YO ! J'ai vraiment un soleil dans la poitrine, là, tout de suite. Et je sais que je suis d'une lenteur horrifiante pour mettre à jour cette histoire et j'en suis désolée parce que j'ai vraiment les choses dans la tête, en plus du fait que je ne compte - en aucun cas - l'abandonner. Je l'aime tellement, putain ! Vous savez pas.

Alors beaucoup de trucs se sont passés. Puis on est en 2015. Puis j'ai pleuré sur la dernière publication de Swato. Puis je me suis remise à rejouer The Last of Us. (Ouais, ce qui me bouste carrément violent dans cette histoire.)

Je tiens aussi à dire que je n'ai jamais aucun chapitres d'avance, je n'ai jamais pu procéder ainsi. J'écris toujours sur le fait et poste dès que c'est terminé. J'espère que la chose ne vous démange pas trop.

Sinon, et c'est important, l'histoire va commencer à relater, à partir de ce chapitre, des scènes et des propos violents, voire pouvant être choquant. Je préfère vous prévenir et augmenter le rating.

Bref. J'ai écouté la bande-son du film Charlie Countryman et "The Jails that sets you free" d'Asaf Avidan et aussi quelques musique de Jonh Murphy.

Ce chapitre est le plus long jamais écrit pour cette fiction, et c'était le pied intégral, et j'espère vraiment qu'il vous plaire. Je vous souhaite une bonne lecture.


Hostis Humani Generis

Chapitre cinq, Babemobile


Stiles avança sur la pointe des pieds alors qu'il s'étirait, un morceau de peau blanche (celle de son ventre) tranchant sa silhouette de tissus sombres.

- Putain, on est crade !

- Je pensais jamais avoir à l'avouer mais je suis de l'avis du supposé Robin.

Stilinski jeta un regard noir à Erica avant de finalement hausser les épaules, en hochant la tête. Ouaip !

Laura, qui était en train de charger une énième arme, assise dans le coffre du SUV, arrêta son activité pour leur prêter attention.

- Je ne cracherais pas sur une douche, ouais, chantonna-t-elle, en sentant ses affaires.

Isaac et Boyd finirent eux-aussi par tourner leur visage vers eux, alors ils se lancèrent tous un regard les un les autres et, comme un seul homme, le braquèrent sur Derek. Le jeune homme, qui s'affairait au dessus du capot du vieux pick-up, dut se sentir épier parce qu'il releva la tête. Il apparut un peu décontenancé avant de froncer les sourcils. Genre ces abrutis attendaient après lui qu'il leur chie une douche ? Il saisit son fusil à pompe et l'arma d'une main. La bande de joyeux lurons se détourna subitement pour siffloter.


Stiles fit le tour de l'imposant garage sur sa planche de skate.

Ils s'apprêtaient à repartir mais Derek n'était pas d'accord avec Laura et Isaac, avant qu'Erica et Boyd ne s'arriment à leur tour aux lignes des opposants (Erica parce qu'elle aimait donner du fil à retordre à Hale-boy puis parce que « déconne pas solidarité féminine oblige » – Isaac avait protesté « hey ! » : c'était pas une nana –, Boyd parce qu'il suivait Erica même dans ses défaites). Personne n'était d'un avis commun et, avant de prendre racine, Stiles avait préféré ne se ranger d'aucun côté pour s'éclipser : il avait glissé contre le flanc du bâtiment, caché par sa Jeep. En fait : il aimait l'idée qu'il pouvait être un vrai ninja.

On approchait du mois de novembre et le temps s'était nettement rafraîchit. Les journées paraissaient moins longues et toujours plus sombres. La veille, Laura lui avait balancé un pull dans la figure : « On t'entends claquer des dents à cent mètres et sûrement à l'autre bout du monde. »

Le vêtement était immense, gris et pas vraiment doux; quand il l'avait enfilé – par dessus son sweater à capuche rouge et son t-shirt – il s'était transformé en minuscule épouvantail (pas qu'il soit vraiment petit, juste tous ces chiffons le tassaient) : un buste informe et flottant dans les épaisseurs de tissus, pour deux jambes minces et gainées dans une paire de jeans noire-usée-déchirée, l'ensemble accompagné par des Converses marrons mais à l'origine blanches. Ses cheveux avaient poussés, partaient dans tous les sens, et il aurait sincèrement souhaité avoir une tondeuse à portée de paume, parce que ça grattait avec le manque de toilettes et qu'on lui tirait dessus (morts-vivant ou Erica), pas qu'il ne le rendait pas. Enfin, il soupçonnait que le pull soit à Derek parce que son acquisition avait impliqué quelques regards de la mort et des rires de la part de Laura, en plus du parfum dans les mailles rêches. Alors, Stiles en avait déduit la chose suivante, en fin connaisseur de matière humaine : si l'aînée des Hale pouvait rendre service, en plus de jouer un tour à son frangin, elle le faisait. « D'une pierre deux coups » comme on disait.

Il glissa ses mains sous les bretelles de son sac, sur ses épaules, ses doigts dépliés et ses paumes juste pressées contre le dessous de ses clavicules. Il continua à glisser sur sa planche en chantonnant « Papa was a Rolling Stone ».


Boyd se laissa tomber allongé sur la banquette arrière du SUV, ses pieds dépassant du flanc ouvert de la voiture.

- Où est Stilinski ?

Il releva la tête, avant de la faire retomber en arrière et de hausser les épaules.

- Où est Stilinski ? répéta Erica plus fort, en se dégageant de ses jambes.

Isaac bougea à peine. Laura resta silencieuse. Derek était une tâche au loin.

- Et d'ailleurs pourquoi c'est moi qui remarque qu'il a disparu ?

- Blondie, mon frangin a remarqué la chose depuis un bout. C'est pourquoi il erre le museau en l'air depuis presque quinze minutes. Mais faîtes comme si vous n'aviez pas remarqué. Tout le monde est censé penser qu'il guette des rôdeurs et non qu'il s'éclipse discrètement.

Lahey se dressa soudainement sur ses fesses :

- Hein ?

Il reçut le regard désabusé des deux jeunes femmes.

- Derek commence à s'acclimater à Stiles.

Personne ne manqua de se retourner vers Boyd.

- Attends-tends-tends-tends ! Dans le sens: qu'il commence à le considérer comme faisant parti du groupe ? Choquant !


Stiles grimaça quand la planche grinça sous son poids. Ok, peut être que, finalement, après réflexion, ce n'était – clairement – pas une bonne idée. Il avait coincé son skate entre son dos et son sac, dans les bretelles de ce dernier, et s'évertuait à grimper la façade arrière de la station service pour atteindre son toit en terrasse. Il avait eu cette idée quand, en se retrouvant les fesses par terre suite à un ollie, il avait entendu un drôle de vagissement.

Lorsque le gamin Stilinski atteignit la toiture plate, après s'être écorché les mains et avoir déchiré davantage son jean, il resta à couvert du petit muret – qui bordait la plate-forme – pour se diriger vers la provenance des bruits. Il préférait être prudent et ne mettre personne en danger, surtout pas son groupe; les autres étaient toujours un peu plus loin après la station-essence, abrités par la silhouette de l'énorme garage automobile et de son entrepôt.

Stiles rampa encore un peu jusqu'à atteindre un point de vue décent. Alors, il se leva sur ses paumes et, doucement, hissa son regard.

Il y avait plusieurs voitures qui n'étaient pas là, la veille, quand ils étaient arrivés et avaient fait le tour du propriétaire. Un Hummer : dont la peinture grise de la carrosserie était écharpée; deux Buggy et un gros quad couleur rouille. Stiles était en train de penser que ces véhicules n'avaient pas une gueule sympathique quand un type, bâtit comme une armoire à glace, sortit de la réserve, le petit bâtiment attenant à la station essence sur laquelle il était perché. Donc : sérieux, récapitulons, ces véhicules étaient étrangement-carrément-physiquement plus amicaux que ce type. Cause : l'homme avait le crâne rasé, la mâchoire imberbe et un pull marron dont le col déchiré laissait saillir des trapèzes énormes et tendus. Il n'avait pas d'armes. Stiles se tassa un peu sur lui-même. Depuis les dernières semaines qu'il était avec le groupe et qu'il avait vu Derek mettre au tapis des monstres cent fois plus épais que lui, il était certain que Hale ne ferait pas le poids une seconde contre celui-là. Pas que le gars lui paraissait plus doué que Derek ou quoi. Il y avait un truc, qui se dégageait de lui, qui suintait de son allure, un truc mauvais. Ce gars faisait davantage flipper Stilinski qu'une horde de trente-sept rôdeurs toutes gueules béantes et bras tendus. La chose lui pinça vilainement l'intérieur du ventre. Son pressentiment de la veille venait de galoper de nouveau vers lui, comme une bête furieuse.

Le gamin du shérif commençait à se retirer tout doucement, le regard crispé sur la baraque à glace quand du mouvement chatouilla la périphérie de son champ de vision. Un groupe de personne sortait à son tour de la petite réserve. Armoire-à-glace s'arrêta pour les regarder. Une femme, menue et rousse, poussait un jeune homme, (très) mince et blond, qui semblait pleurer. Poison Ivy (*) le força à se mettre à genoux. Stiles observa Armoire-à-glace se rapprocher, les dessins noirs sur les joues de la rouquine (bon ok : Poison Ivy), comme des tatouages, et les trois autres, avec leur gueule de mercenaire, qui restaient en retrait, tout aussi sales et sanglés d'armes. Il crut qu'il allait hurler quand il vit la baroudeuse dégainer un pistolet et tirer dans le front du gamin. Un mouvement de recul le fit déraper de son appui.

Stiles n'eut même pas le temps de vérifier si on l'avait entendu qu'une main s'abattit sur sa bouche et qu'il fut presser contre un corps.

- Calme-toi.

La voix grave de Derek le couvrit tel un baume.

- Je peux retirer ma main ?

Stiles aurait lever les yeux au ciel s'il n'était pas si secoué. Derek était à moitié couché sur lui, son torse pressé contre le sien, son menton contre le sommet de sa tête. Il ne regardait déjà plus le gamin du shérif, mais l'attroupement plus bas. Stilinski hocha la tête frénétiquement, comme s'il se débattait presque. Il se dégagea de Derek et, encore silencieux, le regarda baisser – au minimum – le volume de son talkie-walkie avant de l'utiliser :

- Laura. Des types viennent sur vous. Bouge avec les gosses, laisse la Jeep. On est derrière vous avec Stiles, chuchota-t-il.

Quand il se tourna vers le gamin Stilinski, celui-ci l'épinglait d'un regard encore doucement paniqué.

- Tu vas me suivre. On va les détourner et atteindre ta voiture.

Stiles acquiesça, il n'arrivait pas à laisser s'estomper l'image mortuaire derrière l'os de son front; le corps du gosse affaissé dans le sang et les larmes, tout ce rouge comme une auréole autour de son visage blanc.


Son cœur battait tellement fort les chairs dans sa poitrine qu'il crut chopper un point de côté, en pensant que, si toutes les créatures pourvues d'ouïe (à la surface de la Terre) ne l'avaient pas repéré, ce serait une sacrée foutue chance divine.

Derek avait sa main fermement pressée contre son ventre, et c'était bizarre parce que Derek n'avait jamais été aussi proche de lui avant. Il avait l'impression de ne sentir que ce contact, cette brûlure à travers les épaisseurs des vêtements; que son monde s'était fracturé; son corps tendu, hypersensible à la présence de l'homme. Et c'était stupide parce qu'il était juste chamboulé par les événements et sa prise ralentit d'Adderall. Sûr. Derek avança doucement son visage, décollant ses épaules du mur. Tout ce qu'en reteint Stiles fut qu'il accentua davantage la pression de sa paume sur son ventre.

Ils étaient redescendus du toit et se trouvaient pressés contre l'arrière du bâtiment, attentifs aux alentours et à la moindre ouverture pour dégager de là.

Stiles regarda Derek articuler plusieurs mots presque silencieux avant d'acquiescer machinalement. Il n'avait rien pigé, sérieux. Trop abruti par la situation. Il regarda juste Hale se déplacer avec précaution et disparaître à l'angle de l'immeuble, pétrifié dans une autre dimension, incapable de bouger dans la sienne.

- Abruti, jappa-t-il tandis que sa main était toujours tendue dans le vide. Aller mon gars, magne-toi le derrière. (Il s'ébroua.) Concentre-toi, pauvre fou, concentre-toi. Ouais, réfléchis réfléchis réfléchis réfléchis réfléchis...

Il psalmodia tout en se mettant en mouvement. Il n'avait pas de talkie-walkie. Il ne savait pas où était Derek, ni si bouger lui causerait plus de tord que de secours. Il ne savait pas non-plus si rester ici était raisonnable. Il évalua les environs : la station-essence et sa réserve; le plateau d'asphalte brûlant se déployant autour de lui, à traverser pour aller jusqu'au garage automobile, dressé comme une énorme grange de fer rouge, et son petit entrepôt caché derrière. Où se trouvaient les autres. Laura. Erica. Boyd. Isaac. Merde merde merde... Putain Derek !

- Oh.

Un vertige le frappa, pinçant ses entrailles, alors que ses yeux rencontraient le bout d'une paire de bottes. Stiles leva un regard interdit sur l'homme à l'exclamation doucereuse et aux Rangers.

- Mais regardez-moi ces yeux, susurra ce dernier.

C'était un jeune type, et sérieusement il devait être plus vieux que Stilinski de cinq ans maximum, mais il avait quelque chose de purulent dans le fond de ses pupilles. Un truc mortuaire qui fichait un malaise sévère. Ses vêtements étaient sales, ainsi que son visage émacié et ses cheveux. Vraiment crades.

- On dirait un gibier d'apparat, la prise d'un roi.

Stiles reculait doucement et le gars s'approchait tout pareil, le buste tendu vers lui.

- Belle biche effrayée, chantonna-t-il encore, en levant très lentement une main vers son visage.

Stiles fixa ses lèvres gercées et la plaie qui en déchirait la commissure jusque dans le creux de sa joue gauche, sur sa mâchoire osseuse piquée de poils clairs. Il ferma brièvement les yeux quand l'angle de la benne lui rentra dans le dos.

- Tu veux peut être que je me mettes à gambader dans les bois à côté.

Il gargouilla plus qu'il ne parla sûrement. Le gars inclina un peu plus sa tête, un énorme sourire étirant sa bouche. Il passa son pouce sur la pommette de Stiles, et ce dernier dût loucher pour ne pas serrer les paupières. Pas sa meilleure réplique, ouais.

- Ok, croassa-t-il.

Et vraiment que foutait Derek ? Il éloigna la main de Gars (pas sa faute, vraiment, Gars s'appelait Gars dans sa tête), très doucement – parce qu'il ne savait pas – mais il ne se sentait carrément pas l'envie de contrarier ce type. Pourtant, Gars ne sembla pas s'offusquer et resta calmement à l'observer, apparemment amusé.

Vraiment, Derek ?

Il fallait qu'il réfléchisse, surtout pas qu'il plante tout et que le mec alerte les autres. Il en dépendait et certainement sa bande.

- T'as la peau douce, ma biche. (Stiles fut sûr qu'il s'étrangla.) Regardez-moi ces yeux, susurra-t-il de nouveau.

- Désolé, mais depuis dernièrement je suis une espèce protégée. Genre en voie de disparition. Laisse-moi faire mon lacet et je vais aller gambader à l'autre bout du monde. Et je t'assure que ton côté zooph – amoureux des animaux ! sera vraiment cool avec ça.

Stiles se pencha, attrapa la planche sous la benne et tout se passa vraiment vite. Il la fractura sur Gars, sans vraiment regarder, et courut comme un dératé dans – ce qu'il avait évalué – l'angle mort des baroudeurs-faucheurs. Soit : l'arrête nord-est de la station-essence jusqu'à sa petite réserve. Et vraiment, qui penserait qu'il chercherait à se rapprocher de l'ennemi pour lui échapper ?

Derek, putain ?!


- Ma biche, où tu te caches ?

Les yeux du gamin Stilinski roulèrent dans leur orbite, comme une paire de chaussures dans le tambour d'une machine. Chaotiquement. Il claqua sa langue sèchement contre son palais. Gars allait le rendre chèvre. Ou biche... Mauvaise, Stilinski, sans doute la plus mauvaise blague que tu ais pu faire depuis ta conception. La chose : il détalait de toute façon comme un gibier chassé.

Après l'épisode de la planche fracturée et trois foulées, Stiles avait compris que Gars le suivait. Il était entré dans la réserve, par la porte arrière, et s'était engagé dans les escaliers, soit la première chose qu'il avait repéré. Vraiment pas le temps de s'appesantir. Le bâtiment n'était finalement pas ce à quoi il s'était attendu, la construction alternait les espaces étroits et longs sur deux étages sombres et encombrés.

Il écrasa ses deux mains sur sa bouche quand il s'appuya derrière une pile de caisses. Sa respiration était tellement agitée et son cœur battait si fort qu'il était impossible que Gars ne le remarque pas. Il l'entendit pourtant passer devant l'entrée de la salle, dans laquelle il se cachait, sans sembler penser y entrer.

- Où te caches-tu ?

Et Stiles, qui s'était remis doucement à filer le long des énormes boites en bois, eut envie de lui parler de la théorie de Heisenberg, sur la réalité de la position de la matière dans l'espace. Ce qui lui valut de presque se faire repérer.

Il se posta tout près de l'entrée de la pièce et attendit que Gars s'éloigne davantage. Son plan se résumait à prendre ses jambes à son cou direction la sortie, sans se retourner. Très malin, il savait. Mais il était vraiment pressé par le temps : il devait retrouver Derek avant que celui-ci ne retourne là où il l'avait laissé et ne l'y trouve pas. Pas la peine de le perdre un peu plus.

Stiles tendit son cou pour passer sa tête dans l'encadrement de la porte. Il s'étrangla. Gars était juste là, accroupi de l'autre côté, à le fixer avec un sourire. Ils se regardèrent quelques secondes, et une flambée d'adrénaline dans son sang fit bondir Stiles vers les escaliers. Il vola presque au-dessus des marches, avant de croire faire une crise cardiaque quand il comprit que Gars était tout proche. Ses muscles étaient chauds et douloureux, comme sa poitrine : ses poumons se disputant l'espace avec son cœur emballé. Il dérapa quasiment en regagnant le rez-de-chaussé. Puis, au lieu de sortir, il bifurqua au dernier moment vers le fond du bâtiment.

Le lieu était encore plus sombre, ses fenêtres bouchées par de pauvres barricades. Il rentra dans l'avant-dernière porte, alors que la pensée que « quelqu'un avait voulu certainement tenir un siège ici » le percutait.

Il écrasa ses mains sur ses lèvres, pressant davantage, tellement son souffle se précipitait dans sa gorge. Ses oreilles bourdonnaient. Il essayait d'attraper chaque bruit environnant mais son cœur battait plus fort la mesure. Merde merde merde !

Quand il se calma suffisamment, Stiles parcourut les alentours des yeux. La pièce était remplie de colonnes de caisses : de la bouffe, des accessoires automobile, des articles de toilettes et autres fournitures trouvables dans une station-service. Tout était plongé dans le noir. La lueur de l'entrée découvrait les piles les plus proches. En deux secondes, il décida d'attraper la planche de bois qui se trouvait à un bras de lui et de se glisser derrière le battant de la porte, dans son ombre.


Cinq minutes étaient à peine passer quand il décida de bouger de là mais qu'il entendit du bruit. Il arma son bras et attendit que Gars vienne, prêt.

Une grande silhouette entra, s'immobilisant juste devant Stiles, de l'autre côté de la porte. Stilinski resta immobile, le souffle pincer dans sa gorge, observant les contours flous de Gars à travers le verre tordu du carreau du battant. Puis il ne réfléchit pas. L'adrénaline et la peur semblèrent l'extraire de son corps. Il sortit de son endroit et déplia son membre armé. Alors tout se passa très vite. Et la planche fit un bruit mat contre la tête du type qui s'affaissa sous le coup.

Stiles avait encore les paupières serrées, les jointures blanchies sur sa batte de fortune, lorsqu'il décida de risquer un œil pour découvrir la silhouette au sol, un drôle de souffle étranglé s'échappant de sa bouche. Alors il se pencha en avant et –

- Derek, bredouilla-t-il.

La surprise et la peur le jetèrent au sol aussi vite que son besoin de s'assurer que son coup n'avait pas causé de dégâts.

- Oh merde, Derek.

Ses paroles étaient un filet de voix, chevrotantes. Il tendit sa main.

- Derek, tu m'entends ? chuchota-t-il. Derek ?

Stiles regarda son membre déplié, ses doigts en éventail sur l'épaule de Hale qu'il n'osait pas bouger.

- Derek, chuchota-t-il de nouveau.

Le grand corps remua et grogna :

- Putain Stilinski...

Repu de soulagement, le susnommé allait répondre quand il se sentit happer en arrière.

On l'empoigna par les épaules et le traîna dans le couloir. Le nœud que formait le corps de Derek sur le sol s'éloigna et Stiles paniqua. Les doigts de Gars étaient acérés, enfoncés dans sa peau à travers les épaisseurs des vêtements.

Il essaya d'attraper le cadre de la porte, pour s'y accrocher, mais le baroudeur tira brusquement, faisant une sorte de bruit désapprobateur avec sa langue.

- Mais lâche-moi bordel !

Le fils du shérif rua dans tous les sens. Il avait perdu sa planche de bois.

- Non non non. Une prise de choix. Tu ne comprends pas, tu es une prise de choix, susurra Gars.

Il avait cessé de le traîner dans le couloir et le dominait, le torse tendu au-dessus de lui, son visage émacié tout proche du sien. Stiles remarqua la chair éventrée de son arcade, le sang commençant à croûter le long de sa mâchoire.

- Ne remue pas où je risque de gaspiller une balle.

Il allait lui répondre qu'il s'en foutait royal qu'il puisse bousiller des munitions avant qu'il ne pointe son arme sur Derek, son corps ne formant qu'une masse compacte dans l'obscurité.

Il remarqua que Gars bougea, ses longues jambes passant aux périphéries de sa vision, il se tourna vers le faucheur quand ce dernier s'accroupit devant lui.

- C'est marrant parce que j'ai vraiment cru que j'allais devoir appeler les autres quand ton pote est rentré dans le bâtiment, mais rien eu à faire. Non. Non non. Tu lui as fracassé le crâne tout seul, babilla-t-il, ses lèvres se retroussant sur ses dents.

Il avança davantage son visage, laissant pendre son arme entre ses jambes fléchies.

- Et quick, fit-il en se passant un doigt sur la gorge.

L'horreur dût tordre les traits de Stiles puisque le jeune homme explosa de rire, rejetant sa tête en arrière. Il s'arrêta aussi brutalement qu'il avait commencé pour reprendre son sourire monstrueux et fixer de nouveau le fils du shérif.

- Mais ne t'inquiète don' pas petite biche. Ne t'inquiète –

Gars fut propulser en arrière. Les yeux de Stiles s'écarquillèrent comme des soucoupes, hallucinés. Il n'eut pas le temps de comprendre qu'on le hissait sur ses pieds.

- Cours !

Il se retourna pour jeter un regard hagard à Derek. Derek. Derek qui avait du sang qui coulait sur ses vêtements, depuis sa nuque.

- Cours putain ! lui hurla-t-il encore.

Ses muscles semblèrent se mettre en branle parce que Stiles prit la direction de la sortie, attrapant Hale par un bout de ses vêtements.

Il ne se retourna pas. Il sprinta, sûr de la présence près de lui, fixant durement dans son esprit l'emplacement de sa Jeep.


Quelques secondes plus tard, sa voiture était là, baignant dans la quiétude du paysage, semblant à cent-mille lieux de leur propre enfer. Il ne retint que ça et la prise suivante : lui, au volant, en train de faire crisser ses roues dans un demi-cercle pour démarrer. Il ne jeta pas non plus un œil dans le rétroviseur. Juste à Hale, au bout de dix minutes. Il manquait encore d'air, tout son corps était sec et brûlant comme de la braise.


(*): Grande méchante rousse dans les DC comics

Ah oui ! Je travaille aussi (c'est un mot que j'affectionne beaucoup depuis ce matin, que voulez-vous) sur une traduction: un sterek crossover Supernatural. Ne nous affolons pas.

Je vous embrasse fort,

Charlie.