Jour 2. 8 Juillet – 02h39
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Remarquant que Kristoff a aussi allumé son portable, Peter choisit d'éteindre la lumière du sien et de passer le téléphone en mode avion. Sur le coup, personne ne comprend vraiment pourquoi le jeune homme a fait cela. Même avec les deux téléphone le couloir couleur bordeaux reste terriblement sombre, perdre la moitié de cette lumière n'arrange donc guère les choses. Mais à la réflexion le jeune homme a plutôt raison. Qui sait quelle batterie il reste à Kristoff ? Et combien il en reste à Peter. Si cela est comme pour Anna, leurs téléphones peuvent potentiellement s'arrêter en plein milieu de leur exploration du Manoir et ils se retrouveraient alors dans le noir, terrifiés et à la merci de ce qu'Anna refuse même de nommer. Peter économise donc l'énergie qui leur reste. Si le portable de Kristoff s'éteint, Peter le suppléera.
Ils se mettent donc en route. Le couloir n'est pas long, mais avec aussi peu de lumière c'est à peine s'ils en voient le bout. Pire la lumière dessine de longues ombres devant lesquels leur petit groupe tressaillent. Ils ralentissent d'un commun accord au moment de tourner. Kristoff baisse la lumière vers le sol et se penche avec précaution tentant de distinguer s'il peut voir quelqu'un. Anna séparée du jeune homme par son père et Peter remarque que son visage est tendu. Les ombres sur son visage creusent des plis d'inquiétude et de peur. Masqué la lumière est stupide, songe Anna. Si quelqu'un aurait du les voir, cela aurait déjà eu lieu quand le jeune homme cherchait à éclairer le fond du couloir. Néanmoins, Anna se tait comme chacun d'entre eux et reprend sa lente marche en silence quand Kristoff leur fait signe que la zone est claire. Encore un morceau de couloir. La lumière devant eux ne permet pas à Anna de distinguer les yeux de la femme du tableau, yeux qui sont censés la suivre d'après ce qu'elle se souvient de sa visite. Ce qui est une bonne chose, elle n'aimerait pas crier et attirer ce qui peut rôder dans le manoir pour rien de plus qu'une peur enfantine.
Finalement, ils arrivent au niveau de l'attraction en elle-même. Les véhicules de deux places sont tous parfaitement alignés et immobiles. Ils tendent l'oreille pour essayer de distinguer un son quelconque. Mais il n'y a que le silence et au loin le bruit sourd du tonnerre.
« Par la gauche ou la droite ? Chuchote Kristoff.
-La droite, répond spontanément Anna en poussant son père et Peter. »
La réponse est évidente. Le manège fait un tour dans le sans des aiguilles d'une montre et de là où ils sont, partir vers la gauche équivaudrait à faire le parcours de l'attraction. Or avant d'arriver au point où ils sont les véhicules déposent ses visiteurs juste avant, à côté de la sortie du manoir, soit sur leur droite, probablement à quelques mètres. Sortie et entrée sont rarement éloignées l'une de l'autre. Sans un mot Kristoff semble comprendre son raisonnement et acquiesce. Il reprend sa marche passant aux côtés des modules. Ils sont obligés de marcher à la queue-leu-leu essayant de ne pas trébucher sur celui qui les devance. Kristoff est suivi d'Adgar puis de Peter, Anna, Olaf, Catherine et Sebastien. L'homme est un terrible poltron qui ne cesse de rentrer dans Catherine tant il est effrayé de fermer la marche. Mais pour tout dire Anna le comprend. Elle se sent rassurer de ne pas être en bout de queue. Elle se demande si la marche entre l'entrée et la sortie est normalement aussi longue ou si ce n'est qu'une affreuse impression. Soudain, l'avant se fige et Anna entend Sebastien demander ce qui se passe la voix nouée d'inquiétude. Olaf lui pose la même question. On ne leur répond pas car la réponse semble évidente : des bruits de gorges et l'odeur pestilentiel leur sont parvenus.
« Mother Fuck- ! Gronde Peter. »
L'avant se recule plus rapidement que l'arrière ne comprend ce qui arrive. Peter la bouscule et Anna se rattrape tant bien que mal contre la parois du wagon et la douleur irradie son poignet. Mais elle n'a pas le temps d'y penser, sa main libre se referme sur celle d'Olaf qu'elle écarte instinctivement du passage de Peter. Cela ne l'empêche pas de percuter sa mère qui tombe dans le noir et disparaît de la vue d'Anna. Sebastien lui a déjà tourné les talons. Anna sent finalement son père lui saisir l'épaule et la pousser vers l'avant.
« Avance Anna !
-Mais maman est-
-Je m'en occupe, gronde-t-il la main serré sur la barre de mine. Allez cours avec Olaf on va vous rattraper. »
Anna se demande bien où elle doit courir. Elle se tait néanmoins et tire Olaf à sa suite. Dans la bousculade, Kristoff a perdu son téléphone. Il ne prend pas le temps de tenter de le retrouver. La lumière a attiré les goules de la même manière que le ferait un phare dans la nuit. Et où que soit ce fichu téléphone, il dessine à présent les ombres sinistres et étirées de leurs poursuivants contre les murs sombres d'un manoir qui n'a jamais été aussi effrayant.
Kristoff les rattrape. Ses longues enjambées l'ont distancées des goules qui le talonnaient. De retour au départ de l'attraction, Anna s'arrête, elle veut s'assurer de la survie de ses parents. Kristoff l'imite. Elle ignore où se trouve Sebastien mais elle distingue la silhouette de Peter à la lumière de son écran de téléphone alors qu'il cherche l'application lampe torche. Il tremble comme une feuille.
« Christopher- »
Le jeune homme se tourne vers elle sans même avoir le courage de la rectifier.
« Ils-
-Tes parents vont nous rejoindre. »
Mais il semble inquiet. Anna aussi. Et si sa mère est tombée comme Mickey et qu'elle s'est tuée sur le coup, si...
Elle les entends enfin. Le tout n'a pas du prendre plus d'une minute mais cela lui est apparu comme une éternité. Elle sert sa mère avant que son père ne l'écarte gentiment.
« Allons-y. »
Les goules sont lentes et percutent les véhicules ce qui leur a permis cette pause. Cela ne les empêchent pas toutefois pas de les suivre à la trace.
« Sont-ils nombreux ? »
Kristoff cligne des yeux à la question d'Anna alors que Peter leur indique d'avancer par des gestes erratiques.
« Quoi ?!
-Sont-ils nombreux ? Répète-t-elle rapidement. Parce qu'on ne peut pas passer à travers eux s'ils sont nombreux.
-Ils sont nombreux Anna, affirme Kristoff comme une évidence.
-Et on ne peut pas se re-cacher dans l'ascenseur. C'est un cul de sac et on ignore si on saura refermer la porte, précise-t-elle.
-Anna, avertit son père, ce n'est pas le moment.
-Si justement, réplique-t-elle. Il faut qu'ils nous suivent. Notre seule sortie est celle de l'attraction. Il faut qu'on les attire et qu'ils nous suivent ainsi ils libéreront notre porte de sortie. Si on est trop rapide qui sait s'il n'abandonneront pas et qu'une partie ne restera pas devant la sortie. »
Elle parle rapidement, se répète mais reste néanmoins claire dans son discours. Elle est terrifiée et si une partie d'elle pense qu'elle est folle, que les portes de l'ascenseur sont plus sûr que l'extérieur où la situation leur est inconnue une autre part d'elle est convaincue que c'est la seule solution si elle veut espérer un jour revoir Elsa. Avec un anglais tout approximatif Kristoff l'explique à Peter qui semble hésiter à prendre les jambes à son cou ou suivre le plan. Or Peter est le dernier à avoir de la lumière, ils ont besoin de lui. Le jeune homme acquiesce finalement, les jointures blanches autour du manche de son arme.
Ils n'ont tristement pas le temps d'appeler et chercher Sebastien. Ils reprennent donc leur route, attirant par petites exclamations les goules et leur cohorte la plus proche. Anna espère juste que toutes les goules sont derrière eux et non devant. Et qu'en les suivant ils libéreront la sortie... sinon ils seront piégés entre deux groupes d'anthropophages.
« Anna, chouine Olaf, tu me fais mal. »
Anna remarque qu'elle sert la main d'Olaf beaucoup trop pour la frêle main du garçon. Elle s'efforce de relâcher sa prise mais celle-ci reste ferme. Elle ne compte pas le perdre dans le noir.
Lorsque les goules semblent finalement assez proche, ils reprennent leur marche. Peter est en tête cette fois. Sa lumière vacille en tous sens alors qu'il cherche à éclairer tout ce qui les entoure... le décor du manoir hanté prend forme sous leurs yeux. Anna préfère se concentrer sur la silhouette de celui qui la devance plutôt que sur quoique ce soit d'autres. Olaf à présent ne cesse de l'interroger sur la « mauvaise odeur », les « bruits bizarres » et sur le pourquoi la main d'Anna est aussi poisseuse. Anna garde lèvres et mâchoires serrées.
Elle estime avoir fait un bon tiers du parcours quand les premiers cris retentissent. Elle ne doute pas que ce soit la voix de Sebastien. Les cris sont aussi aigu que ceux d'un enfant, ils portent en eux plus de douleur et de peur qu'Anna ne peut encore comprendre. Ces cris durent longtemps, trop longtemps. Les rares murmures qu'ils s'échangeaient se sont définitivement éteint alors qu'ils subissent les hurlements désespérés d'un homme qu'ils ont à peine connu. Quand ils s'arrêtent enfin, le silence est assourdissant. Bien sûr il y a toujours le raclements des pieds et les grondements incompréhensible de ceux qui les suivent, mais c'est comme le tic-tac d'une horloge : dérangeant sans être vraiment considéré comme autre chose. C'est probablement pour cela qu'ils sont si surpris quand Peter crie en s'écartant du véhicule qu'il longe. Anna constate avec dégoût que deux visiteurs sont maladroitement piégés par l'attraction. Ils s'étaient tenus au calme tant que personne ne les avait approché. A présent, ils tendent leurs mains aux ongles cassés. Anna maintient Olaf à l'écart et à sa surprise, leur père décide d'utiliser son arme. Il frappe deux fois celui qui est le plus près d'eux. Avec un craquement écœurant, la boite crânienne cède sous la puissante frappe. Avec une curiosité morbide Peter éclaire la goule et Anna ne peut s'empêcher de regarder. Le gros homme a son visage enfoncé, l'arrête de son nez a disparu dans le gouffre sanglant de sa face. Un de ses globes oculaires est allé jusqu'à sortir de son orbite. Catherine a pensé à couvrir les yeux de son fils. Dommage qu'elle n'ait pas pensée à masquer ceux de sa fille. Anna se courbe et ne peut s'empêcher de vomir. Son père cligne des yeux hébété d'être le responsable de cette attaque. Son t-shirt blanc est constellé de petites gouttes noires.
« Allons-y, rappelle soudain Kristoff. »
Les goules dans leur dos se sont trop rapprochées et ils doivent s'efforcer de reformer une distance adéquate entre eux. Malgré tout ils avancent moins vite, effrayés d'être happés par une goule prisonnière de l'attraction.
Leur appréhension est cependant inutile : la fin du parcours s'avère sans anicroche. La sortie est par ailleurs libérer de ses occupants et ils s'engouffrent dans le couloir à présent inquiets de faire face à ce qui peut les attendre dehors. A peine sorti, c'est un vent froid qui les accueille et la pluie qui leur fouette le visage. Peter a éteint sa lampe pour ne pas attirer l'attention. Heureusement, aucune goule ne les attends dehors. Ils entendent, selon les bourrasques de vents, les gémissements des centaines de goules cherchant à entrer dans le bâtiments par l'entrée. C'est à la fois effrayant et exaltant d'avoir échappé à ça !
En catimini, ils enjambent les rambardes et avancent dans les jardins grisâtre du manoir direction de l'enceinte du parc. Il y a des sapins amassés en quantité et à leur grande horreur les sapins cachent une parois/falaise qui ceint partiellement le lieu. Ce n'est pas spécialement élevé mais dans leur état cela reste impressionnant.
« Alors ? Chuchote Agdar. »
Kristoff observe ce à quoi ils doivent faire face. La paroi n'est évidement pas naturelle et cherche à dissuader les visiteurs de faire n'importe quoi, mais par soucis de faciliter pour ceux qui devrait potentiellement réparer ou la monter, la parois est praticable. Ce n'est pas comme s'ils avaient le choix. Dans leur dos les premières goules les ayant suivis dans l'attraction débouche à leur tour dans les jardins.
« C'est possible mais ce sera compliqué. »
C'est un fait. Ce n'est évidemment pas la paroi qui représente de la difficulté mais la pluie qui la rend glissante, et qui, ajoutée aux ténèbres, leur masque leur prise. Ils vont devoir tâtonner à l'aveugle. Agdar glisse la barre de mine dans le sac d'Olaf et c'est Anna qui ajuste les sangles sur son dos. Puis leur père prend Olaf sur son dos et lui dit de surtout bien se tenir et de ne pas lâcher. Il utilise sa ceinture que leur mère a toujours trouvé beaucoup trop grande pour attacher le petit garçon à son torse. Le dernier cran le permet tout juste. Alors qu'il se prépare à monter, il note que Peter est déjà à mi-parcours. Il a délaissé sa hache et semble presque voler tant il grimpe vite à la lumière des éclairs. Kristoff quant à lui a glissé l'arme à l'arrière de sa ceinture. Un handicap acceptable selon lui. Kristoff est un bon grimpeur il monte entre Anna et Catherine pour tenter de les aider. Agdar, sportif dans sa jeunesse, semble se débrouiller malgré sa charge.
Ils s'élèvent lentement mais suffisamment pour être hors de portée de leur prédateurs. Anna halète. La pluie colle ses cheveux à son front. Elle a la sensation d'étouffer. Ses mains ne parviennent pas à saisir de bonnes prises et plusieurs fois, Kristoff l'a aidé à se maintenir contre la parois. Ses muscles la brûlent, son poignet continue de l'élancer. Elle est fatiguée, affamée et on lui demande un effort qui lui serait déjà difficilement réalisable en temps normal.
Elle s'élève pourtant lentement, difficilement. Elle porte toute son attention sur ses prises futures. Elle ne voit pas son père, les muscles tremblants arrivant enfin au bout du cours parcours. Elle ne voit pas Peter l'aider. Elle ne voit pas le regard de Kristoff qui monte à sa vitesse et cherche à prévenir le moindre dérapage. Et elle ne voit pas sa mère qui glisse épuisée et tombe pour se noyer dans la mer de bras et gueules ouvertes qui n'attendent qu'eux.
Personne ne la voit ni n'entend ses cris. La tempête dissimule à merveille la tragédie qui vient d'avoir lieu. Ce n'est que lorsque Anna s'effondre sur le sol, ayant enfin atteint le sommet qu'elle remarque qu'Agdar et Peter sont penchés vers le vide, cherchant du regard la présence de Catherine.
Kristoff vient les rejoindre. Mais Anna n'ose pas, elle vient prendre son frère dans ses bras. Quelque part, elle sait déjà ce qui s'est produit. Elsa elle-même serait considéré comme une athlète par rapport à Catherine.
Ils attendent, frissonnant sous la pluie, espérant que la femme apparaisse.
Anna ignore qui leur dit qu'il est temps d'y aller. Qu'ils ne peuvent pas attendre éternellement. Elle se relève, ses muscles la rappelle à l'ordre mais cela ne l'empêche pas d'avancer.
« Anna, murmure Olaf. Où est maman ? »
Anna ne sait quoi lui répondre. Elle n'a pas encore bien pris conscience de sa perte ce qui ne l'empêche pas de pleurer. Mais qui peut le savoir. La tempête cache tout, même ses larmes.
Leur ascension ne les a pas mené sur le railroad train de Disney comme le plan touristique du parc indiquait. Ils font face à un vaste bâtiment probablement destiné au staff ou au stockage. Il le contourne silencieusement par le côté qui ne comprend pas de route et il débouche finalement sur leur objectif. L'herbe fait place aux cailloux. Ces derniers roulent sous leurs pieds et leurs arrêtes aigus les blessent. Cela complique leur marche mais au moins il n'y a personne ici. Agdar rejoint ses côtés et entoure ses épaules d'un bras. C'est ainsi qu'ils partagent leur tristesse ensemble. Anna cligne des yeux pour en chasser l'eau qui lui brouille la vue. Elle revoit le doux sourire de sa mère, sa joie de vivre. Comment y faire face ? Comment l'expliquer à Olaf ? Comment le dire à Elsa ?
Elle pense qu'elle pourrait y penser des heures sans trouver de solutions mais ils ne sont pas encore en sécurité. Ils ont suivi aveuglément Peter qui plutôt que les ramener vers la gare près de l'entrée du parc a remonté les rails dans l'autre sens. C'est Agdar qui s'en est rendu compte. L'homme est sur les nerf et n'hésite pas à s'en prendre au jeune homme. Peter lutte pour lui expliquer dans un mélange d'anglais et de français approximatif sa décision. Retourner à l'entrée du Parc serait de la folie. Il faudrait parcourir l'entrée dallée des deux parcs qui doivent être aussi -voir plus- bondé que Main Street. Puis il y aurait Disney Village et la gare. Au delà le parking. Le lieu que tout le monde a cherché à atteindre. Jamais ils n'y parviendraient. Puis il indique en contrebas de là où ils marchent la route dissimulée dans la nuit. Il ignore si c'est une route privée de Disney ou non. Mais il y aura toujours moins de monde et il y aura certainement des véhicules. Peter leur fait comprendre qu'il sera tout à fait capable de démarrer une voiture qui n'est pas la sienne.
Rien ne les oblige à le suivre. Ils en sont tous conscient. Mais focalisés sur le fait de sortir du Parc, ils ont oublié qu'au-delà des grilles la situation ne serait pas soudainement résolue. C'est Agdar qui acquiesce. Alors ils redescendent sur l'autre flanc la montée qu'ils avaient eu tant de mal à escalader. La pente heureusement est beaucoup plus douce. Ce n'est plus de l'escalade. Anna finit d'ailleurs par la descendre sur les fesses après avoir glissé sur l'herbe humide. Ils finissent bien évidemment par tomber sur une grille rehaussée de barbelées pour empêcher les intrus qui ne veulent pas payer de billet d'entrée. Aucun d'entre eux sauf peut-être Kristoff n'a la force de l'escalader et de se blesser sur les pointes de métal. Alors Kristoff s'empare de sa hache et à grand coup finit par ouvrir une brèche. C'est un effort de longue haleine mais cela est payant. Ils finissent par tous s'y glisser. Il remonte la route bétonnée loin de Disneyland et de ce que le parc renferme à présent. La route est déserte. Sur leur gauche se distingue la masse sombre d'un bois. Après une quinzaine de minutes de marche, ils tombent finalement sur un parking d'un bâtiment quelconque appartenant à Disney.
Pas de visiteurs. Ces quelques routes et bâtiments ne sont réservés qu'aux employés. Quelques goules et des voitures accidentées mais rien de terrible après ce à quoi ils ont fait face. Avec discrétion, ils naviguent entre les véhicules de ceux qui doivent à présent déambuler autour d'eux. Ils n'ont pas la force de se battre. Peter préfère cependant prendre le temps de trouver un véhicule qui tienne la route. Il jette son dévolu sur un 4x4 noir, un vieux modèle plus facile à trafiquer que certains nouveaux véhicules. Puis ils attendent. Peter est un garçon intelligent. Il a écouté le temps entre chaque éclair et grondement. A peu près deux secondes. Dès qu'un nouvel éclair déchire le ciel, il compte et frappe la vitre après ce nombre de secondes avec la hache qu'il a pris à Kristoff. Le bruit de l'orage a masqué le bruit de casse et aucune goule ne les entend. Peter entre, leur ouvre les portières et tous s'installent dans le véhicule. Enfin à l'abri de la pluie, hébétés par leurs aventures, tous s'effondrent plus ou moins au fond de leur siège. Agdar est à l'arrière avec Anna et Olaf alors que Kristoff occupe le siège avant. Peter quant à lui, joue avec les fils. Finalement le moteur démarre et un ronronnement rassurant empli l'habitacle. Peter passe la première et, sans allumer les phares, prend enfin la route, laissant définitivement Disneyland derrière eux. Les yeux d'Anna se ferment enfin, bercée par le véhicule. Elle a froid, ses vêtements sont trempés et son cœur saigne de sa perte mais cela ne l'empêchera pas de dormir.
Elle remerciera d'ailleurs le ciel que son sommeil soit sans rêve.
