s'y était dirigée à grand pas et elle l'avait vu. Son amie. Recroquevillée dans un coin, les mains serrées tentant vaillamment de retenir les lambeaux de son haut et de son sous-vêtement contre elle.
« Alice ? Avait-elle chuchoté. Qui t'a fait ça ? »
Elsa se doutait de la réponse. Elle se doutait de qui avait pu croire qu'un monde en train de mourir l'autorisait à violer une jeune femme.
Entre les hoquets et les sanglots, s'accrochant à sa veste militaire, Alice avait prononcé le nom de Hans.
La décision de fuir ce lieu avait été rapidement prise. La panique et le chaos, le manque de vivres, allaient rendre ce lieu invivable, si cela n'était pas déjà le cas. Puis il y avait Hans. Il était peu probable que le soldat les laisse libre dans la zone de quarantaine avec la connaissance de ce qu'il avait fait.
Elsa avait rapidement compris que leur survie -à Alice et elle- était compromise dans la zone de quarantaine.
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Elsa n'en peut plus, elle a besoin de s'arrêter au moins quelques instants pour reprendre son souffle. Elle dépose Alice contre un arbre. La jeune fille a arrêté de pleurer mais elle est silencieuse. Comme morte de l'intérieur. Elsa délaisse aussi son barda avant de s'asseoir. La respiration courte, elle attrape la gourde et en boit à grand gorgée, l'oreille aux aguets. Tous les bruits lui semblent amplifiés. Il est 19h. Elle se rend compte que cela fait 2h qu'elle crapahute dans la forêt bordant le complexe de quarantaine. Deux heures avec sa charge lui fait comprendre que c'est l'adrénaline qui la fait avancer. Elle peut s'estimer heureuse d'avoir pu autant avancer, mais elle se sent à présent incapable de faire encore un pas.
« Alice ? Chuchote-t-elle. Alice ? »
La jeune fille ne répond pas. Elle regarde dans le vide. Elsa force sa gourde contre ses lèvres et parvient malgré tout à lui faire boire quelques gorgées. Elsa retombe ensuite contre le tronc. Elle continue de lutter pour réguler sa respiration. Elle n'en peut plus.
Une branche craque et Elsa se fige. Elle n'a pas trouvé d'armes à feu dans le quartier des soldats. Ce n'est pas un mal. Elle ignore comment une arme à feu fonctionne et elle se voit bien en train de se tirer dans le pieds plutôt que toucher une goule, d'autant plus si elles sont comme celles des films et de la littérature et que seul détruire le cerveau compte. Elsa n'a jamais été très adroite ou endurante. Malgré toute sa maladresse, c'est Anna la sportive. Anna.
Elsa visualise son sourire, les tâches de rousseurs qui parsèment son visage. Elle veut la revoir. Et elle fera tout pour cela. Elle a promis d'être toujours là pour elle après tout. Et puis il y a Olaf et leurs parents. Ses parents n'ont jamais été très proche d'elle, mais ce sont ses parents. Elsa veut sa famille et elle escompte bien les retrouver. Elle ne veut pas croire qu'ils font parti maintenant de l'autre camp.
En absence de carte et de toute position géographique précise, Elsa essaie de penser à un plan pour rentrer chez elle. C'est le seul point de rendez-vous qu'elle peut imaginer avoir avec sa famille.
Une seconde branche craque. Plus près cette fois. Elsa rouvre les yeux et cherche dans le sac, le couteau de survie. Elle le trouve à présent bien court si elle doit s'en servir pour tuer un de ses monstres. Elsa se penche lentement pour observer d'où provient le bruit. Elle met un moment à le distinguer à travers les troncs et branchages. Une goule bien sûr. Elsa se tasse sur elle-même, la main crispée sur sa seule arme. Elle espère encore que le rôdeur ne les trouvera pas. Et pourquoi pas après tout, une forêt c'est particulièrement grand. Dans les films, une goule n'est jamais très intelligente et très attentive à leur environnement alors bon... elle a bon espoir de ne pas être vue.
Son cœur tambourine fort dans sa poitrine. Le sang battant à ses tempes étouffe les sons qui l'entourent. Elsa se penche à nouveau, la goule semble s'éloigner. Elle reste attentive à ses déplacement néanmoins, s'attendant comme dans n'importe quel mauvais film à ce que la créature revienne -en groupe cette fois. Puis soudain...
Elle sent le métal frais d'une arme dans sa nuque et le couinement effrayé d'Alice. Elsa n'ose pas bouger. Une main glisse le long de son bras et la déleste de son couteau.
« Allez tourne toi. »
Avec précaution, Elsa obéit.
Hans.
Elsa n'a jamais vu le canon d'une arme aussi prêt de son visage. Elle sent les larmes lui monter aux yeux.
« Han- »
La gifle est terriblement violente. Elsa se sent à moitié sonnée. Elle retombe sur le sac militaire et sa main gauche tâtonne son visage. Sa lèvre est fendue. Elle a un goût de sang dans la bouche. Cela peut être aussi bien de sa lèvre que de son nez.
« Bourquoi ? Bafouille-t-elle avant de cracher du sang. »
Les Rangers de Hans frappe son flanc. Elle est à peu près sûr qu'aucune côte n'a cassé, c'est une bonne chose. Elsa remarque deux autres de ses « frères » derrière lui. Elle ignore qui sont ces derniers.
« Sergent ? Demande l'un des hommes. Le commandant-
-Tait toi, Bucket. Le commandant peut bien demander ce qu'il veut, la zone de quarantaine est foutue. Retournes-y t'y faire tuer si tu le souhaites ! »
Le soldat Bucket se tait. Hans reporte son attention sur Elsa.
« Tu sais, chuchote-t-il, ses petits cris que ton amie Alice poussaient, ses appels à l'aide... mon dieu si tu savais ! Je me demande... »
Les doigts de Hans glisse dans son cou et Elsa frisonne de peur et de dégoût.
« Je me demande si je t'entendrais supplier de la même manière, murmure-t-il en léchant ostensiblement sa joue. »
Hans se redresse, il commence à délier sa ceinture. Ces hommes détournent le regard mais ne font pas mine de l'aider. C'est dans la pire des situations qu'on découvre ce que vaut véritablement un homme. Et Hans incarne le pire de ce qu'il peut être. La société n'a pas encore fini de s'écrouler qu'il a compris que ce nouveau monde était sans règle, si ce n'est celle du plus fort.
Elsa ne pense pas qu'elle va crier. De la même manière qu'Alice à présent, elle s'attend plutôt à un mutisme soudain, comme le cerf tétanisé dans les phares d'une voiture. Hans se penche sur elle, son treillis déjà au genoux. Elsa sent la panique tenter de l'étouffer. Sa main droit sonde le sol à la recherche de quoique ce soit pouvant l'aider. Soudain le claquement sec des armes automatiques résonnent.
« Merde Hans, ils sont là ! »
Hans quitte Elsa des yeux pour aviser les forces ennemis en présence. Un groupe d'une dizaine de goules encore suffisamment éloigné. Ses hommes sont formés à savoir viser et tirer. Ils peuvent s'en occuper et laisser à Hans le soin de s'amuser. Alice est si prostrée qu'il n'a pas à s'inquiéter de ce qu'elle fait. Alors que Hans a son attention détournée, la main d'Elsa se renferme sur le second couteau militaire qu'elle a ajouté dans le sac. Au moment où Hans se retourne vers elle, Elsa frappe. Parfaitement aiguisée, la lame transperce la main posée près d'elle. Le hurlement de Hans est masqué par les tirs cadencés de ses hommes. La lame s'est enfoncée jusqu'à la garde, clouant sa main au sol. Sa main se contracte et saigne. Sous la douleur, Hans referme sa main sauve sur le manche du couteau sans oser le retirer.
Elsa se dégage de sous l'homme, son treillis traînant contre le sol. Elle ramasse le couteau dont Hans la délester et malgré son ignorance des armes à feu s'empare de son Glock. Elsa ignore ce qu'elle doit faire. Pourtant la décision doit se prendre rapidement. Les deux soldats sont concentrés sur les goules, Hans halète de douleurs à quatre pattes sur le sol. Elsa se décide finalement. Elle frappe et elle frappe fort Hans à l'aine. L'homme gémit et s'écroule au sol. Ses cris sont plus pitoyables encore que pour sa main. Le coup de pied au visage finit par lui faire perdre conscience. Dans une fiction, Elsa aurait souhaité éliminer Hans pour éliminer le problème. Mais ce n'est pas une fiction et quelque soit l'état de ce monde, Elsa se sent incapable de tuer qui que ce soit.
Évanoui, Hans n'est plus un risque immédiat. Les deux soldats tirent encore et toujours. Ce n'est finalement pas si facile d'abattre les goules à la tête quand ces derniers sont à moitié masqué par les troncs et les branches. Elle a encore un peu de temps. Elsa récupère les menottes de Hans -qui savait que les militaires portaient des menottes- et les lui mets. Elle délace ensuite ses rangers. Elle ne s'attend pas à le voir crapahuter en pleine forêt pied nu. Or Hans a de petits pieds pour un homme, probablement une pointure au-dessus de la sienne, alors Elsa attache les lacets au sac. Les chaussures lui serviront probablement vu l'état de ses ballerines.
Elsa attrape le fusil automatique que Hans a posé contre l'arbre, glisse la lanière en travers de son torse. Elle n'a pas la moindre idée si la sécurité est mise, ou s'il y a même une sécurité sur ce genre d'arme. Elle espère qu'aucune balle ne va soudain partir. Le glock est glissé dans le sac avec le couteau ramassé. Elle retire le second de la main de Hans et le glisse dans la poche de son treillis. Elsa épaule à nouveau le sac incroyablement lourd et tire Alice sur ces pieds.
« S'il te plaît Alice, fait un effort. »
Alice jette un regard vide à Elsa et aperçoit Hans en arrière plan inconscient et en sang. C'est comme tourner un interrupteur. Alice soudain animée d'une énergie inattendue saute sur ses jambes et frappe Hans encore et encore. A l'aine, au visage et au flanc. Dans son inconscient, l'homme ne gémit même pas. Alice aurait aimé l'entendre gémir. L'entendre supplier.
Elsa doit la traîner à sa suite, mais au moins elles marchent par elle-même. Elles dévalent le talus sous les tirs de moins en moins nombreux qui continuent à résonner. Ils ajustent probablement leur tir sur les goules restantes ou les nouvelles que les tirs ont attirés. Elsa préfère l'ignorer, les tirs n'en reste pas moins une excellente couverture.
Le sac est lourd mais sans le poids d'Alice, cela est supportable. Finalement Alice la suit en silence et elles s'enfoncent d'autant plus dans la forêt, loin des coup de feu et de ce qui doit rester de la zone de quarantaine.
