CHAPITRE 39
Pregnant

Lily était dans une merde sans nom. Elle n'était pas ce genre de fille. Sans être parfaitement responsable, elle n'était définitivement pas une personne chaotique –contrairement à une certaine personne qu'elle ne citerait pas pour le moment. Ses nerfs menaçaient de lâcher à tout moment. Elle n'était pas prête. Définitivement pas prête. Encore moins dans la situation d'incertitude dans laquelle elle se trouvait par rapport à sa relation avec James. Elle pansait encore ses plaies concernant l'incident avec Hestia et n'était pas prête à un engagement aussi… permanent et définitif. Elle fixa la potion, hésitant à en faire une autre pour confirmer un résultat qui ne faisait aucun doute. Malheureusement pour elle, l'art des potions était une chose qu'elle maitrisait à la perfection –d'après le professeur Slughorn– et il y avait peu de chance qu'elle ait fait la moindre erreur en concoctant celle-ci.

Elle aurait pu le remarquer plus tôt. Bien plus tôt. Non pas que ça aurait changé quoi que ce soit mais peut-être que les choses se seraient déroulées autrement si… Elle secoua la tête comme pour chasser cette idée de son esprit. Elle fit disparaitre la fiole, de peur que quelqu'un ne tombe dessus. C'était son secret. Un secret qu'elle peinerait à cacher à mesure que le temps faisait son œuvre. C'était déjà un miracle que ce ne soit pas plus visible. Ou peut-être que ça ne l'était pas. Elle n'y connaissait absolument rien. Elle baissa les yeux sur son ventre, parfaitement plat pour le moment. Combien de temps le resterait-il ? Elle glissa une main sous son pull, le contact de sa propre peau ne lui paraissant plus aussi familier maintenant qu'il dissimulait une vie autre que la sienne. Elle allait avoir un bébé. Cette perspective la terrifiait.

Son attention fut détournée par le son strident de sa sonnette d'entrée. Elle se saisit de sa baguette et se dirigea vers la porte. Elle n'attendait personne. Elle vit qu'il s'agissait d'Alice à travers le judas et après le contrôle de routine, elle lui ouvrit la porte, laissant la jeune fille entrer. Celle-ci semblait survoltée. Elle était radieuse depuis son mariage avec Frank. Lily lui en voulait un peu même si elle savait que ça s'était fait sur un coup de tête. Ce n'est pas comme si Alice avait organisé un grand mariage et qu'elle ne l'avait pas invité. Elle avait bu – comme beaucoup de personne ce jour là – et elle avait décidé qu'épouser Frank était une bonne idée.

– Tu veux quelque chose à boire ? lui proposa Lily en se dirigeant vers la petite cuisine.

– De l'eau ça ira, répondit la jeune fille ne s'installant confortablement dans un des fauteuils du salon.

Elle semblait fébrile et cela intriguait fortement Lily. Qu'est ce qui pouvait mettre son amie dans cet état ? Elle servi un seul et unique verre d'eau à Alice, ne pouvant pas avaler quoi que ce soit à ce stade. Il fallait qu'elle se reprenne. Elle ne pouvait pas risquer d'être démasquée avant d'avoir décidé de ce qu'elle voulait faire. Alice et James étaient bien trop proches pour que cela ne lui revienne pas aux oreilles et pour le moment, elle n'avait aucune envie de partager ça avec lui.

– Qu'est ce qui t'amènes ? lui demanda la jolie rousse en s'installant face à la jeune femme après lui avoir donné son verre d'eau.

– Je voulais que tu sois la première au courant. Je n'ai pas géré… pour le mariage mais pour ça, je compte faire les choses comme il faut.

– Ce n'est pas grave, répondit Lily bien que ce n'était pas tout à fait vrai.

– Si ça l'est, soupira Alice. On était proche avant et depuis que tu es revenue, je vois bien que ce n'est pas comme avant. Je suis en partie responsable de ça.

– C'est moi qui suis partie Alice, c'est de ma faute, protesta Lily, ne pouvant ignorer sa culpabilité.

– Tu avais tes raisons. On ne gère pas tous nos émotions de la même manière. Je n'aurais pas dû te reprocher d'être partie. Tu avais besoin de temps. Et tu es là maintenant. C'est tout ce qui compte, ajouta Alice en se penchant pour attraper ses mains par-dessus la table basse, les serrant doucement dans les siennes. Je ne remplacerais pas Marlène… mais je serais toujours ton amie Lily.

– Et je serais toujours la tienne, répondit la jolie rousse en répondant à la pression des mains d'Alice.

– C'était tellement compliqué de garder le secret mais on dit qu'il faut attendre d'avoir passé les trois mois pour le dire…

– Oh mon dieu… lâcha Lily en comprenant assez rapidement ce qu'était venu lui dire Alice.

– Lily, je suis enceinte ! S'exclama Alice en affichant un sourire presque euphorique.

– Oh mon dieu, répéta Lily avant de se reprendre. C'est… génial ! De Frank ? Ne réponds pas à ça, c'était stupide comme question ! Bien sûr que c'est Frank le père ! Félicitations à vous deux !

Lily se leva pour contourner la table basse et serrer son amie dans ses bras. Elle était véritablement heureuse pour Alice. Elle méritait d'être heureuse. Elle était de celle qui avait le plus perdu dans cette guerre absurde. La voir se reconstruire était une chose qu'elle ne pouvait que célébrer mais une part d'elle enviait ce bonheur auquel elle n'avait elle-même pas droit.

– Lily est ce que tu pleures ? demanda Alice en rompant leur étreinte.

– Je… commença Lily en essuyant une larme qui lui avait effectivement échappée. Je suis vraiment heureuse pour toi.

– Mais ? Demanda Alice qui voyait bien qu'il ne s'agissait pas de bonheur mais bien de tristesse.

– Ça n'a aucune importance. Bon sang je gâche tout ! s'exclama Lily en inspirant pour se reprendre et afficher un sourire qui ne dupa pas le moins du monde Alice.

– Ce n'est pas sans importance si ça te met dans cet état ! Tu sais que tu peux tout me dire ! Est-ce que c'est encore cette histoire avec James et Hestia ? Tu sais qu'il est fou de toi ! Peu importe ce qui a pu se passer, il n'aimera jamais personne comme il t'aime toi !

– Ce n'est pas James… enfin… si mais non, s'emmêla Lily.

– Qu'est-ce que c'est alors ?

Elle n'avait eu aucune intention de lui dire quoi que ce soit mais elle avait besoin d'aide. Elle ne voulait pas vivre ça toute seule. Elle n'était pas certaine d'être assez forte pour ça. Elle n'était sûre de rien. Même pas de James.

– Je suis enceinte, lâcha-t-elle dans un souffle à peine audible comme si elle avait craint que prononcer ces mots briserait tout ce qui l'entourait.