CHAPITRE 13
Kiss or Kill

Rapport de Mission

Membre : James Potter

Dates : 01/04/1979

Participants : James Potter / Hestia Jones / Peter Pettigrow / Lily Evans

Objectif : Obtenir la confiance des vampires

Détails : /

Succès-Échec

– Aucunes informations supplémentaires à me donner Potter ? Demanda Alastor Maugrey.

Il y avait bien des choses à dire sur cette mission. Bien plus que ce que ce rapport contenait. Des informations qui auraient pu s'avérer capitales pour l'Ordre. Mais comment avouer à son supérieur que Remus et Sirius, malgré des ordres stricts les avaient rejoints. Cela ne ferait qu'accentuer un peu plus les soupçons de l'Auror à leur sujet. Les secrets autour de cette mission ne faisait que s'amonceler en un petit tas qui allait finir par attirer l'attention.

Lorsqu'ils avaient transplané au manoir, Dumbledore les attendait. Il était seul. Il leur avait ensuite demandé de lui remettre cette "pierre" qu'ils avaient récupéré chez les vampires. Exigeant leur silence concernant celle-ci. Et une fois de plus cette nuit-là il avait fait une promesse. Dumbledore n'était pas le premier à qui il avait donné sa parole ce soir-là. Alana, la nouvelle reine des vampires avait troqué l'allégeance de son peuple contre la préservation de leur "secret". Car c'est ce qu'étaient les secrets : une monnaie d'échange.

– Non monsieur, répondit James.

– Aucun incident majeur à signaler ? insista le mage.

Est-ce que le fait que son meilleur ami ait fait une tentative de suicide pouvait être considéré comme un incident majeur ? Il ne le saurait jamais. Car Sirius n'était pas là cette nuit-là. Et Moony non plus. Tout du moins d'après son rapport. Ce rapport qui n'était que mensonge et dissimulation. La vérité sur ce qui s'était passé cette nuit-là avait été enfoui sous tous ces secrets.

Ainsi nul ne saurait que Sirius avait tué Katerina Petrova. La reine est morte vive la reine. Alana avait été élue par ses pairs et elles les avaient laissé partir. Avec la pierre en remerciement. Tout s'était passé si vite qu'il n'avait pas vraiment eut le temps de réaliser.

Sirius s'était ouvert les poignets avec cette pierre étrange dont les propriétés lui étaient encore inconnu. Il avait refusé de parler de ce qu'il avait vu et le silence de Dumbledore ne laissait aucun doute sur le pouvoir immense que recelait celle-ci. Tout ce qu'il savait c'est que cette pierre leur avait sauvé la vie. Le sang de Sirius avait semblé paralyser les vampires. La reine qui était la plus proche avait commencé à hurler. Sirius avait alors posé ses mains ensanglantées sur le visage de leur geôlière. Les effets avaient été immédiats. Le corps calciné de la reine des vampires leur faisait face.

Remus était ensuite parvenu à se libérer de ses liens grâce à Evans qui avait profiter de l'affolement des vampires pour se mettre dos au jeune loup. James admirait le sang froid de Remus. Lui-même avait été tétanisé de voir Sirius se faire du mal à lui-même. L'espace d'un instant il avait cru que son meilleur ami avait voulu se… Mais Remus savait pour la faiblesse des vampires. Il avait découvert cela dans les recherches de son propre père.

Sirius n'est pas suicidaire.

C'est ce que répétait Remus tandis qu'Alana plaçait la pierre sur son socle qui s'avérait être une bague. Pourtant tout comme son rapport, James sentait que cette affirmation n'était qu'une manière de dissimuler une réalité plus sombre. Le regard vide de Sirius, la détresse dans sa voix, et ses larmes refusait de quitter son esprit. Les vampires étaient peut-être vulnérables au sang, mais une part de lui doutait que Sirius ait simplement voulu utiliser cela contre eux. L'état dans lequel l'avait plongé cette pierre de malheur le rendait incapable de réfléchir clairement. Encore moins de fomenter un plan.

– Potter. Potter !

– Oui monsieur ? Répondit James tiré de ses réflexions par un Alastor Maugrey qui semblait perdre patience.

– Aucun problème avec Evans ?

– Non. Aucun.

Encore un mensonge.

C'était soit ça… soit admettre qu'il avait confondus mission et vie privé. Était-ce qu'on attendait vraiment de lui qu'il confie à Alastor Maugrey qu'il avait perdu la tête pour un ridicule baiser ? Qu'il était retombé dans les bras de la fille qui lui avait brisé le cœur à la première occasion ? Il n'était même pas sûr de pouvoir avouer une telle chose à ses meilleurs amis, alors son mentor… non.

– Il y a des points que j'aimerai éclaircir. Nous verrons cela plus tard.

James retint un soupir de soulagement de se voir enfin congédié. Il se retint également de se ruer sur la sortie. Loin des questions, loin du regard inquisiteur de l'Auror.

– Potter.

– Oui monsieur ? Répondit-il sa main se serrant sur la poignée anxieusement.

– Félicitation.

– Merci.

James aurait probablement bondi de joie de recevoir un compliment du célèbre mage mais une petite voix qu'il ignorait la plupart du temps lui chuchotait que ce n'était pas une véritable victoire. Il n'avait rien vu. C'est Evans qui avait décelé la supercherie. Et si Remus et Sirius n'étaient pas parvenu à entrer dans la propriété, ils seraient tous morts… ou pire, morts vivants. Tout ça parce qu'il n'était pas parvenu à passer la porte de la bibliothèque de son père. Alastor le renverrait de l'Ordre dans la seconde s'il apprenait ça.

La seconde raison qui l'empêchait de se réjouir se tenait devant

lui : Sirius. Il riait avec Peter, Remus et Hestia. Comme si de rien n'était. Lorsque leur regard se croisèrent, le sourire du ténébreux maraudeurs disparu néanmoins et Hestia prétexta une course urgente à faire pour quitter l'appartement, laissant les quatre garçons ensemble.

– James il n'a pas essayé de se suicider il a juste… commença Remus.

– Arrête ça Remus, l'interrompit immédiatement James, refusant d'entendre encore une fois cette explication bancale au geste de leur meilleur ami.

– Qu'est-ce que tu veux que je te dise, lâcha Sirius en posant son verre sur la table basse.

– Je veux que tu m'explique ce qui s'est passé là-bas ! S'emporta le chef des maraudeurs. Je veux que tu me dises ce que tu as vu qui te pousse à…

– Qui me pousse à quoi ? Répondit nonchalamment le sang pur. C'était de la magie noire. J'y ai mal réagit. C'est tout.

– Sirius, si tu nous disais juste ce que tu as vu… intervint Remus en voyant James perdre patience.

– Tu as dit son prénom. Tu as dit Marlène. Je t'ai entendu, intervint Peter sans aucune délicatesse.

– Une hallucination, répondit Sirius en haussant les épaules, son visage perdant cependant un instant son masque d'indifférence.

– T'as voulu mourir. T'as voulu la rejoindre. C'est ça ? demanda James d'une voix mêlant colère et détresse.

– Pourquoi c'est toujours toi qui pose les questions ! contra Sirius, la meilleure défense étant l'attaque. Explique-nous ce que tu faisais avec Evans ! Vas-y !

– Y'a une différence entre attenter à sa vie et… répliqua James ne parvenant à dire à haute voix qu'il avait embrassé la jeune femme.

– Et quoi ? Embrasser une fille qui n'est pas sa copine ! termina Sirius méprisant.

– Sirius… tenta Remus.

– Quoi ? Tu l'as vu comme moi !

– C'est vrai que toi t'es un modèle de vertu ! répliqua James, ne contenant plus sa colère.

– Je prétends pas l'être au moins ! rétorqua fièrement Sirius.

– Oh vraiment ! La seule raison pour laquelle t'es pas polygame c'est parce qu'elle est morte ! asséna James sans pitié.

– James ! gronda Remus, mais l'avertissement arriva trop tard.

– Retire ça ! hurla Sirius.

– Admets le ! T'as essayé de te tuer par culpabilité. Parce que cette nuit-là, comme toutes les autres nuits tu étais en train de t'envoyer en l'air avec une autre de tes pu...

Il n'eut pas le temps de finir que le coup parti, le poing de son meilleur ami s'écrasant sur son visage, l'envoyant au tapis.

– T'es vraiment qu'un gros con parfois ! lâcha Sirius en se massant la main, attrapant sa veste en cuir transplanant.

– Remus, pars pas… supplia James en voyant le doux maraudeur attraper sa veste à son tour.

– Il était avec moi. La nuit où elle est morte.

James n'eut pas le temps de le retenir, que le jeune loup disparu à son tour. Seul demeurait Peter. Mais dans le regard de celui-ci il ne lut que de la pitié et de la déception, bien éloignées de l'admiration habituelle.

– Rentre chez toi Peter.

Ce que Peter fit. Parce qu'il n'était bon qu'à ça n'est-ce pas ?

Obéir…

Remus avait eu le droit à un "reste". Et même après cette altercation, il était plus que probable que James désirait la présence de Sirius. Mais la sienne. Non. Il avait failli oublié pourquoi il les haïssait. Il avait failli se réjouir de la réussite de cette mission. Mais en réalité, leur succès étaient désormais ses échecs. Cette pierre, cette bague, elle appartenait à Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom. Sirius avait peut-être reconnu la magie noir mais il avait reconnu la magie de son maître. La désormais défunte reine des vampires avait dit que Lord Voldemort ne savait pas encore qu'il ne possédait plus la pierre. Peter se ratatina sur lui-même à la pensée de devoir faire remarquer au maître son "erreur". Nul doute que sa colère serait effroyable. Peut-être valait-t-il mieux ne rien dire… pour le moment.

– Tu as embrassé Lily Evans ? Demanda Hestia à James qui debout dans l'entrée avait décidé semble-t-il d'être la cerise sur le gâteau de cette soirée plus que désastreuse.