Choquée !
Ce chapitre, ce chapitre, ce chapitre, ce cha - arrrgh ! s'est comporté en véritable horreur. Il était presque bouclé en avril/mars, et magnifique, et divin, et une fierté de son créateur, et... mais mon ordi l'a avalé ! Ce qui m'a absolument déprimé pour y revenir tout de suite...
Mais, je viens de voir que j'ai mis presqu'un an ! et - OH - comme j'ai honte ! Je le savais vraiment pas, et le temps passe vraiment vite !
N'empêche, j'ai réellement faillit mettre fin à cette histoire. En relisant les chapitres précédents pour me remettre dans l'ambiance, la créature m'a absolument - brrr! - presque fait chuter en dépression (météorologique sans doute, il a plut beaucoup à un moment). Mais, j'ai décidé que je l'aimais carrément imparfaite, et la remettre sur pied n'aurait fait que ralentir (pour ne pas dire: empêcher) sa mise à jour.
Donc: me voici de retour (pas) pour vous jouer un mauvais tour (faut m'excuser, je suis très mélancolique dernièrement). Et, je peux vous assurer que la chaleur humaine est absolument un carburant (lu, signé et approuvé), alors noyez-moi d'avis, de messages, parce qu'il n'y a sincèrement que ça qui me pousse à poser mes fesses (et celles de mon ordi) quelque part pour écrire.
Bejo.
Hostis Humani Generis
Chapitre quatre, A tes souhaits
- Sérieusement ?
Stiles releva vivement la tête de ce qu'il consultait, manquant de se rompre le cou. La réalité le pinça fort.
- Bah quoi ? croassa-t-il, très dignement, en commençant à chahuter sa lèvre inférieure avec ses dents.
Les iris vert-louche de Derek roulèrent dans leur orbite, et l'homme ne lui accorda pas davantage d'attention. Il disparut en soupirant, apparemment agacé.
- Connard, marmonna Stilinski junior, fourrant son Guide de survie en territoire zombie (de Max Brooks) dans la poche avant de son sac à dos.
- Faudrait que tu coupes tes cheveux, gueule d'amour.
Stiles se tourna vers Laura alors qu'elle passait près de lui et laissait filer une main dans les mèches brunes, celles qui tombaient sur son front. Il gonfla ses joues :
- Quoi ? T'aimes pas ? fit-il, ses lèvres boudant.
- C'est pas moi qui râle après eux...
- Non, pour sûr. Toi – tu râles après d'autres, avec des membres et des bouches, qui se défendent. D'ailleurs, mes cheveux ne peuvent pas le faire – eux. Ils sont condamnés à subir. Je peux pas les couper, je crois que je culpabiliserai : ce serait comme écraser des fourmis mais en même temps, ils m'ag...
- Stiles, menaça Laura.
- Putain ! Imagine nos cheveux avec des yeux, genre je vois bien un regard vicieux – Aïe !
Il frotta énergiquement l'arrière de son crâne. Et peut être que la menace de Laura n'en était pas vraiment une, mais plutôt un avertissement. Il regarda Derek passer près de lui, à son tour, le profil indifférent, alors qu'il venait de le frapper. C'était l'histoire de sa vie.
- Désolée.
La brume sur les iris de Stilinski s'éloigna avec ses pensées.
- Il est parfaitement un abruti, poursuivit Laura.
Elle avait l'air sincèrement navrée, et l'éclat sournois de ses yeux vert-d'eau était mort pour de l'ombre. Elle regardait où avait disparu son frangin, elle semblait triste. Il y avait un malaise, et il n'aima pas le cran d'arrêt, l'énième drapeau rouge sur le champ de bataille dans sa tête, que ça laissait apparaître. Il ne sut pas si c'était plus par pudeur et respect (parce qu'il estimait Laura) ou par égoïsme (parce qu'il avait assez avec ses propres maux pour mesurer ceux des autres), mais il ne voulait pas connaître les visages qu'avaient les ténèbres sur l'iris de l'aînée des Hale, comme il préférait que Derek restât un connard sans alibi. Il ne voulait pas lui trouver de raisons atténuantes.
Stiles la fixa et haussa les épaules, un sourire louant quelques rayons de soleil.
Parce que finalement, c'était plus fort que lui, et Laura pouvait mériter tous les sourires du monde, non tous ses crimes, comme elle semblait en porter le fardeau à cet instant.
- Il reste des trucs à charger ?
Stilinski junior se retourna vers Erica, qui une hanche sur la carrosserie poussiéreuse du SUV, faisait sauter des écailles de son vernis noir.
- C'est la fin du monde mais tu continues à mettre ce truc qui va faire plier bagage à tes ongles. Tu sais dans le genre « hasta la vista baby ».
- Je te demande pas ton avis l'asticot, juste s'il reste des trucs à charger.
Elle le fixa en articulant outrageusement la fin de sa phrase, et ses lèvres sanguines eurent l'air plus charnues encore. Il secoua la tête.
- On dirait que tes ongles sont pourris, en fait.
Erica fronça ses sourcil d'énervement et se dirigea vers l'entrée du supermarché, où Boyd venait de déposer des boites. Elle souleva deux cartons dans ses bras, tangua sur trois pas en revenant vers Stiles et fit mine de trébucher. Une boite de conserve sauta pour atterrir sur la Converse du jeune homme.
- Putain Reyes ! Merde quoi, ça fait super mal bordel !
- Maintenant, tu vas voir à quoi ressemble un ongle pourri, susurra-t-elle, du miel dans son sourire et ses yeux.
- Arrête de geindre.
Stiles s'arrêta subitement pour fixer, d'un regard outré et la bouche ouverte, Isaac qui venait de grogner à côté de lui.
- Mais c'est hallucinant ça ! C'est pas toi qui t'es fait écrabouiller le pied par une folle furieuse ! J'ai super mal quand je me sers des pédales.
- Passe-moi le volant alors.
- Attends, t'es sérieux là ? Tu crois vraiment que je vais te confier mon bébé ? avec toute l'antipathie que tu me portes ces derniers jours ?... Merde, il est carrément sérieux. T'es louche comme mec quand même.
Le grand frisé se renfonça dans son siège et serra davantage les bras autour de sa poitrine.
- Je préférerais encore devoir conduire avec mon menton, après avoir perdu tous mes membres, que de te laisser le volant, poursuivit Stiles.
Isaac allait lui répondre lorsqu'il remarqua l'embardée violente que fit le SUV devant eux. Il hurla au fils du shérif de freiner avant qu'ils n'emboutissent le véhicule de Derek, et que Laura en face de même avec le leur.
- Bordel, qu'est-ce qui vient de se passer ? jappa Stilinski.
Il était ahuri et avait encore les deux mains crispées sur le volant.
- Je - on devrait aller voir, finit par bredouiller Lahey.
Quand ils descendirent de voiture, Laura était déjà aux côtés de son frère pour aviser de la situation, tandis qu'Erica avait passé sa tête par la fenêtre du SUV et que Boyd regardait calmement depuis le siège passager du pick-up.
Ils avaient avancé, depuis leur départ du supermarché, sur la bordure d'une autoroute, mais avaient dû se résigner à rejoindre l'asphalte quand le chemin ne fut plus clément. Le problème : était qu'il fallait mieux éviter les voies comme celles-ci. Lorsque les évacuations avaient eu lieu, les gens s'étaient rués dessus, créant des accidents et des embouteillages compacts, dans leur terreur. Les morts-vivants les avaient rattrapés et, mortifiées, la plupart des personnes s'étaient crues à l'abri dans leur véhicule, les muant en des cercueils sanglants de taules et de verres brisés. Désormais, ces voies étaient quasiment impraticables et surtout dangereuses : elles étaient encombrées par les épaves et la visibilité y était mauvaise; des zombies pouvaient se cacher dans les carcasses de voitures ou errer entre, n'importe où. Ils te tombaient dessus, alertaient les autres avec leurs vagissements, et tu étais piégé. Mort(-vivant).
Stiles se coinça près de Derek et observa. Il remarqua qu'Isaac en fit de même, mais ne s'y attarda pas, parce qu'il vit que le soleil tombait sur l'horizon et que ça lui fila mal au ventre.
- On a eu de la chance jusque là.
Le fils du shérif se sentit profondément obligé de jeter un regard lourdement désabusé au frisé du gang.
- Ouais, tellement de chance Isaac, fit-il en mordant le prénom. C'est pour ça qu'on pue le macchabée quand – les dits macchabées – n'essaient pas de nous bouffer tout cru, qu'on a les mêmes fringues sur le dos depuis des millénaires, qu'on dort dans nos bagnoles, qu'on a plus vu nos proches et une personne civilisée depuis – tiens ! - bah aussi des millénaires, et que je sais approximativement que mon père est en vie par le biais d'une foutue radio...
- Fermez-la un peu, faut trouver une solution, aboya Derek avant de monter sur le capot défoncé d'une Ford familiale grise.
Isaac balança un regard noir à Stiles, qui haussa les épaules, agacé.
- Tu vois quelque chose, frangin ?
On pouvait remercier Laura pour dédramatiser la situation avec ses appellations désuètes.
- C'est trop encombré plus loin pour dégager un passage, répondit le susnommé.
Stiles écarquilla les yeux, c'était la phrase la plus longue qu'il n'eut jamais entendu venant de cet animal. Il allait faire la remarque quand Hale-girl le coupa :
- Y'a aucun chemin alentour, on peut pas faire demi-tour quand même.
Derek verrouilla ses pupilles à celles de sa sœur, il paraissait ennuyé.
- Puis, c'est pas prudent de bourlinguer la nuit.
Là, c'était Reyes, qui finalement sortie de voiture, ainsi que Boyd, était appuyée contre ce dernier.
- Putain, personne dit « bourlinguer », Erica, fit Isaac, mi-choqué mi-écœuré.
- Moi, je dis !
Stiles roula des yeux. Bordel, ils étaient pas sortis d'affaire.
- Putain, mais il est sérieux ?
Isaac alternait entre Stiles et le groupe, tant et si vite qu'il semblait être sur le point de se rompre le cou, alors Erica eut l'air de le prendre en pitié. Elle haussa les épaules et balança un « je sais pas », en jetant tous ses longs cheveux blond dans son dos.
- Tu veux pas descendre de là, Stiles ? demanda ensuite Laura, tandis que, dans le fond, Boyd relevait un truc qui chiffonnait tout le monde :
- Il avait pas la cheville pétée ou quoi ?
- Ah ouais ! Je me disais qu'y avait un truc qui me gênait, s'exclama Erica.
- Bordel de merde ! Descends de là ou je prends ce truc pour te fracturer le crâne, gronda soudainement Derek.
Stiles s'arrêta d'un coup, tellement choqué (pas par la menace, mais par la longueur de la phrase) qu'il s'y prit mal et que la planche de skate glissa trop. Résultat : il finit sur les fesses, la bouche parfaitement ronde et ouverte. Derek lui renvoya son regard ahuri. Ce n'était pas imaginable d'être aussi abruti...
- Me regarde pas de cette manière ! C'est de ta faute, à me surprendre comme ça aussi, éructa Stiles, en bondissant sur ses jambes.
- On cherche une solution et tu fais le zouave à côté, grogna Hale.
Stilinski s'apprêtait à lui répondre mais non, pas possible en fait.
- Le zouave ? Oh vraiment Derek ? marmonna Isaac, en se passant une main sur le visage.
Stiles lui fit comprendre d'un geste et d'un coup d'œil éloquent qu'il avait totalement accroché le même truc que lui. Puis il rajouta :
- Je m'ennuyais.
Derek leur jeta un regard noir.
- Bon, tout le monde redevient doux, finit par intervenir Laura. On doit réellement trouver une solution et se montrer les crocs n'avance à rien.
Ils étaient toujours coincés sur la voie – auparavant – rapide.
- Donc : frangin, t'arrêtes d'essayer de mordre les gamins et surtout – toi – gueule d'amour, tu reposes cette planche, parce que: bordel, ta cheville se remet tout juste, et tes allers-retours dessus existent les nerfs de tout le monde, enfin surtout Der... (Le susnommé essaya de la tuer visuellement alors Laura revint sur ses mots avec un « nope ».) Et Isaac, juste ne reprends plus les gens, enfin surtout Der – (Autre regard de la mort qui tue.) ok ! J'arrête... Mais, sérieusement, personne ne peut être aussi calme que Boyd ?
Après l'épisode du skate, ils avaient fini par déployer une carte sur le capot noir du SUV, histoire de se pencher dessus pendant qu'Erica surveillait les environs, assise en tailleur sur le toit du véhicule, un fusil à lunette contre elle.
- On a pas vraiment le choix les gars, il va falloir refaire cinq kilomètres en arrière pour pouvoir prendre cette route – là –, finit par dire Laura, en pointant une courbe.
L'idée ne l'emballait pas, pas plus que Derek qui, les sourcils froncés, restait silencieux.
- Vingt kilomètres, marmonna-t-il.
- Hein ?
Tous les regards se tournèrent vers Stiles. Il venait de se redresser comme un ressort, après avoir sursauter, suite au poing que venait d'abattre Derek sur la carrosserie, près de son visage.
- C'est pas possible, soit tu t'agites partout soit tu pionces, remarqua d'une vois plate Boyd.
Il avait les bras croisés sur sa poitrine et regardait Stilinski d'une manière un peu désabusée. Ce dernier essaya d'arranger son air ahuri et avala bruyamment sa salive quand il croisa les yeux de Derek.
- On a un détour de vingt kilomètres, répéta celui-ci, sans détacher son regard du drôle d'énergumène, avant de se reculer en saisissant l'arme appuyée contre le pare-choc. On aura pas assez d'essence pour tous les véhicules.
- On peut toujours siphonner les réserves de ces bagnoles, remarqua Isaac.
Les frangins Hale embrassèrent les alentours du regard et se mirent d'accord en moins de deux secondes. Ils avaient toujours l'air pas emballé.
- Le soleil est en train de se coucher et on va se retrouver piégé ici si on attend encore trop longtemps. Il faut d'abord qu'on s'éloigne, on s'arrêtera ensuite.
Stiles les observa tous acquiescer aux mots de Laura. Lui – il avait un mauvais pressentiment.
D'habitude, c'était Scott qui avait les mauvais-pressentiments, lui – n'en avait que très peu (pour ne pas dire quasiment jamais) et, lorsque son meilleur ami en avançait, c'était toujours en rapport à ses plans. Quand ils étaient gosses, McCall avait cette manière de froncer le nez et de secouer la tête avant d'en émettre un du bout des lèvres. Il était autant tête brûlée que Stiles, mais c'était bien ce dernier le moteur à connerie. Quoique tout se discutait.
Enfin, le fait était que Stiles en avait un sacré mauvais, là, tout de suite. Ça lui pinçait la gorge et le ventre. Il finit par avaler de travers lorsqu'il dût descendre de voiture, après s'être garer derrière le pick-up que conduisait Laura.
Ils avaient bien fait les cinq kilomètres de retour, puis quelques autres, avant de se décider à s'arrêter. Ils devaient trouver davantage d'essence, et ce n'était pas sage de risquer causer un accident avec la fatigue accumulée.
Mais : il faisait désormais nuit, et les ténèbres étaient comme un rideau opaque tiré sur le paysage, les lampes-torches ne le perçaient pas. On y voyait pas à deux pas.
Stiles gonfla ses joues et commença à soupirer bruyamment. Il n'avait jamais souhaité vivre un film d'horreur. Bon, ok d'accord, il avait espéré en vivre une scène, minime, mais en ayant la main mise sur tout, et seulement pour pouvoir sauver Lydia et l'embrasser légitimement (Lydia, c'était Lydia Martin, la déesse dans son cœur et dans sa tête). Son souffle s'étrangla quand il croisa le regard noir de Derek, qui avait subitement tourner la tête dans sa direction. L'homme était aux aguets, le corps tendu, son arme en joue sur les environs qui sifflaient.
Ça sentait la charogne.
J'espère encore voir certains d'entres vous, recevoir de vos reviews. J'avais vraiment désespéré pour cette histoire, mais c'est désormais du tonnerre dans ma tête.
Charlie.
