Hostis Humani Generis
Chapitre huit, Brothers in arms
A nord-est du camp de réfugiés, Scott traversa la petite passerelle, faîte de taules, qui reliait deux toits entre eux, juste après les immenses grillages ceinturant les lieux. Il revint sur celui de la petite boutique et s'échina à repasser par le mur lésé d'impacts pour descendre.
- Pourquoi tu ne t'es pas servis de l'échelle ?
Scott fit un bond en arrière, la main sur le cœur et un cri noué dans la gorge. Il reconnut la silhouette d'Allison, dissimulée quasi dans la pénombre. La jeune femme était appuyée contre l'angle du bâtiment, ses bras et jambes croisés. Scott remarqua ses longs cheveux bruns, comme une onde d'encre, sur une de ses épaules et son expression un peu mystique. Quelque part, Allison Argent ressemblait à une Valkyrie.
- Je ne sais pas, Scott McCall, si je suis furieuse contre toi ou davantage folle (le amoureuse était peut être sûrement sous-entendu à un endroit, il l'espérait), fit-elle en avançant doucement vers lui.
Son timbre était calme. Elle était habillée comme lorsqu'elle partait chasser : son arc négligemment pendu sur son épaule, son carquois dans son dos. Scott déglutit, sous l'air détendu et éveillé, il distinguait parfaitement les renflements de la colère.
- Tu allais partir sans moi, continua-t-elle, toujours aussi paisible et douce.
Elle s'était arrêtée à deux pas, en face de lui.
- Peut être que je vais traîner ta carcasse d'humain jusqu'à l'intérieur du camp.
Scott s'affaissa sur lui-même. Elle jouait avec lui.
- Naaan, Allison. J'ai galéré avec ton père, j'ai jamais dû être aussi malin. Il va me mettre aux fers.
Il distinguait très bien son petit rictus, maintenant, alors qu'elle avait fait un pas de plus et tendait son visage vers le sien.
- Aux fers, Scott ? Tu te crois dans un western ? C'est pas mon père le shérif, c'est celui de Stiles. Et lui – il va plutôt te passer un savon. Mon père, médita-t-elle, mon père, c'est une autre histoire.
Scott roula des yeux et soupira.
- Allison, grogna-t-il.
Elle avait ce sourire de mercenaire très satisfait de lui-même, très confortable dans ses bottes, triomphant.
Par un sombre et crétin sort du destin, ils croisèrent peut-être la route de Lydia et Jackson, dans leur fuite enfiévrée. Genre quelques heures après. Genre sûrement.
- Shérif !
- Je vous l'ai déjà dit Ar – commença le shérif Stilinski avant de s'interrompre : les traits de Chris Argent étaient taillés dans une fureur froide. Quelque chose est arrivé ? fit-il alors, se désintéressant totalement des jeunes gens qu'il était en train de réprimander.
Une lame froide caressa son échine. Son « quelque chose » saisissait n'importe quoi, mais – il l'espérait – rien ne concernant les rôdeurs de loin ou de près. Il en avait assez de ces machins en décomposition, après deux mois.
L'installation du camp de réfugiés avait été quelque chose de délicat, mais ils géraient plutôt bien le concept depuis bientôt cinq semaines, n'ayant eu aucun accident grave, précisément à voir avec une cape couleur oubli et une faux. Ils avaient du personnel de santé, des ressources, et beaucoup de poigne et de bonne volonté. Cependant, John Stilinski ne se leurrait pas. La survie était une chose difficile. Une créature fougueuse et infidèle, qui troussait les faibles d'un sourire aiguisé avant de les pousser dans le sang. Ils étaient un petit nombre, mais même ainsi la situation pouvait vriller en très peu de temps.
Ils avaient tenu lieu dans un endroit assez isolé et stratégique, l'avaient sécurisé et avaient amener une routine difficilement mieux rodée avec leurs moyens de survivants. Il y avait des habitants de Beacon Hills et des environs, mais ils n'étaient pas tant. Juste une petite cinquantaine. Le shérif avec deux de ses – anciens – adjoints, la famille Argent et ses hommes de main, puis du personnel hospitalier, tenaient le rôle des figures d'autorité.
Enfin, il n'aimait jamais vraiment recevoir de visite de Chris Argent.
N'espérait pas devoir avoir à gérer encore d'autres conneries, comme devoir mettre les voiles.
Il était fatigué.
Il pensa à Stiles.
Stiles qui n'était définitivement pas à ses côtés, mais Dieu seul savait où. Stiles qui avait peut être été réclamé par la mort et oublié par le monde.
- Les enfants sont partis.
Franchement, il ne sut pas quoi penser. Peut être que des rôdeurs auraient été davantage faciles à gérer.
- Je vous demande pardon ?
- Bordel, McCall, je te jure –
Scott fit genre qu'il tendait l'oreille pour la suite, sa main en coupe derrière le dit-ourlet de chair. Ce qui agaça prodigieusement, sinon davantage encore, Jackson.
- Oh putain, je vais le tuer !
Il fut arrêté dans son entreprise par Lydia.
- Tu veux bien stopper le rôle du connard de service deux secondes.
Jackson observa Scott, puis il articula, en examinant ses ongles :
- Ça fait vraiment chier, McCall. Ça veut dire que le monde s'est vraiment ramassé la tronche.
Lydia lui mit son coude dans les côtes.
- Il s'est ramassé la tronche, Jackson. Dans le cas inverse, je n'aurais pas passé autant de temps avec toi, sans aucun répit, sinon mes périodes de sommeil, fit-elle.
Allison étouffa l'exclamation admirativement choquée de Scott en lui écrasant le pied.
Dans un second temps, toujours dans la veine d'un sombre et crétin sort du destin, ils arrivèrent à se mettre d'accord sur deux-trois choses. Stiles. Les zombies. La mort. Stiles. Leur drôle d'amitié. Stiles.
Ouais, Stiles.
- Oh naan. Vraiment aucun moyen, je ne m'associe pas avec ce singe.
- Ouais, moi non pl – attends, tu viens de – vraiment ? De singe ?
Scott se précipita sur Jackson.
En les séparant encore une fois, Allison et Lydia soupirèrent.
Ces zouaves.
- Arrête la voiture !
Jackson allait râler et prendre toute la tendresse du monde pour ne pas accéder à l'ordre de Scott, quand il accrocha son regard de fou. Il avait bondit entre les deux sièges avant, et fixait un truc au loin. Jackson suivit. McCall fixait une Jeep. Une putain de Jeep bleu ciel, qui avait été abandonnée en plein chemin.
Ils sortirent du SUV, horreur récupérée quelques heures plus tôt après que la Porsche les ait lâché.
Allison et Lydia échangeaient de drôles de coups d'oeil. Tout le monde resta à côté, empêché par la peur, l'appréhension.
Il y avait du sang sur le sol. Les portières bleues béantes.
L'endroit empestait l'essence.
Je sais ce que vous vous dîtes... que lui arrive-t-il ? A-t-elle (enfin) été remplacée par une personne efficace ? Un écureuil l'a-t-il (enfin) assassiné pour prendre sa place ? Cessera-t-elle (enfin) des phrases qui riment avec glace ?
Sachez que toute la trame est bouclée. Il me reste seulement la rédaction. Je sais exactement où tout ça va, ce que contient chaque chapitre jusqu'à la fin. Et je suis tellement pressé de vous poster ce qui arrive, parce que vous allez vous arracher les cheveux, pas que je veuille vous rendre chauve et moins esthétiquement agréables, juste que tout ça est très excitant !
On m'a parlé de ce que devenait le shérif et Scott et tout le reste, et ça m'a fait sourire parce que je savais que j'allais devoir vous poster ça. Alors, Scotct et Allison se sont échappés pour retrouver Stiles. Ils sont tombés sur Jackson et Lydia, qui décident de les aider. Pensons que l'apocalypse et les amitiés d'avant ça rapproche toujours ! On sait - enfin! - ce qu'il advient du shérif ! Retenez. Vous n'allez pas de nouveau entendre parler de ces zigotos avant un bout, parce que l'histoire adore Stiles et Derek, et que les détails ici sont importants pour la suite.
Je vous laisse à vos suppositions, mais dîtes-moi ! je me régale d'échanger là-dessus.
Charlie
