CHAPITRE 20
Nose

Albus Dumbledore n'aurait jamais pensé que sa courte absence provoquerait de tel événement. À son retour, Minerva lui apprit que Potter avait mené une véritable mutinerie contre Maugrey, allant jusqu'à lui interdire l'accès du quartier général. La raison était -d'après la jeune femme– plus que justifié. Les propos tenus par l'Auror avaient été jugé inacceptables. Ils n'étaient pas des soldats, ils n'étaient, pour certains même pas encore adultes. Alastor voulait remporter la guerre mais il n'avait pas réussi à remporter le cœur de ses troupes. Ses ordres étaient justes, logiques et nécessaires mais cela n'avait pas été suffisant à les rendre « légitimes ». Un bon chef doit être capable de faire preuve de compassion. Il doit être capable de faire preuve de spontanéité. Suivre son cœur plutôt que sa tête n'était pas toujours une bonne idée mais pour soulever un peuple il faut être capable de susciter chez lui une émotion irrésistible, un sentiment qui prends aux tripes et qui donne l'impression de pouvoir tout accomplir. Ce désir de faire ce qui est juste, c'était cela qui avait poussé chacun des membres de l'Ordre à s'engager. Alastor était un excellent mentor et un professeur de génie mais il n'avait rien d'un meneur. Il n'avait pas pensé que le jeune Potter était déjà prêt à remplir cette tâche qu'il lui avait toujours destiné mais il semblait que le garçon ait prit les choses en main. Il s'en remettrait donc au destin mais pour l'heure il semblerait que ce dernier ait besoin d'un petit coup de main.

James ne comprit pas immédiatement ce qui avait provoqué la panique dans les rangs de leurs adversaires mais soudain les mangemorts se dispersèrent, transplanant, fuyant la bataille alors qu'ils avaient l'avantage. Cela fit entrer leur Maître dans une fureur indescriptible mais il semblait lui aussi peser le pour et le contre, fixant un point derrière lui. James cacha difficilement sa joie en apercevant Dumbledore dans l'embrasure de la porte, accompagné des autres membres de l'Ordre dont Maugrey. Ils étaient sauvés. James fit face au mage noir, il était si proche qu'il remarqua que la peau de Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom était si pâle qu'elle en était presque translucide. Elle semblait également peler à certains endroits comme si, à la manière des serpents, il s'apprêtait à changer de peau. Ses yeux qui avait paru si noir de loin étaient en réalité comme injectés de sang, le noir disparaissant complètement à certains endroits au profit d'un rouge sombre. Ses paupières ainsi que son nez semblaient également s'effacer peu à peu. Il n'avait plus rien d'un être humain. James se demanda si c'était dû à la magie noire. Mais ça ne tenait pas la route. Aucune famille n'avait plus baigner dans cet « art » que la famille Black, et pourtant tous ses membres étaient d'une beauté scandaleuse.

– Qu'est-ce que tu regardes toi ? demanda Voldemort, ses intonations charmeuses disparaissant sous l'effet de la colère, comme si… mais oui c'était ça, il était vexé par ce qu'il avait lu dans le regard du chef des maraudeurs.

– Rien, répondit James innocemment.

– Rien ? Tu fais face au plus grand mage noir de ce siècle et des suivants, néanmoins tu ne sembles pas avoir peur.

James ne parvint pas à se retenir d'avantage, pouffant de rire avant de plaquer une main sur sa bouche pour dissimuler son sourire. Les larmes aux yeux, il continuait à fixer ce « rien ».

– Qu'est ce qui te fais rire, insolent ! hurla le Maître des Ténèbres.

– Vous avez dit… commença James en riant, et il dut s'y prendre à plusieurs fois avant de parvenir à articuler sa phrase. Vous avez dit « néanmoins ». Nez en moins. Et vous n'avez « rien » là, ajouta-t-il en désignant le milieu du visage d'un Voldemort abasourdi. Pas de nez je veux dire.

– Je vais te tuer ! Hurla le mage en pointant sa baguette vers lui mais son sort fut contré par Lily qui semblait avoir été gagnée par l'adrénaline du combat.

– Espèce de sale sang-de-bourbe ! Comment oses-tu me défier !

– Cet idiot a un truc à me dire, alors vous allez pas le tuer. Pas aujourd'hui ! répondit-elle envoyant une nouvelle salve de sorts, faisant peu à peu reculer le mage, aidé dans sa tâche par James ainsi que Frank et Alice qui s'étaient joints à eux.

Encerclé et acculé, Voldemort n'eut d'autre choix que de transplaner offrant à l'Ordre leur première victoire depuis une éternité. Des cris de joies fusèrent de toutes parts tandis que les derniers mangemorts imitaient leur Maître.

– Ta blague était pas si drôle, fit remarquer Sirius.

– Oh, parce que Monsieur en a une meilleur peut-être ? demanda James vexé que son humour soit remis en question.

– Moi j'en ai une pas mal je crois, intervint Peter.

– On devrait rentrer, leur fit remarquer Remus. Ils vont surement revenir avec des renforts.

– Tu sais ce qui va pas revenir Moony ? demanda Sirius. Le nez de Voldemort.

– Elle était nulle ! s'exclama James.

– Elle était mieux que la tienne, répliqua Sirius en croisant les bras.

– C'est l'histoire du Maître des Ténèbres qui… commença Peter.

– Tout le monde est déjà parti, soupira Remus.

-… entre chez un tatoueur… continua Peter sans se soucier de qui que ce soit.

– Tu la connais celle-là ? demanda James. C'est l'histoire de comment Voldy a perdu son nez. Son père le lui a volé petit et il lui n'a jamais rendu.

– Je me suis endormi en t'écoutant, répliqua Sirius.

-… il demande à se faire percer le nez… poursuivit Peter dans l'indifférence la plus totale.

– Comme si tu pouvais faire mieux que ça ! attaqua James.

– Mieux qu'un jeu de « je te vole ton nez » ? Bien sûr que je sais faire mieux que ça !

– Les gars, soupira Remus.

– Ça t'ennuies uniquement parce que t'as pas de blague, lui répondit Sirius.

-… mais il peut pas parce qu'il a pas de nez, termina Peter assez fier de lui.

– La ferme Peter ! lui répondirent les trois maraudeurs d'une seule et même voix.

– Oh ça va ! dit le petit rat en transplanant, suivi de Sirius et James.

– Remus ? Lâcha une voix qu'il n'identifia pas immédiatement jusqu'à ce que sa propriétaire apparaisse, sortant de sous la table où elle s'était dissimulée, époussetant gracieusement sa robe de mariée.

– Narcissa… merci pour ton aide, lui dit le timide maraudeur.

– J'avais une dette envers Evans. Ne comptez pas sur moi à l'avenir, répliqua-t-elle froidement.

– Désolé d'avoir gâché ton mariage, s'excusa Remus.

– Bellatrix s'apprêtait à torturer Evans devant toute l'assistance pour le dessert. Il aurait été gâché de toute manière, soupira-t-elle.

– Oh… je vais y aller dans ce cas. Je ne voudrais pas t'importuner plus longtemps.

– Remus, méfie-toi, il a peut-être un humour douteux mais il est doué pour mentir.

– Qu'est-ce que tu… commença Remus.

– Un traitre peut faire plus de dégâts qu'un ennemi déclaré.

– Tu sais qui nous as trahi ? S'exclama Remus.

– Pars, ils arrivent.

– Un nom Narcissa ! S'écria le maraudeur.

– Je suis désolée, mon allégeance m'empêche de t'en dire davantage. Je révoque mon invitation, dit-elle et avant qu'il n'ait pu faire quoi que ce soit, il se retrouva devant la grille du château des Malfoy.

Remus ne transplana pas immédiatement au quartier général. Il lui fallait quelques minutes pour encaisser une telle révélation. Narcissa venait de confirmer leur plus grande crainte : un traître se trouvait bien parmi eux. Pire, elle avait affirmé que celui-ci avait un humour « douteux » ce qui réduisait sensiblement la liste des suspects. James, Sirius ou Peter. L'un des trois était la fameuse taupe.