Je ne sais pas ce que je devrais pour m'excuser d'avoir été aussi longue.

Ce chapitre était amputé d'une fin depuis mars, en fait.


Hostis Humani Generis

Chapitre trois, Fin... de l'incipit

"Ceci est le premier jour du reste de ta vie"


La 911 enroula le virage dans la petite aube, les roues blanches de poussières. Il était bientôt huit heures et le soleil ne se levait pas. Il déposait une vague lumière contre l'épaisseur des nuages et la grisaille. Juste une vague lumière. Et ça rendait l'atmosphère étrange, d'un goût de fin du monde : pâle et jaunie.

Jackson avala le fond d'une bouteille et secoua son visage, les épaules et la nuque tendues, percluses par la fatigue. Il y avait le poids de ses vêtements sales sur lui et la main de Lydia contre sa cuisse, sur la plaie bouillante qui avait déchiré ses chaires et souillé la toile de sa paire de jeans. Un connard avait voulu lui piquer sa caisse pour minuit.

Il amena quelques secondes son regard sur le sommeil de sa petite amie puis de nouveau sur l'asphalte.

Il était la dernière voiture civile à fermer le convoi, sur une route tranchant une terre sèche et un bois épais.

Les ombres dansaient partout.


Stiles bouda sa barre chocolatée et son jus d'orange. Le fond de son sac à dos reçu de nouveau la nourriture, et le sol de la Jeep la toile bleue du Nike déchiré. Il était trop excité pour avoir faim.

Le fils du shérif boitilla contre le flanc de son bolide avant que sa hanche ne s'y couche. Il essayait de rester calme mais son palpitant turbulent et le petit groupe qui évoluait – un peu plus loin – devant lui n'amenaient pas la tranquillité ou l'assurance qu'il aurait souhaité.

Le grand brun qui lui avait sauvé les miches semblait de très – très ! – très mauvais poils et Stiles gonfla ses joues avant de souffler. Ouais, ce n'était pas bon pour lui.


Lydia s'extirpa de la Porsche avant de bailler et d'étirer son corps comme un chat. L'œil brillant, elle s'attarda sur le reflet que lui rendait une des vitres de la 911.

« Je suis clairement épuisée, fit-elle en tirant sur le sombre d'une cerne, couleur prune. Ce qui me rend fragile et instable mentalement. » Elle fronça les sourcils, l'expression capricieuse.

La jeune femme pivota sur ses talons et embrassa le terrain des yeux, ennuyée. Le convoi avait été arrêté dans une grande clairière, mettant sensiblement à profit l'avantage du terrain et la visibilité. Les militaires s'activaient pour instaurer une zone sécurisée de sécurité (Notez ici la redondance du propos, les zombies étaient dangeureux). Elle siffla : « Sont-ils stupides ? Les gens sont bien trop près des bois. » Jackson avait stationné son bolide sur une bute qui rejoignait la route et surplombait le terrain, d'ici la connerie du plan ne faisait que lui sauté à la gorge... pour l'étrangler.

Il fallait qu'elle mange et dorme davantage, juste après avoir trouvé ses parents. Mais, l'immédiat était de parler à un officier.

Lydia ne fit pas un pas qu'un bras passait sur ses hanches et l'attirait. Dans sa surprise, elle jeta son coude en arrière, articulation qui termina dans le ventre de… Jackson ! (bah ?) qui se plia en deux.

« Bordel, suffoqua-t-il. J'ai pas la gueule d'un foutu mort-vivant ! »

Elle ne bougea pas et le regarda, les yeux comme des soucoupes. Elle termina par lâcher un minuscule « oh », trois doigts sur ses lèvres grenat.


« Stiles, viens par ici ! » Il releva son visage et Laura lui faisait signe, un immense sourire sur les joues. « Les autres et moi ont va t'accompagner, continua-t-elle alors qu'il approchait doucement, en appuie sur sa batte de base-ball.

- Vraiment ? Genre pour de vrai de vrai ? Vous n'allez pas me tuer pour mon jus de pomme ? ou ma voiture ? »

La joie lui foutait déjà des crampes à ses zygomatiques. Il passa une main sur sa nuque et resta bête à contempler la bande.

Le couché de soleil brûlait le panorama, d'un orange qui semblait prédominer sur chaque couleur, ça virait presque doucement sépia par endroit. Ils étaient encore près des bennes et du vieux bâtiment, tous plus ou moins crades.

« On va plutôt garder nos bolides, si tu veux bien ! rigola un grand, très mince et bouclé. » Stiles cligna des yeux alors qu'il lui offrait un sourire plein de dents et une poignée de main : Isaac. Il portait un t-shirt aussi détendu que délavé et du sang avait séché dans son sourcil gauche. Stilinski junior n'eut pas le temps d'esquisser une connerie que Laura lui choppait une épaule et le ramenait près d'elle.

« Bon, le rigolo ! La paire de seins sur pattes, c'est Erica le grand là-bas (et elle pointa du doigt les jambes qui dépassait d'un énorme pick-up, les jambes à l'extérieur), c'est Boyd.

- Et celui qui sort les crocs ? demanda Stiles alors que la jeune femme se détournait déjà. »

Elle se retourna légèrement et toisa celui qu'elle n'avait pas présenté, fronçant les sourcils et semblant se foutre ouvertement de lui. Stiles fut pris dans l'échange et resta un peu ahuri. Parce que : le costaud finit par rouler des yeux. Puis que : Laura rigola.


John Murphy - Sunshine


Là, il était quelques heures plus tard.

Le fils du shérif avait égaré ses pupilles dans l'encre et les étoiles, les vagues à l'âme en marée basse. Le corps reposé contre le pare-brise de la Jeep, sa personne planait doucement, oublieuse des réalités récentes, somnolente. Il trempait entre l'onirique et le vrai, trop mouillé des deux pour savoir lequel était bien son monde. Les yeux toujours ouverts sur la sphère céleste.

Une main décharnée griffa le ciel, une bouche échappa un sourire sans lèvres. La nuit fut profanée de pourpre et jaune saignant. La vision creusa un trou dans l'estomac de Stiles, y jeta de la peur. Violemment. Une nausée rampa dans sa gorge et il se sentit mal, la peau soudain très pâle.

Il paniquait. Il faisait une foutue crise de panique, saisit entre le sommeil et la conscience. « Scott, tu penses que ça fait mal de mourir ? » Le cahier – qui reposait sur son ventre – se retrouva au sol quand il se redressa subitement. Le capot bleu grinça. « J'ai lu quelque part que certains animaux se laissaient mourir quand ils perdaient leur compagnon. Scott, tu penses vraiment qu'on peut crever de sentiments ? » Le manque d'oxygène lui sciait le crâne, poussait sur l'os depuis l'intérieur. L'abrutissement le fit chuter au sol. « On peut mourir de peur, maman ? » De la terre colla sur une de ses joues, entra dans ses vêtements, à la commissure de ses lèvres. Le paysage en ombres dansa flou, roula dans sa vision. Et alors qu'il perdait connaissance, un œil crevé, laiteux et jaune le repéra.


« Elle est où, ta Camaro ? »

Laura bouscula son frère en se laissant tomber à côté de lui. Il grogna, mais ne leva pas les yeux du viseur qu'il ajustait. Un rire essayait d'être étouffer derrière eux.

« Peter lui a piqué avec Cora, sourit Erica alors qu'elle écrasait sa main contre les lèvres tressautant d'Isaac. »

L'aînée des Hale tourna son visage sur son épaule : « C'est pour ça qu'il tire une tronche pareil ? » La grande blonde allait répondre mais le détenu lui mordit la paume et elle jeta un petit cri avant de fondre sur lui.

Boyd les regarda rouler dans la poussière, un sourire discret sur son visage calme. Mais...

« Fermez-la ! »

Leur joie s'étrangla. Ils se figèrent et regardèrent Derek, tous ahuris. Laura, les yeux parfaitement écarquillés, allait dire à son frangin de se calmer quand elle remarqua la raideur de son corps.

Il se leva d'un coup.

« Vos armes ! Aboya-t-il. Tous aux voitures ! Je m'occupe du gamin ! »

La nuit l'avala après deux pas. Stilinski s'était posé avec sa caisse un peu plus loin.

Quand Stiles repenserait à cet épisode : il y aurait encore le rêve superposé à la réalité; le sang sur les vêtements de Derek, les siens et leur peau, puis en calque sur sa vision; la sensation d'être encore désorienté alors qu'il jetait un regard flippé à Hale qui démarrait sa Jeep avec colère. Il y aurait la certitude que ça avait signé tout le reste.


Et tout ceci commence...


Sinon, l'introduction de cette histoire est terminée.

Il fallait établir la rencontre des personnages, le contexte.

J'espère ne pas vous avoir perdu.

Charlie.