Jour 3. 9 juillet – Heure inconnue

.

C'est étrange comme un seul acte peut changer la vision des gens. Alice la regarde de travers après qu'elle ait fouillé le coffre de cette voiture en quête de tout objet utile. C'est comme si elle la pensait capable de lui voler le sac qu'elle porte à présent. Alice lui donne l'impression d'être un charognard. C'est peut-être dans ces situations là qu'on comprend ce dont les gens sont capables. Hans a perdu toute humanité : violer ou tuer n'a plus d'importance. Elsa fuit mais elle est prête à se battre, prête à entrer par effraction où il le faudra, ou vider le coffre d'une voiture. Elle ne se pense cependant pas capable de faire le moindre mal à qui que ce soit de vivant. Enfin hormis Hans. Alice cependant ne risquerait certainement rien avec elle. C'est donc blessant de la voir si douteuse. Parfois elle lance des regards rapides à l'arme qu'elle porte en bandoulière, comme si elle craignait qu'Elsa décide soudainement de l'utiliser sur elle.

Excédée, Elsa se lasse enfin.

« Tu veux qu'on échange ? Je prends le sac et je te laisse l'arme ? »

Cette idée n'est peut-être pas la meilleure qu'elle ait à proposer. Soudain Alice resserre ses mains sur les sangles du sac et prend un pas en arrière.

« Quoi ? Tu as peur que je m'enfuis avec et que je te laisse ici ? insiste Elsa.

-Non, balbutie-t-elle.

-Alors quoi ? Le fait que j'ai vidé cette voiture te fait peur en quoi ?

-Non, chuchote-t-elle. C'est le fait que tu admettes être prête à tuer aussi facilement. Que tu sois prête à laisser mourir des gens pour survivre.

-Mais pas toi Alice.

-Pourquoi pas ? Tu dis ça maintenant mais lorsque la situation sera critique, tu feras comme tu l'as di, tu survivras, à mon détriment s'il le faut.

-Alice je suis sortie avec toi de la zone de quarantaine, je ne t'ai pas laissé tomber. Même quand Hans nous a rattrapé. Je ne te laisserais pas plus tomber ensuite.

-Je ne te crois pas. »

Elsa serre les dents. Dieu, elle est fatiguée et excédée. Elle ne s'est jamais sentie prête à diriger quoique ce soit et pourtant dès qu'une situation se présentait, elle finissait toujours par devoir mener. Parce qu'elle présentait bien, savait prendre des décisions et agir selon elles. Tous les choix depuis l'incident à l'université et l'évacuation par l'armée sont de son fait. Et elles sont en vie. Toutes les deux en vie ! Durant leur fuite, Elsa a pu constater que tous n'ont pas eu cette chance. Que malgré tout Alice doute d'elle, pas seulement de ces décisions passées mais de ce qu'elle pourrait faire pour leur survie future, l'énerve. Elle ne lui demande pas d'être redevable mais qu'elle reconnaisse au moins qu'elles en sont là –vivantes- grâce à elle.

Elle ne veut pas poursuivre cette discussion. Pour voir le peu de confiance qu'on a en elle, elle préfère largement continuer de marcher en silence. Elle réajuste donc la sangle de l'arme et se remet en marche. La route est toujours déserte. Elsa estime que quelque part un barrage a dû être mis en place. La forêt les entoure toujours et semble s'étirer à l'infini. Finalement dans la monotonie du paysage apparait un panneau. Il indique la distance à la prochaine ville, Elsa ne prend pas la peine de retenir son nom, toutes son attention est focalisée sur la distance : 5 km. Dans une heure à peu près, elles devraient y être. Elle estime cependant que des bâtiments apparaitront avant cela. Et peut-être l'accès à une ligne téléphonique fixe qui lui permettrait encore de passer un appel. Elle ne peut pas croire que tout puisse être perdu en 4 jours à peine. L'armée a dû protéger les centrales électriques et nucléaires : que le pays soit encore alimenté en électricité.

Malgré tout son intérêt pour le post-apocalyptique, elle s'y connait finalement assez peu sur le fonctionnement d'un pays en état d'urgence. Qu'est ce qui doit fonctionner pour que le réseau internet et mobile persiste, l'électricité, l'eau ? L'homme est finalement si dépendant de la société dans laquelle il vit. Dans les films, la situation s'améliore rarement et Elsa cherche à ne pas se montrer trop pessimiste sur ce qui peut arriver. Ni trop optimiste : si la chose est dû à un virus comme les survivants de la quarantaine se racontaient entre eux, il ne faudrait guère espérer trouver un vaccin du jour au lendemain. Les remèdes miracles sont pour les contes de fées.

Elsa voit finalement disparaitre la forêt, laissant lentement place à un bâtiment, puis un deuxième et finalement une jolie rue récemment refaite, bordé de maison plutôt ancienne.

« Où sont passés les gens ? s'exclame Alice. On n'a vu personne depuis qu'on a fuis la quarantaine. »

Oui, si on ignore Hans, ses sbires et les zombies.

« Je crois que… »

Elsa n'a pas besoin de continuer, Alice l'entend à son tour. Des geignements. Comme un fond sonore constitué d'une multitude de cris et grondements sans corde vocale fonctionnel.

« Cette ville est perdue, s'inquiète Alice. »

Etonnamment, Elsa se sent curieuse. Effrayée mais curieuse.

« Je vais aller voir.

-On sait ce qu'i voir. »

Elsa secoue la tête doucement.

« Peut-être mais je veux quand même aller voir. »

Elle tire une Alice réfractaire en arrière.

« Voilà, tu n'as qu'à rester là. Si tu vois quoique ce soit, tu as la forêt pour te cacher. Pendant ce temps-là, je vais aller jeter un coup d'œil.

-Elsa attend ! »

Prête à partir, Elsa s'arrête et se retourne curieuse au ton contrit d'Alice.

« Je… je suis désolée. Je sais que tu ne me ferais pas de mal, annonce-t-elle comme un adieu.

-Jamais volontairement, confirme-t-elle.

-On n'a pas besoin d'aller là-bas.

-Il y a peut-être des survivants.

-Mais tu as raison, nous ne sommes pas des héroïnes de roman. Tu ne changeras rien en allant dans cette ville, hormis te faire tuer.

-Je… »

Elsa hésite. Son côté rationnel lui dit en effet de ne pas y aller, l'image de ce bébé dans le rehausseur dévoré vivant se rappelle à son esprit. Mais quelque part, à sa grande honte, une partie d'elle-même celle qui aimait s'imaginer dans un tel monde et le meilleur comportement à y avoir, lui dit qu'elle le vit vraiment à présent. Et dans son imaginaire, elle ne fuyait que devant les autres êtres humains. Pas devant les zombies. S'ils sont comme dans la littérature, il n'y a pas grand-chose à craindre tant qu'ils ne l'entourent pas. Il faut juste espérer… qu'ils sont comme dans la littérature. Lent, débile et incapable de se coordonner. Dans l'autre cas, elle ne donne pas cher de leur peau et de toute celle de l'humanité.


.

Les rues sont désertes et s'y glisser discrètement ne présente aucune difficulté.

Alice est restée en bordure de la ville, armée du seul Glock et d'un couteau. Elle a aussi le sac de vivre et les gourdes. Elsa était prête à lui laisser le fusil d'assaut mais Alice a insisté pour qu'elle le garde. C'est elle qui prend les risques en s'enfonçant dans une ville où on entend clairement la présence des morts. Pourtant elle n'en voit toujours aucun. Cela signifierait qu'ils doivent s'être regroupés à un même endroit. La question est alors ce qui peut être si intéressant pour qu'il se soit tous réunis en un même lieu.

Des… survivants ? C'est cette idée qu'il l'avait effleuré en premier et qui continue à lui troubler l'esprit. Elle ne voit pas ce que ça peut être d'autres. Et puis… si c'est bien des survivants, alors quoi ? Elle va les sauver ? Elle ne s'est jamais vu voyager avec un groupe d'étrangers. Pour la simple et bonne raison qu'ils lui seraient étrangers. Elsa n'a jamais fait confiance facilement et elle n'arriverait pas à dormir en sachant que des inconnus sont prêt d'elle, capable de s'emparer de ses vivres ou de ses armes. Pire ils pourraient être comme Hans. Etre une femme dans un monde en guerre ne sera jamais facile. Loin de là. Elles sont bien trop souvent des cibles faciles.

Elsa s'arrête soudainement. La ruelle étroite débouche sur une large place, desservie par des rues plus importantes. D'un côté une petite église telle qu'on en trouve facilement dans les villes française d'un certain âge, de l'autre, la mairie récemment rénovée, au point qu'elle détonne dans cette petite ville vieillissante.

Les morts sont tous réunis ici. Devant l'église où ils frappent et gratte la porte. Elsa grimace. Le lieu de culte et la mairie ont dû servir de refuge au début de l'infection. La mairie, qu'elle voit de là où elle se trouve, n'a pas résisté à l'assaut des morts. Tout le bas du bâtiment a ses volets baissés devant les parois vitrés. Cela n'a a priori pas suffit. Ils sont éventrés et les fenêtres qu'ils protégeaient, brisées. Des zombies en sortent lentement pour continuer à s'agglutiner devant les lourdes portes en chêne de l'église encore miraculeusement intacte.

Elsa préfère détourner le regard. Ses yeux passent sur les morts sans les détailler. Elle ne veut pas voir leur peau morte : blanche, grise ou verdâtre. Elle ne veut pas voir leur chair à vif, les blessures causées sous les doigts et les dents de ce qui étaient des pères, des frères ou des fils. Elle ne veut rien voir de tout ça. Au moment où Elsa s'apprête à retourner sur ses pas, voulant contourner via d'autres rues la place pour arriver derrière l'église, elle en découvre un derrière elle. Elle est à porter de bras et un boulon de panique la frappe quand elle comprend qu'ils ne geignent pas forcément pour indiquer leur présence. Par réflexe, Elsa lui balance un coup de crosse dans la poitrine. Quelque chose craque et elle est convaincue que l'arme a perforé la poitrine mais comme il faut s'y attendre, la créature s'avance à nouveau, les dents à découvert et un grondement au bord des lèvres. Le second coup d'Elsa se porte à sa trachée et avant que la créature ne réagisse à nouveau, Elsa a déjà frappé au visage. Elle recommence encore et encore, jusqu'à ce que le visage aminci de la créature ne soit plus qu'un cratère de chair et de sang. Elsa halète, elle-même surprise de cette soudaine agressivité. Elle jette un coup d'œil à ce qui se trouve derrière elle, mais aucun des zombies de la place ne l'a remarqué. Seulement alors Elsa se permet de paniquer. Elle a tué. Bien sûr c'est un zombie mais elle a tué. Et si… et si c'était réversible. Si ces gens étaient juste malade. Elsa ne supporterait pas d'avoir tué un homme malade.

Elle passe quelques minutes à se reprendre et à se convaincre qu'ils sont bien morts, ainsi qu'à frotter désespérément ses mains sur ses vêtements et à essayer d'ôter le sang qui doit lui moucheter le visage. Ils sont morts, se répète-t-elle. C'est le principe d'un zombie. Sauf qu'évidemment jamais personne n'a officiellement employé ce terme.

Après une dernière et profonde inspiration, Elsa resserre ses mains sur l'arme et s'engage dans une ruelle perpendiculaire, toujours dans l'idée d'atteindre l'arrière de l'église sans alerter les goules.

Le voyage ne lui prend guère de temps probablement parce qu'elle a un bon sens de l'orientation et que la ville n'est pas bien grande. Comme elle s'y attendait l'église présente une petite porte annexe qui donne certainement sur les logements de l'homme de foi qui s'occupe de ce lieu. Deux zombies se trouvent entre elle et cette porte et Elsa hésite entre continuer sa quête ou partir retrouver Alice. Ce n'est pas parce qu'elle en a vaincu un qu'elle sera capable d'en vaincre deux. Pourtant, elle se sent incapable de partir maintenant. Elle sait qu'elle passerait son temps à penser à ce qui se trouvait dans cette église. Elsa hésite et ôte la sangle de son arme pour le déposer au sol alors que le premier des deux zombies la remarque. Elle en profite pour s'emparer du couteau militaire. Elle espère que walking dead n'a pas exagéré sur la capacité d'une lame à percer un crâne. Néanmoins, au moment où le zombie est suffisamment prêt d'elle, Elsa panique. Le tuer au couteau c'est être beaucoup trop prêt de lui. Elle recule, se prend les pieds dans l'arme qu'elle a laissée au sol et chute bêtement. Elle a à peine le temps de comprendre ce qui vient de lui arriver que le zombie est déjà sur elle. Elsa plaque précipitamment sa main sur le visage de la créature pour l'empêcher de la mordre. C'est la panique parce qu'elle sent sur sa paume les dents de la créature effleurées sa peau. Elle prie pour qu'il ne puisse pas déchirer sa peau dans la position dont ils se tiennent. Elle ne veut pas mourir. Cet simple idée se transforme en élan de rage et la fait à nouveau agir dans l'instant. Sa main libre qui tient encore le couteau fait un arc large avant de se planter dans la tempe de la créature qui cesse instantanément tout mouvement. Avec un grognement, elle repousse le corps de ce zombie qui –dieu merci- ne pèse pas bien lourd. C'était à l'évidence une étudiante proche de l'anorexie.

Rapidement elle note que le second se rapproche d'elle dangereusement. Elle ramasse précipitamment le fusil d'assaut, le saisit par le canon et frappe fort : comme si elle utilisait une batte de baseball. Elsa se dit qu'elle doit repenser à ses capacités sportives parce que ce coup est certainement un home-run. La créature s'écroule sur le coup. Elle se laisse tomber au sol à côté de sa troisième victime du jour, le souffle court et l'adrénaline se retirant de son système. Elle se sent drainée. Elle n'avait jamais songé que cela puisse être aussi épuisant.

Son regard se porte sur l'église et cette petite porte en bois. Elle doit être fermée, songe-t-elle soudainement prête à abandonner. Si elle est fermée, Elsa ne pourra rien faire sans alerter la meute qui se trouve à l'avant. Si la porte est fermée, elle retournera auprès d'Alice. Elsa se dit qu'elle a bien suffisamment pris de risque pour la journée.

Elle se relève, main sur un genou, les jambes tremblantes. Le corps tout entier tremblant. Le contrecoup. Elle souhaite à présent que la porte soit fermé, son esprit sera apaisé, convaincue d'avoir fait tout ce qui était en ces capacités. Cependant la main sur la poignée, elle remarque que la porte est déjà entrouverte. Elle la pousse légèrement et porte immédiatement la main devant son visage. L'odeur est étouffante et putride. Pourriture, sang, déjection. La mort n'a rien de beau et l'église présente ici toute l'étendue de ce qui peut être abject. C'est un charnier. Les gens se sont a priori réfugier ici. Combien de gens étaient déjà contaminé alors qu'ils fermaient les portes pour se protéger ? Elle se demande comment les choses ont pu évoluer ainsi. La porte ouverte indique qu'il pouvait visiblement s'échapper. Mais peut être quelqu'un s'est-il introduit de l'extérieur après l'horreur comme elle venait de le faire.

Ici, il n'y a plus que 5 ou 6 zombies courbés sur des corps à moitié dévorés. Leur ventre distendu semble prêt à éclater. Combien de chaires ont-ils ingérés ? Elsa recule vers la porte ouverte, son pied faisant un affreux bruit de succion tant le sol est poisseux de sang. Elle se fige au son, inquiète que les créatures de l'église l'entendent. Mais tout à leur mastication aucun d'eux ne lui porte attention. Puis une main se referme autour de sa cheville. Il lui faut tout son contrôle pour ne pas hurler.

Ce n'est cependant pas un zombie. Mais un homme ou ce qu'il en reste. Un de ses bras et une partie de son torse est déchirés. Un zombie -ou plusieurs- l'a à moitié dévoré. Les yeux fiévreux, Elsa sait qu'il ne tardera pas à mourir de ses blessures ou du virus, cela reste à voir. Mais le résultat est le même, il se relèvera. Elsa recule son pied et la main perd sa prise.

« Aidez moi, murmure-t-il. Aidez moi.

-Je suis désolée, chuchote-t-elle. »

Sa voix est tremblante à deux doigts de se briser.

Cet homme la prend peut être pour un soldat venu le sauver. Mais Elsa ne peut pas lui offrir le salut qu'il souhaite. L'idée d'abréger ses souffrances lui traverse l'esprit mais Elsa s'en sent incapable. C'est un être humain. Tuer un zombie lui est déjà suffisamment dure.

« Vous devez m'aider, crie l'homme d'une voix cassé. »

Son cri, qui résonne dans la nef, attire évidemment l'attention de ceux qui s'y trouve. Contre la lourde porte en chêne donnant sur la place, les coups redoublent. Ils doivent ignorer que leur buffet est déjà froid. Peut-être continue-t-il d'attaquer la porte d'après des bruits qui ont eu lieu il y a longtemps. Ils n'ont probablement plus aucune conception du temps. Elsa comprend néanmoins qu'il est temps pour elle de partir. Les 5 zombies se sont relevés et ont noté la présence de chair fraîche. Ils sont plus lents que les autres, alourdis par leur repas. Ils trébuchent sur les innombrables corps qui jonchent le sol mais continuent néanmoins d'avancer. Quant à la porte en chêne, Elsa remarque qu'elle est prête à céder.

Elle se retourne pour courir à travers la porte annexe quand elle le remarque. Les quartiers du prête sur lesquels elle s'attendait à tomber est plus loin au fond et derrière le mouvement d'une porte entrouverte elle a noté, une petite touffe rousse. Elsa hésite, elle se trompe peut être mais… un coup d'œil aux zombies, et elle saute au-dessus d'un corps alors que la porte se referme dissimilant la chevelure vif. Derrière une voix étouffée crit. Elsa atteint les quartiers du prêtre alors que le premier zombie n'est plus qu'à quelques mètres de sa porte de sortie. Elle frappe fortement sur la porte.

« Je ne suis pas mordue. S'il y a quelqu'un, c'est votre dernière chance de sortir avant que les portes de l'église ne cèdent et qu'ils s'y déversent par dizaine. »

Elsa attend, le cœur battant à tout rompre. Mais soit elle devient folle soit les voix derrière la porte se sont tus.

« Vous avez 10 secondes avant de devoir vous débrouiller tout seul. »

Elsa entonne à voix haute son compte à rebours. Le regard braqué sur le premier zombie qui vient de dépasser la porte. Elsa estime facilement pouvoir le contourner. Ce ne sera plus le cas lorsque les deux suivants s'interposeront entre elle et sa porte de sortie.

« Zéro, tonne-t-elle, en reprenant fermement son arme en main. »

Elle n'a pas fait deux pas que la porte s'ouvre finalement dans son dos. C'est une jeune femme, d'à peu près son âge. Des cheveux roux sauvages, le visage balafré. A ses jambes, 3 garçonnets –des triplés- aux cheveux aussi vif. Elsa sert les dents à l'idée de se déplacer avec d'aussi jeunes enfants. Mais l'idée qu'Olaf et Anna quelque part soit dans la même situation, fait taire la moindre de ses hésitations. Elle attrape le poignet d'un des enfants.

« Go, gronde-t-elle. »

Les protestations de la femme s'éteignent aussitôt quand elle comprend la situation. Elsa se met à courir, trainant plus l'enfant qu'autre chose. Le premier zombie se rapproche rapidement. Elsa l'évite et elle espère que la femme et les deux autres enfants la suivent. Le second est presque à la porte. Elsa pousse l'enfant par la sortie, laisse la femme et les deux autres enfants passer avant de refermer brutalement la porte derrière eux. La porte s'ouvre vers l'intérieur et Elsa escompte que la créature soit incapable de savoir tirer. Si cela est le cas, ils sont tranquilles un moment.

Elsa respire par à coup, prenant un moment pour retrouver son souffle, le front appuyé contre le bois frais de la porte contre laquelle le second zombie se met à gratter. Quelqu'un se racle la gorge et elle se retourne finalement.

« Euh… merci, annonce la femme. »

Elsa lui offre un sourire tremblant. Ils auraient probablement pu sortir par eux-mêmes mais avec 3 si jeunes enfants, elle comprend l'hésitation de la femme et sa volonté à rester cachée.

« De rien. Je suis Elsa, dit-elle en lui tendant la main. »

Elle se rend compte qu'elle est rouge de sang encore humide. La panique l'étouffe un instant avant qu'elle ne note que la peau de sa main est dénuée de blessures. Ce n'est pas son sang. Elle offre un sourire contrit à la femme quand celle-ci avise sa main. A sa surprise pourtant, elle la lui sert. Si ce n'est pas prendre des risques inutiles. Pourtant que la femme n'hésite pas à ce simple échange de main cordiale, la rassure. Il y a peut-être encore un peu d'espoir dans ce monde.

« Enchantée. Je suis Merida. »