TU PEUX TOI AUSSI COMMANDER TA FICTION

Oui tu peux toi aussi commander une fiction en te rendant sur notre histoire "Commandes de fictions" ou sur notre forum, et review le mois en cours !


Hé ! Bien le bonjour (ou le bonsoir) à toi qui arrive sur cette histoire ! Prims pop nous a demandé un Drarry où Draco emmène Harry sur son tapis volant, ce qui est un véritable rêve bleu pour le jeune prince ! Almayen, une des auteures de notre collectif, a décidé répondre à cette commande.


Petit mot de l'auteure (Almayen) : prims, j'espère que tu aimeras cette histoire ! En effet ta commande parlait simplement du "rêve bleu" mais j'ai décidé de faire un cadre plus large histoire d'installer les personnages et l'histoire... donc au lieu d'un OS, tu auras deux chapitres (et la partie vraiment rêve bleu sera dans ce deuxième chapitre). Bonne lecture !

Merci à Marina Ka-Fai pour sa correction et avis, et merci aussi à Mana2702 pour son deuxième avis sur ce premier chapitre !


Harry Potter, premier du nom, s'ennuyait ferme.

Tous ces défilés royaux, ces discours ennuyants, ces repas qui n'en finissaient pas... il n'en pouvait tout simplement plus. Il ne put ainsi retenir un soupir las – chose qui n'échappa évidement pas à sa tante, qui lui donna un coup de coude discret mais douloureux.

- Tient toi bien, ordonna-t-elle en chuchotant. Tu fais honte à tous les seigneurs qui sont venus.

C'était quelque chose qui avait toujours fasciné Harry, cette manière dont sa tante se montrait capable de faire des remarques désobligeantes sans donner l'impression au restant des invités qu'elle venait de desserrer les lèvres autrement que pour faire un sourire courtois. Elle devrait se tourner vers une carrière de ventriloque, pensa furtivement Harry. Je devrais lui conseiller lorsque je la chasserais de la cour.

Harry venait en effet de fêter son seizième anniversaire, ce qui avait deux conséquences. Il attendait la première avec impatience : le début de son règne personnel, qui se rapprochait de plus en plus. Ses parents, les regrettées majestés James et Lily de la dynastie Potter, étaient décédés lorsqu'il n'avait pas un an, tués sur le champ de bataille contre des rebelles auto-proclamés Mangemorts. Si leurs rangs avaient été mis en déroute par la mort de leur chef, Voldemort, les pertes avaient aussi été importantes pour le royaume puisqu'il avait dû enterrer son roi et sa reine. Le très jeune Harry, devenu orphelin, était alors également devenu roi – mais à seulement deux mois, il ne fallait guère attendre de ce bambin qu'il puisse assurer une quelconque de ses fonctions royales. La Régence avait alors été confiée à la sœur de feu la reine, lady Pétunia, et à son mari, lord Vernom.

Harry détestait son oncle et sa tante. Bien qu'étant la seule famille qu'il lui restait, les deux ne s'étaient jamais comportés correctement avec lui. Bien sûr, ils n'en montraient rien en public, mais dès que les portes des appartements de la famille royale s'étaient refermées, les choses étaient tout autre. Humiliations, moqueries, rabaissements, les régents avaient tout fait pour briser le jeune prince. Harry les soupçonnait même d'avoir tenté de l'assassiner pour récupérer le trône et en faire ainsi profiter son cousin, Dudley – et il avait la désagréable impression que sans la vigilance de son conseiller personnel Dumbledore et de sa gouvernante Miss Figg, ils seraient parvenus à leurs fins.

Mais malgré toutes leurs tentatives, les années étaient passées, et Harry avait enfin atteint son seizième anniversaire. Ce qui signifiait que dans une année, il en aurait enfin dix-sept – et ainsi qu'il pourrait enfin mettre fin à la Régence et régner par lui-même.

Si la tâche lui paraissait certes colossale, la première décision qu'il prendrait en tant que roi lui apparaissait limpide : exiler son oncle et sa tante. Et à voir comment ces derniers se montraient particulièrement à cran ces derniers temps, ils avaient parfaitement compris son souhait.

Tant pis pour eux, pensait Harry. S'ils s'étaient bien comportés, je les aurais gardés à la cour.

Mais pour appliquer cette belle résolution, Harry devait encore survivre une année. À commencer par ce dîner, mortellement ennuyeux.

.

C'était la deuxième conséquence de son seizième anniversaire – une conséquence dont il aurait aimé se passer par ailleurs, mais qu'il savait inéducable : son mariage.

Pour les jeunes gens royaux, seize ans marquait le début de ce que la cour appelait « la recherche amoureuse » - Harry lui qualifiait tout cela de « mascarade commerciale », puisqu'elle consistait à chercher une promise qui apporterait par l'union au royaume une alliance solide, des terres, des forces militaires... Cela révoltait le jeune roi. Il n'était pas contre l'idée de mariage, mais voulait naïvement choisir la personne avec qui il partagerait sa vie.

Mais il était également conscient de la précarité de sa situation : tout jeune roi placé dans l'ombre de ses parents et que nombreux étaient à vouloir l'éliminer, Harry devait assurer sa position. Et cela passait malheureusement par un mariage – l'idéal étant que celui arrive avant son accession au trône, pour qu'il puisse s'asseoir sur ce dernier, une reine à ses côtés.

Et il ne parlait même pas de l'héritier qu'il devrait avoir le plus rapidement possible.

C'était donc la mort dans l'âme qu'il s'était présenté au dîner royal, donné une semaine après son anniversaire – officiellement chacun était venu pour célébrer le prince, mais officieusement tous les seigneurs tenaient à lui présenter une jeune femme de leur famille, espérant faire de celle-ci la prochaine reine. Harry avait ainsi été obligé de voir des pères, des frères, des cousins, vendre leur relation comme... comme un morceau de viande. Cette comparaison le révoltait, mais Harry n'en voyait pas d'autres pour qualifier ce marchandage à peine dissimulé. Il en était désespéré – si encore avait-il pu parler personnellement aux jeunes femmes qu'on lui présentait, toute cette mascarade aurait peut-être pu avoir un quelconque intérêt ! Mais tous ces nobles ne semblaient pas avoir compris que leurs filles pouvaient penser et parler par elles-mêmes et monopolisaient ainsi toute la conversation, ce qui l'empêchait d'échanger avec celles-ci.

Oui, vraiment, Harry s'ennuyait.

Pire. Il en avait marre.

Vraiment, vraiment marre.

De toute cette cour, cette hypocrisie, ces schémas obsolètes. Il avait l'impression d'étouffer, d'être à une place qui ne lui correspondait pas. Porter la couronne, agir pour le bien de son peuple, oui.

La vie à la cour et ses intrigues, pas du tout.

Mais il ne pouvait pas avoir l'un sans l'autre, n'est-ce pas ?

C'est justement cette réalisation qui lui fit prendre une décision. Une décision folle, qui aurait des conséquences inattendues tant pour lui que pour le royaume, une décision qu'il sentait nécessaire : s'il ne pouvait tout avoir en même temps, il se séparerait d'une chose. Sa couronne. Pas définitivement bien sûr – juste un jour. Un seul jour, où pendant ces quelques heures volées, il poserait sa couronne, cesserait d'être Harry I Potter, pour n'être qu'une ombre parmi les autres.

Oui, son plan était parfait. Juste quelques heures, c'était tout ce qu'il s'octroierait. Après tout, il ne pouvait rien se passer d'extraordinaire en si peu de temps ?

Ça, c'est ce qu'il croyait, avant qu'il ne rencontre Drago.

oOoOo

Drago n'avait pas toujours été le voleur des rues qu'il était désormais. Dans un temps très lointain, il était l'héritier d'une grande famille, celle des Malefoy. Il avait passé ses premières années d'existence dans un véritable manoir, choyé et aimé, vivant comme un prince – et cela aurait pu continuer, si le passé de son père n'avait pas été percé à jour, ainsi que l'effroyable vérité qu'il abritait.

Lucius Malefoy était un Mangemort – c'est-à-dire, un traître. Les représailles contre les suiveurs de Voldemort avaient été très violentes et Lucius avait été exécuté sans forme de procès. Sa femme et son fils avaient eu la vie sauve, mais avaient été dépossédés de tous leurs biens. Narcissa Malfoy avait alors abandonné son nom de famille et était montée vers Godric's Hollow pour se réfugier dans l'anonymat de la ville. Grâce à l'agilité de ses doigts de fée, elle avait réussi à trouver un emploi en tant que couturière, et pendant quelques années, les choses s'étaient améliorées pour le fils et la mère. Mais cette dernière était décédée des froids d'un hiver particulièrement rigoureux, et le jeune Drago s'était retrouvé seul au monde à dix ans.

Seul – pas tout à fait. Il était toujours entouré de créanciers qui lui réclamaient des remboursements de dettes et de loyer qu'il n'était pas en mesure d'honorer. Alors devant la menace d'un placement en foyer d'accueil pour orphelins (et Merlin savait que ces établissements n'avaient rien d'un foyer et encore moins d'un accueil) voire de prison, Drago avait tout simplement fui. Il n'avait emporté avec lui qu'une besace contenant quelques habits, un ruban ayant appartenu à sa mère, des provisions et s'était élancé à la conquête de la ville et de ses rues mal famées.

Cela faisait maintenant six ans qu'il survivait ainsi, commettant larcin sur larcin, vivant au jour le jour, ne se préoccupant rien d'autre que d'échapper aux marchands qu'il dérobait. Sa vie était loin d'être idéale, mais elle lui convenait tout de même – il n'avait ni maître ni contraintes, faisant ce qu'il voulait.

Et puis, il n'était pas seul. Cinq ans auparavant, il s'était lié d'amitié avec une fouine espiègle, et aujourd'hui Abu et lui étaient inséparables.

Oui, sa vie et la routine qu'il avait développé lui convenaient parfaitement et il ne l'aurait changé pour rien au monde.

Mais ça, c'était avant qu'il ne rencontre Harry Potter, premier du nom.

oOoOo

Une cape émeraude dissimulant son visage, Harry s'aventurait dans le dédale des échoppes de Godric's Hollow. Aujourd'hui était jour de marché, et en plus des habituels magasins, une foule de stands éphémères prenaient place dans les rues bondées. Jamais Harry n'avait été plongé dans une telle foule – d'ordinaire, il s'adressait à elle depuis le balcon royal, et celui-ci était placé si loin et si haut qu'il avait l'impression de ne pas être dans les mêmes sphères. Pour la première fois, il était bousculé de toutes part, houspillé par des passants pressés, et cela n'était pas pour lui déplaire. Il trouvait une certaine tranquillité à l'anonymat que la foule lui conférait.

Alors qu'il dépassait une échoppe d'objets attrapes touristes, il aperçut un petit garçon pleurer près d'un étal de fruits. Sans réfléchir, Harry s'approcha du stand pour lui donner une pomme rouge, et avant qu'il ne puisse pleinement considérer la situation, le gamin avait détalé alors que le marchand lui demandait s'il avait de quoi payer.

- Euh... fut tout ce que put balbutier Harry, essayant de retarder le moment où il devrait admettre que non, il n'avait pas de quoi payer.

C'était complètement idiot, mais lorsqu'il avait aperçu le petit garçon, il s'était revu au même âge, pleurant dans sa chambre alors que son oncle et sa tante le forçait à jeûner soi-disant « pour son bien », il n'avait tout simplement pas pu se contrôler. Il se retrouvait maintenant à crier alors que le marchand plaquait sa main sur les dures planches de bois – Harry avait beau tenter de s'expliquer, cela n'allait pas empêcher la lame tranchante de s'abattre et...

- Bonjour monsieur ! Excusez mon demi-frère, il ne sait pas bien ce qu'il fait.

.

Drago était en train de manger un bout du pain qu'il venait de voler lorsqu'il l'aperçut.

Un adolescent de son âge, visiblement perdu et désorienté, qui n'était pas fichu de faire deux pas sans être bousculé, manifestement maladroit devant tant de gens – une personne qui n'était pas habituée à ce genre de foule, donc.

Autrement dit, une personne de la noblesse.

Dans une autre vie, Drago aurait pu être comme lui, effrayé de la foule tout en étant désireuse de la côtoyer. Mais les choses étant ce qu'elles étaient – merci Père – Drago lui, contrôlait ces rues, ces passants, ces murs. En moins de temps qu'il en fallait pour le dire, il était entre la lame du marchand volé et la main brune de l'inconnu.

Le blond ne savait pas très bien ce qui l'avait poussé à s'élancer au secours de l'autre homme. Sa partie Je-suis-un-voyou-dur-à-cuire se disait qu'en lui sauvant la vie (ou du moins la main), l'autre lui serait redevable – et il était toujours intéressant d'avoir un noble dans la poche qui aurait des services à lui rendre.

Une autre partie de lui-même, celle qui s'efforçait d'enfouir un peu plus profondément à chaque seconde qui l'éloignait du moment où il avait posé les yeux sur le brun, c'était que celui-ci était particulièrement beau. C'était une raison totalement ridicule, mais lorsque Drago avait aperçu l'homme se déplaçant dans les ruelles animées, toutes ses pensées avaient été dirigées uniquement vers lui. Et lorsqu'il avait vu que ce joli corps (qui était entièrement caché par une cape certes, mais Drago avait l'œil pour ce genre de choses), le blond n'avait pas supporté l'idée qu'une telle merveille soit abîmée.

Enfin, ça, il ne l'avouerait jamais, et en resterait à la première explication du « tu m'es redevable désormais ».

Enfin, pour que le brun puisse lui être redevable, il fallait déjà qu'il s'en sortent vivants et en un seul morceau.

Drago compléta alors son mensonge en agrippant l'inconnu par les épaules – qu'il avait finement musclées, il ne s'était définitivement pas trompé – et dit :

- Je vous prie de nous excuser. Mon demi-frère est un peu dérangé.

Drago pouvait sentir le regard perplexe (« demi-frère ? ») et légèrement vexé (« dérangé ? ») de l'autre, et lui murmura à l'oreille :

- Suis-moi, lui chuchota-t-il avant de se tourner vers le marchand : oui, il est un peu toqué. Il n'arrête pas de prendre les chiens errants pour son parrain, et notre fouine domestique pour le roi.

À cela, l'autre se mit à genoux devant Abu en déclamant haut et fort :

- Oh, Majesté, chaque jour qui passe vous rend encore plus merveilleuse.

À ce moment là, Drago cru avoir gagné la partie, le marchand ayant un air de compassion sur le visage. Mais alors qu'ils commençaient doucement à s'éloigner de l'étal, un fracas se fit entendre : Abu avait laissé tomber ses larcins.

- Au voleur ! s'écria fortement le marchand.

- Cours ! cria Drago.

Le trio s'engagea alors dans une course poursuite haletante, et Drago se surpris à penser que pour un noble, l'adolescent était en une forme physique très impressionnante. Toute sa maladresse s'était envolée alors qu'ils échappaient à leurs poursuivants.

Oui, vraiment, c'était étonnant.

Mais Drago était loin d'être au bout de ses surprises avec l'inconnu – surtout lorsqu'il réalisa que celui-ci n'était autre qu'Harry Potter, sa royale majesté et souverain du royaume !

Mais cela, Drago ne le savait pas encore. Pour l'instant, il se contentait de courir à en perdre le souffle, le bel adolescent à ses côtés, aussi rouge que lui. Aussi fatigué, aussi inquiet quant à la conclusion de leur fuite, mais manifestement aussi paradoxalement heureux que lui de vivre cela.


Petit mot (de fin) : j'espère que vous avez aimé ! Je vous donne rendez-vous le 11 février pour la suite. D'ici là, donnez moi votre avis sur le début, et n'oubliez pas : si vous voulez passer vous aussi une commande, ça se passe en review ou sur le forum !