Je ne possède aucun des personnages de la série.

Il ne fait pas bon de se remettre à regarder de vieilles séries qui passent à la télé, surtout quand elles font parties des coups de cœur de votre jeunesse... Et surtout si elle parle de relation fraternelle et paternelle fortes...

POST SAISON 1 EPISODE 6 : Alors que tout le monde a quitté le chalet, Stringfellow se laisse rattraper par tout ce qu'il a vécu ces dernières 48 heures.

Cette fic est une scène post épisode alors qu'Archangel et Marella viennent de quitter le chalet avec Susan, laissant Stringfellow seul avec Dominic. Le regard de ce dernier est happé par la photo posée sur la cheminée... J'avais vraiment envie d'écrire cette fic parce qu'émotionnellement parlant c'est un épisode difficile pour lui et que j'avais envie de m'attacher à son état d'esprit à la fin des événements.

En espérant que cela vous plaise

Bonne lecture

PS : Au fait j'ai commencé à faire du tri et à remettre de l'ordre dans mes publications en faisant une sorte de table des matières dans mon profil alors n'hésitez pas à y faire un tour ;)


UNE SIMPLE PRESENCE

Stringfellow frémit. Le calme était revenu dans sa cabane, tout le monde l'ayant enfin laissé seul, à part Dominic qui était parti chercher du bois pour alimenter la cheminée. Archangel et Marella avaient acceptés de ramener Susan quand le jeune homme avait baillé discrètement. Les dernières 48 heures avaient été éprouvantes sur tous les points, même s'il tentait de le cacher et il devait bien admettre qu'il irait volontiers se coucher pour tenter de les rattraper en temps de sommeil.

Les flammes crépitèrent et Stringfellow observa le feu. Puis son regard accrocha la dernière photo prise avec Saint John deux semaines avant sa disparition. Cette photo qu'ils avaient envoyée à Dominic pour lui prouver que tout allait bien et que le jeune homme avait installé en bonne place sur la cheminée, pour ne pas le perdre, pour qu'il soit toujours là avec lui. Saint John... Ces salopards avaient su où frapper et l'acteur avait été crédible... ce qui était terrible et douloureux...

Un frisson remonta le long de son échine, il lui fallait du repos ! N'attendant pas que Dominic rentre, il se dirigea vers l'escalier. Il avait monté deux marches lorsque la porte s'ouvrit. Dominic lui lança un coup d'œil et nota immédiatement son air sombre et la douleur dans ses yeux.

- Je vais m'allonger, murmura Stringfellow. Tu peux dormir ici si tu veux.

Dominic hocha la tête.

- C'était prévu.

Stringfellow lui fit un sourire triste et gagna l'étage pendant que son ami se rapprochait de l'âtre. Dominic déposa les bûches dans le feu en soupirant. Qu'est-ce qu'il croyait le petit ? Bien sûr c'était prévu qu'il dorme ici. Il n'était pas idiot. Il avait bien vu la ressemblance frappante entre cet espion et Saint John. Il savait ce que ces types avaient essayé de faire dans cet hôpital... Ils l'avaient manipulé en jouant avec ses sentiments, en lui offrant ce qu'il rêvait le plus depuis 14 ans et cela le révulsait. Comment des êtres humains pouvaient-ils jouer aussi odieusement avec les sentiments des autres ? Utiliser son amour de Saint John pour le manipuler lui donnait la nausée et il savait qu'il en souffrait. Oh, il ne le montrerait pas, la carapace ayant prit de plus en plus d'épaisseur au fil du temps et des épreuves... Mais il le connaissait assez pour savoir ce qui tournait dans sa tête à ce moment précis... Alors, il ne pouvait pas le quitter, pas ce soir...

Stringfellow jeta un coup d'œil à Dominic en train de déposer les bûches dans le feu et se rapprocha de son lit. Il retira ses chaussures, mais n'eut pas l'envie de se déshabiller et se laissa tomber dessus en frissonnant. Il ne voulait pas le montrer aux autres, mais il était exténué. Entre les drogues qu'ils lui avaient injectées pour le rendre docile et la manipulation mentale, il se sentait vidé. Il avait besoin de dormir pour récupérer, mais la douleur qui lui brisait le cœur n'avait pas l'intention de lui accorder ce luxe. Elle lui hurlait le nom de son frère, lui disant qu'il était tellement fou de le croire encore en vie que les autres en arrivaient à utiliser cet entêtement contre lui. Ils se moquaient de lui en faisant ça, non ? Même Archangel lui avait dit qu'il y avait 1 chance sur 10 000 pour qu'il soit encore en vie quelque part. Mais une chance, même sur des millions, ce n'était pas zéro, non ? Cela lui laissait un espoir.

Un autre frisson remonta le long de son échine et il étouffa de justesse un sanglot, effectuant un léger sursaut lorsqu'une main tira la couverture pour la remonter sur ses épaules. Dominic... Comme toujours... Stringfellow n'ouvrit pas les yeux pour éviter la discussion qui pourrait suivre, mais fut surpris lorsqu'il sentit un poids s'installer dans son dos.

Cette fois, il dut ouvrir les yeux et il se retourna un peu vers lui. Dominic s'était assis à côté de lui, un magazine à la main.

- Qu'est-ce que tu fais ?

- Mon dos a passé l'âge de dormir en travers sur un canapé.

- Tu es en train de me dire que mon canapé est devenu inconfortable et que tu es vieux ?

- Vieux ! Où tu as vu un vieux ?

- Eh bien, c'est toi qui...

- Comme si tu n'avais jamais dormi avec moi dans le même lit !

Stringfellow esquissa un léger sourire, bien sûr que ça leur été déjà arrivé... Ne serais-ce que pour le veiller quand il était malade, gamin... ou le jour qu'il était rentré, traumatisé par la guerre, la disparition de Saint John et encore blessé...

- Je n'ai plus 12 ans.

- Je le sais, dit Dominic en se replongeant dans son magazine.

Il faisait semblant de lire, mais Stringfellow savait pourquoi il était là et il se retourna vers lui, alors il laissa la carapace se fendre.

- J'ai vraiment cru que c'était lui cette fois, souffla-t-il sans lever la tête.

Dominic lui jeta un coup d'œil, posa son livre sur le sol et s'allongea sur le dos à côté de lui.

- Ils ont tout fait pour tu sais. Je suis désolé que des salopards comme eux utilise ton frère comme ça, c'est dégueulasse.

- Et ce n'est même pas le pire, souffla Stringfellow en redressant un peu la tête pour le regarder. Le pire c'est le moment où ils m'ont dit que tu étais mort en tentant de le sauver. Je... Je ne veux pas te perdre pour le retrouver...

Un frisson plus prononcé le parcourut et Dominic tendit le bras pour le glisser sous sa tête. Stringfellow le laissa faire et posa sa joue sur son épaule. Il savait bien que c'était une réaction enfantine, mais il était bien appuyé contre lui. ll ferma les yeux et Dominic laissa passer quelques secondes pour le laisser continuer à parler.

- Je ne veux pas te perdre.

- Tu ne m'as pas perdu.

Stringfellow frémit. Non, il était toujours là et c'était bien le principal. Son espoir de retrouver Saint John pouvait paraître utopiste. Lui-même savait bien que c'était sans doute irréel, mais Dominic était réel. Il était l'épaule sur laquelle il s'appuyait, le père devant lequel il pouvait se montrer faible et vulnérable. Il avait une place à part. Il était sa famille, sa seule famille... Envisager de le perdre était effroyable et la douleur qu'il avait ressentie à cette annonce l'avait brisé en deux... En plus, il était relié à cette espèce de machine, ce salopard avait bien vu sans cœur s'emballer, il avait vu ses difficultés à retenir ses larmes, comme il avait dû s'amuser de le voir s'effondrer sans vouloir le montrer.

A côté de lui, Dominic sentit qu'il n'était pas bien et sa main effleura sa joue avant de la presser.

- Tout ça n'était qu'un cauchemar String, essaie de ne pas le voit autrement. Je suis en vie et Saint John est quelque part. Ne perds pas espoir, pas maintenant... Essaie de dormir un peu. Ces dernières 48 heures ont été éprouvantes physiquement. Tu es épuisé, demain tu te sentiras mieux.

Stringfellow soupira et laissa ses yeux se fermer en hochant la tête. Dominic n'avait pas besoin de grand chose pour l'apaiser, sa simple présence, ses quelques mots, avaient fait disparaître toute une partie de sa douleur. Alors, il se détendit et laissa son épuisement le submerger, basculant dans le sommeil en une poignée de secondes.

Dominic sourit et réajusta la couverture.

- Repose-toi fils, tout va bien.