Bonne nuit !
Je suis très heureuse de vous poster ce premier chapitre, ce qui n'est pas du luxe après tout le temps que j'ai mis pour le faire. Enfin... si vous saviez ce qui m'est arrivé.
Bref, j'ai sincèrement envie de m'éterniser et de vous raconter un tas de bêtises, mais je suis aussi très fatiguée. Donc donnez-moi de beaux avis, parlez-moi de vous, de comment se sont passé vos fêtes...
Je voudrais aussi, avant de vous souhaiter une bonne lecture, remercier tous ceux qui m'ont lu, ajouté en favoris, en alerte et bien entendu ! laissé des reviews. Merci ! Ça me touche vraiment beaucoup, parce que j'appréhendais de savoir comment l'idée de l'histoire serait reçue.
Bonne lecture !
Hostis humani generis
Chapitre un, La cavalière de l'Apocalypse.
Stiles soupira brutalement. Bien sûr que les lignes téléphoniques étaient saturées, pourquoi son petit cerveau de génie s'acharnait à penser le contraire. C'était la fin du monde, donc bien pire que le nouvel an.
Il jeta un œil à sa chambre depuis le coin qu'il occupait, coincé entre le lit et le mur, la batte de baseball à porter de main (au cas où). Il s'était débarbouillé et avait changé de vêtements, avant de dormir sommairement, l'esprit trop sur le qui-vive.
C'était presque pire que ses insomnies d'avant, celles où il se tuait les nerfs à essayer d'arrêter de penser.
Stiles se concentra sur les gamètes de poussière visibles dans un jet de lumière et plissa les yeux. Il fallait qu'il réfléchisse. Vite et bien.
Il finit par sortir de la maison en rasant les murs, un sac à dos blindé d'affaires et de nourritures, sa batte toujours en main.
Il prit le temps de fermer la porte et avisa les rôdeurs qui l'avaient déjà repéré ainsi que la distance qui le séparait de sa Jeep. La rue était chauffée par le soleil et ça lui foutait la gerbe, il avait l'impression que les chairs en décomposition bouillonnaient sous la chaleur, que sa solitude l'oppressait davantage.
Dans un sursaut de lucidité, Stiles prépara la clé dans sa main et sprinta soudainement jusqu'à sa voiture, s'étonnant de ne pas trébucher sur ses propres pieds (ou celui d'un mort).
Il ne s'alarma même pas d'avoir l'impression étrange de vivre ses mouvements, comme extérieur à son propre corps : sa respiration, le froissement de ses vêtements, le vent et la chaleur sur sa peau, les râles des goules, leurs déplacements par à-coup ses sens percevaient tout avec une précision écoeurante. Tout semblait amplifié, attisé par la peur, l'adrénaline, la claustration, la moiteur de l'air.
Stiles fermait de justesse sa portière qu'une mâchoire ripa violemment sur le carreau, laissant une traînée sombre.
- Foutu macabé, marmonna-t-il en glissant la clé pour démarrer, sa main tremblante. T'es vraiment moche.
Il fit crisser ses pneus en reculant brusquement, et préféra ne pas trop s'attarder sur la silhouette de sa maison. C'était se souvenir que son père était parti en ronde un jour plus tôt, qu'il n'avait plus de nouvelles depuis et que ces choses grouillaient de partout.
Là, il allait chercher Scott.
En fait, il allait chercher n'importe qui.
Mais surtout ceux qui lui étaient nécessaires.
Le monde s'abîmait.
Lorsque la rue de son ami fut à vue et que la battisse suivit, le fils du shérif eut un soupir de dépit. Scott n'y était pas. Définitivement. Pas la peine de cultiver le moindre espoir, il y avait trop de morts-vivants qui grouillaient aux alentours et la porte d'entrée – fracturée – n'annonçait pas un abri dans lequel se cachaient des survivants. Il redoutait plutôt d'y retrouver des restes. Pourtant quelque chose lui soufflait qu'il n'avait pas terminé de voir des trucs crades, ceux qui laissaient la peau hérissée pour les mois à venir, l'estomac au bord des lèvres et l'épiderme plus pâle que Dracula. Hors, il préférait Batman.
Scott McCall se sentait minable.
Il laissa son regard parcourir le paysage et appuya son front contre le verre avant de soupirer bruyamment. Stiles devait avoir envie de l'étrangler en ce moment, s'il n'était pas déjà devenu dingue.
Non mais quelle idée il avait eu de le laisser seul comme ça, en pleine rue, parce qu'il étouffait sous l'inquiétude à savoir Allison ailleurs que près de lui. Le pire résidait sans doute dans le fait qu'il avait cédé à son impulsion alors qu'il la savait parfaitement à l'abri avec sa famille. Stiles restait désespérément seul – lui. Et son père qui s'était évaporé…
- Tu penses à Stiles ?
Il serra étroitement ses paupières tandis que les bras de la jeune fille se glissaient sur ses flancs et sa voix se déposait entre ses omoplates.
- On doit partir maintenant, il y aura trop de rôdeurs sinon pour qu'on en vienne à bout sans perte. Un des hommes de mon père qui était posté à l'hôpital a confirmé à l'instant que ta mère était bien avec les convois de santé, elle nous rejoindra dès que possible… Nous avons laissé un mot aussi sur la porte à l'intention de Stiles, si jamais nous ne l'interceptons pas en cours de route… Ça lui explique de ne pas bouger et de se barricader dans le sous-sol, il y a assez de quoi tenir jusqu'au passage que mon père et ma tante effectueront.
Il laissa la voix de sa petite amie l'apaiser. Elle était douce et son souffle chaud perçait le tissu de son t-shirt. Il ne se sentait pourtant pas moins coupable.
- Il ne va pas apprécier, marmonna-t-il. Puis comment se fait-il que ton père soit toujours en communication avec ses hommes ?
Monsieur Argent était du genre pistolet sous le pan de veste et regard sombre, marchand d'armes, Scott n'avait même pas eu le culot de prétendre être étonné qu'il gérât aussi bien la situation quand elle s'était présentée – celle impliquant les cadavres grattant aux portes – il avait plutôt eu l'esprit d'être soulagé d'être du bon côté, en plus d'avoir sa protection. L'entreprise Argent s'était muée en petite armée.
- Ils communiquent par talkie-walkie, Scott. Les lignes sont saturées.
Il grogna. Il se sentait assez mal comme ça, pas besoin de faire plus ridicule.
- Personne n'a aperçu le shérif ?
- Non.
Stiles dérapa violemment. Son pied glissa, son corps percuta un meuble de rangement en tombant, et il entendit les râles de son poursuivant.
Il allait mourir. Juste comme ça. Bouffé par un cadavre. Une goule. Un truc vraiment moche. Pas qu'il accordait d'habitude de l'importance au physique mais là… Franchement… c'était vraiment laid. Ignoble. Crade.
Il essaya de pousser le meuble, pour s'en servir comme obstacle et gagner du temps, mais une douleur enfla soudainement dans sa jambe gauche, électrisant toutes ses terminaisons nerveuses.
- Il manquait juste ça, bredouilla-t-il, en rampant, le cœur accidenté par l'adrénaline et la peur. Juste ça !
Scott se figea sur le pas de la porte, le corps hésitant. Monter dans cette voiture était un acte de lâcheté, pur et brute, il abandonnait Stiles. Il décidait de son propre chef de le laisser sur le bas côté et aucun moyen de rendre la décision moins cruelle et égoïste; laisser des vivres dans une cave avec la certitude que le père d'Allison passerait n'allégeait pas son sentiment de culpabilité.
- Tu viens, lui murmura Allison en lui saisissant la main. Il faut partir.
Il lui lança un regard d'animal traqué. Il se sentait nauséeux et le sentiment désagréable d'être pressé par le temps pour sa decision finale le rendait davantage malade. C'était horrible. Quand il avait laissé Stiles plus tôt, il n'avait pas eu le temps d'avoir des remords: il savait son meilleur ami entier et le sourire tranquile qui lui avait adressé - alors qu'il se mettait en route pour retrouver Allison - l'avait contenté.
- J'ai pas bonne conscience.
Il sentit clairement le soupir de sa petite amie alors que son regard embrassait la cime des arbres brûlée dans le couché de soleil. Il allait faire nuit. Sa nausée s'accentua.
- Je ne peux pas te laisser et mon père ne me laissera jamais sur place. (Elle sembla chercher ses mots.) Je... Scott, tu ne peux pas partir à sa recherche maintenant. Le soleil se couche et il y a trop de zombies dans les environs. Stiles est intelligent, il doit s'être mis en sécurité. Fais-lui confiance.
Le soleil déclinait, et la clinique vétérinaire qui bordait un bout de forêt, trempait doucement dans l'obscurité. C'était parfait comme paysage de film d'horreur.
- Il y a même tous les protagonistes, marmonna Stiles en se vautrant derrière une porte. Je suis le mignon malin et sympathiquement sarcastique, celui qui meurt bouffé par un vilain cadavre. Le spectateur m'aurait plaint et se serait sûrement indigné de ma fin tragique, parce que je suis quand même super attachant…
Il se pinça subitement les lèvres, retenant sa respiration et sa batte de baseball douloureusement serrée contre lui. Le meuble de tout à l'heure avait suffisamment ralenti son poursuivant pour qu'il se planque dans la salle des consultations, mais il l'entendait désormais gratter contre la porte.
Il ferma les yeux, inspira. Soit il avait le courage de prendre les devants soit… Son cœur tambourinait tellement fort qu'il ne distinguait plus que ça et les grattements sur le battant de fer.
Après réflexion, le fils du shérif s'accroupit avant de rejoindre l'autre bout d'une table d'opération. Le rôdeur ne mit même pas une minute à entrer.
Ça avait été un homme. Avant la morsure. Le corps chétif et décharné, il se trainait sur une cheville brisée. Il poussa un grognement guttural et essaya de se jeter sur Stiles, les bras en avant. Le jeune homme se jeta en arrière avant de l'atteindre à la tête. Il y eut un bruit de craquement écœurant, une mâchoire de disloquée mais rien de bien mortel. Stiles n'avait pas cogné assez fort.
Il poussa le meuble d'occultation pour le bloquer et prit le chemin de la sortie en courant, essayant d'occulter la douleur de sa cheville blessée et le scénario dans lequel il rencontrait d'autres belles gueules mortellement décomposées.
En fait, il fut à peine dehors qu'on… lui tirait dessus.
- Stop, hurla-t-il en agitant les bras depuis l'arrière d'une voiture contre laquelle il s'était jeté.
Les tirs cessèrent.
Stiles se redressa doucement, les mains levées au-dessus de la tête. Une jeune femme lui faisait face, un fusil posé sur l'épaule, l'œil dans la lunette.
- T'es contaminé ? demanda-t-elle, le gardant en joue.
- Et toi ? argua-t-il.
Elle réajusta son arme et le jeune homme s'agita.
- Ok ok. J'suis pas contaminé, mon corps est vierge de toute morsure. Totalement vierge ! Tu peux vérifier si tu n'me crois pas, tant que tu ne me tires pas dessus parce que j'ai des trucs à accomplir encore. Genre étriper mon meilleur ami. Ne vas pas penser que je suis exhibitionniste, et que je profite de la situation pour assouvir des fantasm…
Il ne termina pas son élucubration, elle venait de tirer un coup de feu. Mais alors qu'il serrait fermement ses paupières, s'attendant à hurler de douleur ou pas, il entendit un corps chuter juste derrière lui. Toujours les mains en l'air, risquant un œil avec méfiance, Stiles découvrit le rôdeur de la clinique.
- C'est quoi ton nom ?
Il se tourna de nouveau vers la jeune femme qui était désormais près de lui, son fusil passé sur une épaule. Elle était un peu plus grande que lui et portait de longs cheveux bruns. Très jolie fille. Et, il trouva ça flippant.
- Tu sors tout droit d'un jeu vidéo ou d'un film, genre Lara Croft, univers parallèle ? Parce que pas que je trouve ça pas séduisant, c'est plutôt le contraire en fait, mais l'artillerie, la veste en cuir, le regard clair et le fait d'être seule c'est…
- Ton nom ? s'amusa-t-elle.
Son sourire le déstabilisa dans sa pensée et il bafouilla :
- Stiles. Stiles Stilinski.
Elle ne cacha pas son scepticisme en haussant un sourcil, mais lui tendit tout de même une main et un regard ravi.
- Enchantée Stiles, Laura Hale !
Avouez vous vous y attendiez pas ?!
Sinon vous avez embarqué ? Je vous avais manqué ?
Charlie.
Au fait, je vous souhaite de merveilleuses fêtes et plein de bonnes choses !
