Wah ! C'est un peu mort par ici, et désert, et pousiéreux. Êtes-vous seulement toujours en chaire et en os ? Présents quoi ! Sinon, ça ! c'est un chapitre deux, qui brille plutôt par sa longueur surnaturelle mais tout simplement aussi par sa présence. Parce que c'était vraiment pas gagné. J'avais plein de choses en tête et ça me coulait par les oreilles quand je me mettais devant mon écran.
Sinon, je déteste certains de vous, chers petits lecteurs fantômes qui tomberont bientôt d'inanition à force d'être si transparents ! Et vous, "Story Follower" ou "ajout en favoris" ! Personnes sans âmes qui m'ajouté sans me laisser le moindre mot sous le croc. Je suis une enveloppe de pensées et sentiments, j'aimerai un bonsoir, bonne nuit, bonjour ou au revoir. Serait-ce trop demander ? Les crampes aux doigts n'apparaissent qu'à partir de dix pages sans ruptures.
Sinon, merci aux autres ! Je vis pour vous !
Aussi avant de vous souhaiter une bonne lecture et espérer un sgne de votre part (Vous pouvez toujours me raconter vos vies, j'aime assez. Parfois ça barbouille mais bon.), je tenais à préciser quelques références. Je suis pas mal influencée par Walking Dead (la série, pas le comic), World War Z de Marx Brooks (Ce gars est un génie ! Sérieusement !) et 28 Jours plus tard (qui est un film carrément dans le genre !). Sinon après de musiques (énormémemnt !), de dessins de moi, des autres. De plein de choses ! L'inspiration est un vaste terrain.
Hostis humani generis
Chapitre deux, ...et ses Loubards.
Il les aperçut de dos, leur silhouette trempant dans le contre-jour.
- Papa ! Lydia !
Les ombres s'étaient tournées, le visage décharné, la peau grise, les orbes cireux et délavés. Elles semblèrent arracher leurs corps au coucher de soleil et se trainer vers lui, la démarche brisée et chaotique.
- Stiles, croassaient-elles.
Leurs mains osseuses et sanglantes tendues en avant.
- Stiles !
Ses oreilles bourdonnaient, une bile acide remontait dans sa gorge alors qu'il se tordait de douleur. Il y avait des centaines de râles gutturaux, et la nuit qui grinçait son nom.
Il faisait tellement noir qu'il ne distinguait désormais plus rien.
- Stiles !
Le vide de repères et la peur l'oppressa.
Il les entendit grouiller tout autour de lui. Férocement.
Une main s'abattit sur son visage.
- Bordel de merde, Stiles !
Le fils du shérif jeta un regard hagard à la conductrice. Alternant entre la route et le visage trempé du jeune homme, Laura le considérait avec inquiétude.
- Tu m'as fait peur, je n'arrivais pas à te réveiller et tu hurlais.
Il balançait un regard un peu halluciné sur l'intérieur de la voiture et au dehors, paumé et pâle comme un mort.
- Désolé, finit-il par bredouiller.
La jeune femme secoua la tête avant de lui tendre une gourde d'eau :
- Je pense qu'on fait tous de foutus cauchemars…
Stiles y trempa ses lèvres et s'enfonça dans son siège, les muscles de son corps encore un peu raides. Il reprenait pieds doucement, ce n'était qu'un mauvais rêve. Il n'était pas perdu au milieu de tous ces corps grouillants, son père n'était pas mort, pas plus que Lydia. Il était sur un chemin de terre, loin de la ville, Laura au volant de sa Jeep parce qu'ils devaient se reposer à tour de rôle pour ne pas perdre de temps, mais surtout parce que la jeune femme avait voulu conduire, insistant sur sa cheville blessée.
Il échappa son regard au dehors, dans la nuit. « Penser positif, rester actif, ne pas mourir passif. » Il sourit, ragaillardit du bancal de sa pensée. C'était totalement stupide.
- On va où, au fait ? Pas que je me méfie, tu m'as quand même sauvé d'un zombie sacrément moche, mais je suis curieux. On n'en a pas vraiment discuté tout à l'heure en prenant la route, on s'est juste fixé sur le fait d'aller de l'avant. Mais t'as l'air de savoir où rouler et j'ai des personnes importantes à chercher. Je serai plutôt heureux de savoir que nos quêtes collent. Tu vois ?
Il accosta le visage de Laura mais elle ne sembla pas vouloir quitter sa conduite des yeux.
- En fait, je cherche aussi des gens, finit-elle par répondre. J'étais avec un petit groupe avant de me retrouver en rade pas loin de la clinique, on devait se retrouver au nord de la ville… J'espère qu'ils n'ont pas fait de choses stupides.
Stiles ferma sa bouche plusieurs fois d'affilé, mâchant du silence.
- Je te propose qu'on les rejoigne. Je sais ce que tu ressens par rapport à ta famille, mais une fois là-bas, on pourra t'aider à les chercher. Mes amis ont des radios et sont aux nouvelles. Puis sans plus de munitions, de vivres et de carburant, on ne pourra pas aller très loin, Stiles.
Elle lui adressa un regard compatissant et tendre. C'était tout ce qu'ils pouvaient faire, elle avait raison.
- C'est cool alors ! Je peux oublier le scénario où tu me zigouilles pour mes affaires et ma voiture ? Puis si tes amis sont aussi efficaces que toi, je ne peux pas fermer les yeux sur un kit complet et offert de GI Joe !
Laura rigola et le sourire de Stiles masqua sa raideur ainsi que la peur qui lui ébouillantait les entrailles. Il était abrutit par la tournure des évènements, lessivé par le temps, il préféra donc se complaire dans l'illusion de normalité qu'avait installé sa plaisanterie, oubliant de souligner que sa famille, c'était son père. Une unique personne.
Lydia Martin soupira d'agacement. En fait, elle avait carrément envie de pleurer. De fondre en larmes, d'hurler de colère, d'achever l'éclatement de sa résistance. Ça arrivait, tout le monde craquait.
- Pas moi.
Elle se pinça les lèvres, rejeta ses cheveux en arrière et embrassa le camp de réfugiés du regard.
Ils avaient été encadrés par les militaires dès leur départ de la ville, menés en direction du nord, s'étaient vus rappeler l'ordre moral, l'instinct de survie. C'était sa mère qui l'avait fondu dans la masse de corps, de pleurs, de prières. Voilà pourquoi elle était là, à monter une tente au milieu de nulle part dans la nuit, le cœur crevé par la rage de l'impuissance.
Lydia avait voulu retrouver Jackson Whittemore, son petit ami, ne pas partir sans lui. Ses parents n'étaient plus là depuis des mois, envolés – depuis les premières épidémies – à l'étranger. Sans nouvelles.
- Je suis certaine qu'Allison a su trouver Scott, grinça-t-elle presque. Et qu'ils ont filé le bonheur aux lèvres vers le nord avec Stilinski, ainsi que tous leurs bagages familiaux.
La jeune fille termina de harnacher son campement, vérifia que sa mère dormait – aussi profondément que les conditions le permettaient, et se dirigea vers les véhicules.
Elle ne fit pas un pas supplémentaire qu'un beau raffut secouait les soldats près du poste de garde. Elle se figea, les sens aux aguets, la peur ronflante au creux de sa poitrine, avant de distinguer plusieurs bruits de moteurs et le cri d'un officier :
- Clôturez l'entrée et tenez vos positions. On doit s'assurer qu'ils n'y a pas de contaminés ou qu'ils ne sont pas poursuivis.
Il y avait de nouveaux arrivants.
Son cœur sembla s'ébouillanter sous la soudaine chaleur de son sang, et Lydia s'approcha pour mieux voir. Elle n'aurait peut-être pas besoin de voler du matériel et un véhicule militaire.
- Vous venez de Beacon Hills ?
Les voitures s'étaient tues, avaient suivis quelques bruits de portières et de pas. Sous l'impatience, Lydia Martin avait fini par avancer franchement.
Jackson était là, faisant face à l'officier gradé, la chemise froissée sous sa veste en cuir, l'expression relativement ennuyée.
- T'es certaine de ne pas vouloir que je prenne le volant ?
Laura lui jeta un regard outrageusement dédaigneux et Stiles haussa les épaules. Elle avait un sens de l'humour pire que le sien. Sérieusement, il avait trouvé encore plus bancal.
- Tu vas commencer à t'agiter dans tous les sens pour me le faire regretter ? demanda-t-elle alors qu'il commençait à marmonner contre sa ceinture et à remuer.
- Ça marcherait ?
- Non.
Il ne répondit pas mais elle le vit du coin de son œil vert se secouer et pester davantage. L'atmosphère apocalyptique dans laquelle ils trempaient depuis plusieurs jours ne devait rien arranger.
- Tu veux qu'on s'arrête ?
Elle n'eut même pas vraiment le temps de poser sa question qu'il la coupait d'un « carrément ! » sonore.
Scott avait le regard un peu sec mais très vague. Ses yeux avaient accosté le profil de sa petite amie et il n'en décrochait pas. Bien que pas vraiment là.
Le corps mou, malmené par les remords, il s'était replié au fond de lui et s'était laissé porter en voiture, se complaisant dans une léthargie et adorant la main d'Allison sur sa nuque. Quand il pensait à Stiles, c'était violent. Dans sa tête, sous sa peau, dans son ventre.
Que n'aurait pas fait son meilleur ami pour lui ?
Rien.
- C'est vachement glauque !
Laura resta silencieuse, le corps tendu, aux aguets. La périphérie de son champ de vision trainait sur Stiles mais surtout sur les environs, pendant qu'elle se saisissait de son arme. Un fusil à lunette.
Elle ne verrouilla pas la Jeep, en cas de repli prématuré, et rejoignit le fils du shérif, qui jurait après sa cheville.
- Le top serait de te trouver une sorte d'attelle pour te l'immobiliser, souffla la jeune femme en plissant son regard sur la ligne d'horizon brûlée par le soleil.
Stiles gigota à côté d'elle.
- C'est bon, t'en fais pas pour si peu. C'est du luxe ce petit bandage que tu m'as fait, annonça-t-il, le visage baigné d'un immense sourire. Puis, tu l'as tellement serré que je ne sens plus la douleur... en fait, je ne sens carrément plus mon pied !
Laura se vexa et Stiles éclata de rire.
Chris Argent sut, au moment où le gamin McCall avait demandé à s'arrêter pour « un besoin urgent », que quelque chose clochait. Du genre défectueux et désolant. Au regard dans le rétroviseur, il avait compris facilement que le « besoin urgent » n'était pas destiné à soulager sa vessie, mais sa conscience. Il était décidé à aller chercher Stilinski. Or l'acte lui paraissait plus égoïste qu'héroïque. Sa fille se mettrait en danger pour le retenir ou le suivre.
Il lança un regard entendu à sa femme et, alors qu'Allison discutait avec sa tante, quitta calmement la voiture : le faciès neutre, la main posée sur la crosse de son arme à travers le pan de veste.
L'adolescent s'était éloigné derrière un bosquet d'arbres, Chris y distingua sa silhouette nerveuse.
- Ca va comme tu veux, Scott ?
Le jeune homme sursauta, la main sur le cœur, l'expression comme coupable, le regard traqué.
- Scott, je pense que tu paniques, poursuivit monsieur Argent en avançant doucement vers lui. Ce n'est jamais bon cette connerie là. La panique, je veux dire. C'est certainement aussi vicieux que la peur ou la colère. On perd le contrôle, on ne fait jamais les bons choix… Or aucun de nous ne voudrions qu'une personne fasse quelque chose de regrettable.
Il avisa le hochement du petit ami de sa fille et son regard – méfiant – fixé sur sa main, celle qui épousait son arme.
- Bien. Alors, laisse-moi t'aider à te calmer.
Scott ne put anticiper le coup sur sa nuque, pas plus que les ténèbres qui le burent.
- Y'a plus personne.
Laura se tourna vers Stiles, le fusil contre l'épaule, la crosse sur la hanche. Il venait d'échapper sa pensée, et elle remarqua que depuis le début il faisait peut être semblant. En fait, son timbre enjoué ne pouvait pas toujours faire illusion, il n'avait plus personne apparemment.
Elle accrocha le mariage de son iris cuivre et sa pupille, un peu moins en éclats qu'il ne devait l'être auparavant.
- Ils ont été évacués vers les camps de réfugiés au nord du pays.
- Tu penses que mon père… ?
- Sûrement !
L'ébauche était un peu branlante mais surtout saignante.
- Il était le shérif, peut-être qu'il…
- Stiles ! Ne pense pas de la mauvaise manière avant d'en avoir la moindre preuve. Vous avez été séparés parce que ton père a dû assurer l'évacuation et que toi, tu t'es dispersé en essayant de chercher ton meilleur ami. Je comprends. Ils ne sont sûrement pas en danger.
Laura distingua à peine son acquiescement qu'ils se jetèrent d'un même élan au sol. Quelqu'un ou quelque chose arrivait vers eux. Les râles qui ébréchèrent l'air les firent frissonner. Ils ne pouvaient pas avoir la bêtise de douter.
- Tu vois quelque chose ? souffla-t-elle.
Elle était coincée entre de gros containers et le mur d'un magasin. Stiles lui offrit une drôle d'expression : un peu désemparée mais franchement déterminée, avant de se tirer doucement vers le bout de cachette que leur offraient les énormes poubelles. Alors qu'il poussait sur son cou, elle remarqua l'angle un peu saillant de sa mâchoire et, sa main blanche et tendue sur sa batte.
- Euh… c'est plutôt mauvais… et carrément moche ! dit-il en plissant le nez.
- Combien Stiles ? soupira-t-elle.
Il se cala contre la benne, son crâne presque rasé sur le métal.
- Sûrement pas mon chiffre porte-bonheur… une quinzaine.
Il n'aima pas le regard que lui lança Laura avant de le porter au loin. Vraiment pas. Ça sonnait un peu comme le glas macabre, et il pouvait presque distinguer la faucheuse, la silhouette craquée, sombre et osseuse, tordue de rire.
- T'es pas sérieuse, hein ?
- Reste derrière-moi !
Il ne put même pas lui répondre qu'elle s'élançait.
Le soleil lui écrasa les rétines.
- Derrière toi !
Laura se bougea de justesse, la mâchoire ripa dans le vide mais près d'elle. Stiles ne souffla qu'à la détonation qui suivit.
- C'est moi ou il semble en avoir plus ? cria-t-il.
- Je pense la même chose !
Le fils du shérif se sentait adrénaline et peur, les muscles tendus. Tout allait vite, ça lui foutait le vertige.
- On ne peut pas penser faux à deux alors ? Ils arrivent bien par centaine ?
Il prit son élan et frappa un crâne. La chaleur faisant bouillir le paysage, les visages. Il sentait sa peau désagréable couverte de sueur, de sa chemise et son t-shirt encrassés.
- La ferme Stiles, et meurt pas !
La gueulante de Laura le déstabilisa et il fut emporté au sol par un mort-vivant. Les dents se refermèrent sur le bois de sa batte, mais il ne souffla pas. « Une foutue griffure et je suis cuit. Et pas moyen, j'ai pas plusieurs petites jauges de vie bleues. » Trop concentré sur son corps à mort « Elle est poilante celle-là ! Enorme ! », il n'entendit pas le freinage d'une voiture puis d'une autre. Pas plus qu'il ne distingua les coups de feu.
En fait, il ressentit de nouveau son environnement lorsque le rodeur fut soudainement et violemment retiré de lui, avant de se faire griller la cervelle.
Puis au-dessus de lui, dans le contre-jour, il y avait cet homme. Les épaules moulées dans un t-shirt sale, les traits droits et anguleux, « comme frappés dans la pierre ». Il le bouffait de son regard clair. Méchamment.
- Enchanté, bredouilla Stiles, toujours écrasé au sol.
Sinon ? Moi, j'vous aime pas mal. Et vous ?
Bonnes pistes ! (de ski, hein !)
Charlie.
