Je traîne ma peau en fin de chapitre. Ouais, c'est là que ma langue se la raconte. Sinon, il y a beaucoup de chansons pour la conception de cette première partie, je vous en donne quelques unes:
- "Dirty Harry" de Gorillaz
- "So into you" de Chris Malinchak
- Beaucoup de 30 seconds to Mars, en fait. Trop même.
- "Fear nothing" de Selah Sue
- "Nude" de Radiohead
- "On Melancholy Hill" et "Amarillo" de Gorillaz, encore
- "27 days later" de John Murphy
Ouais, j'écoute n'importe quoi.
Hostis Humani Generis
Chapitre six (première partie), Dirty Harry
- Tu devrais t'arrêter.
Derek avait – pour sûr – voulu parler clairement, cependant les paroles furent rapporter à Stiles comme coincées dans une sorte de marmonnement. Il tourna son visage vers lui, une tension harponnant toujours son corps depuis leur départ chaotique : ses sourcils froncés, ses mains crispées sur le volant.
- Tu as encore ton sac avec ton skate, et ça fait presque plus de deux heures qu'on roule. Je pense que tu peux t'arrêter et me passer le volant.
Stiles acquiesça, avant de diriger la voiture vers le bas-côté. Le ton paternel de Hale-boy l'avait un peu irrité, mais il pensa que tout pouvait l'irriter avec ce qu'il venait de se passer, et il était trop échiné pour mener une autre bataille.
Derek se redressa dans son siège, passa une main insistante sur ses yeux – parce que sa vision était trouble –, et soupira. Le fils du shérif voulut lui demander s'il allait bien quand il le vit s'ébrouer et les croûtes de sang dans son cou. Il eut l'impression que Hale comprit parce qu'il lui lança un drôle de regard, l'air de dire « t'occupes », alors Stiles pinça sa langue, groggy par les événements, apaisé par la sécurité que dégageait Derek.
Stiles fut assez calme, quasi muet, en fait. Derek le remarqua. Mais, comme depuis la naissance des mondes, le temps passa et atténua les flammes des maux. Au bout de deux jours, Stiles babillait de nouveau. Catastrophique et catastrophant.
Ils étaient plantés devant une assez grande maison, neuve et blanche. Un genre de demeure témoin. Les fenêtres et les portes avaient été laissées béantes, échappant de grands rideaux qui épousaient l'onde d'une brise. Stiles pensa à des farfadets indicibles jouant dans les voiles, mais se tut. De petits farfadets macabres et indicibles.
- Je pense qu'on peut jeter un œil dans celle-ci.
La phrase s'échappa d'entre ses lèvres avant qu'il n'ait pu vraiment y penser, comme une sorte de geste dû à une mémoire musculaire. Le silence lui pesait aussi, fait du souffle du vent. Que du vide. Il se tourna vers Derek quand ce dernier ne lui répondit pas.
Ils avait laissé la Jeep un peu plus bas, avant de faire toutes les maisons de ce petit quartier pavillonnaire, à l'écart de la ville. Les lieux étaient vraiment calmes et propres. Genre pas infestés. Mais genre vide.
Derek était un peu voûté sur lui-même, barbouillé de sang et de terre. Il fixa le gamin Stilinski un moment, et Stiles eut seulement envie de détourner son regard. Il comprit que Hale était fatigué, à ce genre de point où les émotions sont juste rudes et nues sur les iris. Il avait l'impression d'abuser d'une intimité qui ne lui était pas offerte.
La mâchoire de Derek devint saillante, peu avant qu'il ne fronce les sourcils. Il acquiesça puis passa devant le gosse du shérif.
Stiles ne le regarda pas vraiment disparaître dans la maison. L'image de Derek, là, immobile, resta inscrite sur sa rétine. Son visage mangé par sa barbe noire et la dureté de ses traits. Ses mains et son cou croûtés de sang. Tout son corps comme un amas de fureur ardente, tendu sous son t-shirt déchiré, l'épaisseur de son sweater zippé et sa veste en cuir.
En fait, Derek avait paumé le talkie-walkie. Tu sais le sésame pour rejoindre les autres.
- Peut être qu'on devrait se reposer ici.
Stiles ne voulut pas tout de suite se retourner. Il savait que Derek était derrière lui parce qu'il l'avait entendu descendre les escaliers.
Il avança son visage contre la fenêtre, loucha sur l'épaisseur du verre avant d'écraser son nez dessus. Ses yeux étaient abîmés sur le paysage au-dehors, tellement serein; le soleil pressait son énorme silhouette sur la cime des arbres, ses flancs rouges fondant dans le ciel.
- Si tu veux, soupira Hale.
- Rabat-joie. J'aime tellement ma voiture, mais j'ai les coutures des sièges imprimées sur le corps depuis deux jours.
Il préféra sourire. Derek ne semblait pas avoir trouvé de radio ici non plus.
La maison était blanche à l'intérieur aussi. Propre. Calme. Les courants d'air qui traversaient les pièces n'inspiraient à Stiles que de paisibles fantômes. Il y avait peu de décoration et de meubles. Juste des affaires dans des tons nudes, des lames de bois, de verres et d'acier. Et des feuilles mortes, que les gueules béantes des fenêtres et des portes avaient amené. Puis de la lumière. Sans sang. Sans râles. Sans ripements de mâchoires. La pièce pleine de couleurs était celle pour enfants à l'étage, Stiles ne s'y était pas éternisé, juste de quoi vérifier ce qu'il fallait.
Ils venaient de passer un peu plus d'une heure à barricader de planches les fenêtres des pièces – au rez-de-chaussé – qu'ils n'utiliseraient pas. Ils ne l'avaient pas fait pour le salon. En temps normal : oui; mais ils étaient actuellement (très sûrement) pisté par de méchantes personnes, alors – non merci – ils préféraient garder un œil sur l'extérieur et prévenir. De toute manière, la pièce était surélevée par rapport au jardin et – à moins de trouver sur quoi monter – le moindre rôdeur ne pourrait pas leur rendre une petite visite sympa.
- PutainDerekDerekDerekDerekputainDerek !
Stiles s'interrompit. Cessa de gigoter. Il regarda la grande silhouette de Hale se retourner lentement vers lui, ses paupières serrées sur un regard sombre.
- Je voulais juste te dire que j'ai trouver un générateur dans la buanderie, bredouilla l'adolescent.
Derek continuait de le fixer :
- Je sais, Stiles, articula-t-il doucereusement. Je te l'ai dit tout à l'heure qu'il y en avait un.
Stilinski recula calmement, ses yeux toujours verrouillés sur Derek qui avançait tout pareil vers lui.
- Euh pardon ? fit-il, en haussant un sourcil.
La poitrine de Hale-boy gronda.
- Ok ! Pardon, mec ! Tellementpardonpardonpardonpardon !
En fait, Stiles avait trouvé un sachet de rasoirs à leur arrivée. Dans une autre maison. Quand Derek se jeta à sa poursuite, il saisit l'entaille rouge sur le saillant de sa mâchoire, le bout de miroir et le bol d'eau abandonné sur le rebord de la fenêtre. Il comprit la démarche parce que Hale avait genre une barbe d'ours.
- Il fait trop froid, Hale, espèce d'animal.
Derek ne se retourna pas alors qu'il trafiquait quelque chose avec ses armes. Il s'était installé sur le perron pour avoir une vue sur la rue, et de potentiels ennemis. Stiles l'avait rejoint quand il avait constaté qu'il n'arriverait pas à faire fonctionner le générateur tout seul.
Hale n'avait pas poursuivi son histoire de rasage.
- Ça va faire trop de bruit, Stiles.
L'adolescent frictionna ses bras davantage, continuant à gigoter sur place. Derek avait cette manière de s'adresser à lui qui lui faisait se sentir toujours réprimandé.
- Mais genre juste une demi-heure, s'il-te-plaît. Je veux tellement prendre une vraie douche chaude. (Derek le fixa drôlement par-dessus son épaule.) Oh Hale, je suis sûr que toi aussi. Les environs sont vides, on a croisé aucun macchabée ou fou furieux depuis deux jours. Personne, Hale. Personne. On peut bien faire un chouia de bruit pour quelques pauvres minutes.
Stiles savait que ce n'était pas franchement raisonnable, mais tenir tête à Derek, en plus rassuré par l'aura de sécurité et de confiance que ce dernier dégageait, le poussait à être provoquant. Et il avait tellement envie d'une putain de douche.
- Dix minutes, Stiles. Pas une de plus.
Il n'y avait pas vraiment cru alors il regarda, ahuri, Derek se redresser et saisir son fusil à lunette.
- Pour de vrai, Derek ?
Derek resta pencher sur le générateur genre quelques minutes. Puis la machine fit un bruit monstrueux. Stiles sursauta.
- Je vais vérifier la chaudière. Reste là.
Il regarda bêtement Hale-boy disparaître dans la volée de marches qui menaient à la cave. Un peu mortifié, attentif au ronronnement de l'engin et au silence au-dehors. Il commençait à faire nuit.
Derek revint :
- Quinze minutes.
Stiles s'ébroua. Un grand sourire malicieux grimpa sur ses lèvres :
- En fait t'es plutôt gentil, mec.
- Ne m'appelle pas mec.
Stiles sortit de la cabine de douche et, alors que ses pieds se posait sur le tapis, entendit le ronronnement du générateur se taire en bas.
- Stupide Derek, murmura-t-il avec un sourire.
Il serra le drap de bain, qu'il avait trouvé dans un placard du couloir, contre sa poitrine. La peau bleue-indigo de la nuit se pressait contre le carreau de la fenêtre.
La salle-de-bain était à l'image du reste de la maison : épurée, dépouillée, et poussiéreuse sur ses lames de bois, de verre et de carrelage blanc.
Vider de quelques affaires des habitations ne dérangeait pas vraiment Stiles. Il ne s'appesantissait pas, pensait à sa survie. Il savait que le monde s'était vautré sur lui-même, qu'il se dévorait dorénavant, mais malgré ça – quand il s'y attardait – il avait l'impression de n'être qu'un misérable petit profiteur. Un profanateur. Irrespectueuse petite créature souillant des sanctuaires, encore debout pour entretenir, sacraliser un passé, l'essence d'êtres qui s'étaient aimés, éprouvés entre ses murs. C'est pourquoi il resta – bêtement – plusieurs longues minutes à contempler la salle-de-bain blanche. Encore planté sur le tapis, sa serviette empruntée ne le couvrant pas.
Il lui fallut davantage de temps pour se décider à dénicher des fringues propres sans culpabiliser. Il n'aimerait pas savoir que sa maison était, elle aussi, dépouillée de ses chairs par des inconnus.
Il trouva ce dont il avait besoin : un pantalon, un t-shirt à manches longues, une paire de chaussettes et un sous-vêtement. Stiles les sortit des armoires et les posa – encore pliés – sur la chute d'un lit. Il les fixa, grelottant et stupide sa serviette comme seule rempart contre la fraîcheur du lieu.
- Je suis désolé. Et aussi énormément reconnaissant. Merci pour les vêtements, j'en prendrai soin. Vraiment. Promis, psalmodia-t-il doucement, en enfilant les affaires.
Le jean était sombre et élimé le haut à l'effigie de Daredevil trop grand. Mais, le fils du shérif accueillit la sensation des linges propres gracieusement.
Il ne préféra pas penser à l'un des gamins qui avait habité la chambre et qui semblait avoir son âge.
Stiles alla plier le linge de bain près de la douche et s'occupa de nettoyer ses propres fringues – c'était les siennes, et sûrement une des dernières affaires qui lui parvenaient encore de son passé alors il y tenait – puis revint, un peu malgré lui dans la chambre pour enfants. Il avait enfiler de nouveau le pull de Derek, parce qu'il était moyennement sale, donc plutôt propre, et qu'il lavait de toute façon son sweater zippé rouge.
La pièce était spacieuse, scindée en deux espaces : l'un adolescent et l'autre plus enfantin. Des frères, à en juger par les jeux, les consoles et la décoration.
Il ne toucha à rien. Laissa son regard fureter le long des étagères à livres et à CD.
Quand il repéra la tranche de Demon Days, parmi d'autres albums de Gorillaz, la voix traînante de 2D et celle du chœur d'enfants se superposèrent à la sienne pour entamer « Dirty Harry ».
- Putain Derek, j'ai failli braquer une arme sur toi !
Il regarda Hale traverser le salon avec sa mâchoire fraîchement imberbe, les muscles de son bras se bander quand l'homme traîna un matelas, après avoir balancer un tas de tissus dans un coin.
- T'as pas d'arme, Stiles.
Le susnommé resta silencieux pour savourer la voix grave de Derek disparaissant dans l'air. Derek ne parlait pas beaucoup.
- Ouais, je sais, ça fait bizarre.
Un stupide sourire grimpa sur ses lèvres, alors qu'il essayait de se retenir de dire que l'ours s'était transformé en jeune homme. Il aimait aussi assez le fait que Hale-boy parle davantage quand il semblait mal à l'aise.
Puis, il remarqua que ses cheveux bruns étaient humides et qu'il ne portait plus les même vêtements. Désormais une chemise en coton kaki moulait ses épaules et était retroussée sur ses avant-bras; il avait aussi enfilé un jean propre.
- Ne me dis pas que tu as pris une douche sans la moindre eau chaude avec la température qu'il fait. Et tu te balades presque en t-shirt. L'air de rien. Tu veux peut être que je te trouve une paire de sandales, Hale, on est tellement dans la saison.
Stiles s'endormit une dizaine de minutes plus tard, doucement amadoué par la lecture de son roman et la sécurité que dégageait Derek.
- Arrête de chanter cette foutue chanson.
Stiles se retourna vers Derek, la bouche parfaitement ronde, outrée et silencieuse. Puis un sourire vicieux vint creuser une fossette dans sa joue : il entama un morceau du rap de « Dirty Harry », en gigotant dans tous les sens et en exagérant sa voix.
- Stiles ne m'oblige pas à –
L'adolescent évita la poigne du plus vieux alors que celui-ci s'apprêtait à le coincer contre un mur du salon.
- Je suis tellement agile, Derek, minauda-t-il en remuant.
Puis, il reprit en disparaissant dans une autre pièce :
« I need a gun to keep myself from harm
The poor people are burning in the sun
No, they ain't got a chance
They ain't got a chance
I need a gun
Cause' all I do is dance
Cause' all I do is dance »
Derek était fatigué de ce gamin.
Le jeune homme s'était réveillé avant le fils du shérif. Il s'était redressé contre le mur, sur lequel était adossé le flanc de son matelas. Stiles dormait contre le mur opposé, enroulé dans plusieurs couvertures. Il l'avait regardé quelques instants avant de ramper doucement vers la fenêtre, contre laquelle un paysage gris pressait sa joue. Dehors tout était calme. Il avait ainsi gardé le sommeil de Stiles quasiment encore deux heures avant que l'adolescent ne se réveille, gémissant à propos de la chaleur de son cocon et du confort du matelas. Puis, fidèle à lui-même, il avait finit par s'agiter comme le foutu petit diablotin hyperactif qu'il était.
Derek soupira.
Il avait pris sa garde sur la terrasse couverte du perron, depuis bientôt une heure, quand il sentit la présence de Stiles. Il ne se retourna pas vers le gamin silencieux, il resta résolument tourné vers l'extérieur, son regard concentré sur la lame dense de pluie qu'était devenu le panorama.
Stilinski fit un bruit de gorge pour se signaler, mais Derek ne bougea pas davantage. Il comprit que le plus jeune s'agaça quand il se prit un amas – qui semblait être des vêtements – en plein visage et que la fermeture d'une paire de jean fouetta sa joue douloureusement. Il fit volte-face, plein de colère, vers l'adolescent.
- Connard ! fit Stiles avant de disparaître à l'intérieur.
Le ressentiment de Derek se gela dans sa poitrine, soudain plus frustré que vif. Hale regarda drôlement la place qu'occupait encore quelques instants plus tôt Stiles. Il venait de se passer quoi, là ? Puis il baissa les yeux et reconnu ses vêtements, ceux dont il s'était débarrassé après sa toilette la veille. Ils étaient propres.
- Stupide gamin, murmura-t-il.
L'égratignure sur sa pommette pulsait.
Derek n'était pas bon avec les gens. C'était comme si des décombres embourbaient ses membres et l'empêchaient de bouger, sinon lui permettaient de s'enliser davantage quand il faisait un geste. Tout s'était cristalliser autour de son corps. La fureur, la solitude, la douleur, la culpabilité, l'impuissance, la honte. Toutes ces créatures avaient leurs mains osseuses sur sa peau, attentives à ses maux, prêtes à dévorer les zones de crépuscule et d'oubli.
Il était un amas à vif de rage. Constant. Les autres étaient meilleurs que lui, et il n'était pas là pour les assister mais pour les protéger. Préserver les êtres qu'il aimait, sans s'impliquer pour ne pas les endommager. Il était un profanateur de vie. Un maître mortuaire prêt à précipiter les mondes dans le sang et les larmes. Dans les plis de ses chairs, il n'avait rien à offrir. Si ce n'était la force de sa colère.
Il n'était pas une bonne personne.
- C'est bon ?
Il n'aurait pas été nécessaire de parler. Derek le savait. Il aurait pu s'appuyer contre la porte et Stiles aurait compris qu'il était l'heure de s'en aller. Mais l'épisode précédent pulsait encore derrière l'os de son front.
Stiles ne le regarda pas, ni ne répondit. L'adolescent termina de débrancher le générateur, que Derek lui avait autorisé à allumer de nouveau (peu avant de partir) pour l'homme ne savait pas trop quoi, et passa son sac-à-dos. Il traversa l'encadrement sans faire attention au plus vieux et pris la direction de l'entrée. Derek soupira et le suivit, en passant dans le salon, il remarqua que la pièce avait retrouvé l'ordre qu'ils avaient défait la veille. Stupide gamin.
Quand il passa la porte d'entrée, Stiles l'attendait un peu plus loin, sur la lame de pelouse qui s'étendait de l'autre côté de la rue. L'adolescent s'assura qu'il l'avait vu et continua d'avancer.
- T'es encore plus emmerdant comme ça que lorsque tu t'agites.
Stiles s'immobilisa devant lui, avant de se retourner, un rictus ironique sur ses lèvres. Le feuillage dense des arbres les abritait à peine de la pluie. Une capuche cinabre préservait le visage du jeune garçon.
- C'est très bien, Hale. C'est le but.
L'adolescent se tourna de nouveau et reprit sa marche sur la terre molle et humide. Derek continua de le suivre en silence, aux aguets, son regard sur la silhouette menue du plus jeune. Stiles avait tiré le cou de ses chaussettes sur le bas de son jean et repassé son sweater rouge sous le pull gris qu'il lui avait piqué. Les chaussettes étaient épaisses, en laine sûrement, et dans un camaïeu de gris.
- Je devrais me débarrasser de toi.
Stiles se retourna encore :
- Grand bien te fasse, sale type.
Ils regagnèrent la Jeep dans un silence tendu.
Stiles prit le volant jusqu'à un petit hameau, constitué d'une station-service-épicerie et d'une dizaine de maisons à peine. Ils étaient encore dans la voiture quand le fils du shérif prit la parole :
- J'ai un drôle de pressentiment.
Derek tourna son visage vers lui, mais Stiles fixait résolument le bâtiment devant eux.
- Tu me fais toujours la gueule, grogna-t-il, mais ça ressemblait davantage à un soupir.
L'adolescent tourna vivement son regard sur lui.
- Non, Hale. Je te fais plus la gueule. C'est pas de notre faute si t'es un animal incapable. Je disais juste que j'ai un pressentiment, genre un mauvais pressentiment.
Derek prit sur lui, parce qu'il y avait encore une lueur bravache au fond du regard whisky de Stiles. L'homme ferma les yeux et se pinça l'arrête du nez.
- Il faut que j'aille voir s'il y a des radios. Tu n'as qu'à rester ici, finit-il par dire.
C'était important. Il ne pouvait pas se permettre de passer à côté. Il fallait qu'il retrouve les autres.
Stiles chahuta l'intérieur de ses joues avec ses dents, une vague amère de colère remontant dans sa gorge. Derek ne comprenait pas.
- Non, c'est pas ça. Je suis plus pour qu'on décampe. J'ai pas peur d'y aller. J'ai un mauvais pressentiment sur l'endroit.
Les iris pâles le fixèrent en silence, avant que leur propriétaire ne sorte de la voiture et se dirige vers le petit immeuble.
- Putain Derek, jappa Stiles, en le suivant immédiatement.
Nah ! Je suis affreuse parce que je mets du temps à mettre à jour cette fiction, mais je ne l'abandonne pas. Donc que tout nouveau lecteur ne prenne pas peur, s'il l'intercepte au cours d'un vide intersidéral de manque de mise-à-jour. Je suis comme ça. Désolée.
Sinon, je prends un pied avec cette histoire. Vous ? Nah mais c'est genre monstrueux. Le fandom est un peu en train de pourrir, mais cette fiction est tellement bonne à écrire. La relation entre Derek et Stiles, leurs échanges, ce qu'offre le cadre en paysage poétique dans la dynamique.
C'est pour l'instant le chapitre le plus long que j'ai eu à écrire. Je l'ai d'ailleurs coupé en deux parce que je n'ai pas finit de le rédiger (jure ? pour changer ?) et que je voulais vous poster un truc. Mais ça s'articule et c'est cool. Cependant, vous risquez d'avoir la suite plus rapidement parce que - merde - je veux trop vous la donner, parce que - merde - l'action est canon à imaginer et je veux trop recevoir vos réactions sur le tournant majeur que prend l'intrigue. Vous savez: les grands méchants qui sont pas très beaux.
Sérieux, j'écrase. Pardon.
Avec amour,
Charlie.
Juste une question, en fait ! Pourquoi ce fichu site mange les points-virgules ?
