Les tomes 1 et 2 de Holding a Heart ont été entièrement corrigés (normalement y'a plus de fautes). Je me suis permise quelques modifications : Marlène est blonde et Dorcas est devenue Emmeline et Emmeline est devenue Dorcas (cela signifie que c'est Dorcas qui a embrassé Lily pendant son voyage aux État-Unis et c'est Emmeline qui est l'amie d'enfance de James). Pour ceux qui ont lu après la modification, merci d'ignorer ce message.

CHAPITRE 62
Golden Snitch

Ça aurait été mentir que de dire que tout allait de nouveau pour le mieux entre James et elle. Lily était bien des choses mais elle n'était pas une menteuse. Elle avait expérimenté le déni pendant des années pour ce qui concernait ses sentiments envers le chef des maraudeurs et cela ne lui avait apporté rien de bon, si ce n'était six ans de perdus. Elle ne comptait donc pas basculer là-dedans de nouveau. Elle devait faire face à la situation. Les choses étaient loin d'être parfaite avec le garçon mais il y avait un mieux. Ça n'effaçait pas ce qui s'était passé mais ils avançaient ensembles vers un futur qu'elle espérait commun et surtout heureux. Pour l'instant ils avaient l'air plutôt bien parties pour.

James se montrait de nouveau attentionné et tendre. Il n'avait jamais été très démonstratif en public mais la présence des êtres de l'eau ne semblait pas le limiter autant que de coutume. Son petit doigt lui chuchotait que ça n'était pas complètement désintéressé, et que la présence du prince des tritons avait son rôle à jouer dans l'attitude plus que tactile du sang pur. Elle s'était bien souvent plainte de la possessivité du garçon par le passé mais elle accueillait ce regain d'intérêt pour sa personne avec une euphorie certaine. Après des semaines à s'être sentie complètement invisible, elle ne pouvait qu'être reconnaissante et nul doute qu'elle l'aurait laissé faire à sa guise n'eut été leur mission diplomatique auprès du peuple de l'eau.

Elle se prenait à regretter de s'être servie du prince pour rendre James jaloux puisque son prétendant éconduit ne semblait pas avoir compris qu'il avait perdu la partie. C'était un véritable combat de coqs qui se déroulait à chaque repas, visite, rencontre, et malgré ses tentatives pour calmer le jeu, rien ne semblait capable de les détourner de leur objectif : elle. Peut-être que Lily n'était pas tout à fait innocente non plus après des semaines à aguicher sans vergogne James. Merlin avait fini par entendre ses prières. Elle n'avait plus à redoubler d'inventivité pour que son décolleté finisse sous le nez du garçon et elle espérait vraiment ne plus avoir à faire tomber un énième objet au sol pour ne plus avoir à se pencher pour le ramasser.

Elle appréhendait néanmoins la fin du séjour et le retour à la réalité. James continuerait-il à se comporter de la même manière ? Hestia gagnerait-elle de nouveau les faveurs du garçon ? Le bébé qu'elle portait viendrait-il de nouveau se mettre entre eux ? Elle regretta immédiatement cette dernièrement pensée, portant instinctivement sa main à son ventre, s'excusant ainsi d'une caresse. Elle avait bien des choses à regretter mais l'enfant n'en faisait pas partis. Penser ainsi était ce qui avait manqué de lui faire perdre James de nouveau. Elle aurait voulu qu'il naisse dans un monde en paix, sans mage noir pour attenter à sa vie, mais ça aurait été trop simple et rien ne l'était jamais avec les Potter. Pourtant, elle n'aurait voulu porter l'enfant de personne d'autre. Toutes ses inquiétudes ne parvenaient pas à altérer l'image qu'elle s'en était faite : un petit garçon à la chevelure en bataille et au sourire de canaille. Peut-être aurait-il ses yeux ? Son plus grand espoir était de parvenir à le protéger. Elle était prête à tout pour ça. C'était un sentiment qui l'exaltait et la terrifiait à la fois. Le courage des gryffondors ne la rendait pas indifférente à la mort. Elle avait peur et chaque jour un peu plus. Elle ne pouvait accepter la fin. Pas alors qu'elle voulait faire et voir tant de choses. Atlantis n'avait fait que croitre son sentiment d'être encore bien ignorante du monde magique. Combien de secrets lui restaient-ils à dévoiler ? Elle aurait pu passer des heures à rêver d'aventures dans ce bocal sous-marin, à regarder les créatures du lac noir, en effleurer la surface, si James n'avait pas brusquement fait irruption dans sa chambre.

– On se casse ! lui ordonna-t-il.

– Quoi ? lui demanda-t-elle, sans comprendre, peinant à revenir à la réalité malgré l'urgence qu'elle pouvait entendre dans son ton.

– Aller Lily, tu poseras des questions plus tard, insista-t-il en balançant ses affaires un peu partout sauf dans sa valise.

– Ok, ok ! Tant que t'as pas déclenché une guerre…

– Alors tu vas rire… commença-t-il avant de s'interrompre en remarquant qu'elle s'était saisie d'un des couverts en argent qui trônait sur son plateau repas.

– James Charlus Potter, as-tu déclenché une guerre ?

– Moi je dirais plus un conflit armé… Évites de t'énerver, pense au bébé ! dit-il en évitant un objet qui venait vers lui à une vitesse impressionnante. C'était un couteau ? Mais t'es malade ! Je suis le père de ton enfant.

– C'était une fourchette. Mais le couteau va suivre si tu me dis pas tout de suite ce que tu as fait.

– C'est pas de ma faute s'ils ont pas d'humour, rétorqua-t-il.

– Si par humour tu entends, faire exploser des monuments à la valeur historique inestimable, alors ça ne m'étonne pas, argua-t-elle.

– Pour qui tu me prends ? J'ai évolué depuis la tour d'Astronomie ! Faut vraiment qu'on se casse, s'exclama-t-il en entendant les gardes tentant d'enfoncer la porte.

– Ou alors tu t'excuses !

– Ou alors je me quoi ?

– Dis-moi ce que tu as fait, ça ne doit pas être aussi grave, insista-t-elle refusant de se laisser gagner par la panique.

– Le Prince était en train de me montrer les canons à eau… Et je lui ai demandé si on pouvait mettre quelqu'un dedans.

– Tu lui as demandé ? Répéta-elle sur un ton très … très peu convaincu.

– Ou peut-être que je l'ai mis dans le canon à eau pour voir si on pouvait mettre quelqu'un… admit-il avec une facilité qui aurait pu être déconcertante si elle n'avait pas été aussi habitué.

Elle se retint de hurler. Mais quel imbécile ! Et dire qu'elle allait avoir un enfant avec cet idiot.

– Si ça t'intéresse ça fonctionne plutôt bien.

– Est-ce que j'ai l'air… commença-t-elle avant de s'interrompre. Quand tu dis que ça marche, tu veux dire qu'effectivement tu peux mettre quelqu'un dans un canon et l'envoyer vers la surface ?

– Oui… répondit-il un peu surpris par son intérêt soudain pour ses bêtises, c'était bien la première fois qu'elle lui posait des questions à ce sujet.

– Oui le prince est vivant ou oui le prince est mort ? insista-t-elle.

– Qu'est-ce que ça peut te faire ? demanda-t-il, se braquant, la jalousie vrillant ses iris mordorées.

– Concentre-toi ! Hurla-t-elle en envoyant le couteau cette fois. On va devoir rejoindre la surface sans leur aide grâce à ton « conflit armé ». On doit utiliser les canons.

– Heureusement que j'en ai essayé un avant alors !

Si Voldemort ne le tuait pas en premier, elle le ferait. Il n'y avait pas la moindre trace ou signe qu'il plaisantait. En cet instant, il était convaincu de ce qu'il disait. Si leur enfant était à moitié aussi insupportable, elle souhaitait bien du courage au maître des ténèbres. Pour sa part, elle avait abandonné toutes idées d'un jour parvenir à faire rentrer un tant soit peu de logique dans la tête du beau brun.

– Tu as la cape ?

– Non ? mentit-il. Quelle cape ?

– La cape d'invisibilité dont je ne connais pas l'existence.

– Aaah, cette cape ! Bien sûr que je l'ai. Comment tu crois que je suis arrivé jusqu'ici vivant ?

– Sors-la !

– De quoi ? Aïe, aïe, aïe, dit-il en se protégeant des coups de la jolie rousse. Aïe putain, c'est bon je la sors.

Ils se glissèrent sous la cape juste à temps, la double portes cédant sous les assauts répétés des gardes. Ils attendirent que ces derniers aient quittés la chambre pour s'autoriser de nouveau à respirer. Elle soupira, abandonnant l'idée de récupérer ses affaires. Ils n'avaient pas le temps et elle douta qu'en plus de son ventre, elle parvienne à glisser une valise dans le canon.

– Je dois aller récupérer un truc.

– Si c'est encore un de tes stupides gadgets, tu pourras toujours en refaire un, s'insurgea-t-elle, excédée par son insouciance.

– Premièrement, quel gadget ?

– Oh je sais pas ! Genre le miroir à double sens, la carte du maraudeur.

– Je ne vois pas de quoi tu parles.

– James…

– C'est vraiment important, reprit-il avec un peu plus de sérieux cette fois.

– Ok.

Ils rejoignirent donc la chambre du garçon et elle le regarda farfouiller dans ses affaires. Une part d'elle était intriguée. Qu'est-ce qui pouvait être assez important pour qu'il prenne le risque de les mettre en danger ?

– C'est bon je l'ai !

– Quoi donc ?

– Rien, dit-il innocemment. On peut y aller.

Elle aurait bien insisté mais l'urgence de la situation l'en dissuada. Elle aurait tout le temps de le cuisiner plus tard s'ils survivaient. Ils atteignirent, non sans encombre, les canons et elle eut à peine le temps de penser au bébé qu'elle filait déjà vers la surface, fendant celle-ci en un rien de temps. Ce ne fut qu'une fois qu'ils eurent rejoint la berge qu'elle s'autorisa un interrogatoire un peu plus poussé.

– Sérieusement… c'était quoi ?

– De quoi ?

– Ce que t'es allé récupérer ! T'as dit que c'était pas un de tes gadgets. Si c'est pas un secret maraudeur, j'ai le droit de savoir.

– T'es chiante Evans… dit-il en sortant un vif d'or.

– Un vif d'or ? s'exclama-t-elle incrédule. T'en as des dizaines !

Il lui coupa la parole, lui mettant l'objet dans les mains.

– Quoi ? demanda-t-elle.

– T'es censée dire oui pour qu'il s'ouvre.

– Dire oui à quoi ?

– Veux-tu m'épouser ? demanda-t-il d'un ton presque agacé.

Elle baissa les yeux sur le vif d'or qui s'était déjà ouvert puisqu'elle avait déjà dit oui en posant la question. Dans celui-ci, une bague aussi simple que belle. Anneau doré à l'intérieur duquel était gravé la date du jour ou tout avait commencé : 11/09/1971.

– Oui, murmura-t-elle.

– Tu l'as déjà dit, répondit-il en glissant l'anneau à son doigt.

– La ferme Potter.

– Toi la ferme… Potter, ajouta-il avec un sourire qu'elle fit disparaitre en capturant les lèvres du garçon.